WARRANT - WARTBURG
porteur de litre à ordre; comme tel, il peut l'escompter, c.-à-d. l'endosser avant l'échéance, soit à des particuliers, soit à des établissements publics de crédit à certaines conditions de faveur, ou exercer un recours en garantie contre les endosseurs antérieurs au cas où le prix des marchandises warrantées est insuffisant pour le désintéresser.
A côté de la loi du :28 mai 1858, qui constitue le droit commun sur les warrants, il existe en outre une loi spéciale du 48 juil. 4898, qui a eu pour but d'organiser le crédit agricole mobilier au moyen du warrantage des produits agricoles, sans remise de ceux-ci ni aux mains du créancier, ni dans un magasin général : en vertu de cette loi nouvelle, l'agriculteur peut emprunter sur les produits agricoles ou industriels provenant de son exploitation, tout en en conservant la garde dans les bâtiments ou sur les terres de cette exploitation. Cette constitution de gage sans déplacement constitue une dérogation grave aux principes de droit commun, qui demandait une sanction rigoureuse : aussi l'agriculteur convaincu d'avoir détourné, dissipé ou volontairement détérioré au préjudice de son créancier le gage de celui-ci, se rend-il, aux termes de l'art. 43 de la loi de 4898, coupable d'abus de confiance et passible des peines édictées par le code pénal en pareil cas.
La loi du 48 juil. 1898, qui énumère les produits agricoles susceptibles d'être warrantés sans déplacement, et qui indique les conditions et les formalités pour la création des warrants agricoles, leur remboursement, leur escompte, la vente des marchandises warrantées, et l'attribution du prix de vente au créancier, n'a pas donné dans la pratique les résultats qu'on en attendait. Elle n'a reçu d'application que dans une quinzaine de départements jusqu'à ce jour (4904), et pour des sommes qui n'ont guère dépassé 2 millions de fr. au total. Cet insuccès partiel de la loi de 4898 s'explique principalement par ce fait que les populations agricoles ne la connaissent pas ou n'en comprennent pas assez l'utilité, et aussi parce que les frais de création et d'utilisation du warrant, même réduits par le décret du 29 oct. 4898, sont considérés comme trop lourds lorsqu'il s'agit de petites opérations. Maurice Dufourmântelle.
BiBL. ; Lyon-Caen et Renault, Traité de droit commercial, t. III. — Maurin etBRouiLHET, Manuel pratique de crédit agricole, 1900. — Descotes, les Warrants et l'Auriculture française, 1901.
WARREN-Êastings, administr. anglais (V. Hastings).
WARREN DE LA RUE, physicien et astronome anglais, né à Guernesey le 48 janv. 4845, mort à Londres le 49 avr. 1889. Elevé à Paris, il s'associa à son père, fabricant de papier, construisit plusieurs machines nouvelles, une, notamment, pour l'impression en couleurs et une autre pour le pliage des enveloppes, et, aux environs de 1850, s'occupa tout particulièrement de perfectionner le papier photographique. En 4852, il se fixa en Angleterre, se fit élever, en 1856, à Cranford, dans le Middlesex, un observatoire, et prit dès lors une très grande part dans tous les progrès réalisés par la photographie astronomique. Le photo-héliographe qu'il fit établir en 1 859 à l'observatoire de Kew a servi de modèle aux instruments du même genre construits depuis cette époque et il amena, en quelques années, la photographie lunaire et la photographie solaire à un degré de perfection qui ne fut pas de longtemps dépassé. L'électricité, d'autre part, lui doit la pile au chlorure d'argent qui porte son nom. Avec Hugo Muller, il en a composé, en 4874, une batterie de 44.400 éléments, qui leur a permis d'obtenir des effets d'une extraordinaire puissance. Il a publié : Researches on Solar pki/sics (Londres, 4869-70, 2 vol.) ; On the phenomena ofthe electric discharge (Londres, 4884), etc. L S.
WARRINGTON. Ville d'Angleterre, comté de Lancastre,, entre Liverpool et Manchester, sur la Mersey ; 64.244 hab. (en 4901) ; beau pont de 4496. Machines, aciéries, tréfileries, cotonnades, etc.
WARSY. Com. du dép. de la Somme, arr. de Montdidier, cant. de Moreuil ; 255 hab.
WARTA (ail. Warthe). Hivière de Pologne russe et prussienne, affl. dr. de l'Oder; elle a 756 kil. de long dont 409 en Russie; son bassin occupe 48.600 kil. q., dont 47.840 en Russie et 30.760 en Prusse. Elle naît à 60 kil. N.-O. de Cracovie sur le plateau calcaire de la Pologne méridionale, descend vers le N. en décrivant des sinuosités, entre à Zalecze dans une plaine marécageuse, passe à Sierads, à Warta, reçoit le Ner (dr.; et, tournant à rO. près de Kolo, s'engage dans une dépression tourbeuse; elle baigne Konin, Pyzdry et franchit la frontière de Prusse au confluent de la Prosna (g.). Elle baigne en Poznanie Schrimm, Poznan (Posen), Birnbaum, Schwerin, reçoit l'Obra et achève son cours dans la prov. de Brandebourg, où elle absorbe la Netze (dr.), passe à Landsberget se joint à l'Oder à Custrin. Son lit est canalisé depuis 4786 afin de drainer la dépression marécageuse où il divaguait autrefois. La Warthe est navigable sur 434 kil. à partir de Konin ; c'est la grande voie de transport de la Poznanie ; le trafic annuel atteint à l'embouchure 400.000 tonnes, plus 150.000 tonnes de bois flotté. La Netze et la canal de Bromberg la joignent à la Vistule.
WARTBURG. Château allemand bâti sur un pic abrupt (ait., 426 m.) auN.-O. delà forêt de Thuringe, à473m. au-dessus d'Eisenach. Ce fut la résidence des landgraves de Thuringe. Bâtie vers 4070, elle a été restaurée en 4 847 et décorée de fresques historiques . Le burg ou château proprement dit est en style du xii® siècle, il est précédé d'un premier pavillon (Vorburg) en style du xvi«. Celui-ci comprend la maison des chevaliers avec les chambres d'étrangers, parmi lesquelles celle où Luther logea du 4 mai 4524 au 6 mars 4522 ; puis trois autres pavillons reliés au premier et au burg par un mur d'enceinte formant passage couvert. Le grand château renferme le vaste palais du landgrave où l'on admire au 2^ étage la salle des Chevaliers et au 3« la salle des fêtes bâtie vers 4430 ; puis viennent les Kemenats, appartements de la landgrave, la massive tour centrale, l'écurie, un second palais, la Dirnitz, bâti en 4349, muni de calorifères, enfin au S. le donjon. — La Wartburg fut, durant quatre siècles, la résidence des landgraves de Thuringe; Hermann P'^' (4490-4247), l'ami des arts et des lettres, y réunit les plus illustres poètes et donna ainsi lieu à la légende de la guerre des chanteurs, tournoi de la Wartburg. On le place en 4207, et le poème qui la conte réunit deux pièces d'origine différente : une sorte d'ode en l'honneur du landgrave (composée vers 4250) et une énigme probablement composée à Mayence à la même époque. La première poésie raconte que les plus fameux Minnesinger assemblés à la cour d'Hermann 1*^'' (Walter de la Vogelweide, Wolfram d'Eschenbach, Biterolf, Reinmar "von Zweter, Heinruh d'Ofterdingen) discutent pour savoir qui est le plus digne de louanges, le landgrave ou bien Léopold d'Autriche. Walther, champion du landgrave, triomphe de Henri, champion du duc d'Autriche. La seconde partie du poème fait intervenir le magicien Klingsor appelé de Hongrie par Henri d'Ofterdingen ; il soumet une énigme aux Minnesinger ; mais on lui oppose le pieux Wolfram qui triomphe de Klingsor et de son inspirateur le démon Nasion. Ce poème a été édité par Simrock (4858), et la légende a servi de thème à Novalis, Hoffmann et Ivagner (V. ce nom et Tannhauser).
(iuand la Thuringe (V. ce mot) passa à la maison de Wettin (4440), la Wartburg fut délaissée et tomba en ruines ; le duc de Saxe-Weimar la fit rebâtir lorsque le romantisme eut remis les burgs à la mode. — - Nous avons rappelé que le vieux château abrita Luther (V. ce nom). En souvenir du grand réformateur, on y célébra le 4 8 oct. 1847 le troisième centenaire de la Réforme; à l'appel de la Burschenschaft (association d'étudiants) d'Iéna, 500 étudiants venus de toute l'Allemagne s'y réunirent
WARTBURG — WARVILLERS
et jetèrent les bases d'une association générale d'étudiants allemands, la fameuse Burschenschaft qui fut interdite et comprimée par les princes réactionnaires de l'époque.
BiBL. : RiïGËN, Fûrher aufder Wartburg. — Arnswald et ScHMïDT, Zur Gesck. der Wartburg ; Weimar, 1882.
WARTHE. Rivière de Pologne (V. Wârta).
WARTON (Thomas), historien et poète anglais, né à Basingstoke le 9 janv. 1728, mort à Oxford le 21 mai 1790. Brillant élève d'Oxford où il devint en 1757 professeur de poésie, il avait une passion pour l'archéologie et surtout pour l'architecture gothique. Après avoir remporté des succès considérables dans le monde universitaire par des poèmes, dont le plus connu est The Triumph of /5is(1749), qui n'est qu'une apologie d'Oxford, il se révéla en 1754 comme critique littéraire par ses Observations on the Faery Queen of S penser. Son chef-d'œuvre est l'immense History of the english poetry (1774-81, 3 vol.) qu'il mena à bien jusqu'à la fin du règne d'Elisabeth et qui est restée inachevée. Cette histoire a exercé la plus grande influence sur l'évolution de la littérature anglaise. Elle est fort intéressante, mais extrêmement confuse. Elle valut à Warton la chaire d'histoire à Oxford et le titre de poète lauréat (1785). Grand travailleur, il a laissé un nombre considérable d'études critiques sur des écrivains anglais et des classiques de l'antiquité, des traductions, des éditions dont la meilleure est celle des premières poésies de Milton. Ses propres poèmes ont été réunis par Richard Mant (1802). R. S.
WARWICK. Ville. — Villed'Angteterre,ch.-l. du comté de Warwick, sur la r. dr. de l'Avon; 11.900 hab. en 1891. Nombreux monuments: portes, éghse gothique Saint-Mary, hôpital Leicester (1571), prieuré, hôtel de ville, etc.; dans un parc, château des comtes de Warwick avec de belles collections; non loin sont, au N. Kenilworth et au S. Stratford-sur-Avon. — Warwick est au centre de l'Angleterre, à la jonction des canaux de Birmingham et d'Oxford, des réseaux ferrés de Great- Western, de London et North- Western.
Comté. — Comté anglais occupant le bassin de l'Avon supérieur; 2.291 kil. q. ; 737.339 hab. C'est une plaine bien cultivée, sauf au N. où le Woodland est en grande partie formé de landes et de marais; le Feldon, au S., est, par contre, exceptionnellement fertile. La population est surtout dense au N.-E. où se prolongent les mines de houille et de fer duStaffordshire. La grande ville de Birmingham (522.182 hab. en 1901) renferme plus de la moitié des habitants du comté. Les autres villes notables sont Coventry (69.877 hab.) auN., WaI^vick, Leamington et à l'angle oriental Rugby.
Le titre de comte de Warwick, illustré à l'époque anglosaxonne par le légendaire Guy de Warwick, passa lors de la conquête normande à la famille Beaumont, dont héritèrent, par les femmes, les Beauchamp. Le second de ceux-ci, Guy, comte de Warwick (1315), fut un des chefs des barons insurgés contre Edouard II ; Thomas Beauchamp, comte de Warwick (1401), lutta de même contre Richard II ; son fils Richard se distingua sous Henri IV dans le pays de Galles, représenta l'Angleterre au concile de Constance, fut tuteur de Henri IV, administrateur de France et Normandie (1437) et mourut à Rouen en 1439. La mort de sa petite-fille (1449) fit passer le titre à Richard Neville, le célèbre « faiseur de rois » (V, ciaprès). De celui-ci il fut transmis au fils né du mariage de sa fille Isabelle avec le duc de Clarence, frère d'Edouard IV. Mais ce jeune Edouard, comte de Warwick, passa sa vie en prison; son oncle Richard III l'y retint d'abord, puis Henri VII, qui redoutait en lui l'héritier légitime de la maison d'York; entraîné à fuir par l'aventurier Perkin Warbeck, il fut pris et décapité avec lui (1499). — Le titre de comte de Warwick fut relevé en 1547 pour John Dudley (V. ce nom), qui devint ensuite duc de Northumberland ; son fils Ambroise le porta après lui et mourut
sans héritiers (1589). Il fut, en 1618, attribué à Robert lord Rich dont la famille s'éteignit en 1759. Alors le descendant de Fulke Greville qui se rattachait aux Beauchamp en ligne féminine et avait acheté en 1603 le château de Warwick, et reçu le titre de lord Brooke (1621), obtint le titre de comte de Warwick ; cette famille s'est continuée jusqu'à nos jours.
WARWICK (Richard Neville, comte de), comte de Salisbury, surnommé le Faiseur de rois, homme d'Etat anglais, né le 22 nov. 1428, mort sur le champ de bataille de Barnet le 14, avr. 1471. Après avoir suivi la politique de son père le comte de Salisbury (V. ce nom), il se distingue à la première bataille deSaint-Albans(1455), où son intervention décide de la victoire et lui gagne une haute réputation militaire. Il se fait donner la capitainerie de Calais, intrigue avec Philippe de Bourgogne et noue une alliance contre la France et surtout contre la reine Marguerite, car il s'était ^fait le champion de la maison d'York. En 1458, il bat une flotte espagnole dans les parages de Calais, ce qui lui geigne en Angleterre une popularité énorme, bientôt accrue par une nouvelle victoire navale toujours aux dépens de l'Espagne (1459). Il veut profiter alors de cette popularité pour se mettre hardiment à la tête d'un mouvement destiné à renverser le roi. Mais Henri en personne apparut devant Ludford, où il s'était fortement retranché, et dispersa sans peine sa petite armée. Warwick repassa la mer en hâte et s'enferma dans Calais. En 1460, il recommence une tentative sur les côtes de Kent, entre à Londres, rencontre les troupes royales près de Northampton et les taille en pièces. Il ramène triomphalement à Londres le malheureux roi. Il fait donner le grand sceau à son frère l'évêque d'Exeter, organise le gouvernement et oblige le Parlement à reconnaître le duc d'York comme héritier présomptif. En réaUté, c'est lui qui gouverne et il donne toutes les places importantes à des membres de sa famille. Cependant la reine avait réuni une armée : Warwick marche à sa rencontre, et il est à son tour complètement battu à Saint-Albans (1461). Mais le duc d'York, de son côté, avait vaincu les Lancastriens à Mortimer's Cross et gagné lui-même sa couronne qu'il s'assura par une nouvelle victoire, celle de Towton. Le roi Edouard, qui aimait les plaisirs, eut soin de laisser Warwick à la tête de l'Etat. Dès lors son histoire se confond avec celle de l'Angleterre (V. Edouard IV et Angleterre). Cependant Edouard ayant voulu se débarrasser de la tutelle du terrible faiseur de roi, Warwick excita une révolte qui le mit à sa merci et il le contraignit à reconnaître les Neville comme héritiers delà couronne. Mais il abusa de ce moyen de coercition et il soulevait une nouvelle insurrection dans le Lincolnshire lorsque Edouard, qui était un général accompli, marcha rapidement sur les rebelles et les écrasa. Warwick s'enfuit en France où il fut admirablement accueilli par Louis XI. Il se réconcilia avec les partisans de la maison de Lancastre et s'engagea à remettre sur le trône ce même Henri VI qu'il avait emprisonné à la Tour de Londres, mais il stipulait d'ailleurs que sa fille Anne Neville épouserait le prince de Galles. Il passa en Angleterre, souleva le comté de Kent, gagna lord Montagu, et Edouard fut contraint à se réfugier à la cour du duc de Bourgogne. Henri VI fut rétabli. Mais Warwick ne pouvait longtemps s'entendre avec ses partisans qui avaient contre lui trop de vieilles haines accumulées. Il laissa revenir Edouard, auquel l'archevêque d'York ouvrit les portes de Londres. Warwick prétendit alors négocier de puissance à puissance. Mais Edouard se sentait assez fort et refusa tout pardon. Warwick marche alors sur Londres, et livre à Barnet une bataille désespérée où il trouve la mort. R. S.
BiBL. : History of the earl of Warv^ick, surnamed the King maker: Londres, 1708. — ■ Oman, Warmck the King tnaher; Londres, 189L — Rowland, Historical and qenealogical account of the famlly ofNevill; Londres, 1Ô30.
WARVILLERS. Corn, du dép. de la Somme, arr. de Montdidier, cant. de Rosières; 215 hab.