‹ La Grande encyclopédie (volume 2)Chapitre 55 sur 633 · TINOS — TINTORET · texte numérisé non relu

TINOS — TINTORET

serpentine et marbre, dont le point culminant est le mont Skhionia (743 m.) au N.-^E. ; auprès sont les cavernes du mont Kyknias où les anciens logeaient Eole. A l'E. et au S.-E. sont des vallées bien arrosées et fertiles ; l'île est soigneusement cultivée. Elle exporte du vin (dit de Malvoisie), du marbre blanc et une serpentine vert foncé mouchetée de vert clair (Ophites des anciens) ; elle a deux bons ports, au N. Panormos, et au S. Tinos (Hagios Nikolaus; 2.400 hab.), dont le temple de Poséidon a été remplacé par l'église de Panagia Evangelistria où des milliers de pèlerins viennent vénérer une image de la Vierge trouvée en 4822. Un couvent catholique éduque un grand nombre de jeunes filles. A 6 kil. N. de Tinos, est la ville du moyen âge, Eroburgo ou Kastro, L'île forme une éparchie du nome des Cyclades. — Colonie d'Athènes, Tinos fut vénitienne de 4204 à 4745.

BiBL. : Georgandopoulos, Teniaca; Athènes, 1889, en grec.

TIN QUEUX. Corn, du dép. de la Marne, arr. et cant. (4^0 de Reims; 458 hab.

TIN S EAU (Léon de), littérateur français, néà Autun le 30 avr. 4844. Sous-préfet sous l'Empire, il abandonna ensuite tout à fait la carrière administrative pour la littérature. Collaborateur des grandes revues littéraires, il a donné un grand nombre de romans aimables, écrits dans un style clair et châtié, qui ont eu du succès. Citons : Robert d'Epirieu (Paris, 4882,in-42) ; Alain de Kérisel (4883, in-42) ; la Meilleure Part (1885, in-42) ; Dernière Campagne (4887, in-42) ; Charme rompu (4888, in-42) ; Sur le seuil (4890, in-42) ; Plus fort que la haine (4894, in-42) ; Mon oncle Alcide (4892, in-42) ; le Chemin de Damas (4894, in-42) ; Dette oubliée (4895, in-42) ; un Nid dans les ruines (4898, in-42) ; les Péchés des autres (4899, in-42) ; Mensonge blanc (4900, in-42), etc.

TINTEMENT (Méd.). On donne le nom de tintement métallique à un bruit aigu, à timbre argentin, que l'on perçoit à l'auscultation de la poitrine dans les cas de très vastes cavernes et surtout de pneumothorax. Il se produit pendant la respiration, mais devient plus net quand le malade tousse ou parle, ou qu'on lui fait avaler un liquide. L'origine de ce bruit a donné lieu à de nombreuses théories. La plus vraisemblable est celle qui le rattache à une fistule faisant communiquer la cavité pleurale avec une bronche ; si l'orifice est obstrué par des mucosités, l'air en les traversant formera des bulles et donnera lieu au bruit caractéristique. Il y a d'ailleurs presque toujours du liquide dans la plèvre, où l'air peut également barboter ; de sorte que, dans l'immense majorité des cas, le tintement métallique sera pathognomonique d'un hydropneumothorax avec communication fistuleuse de la plèvre et des bronches. La disparition de ce signe peut faire supposer que la fistule s'est cicatrisée. Pour le tintement d'oreilles, V. Oreille et Bourdonnement. D^ L. Laloy.

TINTÉNIAC.Ch.-l. de cant. du dép. d'Ille-et-Vilaine, arr. de Saint-Malo; 2.204 hab. Anciennes maisons. Dans l'égUse, tombeau et bénitier du xiv® siècle.

TINTÉNIAG (Alphonse, chevalier de), chef royaliste en Bretagne et en Vendée, né en Bretagne, mort au château de Coëtlogon le 6 juil. 4796. Entré à quinze ans dans la marine royale, il en fut exclu pour une affaire de galanterie. Au début de la Révolution, il s'engagea dans la conspiration de La Rouerie, fut poursuivi après la mort de son chef, s'enfuit à Londres, où Pitt le prit comme intermédiaire avec les insurgés vendéens. 11 débarqua de nuit près Saint-Malo (juil. 4793), et, déguisé en paysan, atteignit à travers mille dangers la Loire qu'il passa furtivement, et le château de La Boulaie, quartier général des chefs vendéens. Il revint en Angleterre rendre compte de sa mission, qui eut pour conséquence la tentative manquée de lord Hastings sur Granville. En août 4794, il s'attache à Puisaye, retourne à Londres et prépare à Jersey une expédition contre les Côtes-du-Nord , de concert avec

le chef breton Boishardy ; après des débarquements partiels, il recula, ayant appris les négociations de La Mabilais, et repassa en Angleterre. Il précéda en Bretagne, afin d'y préparer des renforts, le débarquement de Quiberon, et fit lui-même, le 26 juin 4795, le signal convenu au Commodore Warren. A la tête de 4.000 chouans (l'armée rouge), il se chargea d'opérer une diversion sur les derrières de l'armée de Hoche, échoua devant la ville de Josselin, chargea 300 bleus qui défendaient le château de Coëtlogon, les dispersa, mais fut tué à bout portant par un grenadier qu'il sommait de se rendre. H. Monjn. BiBL, : Ch.-L. Chassin, Etudes documentaires sur la Vendée (V. le t. XI, Table, p. 380).

TINTO (Viticult.) (V. Madère).

TINTO (Rio). Petit fleuve côtier de l'Andalousie (prov. de Séville et de Huelva). Long de 400 kil. environ, il sort des sources de Pozos Amargos, près des mines de cuivre de Rio Tinto, à une ait. de 500 m. sur le versant méridional de la sierra de Aracena ; il se dirige en serpentant vers le S., à travers un pays montagneux, passe près de Berrocal, puis tourne au S.-O. parNiebla, San Juan de Puerto ; il reprend alors la direction du S. dans l'estuaire, ou lagune ou Marisma de Moguer. Il est alors encombré de hauts fonds, d'îles marécageuses, baigne Moguer, les quelques masures qui restent du port de Palos, d'où partit Christophe Colomb, et conflue avec l'Odiel de Huelva à Torre de las Arenillas, en face du couvent de la Rabida. Leur embouchure commune, profonde de 27 à 28 m., est malheureusement coupée par une barre dont la profondeur, malgré quelques améliorations, ne dépasse jamais 6"^,74. On y fait cependant un assez actif commerce de minerais de cuivre, de vins, etc. Le Rio Tinto lui-même n'est pas navigable, il est très irrégulier ; ses eaux, rougies par l'oxyde de fer et le cuivre, détruisent toute vie animale ; elles sont peu abondantes. C'est TUrium de Pline, l'Hibero d'Aviénus. J.-G. K.

Mines du Rio Tinto (V. Rio-Tinto).

TINTORET (Jacopo Robusïi, IlTintoretto, dit Le), né à Venise en 4548. Son père était teinturier, d'où son surnom Tintoretto (le petit teinturier). Entré, très jeune, dans l'atelier du Titien, il n'y serait resté, d'après une légende invraisemblable, qu'une dizaine de jours, chassé brutalement par la jalousie de l'illustre maître. Quoi qu'il en soit, c'est à l'étude des œuvres du Titien qu'il doit, de toute évidence, le meilleur de ses qualités techniques. Très ambitieux, d'ailleurs, d'un tempérament ardent, d'une imagination chaleureuse et puissante, infatigable au travail, aussi résolu dans sa volonté qu'habile de ses mains, il se proposa de suite, comme but de sa vie, une transformation de la peinture vénitienne, par l'adjonction, à ses qualités coutumières d'harmonie colorée et de suavité souriante, des qualités spéciales aux écoles florentine, parmesane et romaine, la forme en mouvement des corps humains énergique et accentuée, la science anatomique accusée dans les nudités, la mise en scène héroïque, solennelle ou dramatique, des sujets religieux et profanes, et l'expression, comme les gestes de ses acteurs, hardiment mise en relief par le jeu vigoureux des ombres et des lumières. Il inscrivit donc résolument sur les murs de son atelier la célèbre formule : « Le dessin de Michel- Ange et la couleur de Titien », formule dont Titien lui-même aurait pu être le rédacteur, mais dont le vieux maître se gardait bien, avec son goût sûr et son jugement délicat, de tirer, jusqu'au bout, des conséquences extravagantes, comme allait parfois le faire son jeune et impétueux rival.

Pour arriver au but qu'il se proposait, Tintoret, d'ailleurs, ne négligea aucune étude. Pendant plusieurs années, sans relâche, de jour et de nuit, il travaille d'après les moulages de Michel-Ange, le modèle vivant, le cadavre disséqué, le mannequin drapé, le mannequin articulé et suspendu au plafond, en plein air ou à l'intérieur, à la clarté du soleil ou à la lueur des lanternes et des torches ; il modèle, enterre ou en cire, ses figurines avant

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