‹ La Grande encyclopédie (volume 2)Chapitre 573 sur 633 · WELLESLEY — WELLINGTON · texte numérisé non relu

WELLESLEY — WELLINGTON

4797. A son arrivée dans le pays, les affaires étaient dans un état fort critique. Il prit immédiatement l'offensive contre Tipou-Sahib et consomma le démembrement de l'Etat de Mysore, dont une bonne part fut attribuée à la Compagnie des Indes, et le reste constitué en une sorte de protectorat. Cet important succès lui valut le titre de marquis. Wellesley prépara ensuite l'annexion de l'Etat de Tandjore. Il agit de même à Surate et au Carnatic. L'extension de cette politique à FAoudh rencontra plus de difficultés, mais le nabab fut également amené à céder ses principaux pouvoirs à la Compagnie. Maintenant le danger venait de Caboul. Wellesley envoya une mission en Perse, négocia un traité avec le chah et prévint toute invasion de ce côté. Il fut alors pourvu du commandement général de toutes les armées de l'Inde; mais bientôt (1802), il se querella avec les directeurs de la Compagnie qui le trouvaient trop autocrate et il réclama son rappel. Les mauvaises dispositions manifestées par les Mahrattes contraignirent les directeurs à le supplier de rester à son poste. Wellesley engagea rapidement les hostilités. Les succès furent brillants d'abord ; mais Monson se fit battre complètement par Holkar en avr. 1804, et le gouverneur général eut à payer de sa place les bévues de ses subordonnés. Il fut remplacé par Cornwallis (1805). Wellesley, après avoir réalisé dans l'Inde les réformes les plus considérables, après avoir relevé les finances, après avoir donné une vive impulsion à l'éducation, après avoir gouverné avec toute l'autorité d'un souverain, revenait en Angleterre presque inconnu, et sa politique y fut aussitôt amèrement critiquée et injustement attaquée. Il en fut malade de désespoir et ne reprit cou rage qu'en 1808, les Communes ne s'étant décidées qu au bout de trois ans à approuver sa gestion. Il fut nommé ambassadeur à Séville où il collabora par sa diplomatie aux succès militaires de son frère (V. Wellington). Il succéda ensuite à Canning comme ministre des affaires étrangères. Sa nervosité et les allures despotiques dont il n'avait pu se défaire tendirent à tel point ses rapports avec ses collègues qu'il dut démissionner en 1812. Après l'assassinat du premier ministre Perceval, il fut chargé de former un ministère, mais il échoua dans cette mission à cause — dit-il — « de terribles animosités personnelles ». Wellesley fit alors de l'opposition. Il ne s'entendait nullement avec son frère Wellington, ni sur les questions de politique intérieure, ni surtout sur celles de politique étrangère. Ainsi il combattit le traité de Fontainebleau ; ainsi il s'opposa à la reprise de la guerre après le retour de l'île d'Elbe, demandant que Napoléon fût établi sur le trône de France comme roi constitutionnel ; ainsi il appuya le libre échange et l'émancipation des catholiques. En 1820 il accepta la vice-royauté d'Irlande où il fut accueilli avec enthousiasme par tous les partis, même par O'Connell. Il réalisa d'excellentes mesures ; réorganisa la police, réduisit les insurrections qui étaient permanentes, combattit la famine, favorisa le commerce, supprima les sociétés secrètes aussi bien protestantes que catholiques. Il démissionna en 1828, lorsque son frère devint premier ministre, et on les vit lutter l'un contre l'autre à la Chambre des lords. Wellesley participa activement à la campagne en faveur de la réforme parlementaire qui aboutit en 1832. Grey le renomma alors lord lieutenant d'Irlande, poste qu'il conserva jusqu'en 1834. En 1835, il fut nommé lord chambellan, mais démissionna un mois après, sans vouloir donner d'explications, et rentra tout à fait dans la vie privée. Ses papiers officiels ont été publiés par Montgomery Martin (Londres, 1836-37, 5 vol. in-8), et par Sidney J. Owen (Oxford, 1897). -— William Wëilesley- Pole, comte de Mornington, baron Maryborough, né au château de Dangan le 20 mai 1763, mort à Londres le 22 févr. 1845, frère du précédent. Membre du Parlement irlandais, puis de la Chambre des communes d'Angleterre, il devint en 1807 secrétaire de l'amirauté, en 1809 secrétaire chef poui' l'Irlande. Contrairement aux vues de son frère le marquis, il s'opposa très vivement au mouvement

en faveur de l'émancipation des catholiques. En 1812, il fut nommé chef du secrétariat de la chancellerie d'Irlande, en 1814 gouverneur de la Monnaie, et entra dans le cabinet Liverpool. Il fut encore ministre des postes dans le cabinet de Robert Peel (1834-35). — Arthur Wellesley (1769-1852), frère des précédents. V. Wellington. — Henry Wellesley, baron Cowley, né le 20 janv. 1773, mort à Paris le 27 avr. 1847, frère des précédents, eutra dans la diplomatie en 1792. Secrétaire de lord Malmesbury à Lille en 1797, il accompagna dans l'Inde ses deux frères, le marquis et le futur Wellington, et leur rendit de grands services. Lieutenant gouverneur dans l'Aoudh en 1801-2, il accompagna Wellesley en Espagne en 1809 et y resta comme ambassadeur (1811). 11 y négocia un traité de commerce en 1815 et un traité pour l'abolition de l'esclavage en 1817. Nommé ambassadeur à Vienne en 1823, il devint ambassadeur à Paris en 1835 et de nouveau en 1841 . Il occupa ce poste jusqu'en 1846, mais continua de résider à Paris où il était fort populaire. — William Pôle Tylney Long- Wellesley, comte de Mornington et baron Maryborough, né le 22 juin 1788, mort à Londres le l^^^juil. 1857, fils de William (V. ci-dessus). Membre du Parlementa partir de 1818, il fut un des tories récalcitrants qui réussirent à renverser le 15 nov. 1830 le cabinet présidé par son oncle Wellington.. — Henry 'Richard-Charles y comte Cowley, né le 17 juin 1804, mortlel5juil. 1884, fils de Henry (V. ci-dessus). Entré dans la diplomatie en 1824, il fut nommé ambassadeur à Paris en 1852. Il prenait possession de ce poste deux mois après le coup d'Etat du 2 Dec. et il le conserva jusqu'en 1865, de sorte que pendant la plus grande partie'du règne de Napoléon III, il négocia toutes les grandes affaires survenues pendant cette période. Il était persona grata aux Tuileries, et les bonnes relations entre la France et l'Angleterre furent pour beaucoup son œuvre. R. S.

BiBL. : Pearce, Memoirs and Correspondence of marquis Wellesley, 1846. — Malleson, Life of the marquis Wellesley, dans Statesmen Séries, 1889. — Torrens, Marquis Wellesley ^1^80. — IIutton, Marquis Wellesley^ dans Rulers of India Séries^ 1893.

WELLINGBOROUGH. Ville d'Angleterre, comté de Northampton; 15.068 hab. en 1891. Cordonnerie.

WELLINGTON. Ville d'Angleterre, comté de Shropshire, à l'Ë. de Shrewsbury ; 5.900 hab. Houille ; son ancien nom était Wailing toivn.

WELLINGTON. Ville d'Angleterre, comté de Somerset ; 6.800 hab. en 1891. Fabrication de serge; le vainqueur de AVaterloo en reçut son titre de marquis, puis duc de Wellington.

WELLINGTON. Capitale de la Nouvelle-Zélande, à l'angle S.-O. de l'île du Nord, sur le côté 0. de la belle rade de Port-Nicholson ; 41.731 hab. en 1896. Archevêché catholique; tête de ligne de deux chem. de fer et des steamers vers Melbourne et Sidney ; siège du Parlement, du gouverneur et de la Cour suprême de Nouvelle- Zélande; fondée en 1839, érigée en capitale en 1876. La ville est bâtie en bois; commerce très actif; on y fabrique des conserves, du savon, de la bière, de la fonte ; scieries, minoteries, etc.

WELLINGTON (Arthur Wellesley, duc de), général anglais, né à Dublin le 29 avr. 1769, mort à Londres le 14 sept. 1852. Fils de Garrett Wellesley, premier comte de Mornington, et de Anne Hill, vicomtesse Dungannon, il fit des études assez peu brillantes à Eton, suivit les cours de l'Académie miUtaire d'Angers (1786), où il apprit fort bien le français et entra dans l'armée en 1787. Il servit dans la cavalerie, fut aide de camp du vice-roi d'Irlande, siégea au parlement irlandais, et en 1794 vint combattre avec les alliés l'armée française en Hollande. Il servit ensuite aux Indes sous lord Cornwallis, participa à l'invasion du Mysore, organisa le pays, combattit les Marathes et remporta de brillants succès à Assye et à Argaum (1804). Revenu en Angleterre en 1805, il fut élu membre du Parlement en 1806 et aussi membre du

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