‹ La Grande encyclopédie (volume 2)Chapitre 539 sur 633 · VOIX — VOL · texte numérisé non relu

VOIX — VOL

tié seulement entre en vibration : ce qui, chez les hommes, la fait octavier subitement, en lui donnant un timbre féminin et flûte, très différent de l'autre. Chez les chanteuses, toute Toctave aiguë ou à peu près est émise de la sorte ; il n'est besoin que de peu de travail pour rendre ces deux registres identiques, sinon pour les égaliser parfaitement. Chez les ténors, qui se servent souvent de cette voix de fausset qui commence généralement au fa ou au sol aigus, ce n'est qu'à grand effort qu'on arrive au même résultat. Résultat nécessaire pourtant, car, si certains d'entre eux peuvent monter jusqu'à Viit, à Vut dièse, même en voix de poitrine, beaucoup ne sauraient y atteindre, et d'ailleurs le registre aigu en voix de poitrine est fatigant pour l'artiste et n'est pas susceptible d'effets de douceur en général. Tous les ténors doivent donc s'exercer à unir le mieux possible et à égaliser parfaitement ces deux registres. Quant aux basses, la voix de tête ne leur est d'aucun usage puisque la gravité et la plénitude des notes du bas de l'échelle est la quaUté qu'on y cherche de préférence. On demandait beaucoup plus autrefois à la voix de fausset, puisqu'il existait des chanteurs hommes qui, ne se servant que de celle-là, chantaient la partie de soprano. En fait, il est possible à n'importe quel ténor de monter de la sorte jusqu'au sol ou même au la du soprano, mais avec une quaUté de son détestable et peu de sonorité. Le travail arriverait sans nul doute à rendre cet effet possible ; mais comme il serait sans utilité aujourd'hui (car l'interdiction de l'emploi des femmes dans les églises était la principale raison d'être des faussets dans les pays où, comme en France, l'usage des castrats était interdit), comme, de plus, l'usage assidu de la voix de tête altère la beauté de la voix naturelle, on comprend qu'aucun chanteur ne se soucie de tenter sur lui cette expérience. H. Quittârd.

III.,Grammaire. — ^ On nomme voix les formes que prend le verbe suivant les rapports du sujet grammatical avec l'action signifiée. Ces rapports sont au nombre de trois : le sujet est Fauteur de l'action ; le sujet est Tobjet direct et immédiat de l'action ; le sujet est à la fois l'auteur et l'objet direct ou indirect de l'action. Les trois formes verbales qui servent à exprimer ces rapports sont les voix active, passive et moyenne. Mais il s'en faut que tous les verbes présentent les trois voix, et surtout qu'ils les présentent à tous leurs temps. Les langues anciennes — car les langues modernes, en général, n'ont pas de forme spéciale autre que l'actif — ont toujours pu exprimer le passif, puisque le sujet d'un verbe actif transitif (dont l'action s'exerce immédiatement sur un objet) peut toujours être conçu comme étant l'objet direct de ce verbe, dont un autre agent, déterminé ou non, est alors le sujet. Mais il n'en est pas de môme pour le moyen, malgré la multiplicité des nuances qu'il exprime, et il ne se rencontre pas dans tous les verbes. D'autre part, un certain nombre de verbes n'ont pas de forme active ; tels sont par exemple les verbes latins dits déponents (V. ce mot). Enfin d'autres verbes, et ils sont nombreux en grec, ont bien à la fois la forme active et la forme moyenne, mais elles ne s'étendent pas à l'ensemble de la conjugaison et n'affectent que certains temps ; le cas le plus ordinaire est celui du présent actif avec le futur moyen. Il faut remarquer d'ailleurs que la signification propre des trois voix s'est souvent affaiblie dans certaines formes, et que l'on rencontre fréquemment dans l'usage des formes moyennes et des formes passives dans lesquelles le sens de la médiaUté et de la passivité s'est oblitéré complètement ; les grammaires renseignent à ce sujet. La question de l'origine des voix est l'une des plus importantes de l'histoire du langage ; il est évident, en effet, que dans le principe il y eut seulement deux catégories de formes exprimant les relations du sujet avec l'action; car il n'existe en réalité, à part quelques créations postérieures propres à certaines langues, que deux catégories d« désinences personnelles, les désinences actives et les désinences médio-passives.

Les premières sont-elles antérieures aux secondes, ou inversement, la question n'est pas encore définitivement résolue, et les deux opinions ont encore leurs partisans. Mais il est admis aujourd'hui que la seconde catégorie de désinences sont les désinences moyennes, qui servirent par la suite à exprimer la passivité, c.-à-d. que le moyen est antérieur au passif, le rapport signifié par cette dernière voix n'ayant pas été primitivement exprimé par une forme spéciale. Le passif ne serait donc qu'un emploi spécial du moyen. Je tiens à dire, cependant, que cette doctrine me paraît inexacte, et qu'au contraire de nombreuses raisons portent à croire que la signification moyenne n'est qu'un cas particulier du passif. Les langues modernes, pour la plupart, n'ont qu'une voix, la voix active; les autres rapports du sujet avec l'action sont exprimés non par des voixou formes du verbe, mais par des périphrases obtenues à l'aide à' auxiliaires (V. ce mot) ; en français, par exemple, yaime est bien une forme active; mais je suis aimé n'est autre chose qu'une combinaison de l'auxiliaire avec le participe passé ; celui-ci est la seule forme passive de notre langue, encore a-t-il perdu sa signification passive partout ailleurs que dans la périphrase employée pour marquer la passivité. Le mot voix, définissant une forme verbale, est donc impropre en pareil cas et ne saurait être employé sans produire une regrettable confusion dans la science grammaticale. M. Beaudouin.

BiBL. : Musique. — Il existe un grand nombre de méthodes de chant recommandables à divers titres. Celle dite du Conservatoire est célèbre. On peut en outre citer celles deCARULLi, M"»* Cinti-Damoreau Crosti, Del},e-Sedie, DupREz, Faure, Garandé, Garcia, Jules Lefort, etc — Mande, Hygiène de la voix. — Manuel Garcia, Observations physiologiques sur la voix humaine. — Fournie, Physiologie de la voix et de la parole. — Faure, la Voix et le Chant. —Bataille, Recherches sur la phonation. — Dr Castex, Hygiène de la voix parlée et chantée, 1891.

VOL.L Ancienne législation. —La législation hébraïque ne frappait le vol que de peines pécuniaires. Au contraire, la législation athénienne et les lois romaines punissaient le voleur de la peine capitale. Toutefois il fallait, à Rome, que le vol fût manifeste. Au cas de vol non manifeste, il n'y avait lieu qu'à une restitution au double. Dans le droit barbare, le système des réparations pécuniaires, admis pour les attentats contre la personne, le fut aussi, naturellement, pour les atteintes à la propriété. Puis, sous l'influence du droit romain, des peines corporelles furent adjointes à l'amende, mais sans qu'on ait jamais distingué, dans notre ancienne législation, comme on l'avait fait à Rome, entre le vol manifeste et le vol non manifeste. La peine variait, d'ailleurs, non seulement avec l'importance du vol, mais aussi avec les coutumes. Les vols commis dans les éghses ou par les serviteurs au préjudice de leurs maîtres étaient, en général, punis de mort. Les vols commis avec violence entraînaient les galères, à temps ou à perpétuité.

IL Droit actuel. — L'art. 379 G. pén. définit le vol la soustraction frauduleuse d'Une chose appartenant à autrui. Il faut donc, pour qu'il constitue un délit, que le vol réunisse trois éléments : qu'il y ait soustraction, que cette soustraction soit frauduleuse, que la chose soustraite appartienne à autrui. Le fait que la chose est appréhendée soit à l'insu, soit contre le gré du propriétaire différencie le vol de ^escroquerie (V. ce mot). Il n'y aurait pas vol, d'autre part, si le délinquant était sans le savoir propriétaire de la chose, ou même s'il s'en croyait le légitime propriétaire : si, par exemple, un débiteur reprenait par violence ou à l'insu de son créancier le gage qu'il lui avait rerais en garantie de sa dette. Toutefois, la loi du 13 mai 1863, modifiant l'art. 400 G. pén., a assimilé ce dernier délit au vol simple. A été également assimilé par le législateur de 183-2 au vol simple le fait de détourner des objets saisis lorsque la garde en est confiée à un tiers. Si le gardien est le saisi lui-même, la peine est la même que pour l'abus de confiance (art. 400 G. pén.). Enfin, la jurisprudence admet, par dérogation au principe général

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