‹ La Grande encyclopédie (volume 2)Chapitre 548 sur 633 · VOLONTÉ ^ VOLSQUES · texte numérisé non relu

VOLONTÉ ^ VOLSQUES

de l'autre les hésitants et les indécis. K l'égard de la résolution il y a lieu de distinguer, d'abord la facilité plus ou moins grande avec laquelle on se résout, ensuite le plus ou moins de force avec laquelle on maintient la résolution une fois prise. Il y a des gens qui ne s'engagent pas volontiers dans une entreprise nouvelle et qui redoutent et fuient les occasions de prendre parti. Ceux-là ont une volonté à qui non seulement fait défaut l'initiative, mais, à qui l'action même répugne. D'autres, au contraire, sont volontiers entreprenants ; il ne leur en coûte guère d'ébaucher toutes sortes de projets, mais leurs décisions hâtives manquent de fixité et de constance. L'idéal, à ce point de vue, serait une volonté qui toujours prête à s'exercer resterait ferme dans ses décisions. Enfin, la principale qualité que la volonté peut déployer dans l'exécution est sans doute la persévérance. A mesure que le temps s'écoule, que les difficultés grandissent ou se multiplient, la force de la résolution primitive tend à décroître à moins qu'elle ne soit sans cesse renouvelée par le fond même d'où elle est sortie, c.-à-d. par l'énergie constitutive de la faculté de vouloir. En somme, tous ces caractères de la volonté idéale pourraient se ramener à un seul, à savoir la force, de même que toutes les imperfections ou insuffisances de la volonté ont pour origine sa faiblesse. — A quoi tient maintenant la force ou la faiblesse de la volonté chez les divers individus ? Il est vraisemblable qu'une des conditions principales de la puissance native de la volonté réside dans l'organisation corporelle, dans ce qu'on appelle le tempérament. En général, la volonté est plus forte chez l'homme robuste, vigoureux qui peut dépenser sans fatigue une grande somme d'activité physique, dont le système nerveux, modérément excitable, ne s'épuise qu'avec une extrême lenteur et reconstitue rapidement ses réserves. Toutefois, comme la volonté est inséparable de la sensibilité et de l'intelligence, il arrive souvent qu'elle compense, et même au delà, ce qui lui manque de force du côté de ses conditions physiques par ce qu'elle en reçoit de ses conditions intellectuelles et morales. Ainsi une intelligence très haute et très nette, ou bien encore une sensibilité ardente et passionnée peuvent réaliser ce miracle d'une volonté héroïque dans un corps infirme ou maladif. Rappelons d'ailleurs que la force originelle de la volonté n'est pas une quantité fixe qui reste invariable pendant toute la durée de la vie, mais qu'elle peut au contraire croître ou décroître selon l'usage même que nous en faisons. Plus on s'exerce à vouloir, plus la volonté se fortifie. Celui qui recule trop souvent devant l'action devient à la longue incapable d'agir.

Les rapports que la volonté entretient avec l'état de l'organisme expliquent les maladies auxquelles elle est sujette et qu'un psychologue contemporain, Ribot, a étudiées dans son livre intitulé les Maladies de la volonté. Elles ne sont d'ailleurs que l'exagération des défauts que nous avons indiqués ci-dessus. On leur donne le nom générique di^ aboulie (mot à mot impuissance de vouloir), et on peut, ce semble, les ramener à trois grands types correspondants aux trois éléments de l'acte volontaire, selon que le malade est un impulsif, un suggestible (abouUque par impuissance de déhbération), ou qu'il est en proie à la manie du doute (aboulique par impuissance de détermination) ou qu'il est comme paralysé par l'idée même de l'action (aboulique par impuissance d'exécution).

II. Au point de vue métaphysique, on peut se demander quel est le rôle que joue la volonté dans l'ensemble des forces de la nature. N'est-elle, comme le prétendent les matérialistes, qu'une simple résultante des forces nerveuses et vitales agissant dans l'organisme humain, ou bien fautil voir en elle un foyer d'énergie supérieur au temps et à l'espace, qui commanderait, d'une façon d'ailleurs incompréhensible pour la science proprement dite, nécessairement attaché au point de vue du mécanisme, les mouvements par lesquels se manifeste notre vie intellectuelle et moral, et peut-être mênje iiotre vie physique? Mais ce pro-

blème se pose d'une manière plus générale encore en dehors et au-dessus du matériahsme, entre deux philosophies opposées qu'on pourrait appeler, l'une philosophie de l'intelligence, et l'autre philosophie de la volonté. Il y a, en effet, un idéahsme intellectuahste qui subordonne la volonté à l'intelligence, ou plutôt qui considère la volonté comme une simple conséquence de l'inteUigence. Telle est la doctrine de Leibniz, telle aussi celle de Hegel. Le principe des choses serait alors un entendement éternel, où toutes les idées s'engendreraient et se détermineraient les unes les autres selon les nécessités évolutives d'une logique inflexible : la volonté n'apparaîtrait au cours de cette évolution que comme un produit des idées mêra^. Mais on peut aussi concevoir un idéalisme supra-intellectualiste, si toutefois ce nom d'idéaUsme peut encore convenir ici , pour lequel le premier principe serait la volonté absolument libre, indéterminée, ayant en quelque sorte pour devise le sum qui sum du Jehovah hébraïque. Il semble que telle ait été la doctrine de Descartes attribuant à Dieu tout ensemble l'entendement et la volonté, mais affirmant que la volonté en lui est antérieure et supérieure à l'entendement. Eant lui-même semble être revenu à cette conception, lorsqu'il a placé dans le Noumène le principe suprême, d'ailleurs inconnaissable pour nous, de l'univers phénoménal, et lorsqu'il a opposé ce principe comme une liberté absolue au déterminisme universel de la nature. Il n'est donc pas surprenant qu'après lui Schopenhauer ait délibérément affirmé la volonté comme étant, à l'exclusion de l'intelligence, le véritable principe métaphysique des choses. On retrouve, quoique sous des formes bien différentes, la même tendance à affirmer la primauté de sa volonté sur l'inteUigence chez un grand nombre de philosophes contemporams, particuhèrement en France (Renouvier, Secrétan, Lachelier, Routroux, Rergson, etc.), et l'on peut considérer la philosophie des idées-forces de Fouillée comme une tentative pour concilier les deux principes opposés de la volonté et de l'intelligence dans une ingénieuse synthèse (V. Déterminisme, Fatalisme, Intelligence, Liberté, Psychologie, Suggestion, etc. V. aussi ; Descartes, Kant, Duns Scot, Schopenhauer, Secrétan, et en général tous les noms cités) . E. Boirac.

VOLOST (Adm. russe) (V. Mm).

VOLPAJOLÂ. Corn, du dép. de la Corse, arr. de Bastia, cant. de Campitello ; 568 hab.

VOLPATO (Giovanni), graveur italien, né à Basiano en 1733, mort à Rome en 1802. Il débuta par exercer le métier de dessinateur sur étoffes; puis il s'adonna à la gravure et, après avoir publié quelques essais sous le nom de Jean Bernard, il acquit, sous la direction du maître Bartholozzi, un talent véritable. Jean Volpato eut une influence considérable sur l'art de la gravure à son époque. Ses estampes peintes à l'aquarelle, ses dessins en miniature, coloriés, témoignent d'un goût très sûr et très délicat. G. C.

VOLSINIE. Antique cité d'Italie (V. Bolsena et Or- \ieto).

VOLSK. Ville de Russie, ch.-l. du district de Volsk (dans la partie N.-E. du gouv. de Saratov), sur la riv. dr. de la Volga ; 27.039 hab. Distilleries; moulins; port fluvial important (exportation de céréales, importations de bois). Dans le voisinage, pont d'albâtre.

VO LSQU ES ( Fofea). Peuple de l'Italie antique, établi au S. du Latium (V. ce mot), de la famille ombro-sabellienne. Il est surtout connu par les luttes qu'il soutint contre les Romains du vi® au iv^ siècle av. J.-C. LesVolsques occupaient la vallée moyenne du Liris, le long duquel étaient leurs villes de Sora, Arpinum, Fregelles ; dans les montagnes voisines se trouvaient Atina, Aquinum, Casinum au N. du fleuve, Ecetra au S. ; de ce côté, les monts aujourd'hui nommés Lepini furent jadis qualifiés de monts des Volsques ; par la cité de Privernum, les Volsques avaient vue sur la plaine maritime qu'envahirent ensuite les Marais Pontins (V. ce mot) et occupèrent les

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