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III. Ornithologie (V. Pigeon

IV. Botanique. — Volant d'ea^u (V. Myriophyllum). VOLAPUK (Linguist.). Nom d'une langue universelle

inventée en 1879 par un prêtre de Constance, Johann- Martin Schleyer. Le premier qui ait abordé cette importante question paraît avoir été P. -H. Hugon dans un opuscule publié à Anvers en 1617. Depuis, elle avait été fréquemment reprise et plusieurs systèmes, plus ou moins pratiques, avaient été proposés, mais ils n'avaient jamais fait que peu d'adeptes. La langue de l'abbé Schleyer jouit, au contraire, pendant quelques années, d'une certaine vogue. Elle est caractérisée par une grammaire très simple : les substantifs sont tous masculins, sauf ceux d'êtres féminins ; il n'y a pas d'article, mais une déclinaison à trois désinences, a, e, i; les verbes n'ont qu'une conjugaison. Les mots, au nombre de 15.000, dérivent d'environ 1 . 300 radicaux empruntés aux différentes langues romanes et germaniques. Enfin, la prononciation ne comporte pas de difficultés, chaque lettre n'ayant, quelle que soit la place qu'elle occupe ,^ qu'un son, et les consonnes

VOLAPUK — VOLCAN

alternant autant que possible avec les^ voyelles de façon à ne pas se heurter. En 4890, le volapuk comptait près de 300 sociétés de propagation et une vingtaine de journaux. Mais il est aujourd'hui à peu près délaissé au profit d'une autre langue universelle, ï espéranto.

VOLATERRANUS, littér. italien (V. Maffei [Raphaël]).

VOLATILISATION (Phys.) (V. Vapeur).

VOL-AU-VENT (Pâtiss.). Pâté chaud dont l'abaisse et les parois sont en pâte feuilletée. On garnit les volau vent de fricassée de poulet, de quenelles de volaille, ris de veau, ragoût à la financière, morue à la béchamel ou à la provençale, filets de sole, quenelles de poisson, etc., etc.

VOLC/E. Puissante nation celtique qui, primitivement, occupait la région centrale de la vallée du Danube. Elle se scinda en plusieurs tribus. Les unes, vers le milieu du IV® siècle av. J.-C, passèrent le Rhin, pénétrèrent en Gaule et allèrent s'établir, entre les Ligures et les Ibères, sur les côtes de la mer Méditerranée. D'autres bandes descendirent en Grèce, dévastèrent ce pays, pillèrent en 279 av. J.-C. le temple de Delphes, pour aller de là s'établir en Galatie (Asie Mineure) (Justin, XXXIl, 3). Cependant tous les Volcœ ne quittèrent pas les pays danubiens. Jules César (De bello GalL, VI, 24) signale encore des Volcœ Tectosages dans la forêt Hercynia^ vers la source du Danube. C'est là probablement que les Germains, leurs voisins, adoptèrent le nom de Volcœ, Walah, pour désigner d'abord tous les peuples celtiques en général, plus tard les Wales de Grande-Bretagne, les Valaques de la Dacie et enfin les Italiens, les Français et les Suisses romands, que de nos jours encore les Allemands appellent die Welschen.

Les Volcœ, qui avaient fait la conquête du midi de la Gaule, au temps où Annibal traversa cette contrée (218 av. J.-C), étaient établis sur les deux rives du Rhône (Tite-Live, XXI, 46). Après avoir été refoulés vers FO. par les Ligures, le Rhône était la limite orientale de leur territoire qui s'étendait de ce fleuve sur les bords de la mer Méditerranée depuis les Cévennes jusqu'aux Pyrénées. A l'arrivée des Romains, ils étaient divisés en deux peuples : les V. Arecomici (V. Arecomici) à l'E. et les V. Tectosages, Tectosagi à l'O. Le pays de ces derniers forma à TE. de la Novempopulanie la partie occidentale delà Narbonnaise; il s'étendait sur les anciens domaines des Elisyces, des Bebryces, des Ceretes et peut-être des Consoranni, et comprenait dans la suite plusieurs cités de premier ordre, comme celles de Tolosa (Toulouse), de Carcaso (Carcassonne), de Narbo (Narbonne), de Bœterrœ (Béziers), de Cessero (Saint-Thibery), ainsi que les villes de Rnscino (Castel-Roussillon) et dllliheris (Elne). ^ L. W.

VOLCAN. D'après l'usage courant, l'expression de volcan est intimement liée, non seulement à l'idée d'une montagne qui vomit du feu, mais, pour la forme de cet édifice, à celle d'un cône tronqué au sommet d'un cratère où vient se placer le siège d'une activité qui se traduit, lors des éruptions, par des projections violentes de pierres et de cendres, et l'apparition ensuite plus tranquille des laves. Or, il s'en faut de beaucoup qu'il en soit toujours ainsi. Les volcans sont tout autres ; il en est qui n'ont jamais fourni de laves, d'autres point de projections. Cette forme conique, aussi réputée comme classique pour la montagne volcanique, est loin d'être toujours réalisée. L'accumulation des matériaux qui détermine sa présence au-dessus du sol peut alFecter les aspects les plus divers, voire même manquer, car il est des volcans qui, n'ayant rejeté aucun produit solide, se traduisent parla forme absolument inverse d'un relief négatif, c.-à-d. en creux.

Un volcan, en somme, c'est un simple appareil qui met en communication directe, mais d'une façon qui peut être continue ou intermittente, les masses fluides internes avec l'extérieur. Il n'y a donc d'essentiel dans cet appareil que la cheminée, c.-à-d. le canal où peut se faire l'as-

cension des masses en question. Or, ces dernières, quand elles sont rejetées, pouvant se présenter sous trois états, solide (projections de débris), liquide (laves) on gazeux.

Cratére-lac d'Ampombilava, àNossi-Bé.

et cela dans des conditions très diverses, la forme des appareils qu'elles parviennent à édifier au-dessus des orifices de sortie est nécessairement en relation directe, non seulement avec leur nature, mais avec la façon dont elles s'associent. D'où ce fait que l'étude rationnelle des volcans doit commencer par l'examen de ces divers éléments.

Cendres, scories, débris et projetés. — Les matières solides lancées par les volcans se présentent sous des aspects très différents. Dans le premier cas, des pierres arrachées aux parois de la cheminée, et provenant de la projection des fragments du sol entamé par les explosions, offrent nécessairement, aussi bien dans leur nature que dans leurs dimensions, de grandes variations. Quand ensuite les volcans ramenant du fond des blocs, issus de profondeurs inconnues font office d'appareils de sondages vraiment merveilleux, ces débris n'ont entre eux rien de commun que leur manière plutôt singulière d'arriver au jour.

La même chose a lieu d'ailleurs pour les scories. Ces dernières, essentiellement volcaniques, résultent d'explosions, capables de projeter en l'air, hors du cratère, la lave en fusion de surface avec les écumes scoriacées qui la recouvrent — d'où leur forme déchiquetée, caverneuse, si caractéristique — mais tandis que les laves basaltiques fournissent des projections noires ou brunes (lapilli), d'aspect vitreux, quand elles sont couvertes d'une sorte d'émail superficiel, celles provenant de masses laviques plus siliceuses deviennent poreuses, légères et grisâtres sous la forme de ponces. Les premières conservent seules assez de fluidité pour pouvoir prendre dans leur course aérienne, quand elles sont animées d'un mouvement de giration, cette curieuse forme de bombes volcaniques qui leur a valu le nom symbolique de larmes de volcans; leurs dimensions aussi peuvent devenir considérables. En mai 4900, le Vésuve a lancé une bombe, dont le volume, d'après le professeur Mateucci, témoin de cette éruption, était de 42 m. c. et le poids de 30 tonnes. Inversement, les cendres, qui représentent la lave dans son plus grand état de division, résultent de sa pulvérisation en fines esquilles sous l'influence des dégagements gazeux ; rapidement enlevées par les vents sous la forme de traînées obscures, ces poussières volcaniques, d'une ténuité extrême, peuvent être emportées fort loin. En Europe, la Suède a souvent reçu de véritables pluies de cendres provenant des volcans d'Islande ; celles rejetées par le Vésuve et l'Etna se déversent de préférence en Afrique. Mais c'est bien pis encore pour les grands volcans à projections des îles de la Sonde : en 4 845, à Sumatra, ces phénomènes prirent une intensité telle que ces débris, après avoir couvert la mer, sur un rayon de plus de 500 kil. autour du volcan, d'une couche flottante assez épaisse pour entraver la marche des navires, parvinrent à ensevelir si bien une grande partie de l'île de Bornéo qu'à Bruni, situé à 440 kil. du siège de l'éruption, on compte les années à dater de « la grande chute de cendres ». Plus récemment, celles projetées en 4883, lors de la formidable explosion de Krakatoa, ont offert cette particularité d'avoir pu, grâce à leur ténuité excessive, non seulement se maintenir longtemps dans les hautes régions de l'atmosphère, mais d'y avoir fait, pour ainsi dire, un voyage aérien autour du monde en donnant lieu aux lueurs crépusculaires qui ont si souvent illuminé nos pâles nuits

VOLCAN

d'hiver. C'est aussi à cet état de division extrême qu'elles doivent de rendre l'air qu'elles imprègnent irrespirable, ou, ce qui est encore plus grave, de parvenir à déterminer, par étouffement, l'asphyxie immédiate de nombreuses victimes, quand les nuages de cendres, projetés avec une violence énorme, prennent ce caractère d'une vraie trombe volcanique, qui vient de se trouver si complètement réalisé aux Antilles, lors du réveil subit, à la Martinique, d'un ancien volcan, la montagne Pelée (8 mai 1902).

Tufs, cinérites, déluges de boue. L'effet de ces chutes de cendres sur le sol est, du reste, toujours pernicieux. La végétation notamment, sous l'action corrosive des pluies acides qui les accompagnent et résultent de la condensation des vapeurs chargées des gaz sulfureux qui les maiMtenaient en suspension dans les airs, est rapidement détruite. Mais elle peut aussi renaître facilement, avec une activité même très grande, grâce aux principes alcalins fertilisants que les cendres une fois désagrégées ne manquent pas de fournir.

L'entraînement ensuite de ces éléments de projections par les eaux pluviales donne naissance à des tufs y c.-à-d. à des boues stratifiées, les unes grossières et mélangées de sables ou de graviers, les autres à grain très fin, sous la forme de cinérites régulièrement étalées en petites couches minces, bien litées. A cet état de diffusion extrême, les formations volcaniques peuvent, du reste, donner encore lieu à diverses variétés suivant la nature des débris constituants, les circonstances de leur chute, ainsi que les conditions du milieu où s'est faite leur consolidation. Etant donnée, par exemple, la forme insulaire prise si souvent par les volcans, ainsi que leur localisation sur le bord des dépressions marines ou lacustres, les cendres peuvent fréquemment tomber dans de pareils milieux et venir en tapisser le fond. Ainsi prennent naissance des tufs sous-marins ou lacustres destinés, après émersion, à se présenter compacts, bien homogènes, avec toute une faune incluse de coquilles bien conservée ; tandis que ceux subaériens, dont la distribution a été déterminée par le simple écoulement superficiel des eaux pluviales, ne renferment, avec des troncs d'arbres, que des empreintes végétales ; ces dernières deviennent alors souvent assez abondantes pour leur donner le caractère de véritables herbiers (type du genre, les cinérites à plantes célèbres du Pas de laMougudo, près de Vic-sur-Cère, en Auvergne).

D'ailleurs, et à plus forte raison, de pareils tufs peuvent se former quand, au début des éruptions, sous l'influence de la condensation des vapeurs dégagées en si grande abondance du cratère, de véritables avalanches d'eau chaude et acide se précipitent sur les flancs des volcans. Les torrents de boue qui en dérivent, après s'être engouffrés dans les ravins, parvenant à inonder le terrain environnant sur des espaces considérables, s'y traduisent par des effets désastreux. Ainsi, lors du réveil subit du Vésuve en 79, c'est sous de pareils épanchemenls boueux, aujourd'hui durcis et dépassant en épaisseur plusieurs dizaines de mètres, qu'Herculanum s'est trouvée pour toujours engloutie, tandis qu'à ses côtés Pompéi, ensevelie sous une pluie de cendres sèches, a pu être facilement exhumée.

La fonte des neiges aussi, sur les cônes dressés à de fortes altitudes, peut, dans des circonstances exceptionnelles de phases paroxysmales d'une grande intensité, donner naissance à de pareils déluges de boue. En Islande, la formidable éruption de 4864, œuvre de volcans enfouis sous l'immense champ denévésdu Vatna, détermina la fusion d'une si grande quantité de neige que l'inondation consécutive, après avoir couvert la vaste plaine méridionale de l'île d'une nappe de pierres noircies et de boue épaisse au point d'avoir complètement modifié l'hydrographie de la région, s'est poursuivie ^ en mer jusqu'à plus de 30 milles du rivage, sous la foi me d'un courant d'eau boueuse qui n'avait pas moins de 50 kil. de large. Enfin à Java, où ces phénomènes sont d'une ampleur extraordinaire, une autre cause intervient pour les

GRANDE ENCYCLOPÉDIE. — XXXL

déterminer, c'est la projection subite de l'eau des lacs qui avaient pris possession des cratères pendant leurs phases de repos. Rien n'est alors plus terrible que ces éruptions boueuses, en raison non seulement de la masse d'eau mise ainsi en mouvement, mais de son étonnante vitesse. Comme conséquence apparaît ensuite le charriage, au milieu du courant, de gros blocs de lave qui, une fois échoués, déterminent à leur pied le dépôt des boues volcaniques; d'où, comme résultat final, la présence, sur les régions où s'est exercée cette action, d'une foule de monticules à noyau solide enveloppé de tufs limoneux.

Laves. — Quelle que soit l'importance prise par les projections de vapeurs, de cendres ou de débris, ces phénomènes ne sont en somme que le prélude d'un fait plus important : V émission des laves. Ce qui complète, en effet, toute éruption et caractérise, en somme, le phénomène volcanique, c'est, après les explosions du début, la sortie des matières fondues sous la forme de coulées s'échappant par jets des fentes ouvertes sur les flancs du cône, ou se déversant d'une façon plus tranquille pardessus les bords du cratère. Quel que soit le mode d'épanchement, ces flots de lave se déroulent ensuite sur les pentes de la montagne avec une vitesse qui dépend sans doute de l'inclinaison du terrain et de l'importance de la masse, mais surtout aussi de leur fluidité.

Les laves, essentiellement constituées par de la silice et de V alumine combinées en proportions variables avec des bases alcalines, potasse et soude, ou alcalino-terreuses, chaux et magnésie, du fer oxydé, sont nécessairement d'autant moins fusibles et par suite peu fluides, qu'elles sont plus siliceuses. De plus, la proportion de cet élément influe à ce point sur leur aspect, leur texture et leur densité, que toutes celles à excès de silice, qu'on peut qualifier A^ laves acides, sont légères, marquées de colorations claires, poreuses et rudes au toucher. La consolidation rapide, à l'air libre, de leurs coulées visqueuses les amènent à prendre des formes courtes, épaisses, tandis que les laves basiques, qu'une plus grande richesse en éléments ferrugineux rend lourdes, noirâtres ou gris foncé et plus fusibles, peuvent s'étendre fort loin en longues traînées, se comportant vraiment, en venant combler les dépressions, s'accumuler en arrière des obstacles, puis déborder pardessus, comme des fleuves de feu.

Divers modes de solidification des laves. Cheires. Ce qui exerce aussi une grande influence sur leur fluidité, c'est l'élément vitreux. Toutes les laves en contiennent, mais dans des proportions très inégales, car, au sein de cette matière amorphe, ce qu'on observe ce sont des minéraux cristallisés qui peuvent envahir toute la masse au point de lui faire perdre son état vitreux initial. Cette condition est surtout réalisée ^dj^ksmicrolithes, c.-à-d. par de petits cristaux aiguillés ou granuleux d'ordre microscopique qui, nés au sein de la masse vitreuse des laves dans sa dernière phase de consolidation, représentent une cristallisation imparfaite, arrêtée pour ainsi dire à son début. Mais en dehors de ces éléments, il est de gros cristaux, bien apparents, qu'on reconnaît aisément à l'œil nu disséminés dans la roche par fragments corrodés, brisés. Or quand ces derniers, qui correspondent à une première phase de consolidation profonde, intratellurique, se sont trouvés ensuite charriés, pendant l'éruption, dans la masse liquide en y subissant les actions mécaniques et chimiques qui les ont réduits à l'état de débris émoussés, prédominent, la lave devenue granitoïde {limburgite, augitite) se solidifie en masses granulaires n'ayant plus rien de l'aspect habituel des coulées. De plus, étant donné que ses éléments essentiels sont, à Texclusion des feldspaths, constitués par des minéraux lourds tels que le péridot, l'augite et la magnétite, on la remarque localisée dans les parties basses du volcan, sans pouvoir le plus souvent parvenir au jour ; si bien qu'à cet état elle représente, pour les laves basiques, un faciès de profondeur dont la mise à découvert ne peut se faire que par érosion.

VOLCAN

Tout autres sont les laves franchement vitreuses : non seulement leur grande fluidité leur permet de monter très haut dans la cheminée des grands volcans, mais de remplir le cratère terminal et déborder par-dessus, à la manière d'un trop plein, en coulées de déversement largement étalées en nappes visqueuses sur les flancs du cône. Quand leur sortie se fait ensuite par fissures ouvertes en contre-bas, elles s'élancent par jets paraboliques, semblables à ceux d'une lance d'arrosage, puis descendent très vivement sur les pentes en restant continues sur toute espèce de déclivité. Leur surface, ondulée après consolidation, reste aussi parfaitement unie, luisante, [en raison d'une sorte d'émail superficiel qui peut prendre, comme les laitiers de forges, un éclat miroitant.

Un état de vitrosité moindre détermine ensuite la subdivision des coulées en replis tortueux, simulant, après solidification, des paquets de cordages entrelacés, d'où leur nom de laves cordées.

D'autres faits servent à caractériser ces laves vitreuses ; quand elles sont douées d'une fluidité très grande, comme aux Sandwich, le dégagement des gaz contenus dans la coulée devient tardif, et au lieu de s'y faire comme d'habitude à la manière de ce bouillonnement, qui rend la surface scoriacée, se localise dans des crevasses superficielles et s'y traduit par l'apparition de vraies fontaines jaillissantes de laves, capables d'atteindre en hauteur une centaine de mètres, en offrant toutes les variétés de formes qu'affectent les jets d'eau, mais cela sans violence, à ce point qu'il est de ces fontaines dont le jet en gerbes écumeuses a pu être comparé à celui de la montée du lait en ébullition. Dans le cas des laves cordées, la croûte superficielle est sans doute plus épaisse, mais elle est encore longtemps suffisamment plastique pour que les gaz emprisonnés puissent la soulever en une sorte d'ampoule, dont le centre reste creux et l'élévation suffisante pour lui donner le caractère d'une grotte élevée, à parois garnies de très longues et très grosses stalactites de lave.

Quant aux formes superficielles scoriacées qu'affectent si fréquemment les coulées de laves, elles ne se réalisent qu'avec un degré de fusibilité nettement abaissé. Dans ce cas, non seulement la surface très vite refroidie se couvre d'une croûte que le dégagement rapide des gaz rend huileuse, mais une consohdation de la base a lieu aussi au contact de la roche sous-jacente, si bien que le courant, circulant ainsi dans une gaine qui s'allonge avec lui et le met à l'abri de l'air, peut s'y maintenir longtemps en fusion. Mais tandis que la soHdification de la base delà coulée, au contact du terrain, est complète, celle de la surface, loin de former un toit solide, reste flexible, peu épaisse et criblée de fissures ; d'oii la division subséquente de cette croûte scoriacée, par fragments que le courant peut facilement entraîner, puis pousser devant lui à mesure qu'il progresse. Ainsi naissent les coulées à surface rugueuse, hérissée de blocs déchiquetés, puis enchevêtrés par leur charriage sur une lave en mouvement et qui prennent en Auvergne, sous le nom de cheires, leur meilleur type.

Dans l'intérieur de leurs gaines de scories, ces laves restant longtemps fluides peuvent s'écouler complètement en laissant en amont de grandes galeries creuses prenant, comme dans les Açores, le caractère de tunnels ou mieux de grottes à stalactites laviques, et dans lesquels on peut constater la présence, sur les parois, de moulures étagées marquant les stades successifs d'abaissement du niveau de la lave dans son mouvement de progression. Mais le plus souvent cette lave intérieure reste en place en y prenant, par suite des circonstances de son lent refroidissement, une structure en retrait qui amène sa division en colonnes prismées, d'où l'apparition sur leurs lignes d'afiîeurement, quand l'érosion a déblayé leur couverture scoriacée, des grandes colonnades si caractéristiques des laves basaltiques ou de ces pavages naturels, d'apparence cyclopéenne, qu'on désigne sous le

nom de Chaussée des géants, quand les prismes sont vus sur la tranche.

En même temps, tandis que la surface de ces coulées subit au contact de l'air ou du sol sous-jacent ce refroidissement brusque qui fait que ces zones scoriacées restent essentiellement vitreuses, l'intérieur, protégé contre le rayonnement par la faible conductibihté de son enveloppe, restant longtemps chaud et liquide, peut non seulement cristalliser complètement, mais d'une façon progressive, et acquérir par suite la compacité qui lui permet de résister à l'érosion.

Coulées discontinues. Brèches volcaniques. — Il est juste d'ajouter que cette compacité pour la lave peut être encore pleinement acquise et s'adresser même à toute la masse dans les parties inférieures des coulées, quand, circulant sur des pentes insensibles, sans vitesse appréciable, elle peut se refroidir tranquiUement. La lutte habituelle qui s'établit entre le courant et la croûte des scories, en donnant lieu à la surface hérissée, chaotique des cheires, ne pouvant plus se produire, l'ensemble forme une masse plus homogène, atteignant son maximum d'effet au front môme de la coulée. Inversement, dans le point de sortie ou sur les flancs du volcan, les pentes sont toujours très fortes, la vitesse peut atteindre et même dépasser 2 à 3 m. par seconde, la lave s'étire et les scories, très réduites, s'y allongent de même en traînées discontinues. C'est bien pis encore quand il s'agit de déversements sur les pentes des cônes de débris. L'inclinaison du talus dépassant 35^, il ne peut plus être questionjde nappe régulière, la lave se fragmente en blocs qui s'entassent en longues traînées chaotiques sur les pentes inférieures de la montagne. Ainsi se produisent des brèches volcaniques qui peuvent devenir très cohérGntQs](agglomerat'lava) quand leurs débris sont cimentés par une nouvelle poussée de lave plus tranquille. Mais cette forme fragmentaire peut encore se trouver déterminée dans des conditions très différentes. Elle peut devenir, quand les éléments des brèches sont de moyenne ou de petite dimension, de simples produits de projection. Mais le plus souvent, c'est la nature même de la lave, trachytique ou andésitique, qui les détermine. Les coulées de ces laves visqueuses, trop siliceuses pour rester longtemps fluides, et d'ailleurs très intermittentes, sont d'habitude précédées par une phase d'intumescence^ où l'on voit surgir lentement, de l'orifice un entassement chaotique, de gros blocs ébouleux, s'élevant silencieusement les uns audessus des autres comme poussés en avant par une force invisible. Fouque, qui a pu suivre de près la marche du phénomène dans la baie de Santorin (apparition du Giorgios en 4866), a qualifié de camalo-volcan, la forme massive (empilement, dans le plus complet désordre, de morceaux de lave, scoriacée ou compacte, très variés comme dimensions, mais tous anguleux et cimentés par des matières vitreuses) qui en résulte. Ces brèches ignées, à éléments parfois gigantesques, très développées dans les parties centrales des volcans andésitiques (Java, chaîne des Andes, Petites- Antilles, Nouvefle-Zélande), constituent un des traits caractéristiques de ces grands appareils explosifs. On peut même constater après des explosions qui les ont fendus en deux, puis fait sauter en l'air une des moitiés en laissant voir sur l'entaille restée debout tous les détails de leur composition {Krakatoa, en 4883), que la plus grande masse du volcan en est faite. C'est d'ailleurs ce que les érosions s'appliquent aussi à montrer quand, en raison de l'ancienneté de l'édifice, elles sont parvenues à le démanteler, sans que rien ne soit venu compenser leur action. En Auvergne, par exemple, dans les parties centrales, aujourd'hui si bien excavées du Cantal et du Mont- Dore, ces brèches andésitiques superposées atteignent près de 800 m. d'épaisseur, en venant communiquer aux grandes vallées rayonnantes qui découpent si curieusement les massifs leur caractère pittoresque. Sur les flancs de leurs amas, facilement dégradés par les agents extérieurs, leurs

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gros blocs isolés par» les eaux sauvages resteiU debout sous la forme d'obélisques, de pyramides de fées, d'aiguilles coiffées ou de pierres branlantes dont les entassements chaotiques ensuite au pied des pentes sont maintenant envahis par une luxuriante végétation. C'en est assez pour montrer l'importance mise par ce mode si particulier d'émission de laves.

Nappes d'intrusion. Culots d'injegtîon. LAccoirruES. — Jusqu'à présent, nous n'avons considéré que les épancheraents de lave qui s'effectuent à l'air libre, mais il en est d'autres qui n'ont jamais vu le jour et dont les formes, devenues cette fois massives ou filoniennes, méritent de fixer l'attention. Déjà, dans l'intérieur des grands volcans, dressés à plusieurs milliers de mètres, l'ascension de la lave dans les cheminées exerce sur les parois une pression sujffisante pour y ouvrir des fentes où la masse liquide s'injecte, puis se soHdifie en filons qui prennent, grâce aux circonstances particulières de leur refroidissement tranquille à l'abri de l'air, une grande compacité. Dans un terrain quelconque, cette poussée des laves peut de même déterminer le remplissage des cassures qui le traversent, puis, quand il s'agit de formations stratifiées, l'injection latérale de leurs plans de séparations, sous la forme de filons- couches ; ces derniers, de part et d'autre de la fente initiale, étagent alors leurs nappes régulières avec un parallélisme frappant.

A la jonction de terrains de nature différente, la concentration de cette lave d'injection peut ensuite donner lieu à des amas très élargis. Or le caractère de tous ces accidents, c'est que leur masse compacte, le plus souvent privée des fissures de retrait qui divisent par tranches les laves subaériennes, devient très résistante, à ce point que le déblayage progressif des formations meubles encaissantes par érosion a pour effet, non seulement leur mise en saillie, mais celui de mettre en évidence, en les respectant, leurs formes initiales d'injection. Ainsi l'isolement des filons de lave verticaux ou penchés donne naissance à des dykes vigoureusement dressés à la manière d'un mur élevé de main d'homme, quand la fente, bien ouverte, dans un terrain compact, s'était trouvée limitée par des surfaces planes parallèles, ou à des formes heurtées, voire même aiguillées, plus capricieuses, quand cette circonstance est produite d'une façon moins régulière au travers de tufs peu résistants (Ravin d'Enfer ^ dans le massif du Mont-Dore), tandis que la mise à jour des filons-couches sur le flanc des vallées y détermine de brusques versants qui le divisent en gradins étages. Enfin, dans le cas de laves visqueuses peu fluides, l'injection prend la forme plus massive de culots^ qui reproduisent alors les circonstances particulières de ces volcans aveugles qu'on désigne sous le nom de laccolithes (V. ce mot).

Emanations gazeuses des volcans. Fumerolles. — Ces dégagements, depuis le début des paroxysmes oh h i^hènomène se manifeste si violemment par cette énorme expansion de gaz et de vapeurs qui donne lieu au panache de fumée, jusqu'au moment où, après avoir épuisé toute sa force vive dans la projection de cendres ou de scories, il ne se traduit que par la sortie plus tranquille des fumerolles s'échappant des fissures du cratère ou des coulées de lave, ne cessent de jouer, dans la vie du volcan, un rôle des plus actifs. Assurément la difficulté de la récolte de pareils gaz, le danger aussi de leur approche, rend leur étude fort difficile ; et cependant divers observateurs, Bunsen, en Islande (1846), Ch. Sainte-Claire- Deville au Vésuve et aux îles Lipari (1855 à 1861), Fouqué à l'Etna (1865), enfin Woolf au Cotopaxi(1877), l'ont si bien entreprise qu'on sait maintenant que, parmi toutes les manifestations volcaniques, ce sont précisément ces dégagements gazeux qui présentent dans leurs caractères la plus constante uniformité. Ainsi, dans tous les volcans, leur composition, toujours la même, reste en relation étroite avec la température du foyer qui les émet.

En premier lieu, par exemple, ce qui se dégage des

la\^cs en fusion, c'est par simple e'vaporalion superflu cielky sans trace de bouillonnement, des fumerolles blanches, très chaudes et sèches (500^), essentiellement formées de chlorures anhydres, parmi lesquelles domine à ce point le sel marin que les vapeurs parviennent à revêtir les blocs scoriacés d'un enduit blanc assez épais. Sur les bords des coulées, dès que la température s'abaisse d'une centaine de degrés, c'est la vapeur d'eau qui se dégage par quantités énormes, entraînant à sa suite des gaz chlorhydrique et sulfureux; d'où le nom de chlorhydro-sulfureuses appliqué à ces fumerolles acides, dont le caractère est aussi de fournir d'abondants dépôts de perchlorure de fer brillamment colorés. Un peu plus loin du centre de la coulée, les fumerolles, toujours chargées de vapeurs d'eau, mais ne dépassant guère 100"^, deviennent alcalines ou mieux ammoniacales, car c'est alors le sel ammoniac qui se substitue aux chlorures et se présente déjà accompagné d'hydrogène sulfuré. Quand ensuite elles apparaissent froides, c.-à-d. à une température nettement inférieure à 100°, c'est ce dernier gaz, accompagné d'un peu d'acide carbonique, qui subsiste, noyé dans la vapeur d'eau ou développé par places au point de les rendre sulfhydriques et capables de fournir comme produit de décomposition du soufre. Mais ce n'est encore là qu'un état de transition qui bientôt fait place à un dégagement beaucoup plus simple, mais aussi plus persistant d'acide carbonique, car ce dernier terme des émanations volatiles des volcans peut, sous le noni de mofette, survivre à l'extinction du foyer éruptif pendant des siècles.

Dans la composition de cette série de dégagements, tout dépend donc de la température au point d'émission. La preuve, c'est qu'en examinant leur répartition non plus dans l'espace, mais dans le temps, la même succession dans l'ordre décroissant indiqué s'observe. Elle se traduit par la transformation progressive des fumerolles sèches en fumerolles froides en passant par les phases acides, puis alcalines intermédiaires ; si bien que chacune se distingue, non par la présence d'un élément nouveau, mais par la disparition graduelle de certains d'entre eux à mesure que le degré de chaleur devient insuffisant pour le volatiliser. A noter aussi le rôle pris pour cette absence si complète de gaz combustibles dans les fumerolles chaudes du début par la dissociation des éléments de l'eau que leur forte chaleur ne manque pas de déterminer. Il suffit en effet que la lave coule sous la mer, pour que la présence en son sein de pareils gaz, voire même celle d'hydrocarbures, se révèle par l'apparition de flammes bleuâtres vacillant à la surface comme des feux- follets, car, dans ce milieu, leur oxydation ne peut plus se produire.

Phase solfatarienne du volcanisme. — Les manifestations volcaniques, loin de se limiter aux phénomènes précédemment décrits, se traduisent encore, longtemps après que toute trace d'émission de lave a cessé dans les volcans, par une persistance toujours remarquablement ordonnée, mais cette fois tranqiiille, des dégagements gazeux. Tantôt ce sont des gaz sulfureux qui, s'échappant du sol fissuré, se décomposant lentement à Fair libre, fournissent le soufre des solfatares; ailleurs, c'est l'eau bouillante qui jaillit en merveilleux geysers. Enfin, au 'dernier échelon de cette activité volcanique à son déclin, apparaissent, sous la forme successive des salses et des mofettes, ces dégagements d'hydrocarbures, puis d'acide carbonique, qui représentent la dernière phase que tous les volcans, avant de s'éteindre, sont destinés à traverser.

Solfatares, La soufrière bien connue de Pouzzoles, près de Naples, offre, en Europe, le meilleur exemple d'un volcan aujourd'hui réduit à la condition de solfatare. C'est un ancien cratère qui, depuis 1198, date de sa dernière éruption, n'a cessé d'émettre, au miUeu des champs Phlégréens (V, ce mot), ce mélange de vapeur d'eau et

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d'hydrogène sulfuré dont l'industrie a pu tirer un si grand parti, aussi bien comme exploitation du soufre que pour des usages thermaux. Vulcano, dans les îles Lipari, offre à son tour un autre type de solfatare, capable de fournir dans son cratère central des fumerolles très chaudes, chlorhydrosulfareuses, accompagnées de toutes sortes de produits cristallins où dominent le soufre, l'acide borique et l'alun, tandis que sur les pentes du volcan s'échelonnent, à des températures progressivement décroissantes, des dégagements plus lents de gaz sulfureux de plus en plus riches en acide carbonique, jusqu'au moment où, sur le bord de la mer, ce dernier subsiste seul avec de la vapeur d'eau. Ainsi persistent jusqu'à la fin les relations étroites de la composition des émanations volatiles avec leur température.

Quant aux plus grandes solfatares connues, c'est naturellement dans les régions où l'activité volcanique s'est manilestée avec le plus d'intensité qu'il faut venir les chercher. Elles abondent en Islande, à ce point que leur nombre, dans le seul massif volcanique d'Herlingarsfjell, se chiffre par milliers. Dans le groupe des îles de la Sonde, elles deviennent immenses et des plus actives ; ainsi, à Java, on remarque, sous le nom de Pepanda/jang, qui veut dire « Forge », un immense volcan tirant sa qualification actuelle de ce fait que dans son cratère le sifdement des fumerolles s'associe aux explosions des fontaines gazeuses pour produire des bruits stridents simulant le fracas d'une usine en marche. Il en est de même d'ailleurs au Mexique pour le fameux Popocatepelt. Aussi comme résultat, cette « montagne fumante », après avoir livré à Fernand Cortez, après la prise de Mexico, le soufre nécessaire à la fabrication de la poudre qui lui manquait, peut encore en livrer annuellement d'immenses quantités. Plus curieuses ensuite sont celles qui, au Chili, s'étagent sur les flancs des grands volcans de la Cordillère andine, aujourd'hui inactifs, et la plupart réduits à cette condition de solfatares; car, au lieu de s'y présenter, comme d'habitude, dans le cratère principal, c'est un glacier qui, le plus souvent, remplit cet office, tandis que l'activité solfatarienne s'y transporte sur le trajet de grandes crevasses latérales ouvertes sur les pentes, voire tout à fait à la base du volcan. Leur apparition se traduit par des explosions de gaz et de vapeurs, accompagnées de projections de gros blocs résultant de la brusque rupture du sol trachytique ; d'abondants dégagements de fumerolles sulfureuses suivent de près cette phase paroxysmale, mais leur existence est éphémère, car ces solfatares, qui ne représentent cette fois qu'une tentative avortée du réveil du volcan, sont bien vite épuisées.

Geysers (V. ce mot).

Soufflards (Saffioni). Sources thermo-minérales. Aux geysers se rattachent intimement les soufflards, car ces derniers, qui consistent en jets de vapeurs toujours chargées de gaz sulfureux, ne s'en distinguent guère que par la permanence des dégagements. On les remarque disposés par groupes sur le trajet de fentes ouvertes au travers du sol volcanique et toujours portées à une température supérieure à 100'^. Les mieux caractérisés sont ceux qui, en Toscane, viennent se concentrer, au nombre d'une vingtaine, sur un petit espace au S.-E. de Voltera, près de Florence ; leur approche, signalée par d'épais nuages blancs, se traduit encore d'une façon non moins expressive par l'odeur caractéristique de l'hydrogène sulfuré. L'eau, très minéralisée, qui résulte de la condensation de ces vapeurs, vient se concentrer dans des bassins dits lagonis, enveloppés d'abondants dépôts de soufre et surtout de gypse fournissant l'albâtre célèbre de Voltera./ Cette circonstance a de plus déterminé la présence, dans cette région autrefois déserte de la Maremme toscane, d'une industrie des plus prospères, car cette eau des lagonis contient, avec de la silice libre, de l'acide borique qu'on peut facilement extraire par évaporaîion en utili-

sant les vapeurs chaudes du dégagement. Le sol, d'ailleurs, en est à ce point imprégné qu'on peut, à l'aide de forages, multipher Jeurs points de sortie. De violentes explosions, marquant le début de la formation de ces soufflards artificiels, attestent, comme le font les énormes ampoules qui viennent d'habitude crever à la surface de leau sans cesse agitée des lagonis, que ces gaz sont toujours sous pression. Il est du reste dans les grands centres volcaniques de Java et de la Nouvelle-Zélande des soufflards mugissants qui se chargent de le démontrer.

Par contre, il en est de tranquille^, comme les Ausoles de San Salvador, dans l'Amérique centrale, qui, ne devenant pour ainsi dire que de simples sources ascendantes d'eaux chaudes minéralisées, établissent un lien entre les soufflards et les sources thei^mo-minérales proprement dites.

Salses, salinelles et mofettes. Au dernier échelon des manifestations volcaniques viennent se placer des émanations, intimement liées sans doute aux précédentes, mais de suite caractérisées par leur basse température et ce fait, qu'au lieu de substances oxydées elles ne contiennent plus que des hydrocarbures gazeux ou liquides. Leur premier terme est représenté, sous la forme des salses ou volcans de boue, par dé petites collines d'argile, tronquées au sommet d'une cavité cratériforme d'où s'échappe, parfois avec projections violentes, une boue salée. L'air inflammable (gaz des marais) qui s'en dégage (avec un peu d'azote et beaucoup d'acide carbonique) justifie le nom de volcans d'air ou maccalabe qu'on leur donne en Sicile. Celui de salinelle s'applique aussi aux salses dont l'eau vaseuse devient très salée, mais le plus souvent elle se charge de naphte ou de pétrole. Alors se présentent ces fontaines ardentes dont les salses célèbres des Apennins, des prov. de Chansi et du Yunnan en Chine, du Far-west américain [oil springs) offrent de si nombreux exemples, ou, mieux encore, quand cette fois les jets de gaz combustibles s'élèvent d'un sol sec et pierreux, que la moindre étincelle peut enflammer, ces terrains ardents qui pendant si longtemps ont fait de Bakou la cité première des « adorateurs du feu ». Enfin, en d'autres points, c'est le bitume qui, à son tour, peut tenir une large place dans les émanations. En Sicile, aussi bien que dans les Apennins, de larges flaques d'asphalte noir viennent souvent flotter à la surface des lacs boueux des salses. En Auvergne, tout près de Clermont, le Pmj de la Poix offre l'exemple le plus connu d'un pareil suintement de bitume au travers de scories volcaniques, mais le principal foyer de ce mode particuher de dégagements d'hydrocarbures, c'est la mer 3îor te. En plus de cette grande salure et de cette extraordinaire richesse en brome (1 à 7 gr. par litre) qui font du lac asphaltique la nappe d'eau la plus dense qu'on connaisse (1,250), les odeurs fétides (mélange de bitume et d'hydrogène sulfuré) qui s'en dégagent, ses rochers de bordure qui de tous côtés distillent de la poix, attestent clairement qu'on se trouve en présence d'une immense salse. C'en est assez pour montrer que, même à ce degré d'atténuation si accentué, les manifestations volcaniques peuvent encore se traduire par des elïets surprenants.

Il en est tout autrement quand il s'agit des mofettes. Dans ce dernier écho d'une activité depuis longtemps endormie, ce qui persiste seul, c'est l'acide carbonique, et ses exhalaisons fort simples, très caractéristiques, des régions où se tiennent les volcans éteints, n'offrent de variations sensibles que dans la façon dont se fait le dégagement. S'il s'effectue dans l'eau, il donnera lieu à des sources gazeuses, tantôt tranquilles comme celle de Nieder-Selters (Hesse-Nassau) dont la forme artificielle est si répandue sous le nom fautif d'eau de Seltz, tantôt jaillissantes comme les fameuses gerbes de 42 à 45 m. de haut des sprudels allemands. S'il se contente, circonstance plus fréquemment réalisée, de s'échapper par les

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fissures du terrain, le gaz, en raison de sa grande densité, vient étendre sur le sol une couche irrespirable, tapisser le fond des grottes ou remplir les dépressions de ses émanations délétères. C'est le cas de la célèbre « Vallée de la Mort » à Java. Située près de la grande solfatare déjà citée du Pepandajang, cette dépression sinistre, en forme d'entonnoir renversé, n'est autre également qu'un ancien cratère, offrant l'image de ce qu'étaient autrefois, dans les champs Phlégréens, les lacs avernes, quand ces cavités, avant d'avoir été envahies par les eaux, émettaient de telles quantités d'acide carbonique que les oiseaux, surpris dans leur sol, y tombaient foudroyés.

Quant à l'absence si complète de gaz combustibles dans les mofettes, il est probable que c'est l'air qui intervient pour les oxyder, si bien que, dans ce dernier acte des manifestations du volcanisme, des réactions d'ordre purement extérieur deviendraient prépondérantes pour déterminer cette forme simple, carbonique, qui sert à les caractériser.

RÉPARTrnoN DES VOLCANS. — Après avoir passé en revue les diverses formes que l'activité volcanique peut présenter, il convient, avant d'en rechercher les causes, d'examiner suivant quels principes elle est aujourd'hui distribuée. Dans ce sens, la première remarque, c'est que ces phénomènes ne sont jamais isolés. Tous les volcans, quelle que soit leur position continentale, littorale ou insulaire, viennent se grouper par séries sur des fentes de l'écorce terrestre. Ensuite apparaît la localisation actuelle, très accentuée, de tous ceux qui sont actifs sur les flancs ou le sommet des hautes rangées de montagnes qui se dressent sur le bord des océans. Tel se présente le cercle de feu bien connu du Pacifique. Une zone continue de plissements énergiques dessinant la bordure de cet immense océan, l'activité volcanique s'y développe avec une intensité dont les relations avec la forme, aussi bien que la direction de cette bande pHssée, sont des plus étroites. Elle se disperse, par exemple, quand les montagnes prennent le caractère de massifs largement étalés, comme dans la zone des hauts plateaux de l'Amérique du Nord, tandis qu'un maximum de concentration s'observe quand les chaînes, sous forme de rides alignées très disloquées, surplombent immédiatement l'Océan (Cordillères andines du Sud) ou deviennent péninsulaires (Alaska). Même chose, d'ailleurs, quand elles sont en majeure partie submergées, comme Test si bien sur toute l'étendue de la bordure occidentale du Pacifique cette ancienne Cordillère qui, depuis la pointe extrême de l'Alaska jusqu'aux Philippines, ne se traduit plus que par une série de grandes îles jalonnées de volcans et maintenant séparées de l'Asie par des fosses profondes.

Inversement dans l'Atlantique, l'absence complète de montagnes parallèles à la côte servant à caractériser les contours de cette grande dépression longitudinale, les volcans s'en écartent pour venir s'aligner cette fois suivant son axe (d'ailleurs surélevé) en y prenant, depuis Jan Mayen jusqu'au grand cône éteint de Tristan d'Acunha (2.400 m.), un caractère franchement insulaire, mais aussi de discontinuité très marquée. Les centres sont alors très isolés les uns des autres, au point même de ne plus présenter entre eux aucune relation, aussi bien dans le mode d'activité que dans la nature des produits rejetés. Entre les caldeiras des Açores, par exemple, et le puissant foyer d'éruption de l'Islande, qui depuis qu'il existe n'a guère rejeté que des basaltes, les différences sont aussi tranchées que possible.

Mêmes faits pour Focéan Indien. Sur toute l'étendue des plates-formes massives qui l'encaissent, les côtes brusquement tranchées par la mer sont construites sur le type atlantique, aussi est-ce dans l'intérieur que s'y concentre l'activité volcanique, sous une forme même plus dispersée. Les grandes profondeurs, loin de s'y trouver coordonnées autour d'un axe de symétrie volcanisé, se présentent net-

tement rejetées dans l'est contre les îles de la Sonde ; partout ailleurs, ce qui domine, ce sont de grands plateaux sous-marins ; ce sont alors ces derniers qui servent de support à divers groupes d'îles, les unes criblées de volcans sans doute éteints, mais depuis peu (Madagascar), les autres essentiellement volcaniques (MascareigneSy Comores, Iles Saint-Paul et Amsterdam...) et disposées par séries linéaires suivant des directions, dont la principale N.-S. est précisément prise ensuite de préférence par toutes celles qui se trouvent maintenant réduites à l'état de cônes tronqués à une profondeur suffisante pour que les coraux aient pu y établir leurs constructions atolliques [Maldives, Laquedives, Chagos...).

Dans le fond des mers glacées du Sud, il suffit ensuite que les terres antarctiques ramènent sur leurs côtes le type Pacifique pour qu'immédiatement y reparaissent les manifestations éruptives disposées en bordure du continent (antarctide) qu'on sait maintenant occuper l'emplacement du pôle austral ; et cela sous la forme aussi bien d'un groupe complexe d'îles volcaniques, cuirassant le rivage de leurs cônes actifs (terre de Graham) que de grands volcans (Erebus et Terror) dressés sur les pointes les plus avancées de cette terre "australe.

Ces conditions, d'ailleurs, sont encore plus accentuées dans la Méditerranée. Le caractère de sa bordure, c'est d'être non seulement montagneuse, mais essentiellement volcanique. Or, qu'il s'agisse de volcans en pleine activité tels que le Vésuve et l'Etna, ou éteints depuis peu, tous sont si rapprochés de la mer que leurs coulées parviennent à dessiner dans les falaises ces grandes lignes d'escarpements prismes qui jouent dans la topographie du littoral un rôle très important. Au point de vue de l'intensité du phénomène, son maximum s'observe sans doute dans tous les points où les îles européennes, très découpées, s'échancrent en une infinité d'îles et de promontoires allongés (forme dalmate du littoral dinar ique dans l'Adriatique) et mieux encore à l'extrémité des péninsules étrangement morcelées du Péloponèse et de la Chaldée (groupes volcaniques de l'Archipel grec, Cyclades, Santorin...). Mais son importance reste encore très grande quand le littoral, déterminé cette fois par la présence de longues rangées de montagnes disposées parallèlement au rivage, se régularise. Telle se présente la côte africaine. Non seulement sur le flanc raide du petit Atlas qui borde la Méditerranée, les épanchements de nature volcanique sont multiples, mais des Zaffarines à la Galite, les îles côtières du même ordre ne le sont pas moins. Et ce n'est pas tout quand ensuite, au delà de la mer Egée, cette dépression transversale passant en Asie devient intercontinentale, ces phénomènes, loin de s'arrêter, s'y poursuivent sans que rien soit modifié dans leur énergie.

Dès le début, les terrains ardents et surtout la haute rangée des volcans du Caucase, sur la bordure septentrionale chinoise, la belle série des grands cônes fumants des Montagnes Célestes, dans le centre les cratères solfatariens du Tibet, avec leurs sources chaudes offrant, en hiver, le curieux spectacle de geysers gelés, en témoignent suffisamment. Comme accentuation du phénomène figure ensuite ce fait qu'à la rencontre de cette dépression transversale avec la ligne de feu du Pacifique vient précisément se placer, sous la forme des îles de la Sonde, le plus grand foyer de volcans et de séïsmes qui soit au monde. Enfin, quand après avoir englobé sur la route au travers du grand Océan, à titre excentrique sans doute mais certain, le groupe si imposant des Sandwich, elle vient introduire, entre les deux Amériques, une séparation qu'interrompt à peine un étroit, et d'ailleurs récemment émergé, bourrelet isthmique, ce qui se présente c'est, bien délimitée dans l'est par l'Arc antillien, une véritable Méditerranée américaine encerclée, comme celle qui s'allonge entre l'Europe et l'Afrique, par des grandes chaînes figurant parmi les plus récentes du globe et jalon-»

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nées de volcans ; mais ces derniers se spécialisent ici par une activité plus grande et surtout par un caractère franchement explosif dérivant de leur nature andésitique.

La liaison entre cette fosse antillienne (mer des Caraïbes) à bords si bien frangés de manifestations volcaniques, se trouvant ensuite assurée, au travers de l'Atlantique, par un chenal très profond, chenal qui se traduit à l'entrée même de la Méditerranée par une grande coupure dont les flancs servent non seulement de support à deux groupes d'îles essentiellement volcaniques, les Canaries et les Açores, mais s'ouvrent volontiers pour livrer passage à des éruptions sous-marines se traduisant par l'apparition d'îles nouvelles (Sabrina en 1811, îlot de scories de Terceire, 1867...), ainsi s'affirme l'étonnante volcanisation d'une zone transversale d'affaissement qui, faisant le tour du globe, l'entoure d'un anneau de fea pour ainsi dire continu. D'ailleurs, une ligne persistante de vibrations séïsmiques qui en suit le trajet se charge à son tour de montrer combien est instable son équilibre. C'est de toutes les zones déprimées celles où, mieux que'partout ailleurs, on sent que les mouvements de la dernière heure sont loin d'être encore arrêtés.

GA.USES DU VOLCANISME. — En somme, de cette répartition des volcans actuels, ce qu'il faut conclure, c'est que tous, installés sur le flanc raide des zones déprimées de l'écorce ou sur les crêtes des bourrelets saillants qui en dessinent la bordure, jalonnent, sur le bord de ces aires d'affaissement, les lignes principales de dislocation. Ils représentent évidemment les points où ces fentes sont restées les mieux ouvertes et s'y alignent par séries, absolument comme le font les cônes adventifs sur les crevasses des grands édifices volcaniques ; mais avec des dimensions en rapport avec l'ampleur d'un phénomène devenu beaucoup plus grand, ainsi qu'un maximum d'importance toujours réalisé au point où plusieurs de ces fractures viennent se croiser. La mise en place des volcans étant de la sorte bien précisée, ce qui nous reste maintenant à définir, c'est la nature aussi bien que la position des sources où ils viennent s'alimenter.

Ces sources, toujours profondes, ont pour siège, dans l'intérieur de Fécorce, des sillons où les masses fluides internes peuvent monter, et cela d'autant mieux que les accidents correspondant aux points où les rides continentales sont les plus accentuées, la partie affaissée exerce naturellement sur ces masses fondues une compression qui les sollicite à venir se loger sous la voûte exhaussée du pli. D'autre part, cet affaissement résultant d'une brusque rupture du ploiement que les influences orogéniques ont infligé à l'enveloppe terrestre, la forme abrupte prise par le flanc qui fait face à la dépression est toujours accompagnée de cassures. Dès lors, les masses fondues internes, trouvant dans ces fentes des points d'issue facile, peuvent parvenir à s'épancher au dehors sous la forme de laves. Et voilà pourquoi les volcans nés au sommet de sillons isolés sous les plis de l'écorce, mais restant toujours en communication avec le foyer interne où leur base va plonger, s'échelonnent par longues files sur le flanc le plus incliné des grandes zones déprimées du globe. Telle est aussi la raison de leur localisation habituelle sur des îles ou dans le voisinage immédiat de la mer, car ces aires d'affaissement par leur nature même étaient destinées à servir de bassins de concentration pour les eaux marines.

Explication des phénomènes volcaniques. De cette localisation habituelle des volcans dans le voisinage de la mer, on a cherché à conclure que les eaux marines intervenaient comme cause essentielle de leurs paroxysmes. Dans ce cas, chacune des explosions serait déterminée par la vaporisation subite d'eaux marines arrivant par capillarité ou par fissures au contact de la masse ignée. C'est de toutes les théories invoquées pour expliquer ces phénomènes volcaniques la plus simple, mais aussi celle qui vient se heurter aux plus graves objections, Eu l'accep-

tant, par exemple, on devrait s'attendre à rencontrer dans les volcans dressés en plein océan, comme ceux des Sandwich, les plus violentes phases des paroxysmes explosifs. Or, c'est précisément l'inverse qui a lieu, l'absence aussi complète que possible d'explosions devenant le caractère essentiel du jeu tranquille de ces grands appareils si franchement marins. Où la contradiction est est encore plus flagrante, c'est quand il s'agit de volcans très actifs situés, comme ceux des Andes, à plus de deux cents kilomètres de la mer ; car il est impossible d'admettre que des eaux marines puissent, quelle que soit l'étendue des canaux souterrains, s'infiltrer aussi loin.

En réalité, la vraie cause de ces phénomènes, comme tout ce qui a trait aux volcans d'ailleurs, doit être cherchée dans la profondeur. D'abord leurs éléments gazeux se trouvant normalement dissous dans la lave, il est narel de penser qu'ils proviennent, non pas de la surface, mais de l'intérieur du foyer incandescent. Tous les métaux en fusion absorbent des gaz ; mais cette faculté est étroitement liée à la température. Quand celle-ci baisse, ils tendent à se dégager d'eux-mêmes, et cela au moment où le refroidissement a déjà fait naître à la surface du bouton métallique une mince enveloppe solide. Les gaz ne peuvent donc sortir qu'après avoir crevé cette pellicule,' ce qui détermine une explosion avec fréquente projection de matière au dehors. C'est ce qu'on nomme le rochage dans la coupellation de l'argent. Or l'analogie de cette expérience avec les phénomènes volcaniques, suivant la juste remarque de de Lapparent, est très grande, évidente même quand on se reporte aux circonstances qui ont accompagné la formation de la première écorce. Notre planète, originairement gazeuse et lumineuse par elle-même, venait par le progrès de sa condensation de passer à l'état liquide. C'était un immense globe de métaux et de métalloïdes en fusion, dont les plus légers venaient se brûler à la surface au contact de l'oxygène. Toute l'eau de nos océans était alors à l'état de vapeurs avec les sels dissous, et bon nombre d'autres substances maintenant fixées dans l'écorce, d'où pour cette atmosphère, surchargée de vapeurs lourdes, une pression énorme dépassant de deux à trois cents fois au moins celle de l'air ambiant actuel.

Dans ces conditions, la puissance d'absorption des masses fondues était portée au maximum; aussi quand les premières écumes siliceuses parvinrent à se consolider en une croûte continue, une masse énorme de gaz fut condamnée à rester emprisonnée dans le bain métallique. D'où l'accumulation, dans le dessous d'une provision d'énergie qui ne peut plus s'échapper au dehors que par des fentes quand son enveloppe s'ouvre pour lui ouvrir une porte de sortie.

Cette porte de sortie, c'est le volcan. Tantôt son orifice bien ouvert permet à ces émanations gazeuses de s'échapper librement et de soulever la lave jusqu'au sommet du cratère, sans secousses ni projections violentes. C'est le cas de ces volcans tranquilles qui, ne rejetant que des laves vitreuses très fluides, peuvent se maintenir à l'état de lacs de feu en activité continue. Tantôt, dans la condition de laves visqueuses se consolidant très vite dans la cheminée au point de l'obstruer complètement, ces mêmes gaz accumulés dans le dessous sous pression ne peuvent s'échapper au dehors qu'après avoir acquis une tension suffisante pour rompre l'obstacle qui les comprimait. L'explosion initiale se faisant alors au sein d'un espace fermé rend particulièrement dangereuse le jeu intermittent de ces appareils à projections.

Telle serait donc la cause des phénomènes volcaniques. Quant aux lignes de dislocation qu'ils accusent et qui déterminent leur position, elles restent toujours d'ordre orogénique et, par suite, intimement liées aux mouvements qui, à de si nombreuses reprises, ont affecté l'écorce terrestre. Si bien qu'en somme l'ensemble de ces manifestations reste toujours placé sous la dépendance immédiate

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