‹ La Grande encyclopédie (volume 2)Chapitre 572 sur 633 · WATTEAU ~~- WAUTERS · texte numérisé non relu

WATTEAU ~~- WAUTERS

à Madrid, le musée du Prado {V Accordée de village, le Bosquet de Bacchus) ; en Angleterre, les galeries de Dulwich {Fêle champêtre. Bal champêtre), de Buckingham Palace (deux Fêtes champêtres, Arlequin et Pierrot, Pourceaugnac houspillé par ses femmes), celle de Sir Richard Wallace {Rendez-vous de chasse, Arlequin et Colombine, la Leçon de musique, etc., etc.). Presque tous ces tableaux ont été gravés au xviii® siècle même par les plus célèbres artistes français contemporains (Larmessin, Moyreau, Ph. Lebas, Surugue, Cochin, etc.). " G. Iafenestre.

BiBL. : Comte DE Caylus, Vie d'Antoine Watteau^ peintre de figures et de paysages, sujets galants et mondains, lue à l'Académie royale de peinture et de sculpture le 3 févr. 1748.— M. de Julienne, Abrégé de la vie intime d'Antoine Watteau.— Gersaint, Catalogue raisonné des diverses curiosités du cabinet de feu M. Quentin de Losangère.— E. et J. de Goncourt, l'Art du xyiip siècle. — Edmond de Goncourt, Catal. raisonné de l'œuvre peint, dessiné et gravé d'Antoine Watteau; Paris, 1875. — John-W. Smollett, Watteau ; Londres, 1883.— G. Dar- GUEN, Antoine Watteau, dans Collection des artistes célèbres; Paris, 1891. — Emile Hannover, Antoine Watteau, trad. allem. par Alice Hannover ; Berlin, 1889. — Paul Mantz, Antoine Watteau ; Paris, 1892.

WATTEN. Corn, du dép. du Nord, arr. de Dunkerque, cant. de Bourbourg ; 2.030 hab. Stat. du chem. de fer du Nord. Tanneries et corroiries. Construction de bateaux. Eglise du xvi® siècle.

WATTIGNIES. Corn, du dép. du Nord, arr. de Lille, cant de Seclin; 2.752 hab. Stat. du chem. de fer du Nord. Fabr. de cordes à broches et de rubans pour filatures. Château du xvn^ siècle. Eglise en partie du xii®.

WATTIGNIES-LA-ViCTOiRE. Com. du dép. du Nord, arr. d'Avesnes, cant. de Maubeuge ; 206 hab. Le 46 oct. 1793, les Autrichiens y furent battus par Jourdan et Carnot.

WATTEN BACH (Wilhelm), historien allemand, né à Rantzau (Holstein) le 22 sept. 1819, mort à Francfortsur-le-Main le 20 sept. 1897, collaborateur des Manumenla Germaniœ (1843), archiviste à Breslau (1855), professeur à l'Université de Heidelberg (1862), puis de Berlin (1873). Paléographe émérite, il a publié Anleitung zur griechischen Palœographie (1887) et Anleitung zur lateinischen Palœographie (1869) ; Bas Schriftwesen im Mittelalter (1871), plusieurs fois réédités ; le catalogue des mss. delà cathédrale de Cologne (avec Jaffé, 1874) ; un excellent résumé bibliographique, Deutschlands Geschichtsquellen im Mittelalter bis zur Mitte der XIIP''' Jahrh, (1858 ; 6« édit. , 1893- 94) ; une histoire populaire de la papauté, etc.

WATTEVILLE (Jean-Chrétien de), marquis de Conflans (V. ce nom).

WATTIER (Charles-Emile), peintre et graveur français, né à Paris le 17 nov. 1800, mort à l'hôpital de la Charité le 23 nov. 1868. Elève de Gros, il exposa régulièrement, au Salon de 1831, au Salon de 1868, des tableaux de genre et des aquarelles. Il a décoré un grand nombre de'' maisons particulières.

WATTI6NY. Com. du dép. de l'Aisne, arr. de Vervins, cânt. d'Hirson; 546 hab.

WATTRELOS. Com. du dép. du Nord, arr. et cant. E. de Lille, faubourg E. de Houbaix, dont la sépare l'Espierre ; 12.318 hab. (6.276 aggl.).La population travaille aux manufactures de Roubaix et à celles de sa propre ville (draps, brasserie, huilerie, raffinerie de pétrole, etc.).

WATTRELOS (Est). Com. du dép. du Nord, arr. de Lille, cant. (E.) de Roubaix; 10.413 hab. Stat. du chem. de fer du Nord.

WATTS (George-Frederick), peintre anglais , né à Londres en 1817. Il se fit connaître par d'importantes compositions de genre historique : Isabelle trouvant Laurent mort (1840), Cymbeline (1842), Triomphe de Caractacus, Alfred appelant les Saxons aux armes, Paolo Malalesta et Francesca de Rimini, Fata Mor-

gana (1849), Saint Georges (fresque au parlement de Westminster), Amowr^^ Vie (à Washington). Il a débuté dans la manière préraphaélite et a continué avec plus d'indépendance et une constante recherche du style et de l'expi^ession. Il a peint des portraits très recherchés et sculpté plusieurs statues.

WAT-TYLER, encore surnommé TEGHELER ouWAL- TER Relier, chef de la révolte des paysans anglais au xiv^ siècle, mort en 1381. C'était un soldat qui avait servi pendant les guerres de France. Lorsque éclata l'insurrection dirigée surtout contre le despotisme des propriétaires, à l'époque où retentissait partout la fameuse chanson :

Quand Adam bèciiait et Eve filait, Où donc était le gentilhomme ?

Wat-Tyler fut reconnu comme chef. A la tête des insurgés, il marcha sur Londres dont les portes furent ouvertes par les pauvres artisans de la cité. On brûla le palais de Jean de Gand, le collège des hommes de loi au Temple et des maisons appartenant à des marchands étrangers (13-14 juin). Mais ces insurgés se proclamaient « des chercheurs de vérité et de justice, non des voleurs et des brigands », et le 15 juin, conduits encore par leur capitaine Tyler, ils pénétraient jusqu'à la Tour, et, saisissant par la barbe les chevaliers de la garnison, leur promirent fraternellement d'être à l'avenir leurs égaux et leurs bons camarades. Le jeune roi Richard détourna le danger en promettant aux insurgés des chartes de liberté et d'amnistie. Tyler, avec 30.000 hommes, fut chargé de veiller à l'accomphssement de ces promesses. Il était insolent, et rencontrant le roi à Smithfield, après une discussion très vive, il s'emporta jusqu'à un geste de menace. Le maire de Londres, William Walworth, se précipitant, tua Wat- Tyler d'un coup de dague. R. S.

BiBL. : André Reville, le Soulèvement des travailleurs d'Angleterre en 1381 ; Paris, 1898, in-8.

WAULSORT. Localité de Relgique, prov. de Namur, arr. de Binant, à 37 kil. S. de Namur, sur la Meuse ; 500 hab. On y voit les belles grottes à stalactites de Freyr. Les bénédictins avaient fondé une abbaye àWaulsortdansle cours du x® siècle ; enrichie par de nombreuses donations des empereurs d'Allemagne, elle fut unie en 968 à l'abbaye d'Hastière sous la juridiction des évêques de Liège. Cette union dura jusqu'en 1793. A cette époque, l'abbaye fut détruite par des pillards français. Seul le quartier abbatial fut épargné ; il existe encore. BiBL.: U.Berlière, Monasticon belge; Maredsous, 1897.

WAULSORTIEN (GéoL) (V. Permo-Carbonifère).

WAUTERS (Alphonse), historien belge, né à Bruxelles en 1817, mort à Bruxelles le 1^^ mai 1898. H devint de bonne heure archiviste de sa ville natale et fut nommé secrétaire de la commission royale d'histoire après la mort de Gachard (V. ce nom). Il était, comme la plupart des historiens belges de sa génération, un autodidacte. S'il put, grâce à un labeur acharné et à un sens critique remarquable, suppléer le plus souvent au manque de préparation scientifique, ce défaut de formation lui fit commettre dans certains de ses ouvrages des erreurs qui lui ont été sévèrement reprochées. Travaillant presque toujours d'après les documents des archives, Wauters eut le mérite de porter la lumière dans bien des questions demeurées obscures, et plusieurs de ses livres font autorité. Son activité fut remarquable : la liste complète de ses œuvres tient près de vingt pages de la bibliographie académique. Nous nous bornerons à rappeler parmi ses travaux les plus importants : Histoire civile, politique et monumentale de la ville de Bruxelles (en coll. avec Henné; Bruxelles, 1843-45, 3 vol. in-8) ; Histoire des environs de Bruxelles {ibid.^ 1850-57, 3 vol. in-8) ; la Belgique ancienne et moderne. Géographie et histoire des communes belges {ihid., 1859-87, 4 vol. in-8) ; Table chronologique des chartes et diplômes imprimés concernant l'histoire

WAUTERS -^ WËALÛIEN

de la Belgique (i/)?'cL, 1866-96, 10 vol. m4); les Libertés communales. Essai sur leur origine et leurs premiers développements en Belgique, dans le nord de la J^rance et sur les bords du Rhin (ibid., 1878, 2 vol. in-8).

BiBL. : H. PiRENNE, Biographie de A. Wauters, dans Annuaire de VAcadémie royale de Belgique de 1901.

WAUTERS (Emile), peintre belge, né à Bruxelles en 4846. Elève de Portifils et Gérôme, il a traité l'histoire et le portrait. Le tableau qui décida de sa réputation est la Folie de Hugo vander Goes (18T2), aujourd'hui au musée de Bruxelles. Parmi ses œuvres, d'une composition aisée et claire, il faut citer la décoration de Tescalier des Lions à l'hôtel de ville de Bruxelles (1878), le portrait du jeune Somzée (1875), Marguerite de Bourgogne devant le magistrat de Gand (1872, musée de Liège), le portrait d'un Jeunegarçon à cheval{iSdi , Salon deBruxelles), etc. Ses portraits de femmes sont très appréciés. E. D.-G.

WAVANS. Corn, du dép. du Pas-de-Calais, arr. de Saint-Pol, cant. d'Auxi-le-Château ; 294 hab. Stat. du chem. de fer du Nord.

WAVELLITE (Miner.). La luavellite ou lasionite appartient, comme la turquoise, à la famille des phosphates alumineux. Elle donne, à l'analyse, 20 % de fluor et 24 à 28 7o d'eau. Elle se présente quelquefois en petits prismes, d'un clivage parfait, mais le plus souvent en globules radiés, aplatis, formés de fibres très déliées. Densité, 2,3; dureté, 3,5 à 4. Cristallisation dans le système rhombique. On rencontre principalement la wavellite dans les tissures des schistes argileux, à Barnstaple (Devonshire), dans l'hématite brune, à Amberg (Bavière), dans les filons d'étain, àMontebras (Creuse), dans les couches de limonite, à Steamboat (Pennsylvanie), etc.

WAVENEY. Rivière de Grande-Bretagne (V. cet art.).

WAVIGNIES. Corn, du dép, de l'Oise, arr. de Clermont, cant. de Saint-Just-en-Chaussée ; 697 hab.

WAVILLE. Com. du dép. de Meurthe-et-Moselle, arr. de Briey, cant. de Ghambley ; 409 hab. Stat. du chem. de fer de l'Est.

WAVRANS-sur-l'Aâ. Com. du dép. du Pas-de-Calais, arr. de Saint-Omer, cant. de Lumbres ; 970 hab.

WAVRANS-sur-Ternoise. Com. du dép. du Pas-de-Calais, arr. et cant. de Saint-Pol; 242 hab. Stat. du chem. de fer du Nord.

WAV RE. Ville de Belgique, prov. de Brabant, arr. de Nivelles, à 25 kil. S.-E. deBruxelles, sur la Dyle, sousaffluent de l'Escaut; 8.000 hab. Stat. du chem. de fer de Louvain à Charleroi, tête de ligne vers Jodoigne. Ecoles moyennes de l'Etat pour garçons et pour filles, petit séminaire, école régimentaire des carabiniers. Papeteries, briqueteries, fonderies, tanneries. Wavre fut érigé en commune par le duc Jean ï®^ de Brabant en 1293. La ville fut incendiée à diverses reprises, notamment en 1594, 1604, 1695 et 1715. Sa position stratégique lui assigne un rôle important dans la campagne de 1815 (V. Waterloo). Les armoiries de Wavre sont : D'argent à trois ftuillesen cœur de sinople, deux et un, reçu sommé d'une couronne.

WAVRECHAIN-sous-Denain. Com. du dép. du Nord, arr. deValenciennes, cant. de Denain; 554 hab. Stat. du chem. de fer du Nord.

WAVRECHAIN-sous-Faulx. Com. du dép. du Nord, arr. de Valenciennes, cant. de Bouchain ; 542 hab.

WAVRILLE. Com. du dép. de la Meuse, arr. de Maubeuge, cant. de Damvillers; 135 hab.

WAVRIN. Com. du dép. du Nord, arr. de Lille, cant. de Haubourdin ; 3.809 hab. Stat. de chem. de fer.

WAZIERS. Com. du dép. du Nord, arr. et cant. (N.) de Douai; 2.516 hab. Exploitation de houille.

WEALDIEN (GéoL). On désigne en géologie sous ce nom des formations saumâtres ou fluviatiles, dont le type

est la « Wealden séries » de la région du Weald, dans le S. de l'Angleterre (Cf. Grande-Bretagne, t. XÏX, p. 145), et qui se trouvent à la limite des terrains jurassiques et crétacés. Tandis que, dans les régions méditerranéennes, il y a en général continuité de faciès et de dépôts entre ces deux séries superposées, dans le bassin anglo-parisien, dans le Portugal, dans le N. de l'Allemagne, il existe toujours à ce niveau une interruption dans la succession des dépôts marins, qui se traduit, soit par une lacune dans la sédimentation, soit, plus fréquemment, par l'intercalation de dépôts d'eau douce ou saumâtre. Ceux de ces dépôts qui correspondent aux assises les plus élevées du jurassique, au portlandien supérieur ou aquilonien, ont été désignés sous le nom de purbeckien. Ceux qui correspondent comme âge aux dépôts néocomiens marins constituent le wealdien. La limite précise entre la partie jurassique et la partie crétacée de cette série non marine est toujours très difficile à tracer, mais la part qui revient au jurassique tend à s'augmenter considérablement, dans ces derniers temps, au détriment de ce qui était rangé dans le crétacé.

Angleterre. — Dans le S. de l'Angleterre, le purbec kien est bien représenté sur la côte du Dorset et dans l'île de Purbeck, il est surmonté par le wealdien inférieur ou sables de Hastings, très développé surtout dans la région du Weald, où il atteint 200 à 300 m. d'épaisseur. C'est une série d'argiles bariolées, de sables, de grès, assez fossilifère. On y trouve des Mollusques d'eau saumâtre (MelanopsiSy Melania, Cyrena) et d'eau douce (Paludina, Unio)Aes, Poissons (Lepidotus), des Crocodiliens et surtout des Dinosauriens, ainsi que des restes végétaux (Fougères, Cycadées, Conifères). Le caractère général de la faune et de la flore est plutôt jurassique, aussi est-on aujourd'hui assez généralement d'accord pour distraire du crétacé cette partie inférieure. Quant au wealdien supérieur ou Weald clay, il paraît correspondre, au moins en partie, au néocomien, car il est surmonté dans l'île de Wight par des couches marines (argiles d'Atherfield) , appartenant incontestablement au barrémien. Le Weald clay, qui renferme des intercalations de sables et de calcaires à Paludines, est peu fossilifère. On y trouve des Cypris et des restes à' Iguanodon Mantelli. C'est essentiellement une formation lacustre.

Allemagne du Nord. — Dans le Hanovre, le purbeckien est également fort bien développé (Mùnder Mergel, Serpulit, calcaires lacustres), il supporte en concordance parfaite des grès connus sous le nom de « Wâldersandstein » ou de « Deistersandstein ». On y trouve des Mollusques d'eau douce, des Poissons et beaucoup de restes de Végétaux, dont les affinités sont, d'après A. von Kœnen, plutôt crétacées que jurassiques. Au-dessus vient le «Wâlderthon », puissante série d'argile, renfermant une faune d'estuaire. Ces couches sont transgressives, et Gagel a montré qu'elles peuvent reposer directement sur le séquanien. Elles sont immédiatement surmontées par des argiles valanginiennes à Oxynoticeras heteropleurum et Gevrilianium, c'est pourquoi A. von Kœnen les envisage comme un équivalent du valanginien inférieur.

Belgique. — Dans le Hainaut, on a tout d'abord confondu avec les sables sénoniens d'Aix-la-Chapelle, sous le nom d'aachénien, des sables et des argiles reposant directement sur le carbonifère et auxquels appartient le célèbre gisement de Bernissart. On en a fait ensuite l'équivalent du wealdien d'Angleterre. Van den Brœck pense que la faune de Bernissart, de même que la faune wealdienne d'Angleterre, a plutôt un caractère jurassique, mais il est évident que les Iguanodon, les Crocodiliens, les Tortues, les Poissons de cette localité, si admirablement conservés qu'ils soient, ne nous fournissent à cet égard aucun renseignement précis.

Bassin de Paris. — Dans le Boulonnais, on avait décrit comme wealdienne une formation d'estuaire qui surmonte le portlandien proprement dit. Munier-Chalmas a

WEALDIEN

WEBER

pu établir qu'il s'agit d'un équivalent du portlandien supérieur ou aquilonien.

Dans le pays de Bray, le portlandien marin est surmonté par des sables blancs avec argiles réfractaires, dont la partie inférieure est sans doute jurassique, tandis que la partie supérieure correspond probablement au néocomien inférieur. On y a trouvé Lonchopteris MantelU^ Fougère caractéristique du wealdien anglais. Au-dessus vient une série de grès ferrugineux, avec argiles à poteries intercalées, qui renferme à sa partie supérieure des fossiles marins d'âge hauterivien (Panopœa neocomiensis, Cardium subhillanum, Aslarte numismaliSy etc.). Les sables panachés et les glaises bariolées qui surmontent ces couches fossilifères sont un équivalent lagunaire du barrémien, mais on n'y a pas trouvé de fossiles.

Dans la Haute-Marne, par contre, où le néocomien inférieur, discordant sur le portlandien marin, présentait déjà un caractère continental, une série lagunaire, constituée par des minerais de fer oolithiques, avec Unios, Paludines, Cyclas, s'intercale entre les couches marines de l'hauterivien et de Faptien. Dans l'Aube, en revanche, le crétacé inférieur est tout entier marin.

Espagne et Portugal. — Au N. de la Meseta espagnole, le crétacé inférieur est représenté par une puissante série de grès et d'argile, à faune d'eau douce, qui rappelle beaucoup le wealdien d'Angleterre.

Dans le Portugal, d'après P. Choffat, il existe déjà des intercalations de couches d'eau douce ou saumâtre dans le portlandien, mais le néocomien est, ou bien entièrement marin (région de Cintra), ou bien constitué par une importante série de grès, sans fossiles marins, plus ou moins riche en débris végétaux. C'est à cette série qu'appartient le célèbre gisement de Gerçai, renfermant les premières Dicotylédones {Aralia, Salix, Sassafras, etc.), associées à des Fougères. Emile Haug.

WEAR. Fleuve de la Grande-Bretagne (V. cet art.).

WEBB (Mrs Béatrice) (V. l'art, suivant).

WEBB (Sidney), économiste et homme politique anglais, né à Londres en 4859. Il passa l'examen du Civil Service, fut employé au ministère des colonies à Lonpres, prit ses grades de droit à l'Université de Londres, se fit agréer comme avocat, professa l'économie politique au collège de la cité de Londres. Webb s'est aujourd'hui consacré entièrement à l'enseignement des sciences économiques, à la politique et à la publication d'études économiques et sociales. Il est membre au Conseil du comté de Londres, créé en 4889 : il y a joué un rôle important, surtout comme président de la commission des écoles, et il a été constamment réélu à d'énormes majorités. Webb a été l'un des fondateurs de l'Ecole des sciences économiques, récemment créée à Londres {London School of Economies and political Science). Webb avait publié une étude sur le socialisme en Angleterre et plusieurs autres ouvrages lorsqu'il épousa, en 4892, miss Béatrice Potter, qui s'occupait de recherches économiques et sociales, qui avait collaboré à la grande enquête de Charles Booth sur le paupérisme à Londres et qui avait publié un volume remarquable sur le mouvement coopératif en Grande-Bretagne. M. et Mrs Webb ont publié en collaboration deux ouvrages d'une documentation très sûre et du plus grand intérêt : V Histoire du Trade Ufiionisme (trad, franc.; Paris, 4877) est un livre définitif sur l'histoire, non seulement des syndicats ouvriers, mais de tout le mouvement démocratique dans l'Angleterre du xix^ siècle. La Démocratie industrielle (Industrial Democracy) dont une traduction française sera bientôt publiée (Paris), est une étude positive, inductive, fondée sur l'histoire et les faits économiques des principaux aspects de la question ouvrière et de la question sociale, contrat collectif de travail, arbitrage, intervention des législateurs, salaires, durée du travail, hygiène, machinisme, problème de la population, programme des

syndicats ouvriers, objections des libéraux, etc. Les ouvrages de M. et de Mrs Webb sont faits avec une méthode scientifique ; dans l'exposition des faits, la loyauté des auteurs est incontestable, de même que leur information est à l'abri de toute critique ; leurs opinions n'apparaissent que dans les interprétations et les conclusions. M. et Mrs Webb sont socialistes ou plutôt le sont devenus au cours de leurs études. Ils entendent par socialisme la transformation graduelle et légale en services publics de celles des entreprises privées qui intéressent la collectivité (fourniture de l'eau et du gaz, écoles, marchés, tramways, magasins des ports, etc. M. et Mrs Webb ne sont ni communistes, ni révolutionnaires ; ils appartiennent au groupe important d'économistes et d'hommes politiques anglais qui s'est détaché de l'ancienne économie manchestérienne, qui a renoncé au « laissez faire » et qui, profitant de l'institution récente d'assemblées locales élues, poursuit la municipalisation des services. Ces principes triomphent dans les municipalités de plusieurs grandes villes, quoique les majorités qui les adoptent soient formées de « progressistes » qui ne se considèrent pas comme socialistes. Un des ouvrages les plus intéressants sur le « socialisme municipal est celui de Sidney Webb qui a pour titre TheLondon Pjvgramme. M. et Mrs Webb comptent parmi les membres les plus actifs et les plus en vue d'une société de socialistes pacifiques, méthodiques et possibilistes, la Fabian Society^ qui a emprunté son nom à Fabius le Temporisateur. Webb est l'auteur d'une des études publiées par la société sous le titre de Fabian Essays on Socialism. En économie politique, Webb et la plupart des Fabiens sont des disciples de Stanley levons, et ils admettent sa théorie de la valeur, plus ou moins modifiée, de préférence à celle de Karl Marx. A. Métin.

BiBL. : Albert Métin, le Socialisme en Angleterre, Paris. — Verhaegen, Socialistes anglais ; Bruxelles.

WEBER (Carl-Maria von), musicien allemand, né à Eutin (Holstein) le 48 déc. 4786, mort à Londres le 5 juin 4826. Sa famille était alliée à celle de Mozart par la femme de celui-ci. Constance Weber, dont l'aïeul, Fridolin von Weber, était aussi le grand-père de Carl-Maria. Son père, Franz- Anton von Weber, esprit singulièrement aventureux, tour à tour officier dans la cavalerie prussienne (il fut blessé à Rosbach), fonctionnaire dans l'administration des finances, directeur de spectacles, musicien d'orchestre, maître de chapelle, était musicien de ville à Eutin quand naquit l'enfant qui devait illustrer son nom. Celui-ci fut associé à sa vie errante, qui continua longtemps encore, et passa ses premières années dans une entière liberté, se livrant sans contrainte à ses penchants naturels : ses dispositions pour la musique se développèrent ainsi spontanément et sans subir d'abord l'influence d'aucune direction étrangère. Vers l'âge de dix ans, la famille étant alors fixée à Hildburghausen (Saxe), où elle séjourna en 4796-97, il eut la chance de trouver un bon instituteur avec lequel ses progrès sur le piano furent rapides; il fut ensuite (4798) conduit à Salzbourg, où il étudia sous Michel Haydn, maître sévère, aux principes rigoureux, à qui il ne se soumit qu'avec peine. Il y publia sa première composition, six fuguettes pour le piano. A la fin de cette même année 4798, il se rendit à Munich, où il reçut des leçons de chant de Valesi, et de composition de Kalcher, organiste de la chapelle royale. Il poursuivit ses essais, travaillant dans tous les genres : opéras, musique religieuse, musique instrumentale, lieder, etc. En 4800, le directeur du théâtre allemand de Carlsbad, en représentations à Freiberg, petite ville de Saxe où il habitait alors, lui confia la composition d'un opéra en deux actes, la Fille des bois, qui, représenté d'abord en cette ville le 24 nov. 4800, eut assez de succès pour mériter d'être joué sur plusieurs autres scènes allemandes. Weber alors n'avait pas quatorze ans : dix ans plus tard, il reprit l'idée de cette composition de jeunesse, et en fit

WEBER

Silvana, le premier de ses opéras qui ait vraiment attiré sur lui l'attention du monde musical. Vers le même temps, son esprit toujours en éveil Finclina à perfectionner, pour l'usage de la musique, les procédés récemment découverts de la lithographie : on a une lettre de lui, datée de Freiberg, 9 déc. 4800, adressée à l'éditeur Artaria, par laquelle il propose de lui céder la propriété de ses inventions en ce genre, en même temps que celle de plusieurs de ses compositions, dont trois sonates et trois trios. Il fit en 4804, à Salzbourg, un nouvel opéra en deux actes, Peler Schmoll et ses voisins, qui fut représenté plus tard à Augsbourg, sans succès. Sa production, peu active pendant les années qui suivirent, se composa de quelques morceaux pour le piano, danses et lieder. Au commencement de 4803, il devint l'élève du savant abbé Vogler, et se perfectionna avec lui dans la technique de la composition. A la fin de 4804, il fut chargé de la direction de la musique au théâtre de Breslau ; il y entreprit la composition d'un opéra, Rilbezahl, qu'il n'acheva pas. En 4806, le prince Eugène de Wurttemberg l'invita à se fixer dans sa résidence de Carlsruhe en Silésie ; il y composa deux symphonies, les seules qu'il ait écrites (janv. 4807). Les événements qui suivirent la bataille d'Iéna l'obligèrent à reprendre sa vie errante. Il se rendit à Stuttgart, auprès du prince Louis de Wurttemberg. Il y composa une sorte de cantate : Der Erste Ton y sur un poème de Rochlitz, où la déclamation se mêle à la symphonie, l'œuvre se terminant par un ensemble choral et orchestral, — Turandot, musique de scène pour la comédie de Schiller, — Silvana, opéra romantique en trois actes, dont le poème n'est qu'un remaniement de la Fille des bois, de 4800, mais dont la musique, sauf quelques rares emprunts, est entièrement nouvelle. La tendance esthétique et la personnalité de Weber, sinon l'intégralité de son génie, se manifestent déjà dans cette oeuvre, dont le principal personnage est une petite bohémienne muette, à demi sauvage (dans le rôle de laquelle il nous semble apercevoir, non seulement quelques traits de Preciosa, une des futures héroïnes de Weber, mais encore le prototype de plusieurs créations postérieures du théâtre lyrique : la Muette de Poriici, Mignon et Carmen) et dont l'action se déroule au travers des forêts, parmi des chasseurs et dans le monde de la noblesse de la vieille Allemagne. Certes, au point de vue musical, l'on ne saurait dire que le génie de Weber fût entièrement formé. Pour le moment, son style, n'élevant pas ses prétentions au-dessus de celui de l'opéra-comique français (plutôt que de l'opéra italien); indique des visées beaucoup moindres ; mais l'invention mélodique est déjà abondante et savoureuse ; des rythmes caractéristiques, semblables à ceux des danses des tziganes, auxquelles on n'avait pas encore reconnu le droit de cité dans la musique artistique, et des chants d'un sentiment pénétrant, se rencontrent en maint endroit de la partition. C'est pourquoi Silvana, représenté pour la première fois à Francfort-sur-le- Main le 46 sept. 4810, obtint aussitôt un grand succès, fut joué par toute l'Allemagne et s'est maintenu au répertoire des théâtres allemands jusqu'à notre temps. A cette époque de sa vie, Weber vint se fixer a Darmstadt, où il se remit sous la direction de son ancien maître l'abbé Vogler, ayant pour camarades Meyerbeer, Gottfried Weber (qui devint un théoricien distingué), et Gœnsbacher (connu comme compositeur de musique religieuse), « Je suis vraiment en droit de dire que ma maison est aujourd'hui une véritable académie de musique», écrivait alors son vieux maître. Les quatre camarades, qui s'aimaient fraternellement, fondèrent une « association harmonique » dont C. -M. von Weber fut président, et qui sans doute fut le premier exemple de ces sociétés « d'admiration mutuelle » dont il s'est formé tant d'autres depuis lors. Weber écrivit des articles dans les journaux dans le but d'attirer l'attention sur le groupe qu'il présidait. Il composa Abu- Hassan, opéra-comique en un acte, représenté pour

la première fois à Munich le 4 juin 1841. Un de ses lieder les plus célèbres, la Berceuse : Schlaf, Herzenssôhnchen, date de cette époque; elle fut composée originairement avec accompagnement de guitare. Il entreprit ensuite des tournées de concerts à travers l'Europe, au double titre de pianiste et de compositeur : après quelques séances données dans les villes des environs de Darmstadt (fin 4840 et commencement de 4814), il partit en févr.; ses lettres à son ami Gaensbacher nous permettent de le suivre à Wurtzbourg, Munich, dans plusieurs villes de Suisse, à Prague, Leipzig (fin 4814), Weimar, Dresde, Berlin (où il séjourna pendant la première partie de 4812), Gotha (fin 4"842), Prague (premiers mois de 4843), Vienne (avril-mai). Ses compositions de cette période sont peu importantes : mentionnons seulement la grande sonate pour piano en ut majeur (avec le final en mouvement perpétuel), un concerto pour piano et orchestre, et surtout des compositions pour clarinette qu'il écrivit pour un de ses compagnons de tournées artistiques, Henri Bermann, virtuose distingué, et qui ne sont pas ce qu'il y a de moins savoureux ni de moins poétique dans son œuvre : elles font de Weber le classique par excellence pour cet instrument.

Nommé directeur de la musique à l'Opéra allemand de Prague, il fut s'y installer en juin 4843 ; il occupa ces fonctions jusque dans l'automne de 4846. Il y écrivit une des œuvres qui ont le plus contribué à rendre son nom populaire, bien qu'elle fût peu importante comme étendue : Leyer und Schivert (Lyre et Epée), suite de lieder sur les poésies patriotiques de Th. Kôrner. Le second des trois cahiers de cette œuvre se compose de six chants pour quatre voix d'hommes, quelques-uns extrêmement courts, formés d'un simple couplet de huit mesures, mais dont l'accent est d'une énergie farouche, d'un si grand caractère que les Allemands qui s'étaient soulevés pour leur indépendance de 4843 à 4845 y reconnurent sur-le-champ l'expression de leurs sentiments les plus intimes. La Chasse sauvage de Liltzow, le Chant du Glaive, Chanson à boire avant la bataille, etc., portèrent ainsi la renommée de Webèr dans toutes les parties de l'Allemagne et firent de lui une sorte de barde national. A la vérité, il est inexact de dire, comme l'a avancé Fétis et comme tout le monde l'a répété après lui en France, que, « lors du soulèvement général de l'Allemagne en 4843 », la jeunesse de Prusse « marcha contre les armées françaises, entonnant en chœur les chants patriotiques composés par Charles-Marie de Weber » . En efi'et, la composition de ces chants date des derniers mois de 1844, époque où la guerre était finie et où la monarchie était restaurée en France ; rien non plus n'autorise à croire qu'ils aient été chantés l'année suivante à Waterloo, comme la Marseillaise Lavait été dans les batailles de la République. Continuant ce nouveau rôle, Weber célébra la dernière victoire des ennemis de la France en composant une cantate de grand développement : Kampfund Sieg {Combat et Victoire), l'œuvre la plus considérable qu'il ait écrite dans cette partie* de sa carrière; elle fut exécutée à Berlin le 48 juin 4846. Sauf ces chants de caractère d'actualité, il écrivit peu pendant cette période, durant laquelle il fut tout occupé à lutter contre les difficultés qui lui étaient opposées dans sa direction musicale. Il faut noter enfin qu'il se fiança à Prague avec une artiste du théâtre, Caroline Brandt, qu'il épousa en 4817. Il quitta Prague en nov. 4846 et voyagea pendant l'hiver suivant. Ses principales productions de cette période sont les deux sonates pour piano n*'^ 2 (en la bémol) et 3 (en ré mineur). Enfin il fut engagé comme Capellmeister du roi de Saxe, principalement chargé de la direction de la musique au nouveau théâtre allemand de Dresde, et vint prendre possession de ce poste au commencement de 1817.

L'établissement de Weber à Dresde mit fin à sa vie errante, encore qu'il ait dû se rendre en de plus impor-

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tantes capitales chaque fois qu'il eut à produire les chefsd'œuvre définitifs qu'il put créer désormais. Certes, le poste qu'il avait été appelé à occuper n'était point une sinécure : il avait à soutenir une lutte de tous les instants contre la rivalité de l'opéra italien, tout particulièrement puissant à cette époque; non seulement il dirigeait l'orchestre du théâtre et présidait à toutes les études musicales, mais plus d'une fois il eut à composer des morceaux d'opéras intercalés, suivant les exigences des chanteurs, dans des œuvres d'autres maîtres. Il lui fallait aussi pourvoir au répertoire de la chapelle royale, et composer de nouvelles œuvres pour maintes cérémonies : c'est ainsi qu'il écrivit deux Messes (4818-19) et de nombreux morceaux religieux; qu'en sept. 1818, à l'occasion du 50^ anniversaire de l'avènement au trône du roi de Saxe, Frédéric-Auguste P^\ il composa une grande cantate jubilaire (Jubel- Cantate), ainsi qu'une ouverture {Juhel-Ouverturé) d'un style éclatant et vraiment grandiose. Il put néanmoins se consacrer avec plus de tranquillité à ses travaux personnels. Plusieurs des œuvres les plus célèbres qu'il ait écrites pour le piano datent de cette période : la quatrième sonate (en mi mineur), le Concert-Stuck, V Invitation à la valse, le Rondo brillant en mi-bémol, la Polonaise en mi. Il ne dédaignait pas de composer en même temps des œuvres plus accessibles aux talents modestes : il écrivit maintes fois les accompagnements de ses pièces vocales pour la guitare, fort à la mode en son temps. Il fit des chœurs pour sociétés chorales et mit en musique des poésies de Volkslieder, pénétrant ainsi dans l'intimité du génie musical du peuple allemand et se préparant à la composition d'une œuvre qui allait faire époque dans l'histoire.

L'on ne saurait dire que Weber soit le fondateur de l'opéra allemand : la Flûte enchantée et Fidelio démentiraient cette prétention. Cependant le Freischutz a une si grande signification, il réalise si parfaitement l'idéal national qu'il semble inaugurer un genre nouveau. Le poème de cet ouvrage, dû à la plume de Frédéric Kind, est tiré d'une légende populaire où la naïveté des mœurs en même temps que l'imagination fantastique du peuple allemand sont représentées par les scènes les plus heureuses : l'action, se déroulant dans les campagnes et les forêts de la Bohême, n'a d'autres personnages que des paysans et des chasseurs : le roi n'apparaît, au dénouement, que comme justicier de ses vassaux. Rien n'égale l'intensité d'impression de la musique que Weber composa pour ce poème ; un sentiment profond de la nature, un accent romantique tout nouveau s'y révèlent : l'âme allemande vibre depuis les premièresnotes de l'admirable ouverture jusqu'à l'hymne panthéiste final ; les situations les plus diverses, les tableaux les plus variés sont représentés par des traits également frappants, aussi bien la valse rustique des paysans que la prière à la lune de la rêveuse fiancée et le tableau terriblement fantastique de la gorge aux loups. Commencée dès les premiers temps du séjour de Weber à Dresde, le Freischûtz fut représenté pour la première fois à Berlin le 18* juin 1821. Son succès fut immédiat, et tel qu'on n'en avait pas encore vu de semblable : il devint bientôt européen.

Trois mois avant le Freischûtz, le 14 mars 1821, le Théâtre royal de Berlin avait donné la première représentation de Preciosa, comédie en quatre actes d'Alex. Wolff, pour laquelle Weber avait composé une ouverture, des chœurs, danses et morceaux de musique de scène. L'action se déroulait dans un milieu de Bohémiens, et Weber, empruntant résolument comme thème d'une marche un air populaire tzigane, avait encore répandu sur cette œuvre ce pénétrant parfum de nature dont il avait le secret. Il voulut cependant, dans une œuvre postérieure, traiter un sujet plus brillant, et il écrivit Euryanthe. Les personnages de cet opéra sont des seigneurs du moyen âge, et la musique se fit remarquer par son éclat tout chevaleresque. L'œuvre fut représentée

pour la première fois à Vienne le 25 oct. 1823, et parut d'abord obtenir du succès : cet accueil pourtant ne se soutint pas, pour deux raisons : le peu d'intérêt et parfois le ridicule du poème, et le style même de la musique, par trop différent des opéras de Rossini qui jouissaient alors d'une vogue presque exclusive à Vienne. Euryanthe n'en est pas moins la digne sœur du Freischûtz. L'auteur de Lohengrin et de Tannhauser ne devait pas tarder à subir fortement l'influence de cette inspiration.

A Euryanthe succéda Obéron, que Weber composa pour le théâtre de Covent-Garden de Londres. Ici il eut à traiter un sujet de féerie dont les personnages évoluaient dans le monde oriental, et il fit un nouveau chef-d'œuvre de poésie, de couleur et d'expression. Mais ce fut pour lui le chant du cygne. Parti de Dresde au commencement de févr. 1826, il s'arrêta quelques jours à Paris, où il reçut un accueil triomphal; poursuivant sa route, il arriva à Londres le 5 mars et prit la direction des études. Depuis longtemps, il était atteint d'une maladie de poitrine parvenue alors à la dernière période ; lui-même se rendait compte de la gravité de son état. Il n'en fit pas moins courageusement son œuvre, dirigea les douze premières représentations à'Obéron (la première eut lieu le 12 avr.) ainsi que plusieurs concerts. A bout de forces, il se décidait à regagner l'Allemagne par les voies les plus rapides, quand, après une soirée passée avec quelques amis allemands, le 4 juin 1826, il se mit au lit, s'endormit et fut trouvé mort le lendemain. Ses funérailles furent célébrées à Londres avec une grande solennité. Dix-huit ans plus tard, un comité d'habitants de Dresde, ayant à sa tête le successeur de Weber, qui n'était autre que Richard Wagner, entreprit de faire revenir sa dépouille mortelle en terre alleinande. Cette translation a donné lieu à une fête funèbre, célébrée à Dresde le 14 déc. 1844. J. T.

BiBL. : C.-M. V. Weber, Chronologisch-thematisches Verzeichniss, par Fried.-Wilh. JÂhns; Berlin, 1871. Ce catalogue fait mention de 308 oeuvres publiées, plus de quelques ouvrages restés en manuscrits ou perdus. — Hinterlassene Schriften von C.-M. v. Weber ; Dresde, 1828. — C.-M. V. Weber, Ein Lebensbild von Max-Maria. VON Weber ; Leipzig, 1864-66. — Plusieurs volumes de lettres. Quelques-unes de celles-ci ont été traduites en français par Guy de Charnacé [Lettres de Gluck et de Weber, 1870) et H. de Curzon [Musiciens du temps passé). — Berlioz a écrit sur l'œuvre de Weber des pages d'une rare pénétration dans ses Mémoires, ainsi que dans son Traité d'instrumentation. V. aussi ses articles sur le Freischûtz et Obéron, dans A travers chants.

WEBER (Ernst-Heinrich), anatomiste allemand, né à Wittenberg le 24 juin 1795, mort à Leipzig le 26 janv. 1878. Professeur à Leipzig en 1818, il a fait des découvertes importantes en anatomie, et publié des travaux remarquables sur l'ouie, le sens de la température, la psychophysique, un rudiment d'utérus chez les mammifères du sexe mâle, la circulation du sang, etc. Il a pubHé Wellenlehre (avec son frère Wilhelm, 1825) ; De aure et auditu (1820) ; Annotationes anatomicce et physiologicce (1834-51, 3 vol.). D^ L.Hn.

WEBER (Beda), écrivain autrichien, né à Lienz (Pusterthal) le 20 oct. 1798, mort à Francfort-sur-le-Main le 28 fév. 1858, auteur de poésies mystiques : Blûten heiliger Liebe (1845); de Liederaus Tirai (iM^), d'un intéressant livre sur le Tirol : Das Land Tirol (Innsbruck, 1838, 3 vol.).

WEBER (Wilhelm-Eduard), physicien allemand, né à Wittenberg le 24 oct. 1804, mort à Gœttingue le 23 juin 1891. Docteur et privat-dozent en 1827, professeur de physique aux universités de Halle (1828-31), de Gœttinguô (1831-37), de Leipzig (1843-49) et, en dernier lieu, de Halle, il avait, dès 1825, alors qu'il était encore étudiant, publié avec son frère aîné, Ernst-Heinrich {Y. cidessus), un mémoire très remarqué sur les mouvements ondulatoires. Deux ans après, il donnait sa théorie des tuyaux à anches. Puis il commença avec Gauss, en 1832, ses recherches sur le magnétisme et Télectricité. Elles l'occupèrent dès lors à peu près exclusivement et le con-

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duisirent à une série de découvertes et d'inventions qui ont grandement contribué aux progrès de ces deux sciences. Parmi les pins importantes, on cite ses expériences sur les solénoïdes (V. Magnétisme, t. XXII, p. 957), sa méthode pratique pour la détermination de l'ohm, une autre méthode pour la détermination du nombre v, ou rapport de l'unité électromagnétique d'électricité à l'unité électrostatique. Dès 1856, il trouva, avec Kohlrausch, comme minimum, 299.600 kil.par seconde, nombre sensiblement égal à celui fourni par les travaux récents d'Abraham. A signaler encore : V électrodynamomètre (V. ce mot) et Vinclinomètre (V. Boussole) qui portent son nom. Outre de nombreux mémoires insérés principalement dans les Annales de Poggendorff, il a publié : Théorie der Zungenpfeisen (Leipzig, 1827); ResuUate aus den Beobachtungen des magnetischen Vereins -1886-41 (Leipzig, 1836-43, 6 vol. et 3 atl.); Elektrodynamische Massbestimmungen (Leipzig, 1846-64, 5 part.); Galvanometrie (Gœttingue, 1862), etc. Une édition complète de ses œuvres a été donnée par la société des sciences de Gœttingue (Berlin, 1892-94, 6 vol.). L. S.

BiBL.: RiECKE, Wilhelm Weher ; Gœttingue, 1892. -— H. Weber, Wilhelm Weber; Berlin, 1893. — Meinokg, Ueber die Bedeutung des Weberschen Geseizes; Brunswick, 1896.

WEBER (Albrecht-Friedrich), orientaliste allemand, né à Breslau le 17 févr. 1825, professeur à l'Université de Berlin (1856), l'un des indianistes les plus réputés du XIX® siècle, édita de nombreux textes sanscrits, spécialement rédigés ; ses principaux ouvrages sont : l'édition du White Yajurveda (Berlin, 1849-59, 3 vol.); Indische Studien (1849-85, 19 vol.); Indische Str et f en (1868- 79, 3 vol.); ces deux séries réunissent des mémoires et travaux très variés.

WEBSTER. Ville des Etats-Unis, Massachusetts, sur le French-river ; 7.000 hab. en 1890. Textiles, fonte.

WEBSTER (Daniel), homme d'Etat américain, né à Salisbury (New Ilampshire), le 18 janv. 1782, mort à Marshfîeld (Massachusetts) le 24 oct. d852. Avocat à Portsmouth, puis à Boston, très renommé pour son talent d'orateur, il fut élu en 1817 membre de la Chambre des représentants de Massachusetts, passa au Sénat en 1828 et fut secrétaire d'Etat et président du Conseil à deux reprises (1841-43 et 18-50-52). Il a laissé : Speeches forensic arguments and diplomatie papers (Boston, 1852, 6 vol.), et une Correspondance, éditée par son fds (Boston, 1858, 2 vol.). B. S.

BiBL. : Lanman, Life of D. Webster ; Londres, 1853. — CuRTis, Life ofD. Wester; Londres, 1870,2vol. — Lodge, Life OfD. Webster ; Boston, 1885.

WECKHERLIN (Georg-Rudolf), poète allemand, né à Stuttgart le 15 sept. 1584, mort à Londres le 13 févr. d653. Fixé à Londres en 1620, c'est un poète de cour, qui a introduit dans la littérature allemande les formes de la Pienaissance : l'ode, le sonnet, l'églogue et l'épigramme. Il a lui-même donné ses poésies complètes (Amsterdam, 1641 et 1648). Fischer en a donné une édition critique (Tubingue, 1894-95, 2 vol.) et a publié sa biographie (1891).

WEDDERBU RN (Alex.) (V. Rosslyn).

WED6W00D (Josiah), industriel anglais, né à Burslem (Staffordshire) le 2 juil. 1730, mort à Etruria, près de Newcastle, le 3 janv. 1795. On l'a appelé le Palissy de l'Angleterre, D'une famille de potiers et le plus jeune de treize enfants, il était, à onze ans, apprenti tourneur chez son frère aîné. Il s'appliqua par la suite à perfectionner la céramique, au double point de vue de la pâte et des formes, établit en 1759 dans sa ville natale, après une absence de plusieurs années, un atelier, puis deux grandes fabriques, dont les produits furent bientôt recherchés dans le monde entier, et, en dernier lieu, fonda, non loin de Newcastle- under-Lyme, le village d'Étruria, qui est demeuré un centre céramique. Parmi ses inventions, il convient de citer surtout la terre de fer et les

grès cérames qui ont gardé son nom (V. Céramique, t. IX, p. 1183). Il a aussi découvert une méthode nouvelle de peinture de la terre cuite qui ne laisse aucune apparence vernissée. Il a construit en 1789 le pyromèlrede Wedgivood (V. Pyromètre). Il a eu l'initiative du canal de la Trent à la Mersey. Il a publié : Remarks on the Portland fase (Londres, 1772) ; Catalogue of camées, intaglios, medals, etc. (Londres, 1775).

BiBL. : Meteyard, Life of Wedgwood ; Londi^es, 1866, 2 voL — Du même, Wedg'wood and his works; Londres, 1872. — Du même, Wedgwood Handbook for collectors ; Londres, 1875. — Smiles, Josiah Wedgwood ; Londres,

WEDNESBURY. Ville d'Angleterre, au S. du comté de Stafford; 25.342 hab. en 1891. Mines de houille et de fer, grande industrie métallurgique, matériel de chem. de fer, armurerie, sellerie, etc.

WEEN IX (Jan-Baptist), peintre hollandais, né àx4msterdam en 1621, mort au château Huys-Termeyen, près d'Utrecht, en 1660. Il vécut en Italie de 1642 à 1646 comme peintre du cardinal Pamphile et travailla aussi pour le pape ; il revint à Amsterdam (1647), travailla à Utrecht en 1649, puis s'établit dans un château des environs en 1657, jusqu'à sa mort. Ses sujets ordinaires sont des vues de ports itahens, souvent aussi des paysages, toujours pittoresquement peuplés de nombreuses figures ; mais il a traité presque tous les genres, y compris la nature morte. OEuvres : les Corsaires repoussés, au Louvre; Gibier mort, au château de Wurtzbourg et au musée royal d'Amsterdam (celui-ci sous le nom d'Albert Cuyp), à Munich, etc.

BiBL. : À. Bredius, les Chefs-d'œuvre du musée d'Amsterdam, trad. par Emile Michel.

WEEN IX (Jan), peintre-graveur hollandais, né à Amsterdam en 1640, mort à Amsterdam en 1719. Il a dû étudier les natures mortes de son oncle Gisbert d'Hondecoeter, d'Elias Vonck et de Matthys Blœm ; mais il fut avant tout l'élève de son père Jan-Baptist. En 1664, il fut élu membre de la gilde de Saint-Luc, à Utrecht, où on le trouve encore en 1668. Il était à Amsterdam en 1679, 1680 et 1688. Nommé peintre de l'électeur palatin à Dusseldorf, de 1702 à 1712, il exécuta pour le château de Bensberg de grandes décorations. Il fit de même, plus tard, pour des maisons patriciennes, à Amsterdam. Il avait commencé par imiter son père dans tous les genres, y compris les « les ports de mer » ; il le dépassa dans les tableaux de gibier dont il s'est fait une spécialité. Ses animaux, cygnes, lièvres, oiseaux divers, jetés avec des fleurs et des fruits autour d'un vase somptueux de style antique, n'ont pas le puissant caractère de ceux de Hondecoeter ; mais, très près encore de la nature, ils ont un grand charme d'harmonie et d'agencement pittoresque. I(s méritent presque absolument, pour des motifs artistiques, l'immense vogue que leur valut et que leur conserve aujourd'hui leur prodigieux fini d'exécution. Il a beaucoup produit. Ses ouvrages se trouvent dans presque tous les grands musées, Amsterdam, La Haye, Paris, Londres, Munich, Dresde, Berlin, Saint-Pétersbourg, etc., et dans de moindres, Schleissheim, Augsbourg, etc. E. D.-G.

WEERTS (Jean-Joseph), peintre français, né à Roubaix le l^'' mai 1847. Elève de Cabanel, il débuta au Salon de 1869 avec une Etude de femme ; il est aussi l'auteur de tableaux de genre et de très nombreux portraits ; nous citerons, parmi les tableaux : Fais ce que dois; Jésus descendu de la croix ; Légende de saint François d'Assise ; la Mort de Joseph Bara ; le Muscadin ; V Exorcisme au moyen âge; la Nuit du 9 au iO thermidor; parmi Ixîs portraits, ceux de Gustave Nadaud, Paul Ollendorff, Gréard, Doumer, Brisson.

WEGGIS. Village de Suisse, cant. de Lucerne, au bord du lac des Quatre-Cantons, au pied du Righi; 1.531 hab. Station de touristes.

WEHRGELD (Ane. dr.) (V. Composition, t. XII, p. 210).

WEHRLITE (Pétrogr.) (V. Péridotite).

WEI-CHAO Wang, empereur chinois (V, Km),

WEÏCHSELL - WEISHAUPT — 1496

WEICHSELL (Elisabeth), cantatrice anglaise (V. Bilungton).

Mort de Bara, de Weerts (mus. du Louvre).

WEIDA. Ville d'Allemagne, duché de Weimar, sur la Weida, affl. de l'Elster Blanche ; 5.911 hab. en 1895. Ville depuis 1080, centre de Vavouerie de Weida, Draps, toiles, nœud de voies ferrées.

WEIERSTRASS (Karl-Theodor-Wilhelm), mathématicien allemand, né à Ostenfelde(Westphalie) le 31 oct. 1815, mort à Berlin le 19 févr. 1897. Il étudia d'abord le droit, puis les sciences exactes, professa successivement àPaterborn, à Marienwerder, à Brunswick, et, en 1856, fut appelé à la chaire de mathématiques de l'Institut militaire de Berlin, à laquelle s'ajouta, à partir de ^1868, celle de l'Université. Il était membre de l'Académie des sciences de la même ville et correspondant de celle de Paris. La théorie des fonctions lui doit de remarquables travaux, basés, à rencontre de ceux de Biemann, sur la méthode purement analytique. Les résultats s'en trouvent dans ses Abhandlungen zur Funktionenlehre (Berlin, 1886). Ses autres écrits, très nombreux, sont des mémoires originaux et des notes publiés par le Journal de Crelle et par le recueil de l'Académie des sciences de Berhn.

WEIGEL (Valentin), mystique allemand, né à Grossenhain en 1533, mort le 10 juin 1588. Disciple de Paracelse et Tauler, il fut le maître de Stiefel et J. Bœhme.

BiBL. : Israël, V. Weigels Leben und Schrifte, 1888.

WEIGELIA (Bot.) (V. Dieryillâ).

WEI-HAI-Wei. Port du N.-E. de la Chine, prov. de Chan-toung,à l'extrémité delà baie profonde de Weï-Haï. C'est dans ce modeste village de pêcheurs, qu'était encore Weï-Haï- Weï en 1883, que les Chinois, dirigés par le major allemand von Hanneken, construisirent leur plus grand arsenal maritime. La capitulation de Weï- Haï- Weï, en févr. 1895, fut un événement considérable de la guerre sino-japonaise : en faisant tomber aux mains des Japonais un camp retranché formidable et une rade de guerre, elle leur livrait, avec les derniers débris de la flotte du Peï-yan^, les chefs de l'empire chinois dans le golfe de Tchi-Li. — Weï-Haï- Wei a été cédé à

bail à l'Angleterre parla convention d'avr. 1898 ; legouvernement britannique fit l'acquisition, en 1899, de la partie 0. de l'île Liou-Koung-tao, pour protéger l'entrée du port dans lequel il mit garnison. A. Thomas.

WEI L (Henri), helléniste français, d'origine allemande (juive), né à Francfort-sur-le-Main le 26 août 1818. Il se fit naturaliser à Paris, fut reçu docteur es lettres (1845) , agrégé des facultés (1848), professa à Strasbourg, Besançon et à l'Ecole normale supérieure (1876); membre de l'Académie des inscriptions (1882). Il adonné des éditions avec commentaire d'Eschyle (Giessen, 1861-67,

2 vol.; 2^ édit., 1884), de sept tragédies d'Euripide (Paris, 1868; 2^ édit., 1879), de Démosthène, publié : De rOrdre des mots dans les langues anciennes comparées aux langues modernes (1844, 3^ édit., 1879) ; Théorie générale de l* accentuation latine (avec L. Benlœn, 1855); tes Plaidoyers politiques de Démosthène (1877-86, 2 vol.) ; Etudes sur le drame antique (1897), etc.

WEILL (Abraham, ait Alexandre) , publiciste français, né à Scheshoff (Alsace) le 10 mai 1811, mort à Paris le 18 avr. 1899. Après de sérieuses études, il débuta dans la presse allemande, collabora ensuite à h Revue du Progrès de Louis Blanc, à la Démocratie pacifique, entra à la Presse en 1848, à la Gazette de France, etc. Tempérament de polémiste, il écrivit un grand nombre de brochures sur des questions d'actualité, notamment : le Génie de la monarchie (1849, in-8) ; République et Monarchie (1848) ; Que deviendront nos filles (1863) ; Mes batailles (1867, in-12) ; Lettre de vengeance d'un Alsacien (1871, in-12), etc. On lui doit encore des études religieuses, des nouvelles et romans, des drames, des études historiques et littéraires, etc. Citons : Dix mois de révolution (i86S, in-12); Ma jeunesse (1870,

3 vol. in-12); Histoire de la guerre des anabaptistes (1874, in-12); Ludovic Bœrne(i818, in-12) ; Souvenirs intimes de Henri Heine (1883, in-12) ; le Centenaire de V émancipation des juifs (1 888, in-8) ; Histoire véridique et vécue de la Révolution de i848 (1887, in-12). R. S.

WEIMAR. Ville d'Allemagne, capitale du grand-duché de Saxe-Weimar-Eisenach, sur l'Ilm ; 28.329 hab. en 1900. Château de 1775, parc tracé par Gœthe, beau musée ; église renfermant le tombeau des princes et un célèbre tableau d'autel de Lucas Cranach ; maison Brûck où vécut Cranach, maison de Gœthe à laquelle on a annexé un musée Gœthe et le Gœthe-Archiv. C'est au grand écrivain allemand que Weimar doit sa notoriété. L'industrie est peu active: menuiserie, serrurerie, imprimerie en noir et en couleurs, etc. — A quelque distance, villas Belvédère, Tiefurt, château à*Esterberg.

BiBL. : Francke, Weimar und Umgebung.

WEI M ER (Marguerite-Joséphine), tragédienne française (V. Georges \M^^^]).

WEIN6ARTEN. Ville du Wurttemberg, cercle du Danube ; 6.459 hab. en 1895. Marché agricole. Ancienne abbaye bénédictine fondée en 920 (à Altdorf). EgHse de style jésuite (1715-25), avec très grand orgue.

WÉINHEIM. Ville du grand-duché de Bade, cercle de - Mannheim, sur la Weschnitz ; 9.676 hab. en 1895; église Saint-Pierre du xi® siècle; cuirs, machines, commerce de fruits.

WEISHAUPT (Adam), fondateur de l'ordre des illuminés, né à Ingoldstadt en 1748, mort en 1882. Il était professeur de droit canonique à l'Université dlngoldstadt depuis 1772, lorsqu'il entreprit d'organiser avec ses élèves l'association ci-dessus indiquée (1776). En 1784, il fut banni par le duc de Bavière, et il se retira auprès du duc de Gotha, qui avait adopté ses idées. — Ecrits principaux : Histoire des persécutions souffertes par les illuminés en Bavière (1784) ; Description de l'ordre des illuminés (1788); De la Vérité et de la Perfectibilité inorale (1793-97) ; Pythagore ou l'Art de gou-

WEISHAUPT — WELCKER

verner les hommes (4796). — Pour notions complémentaires, V. Franc-Maçonnerie, t. XVII, p. 4493; Illuminés, t. XX, p. 573).

WEISS (Jean- Jacques), écrivain français, né àBayonne le 49 nov. 4 827, mort à Fontainebleau le 20 mai 1895. Fils d'un soldat de régiment suisse, il fut enfant de troupe ; envoyé au lycée Louis-le-Grand, il remporta, en 4847, le prix d'honneur de philosophie au concours général, entra à l'Ecole normale supérieure. Professeur agrégé d'histoire au lycée de La Rochelle, il fut reçu docteur es lettres (4855) ; après quelques mois de journalisme, il professa brillamment la littérature française aux facultés d'Aix et de Dijon. En 4860, il quitta définitivement l'enseignement pour le journalisme, écrivit au Constitiitionnel, puis aux Débats, fonda avec Hervé le Journal de Paris (4867), journal libéral et opposant, fut nommé par Emile Ollivier secrétaire général du ministère des beaux-arts (janv. 4870), élu conseiller d'Etat par l'Assemblée nationale, révoqué le 4^^ juil. 4879 pour avoir incité vivement au coup d'Etat, qualifié de bêtise la république conservatrice, etc. 11 devint rédacteur en chef du Gaulois. Gambetta le nomma directeur des affaires politiques au ministère des affaires étrangères, mais Weiss se retira avec lui. Le 40 août 4885, il devint bibliothécaire du palais de Fontainebleau. C'était un fin lettré, écrivain de beaucoup de goût et d'esprit. Outre ses thèses sur Hernann et Dorothée et De inquisitione apud Romanos (4856), il a publié des recueils de ses principaux articles de critique littéraire et théâtrale : Essais sur r histoire de la littérature française (4865, in-48); le Théâtre et les Mœurs (1889, in-48) ; Trois années de théâtre (4885, in-48) et des impressions de voyage. Au pays du lihin (1885, in-48).

WEISS (Karl), général prussien (V. Muffling).

WEISS E (Christian-Félix), écrivain allemand, né à Annaberg le 28 juil. 4726, mort à Leipzig le 46 déc. 1804, auteur de poésies anacréontiques, de tragédies imitées de Shakespeare, de comédies et opérettes (musique de Miller) dont la vogue fut considérable, de poésies et récits littéraires pour les enfants, etc.

BiDL. : MiNOR, C.-F. Weisse ; J.nnshruck, 1881.

WEISSE (Christian-llermann), philosophe allemand, né à Leipzig le 40 août 4804, mort à Stôtteritz, près de Leipzig, le 49 sept. 4866, professeur de philosophie à l'Université de Leipzig (4828). Son activité littéraire s'étendit à la philologie et surtout à la philosophie et à la théologie. Comme philologue, il avait écrit : Ueber d. Studium des Homer (Leipzig, 1826) ; Darstellung der griech. Mtjthol. (1829). Parmi ses ouvrages philosophiques, citons : Ueb. d. gegenwàrt Standpunkt d. philos. Wissenschaften (1829) ; System d. Msthetik (1830) ; Die Idée der Gottheit (Dresde, 1833) ; Grundzuge der Metaph. (Hambourg, 1835). Son disciple, R. Seydel, a édité après sa mort : Kleine Schriften %. /Esthetik (Leipzig, 1867;) ; Psychol. der Unsterblichkeitslehre (1869). Théologien, Weisse a écrit entre autres : Evangel. Gesch. (1838): Zukunft der evangel. Kirche (ibid., 2^ éd., 1849) ; Ueb. d. Christoïogie Luthers (1852); Philos, Dogmatik (1855-62, 3 vol.), etc. On trouvera la liste complète des ouvrages de Weisse dans le t. IV (4869) delà Zeitschr, fur Philos, u. philos. Krit. , dont Weisse a été quelque temps l'un des principaux collaborateurs. — D'abord disciple d'Hegel, Weisse ne tarda pas, comme le second Ficbte, à opposer au panthéisme idéaliste un « théisme moral ». Dans F « esprit absolu », il trouve la trinité de la raison, de l'imagination et de la volonté, à laquelle correspondent les trois idées du vrai, du beau et du bien. Le pur logique ne pouvant engendrer que des formes vides. Dieu est avant tout liberté ; les trois formes du nombre, de l'espace et du temps sont des cadres généraux au dedans desquels son activité se développe librement. Créé librement, le monde jouit visà-vis de Dieu d'une certaine indépendance et entre en

conflit avec le vouloir divin. De là un antagonisme de la créature et du créateur, dans lequel ce dernier s'efforce de réaliser progressivement une réalité plus parfaite. On voit comment cette théorie aboutit aisément à une théorie de la rédemption et de l'immortalité des bonnes volontés. Weisse est aussi reconnu par Lotze comme l'un des principaux représentants de l'esthétique idéaliste. La philosophie religieuse a été largement développée par son disciple R. Seydel. Th. Ruyssen.

BiBL. :R. Seydel, Chr.-H. Weisse, dans la Zeitschrift fur Philos, u. philos. Krit., t. L fl887), réimpr. dans jRelig. u. Wissenschaft ; Breslau, 1887.

WEISSENBURG-am-Sand. Ville de Bavière, prov. de Franconie moyenne, sur la Rezat souabe ; 6.345 hab. en 4895. Passementerie d'or et d'argent, émail, etc.

WEISSEN FELS. Ville de Prusse, district de Mersebourg (Saxe), sur la Saale; 26.000 hab. en 4895. Château de 4664-90, sur un roc de grès, occupé par une école de sous-officiers; mines de lignite, carrières de grès, fabrique de machines, huileries, sucreries, papeteries, etc. Résidence d'une branche ducale de Saxe (4657); annexée à la Prusse en 4844.

WEISSENSEE. Faubourg N.-E. de Berlin; 25.000 hab. en 1895. Cimetières catholique et juif, hippodrome, asile d'aliénés.

WEiSSKlRCHEN (tchèque Hranice). Ville de Moravie, sur un affl. de la Morava; 8.136 hab. en 4890. Vieux château, toile, flanelle, confiserie, liqueurs.

WEiSSKlRCHEN (hongrois Fehertemplom) . Ville de Hongrie, comitat de Ternes, à 8 kil. du Danube; 9.000 hab., en majorité allemands catholiques. Grands vignobles dévastés par le phylloxéra, filatures de soie.

WEISSENSTEIN. Massif du Jura suisse (V. Jur^).

WEKA (Ornith.) (V. Ocydrome).

WEKERLÉ (Alexandre), homme politique hongrois, né à Moor le 14 nov. 1848. Il fit ses études à Albe-Royale et à Budapest, entra, en 1870, au ministère des finances où il a passé par tous les grades. Secrétaire d'Etat en 4886, il fut élu député et devint ministre des finances dans le cabinet Szapâry (4890). Après la chute du ministère, le roi le chargea de former le nouveau cabinet (4 4 nov. 4892). Wekerlé prit la présidence avec le portefeuille des finances. Il organisa les droits régaliens, établit l'équilibre budgétaire et mit de l'ordre dans l'administration financière. Il resta au pouvoir jusqu'au 44 janv. 4895, où il donna sa démission à cause de la résistance de la cour au vole des lois politico-ecclésiastiques. C'est un des économistes les plus distingués de la Hongrie. J. K.

WELCKER (Friedrich-Gotlieb), archéologue allemand, né à Grunberg (Hesse) le 4 nov. 4784, mort à Bonn le 47 déc. 47ii8. Il fut à Rome précepteur chez W. de Humboldt (4806-07), professeur à l'Université de Giessen (4808), de Gœttingue (1846) et enfin de Bonn (4819) dont il créa la bibliothèque et le musée. Il a publié les Basreliefs de Rome (4844-42, 2 vol.) de Zolga, les œuvres posthumes de cet auteur et sa biographie (Stuttgart, 4849, 2 vol.), traduit et commenté les JSuées et les Gré;nowî'te d'Aristophane (4840-4 2, 2 vol.), édité les fragments d'Alcman, Hipponax, Ananius, Théognis, Philostrate, Hésiode, des Epigrammatistes, etc. Ses grandes œuvres sont consacrées surtout à l'épopée grecque : Die griecfiische Tragœdie mit Rilcksicht aufdenepischen Cyklus geordnet (Bonn, 4839-44, 3 vol.) ; Der episclie Cyklus (4835-49, 2 vol. rééd. en 4865-82); Griechische Gœlterlehre ((iœttingue, 4857-62, 3 vol.), ouvrage capital sur la refigion grecque dont Welcker analyse et classe les conceptions selon la méthode théologique. Il étudie successivement la théologie préhomérique (qu'il croit retrouver dans Hésiode et les mythographes, erreur qui s'est perpétuée dans l'enseignement), la théologie homérique et celle de l'époque des tragiques athéniens. Welcker a publié un grand nombre de mémoires, réunis sous le titre Kleine Schriften (4844-67, 5 vol.) et Alie

WELCKER — WELLESLEY '- 4498

Denkmœler (1849-64, 5 vol.), collection de monuments antiques expliqués par la légende.

BiBL. : [KÉKULÉ, Das Leben F. -G, Welckers : Leipzig,

WELFS ou GUELFES. Famille de princes allemands, dont il ne subsiste plus que la branche hanovrienne, actuellement régnante en Angleterre. Elle apparaît au xi® siècle dans les pays bourguignons et en Souabe, où s'étendaient les grandes possessions du comte Welf dont la fille Judith épousa en 849 l'empereur Louis le Débonnaire. Charles le Chauve naquit de cette union et favorisa ses parents maternels. Son oncle Conrad, fils de Welf, fut l'ancêtre des rois de Bourgogne transjurane ; cette branche s'éteignit en 4032 avec Rodolphe III . La branche allemande, issue de deux autres fils ou petits-fils de Welf, du nom à'Eticho et Henri, se perpétua en Souabe. Welf II combat l'empereur Conrad II; Welf III reçoit, en 4047, le duché de Carinthie et la marche de Vérone ; il meurt sans enfants (4055), mais sa mère Irmengarde décide Azzo II d'Esté, époux de sa fille Cunégonde (sœur de Welf III) , à revendiquer l'héritage pour leur fils. Ce dernier, Welf IV, prend possession des biens et fonde la seconde famille des Welfs, les Welf-Este. Gendre d'Otto de Nordheim, il lui succède en 4070 au duché de Bavière et peu après hérite aussi des biens paternels de la maison d'Esté. Il meurt en 1401, à la croisade, dans l'île de Chypre. Son fils Welf V (Welf II comme duc de Bavière) épouse en 4089 la vieille comtesse Mathilde de Toscane, mais s'en sépare lorsqu'il apprend qu'elle a fait donation de ses biens au Saint-Siège. Il transmet son héritage, y compris la Bavière, à son frère Henri IX (4420) ; celui-ci avait épousé Wulfhild, fille du duc Magnus de Saxe, qui lui apporta une partie du patrimoine de la grande famille Billung en Saxe.

C'est ainsi que, transplantés d'Italie en Souabe et Bavière par un premier mariage, les Welf-Este allaient par un second mariage l'être au N. de l'Allemagne. Henri X le Superbe, fils et successeur d'Henri IX, s'agrandit beaucoupenépousantGertrude,seulefille de l'empereur Lothaire, qui lui apporte les vastes domaines de Brunswick, Nordheim et Supplinburg ; l'empereur le nomme duc de Saxe et lui destine sa succession. Les Welfs, malgré leur origine, deviennent ainsi les champions de l'Allemagne orientale (Bavière et Saxe) contre les Hohenstaufen qui représentent plutôt la culture latine. Henri le Superbe perd la Bavière dans cette lutte que son frère Welf IV ou III continue quelque temps contre l'empereur Conrad III de Hohenstaufen ; Welf VI se réconcilie avec l'empereur et meurt en 4494 sans héritiers directs, léguant ses biens aux Hohenstaufen. Il avait assisté à la grandeur et à la décadence de son neveu, le fameux Henri le Lion (V. ce nom) qui, après avoir recouvré la Bavière, finit par se voir confiné dans ses biens héréditaires de Saxe. La fortune des Welfs se relève pourtant avec les fils du Lion, Henri, comte palatin du Rhin (4495-4227) et Otton de Brunswick, qui fut empereur (4498-4248); mais ils succombent dans la lutte contre Frédéric II de Hohenstaufen qui donne le Palatinat aux Wittelsbach (4244). Otton et Henri n'ont pas de fils ; leur troisième frère Wilhelm en laisse un, Otton Venfant, dernier héritier des Welfs, lequel termine la lutte contre Frédéric II par une transaction (4235) ; il conserve les pays de Brunswick et de Luxembourg avec le titre de duc.

A dater de ce moment, l'histoire des Welfs se confond avec celle du Brunswick (V. ce mot) et des principautés issues de partages et démembrements successifs ; en fin de compte les branches de cette famille se réduisent à deux : Brunswick- Wolfenbiittel, branche aînée, éteinte en 4 884 par la mort du duc Wilhelm de Brunswick ; Brunswick- Lunebourg ou Hanovre (V. ce mot), branche cadette qui se fait créer en 4692 un neuvième électorat, monte en 4744 sur le trône d'Angleterre avec Georges I^^ (V. ce nom). A la mort de Guillaume IV (4837), la couronne de Grande-

Bretagne passe à la reine Victoria, sa nièce, fiUe du duc de Kent, tandis que le Hanovre, régi par la loi de descendance masculine, revient au duc de Cumberland, frère cadet de Guillaume IV et du duc de Kent. Il régna sous le nom à' Ernest- Auguste ; son fils George V fut détrôné par la Prusse en 4866 ; il a laissé un seul fils, le duc Ernest-Auguste de Cumberland, qui est, au début du xx^ siècle, le chef de la famille des Welfs, mais en fait un satellite de la branche féminine régnant en Angleterre. WELHAVEN (Johan-Sebastian-Cammermeyer) , poète norvégien, né à Bergen le 22 déc. 4807, mort à Christiania le 21 oct. 1873. Fils de pasteur, il étudia d'abord la théologie, mais, à partir de 1828, se consacra entièrement à la littérature. De 1840 à 1868, il occupa la chaire de philosophie à l'Université de Christiania. Grand adversaire de Wergeland et de ses libres théories littéraires, il se fit connaître d'abord par une pièce de vers contre le chef de la nouvelle école norvégienne, suivie bientôt d'un écrit de polémique plus important : la Poétique et la Polémique d'Henrik Wergeland (1832). Un recueil de sonnets satiriques: VAuhe de la Norvège (1834), où il raillait l'absence de goût chez ses compatriotes, et leur peu de sens pour une poésie fine et distinguée, aggrava encore la querelle et provoqua une lutte de plusieurs années. Très intelligent d'ailleurs, malgré l'étroitesse de certaines conceptions, spirituel et éloquent, il a cherché sans relâche à développer chez ses contemporains et chez les étudiants qui se pressaient à ses cours l'amour des œuvres belles et élevées, sinon spécialement norvégiennes. Il a pubhé plusieurs recueils de poésies lyriques ^ d'une facture très élégante, et dont quelques-unes devinrent cependant bientôt très populaires en Norvège ; les romances le sont restées, grâce peut-être aussi à la musique d'Halfdan Kjerulf. Ses poésies mythologiques: Glaukos, Protesilaos, sont remarquables, non seulement par la perfection de la forme, mais par l'ingéniosité de la pensée et le sens délicat de la nature qu'elles révèlent. Welhaven a composé de bonnes études littéraires sur Eivald et la poésie norvégienne, sur Holberg, sur Petter Dass, etc. Ses OEuvres complètes ont été réunies par Bisch-Reichenwald et Paul Botten-Hansen (Copenhague, 1867-69), 8 vol.

BiBL. : Paul Botten-Hansen, la Norvège littéraire; Christiania, 1868. — Henrik J^ger, Illustreret norsk literaturhistorié II; ihid., 1896.— J.-B. Halvorsen, Norsh Forfatterlesikon; ibid., 1885-1900.

WELLAND. Canal du Canada, reliant les lacs Erié et Ontario en contournant le Niagara ; il a 43 kil. de long, et rachète par 27 écluses une différence de niveau de 100 m. entre Port Colborne et Port Dalhousie. WELLAND. Fleuve de Grande-Bretagne {Y . cet art.). WELLESPérennes. Com. du dép. de l'Oise, arr. de Clermont, cant. de Maignelay ; 328 hab.

WELLESLEY (Colley). Ancienne famille anglaise, probablement originaire du comté de Gloucester, et établie en Irlande au commencement du xvi® siècle. Elle a donné un grand nombre de personnages importants, parmi lesquels nous citerons :

Richard Colley- Wellesley, premier baron Mornington, né vers 1690, mort à Dublin le 31 janv. 1758. H occupa de hautes situations administratives en Irlande, et prit en 1 728 le nom de Wellesley ou Wesley, à la suite d'un héritage. Il fut élevé à la pairie en 1746. — Garr^tt Wellesley, comte de Mornington, fils du précédent, né le 19 juil. 1735, mort à Kensington le 22 mai 1781. Musicien de talent, il gagna ainsi la faveur de George III. De sa femme Anne Hill, il eut cinq fils et une fille (V. ciaprès et Wellington). — Richard, marquis Wellesley, gouverneur général de l'Inde, né au château de Dangan le 20 juin 1760, mort à Brompton le 26 sept. 1842, fils du précédent. Ami de Grattan avec qui il avait fait ses études et qui le poussa dans la politique, il entra en 1784 à la Chambre des communes, et devint lord de la Trésorerie en 1786, membre du bureau du contrôle des affaires de l'Inde en 1793^ et gouverneur général de l'Inde en

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