‹ La Grande encyclopédie (volume 2)Chapitre 568 sur 633 · WATERHOUSE — WATERLOO · texte numérisé non relu

WATERHOUSE — WATERLOO

de la renaissance de rarchitecture gothique en Angleterre. On lui doit, entre autres édifices, à Manchester, la cour d'assises, la prison et l'hôtel de ville ; à Liverpool, l'orphelinat des marins; à Londres, le nouveau musée d'histoire naturelle et le nouveau collège central technique; à South Kensington, le New University Club, de nombreux hôtels privés, etc.

WATERINGUE (Agric.) (V. Nord [Dép.]).

WATERLOO (Campagne et bataille de). Dernière campagne et défaite suprême de Napoléon P"^ (44-48 juin 4845). Après le retour de File d'Elbe, Napoléon avait été mis au ban de l'Europe par le congrès de Vienne. La coalition (Angleterre, Autriche, Prusse, Allemagne, Russie, Espagne, Piémont) pouvait disposer contre la France de 750.000 hommes environ, sans compter 300.000 de réserve et 35.000 Suisses (neutres seulement en apparence). Au milieu de juin, nous n'avions de disponibles que 240.000 soldats, dont 40.000 fournis par la garde nationale mobilisée. Au point de vue militaire, la défensive s'imposait (entretien de Carnot avec Napoléon, il juin). Mais l'empereur avait besoin d'un « coup d'éclat » ; il craignait que l'invasion du territoire ne réveillât le sentiment révolutionnaire ; il voulait pouvoir parler en maître au Corps législatif. Il réunit 124.000 hommes sur la frontière du Nord, afin d'attaquer Wellington et Blucher, qui en avaient 220.000, mais dispersés ; 'Wellington, dont le quartier i^énéral était à Bruxelles, gardait ses communications et avec la mer, et avec Bliicher, qui était à î6 lieues de lui, à Natnur, et allongeait ses cantonnements entre Liège et Charleroi. Ce déploiement excessif présentait une chance à l'offensive de Napoléon, à la condition que lui-même gardât toujours sous la main toute son armée. Nos corps, d'abord répartis entre Metz, Paris et Arras, furent concentrés dès le 14 juin derrière la forêt de Beaumont entre la Sambre et la Meuse. Cette armée était excellente et sentait bien qu'il s'agissait de l'indépendance nationale : mais elle se défiait non sans motif de quelques-uns de ses chefs. Elle ne pouvait avoir oublié les récentes « capucinades» de Soult, devenu chef d'étatmajor en remplacement de V « émigré » Berthier. Le 15, comme l'armée commençait à passer la Sambre à Charleroi, afin de s'emparer de la route de Namur à Bruxelles, le général Bourmont, qui commandait une division d'avantgarde, déserta et passa à l'ennemi : Bliicher était d'ailleurs informé déjà du mouvement de l'empereur et se concentrait à Sombreffe ; de notre côté, le retard accidentel du corps de Gérard et du corps de Vandamme (auquel Soult n'avait pas envoyé à temps l'ordre de marche) n'empêcha pas Napoléon de gagner du terrain sur i'avant-garde prussienne, commandée par Ziethen, qui s'arrêta vers Fleurus, à 7 heures du soir. Au lieu de poursuivre vers Sombreffe, Napoléon s'en fut coucher à Charleroi, laissant au maréchal Ney le commandement (improvisé) de l'aile gauche, qui avait passé la Sambre à Marchiennes. Ney prit rapidement la route de Charleroi à Bruxelles, livra un petit combat à Frasnes, et se voyant trop en avant du gros de l'armée, au lieu d'occuper les Quatrebras, se rendit à Charleroi demander des instructions qui lui furent promises pour le lendemain.

Le 1 6, vers 8 heures, Napoléon dicta ses ordres à Ney et à Grouchy, récemment nommé maréchal et auquel il confiait son aile droite, bien qu'il n'eût jamais commandé en chef : Ney eut à se porter sur Genappes, Grouchy sur Sombreffe et Gembloux. Napoléon comptait écarter facilement les corps prussiens, et, pendant la nuit, rejoindre sa gauche et opérer contre les Anglais. Mais si les Anglais étaient encore très dispersés, il n'en était plus de même des Prussiens. Bliicher avait réuni en avant de Sombreffe trois de ses quatre corps. Malgré un ordre de Wellington à ses troupes de jonction de se replier sur Nivelles, le général hollandais Perponcher occupa les Quatre-Bras et éclaira son chef sur la vraie situation : Wellington accourut de sa personne à Sombreffe, afin (très probablement) de dissuader

Blucher d'accepter la bataille, parce qu'il n'était pas sûr de pouvoir la soutenir ce jour-là. L'empereur ne fit commencer le feu, par Grouchy, qu'à 2 heures et demie ; Ney reçut l'ordre d'attaquer de son côté et de se rabattre sur la droite des Prussiens. Nous avions 68.000 hommes, 208 canons, contre 86.000 hommes et 225 canons. L'empereur comptait sur Ney, qui effectivement détacha dans la direction du champ de bataille de Ligny-Fleurus- Saint-Amand un de ses deux corps, celui de Drouet d'Erlon : mais ce général reçut des ordres contradictoires et flotta entre Ligny et les Quatre-Bras, sans appuyer ni le maréchal, ni l'empereur. Celui-ci l'emporta cependant, par l'occupation décisive du plateau de Bussy, mais au prix de grandes pertes. La nuit tombait quand survint Lobau avec 10.000 hommes de troupes fraîches, sans compter d'Erlon qui était intact. Pourtant l'empereur ne poursuivit pas Bliicher, dans l'ignorance où il se trouvait du sort de Ney. Celui-ci, à 3 heues de là, n'avait pu prendre l'offensive qu'à 2 heures, contre une division hollandaise portée aux Quatre-Bras : le prince d'Orange, fils du roi des Pays-Bas, allait être écrasé quand Wellington survint, avec une division anglaise et une allemande ; une nouvelle division anglaise joignit bientôt. Le maréchal, qui n'avait sous la main que le corps de Reille (20.000 hommes contre 30.000) fit appel à d'Erlon ; mais celuici venait de recevoir de l'empereur l'ordre de se rabattre* sur les Prussiens. Ney avait, il est vrai, une magnifique réserve de cavalerie à Frasnes, mais il [avait cru devoir la réserver à l'empereur. Il dut se borner, vu son infériorité numérique, à empêcher les Anglais de rejoindre Bliicher à Fleurus : il y réussit, mais dut opérer sa retraite, en bon ordre, sur Frasnes, où d'Erlon le rejoignit. Le 17 juin à midi, après une revue qui semble inutile, Napoléon ordonne à Ney d'attaquer de nouveau les Quatre- Bras, pendant qu'à la droite, Grouchy opérerait contre les Prussiens. Mais ceux-ci, loin de s'éloigner de Wellington par les routes de Namur ou de Liège, tentaient de le rejoindre par celle de Wavres : Grouchy reçut l'ordre de se porter sur Gembloux. Cependant Wellington n'avait pas attendu une seconde attaque de Ney aux Quatre-Bras ; il avait battu en retraite vers 10 heures. Il laissa harceler son arrière-garde à Genappes et à Planchenois et ne fit tête que sur le plateau du mont Saint- Jean, en avant de la forêt de Soignes, au S. de Bruxelles, dans une position longuement étudiée et préparée par lui pour une action suprême, son front couvert par le chemin creux d'Ohain, ses avant-postes logés dans un château (Hougoumont), dans des fermes solidement bâties (La Belle-Alliance) et entourées de parcs et de haies (La Ilaie-Sainte). La réserve anglaise était dissimulée sur le revers N. du plateau. Le village de Waterloo et trois routes le reliaient à sa base d'opération, Bruxelles. L'armée française établit son bivouac en contre-bas, dans une plaine détrempée par l'orage. Wellington savait, par le chef d'état-major de Blucher, Gneisenau, que toute V armée prussienne, y compris le corps intact de Biilow (30.000 hommes), viendrait le rejoindre dans la journée du 18. Grouchy, entièrement dépourvu d'initiative, ne reçut l'ordre de marcher sur Wavres qu'à 10 heures du matin : il attendait toujours à Gembloux, avec ses 33.000 hommes ! De son côté, Napoléon n'attaqua les Anglais qu'à 11 heures et demie du matin, afin de laisser au sol le temps de sécher. Il fit une fausse attaque sur Hougoumont, en avant de la droite ennemie, comptant porter tout son effort sur le centre et la gauche. Mais vers 1 heure arrivèrent les Prussiens de Bùlow, dont Grouchy avait perdu le contact. Napoléon attaqua alors la ferme de la Haie-Sainte (gauche de Welliogton) et le centre anglais. Notre droite (d'Erlon) franchit le ravin d'Ohain, mais non sans désordre : l'infanterie est bousculée par les dragons anglais que nos cuirassiers (Michaud) et lanciers chargent à leur tour ; l'attaque contre le centre n'avait pas moins échoué, de même que celle contre la Haie-Sainte, où le canon fit défaut. Ney perdit

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