‹ La Grande encyclopédie (volume 2)Chapitre 561 sur 633 · WAITZ - WALDECK · texte numérisé non relu

WAITZ - WALDECK

WAIT2 (Theodor), philosophe allemand, né à Gotha le 47 mars 1821, mort le 21 mai 1864 à Marbourg où il professait depuis 1848. Il fit de la psychologie la base de la philosophie et fut conduit à en rechercher les principes élémentaires dans l'étude détaillée des peuples non civilisés qu'il résuma en un ouvrage considérable, Anthropologie der Naturvolker (t. I à IV, Leipzig, 1859-65 ; t. V et VI, achevés par Gerland, 1867-72).

WAKATiPU. LdiC de Nouvelle-Zélande (V. cet art.).

WAKEFIELD. Ville d'Angleterre, comté d'York (W^est Riding), sur la Calder, dans un site très pittoresque, à 15 kil. S. de Leeds ; 33.146 hab. en 1891. Grand marché agricole. Cathédrale du xiv® siècle ; vieux pont. Bataille du 30 déc. 1460 où fut tué le duc d'York.

WALAFRIED, dit Strabon (le Louche), mort en 849; nommé abbé de Reichenau en 842, il en développa l'école ; il a écrit des poèmes hagiographiques et une Glossa ordinaria, abrégé exégétiqae longtemps en honneur dans l'Eglise catholique romaine.

WALCHEREN. Ile des Pays-Bas, située en Zélande entre les bouches de l'Escaut; 50.000 hab. Sa superficie est de 209 kil. q. Bien protégée par des digues puissantes et par des dunes, Walcheren présente des terrains d'une fertilité extraordinaire. L'élève du bétail y est pratiqué sur une vaste échelle, et beaucoup d'habitants vivent de la pêche. L'ile a eu à souffrir plus d'une fois de terribles inondations. La plus meurtrière fut celle de 1808, qui se produisit par la rupture de la digue de Westcapelle. Les localités les plus importantes sont : le ch.-L, Middelbourg, et le port, Flessingue. Durant la guerre franco-autrichienne de 1809, l'expédition anglaise de lord Chatham débarqua à Walcheren (fin juilL), mais dut l'évacuer le 9 déc.

WALCH RÉTIEN (Eymar de) (V. Eymar).

WALCKENAER (Gharles-Athanase, baron), érudit et naturaliste français, né à Paris le 25 déc. 1771, mort à Paris le 28 avr. 1852. Inspecteur général des transports à l'armée des Pyrénées orientales, en 1793, il fut accusé de modérantisme, dut se réfugier en Espagne, suivit, à son retour, les cours de l'Ecole des ponts et chaussées et de l'Ecole polytechnique, mais, possesseur d'une certaine fortune, n'accepta aucunes fonctions, afin de se consacrer tout entier à d'importants travaux d'entomologie et, plus encore, à de patientes recherches d'ethnographie et d'histoire de la géographie. En 1813, un Mémoire sur les anciens peuples de la Gaule, couronné, lui ouvrit les portes de l'Institut. En 1840, il devint secrétaire perpétuel de l'Académie des inscriptions et belles-lettres. La Restauration, qui l'avait appelé tour à tour à la mairie du V® arrondissement de Paris, à la préfecture de la Nièvre, à celle de l'Aisne, l'avait, en outre, en 1823, créé baron. Il était, en dernier lieu, conservateur des cartes et plans à la Bibliothèque royale. Tout à la fois philosophe, naturaliste, géographe, historien, artiste et romancier, il a laissé une production littéraire considérable, qui se distingue par de grandes qualités encyclopédiques et par un tour d'esprit toujours piquant. Nous citerons seulement : Essai sur l'histoire de Vespèce humaine (1798) ; nie de Wight, roman (1799, 3 vol.); Faune parisienne (1802, 2 vol.); Histoire naturelle des aranéide s (iSi)^) ; le Monde maritime (1818, 4 vol; 2« édit., 1819, 12 voL) ; Histoire de la vie et des ouvrages de La Fontaine (1820-24, 2 vol.) ; Histoire générale des voyages ^ inachevée (1826-31, 21 vol.) ; Vies de plusieurs personnages des temps anciens et modernes {iS30, 2 vol.); Histoire naturelle des insectes (Paris, 1836-44, 3 vol.), etc. Ses meilleurs écrits littéraires ont été réunis sous le titre : OEuvres choisies (1862). L. S.

BiBL. : Naudet, Notice sur Walckenaer ; Paris, 1852.

WALCOURT. Corn, de Belgique, prov. de Namur, arr. adm. de Philippeville, arr. jud. de Dinant, à 49 kil. S.-O. de Namur, sur l'Eau-d'Heure, affl. de la Sambre ; 5.000 hab. Exploitations de carrières, fours à chaux,

fonderies, brasseries. L'église de Saint-Materne a cinq nefs de style ogival et une tour romane ; elle date du xiii*^ siècle ; elle contient un admirable jubé de pierre blanche, don de Charles-Quint. Au xii^ siècle s'établit à Walcourt une communauté cistercienne qui y éleva bientôt une magnifique abbaye ; elle fut détruite par les Français en 1793. La ville avait déjà été saccagée au xv^ siècle pendant les guerres des Bourguignons ; elle subit aussi des dégâts considérables au cours des luttes religieuses du siècle suivant. En 1687, les troupes françaises, sous les ordres du maréchal d'Humières, y furent battues par l'armée du prince de W^aldeck.

WALDAU (Max), pseud. de Bauenschild (V. ce nom).

WALDECK. L'un des Etats de l'Empire allemand, principauté enclavée dans les prov. prussiennes de Westphalie et Hesse-Nassau ; à cet ancien comté de Waldeck, vaste de 1.055 kil. q., se joint la principauté de Pyrmont (66 kil. q.), limitrophe de Lippe et du Brunswick. Le pays de Vy^aldeck est accidenté ; il appartient au massif schisteux westphahen et FEttelsberg y atteint 831 m. ; le sol est triasique à FE. et dévonien à FO., le climat rude. La population totale était en 1901 de 57.918 hab., presque tous protestants, de race saxonne au N.-O., franque au S.-E. Elle vit d'agriculture et d'élevage. La constitution du 17 août 1852 est la monarchie héréditaire en ligne mascuUne par ordre de primogéniture ; à défaut de mâles la ligne féminine hériterait du comté de Waldeck, la Prusse de la principauté de Pyrmont. La diète est élue par suff'rage universel indirect. L'administration est en fait exercée par la Prusse qui donne une subvention annuelle de 381.000 fr. représentant le quart du budget. La capitale est Arolsen,

Les princes de Waldeck sont issus des comtes de Schw alenberg qui, auxii® siècle, acquirent le château de "\Valdeck ; ils tombèrent à la fin du xiv® siècle dans la vassalité do la Hesse dont ils ne furent affranchis que par leur accession à la Confédération du Rhin et un arbitrage de 1847. Les partages qui morcelaient cette petite seigneurie prirent fin au temps du prince Georges-Frédéric (1664-92), né en 1620, qui institua la succession par primogéniture. Il avait été placé à la tète du gouvernement du Brandebourg par le grand électeur (1653-58), avait organisé son armée, passé ensuite au service du roi de Suède, puis s'était distingué comme maréchal de FEmpire contre les Turcs en 1664 et 1683-85 ; Guillaume d'Orange partant pour l'Angleterre le nomma capitaine général des Pays-Bas, que Waldeck (créé prince en 1682) défendit contre les Français ; il fut vainqueur à Walcourt, mais battu à Fleuras (1690). Son petit-fils, le prince Antoine- Ulrich, obtint définitivement le titre de prince d'Empire en 1712. Les princes de Waldeck furent les fidèles alliés de la Prusse, et le pays étant trop pauvre pour supporter toutes les charges qu'entraînait son entrée dans la Confédération de FAllemagne du Nord, la diète exprima le vœu d'une annexion pure et simple à la Prusse. On sauva les apparences par une combinaison qui laisse au prince la souveraineté nominale, le traité d'accession du 18 juil. 1867, renouvelé de dix en dix ans.

BiBL. : CuRTZE et Hahn, Beitrœge zur Gesch. der FUrst. Waldeck und Pyrmont, 1861-72, 3 vol. — Speyer, Das FûrsL Waldeck und Pyrmont, dans Unsere Zeit, 1862,

WALDECK-RoussEAu (Pierre-Marie-Ernest), homme d'Etat français, né à Nantes le 2 déc. 1846. Fils de René Waldeck-Rousseau (1809-82), représentant du peuple en 1848, avocat renommé du barreau de Nantes et connu par l'opposition active qu'il fit au gouvernement de Louis - Philippe et à celui de Napoléon III. Inscrit, comme son père, au barreau de Nantes, il fut élu député de Rennes le 6 avr. 1879, fit partie de l'Union républicaine et s'occupa de la réforme de la magistrature. Réélu en 1881, il devint ministre de l'intérieur dans le « grand ministère » de Gambetta ; fut chargé du même portefeuille dans le cabinet Ferry de 1883-85. Encore réélu en 1885, il combattit le

WALDECK — WALDIS

boulangisme. Mais à cette époque, devenu membre du barreau de Paris (4886), il commença à se détacher de la politique active pour se consacrer de plus en plus à ses occupations professionnelles : aussi ne se représenta-t-il pas aux élections de 1889. Devenu rapidement un des plus brillants avocats de Paris, il plaida les causes les plus retentissantes de l'époque et défendit notamment Ferdinand de Lesseps lorsqu'éclatèrent les scandales du Panama (1893). Cependant le 7 oct. 1895-, il était élu sénateur de la Loire, ayant consenti, sur la pression de ses amis, à revenir à la politique. Dès cemoment il recommandait l'adoption d'une action gouvernementale très énergique. Son rôle au Sénat fut d'abord un peu etfacé. Par contre, il parla beaucoup dans les réunions et les banquets (notamment 1896 et 1897), exposant avec clarté et précision ses conceptions sociales. Depuis longtemps, il avait suivi avec attention les progrès des sociétés de secours mutuels, avait créé dès 1883 au ministère de l'intérieur une commission chargée d'étudier la participation des ouvriers aux bénéfices, s'était intéressé au fonctionnement des syndicats prolessionnels. Son opinion bien connue était que « la plus simple tentative d'amélioration sociale est d'un plus haut intérêt que la plupart des problèmes de scolastiquc républicaine où il semble qu'on se complaise à se débattre ». Par contre il n'admettait ni la violence, ni les manifestations séditieuses comme moyen de propagande socialiste. Réélu sénateur en 1897, il se trouva tout à coup en situation d'appliquer ses théories avec la suite, la rigueur et la froideur presque mathématiques qui le caractérisent. L'affaire Dreyfus, en son évolution, avait faussé tous les ressorts de l'action gouvernementale, déjà détendus par l'évolution boulangisle. Tous les éléments de réaction, se groupant sous l'étiquette du nationalisme, livraient un assaut déterminé à la. République. Le président Loubet fut insulté. Le 23 juin 1899, Waldeck -Rousseau était appelé à la présidence du Conseil. Il forma aussitôt un cabinet dont le programme fut extrêmement simple et répondit aux nécessités du moment « la défense républicaine » ; dans ce ministère, le portefeuille de la guerre était confié au général deGalliffet, celui du commerce à Millerand,et ces choix indiquaient bien la pensée maîtresse de son chef: la clôture de l'aiTaire Dreyfus et l'orientation toutà fait à gauche. L'n 1900, Waldeck-Rousseau poursuivit l'accomplissement de la tâche qu'il s'était imposée avec une ténacité qui excita au plus haut degré la combativité de ses adversaires. Ses elForts persévérants multiplièrent leurs attaques, ses victoires répétées ne firent que redoubler leur audace. Et les partis finirent par n'avoir plus d'autre idéal politique que le maintien ou le renversement d'un ministère. Ils n'obtinrent que le remplacement du général de Galliffet par le général André (29 mai 1900). Ayant enfin déblayé le terrain des végétations anormales de « l'affaire » et complété cette œuv/e par une loi d'amnistie (juin), Waldeck-Rousseau aborda nettement l'exécution de son programme d'action : répression des menées anticléricales, remaniement du haut personnel militaire et judiciaire qui, atteignant de nombreux intérêts privés, soulevèrent les protestations les plus violentes. Le résultat de ces mesures fut immédiat : le parti nationaliste fut réduit à l'impuissance et l'ordre fut rétabli dans la rue. En 1901 , Waldeck-Rousseau, qui était passé de la défensive à l'offensive, faisait adopter par les Chambres, non sans luttes et sans colères, sa grande loi des associations dont il définit ainsi toute la portée. « Une loi sur les associations est le point de rencontre inévitable où doivent venir se heurter deux doctrines qui, après de longues années, se disputent l'empire du monde et le gouvernement des Etats, celle de la suprématie de la société civile, celle de la suprématie du pouvoir religieux. » Puis on examina le gros problème des retraites ouvrières qui, lui, demeura sans solution. L'opposition concentra ses efforts sur la gestion financière du gouvernement, — les recettes ayant fléchi d'une manière inquiétante — et surtout sur l'action dé-

sorganisatrice que, d'après elle, il exerce sur l'armée. La venue des souverains russes en France et les solennités militaires de Dunkerque et de Bétheny (sept. 1901) répondirent à ce dernier ordre de préoccupations et apportèrent un sérieux appui au ministère qui put se préparer, avec une certaine tranquillité, à son dernier grand elfort : les élections de 1902. Waldeck-Rousseau, constamment sur la brèche et constamment victorieux, grâce à son prestige personnel, à son attitude hautaine et réservée, à son éloquence nette, lucide, austère, dépourvue de tout artifice de rhétorique, à sa logique imperturbable, n'a subi durant son long ministère que deux échecs de nature purement physique : une maladie de la gorge en 1901, et un grave accident de voiture en mars 1902, qui l'ont tenu quelque temps éloigné des Chambres, sans qu'il cessât de diriger tout à fait la politique générale. Les élections générales du 27 avr. augmentèrent d'une quarantaine de voix la majorité de gauche qui soutenait le ministère. Ayant accompli sa tâche et obtenu tous les résultats qu'il était possible d'en recueillir, il remit, au début de la huitième législature (3 juin 1902), la démission du cabinet qu'il présida avec une autorité, une habileté et un éclat qui ont forcé l'estime de ses adversaires. Ses discours les plus importants ont été réunis: Discours parlementaires (Paris, 1889, in-8); Discours prononcés dans la Loire (1896, in-8); Questions sociales (1900, in-12) ; Associations et Congrégations (1901, in-12); la Défense républicaine (1 902, in-1 2) .

BiBL. : J. Ernest-Charles, Waldeck-Rousseau; Pans, 1902, in-8.

WALDEMAR, rois de Danemark (V. ce mot).

WALOENBURG. Ville de Prusse, district de Breslau (Silésie) ; 13.989 hab. en 1893. Mines de houille, manufacture de porcelaine.

WALDERSEE. Famille allemande du pays de Dessau, qui obtint en 1786 rang de comte prussien. franz-Friedrich (1791-1873), futgénéral de cavalerie et gouverneur de Berlin (1864-76); son frère Friedrich (1795-1864), ministre de la guerre (1854-58), auteur d'un manuel militaire qui eut plus de cent éditions: Leitfaden filr den Unterriclit des Infantensten. — Alfred fils de Franz- Friedrich, né à Potsdam le 8 avr. 1832, élevé au corps des cadets, officier de l'artillerie de la garde (1850), attaché militaire à Paris (1870) attaché à l'état-major général dans les campagnes de Bohême et de France, chargé d'affaires près du gouvernement français (juin-sept. 1 87l\ colonel du 13® ulan, fut promu major général (1876), quartier-maître général et suppléant du chef d'état-major général en 1882. L'empereur Frédéric le nomma général de cavalerie et, peu après l'avènement de Guillaume II, il succéda à Moltke comme chef de d'état-major général (1888). 11 passait pour jouir de toute la faveur impériale et gagna son souverain à ses idées de piétisme protestant ; mais les exagérations du clan conservateur clérical et de son leader le pasteur Stœcker en écartèrent l'empereur. En 1891, le comte de Waldersee fut transféré à la tète du 1X« corps ; en 1895, il reçu le titre de colonel général de la cavalerie. Son frère aîné Georg a été tué au Bourget ; le cadet, Franz, est contre-amiral.

WALDEYER (Wilhelm), anatomiste allemand, né à Hehlen (Brunswick) le 6 oct. 1836. Nommé, en 1865, professeur d'anatomie pathologique à Breslau, il passa en 1872 à Strasbourg avec le même titre et celui de directeur de l'Institut anatomique, puis en 1883 à Berlin. Ses travaux concernent l'histologie des nerfs, de l'oreille, des ovaires, des yeux, le développement des dents et des feuillets germinatifs, et de plus les tumeurs de l'ovaire, les cancers, etc. Il est l'un des directeurs de l'Ar^'to f. mikr. Anatomie, D** L. Un.

WALDHEIMIA (Malacol.) (V. Térébrâtule).

WALDIS (Burkard), poète allemand, né à Allendorf après 1490, mort vers 1557. Fondeur à Riga (1524-36), pasteur luthérien à Abterode (1544), auteur d'un drame

WALDIS — VVALLAGE

sur la parabole de l'enfant prodigue en bas-allemand joué à Riga en 1527, de satires contre le duc de Wolfenbuttel, d'un Lobspruch der alten deutschen (1543) et d'un Esope {iMS), collection de 400 fables et farces rimées, empruntées pour la plupart à Dorpius.

BibL. : MiLCHSACK, B. Waldis; Halle, 1881.

WALDMULLER (Ferdinand), peintre autrichien, né à Vienne le 15 janv. 1793, mort à Vienne le 23 août 1865. Après divers essais, notamment dans le portrait, il se consacra définitivement à la peinture de genre. La vie rustique de la Basse-Autriche lui a fourni la plupart de ses sujets. Il peignit aussi de nombreux paysages. Quoiqu'il fût professeur à l'Académie de Vienne, il écrivit en 1846 une vive critique de l'enseignement artistique officiel à la suite de laquelle il fut mis à la retraite avec demi-pension.

WALDMULLER (Robert), pseud. de i)w^?oc(V.ce nom).

WALDOR (Mélanie ViLLENAVE,dame) (V. Villenave).

WALDSHUT. Ville d'Allemagne, ch.-l. de cercle du grand-duché de Bade, sur la r. dr. du Rhin; 3.052 hab. en 1895. C'était l'une des places fortes autrichiennes du Rhin, qualifiées de villes forestières. Vestiges des anciens murs, école agricole ; grandes brasseries.

WALEWSKI(Alexandre-Florian-JosephCoLOKNA,comte), diplomate français, né à Walewica (Pologne) le 4 mai 1810, mort à Strasbourg le 27 sept. ^868, fils naturel de Napoléon I®^ et d'une Polonaise. Ses premières années furent consacrées au service de la patrie de sa mère. Après l'insurrection polonaise de 1830, il alla à Londres plaider auprès du cabinet anglais la cause de la révolution de Pologne. Naturalisé Français après la chute de l'insurrection, il entra dans l'armée et se trouvait capitaine au 2® chasseurs, détaché à l'état-major de la division d'Oran quand il fut chargé d'une mission importante auprès d'Abdel-Kader en oct. 1834. Abandonnant la carrière militaire en 1837, il se mêla à la vie littéraire et au journalisme, publia successivement : Un mot sur la question d'Afrique (Paris, 1837, in-32) et V Alliance anglaise (Paris, 1838, in 32) ; collabora, paraît-il, à Mademoiselle de Belle-Isle d'Alexandre Dumas (1839), fit jouer au Théâtre-Français une comédie en cinq actes, l Ecole du monde ou la Coquette sans le savoir (8 janv. 1840) et fonda enfin le journal le Messager. Ce fut par ce jour-, nal qu'il fut conduit à la diplomatie. Thiers acquit le Messager et donna à Walewski une mission en Egypte au sujet du traité du 15 juil. 1840. Il sut inspirer à Méhémet-Ali « une modération plus conforme à ses véri- ' tables intérêts qu'à la vivacité des sentiments dont ce prince était alors agité ». En 1847, il succéda à Deffandis comme envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire près la République orientale de l'Uruguay et la Confédération argentine (28 févr. 1847). Il s'agissait de négocier un accord entre ces deux puissances de concert avec le plénipotentiaire anglais, lord Howden. De retour en France en septembre, le comte Colonna Walewski put ainsi assister à la proclamation de la République et aux préludes du rétablissement de l'Empire. Il fut nommé successivement ministre plénipotentiaire à Florence (26 janv. 1849), àNaples (17 avr. 1850), ambassadeur en Espagne (20 févr. 1851), puis à Londres (18 juin 1851). Dans ce dernier poste, il contribua à maintenir entre les deux puissances les bonnes relations qui aboutirent à la guerre de Crimée. En l'appelant au ministère des affaires étrangères en remplacement de Drouyn de Lhuys, le 8 mai 1855, l'empereur le chargeait de la direction générale d'une politique qu'il avait déjà pratiquée, dans son ambassade. C'est ainsi qu'il présida une délibération du congrès de Paris, qui en furent la consécration et l'apogée. Il présida également aux conférences pour régler les questions de détail que soulevait l'application du traité du 30 avr. 1856. Le 4 janv. 1860, il quitta le ministère des affaires étrangères, où Thouvenel lui succéda, et remplaça Fould au ministère d'Etat et des Beaux-Arts le 24 nov. de la même année. Dans ce poste, il participa aux mesures destinées à assurer

plus d'indépendance aux déhbérations du Corps législatif. Remplacé au ministère d'Etat par Billault (23 juin 1863), il fut élu député des Landes en août 1865 et nommé président du Corps législatif le 1^^ sept, de la même année. Il avait dû pour obtenir ces fonctions donner sa démission de membre du Sénat, où il était entré le 26 avr. 1855 et où il revint après avoir quitté la présidence de la Chambre.

Louis Farges.

WALFISCH Bay (V. Japon, t. XXI, p. 20).

WALFISCH Bay. Baie de la côte 0. de l'Afrique australe par 23" lat. N., formée par une presqu'île parallèle au rivage ; ouverte aux navires de 7 m., elle donne son nom à un district anglais de 1.320 kil. q. enclavé dans la colonie allemande du Sud-Ouest africain. Port libre dont le commerce atteint à peine i .200.000 fr.

WALHALLA (Mythol. scand.) (V. Valhalla).

WALINCOURT. Com. du dép. du Nord, arr. de Cambrai, cant. de Clary; 2.217 hab.

WALISANG (Mont) (V. Java, t. XXI, p. 67).

WALKER (William), aventurier américain, né à Nashville (Tennessee) le 8 mai 1824, exécuté à ïorejillo (Honduras) le 12 sept. 1860. Tour à tour journaliste, homme de loi, tripoteur d'affaires, il entreprend en 1853, avec une hardiesse inouïe, une expédition à la conquête de la Sonora qui échoue simplement parce qu'il n'avait pas assez de fonds à sa disposition. Arrêté et jugé à San Francisco, il est acquitté (1854). En 1855, il se mettait à la tête d'une expédition bien plus extraordinaire encore et dont nous avons rapporté les principaux incidents au mot NrcA- RAGUA (t. XXIV, p. 1044). Walker, un moment président du Nicaragua, fut fusillé par ordre du général Alvarez. Il a laissé un ouvrage : The ivar in Nicaragua (Mobile, 1860). R. S,

BiDL. : Wells, Walkers Expédition nach Nica^^agua ; Brunswick, 1857.

WALLABIES (Zool.) (V. Kangourou).

WALL ACE (Sir William), le héros national de l'Ecosse, né vers 1272, mort en 1305. D'une vieille famille d'origine celte, d'abord établie sur les frontières de Galles et devenue propriétaire de vastes possessions en Ecosse, il naquit probablement à Elderslie, dans le voisinage de Paisley. Il commença à guerroyer contre les Anglais en J 297, lorsque le ferme gouvernement d'Edouard I^^, qui suivit la première conquête de l'Ecosse, eut commencé à mécontenter violemment les fermiers des basses Terres et les artisans des villes qui n'avaient jamais voulu reconnaître l'autorité du roi anglais. Wallace, à la tête d'une bande, réussit à brûler Lanark (mai 1297) et à mettre à mort le sheriff. Les basses Terres se soulevèrent, le choisirent pour chef. Il était, dit la tradition, d'une stature colossale et d'une force prodigieuse qui en imposaient. Très habile, il organise une armée, s'attache le peuple en déclarant tous les Ecossais libres dès leur naissance. Il mécontenta bien le clergé et la noblesse en rompant ainsi en visière avec les principes féodaux les plus absolus. Mais le mouvement populaire emporta toutes ces résistances. Wallace, avec son corps de Northumbriens, s'établit fortement dans la vallée de Sterhng. Les Anglais, effrayés par quelques coups de main hardis où avaient succombé des corps de troupes isolés, lui firent offrir la paix par Warenne, comte de Surrey, président du conseil de régence. Wallace répondit: « Nous sommes ici non pour faire la paix, mais pour délivrer notre pays. » Et il taille en pièces l'armée anglaise (sept. 1297). Warenne est forcé de battre précipitamment en retraite. Wallace prend alors la dictature, avec le titre d'administrateur du royaume pour John Baillol, et pénètre dans le Northumberland. La forteresse de Sterling est prise. Edouard I®"* réunit une armée formidable de 15.000 ou 20.000 hommes, passe la frontière, et, grâce à un traître, parvient à surprendre les Ecossais et à les obliger à livrer la bataille de Falkirk (juil. 1298). Wallace organise rapidement ses troupes fort inférieures en

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