WENDES — WERDER
ment ou totalement 763 villages répartis en 405 paroisses, tant de la Prusse que de la Saxe. Il est d'ailleurs hors de doute que la majeure partie, au moins de la Saxe actuelle, se compose de Wendes germanisés, et on ne saurait exagérer l'influence qu'ils ont eue dans la formation du peuple allemand. L'histoire nous apprend qu'ils ont étendu leurs incursions dans le Nord jusqu'au delà du Weser. Ils ont même formé une partie de la population de la Franconie, surtout de la Haute-Franconie et du Haut- Palatinat (Majewski, Traces des Wendes en Franconie , dans Swiatowit [Varsovie, 4900, II]). Quant aux rapports de ces Wendes avec les Venèdes, Fhistoire elle-même en témoigne, et nous avons pour les prouver de nombreux documents archéologiques. Dans toute la Lusace qui s'étend de l'Elbe à la Neisse et à l'Oder, et des Mittelgebirge jusque auprès de Berlin, on rencontre un grand nombre de cimetières à incinération, de champs d'urnes. Il n'y a pour ainsi dire pas de village qui n'ait un cimetière semblable dans son voisinage. Ces champs d'urnes semblent avoir succédé directement dans le pays à l'âge de pierre, car il n'y a pas de monuments de l'âge de bronze ou de fer qui soient indépendants d'eux, et dans leur matériel archéologique on a recueilli des outils de pierre à côté d'objets en bronze, même en fer et de pièces d*origine étrusque. Or, les mêmes cimetières, cette même association dans les mêmes conditions de temps, se rencontrent sur le Danube, en Bohême, entre la Vistule et l'Oder, sur la basse Vistule jusqu'à la Baltique et, d'autre part, sur le Dniestr. Ces cimetières sont l'œuvre des Slaves sortis de la nation populeuse des Véncdes, que Jornandès nous montre s' étendant depuis la source de la Vistule sur un espace immense. Certains des champs d'urnes découverts en Lusace sont assez récents; mais, il y en a de tout aussi récents avec les mêmes caractères archéologiques en Posnanie et sur la basse Vistule. L'un de ceux de la Bohême ne remonterait guère au delà du ix^ siècle. Or, on sait de certitude historique que les Slaves ont, en effet, conservé l'usage d'incinérer leurs morts jusqu'à l'introduction du christianisme. Il n'y a rien qui nous permette plus aisément de les suivre dans leurs migrations que cet usage, car il n'y en a pas qui soit plus caractéristique de leurs mœurs, aucun autre peuple ne l'ayant suivi aussi exclusivement et aussi complètement (V. mon mémoire : les Slaves de race et leurs origines, dans Bullet. Soc. d^anthr., 4900). De tout cela, de cette filiation historique certaine des Wendes de nos jours, représentant les Vénèdes d'avant notre ère, il ne résulte pas nécessairement que nous devions retrouver encore parmi eux, plus purement qu'ailleurs, les véritables caractères des Slaves de race. Ils ont indubitablement subi des influences germaniques. Ils se sont germanisés^ les Germains de leur côté s'étant slavises dans une très grande proportion. Ils offrent cependant des caractères plus particulièrement slaves. Ainsi, il y a certainement parmi eux des individus très brachycéphales, et, en général, ils ont la tête arrondie ou assez fortement aplatie en arrière. Leurs téguments sont de nuances claires. Mais les cheveux bruns ne sont pas rares chez eux, et, en majorité peut*être, ils sont châtains avec des yeux gris. Les yeux bleus, les cheveux blonds s'observent d'ailleurs assez fréquemment d'après certains observateurs. Leurs vêtements, leurs usages ont un caractère archaïque plutôt que spécialement slave. Sous tous ces rapports cependant, ils se rapprochent surtout des Tchèques. La religion a trop d'importance chez eux pour avoir laissé subsister des coutumes qui n'auraient pas sa sanction. Et ils sont bons luthériens. Cependant, encore aujourd'hui, dans les cérémonies du mariage, on conserve un simulacre de lutte et de violence qui rappelle le rapt d'autrefois. Leurs vêtements sont de couleurs plutôt criardes. Le blanc est porté pour le deuil, et le noir est signe de joie. Lorsqu'un décès se produit, les parents et amis viennent en blanc. On voile les miroirs et les images qui décorent la maison et autour du cercueil on allume autant de cierges que le défunt comp-
tait d'années. Lorsque le chef de famille meurt, les parents vont annoncer la nouvelle aux bestiaux, aux abeilles et même aux fleurs du jardin. Cette coutume païenne était naguère et est sans doute encore très répandue dans les provinces slaves de la Bohême. Zaborowski.
WENERN (Lac) (V. Scandinavie).
WENGERNALP. Col des Alpes bernoises, en face de la Jungfrau; 4.882 m.; il relie le Lauterbrunn au Grindelwald. Byron y écrivit son Manfred.
WENGLEIN (Joseph), peintre allemand, né à Munich le 5 oct. 4845. Comme son maître Lier, il a peint presque uniquement des paysages des environs de Munich et de la vallée de l'Isar. Plusieurs de ses tableaux se trouvent à la Nouvelle Pinacothèque de Munich et à la Galerie nationale de Berlin.
WENLOCK. Ville d'Angleterre, comté de Shrop ; 45.700 hab. en 4894. Ruines d'une abbave clunisienne fondée en 4080.
WENNERBERG (Gunnar), poète et musicien suédois, né à Lidkôping le 2 oct. 4847, mort le 24 août 4904. Professeur de 4845 à 1860, attaché au Musée national de 4860 à 4864, puis chef de bureau au département ecclésiastique, et alternativement ministre et gouverneur de province, il prit sa retraite en 4894. Ses chansons sur la vie d'étudiant à Upsal {Gluntarne, les Gars), dont il a composé la musique et les paroles, lui ont valu une extraordinaire popularité parmi la jeunesse académique de son pays. Il est en outre l'auteur de Chants patriotiques, d'un bel élan {Ecoute-nous, Suède 1 Sois ferme l etc.), d'un oratorio: la Naissance du Christ (4888), d'un Stabat Mater (\Sdd) et de Psaumes de David, etc. Ses Œuvres (4884-85, 4 vol.) comprennent également des Souvenirs de Rome et diverses poésies de circonstances. Th. C.
WEN-TI, empereur chinois (V. Han).
WERBOCZY (Etienne), homme d'Etat et jurisconsulte hongrois, né vers 4470, mort en 4542. Il fit ses études en Italie, devint juge suprême et joua un rôle important dans les diètes du commencement du xvi« siècle. Il était partisan des Zâpolyai et ennemi des Habsbourg. Chargé de plusieurs missions diplomatiques à Venise, à Rome et en Allemagne, il fut nommé palatin en 4525. Après la bataille de Mohâcs(4526), il contribua beaucoup à l'élection de Jean Zâpolyai et devint, après la mort du prince, le conseiller de sa veuve Isabelle. C'est lui qui amena la reine à céder Bude aux Turcs (4541). Le sultan le nomma juge suprême des parties soumises à la domination turque, mais le pacha de Bude le fit empoisonner. L'œuvre immortelle de Werbôczy est son Tripartitum opus juris consuetudinarii inclyti regni Hungariœ, où, le premier, il codifia le droit hongrois. Le Tripartitum fut accepté sans discussion par la Diète de 4544 et parut en 45 17. Il est resté la base du droit hongrois jusqu'en 4848. BiBL. : V. Fraknoi, Werbôczi Istvàn; Budapest, 1899 (en hongrois).
WERDAU. Ville de Saxe, district de Zwickau, sur la Pleisse; 47.358 hab. en 4895. Centre d'industries textiles, filés, lainage, cotonnade, toiles, etc. ; fabrication de moteurs et de machines, etc.
WERDEN (autrefois J\lorandum). Ville de Prusse, district de Dusseldorf, sur la Ruhr, près d'Essen ; 9.443 hab. en 4895. Ancienne abbaye bénédictine dont subsiste une église romane et où fut trouvé au xvi^ siècle le Codex argenieus, bible gothique emportée à Upsala (V. Ulfilas) ; sur l'autre rive de la Ruhr, château de Krupp. Grandes manufactures de toiles, lainages, feutre, etc.
WÊRDER (August, comte de), général prussien, né à Schlossberg le 42 sept. 4808; mort à Grùssowle42sept. 4887. Il se distingua, en 4866, aux batailles de Jicin et de Sadowa où il commandait la 3® division. En 4870, il commanda l'armée de siège de Strasbourg, doiit la capitulation lui valut le grade de général d'infanterie. Mis à la tête du XIV*^ corps, il combattit à Dijon, à Nuits, puis