WASHINGTON
tentions fiscales de la métropole. Dans la convention des représentants de la Virginie (4774), il se met résolument à la tète du mouvement, et propose de recourir aux armes. Membre du congrès de Philadelphie, il signe la déclaration des droits, puis concourt au recrutement des milices. A l'unanimité le Congrès lui confie le commandement en chef (20 juin 4775). Il rejoint l'armée sous Boston, l'enflamme d'enthousiasme par ses proclamations : « Forcés de prendre les armes, nous ne rêvons ni gloire, ni conquête, mais nous voulons défendre, jusqu'à la mort, nos biens et notre liberté, héritage de nos pères. Les représentants du pays comptent sur nous, et vous pourrez compter sur moi ». Il organise soigneusement ses troupes, ne voulant rien laisser au hasard, puis brusquement il tombe sur Boston, et oblige les Anglais à l'évacuer (4 0 mars4776). Dans l'ivresse de ce premier triomphe, les Américains proclament l'indépendance des Etats-Unis (4 juil.). « Maintenant, dit Washington à ses soldats, la paix et le salut du pays ne dépendent plus que de vos armes. Servez bien un Etat qui peut récompenser votre mérite et vous faire participer aux honneurs d'une patrie libre et heureuse. » La campagne commença mal. Battu à New York (27 août), il battit en retraite en bon ordre et réussit à tenir en échec l'armée anglaise. Ses troupes étant extrêmement indisciplinées, il se fit donner plein pouvoir par le Congrès (déc. 4776). Aussitôt, il remporte coup sur coup deux brillants succès à Trenton (25 déc.) et à Princetown (3 janv. 4777). Ces victoires attirent davantage l'attention de l'Europe sur l'Amérique, et partout se manifeste pour elle un courant de sympathie. La Fayette vient offrir ses services. Cependant les Anglais avaient pris une revanche éclatante àBrandyvine-Creek(44 sept. 4777), et Howe était entré à Philadelphie (26 sept.) ; Washington, après avoir battu en retraite, vint l'y bloquer. Lorsque les Anglais l'évacuèrent en 4778, il en voulut injustement à Lee de ne pas les avoir écrasés dans leur retraite, et il le fit traduire devant un conseil de guerre, rigueur qui eut peut-être pour cause — on l'a fait remarquer — le ressentiment qu'il avait conservé de ce qu'on avait voulu, un moment, mettre Lee à sa place. Pendant toute l'année 4779, Washington temporisa, s'attachant à fatiguer les Anglais par les lenteurs de la lutte. En 4 780, il se borna à une guerre d'avant-postes contre l'armée de New York. Mais en 4784, puissamment secondé par la France, il résolut de reprendre l'offensive. Il vient mettre le siège devant Yorktown, et oblige Cornwallis à capituler (49 oct.). C'était un coup décisif. On le sentit en Angleterre. « Tout est perdu ! » s'écria le premier ministre ; et aussi en Amérique : « La cause de l'humanité est gagnée, s'écriait La Fayette » et Washington de conclure : « Puissent ces événements apprendre, non seulement à l'Angleterre, mais encore à tous les tyrans du monde que la route la meilleure et la seule qui conduise sûrement à l'honneur, à la gloire, à la vraie dignité, c'est la justice ».
Les hostilités terminées, car il ne se produisit plus, dès lors, que quelques rencontres insignifiantes, Washington eut à parer aux dangers suscités par son armée mécontente du Congrès qui l'avait mal payée, qui se montrait peu disposé à récompenser ses services et qui parlait de la licencier. Il fut question de renverser le gouvernement et de donner la dictature à Washington. Il résista énergiquement à ce mouvement. « Jamais je ne manquerai aux devoirs supérieurs que j'ai à remplir envers ma patrie. Jamais je ne violerai le respect dû aux autorités civiles. » Et il obtint des subsides qui calmèrent les mécontents. New York fut évacué par les Anglais à la fin de nov. 4783. Washington y fit une entrée triomphale. L'armée fut licenciée. Son général lui adressa l'ordre du jour suivant : « Le général Washington, au moment de quitter la carrière des armes pour jamais, adresse ses plus affectueux souhaits aux braves qui ont assuré à leurs concitoyens la jouissance des biens les plus précieux, la liberté
et la paix ». Il vint à Philadelphie rendre compte de sa gestion financière, puis à Annapolis où siégeait le Congrès, où on lui fit une ovation et où ont l'appela le père de la patrie. De là, il se rendit à Mount Vernon où il reprit avec joie ses travaux agricoles. La Fayette y vint prendre congé de lui. Les adieux furent émouvants. « En vous voyant partir, dit Washington, il me semble voir s'éloigner de moi l'image de cette généreuse France qui nous a tant aimés, et que j'ai aimée en vous aimant. » Cependant, il fallait organiser la République américaine où un état anarchique avait immédiatement suivi la paix. Sur le conseil de Washington, une constituante fut élue. C'est la Convention de Philadelphie (44 mai 4787). Il en fut nommé président. On hésita quelque peu sur la forme constitutionnelle à adopter. Il y avait beaucoup de partisans d'un régime monarchique, et Washington fut discrètement sondé. On l'eut nommé roi. Il répondit avec indignation : « Vous m'avez fait injure. Rejetez à jamais une idée sacrilège. L'établissement d'une monarchie serait le plus grand malheur qui pût affliger notre nation. Admettre un chef se perpétuant au pouvoir et le transmettant à son fils est contre nature. L'autorité ne doit être que temporairement déléguée ; et rien n'est héréditaire, hors la vie et la liberté ». La Constitution adoptée, cette Constitution dont il disait : « Nous avons jeté une semence de hberté et d'union qui germera peu à peu dans toute la terre. Un jour, sur le modèle des Etats-Unis d'Amérique, se constitueront les Etats-Unis d'Europe », Washington fut nommé à l'unanimité président des Etats- Unis (avr. 4789) et réélu une seconde fois en 4793. Nous n'avons pas à revenir ici sur l'historique de ces deux présidences ; on le trouvera au mot Etats-Unis (t. XVI, 602-604). Naturellement, il n'échappa point à l'impopularité. La foule est versatile, elle se lasse des gloires consacrées. Couvert d'injures à propos de la conclusion du traité de commerce entre l'Angleterre et l'Améri'jue (4795), il commença par accueillir fihilosophiquement cette saute de vent : « C'est accréditer l'outrage qu'en faire cas », disait-il. Mais les campagnes de presse deviennent si violentes qu'il finit par s'indigner : « Je n'imaginais pas qu'il fût possible que, quand j'usais mes dernières forces pour étabhr une politique nationale et pour préserver le pays des horreurs de la guerre, tous les actes de mon administration fussent torturés, défigurés de la manière la plus grossière et la plus perfide, et dans des termes si exagérés, si indécents qu'ils conviendraient à peine à un Néron, à un malfaiteur notoire, ou même à un misérable filou ». Aussi à rex[4ration de sa magistrature, refusa-t-il absolument le renouvellement de son mandat. « On ne me déterminera pas à rester encore au pouvoir. M'y perpétuer ainsi ce serait créer un précédent favorable au retour de la monarchie. » On sait que son exemple a fait loi en Amérique. Il déposa donc ses pouvoirs le 4 mars 4797, et se retira à Mount Vernon. I! y goûta pleinement les joies de la vie de famille. On le tira de son repos en juil. 4798, les dissentiments entre la France et l'Amérique laissaient entrevoir la perspective d'une guerre. Il accepta la lieutenance générale des armées, et se mit à organiser fébrilement la défense nationale. La rupture à peine écartée, il mourait des suites d'un refroidissement. Ses obsèques furent très modestes, comme il en avait témoigné le désir. Le Congrès ordonna pour la nation un deuil de trente jours. En France, Bonaparte fit célébrer u^e cérémonie aux Invalides. Depuis, on lui a élevé en Amérique de nombreux monuments, dont les plus remarquables sont la colossale statue du Parc du Capitole à Washington, la statue équestre de Richemond, celle de Boston, celle de l' Union-Square à New York, celle de Philadelphie. Sa correspondance et ses papiers officiels ont été publiés par Jared Sparks : The writings of George Washington (Boston, 1834-37, 42 vol. in-'8) et traduits en partie en français par Guizot (F^^, correspondance et écrits de 14^«5/im^ ion, Paris, 4839-40,
WASHIN(iTON - WATERHOUSE
6 vol. in-8), en allemand par E. Van Raumer (Leipzig, 1839, 2 vol.). Bien qu'il y ait quelques taches dans la vie de Washington, il a été toujours considéré comme une des belles figures de l'humanité, comme le plus grand des fondateurs d'empires, comme le type complet du soldat et du citoyen. Byron a écrit : « Oui, parmi les grands, il en est un, le premier, le dernier, le meilleur, le Cincinnatus de l'Occident, celui que l'envie même n'osait haïr, celui qui a légué à l'avenir le nom de Washington pour faire rougir l'humanité de ce qu'il est unique dans l'histoire » ; et Garfield : « L'éternité seule révélera aa genre humain sa dette de reconnaissance envers le grand et immortel nom de Washington ». R. S.
BiBL. : J. Morse, Sketch of tlie life of gênerai Washington; Charlestown, 1800, in-8. — Louis de Fontanes, Eloge de Washington ; Paris, 1800, in-8. — Corr\, Life of gênerai Washington ; Londres, 1800, in-8. — J. Marshall, Life of G. Washington ; Londres, 1804-7, 5 vol. in-4. — Weems, Life of gênerai G. Washington ; New York, 1809, in-12. -- Ramsay, Life of gênerai Washington ; Londres, 1807, in-8. — Bancroft, Essay on the life ofG. Washington ; Worcester, 1807, in-8. — Gosch, Washington und die franzôsische Révolution ; Giessen, 1807, in-8. — Redding, Life of G. Washington ; Londres, 1835, 2 vol. in-8. — Edimonds, Life and times of gênerai Washington; Londres, 1835, 2 vol. in-12. — Sparks, Life of Washington ; Boston, 1839, 2 voL in-8. — Guizot, Washington; Paris, 1850, 2 vol. in-8. — Fargues, le Général Washington ; Paris, 1872, in-12. — Cornelis de Witt, Histoire de Washington et de la fondation de la république desEtats- Unis ; Paris, 1859, in-8. — Jos. Fabre, Washington, libérateur de VAmérique ; Paris, 1897, ln-12. — Fernay, G. Washington; Paris, 1886, in-8. -- Lodge, Life of Washington; Boston, 1889, 2 vol. ~ Scudder, Life of Washington ; Boston, 1889, in-8. — Baker, Bibliotheca ^Vashingtoniana; Philadelphie, 1889. — Sir Edmond Moisson, G. Washington et la mère patrie, dans Revue des Deux Mondes, 15 mars 1897.
WASHINGTONITE (Miner.) (V. Fer Titane).
WASHITA. Rivière des Etats-Unis, affl. de la rivière Rouge; 880 kil., dont 480 navigables en Arkansas et Louisiane ; en aval du confluent du Texsas, on l'appelle Black-river.
WASIGNY. Com. dudép. des Ardennes, arr. deBethel, cant. de Novion-Porcien ; 789 hab. Stat. dechem. de fer.
WASILEWSKI (Edmond), poète polonais, né à Rogozna en 4814, mort en 48i6. Bien jeune encore, il vint avec ses parents habiter Cracovie où il termina ses études et où il passa d'ailleurs presque toute sa vie. Pauvre (il mourut comme employé au bureau de loterie) et maladif, en proie aux chagrins et aux vicissitudes de la vie, il a su tirer quelques rayons de joie de la poésie. Ce sont surtout ses chansons qui ont joui et qui jouissent encore de nos jours d'une grande faveur en Pologne. Les unes ont la forme de quatrains populaires que chante le peuple cracovien en dansant ; ils portent le nom de Krakowiaki (les Cracoviens). Les autres respirent une belle énergie (telles sont les très populaires : Déplions nos ailes, ô frères aigles ! ou Naviguons hardiment, hardiment). Pourtant quelquefois la tristesse s'emparait de ce cœur mâle. Ces moments se reflètent surtout dans la chanson célèbre : De quoi rêver, et dans le poème : C Enfant de la folie. Wasilewski a trouvé aussi des accents pleins de puissance pour raconter les luttes et les malheurs de sa nation. A ce groupe appartient, entre autres, le poème la Cathédrale du Wawel (château royal de Cracovie). La plupart de ses chansons ont été mises en musique. L'édition complète de ses poésies a paru en 1839, puis en 1873.
WÂSIL iF>N Ata, philosophe persan (V. Motazilisme).
WASNES-au-Bac. Com. du dép. du Nord, arr. de Va- Icnciennes, cant. de Bouchain ; 669 hab.
WASQUEHAL, Com. du dép. du Nord, arr. de Lille, cant. (0.) de Roubaix; 4.901 hab. Stat. (Croix- Wasquehal) du chem. de fer du Nord. Fabr. de produits chimiques; raflineries de pétrole; distilleries; filatures de laine et de coton.
WASSEL0NNE(ÎFâ!^:r-f?//^nrte'm,754; allem., Wasselnheim). Ch,-1. de cant. de la Basse-Alsace, arr. de Molsheim, sur la Mossig et le chem. de fer de Saverne à grande encyclopédie. — XXXL
Schlestadt; 3.727 hab. Peignage, filature et tissage de laine; fabriques de cotonnades, de siamoises, de bonneterie, de chaussons de laine, de chapeaux, de meules et de pompes; tanneries, malteries, brasseries. — Cimetière, autel de Diane avec inscription et autres antiquités de l'époque gallo-romaine. La seigneurie de Wasselonne appartenait au moyen âge à l'évêché de Strasbourg, et de 1490 à 1787 à la ville de Strasbourg qui y introduisit la Réforme en 1524. — Armoiries : D'azur à un saint Laurent, martyr, vêtu en diacre, tenant un gril de sa main dextre abaissée et une palme de sasénestre, le tout d'or,
BiBL. : IIelmer, Samml von geschichtl Notizen ûber Wasselnheim ; AVasselonne, 1851. — D. Fischer, Das Amt Wasselnheim ; Strasbourg, 1871.
WASSERSCHLEBEN (Friedrich- Wilhelm-Hermann), canoniste allemand, né à Liegnitz en 1812. OEuvres principales : BeUrœge zur Geschichte de vorgratianischen Kirchenrechtsquellen (Leipzig, 1839); Reginonis abbatis Prumiensis libri duo de Synodaïibus causis (1 840) ; De pairia pseudo-Isidor decre talium ; Beitrœge zur Geschichte derfalschenDecretalen{Bresh\i, 1843, 1844); Die Bussordnungen der abendlœndischen Kirche (Halle, 1851). Cet ouvrage attribue à l'Irlande et à l'Angleterre les plus anciens pénitentiels de l'Eglise occidentale, formant des codes de droit pénal ecclésiastique; il en rapporte l'origine au vi« siècle. Die irische Canonensammlung (Ciessen, 1874). E.-H. V.
WASSI6NY. Ch.-I. de cant. du dép. de l'Aisne, arr. de Vervins; 1.223 hab. Stat. du chem. de fer du Nord.
WASSY-sur-Blaise. Ch.-l. d'arr. dudép. de la Haute- Marne, sur la rive droite de la Biaise, sur les confins du Vallage et de la zone boisée du Der; 3.697 hab. (2.822 aggl.). Stat. de la voie ferrée de Saint-Dizier à Doulevant et de la voie stratégique de Montiérender à Sorcy. La vallée delà Biaise possède plusieurs usines métallurgiques, dont celles de Brousseval, faubourg de Wassy. Ces usines sont desservies par un canal de Wassy à Saint-Dizier (24 kil.), embranchement du canal de la Haute-Marne. L'existence de Wassy n'est constatée qu'au vii« siècle. C'était une ville forte au xni^ siècle ; son château féodal a disparu. La vieille Tour de l'Horloge, débris d'une porte de ville, est contemporainejdu Massacre de Wassy. Au coin de la rue du Prêche, une pierre porte cette inscription : « Passage du prêche, grange où eut lieu le massacre le 1^^ mars 1562 ». Wassy est encore connu par une spécialité de petites meringues aux amandes, dites «caisses de Wassy». E.Cu. BiBL. : Pinard, Notice sur la ville de Wassij ; Wassy, 1841, m-8. — Cf. Ardouin-Dumazet, Voyage en France, 21« série, p. 218.
WATERBURY. Ville des Etats-Unis, Connecticut, sur le Naugatuck; 28.646 hab. en 1891. Horlogerie, quincaillerie, aiguilles, etc.
WATER-Closet (V. Latrjnes).
WATERFORD. L Ville. — Ville d'Irlande, ch.-l. du comté de ce nom, sur la r. dr. du Suir ; 21.693 hab. en 1891. Bon port; évêché catholique; commerce de céréales, suif, beurre, harengs ; brasserie, distillerie, verrerie, constructions navales.
IL Comté. — Comté du S.-E. de l'Irlande, prov. de Munster, sur la côte S. de l'île, borné au N.-E par le Suir, au N.-O. par les collines de Knockmealdown (795 m.), traversé à l'O. par le cours final du Blackwater; 98.251 hab. en 1891; il en avait 196.579 en 1841. La côte est rocheuse, creusée des havres de Waterford, Dungarvan et Youghal (V. Irlande). L'élevage est la principale ressource, puis la culture du blé, des pommes déterre, la pêche, la fabrication du whisky, le tissage des toiles.
WATERHOUSE (Alfred), architecte anglais, né à Liverpool le 9 juil. 1830. Ayant fait, de 1848 et 1843, ses études d'architecte à Manchester, avant de les compléter par un voyage en Mie, Alfred Waterhouse se fixa à Londres où il se décela, presque dès ses premières œuvres, comme un des représentants les plus autorisés