VOLNEY -^ VOLONTÉ
orientales y qui ne furent publiées qu'en 1825. Membre de l'Institut (section des sciences morales et politiques) depuis 1795, il faisait partie de l'Académie française depuis la suppression de cette section par Napoléon. Il lui légua le capital du prix annuel qui porte son nom et qui est destiné à favoriser les études de linguistique et de grammaire comparée. A. D.
VOLO (Golfe de) (V. Grèce, t. XÏX, p. "277).
VOLOGDA. I. Ville. — Capitale du gouvernement et du district de Vologda, sur les deux rives de la Vologda, à l'embouchure de la Solotoucha; 27.856 hab. Stat. du chem. de fer laroslav-Arkhangelsk. Port fluvial, avec 47 églises, muséum, 3 journaux; 19 fabriques (distilleries d'eaux-de-vie principalement). Le commerce est actif avec Saint-Pétersbourg, Moscou, Arkhangelsk. La route commerciale de Moscou à la Sibérie a passé longtemps par Vologda; avant la fondation de Saint-Pétersbourg, le commerce européen vers Arkhangelsk et la mer Blaache y passait aussi. Jusqu'à la conquête de la Sibérie, Vologda servait de lieu d'exil.
II. Gouvernement. — Gouvernement du N.~E. de la Russie d'Europe, le plus grand après celui d'Arkhangelsk. Superficie : 402.733 kil.'q.; population : 1.365.587 hab. C'est une plaine immense et unie, sillonnée par d'innombrables vallées de rivières (4.500) : sur la frontière orientale s'élèvent les monts Oural, dont quelques contreforts se profilent vers le gouvernement de Vologda; sur la frontière du S., la chaîne de collines d'Ouvaly qui forme la ligne de séparation des eaux entre la mer de Glace et la Caspienne ; à l'O., quelques contreforts des collines finnoises; au N., la rangée des monts de Timan. Les principaux fleuves sont : la Dvina avec ses sources Soukhona et Zug, et tous ses aftïuents (la Wytchegda est le principal) ; la Mézen et la Petchora, à l'E. Les lacs occupent 606 kil. q. ; le plus grand est celui de Koubenskoié. Au N. et à l'E. du gouvernement, s'étendent de grands marécages boisés, qui d'ailleurs se retrouvent entre les rivières sur presque toute la surface du Vologda. Les pays cultivés se trouvent presque uniquement au S. et à l'O. Les 95<*/o du pays sont couverts de forêts. Les richesses minérales ne sont pas considérables ; les sources salines et le minerai de fer occupent le premier rang ; puis les carrières de pierre, les calcaires ; le naphte apparaît par places. La température est rigoureuse : la moyenne à Vologda est de 4- 2*^ et à Oust-Syssolsk de 0°; la chute d'eau représente de 300 à 500 millim. Les Grands-Russiens constituent la masse de la population qui se livre à l'agriculture, à rélevage du bétail, à la chasse, à la pêche, à la navigation et à l'exploitation des forêts. L'industrie est exercée par 250 fabriques : distilleries d'eau-de-vie, scieries, tanneries, papeteries, huileries, fonderies de fer ; le district d'Oustroiy contient la moitié des fabriques du gouvernement : ustensiles en bois, lainages, poteries, dentelles. Le gouvernement a pour chef-lieu Vologda. Il se divise en 10 cercles : Griazovetz, larensk, Kadnikov, Nikolsk, Solvytschégodsk, Totma, Oustioug, Oust-Syssolsk, Welsk et Vologda. — Le pays, habité d'abord par des tribus finnoises, fut dès les xi® et xii® siècles occupé par les Novgorodiens, et annexé ensuite par Moscou.
VOLOGÈSE. Nom de plusieurs rois parthes (V. Perse).
VOLOGNAT. Corn, du dép. de l'Ain, arr. de Nantua, cant. d'Izernore; 244 hab.
VOLOGNE. Rivière du dép. des Vosges (V. ce mat).
VOLON. Com. du dép. de la Haute-Saône, arr. de Gray, cant. de Dampierre-sur-Salon ; 108 hab.
VOLONNE. Gh.-l. de cant. du dép. des Basses-Alpes, arr. de Sisteron ; 882 hab.
VOLONTÉ (Philos.). La volonté peut être envisagée, et l'a été en effet, soit comme une des facultés, la plus importante peut-être de la nature humaine, soit comme un principe possible d'explication universelle. Nous l'examinerons successivement à ces deux points de vue dont le
premier est celui de la psychologie et le second celui de la métaphysique.
I. Les philosophes anciens ne semblent pas avoir assigaé à la volonté une place bien distincte dans leurs théories de l'âme humaine. Ainsi Socrate n'admet que deux grandes facultés, les sens et l'intelligence, qui l'une et l'autre inclinent et déterminent l'homme à l'action. — Platon, il est vrai, entre les sens qu'il ne distingue pas de l'appétit ou du désir et la raison qu'il identifie avec l'intelligence, intercale un troisième terme qu'il nomme le cœur ou le courage et qu'il décrit comme une activité généreuse et irréfléchie, tour à tour soumise aux influences de l'appétit et de la raison ; et il est facile de reconnaître dans le ôjjxoj platonicien quelques-uns des traits de la volonté ; mais cette conception s'eiface à peine ébauchée. — Aristote, en effet, fonde toute sa psychologie sur la distinction et l'opposition des facultés sensitives et des facultés intellectuelles. L'activité n'est pas considérée comme une troisième puissance de l'âme humaine, mais comme un simple aspect des deux autres : intelligence et sensibilité. Pour mieux dire, la volonté résulte d'une sorte de rencontre et de fusion des facultés sensitives et des facultés intellectuelles : elle est une synthèse de l'appétit et de la raison; c'est un « appétit rationnel ».
Néanmoins, Aristote attribue à la volonté un pouvoir tout à fait singulier, qui n'appartient à aucun des éléments dont elle est la résultante, à savoir : la liberté, comme si l'instinct, en devenant éclairé, changeait de nature. En un sens, la volonté n'est pas libre, car elle tend nécessairement et universellement au bien, mais le choix des moyens propres à la conduire à cette fin dépend de son libre arbitre.
Telle est la doctrine qui prévaut dans la philosophie scolastique, en particulier chez saint Thomas. C'est seulement à partir de Descartes que la volonté commence à se séparer de l'intelligence et à se poser en quelque sorte en face d'elle, comme une puissance distincte et autonome. A l'antithèse': sensibilité et intelligence, se substitue l'antithèse : intelligence et volonté. L'intelligence, en effet, d'après Descartes, est passive et par conséquent ne se distingue pas, au fond, de la sensibilité. Il n'y a de véritable activité que dans la volonté. D'autre part, l'intelligence est bornée et fatale, la volonté est infinie et libre ; et sa liberté consiste en ceci : « que nous pouvons faire une chose ou ne la faire pas ». Les successeurs de Descartes, Pascal, Malebranche, Leibniz, etc., adopteront cette' vue fondamentale de la dualité des facultés intellectuelles et des facultés morales.
La psychologie contemporaine réconcilie en quelque sorte les conceptions opposées d' Aristote et de Descartes en ramenant toutes les facultés de l'âme humaine à ces trois facultés principales : sensibilité, intelligence, volonté, et en considérant la volonté comme le point culminant où viennent se rejoindre et se pénétrer les deux autres. On s'accorde généralement à définir la volonté comme étant le pouvoir de se déterminer à agir, et l'on distingue dans tout acte volontaire trois parties successives : la délibération, la détermination, l'exécution. La délibération est plutôt affaire d'intelligence ou de sensibilité, et l'on peut même remarquer que, parmi les hommes, les uns délibèrent plutôt avec leur intelligence « dans leur tête », les autres avec leur sensibilité « dans leur cœur», et qu'en particulier les délibérations féminines se rapportent le plus souvent à ce second type. L'acte propre de la volonté réside dans la détermination qu'on appeUa encore volition, résolution, décision, etc. Quelque nom qu'on lui donne, elle consiste essentiellement dans un choix ; deux actes possibles sont en présence — se déterminer ou se résoudre, c'est choisir celui des deux qui se réalisera. D'autre part, si l'on considère que de ces deux actes possibles, il y en a presque toujours un vers lequel l'âme se sent plus fortement inclinée par le désir, on peut dire encore que la détermination consiste essentiellement dans un consentement ou un