WERDER — WERNER
contre Bourbaki; battu à Villersexel, il fut vainqueur sur la LisaJDP (V. Franco- Allemande [Guerre]). WERFÉNIEN (Géol.) (V. Trias).
WERFF (Adriaenvan der), peintre-graveur hollandais, né àKralingen, près de Rotterdam, mort à Rotterdam en i 722. Il vécut presque constamment dans sa ville natale, où il fut commissaire de la gilde de Saint-Luc en 169 1 et 1695. A partir de 1697, il alla plusieurs fois à Dusseldorf pour y apporter les ouvrages commandés par son admirateur fanatique, l'électeur palatin Johann Wilhelm, qui l'anoblit, lui, sa femme et leur famille. On se disputait ses tableaux à prix d'or. En Hollande, on lui demandait des dessins de façades pour des maisons ; il traça même les plans de la Bourse de Rotterdam. H traita des sujets historiques, religieux et mythologiques, le genre et le portrait, imitant d'abord de près, non pas ses maîtres, C. Picolet et Eglon van derNeer, mais Frans vanMieris. Son exécution devint bientôt froide et lisse, son dessin soigné plutôt que vrai, ses attitudes maniérées, sa couleur harmonieuse, mais factice. Ces défauts, très goûtés en son temps, assurèrent longtemps à ses œuvres un succès immérité, mais prodigieux. On voit ses ouvrages dans presque tous les grands musées. Les meilleurs sont parmi les seize tableaux de la Pinacothèque de Munich, commandés par l'électeur.
Pieteryixn der Werff, médiocre portraitiste, né en 165o, mort après 1721, était le frère, l'élève et le collaborateur d'Adriaen ; il le copia habilement ; ses œuvres originales passent souvent sous le nom de son frère.
WERGELAND (Henrik-Arnoldus), poète norvégien, né à Christianssand le 17 juin 1808, mort à Christiania le 12 août 18^t5. Déjà, comme étudiant, le jeune Wergeland s'était fait connaître par plusieurs piécettes humoristiques et comiques (Ah ! La Mort de Sinclair) publiées sous le pseudonyme de Si fui Si f fada. A l'âge de vingt et un ans, il publie une de ses œuvres les plus importantes : la Création.V Homme et le Messie (1829), sorte d'épopée de l'humanité, en 700 pages, oii, à côté de parties vraiment géniales, on rencontre des passages du plus mauvais goût, où le lyrisme le plus élevé se mêle à d'extraordinaires platitudes et où la langue est encore plus inégale qu'une pensée souvent incompréhensible. L'année suivante éclate sa querelle avec Welhaven (V. ce nom) qui devait durer de longues années et diviser la société norvégienne en « norvégianisants » intransigeants (Wergeland) et en amis de la culture « européenne »et danoise (Welhaven). Cette querelle, dont un des épisodes les plus violents fut la lutte autour d'une pièce de Wergeland {Campbellerne), dans les soirées des 24 et 28 janv. 1838, contribua d'ailleurs puissamment au développement de la poésie en Norvège. En 1839, Wergeland fut attaché à la bibliothèque de l'Université, et en 18^0 il fut nommé archiviste du royaume. Une pension, que lui avait accordée Charles- Jean à la même époque, lui attira deâ reproches d'autant plus vifs qu'il avait défendu avec ardeur dans les dernières années la cause norvégienne et populaire, et manifesté des tendances démocratiques (Pour les paysans). Les œuvres de la fin de sa vie, tout en gardant les hautes qualités lyriques et souvent la fougue des œuvres de la jeunesse, sont beaucoup plus égales, et les obscurités désespérantes sont plus rares, sinon absentes. Citons parmi ces dernières: le Juif (poème, 1842); la Juive (1844); le Pilote anglais (1844); Hardanger, les Noisettes (esquisses autobiographiques, 1845), et enfin V Homme, qui est un complet remaniement de sa première et grande épopée. Ses OEuvres complètes ont été publiées par Hartvig Lassen (1852-57, 9 vol.). Th. C.
BiBL. : Lassen, Henrik Wergeland et son temps (en danois). 2« éd., 1877. — H. Sghwanenflûgel, H. Wergeland, 1877. — Henrik J/i:ger, IlL nnrsk literatur historié, II, 1896.— P. Botten-Hansen, la Norvège littéraire, 1SQ8. WERLHOF (Paul-Godefroy), médecin allemand, né à Helmstâdt le 24 mars 1699, mort à Hanovre le 26 juil. 1757. Il était médecin du roi de Hanovre. Werlhof est surtout connu par sa description du purpura, appelé de-
puis maladie de Werlhof. Ses œuvres sont réunies dans Opéra medica (Hanovre, 1775-76, 3 vol. in-4).
WERMELSKIRCHEN. Ville de Prusse, district de Dusseldorf, cercle deLennep; 13.451 hab. Connue depuis l'an 885. Draps, soieries, etc.
WERMLAND (V. Vermland).
WERNER (Abraham-Gottlob), minéralogiste et géologue allemand, né à Wehrau (Haute-Lusace), le 25 sept. 1750, mort à Dresde le 30 juin 1817. Il fit ses études à Freiberget à l'Université de Leipzig, fut nommé en 1775, à vingt-cinq ans, professeur de minéralogie à l'école des mines de la première de ces villes, et occupa cette chaire jusqu'à sa mort. Séparant dans son enseignement l'art du mineur de la minéralogie, puis la minéralogie de la géognosie, il a, le premier, donné à celle-ci, en 1785, la forme scientifique. Malheureusement, la plupart de ses opinions ont depuis été reconnues fausses. C'est ainsi qu'il faisait de l'Océan la source essentielle de toute formation terrestre, méconnaissant complètement les forces plutoniennes. En minéralogie, il est l'auteur d'un système de classification, où, comme Wallerius, il fait intervenir les caractères chimiques. C'est aussi lui qui, le premier, donna, en 1783, à un minéral le nom d'un savant (V. Minéralogie, t. XXni, p. 1040). Ses principaux écrits ont pour titres : Ueber die dussern Kennzeichen der Fossilien (Leipzig, 1764; trad. franc, par M"^«Guyton de Morvau Paris, 1790)'; KiiTxe Klassifikation und Beschreibung der Gebirgsarten (Dresde 1787^; Neue Théorie ueber die Entstehung der Gange (Freiberg, 1791, trad. franc, par Daubuisson, Paris, 1803) ; Verzeichnis des Mineralienhabinetts des Berghauptmanns Pasbt von Ohain (Freiberg, 1791-92, 2 vol.). L. S.
BiBL. : Frisch, A.-G. Werner ; Leipzig, 1825. ■— Confi- (iLiAciii, A. G. Werner; Padoue, 1827. — Hasse, Dcnhschrift zur Erinnerung an Wernér; Leipzig, 1848,
WERNER (Friedrich-Ludwig-Zacharias), poète allemand, né à Kœnigsberg le 18 nov. 1768, mort à Vienne le 17 janv. 1823. Elève de Kant, il connut, aux cours de longs voyages, Gœthe et M"^« de Staël, se convertit à Rome au catholicisme et devint prêtre (1814). H a laissé des poésies (Die Sœhne des Thaïs, 1803) et des tragédies d'un romantisme mystique et déclamatoire ; les principales tragédies sont : Das Kreuz am Ostsee (1806) ; Mai^tin Luther (iSOl) ; Vierundzwanzigster Februar (iSio); Attila (imS), etc.
WERNER (Karl), peintre allemand, né à Weimar le 4 oct. 1808, mort à Leipzig le 10 janv. 1894. H revint de longs séjours en Italie, en Espagne et en Orient, avec des aquarelles dont l'exécution soigneuse, le vif coloris et le caractère original lui valurent rapidement la célébrité. Parmi ses pièces les plus renommées, on cite : Venise dans son éclat et dans sa décadence, le Palais des doges, la Cour des Lions à VAlhambra, Vue de Beyrouth, la Dent du Midi, le Bazar du Caire, le Temple dlsis à Thèhes. Les Vues du Nil et de Palestine ont été réunies en albums, et D. Amici a gravé ses douze études sur le Siège de Piome par le général Oudinot (1849).
WERNER (Anton von), peintre allemand, néàFrancfort-sur-l'Oder le 9 mai 1843. Son amitié avec Victor Scheffel lui donua l'occasion de produire ses premières œuvres en illustrant deux poèmes de son ami. H commença vers 1865 à peindre des tableaux de genre et d'histoire et devint, après la guerre de 1870-71 à laquelle il prit part, le peintre quasiment officiel du nouvel Empire allemand. Au Palais royal de Berlin on voit sa Proclamation de V Empire à Versailles, qu'il exécuta pour les princes allemands au 80^ anniversaire de l'empereur Guillaume. En 1882-83, il exécuta avec plusieurs collaborateurs un panorama de la Bataille de Sedan. Deux de ses compositions sont particulièrement célèbres en Allemagne : le Général Reille apportant la lettre de Napoléon [II après Sedan, et la Bencontre de Bismarck et de Napoléon 11 L j. B.
WERNER — WESEMAEL
WERNER,ducd'URSLINGEN(V.GuERNlERl).
WERNER LE Jardinier (V. Gartenjcre).
WERNÉRITE (Miner.). Le genre wer né rite appartient à la famille des silicates anhydres. Il comprend un grand nombre d'espèces, qui, toutes, sont des produits de métamorphisme, le plus souvent au contact d'une roche granitique et d*un calcaire, et qui ont pour forme primitive le même prisme quadratique, avec des propriétés optiques à peu près identiques. La silice, l'alumine, la chaux y dominent, la biréfringence croissant avec la teneur en cette dernière substance. Il s'y trouve aussi une certaine proportion d'alcalis. Quant au rapport d'oxygène, il y est très variable. Les wernérites sont parfois aussi appelées scapoliies (pierres en forme de tiges) ou encore paranthines. Les espèces les plus importantes sont le dipyre, la humboldtilite la méionite, la wernérite proprement dite,jla couseranite. — Le dipyre et la humboldtilite ou mélilite ont fait l'objet d'articles spéciaux (V. ces deux mots). — La méionite renferme, pour cent, 40 à 48 de silice, 29 à 35 d'alumine, 47 à 25 de chaux, 0 à 1,35 de chlore, et de petites quantités de soude, de potasse, -de magnésie. Elle se trouve en petits cristaux unis et brillants, d'éclat vitreux, souvent pénétrés d'inclusions de mica noir et d'hornblende, dans des blocs calcaires rejetés de la Somma, au Vésuve. Densité : 2,73 à 2,74 ; dureté : 6. La strogonowite est une variété de méionite verte ou jaune, engagée dans un calcaire au lac Baikal. — La wernérite proprement dite, aussi spécialement dénommée, comme le genre tout entier, parantliine, scapolite, ou encore ekhergite, renferme, pour cent, 48 à 52 de silice, 23 à 28 d'alumine, 10 à 17 de chaux, 1 à 8 de soude, 0 à 2,5 de magnésie, 0 à 1,5 de potasse. D'éclat vitreux, de couleur variable, elle se présente en cristaux souvent volumineux, à surfaces parfois corrodées, engagés au contact du granité et d'un calcaire saccharoide, en Scandinavie, en Finlande, au Tirol. Densité : 2,63 à 2,79 ; dureté : 5 à 6. La glaucolite est une variété de wernérite bleu de ciel, qui se trouve aux environs du lac Baikal, de môme aussi que la paralogite, autre variété en grands cristaux blancs de dureté exceptionnelle 7,5. Valgérite et ïathériastite sont également des variétés de wernérite. — La couseranite ou couzéranite renferme, pour cent, 44 de silice, 33 d'alumine, 9 de chaux, 4,5 de soude, 2,7 de potasse, et 1,2 de magnésie. Blanchâtre ou grisâtre, parfois noire, elle est tantôt dans un schiste noir, en cristaux vitreux d'un n)ir bleuâtre ou en prismes courts, tantôt en prismes grisâtres dans les calcaires du port d'Aulus, tantôt et le plus souvent en prismes gris ou noirâtres, dans un calcaire noir très pyriteux, près de Saleix et de Seix. Densité : 2,70 à 2,76 ; dureté : 5,5 à 6. — Mentionnons encore la scolexérose de Pargas, wernérite blanche, translucide ou opaque, la marialite du peperino de Pianura, wernérite chlorurée et sodique, la mizzonite de la Somma et du lac de Laach, intermédiaire entre la méionite et la parantliine, la sarcolite du Vésuve. L. S.
WERNIGERODE. Ville de Prusse, district de Magdebourg, sur la Holzemme, auN.du Ilarz; 10.480 hab. (en 1895), Ch.-l. d'un comté existant à partir du xii^ siècle, passé en 1429 à la famille Stolberg.
WERRA. Rivière d'Allemagne (V. Weser).
WERTH (Johann von) ou JEAN de Weert, général, né à Buttgen^(près de Juliers) en 1592 ou 1602, mort à Benatek (Bohème) le 16 sept. 1652. En 1622, il s'enrôla comme simple soldat sous Spinola, passa dans l'armée bavaroise où il parvint au grade de lieutenant-général, se distingua àNordlingen (1634), ce qui lui valut la baronnie et le grade de lieutenant-maréchal. En 1635, il prit Spire ; en 1636, il assiégea Liège, puis se jeta en France et poussa une pointe hardiejusque près de Paris. En 1637, il combattit Bernard de Saxe-Weiraar, qui le fit prisonnier à Rheinfeld, le 3 mars 1638; il fut échangé contre le Suédois llorn en 1642, concourut à la victoire de Tut-
llingen, à la défaite de Jankau (3 mars 1645), aux victoires de Mergenthem et Allersheim, remportées par Mercy, auquel il succéda. Quand l'électeur de Bavière eut signé une trêve, Jean de Werth la viola en essayant d'emmener en Bohème son armée joindre les Impériaux; il arriva presque seul. L'empereur le fit comte et le mit à la tète de sa cavalerie. Il mourut sans enfants. BiBL. : Teicher; J. von Werth; Augsbourg, 1876,
WERTHEINIER (Edouard), historien hongrois, né à Budapest le 2 juin 1848. Il fit ses études à Budapest, Vienne et Berlin. Nommé en 1877 à l'Ecole de droit de Nagy- Szeben, il professe actuellement à l'Académie de droit de Pozsony. Ses nombreuses études historiques sur la Hongrie du xviii^ et du xix*^ siècle ont paru dans difi'érentes revues magyares et étrangères. On lui doit notamment un livre remarquable sur V Autriche- Hongrie au premier décennal du xix^ siècle, des études sur le Duc de lleichstadt et sur les Exilés du premier Empire. J. K .
WERTHER (Karl-Anton-Philip, baron de), diplomate allemand, né à Konigsberg le 31 janv. 1809, mort à Munich le 8 févr. 1^94. H fit ses études à Paris d'abord, ensuite en Allemagne. Entré dans le service diplomatique de la Prusse en 1833, il devint ministre à Berne (1842- 45), à Athènes (1854-59), à Vienne (1859-66). Pendant la guerre contre l'Autriche, il remplaça Bismarck à Berlin comme ministre intérimaire des affaires étrangères. Ce fut un des négociateurs des traités préliminaire et définitif de paix signés à Nikolsburg et à Prague. Ministre de Prusse et do f' Allemagne du Nord à Vienne (1866-69), ambassadeur à Paris de 1869 au 14 juil. 1870, jour où il quitta son poste, rappelé par Bismarck qui le trouvait trop conciliant, on le trouve ambassadeur à Constantinople de 1874 à 1877. Ayant obtenu sa retraite après la conférence de Berlin, il se fixa à Munich et vécut retiré des affaires jusqu'à sa mort.
WERVICQ. Ville de Belgique, prov. delà Flandre occidentale, arr. d'Ypres, à 56 kil. S.-S.-O. de Bruges, sur la Lys, affluent de l'Escaut; 8.500 hab. Stat. du chem. de fer de Courtrai à Ypres, tête de ligne vers Ledeghem . La Lys forme la frontière entre la Belgique et la France. Exploitations agricoles ; fabr. de tabac, de chicorée, de dentelles. Teillage du lin. L'église de Saint-Médard, de style ogival flamboyant, et de très grandes dimensions, date de 12 14 ; elle fut trois fois dévastée par un incendie : en 1382, en 1608 et en 1794. Elle a été habilement restaurée. Wervicq figure dans l'Itinéraire d'Antonin, comme poste militaire, sous le nom de Viroviacum. Au moyen âge, l'industrie drapière en fit un centre très florissant ; au commencement du xiv*^ siècle, Wervicq ne comptait pas moins de mille métiers. L'incendie de la ville par les Français en 1382 dispersa ses artisans et amena la ruine de cette industrie.
WERVICQ (Sud). Com. du dép. du Nord, arr. de Liilc, cant. de Quesnoy-sur-Deûle ; 2.311 hab.
WESEL. ViUe de Prusse, district de Dusseldorf, sur le Rhin, au confluent de la Lippe ; 22.259 hab. en 1895. Restes des anciennes fortifications, déclassées en 1890; citadelle et quatre forts, dont le fort Blucher sur la r. g. du Rhin, Cathédrale bâtie de 1181 à 1521 ; hôtel de ville gothique de 1^90. Savon, sucre, farine, huile, tréfilerie, scieries, commerce de bétail, grains, légumes, bois. Important port fluvial. Citée en l'an 700, Wesel fut acquise au xiii^ siècle par la maison de Clèves, reçut une charte urbaine en 1241, appartint à la Hanse, adopta la Réforme en 1540, fut occupée par les Espagnols (1614-29) et ruinée par les guerres de religion. Attribuée au Brandebourg en 1666, au grand duché de Berg en 180i3, à la France en 1808, les Prussiens la reprirent après un siège de six mois (nov. 1813-mai 1814).
BiBL. : Gantesweiler; Chronlh der Stadt Wesel ; 1881.
WESEMAEL. Localité de Belgique, prov. de Brabant, arr. de Louvain, à 35 kil. N.-E. de Bruxelles, sur le VVinghe, afll. du Demer; 2.000 hab. Exploitations agri-
WESEMAEL — WESSELENYÏ
coles. Les coteaux de AVesemael produisirent du vin de qualité inférieure depuis une époque très reculée jusqu'au xYiu^ siècle. De ces mêmes coteaux on tira pendant des siècles des pierres ferrugineuses qui servirent à la construction de nombreux monuments. Wesemael était une haronnie brabançonne dont les seigneurs portaient depuis 1260 le titre de maréchaux de Brabant et possédaient en conséquence de nombreux et importants privilèges. La première race des baronsde Wesemael s'éteignit en 1464. Charles le Téméraire gratifia de cette baronnie le seigneur de Rhode, celui-ci la vendit au sire d'Humbercourt, et le petit-fils de ce dernier la vendit à son tour à Gaspard Schetz dont les ducs d'Ursel descendent directement.
WESEMBECK, compositeur belge (V. Burbure).
WESENBERG. Ville d'Elistonie, surlecliem. de fer de Revel à Narva ; 5.000 hab. Importante au moyen âge.
WESER (lai. Visurgis), Fleuve d'Allemagne, formé par runiondelaWerraetdelaFulda;ilâ706kil. à partir de la source de la Werra, 437 à partir du confluent et draine un bassin de 41.577 kiL q. La Werra sourd à 812 m, d'alt. au S.-O. duThuringerwald, reçoit la Saar à Schwarzenbrunn, passe à Eisfeld, flildburghausen, Themar, dans une large et riche vallée, entre le Thuringerwald et leRhœn, à Meiningen, Wasungen, Salzungen, décrit des sinuosités multiples entre la Thuringe et la Hesse, adoptant la direction N.-E. du confluent de TUlster jusqu'à Mihla, puis N.-O. resserrée entre l'Eiclisfeld et les collines de Hesse, baigne Esch\vege,Witzenhausen etMunden (ait. 124 m.), où elle s'unit à la Fulda (V. ce mot) venue du S. — Le Weser coule vers le N., décrivant de nombreuses sinuosités et des coudes vers le N.-E. et le N.-O. Il reçoit à Carlshafen laDiemel(g.), paislaNethe(g.), baigne Hœxter, Corvey, Holzminden, Emmern au confluent de l'Emmer (g.), Hameln, Rinteln, et, après un coude prononcé vers ro., où il reçoit la Werre (g.), franchit le défilé de la Porte de Westphalie entre des collines de grès brun qui le dominent de 180 et 140 m. A l'issue, il traverse Minden, et, s'épand dans la vaste plaine de l'Allemagne du Nord, passe àPétershagen, Nienburg, Hoya, se grossit de l'Aller (dr.), traverse Brème la grande ville de son bassin, à Vegesack, au confluent de la Wumme (dr.), s'élargit en estuaire séparant le Hanovre de l'Oldenbourg. A g., sont les ports d'Elsfleth, au confluent de la Hunte (g.), Brake, Nordenham ; à droite, Geestemunde et Bremerhaven au point où le fleuve débouche dans la mer du Nord.
Le Weser, navigable depuis Munden pour les bateaux de 600 tonnes, dépasse rarement 70 m. de large enamont du confluent de l'Aller; il a 220 m. à Brème et 1.900 à Elsfleth. L'estuaire a été approfondi à 7"\50 jusqu'à Geestemunde, à 5 m. jusqu'à Brème. Le lit fluvial a été amélioré jusqu'à Munden, et de là jusqu'à Cassel sur la Fulda, véritable tête de ligne du trafic. Le Weser transporte les bois de ses rives ; les pierres de Hœxter, Vlotho, etc., les charbons et produits métallurgiques de Schaumbourg-Lippe et de Westphalie, etc. A l'écluse de Hameln, en 1895, il montait 73.000 tonnes et descendait 120.000.ABrême,letonnaged'amontatteignait415.000t., celui d'aval (de et vers la mer), 1.430.000 1. Les anciens péages ou douanes du Weser ont été unifiés en 1823, abolis en 1856 ; un port libre fut créé à Brème en 1889. BiBL. : Struck, Wanderungen diirch das Stvomgebiet der Wcse7\' Hanovre, 1877. — Franzius, Die Korrektion der Untej^weser ; Leipzig, 1895.
WESLEY (John), fondateur du méthodisme (V. Eglise, t. XV, p. 636), né à Epworth (comté de Lincoln, Angleterre) en 1703, mort à Londres en 1791. Issu d'une famille rattachée à l'anglicanisme et où il trouva de grandes traditions de piété, Wesîey étudia au collège de Christ Church, à Oxford, y prit ses grades et y devint professeur de littérature grecque. Encouragé par sa mère, qui eut sur lui une grande influence, il entra dans les ordres et reçut les ordres mineurs en 1725. De 1725 à 1729, il fut suffragant de son père, mais, se croyant peu de
vocation pour le ministère, il céda avec joie à l'appel de Lincoln's Collège, à Oxford, où il reprit la carrière de l'en seignement. Il trouva à Oxford, groupée autour de son jeune frère Charles, une association scientifique et littéraire de jeunes gens qui avaient adopté une commune règle de vie [methodiis vilœ, d'où le surnom qui leur était donné de méthodistes) . Plein des doctrines de l'ascétisme et du ritualisme, il dut au hasard d'une mission en Géorgie (1736-37) de rencontrer des Moraves (V. ce mot) qui, dès ce moment, et plus encore dans la suite, le déterminèrent à revenir à la doctrine de la justification par la foi, abandonnée par l'anglicanisme. Avec son ami Whitefield (V. ce nom) dont il se sépara par la suite, il la prêcha d'abord en chaire, puis, le clergé lui faisant opposition, il inaugura, en 1739, le système du culte en plein air. Dès cette date le méthodisme était créé et développait ses moyens d'action (itinérance, ministère laïque, classes, conférences annuelles des prédicateurs >. Pendant cinquante ans, W^esley parcourut l'Angleterre et l'Irlande, prêchant aux foules, fondant des sociétés, vivant d'une vie de missionnaire jusqu'à l'âge de quatre-vingts ans, entretenant une énorme correspondance, distribuant des brochures et rédigeant un Magazine mensuel. Il assura l'avenir du méthodisme en Angleterre par le Deed of Déclaration, Dès 178i, le méthodisme, introduit en Amérique, avait été organisé. — Wesley ne fut pas un penseur de génie, mais un admirable organisateur et administrateur. Ses écrits, qui sont nombreux (il a publié de son vivant plus de 200 ouvrages), sont surtout destinés à traiter pour le peuple des questions de théologie, de philosophie, de linguistique ou même de médecine. De ses œuvres il existe de nombreuses éditions, depuis celle (!e Bristol (1771-74), 32 vol.) publiée par Wesley lui-même, jusqu'à celle qui parut à Londres en 1856 : /. Wesleifs Complète works with a life by the dr. Beecham, and Préface by Jackson (15 vol. petit in-8, avec portrait). — Nombreuses également sont ses biographies, parmi lesquelles on citera celles de : Watson (Londres, 1861), Tyerraan (New-\ork, 1877), Hokin (Londres, 1887), Teiford (Londres, 1886), etc. En français, on lira la biographie écrite par Mathieu Lelièvre : John Wesley, sa vie et son œuvre (1882, 2^ éd.). C. S.
WESSEL (Jean, aussi appelé Gansfort), précurseur de Luther, né à Groningue en 1420, mort à Groningue le 4 oct. 1481). Il étudia à Zwolle, à l'école des frères de la vie commune, et enseigna la philosophie à Cologne, Louvain, Heidelberg et Paris. Revenu dans son pays, il passa les dernières années de sa vie dans le recueillement, écrivant des traités et étudiant particulièrement l'Ecriture sainte, sur laquelle il voulait fonder sa théologie à l'exclusion de la tradition. Luther l'a fort apprécié. « Si j'avais lu Wessel auparavant, dit-il, mes contradicteurs prétendraient que Luther a tout emprunté à Wessel, tant leur esprit est le même. » Ils différaient cependant sur un point assez important, la sainte Cène. La protection d'amis influents préserva Wessel de l'Inquisition. Cependant les moines mendiants se chargèrent de détruire un^ partie de ses écrits. Une édition complète de ses œuvres a été publiée (1614, in-4) à Groningue par les soins de Pierre Pappus.
BiBL. : C. Ulmanx, Joh. Wessel^ eia Vorgaenger Luthers ; Hambourg, 1811. — Du mômo, Refor'matoren vor der Reformation. 1860. — Hofstede de Groot, Johan W. Ganzevoort; Groningue, 1871.
WESSELENYL Famille noble hongroise qui a joué un rôle important dans la vie politique et sociale de la Transylvanie. Originaire du comitat de Nograd, mais fixée au XVI® siècle en Transylvanie- Les membres les plus illustres de celte famille sont :
François Wesselényi, palatin de Hongrie, né à Teplicz en 1605, mort en 1667. Il fit la guerre contre les Turcs, commanda les troupes magyares qui se rendaient en Pologne au secours de Wladislas IV contre les Turcs, s'empara (1644) de la forteresse de Murany, défendue par
WëSSELENYI ~ WESTMÂCOTT
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Marie Széchy et épousa celle-ci. De nombreux poètes hongrois, depuis Gyôngyôsi (1664) jusqu'à nos jours, ont chanté le siège de Muràny. Après cette aventure romanesque, Wesselényi fut nommé commandant du N. de la Hongrie, et, en 4655, palatin. Il chercha d'abord à réconcilier les mécontents hongrois avec la cour de Vienne, mais, après la désastreuse paix deVasvâr (1664), il conspira avec eux.
Nicolas (Miidôs) Wesselényi, homme politique hongrois, né en 1795, mort en 4850. Fils de Nicolas Wesselényi (4754-1809), qui a été le porte-parole des idées libérales dans les diètes de la Transylvanie et l'ardent propagateur du théâtre hongrois dans cette principauté, le jeune Nicolas combattit en 4809 contre Napoléon. Lié avec Etienne Széchenyi, il rêvait de changer la Hongrie féodale en pays constitutionnel. En 4830, il devint le leader de l'opposition libérale dans la Chambre des magnats et l'âme des diètes transylvaines où il réclamait l'union de la principauté avec la Hongrie. Ses discours enflammés contre l'oppression autrichienne lui attirèrent un procès dans lequel il fut condamné à trois ans de prison (1839). Amnistié en 4840, il sortit presque aveugle de la prison et ne prit part aux discussions que par des pamphlets politiques. En 4848, il vint à Pest, mais n'eut aucune influence sur le mouvement révolutionnaire. — Sa force herculéenne le servit bien pendant l'inondation de Pest où il fit des prodiges, prodiges chantés par les poètes et décrits par de nombreux romanciers. Parmi ses pamphlets, on peut mentionner : les Préjugés (4833), écrits sous l'influence du Crédit de Széchenyi et où il expose ses idées de réforme ; Appel à la nation hongroise et slave (4843), où, le premier, il montre les périls du panslavisme pour la Hongrie. Orateur excellent, ses discours ont agi, non seulement par leur forme littéraire, mais aussi par leur fougue et leur énergie. J. KoNr.
BiBL. : Jules Pauler, la Conjuration de Fr. Wesselé7iyi et consorts; Budapest, lb76, 2 vol. (en hongrois). — Bo- Gisic, Monumenta spectantia historiam Slavorum meridionalium; Zagreb, 1888. t. XIX. — Sigismond Keméisy, les Deux Wesselényi; Budapest, 1851 (en hongrois).
WESSENBERG (Ignaz-Heinrich-Karl, baron de), théologien catholique, né à Dresde le 4 nov. 4774, mort à Constance le 7 août 4860. Ami deDalberg, prince primat de la Confédération du Rhin, celui-ci l'appela en 4802 au poste de vicaire général de l'évêché de Constance, dont lui-même était titulaire. H se voua particulièrement à l'instruction du clergé et s'efforça d'introduire la langue allemande dans la liturgie et le chant d'église, de diminuer le nombre de jours fériés et d'améliorer l'instruction dans les écoles. En 4844, au Congrès de Vienne, il tenta de faire décider la constitution d'une Eglise catholique nationale allemande dirigée par un primat de Germanie, Aussi le pape refusa-t-il d'accepter sa désignation comme coadjuteur, puis, en 4847, son élection à Têvêché de Constance. H l'administra néanmoins jusqu'en 4827, où il fut supprimé. Wissenberg rentra alors dans la vie privée, mais fut élu à la première Chambre badoise, où il siégea de 4849 à 4833. Principaux ouvrages : Die Elementarbildimg des Fo/Z^s (4835, 2^ éd.); Die Bergpredigt Christi (4 86 1 , 6^ éd . ) ; Die grossen Kirchenversammlungen des XViindXVl Jahrhunderts in Beziehung auf Kirchenverbesserung (4840, 4 vol .) ; Goit unddie Welt (4857 , 2 vol. ) ; Die Eintraclit zwischenStaat und Kirche (d869). Il a laissé 7 volumes de poésies (4834-54).
BiBL. : G. Beck, Freiherr J.-H. v. Wessembei'g, sein Leben und Wirken; Fribourg, 1862. — Friedrich, Badischen Biogy^aphien, 1875, t. II.
WEST-Bromvich. Ville d'Angleterre, à 7 kil. N.-O. de Birmingham, formant un comté municipal compris dans celui de Stafford; 65.472 hâb. en 4904. Mines de houille alimentant de grandes usines métallurgiques, des verreries et de vastes usines à gaz.
WEST-Câppel. Com. du dép. du Nord, arr, de Dunjverquej cant, de Bergues ; 700 bab.
WEST (Benjamin), peintre anglais, né à Springfîeld (Pennsylvanie) le 40 oct. 4738, mort à Londres le 44 mars 4820. D'une famille de quakers, il vint à Rome (4760), où il étudia sous la direction des Mengs (V. ce nom), puis se rendit en Angleterre (4763) où il fonda (4768), avec Reynolds, l'Académie royale de peinture dont il devint plus tard président. Ses œuvres les plus remarquables sont: la Mort du général lf'o//'^(Grosvenor-Gallery, à Londres), le Christ devant Dilate, Or este et P/M^ (National-Gallery). La chapelle de Windsor possède quelques-unes de ses peintures. Citons encore de West : la Mort sur un cheval pâle ; la Bataille de la Hogue, la Bataille de la Boyne (Grosvenor-Gallery) ; la Mort de Nelson, Cromwel renvoyant le Parlement, etc. La plupart de ses œuvres ont été gravées.
Bibl. : Galt, Life andstudies of Benj, West; Londres, 1825. - TuKERMANN, Book of the artists; New York, 1867.
WESTBÉCOURT. Com. du dép. du Pas-de-Calais, arr. de Saint-Omer, cant. de Lumbres; 94 hab.
WESTERAS (Suède) (V. Vesïeras).
WESTERWIANN (François-Joseph), général français, né le 5 sept. 4754 à Molsheim, en Alsace, mort à Paris le 5 avr. 4794. Il entra au service très jeune dans la cavalerie, mais ne tarda pas à quitter l'armée et vint à Paris. Il embrassa avec ardeur la cause de la Révolution et, revenu dans son pays natal, fut nommé greffier de la municipalité d'Haguenau en 1790. Accusé d*avoir excité des émeutes dans cette ville, il fut arrêté, mais ne resta pas longtemps en prison et revint à Paris, où il se lia avec Danton. Le 40 août 4792, il prit le commandement des fédérés marseillais et brestois, et, joignant ses efforts à ceux de Santerre, s'empara des Tuileries. Nommé adjudant général après le vote de déchéance de Louis XVI, il fut envoyé à l'armée des Ardennes et fut employé par Dumouriez à différentes missions dans l'Argonne, Faida dans ses négociations avec le duc de Brunswick et le suivit dans la conquête de la Belgique, pendant laquelle il commandait Farmée du Nord. Emprisonné comme complice de Dumouriez après sa défection, il fut bientôt élargi et envoyé en Vendée avec le grade dégénérai de brigade. Il s'y distingua par l'audace de ses manœuvres et par sa valeur fougueuse, obtint d'abord quelques succès, entre autres à Parthenay ; mais, surpris à Châtillon, il y fut complètement défait. Traduit devant un conseil de guerre à cause de son imprévoyance, cause de la déroute, il fut acquitté et continua la guerre en Vendée, où il incendia les villes de Thouars, Bressuire et Tiffauges, foyers de l'insurrection, ainsi que les châteaux de Lescure et de La Rochejacquelein. Destitué une seconde fois et rappelé à Paris après la bataille de Savenay, il fut arrêté avec les dantonistes, le 4^'' avr. 4794, condamné à mort et exécuté le 5 du même mois.
WESTERWALD. Petit massif montagneux de la Prusse rhénane (V. Rhin), s'escarpant en falaises au-dessus du Rhin, de la Lahn et de la Sieg ; vers la frontière de Westphalie est le point culminant (657 m.); au S.-O., le bois de Montabaur atteint 546 m.
WtSTFIELD. Ville des Etats-Unis, Massachusetts; 9.800 hab. (en 4890). Papeteries, orgues, cigares, etc.
WEST-Ham. Faubourg N.-E. de Londres (\,^ ce mot). Il forme un comté municipal découpé dans celui d'Essex et comptant 267.308 hab. en 4904.
WESTH0U6HT0N. Ville d'Angleterre, comté de Lancastre, à 8 kil. 0. de Wigan; 44.000 hab. en 4894. Cotonnades, soieries.
WESTINGHOUSE (Frein) (V.AiR,t.I, p. 4052).
WESTLOTHIAN. Comté d'Ecosse (V. Linltthgow).
WESTMACOTT (Richard), sculpteur anglais, né à Londres en 4775, mort à Londres le i"^"" sept. 4856. Il séjourna à Rome (4793-97) où il reçut des leçons de Canova, et, de retour en Angleterre, occupa rapidement le premier rang parmi les artistes de son époque. Membre de l'Académie ro^yale en 4809, il succéda en j8^7 à Fle^mafi
WESTMACOTÏ — WESTPHALIE
comme professeur de sculpture. Parmi ses œuvres, d'un caractère gracieux et poétique, il faut citer sa charmante statue de Psyché, la Nymphe dégrafant sa ceinture, la Mère affligée , le Vagabond sans patrie, etc. Outre plusieurs monuments et bas-reliefs, on lui doit les statues monumentales d'Addison, de Pift, de Fox, de Spencer Perceval, da duc de Montpensier (abbaye de Westminster), de lord CoUing wood, des généraux Parkenham et Gibbs (Cathédrale de Saint-Paul), de George III (Liverpool), àe Nelson (Birmingham), de Cannm^ (Londres), etc. — Son fils, Richard, né à Londres en 1799, mort à Londres le 19 avr. 1872, commença ses études sous la direction de son père. Après un séjour de plusieurs années en Italie, il devint membre de l'Académie royale (1849) et professeur de ^sculpture (1857) à la même Académie, en remplacement de son père. On cite surtout de lui le Joueur de cymbales (1832 et 1855), VAnge gardien (1842) et plusieurs bas -reliefs.
WEST-MEATH. Comté de l'Irlande, au N.-O. delà prov. de Leinster; 1.835 kil. q. ; 65.109 hab. en 1891 au lieu de 141,578 en 1841. Borné à l'O. par le Shannon, c'est un pays plat (V. Irlande), dont la moitié est boisée ; les pâturages et les champs occupent le tiers du sol. Le ch.-l. est MuUingar, la ville principale Athlone.
WESTMINSTER (Abbaye de) (V. Londres, t. XXII).
WESTMORELAND. Comté du N.-O. de l'Angleterre, au N. de celui de Lancastre ; 2.027 kil. q.; 66.098 hab. en 1891. Il s'étend sur les monts Cumbriens et la chaîne Pennine, que sépare la vallée de l'Eden formée de grès bigarrés (V. Grande-Bretagne). C'est un pays froid, rude, rocheux, coupé de vallons étroits où dorment de petits lacs. Ses belles prairies et ses bois lui ont valu une réputation de pittoresque. Les champs et les prés ne s'étendent que sur un tiers de la superficie, le blé n'y pousse pas. On élève des, moutons et des porcs renommés, des bœufs de race écossaise. Les seules industries sont l'extraction des carrières, la filature et le tissage de la laine et la bonneterie. Le ch.-l. est Appleby; la ville principale Kendal. — Le comté de Westmoreland fut érigé en 1397 pour Ralph Neville, gendre de Jean de Gand. Le sixième comte, Charles Neville, le perdit en 1570, pour sa participation à la rébellion du comte de Northumberland. Le comté passa à une branche cadetie dite d'Abergavenny, puis en 1624, à son extinction, à un descendant en hgne féminine, Francis Fane (Y, ce nom), dont la famille l'a conservé.
WESTON -super-Mare. Ville maritime d'Angleterre, cant. de Somerset, près de l'embouchure de l'Axe, dans le canal de Bristol; 15.873 hab. en 1891. Belles falaises ; pêche; bains de mer très fréquentés.
WESTPKAL (Rudolf-Georg-Hermann), philologue allemand, né à Obernldrchen le 3 Juil.jl826, mort àStadthagen le 11 août 1892. Il professa à l'Université deBreslaù (1857-60), au lycée Katkov de Moscou (1875-79). Ses travaux principaux se rapportent à la métrique des anciens : Metrik der Griech. Dramatiker und Lyriker (av. Rossbach et Gleditsch, 3^ éd. 1885-89, sous le titre Théorie der musischen Kûmie der Hellenen, 3 vol.); Gesch. der alten und mittelalter lichen Musik (1864- %Q) ; Methodische Grammatik der griech. Sprache (1870-72, 2 vol.) ; Théorie der musikalischen Rhythmik seit J. B. Bach (1880) ; Allgemeine Metrik der indogerm. und semit. Vœlker (1893), etc.
WESTPHAL (Karl-Friedrich-Otto), médecin allemand, né à Berlin le 23 mars 1833. Nommé en 1869 professeur extraordinaire, il obtint en même temps la direction delà clinique des maladies nerveuses et mentales, et fut promu professeur ordinaire en 1874. Ses travaux sur la pathologie du système nerveux et la psychiatrie sont des plus remarquables. Depuis la mort de Griesinger, il rédige VArchiv fur Psychiatrie und Nervenkrankheiten.
WESTPHALIE (ail. Wéstfalen), I. Géographie.— Province d'Allemagne, roy. de Prusse, confinant au N.-O. px Pays-Bas, .ap. S,-0. Ma prov, du ïHiin, au B, à la
Hesse, à l'E. et au N. au Hanovre; 20.209 kil. q.; 3.188.072 hab. en déc. 1900. Elle a été constituée en 1814. C'est un pays accidenté : àrE.etauN,-E.,par les hauteurs du Weser et le Teutoburgerwald ; au S., par l'extrémité du massif schisteux rhénan comprise entre la Sieg et la Ruhr. Vers les sources de la Ruhr sont les régions les plus élevées, plateau de Winterberg (830 m. au Kahle Asten) ; à celui-ci se rattachent: au S.-O., les monts de Rothaar (691 m. à TEderkopf, source de l'Eder, de la Sieg et de la Lahn); à l'O., le pays tourmenté du Saverland, profondément raviné; au N. de la Ruhr, le Haar (320 m.) qui s'abaisse sur la vallée de la Lippe. Entre les collines de Haar et le Teutoburgerwald s'étend la plaine de Munster ou plaine de Westphalie. — Les cours d'eaux principaux sont: au S., les affluents du Rhin, Ruhr, Lippe; à l'E., le Weser; au N., l'Ems.
La province se divise en trois districts : au S., Arnsberg (7.696 kil. q. ; 1.851.456 hab.); au N.-E, Minden (5.260 kil. q.; 636.917 hab.) ; au N.-O., Munster (7.253 ki!. q. ; 699.699 hab.). La population très dense est répartie à peu près par moitié en protestants et catholiques. La moitié vivent de l'industrie, lO^o du commerce, 27°/o seulement de l'agriculture. Le district d'Arnsberg, qui comprend la région minière et industrielle, renferme près des 3/5 de la population. Les plus grandes villes sont: Dortmund (142.418 hab.), Hagen (6^.759), Bochum (65.554), Munster (63.776), Bielefeld (63.044), llamm (31 .369), ïserlohn (27.268), Ludenscheid (25.501) Minden (24.327), Paderborn (23.502), Siegen (22.111), etc. En 1893 on évaluait la surface des champs à 856.000 hect., celle des prés et pâturages à 370.000; des bois à 565.000, etc. La Westphalie est un pays de petite propriété. La qualité du terrain est très variable ; les régions les plus fertiles sont le Hellvveg, le long de la Lippe, et la vallée du Weser ; les moins bonnes, celles du N. et du N.-E. et les cantons sablonneux du centre. La récolte atteignait, enl896, 3.240.000 quintaux deseigle, 1 .140.000 de froment, 2.056.000 d'avoine, 7.963.000 de pommes de terre et 5 millions de foin. On évaluait le nombre des chevaux à plus de 1 30.000, celui des bœufs à 600.000, desmoutons à 316.000, des porcs à 640.000, des chèvres à 200.000, des ruches à 73.000.
La grande richesse vient des mines de houille (32 . millions 271.000 tonnes en 1896) et de fer (1.223.000 t.) (V. l'art. Allemagne). Citons aussi celles de cuivre, de zinc, les carrières, les eaux minérales. Autour du bassin minier de la Ruhr s'est développée une puissante industrie ; aux 150.000 ouvriers mineurs s'ajoutent 70.000 métallurgistes, 25.000 travaillant à la fabrication des machines, 40.000 à l'industrie textile, etc. Le total dépasse 500.000, dont les deux tiers dans le district d'Arnsberg. Les principaux centres sont ïserlohn, Ludenscheid, Altena, Hagen Bochum. Les toiles de Westphalie se préparent depuis le xiv^ siècle dans les cantons entre Lippe et Weser, autour de Ravensberg, de Bielefeld. — Le commerce, très actif, se concentre surtout à Bielefeld, ïserlohn, Dortmund, puis à Minden pour les grains, Paderborn pour la laine. Le nœud du réseau ferré est à Hamm.
Le ch.-l. de la prov. est Munster ; elle comprend deux évêchés, Munster et Paderborn.
II. Histoire. — La Westphalie était la partie occidentale du vieux duché de Saoce (V. ce mot), conquis par Charlemagne ; l'Ostphalie, qui s'étendait du Weser à l'Elbe, était séparée par l'Angrie (Engern), région du Weser, de la Westphalie. Le nom de celle-ci se conserva lors du démembrement de la Saxe (1180). L'archevêque de Cologne annexa les pays de la haute Ruhr, le Saverland, et reçut le titre de duc d'Angrie et Westphalie, avec autorité sur les diocèses de Cologne et de Paderborn. Au xv® siècle, on admit qu'Arnsberg était ch.-l. du duché de Westphalie ; celui-ci, qui comprenait, àla fin du xvm® siècle, 3.744 kil. q., fut cédé en 1803 à la Hesse-Darmstadt. Le 18 août 1807, Napoléon }®^ cjcéa un royaume de Westphalie^ qu'il (it-
WËSTPHALIE
tribua à son frère câdet Jérôme, royaume formé des provinces prussiennes à l'O. de l'Elbe, de la Hesse électorale, d'une partie du Hanovre et du Brunswick, et comptant alors 38.100 kil. q. et i. 946.000 hab. Il reçut le 15 nov. 1807 une constitution imitée de celle de la France, fut divisé en 8 départements, avec abolition du régime féodal, etc. En 1810, il fut agrandi de la majeure partie dn Hanovre, mais dès décembre de cette année Napoléon lui reprit ces pays et d'autres, afin d'étendre l'Empire français jusqu'aux branches de l'Elbe. Le roi Jérôme peu capable fut détrôné en 1813 et son royaume sup primé au congrès de Vienne. La Prusse recouvra ses comtés de Mark, Ravensberg, Minden, Tecklenburg, Limbourg, Lingen, les principautés de Munster, Paderborn etCowey (sécularisées à son profit en 1802), et, de plus le duché de Westphalie, la principauté de Siegen, le comté de Wittgenstein, la ville de Dortmund, etc. Ainsi se forma la province actuelle de Westphalie.
Traités de Westphalie. — Les traités dits de Westphalie ont mis fin à la guerre de Trente ans. Ils constituent le premier de ces grands pactes internationaux qui ont défini la situation respective des Etats européens. Ils marquent le terme de l'époque des guerres de religion et, par la proclamation du principe de souveraineté territoriale, ont consommé la ruine du système du Saint- Empire romain germanique qui avait dominé le moyen âge. Ils ont commencé l'élaboration du droit des gens et d'un droit international laïque. Ces traités furent l'aboutissement de négociations entamées en 1641. La diète allemande de Ratisbonne avait exprimé le vœu du rétablissement de la paix et fixé comme lieu de négociations avec les puissances étrangères Osnabruk et Munster en Westphalie (9 oct. 1641). Peu après, les représentants de l'empereur, de la France et de la Suède, Conrad de Lutzow, le comte d'Avaux et Salvius, assemblés à Hambourg, convinrent des préliminaires de la paix (25 déc. 1611), définissant la forme des passeports, le lieu et le moment des pourparlers ; ceux-ci devraient s'ouvrir à Munster et Osnabruk le 25 mars 1642. L'empereur commença par désavouer Lutzow et le remplaça par le comte Auesperg, mais les victoires de Torstensson le décidèrent à contresigner les préliminaires de Hambourg (22 juil. 1642); l'échange des pouvoirs fut fixé à fin mars 1643 et l'ouverture du congrès au 1®^' juil. 1643. Toutefois les négociateurs tardèrent tellement que leurs délibérations ne s'ouvrirent qu'en avr. 1645.
A Munster, l'empereur et les princes allemands traitaient avec la France, sous la médiation du pape et de Venise; à Osnabruck, avec la Suède, directement. Le cérémonial, les préséances, les titres donnèrent lieu à d'interminables débats ; la division des négociateurs en deux groupes fut aussi une cause de retards. Elle était motivée par le désir de séparer les représentants protestants et catholiques. Le nonce du pape était Fabio Chigi (plus tard pape Alexandre VIÏ); l'ambassadeur vénitien, Contareno ; l'empereur était représenté à Munster par le comte Jean-Louis de Nassau et Isaac Volmar, à Osnabruck par son premier ministre, le comte Max de Trautmannsdorff ; ils étaient contrariés par les jésuites qui cherchaient à faire échouer les négociations. La France était représentée par le comte d'Avaux et Abel Servien, auxquels on adjoignit pour la forme le duc de Longueville ; la Suède, par Jean Oxenstierna et Salvius ; les princes ecclésiastiques allemands, par Adam Adami ; le Brunswick-Lunebourg, par le savant Jacob Lampadius, etc. Une foule de princes, de seigneurs, de juristes gravitaient autour des plénipotentiaires. La langue officielle était le latin, et les actes furent rédigés en latin, mais la plupart des conversations se tinrent en français, lequel tendit dès lors à devenir la langue diplomatique internationale. Les traités furent signés le 25 oct. 1648 à Munster où s'étaient rendus quelques jours auparavant les plénipotentiaires d'Osnabruck qui avaient conclu un peu plus tôt.
Les modifications territoriales étaient considérables : les unes sanctionnant officiellement des faits déjà anciens ; les autres consacrant les résultats de la guerre de Trente ans. La France obtenait en toute souveraineté les Trois- Evêehés (Metz, Tout, Verdun), annexés par elle en 1552, et les possessions autrichiennes d'Alsace, landgraviat de Haute et Basse- Alsace, Sundgau, la ville de Brisach, le droit de garnison dans Philipsbourg, l'avouerie des villes libres d'Alsace (Strasbourg, Haguenau, Colmar, Schletlstadt, Wissembourg, Landau, Kaysersberg, Obernai, Rossheim, Munster, Turckheim), lesquelles demeuraient nominalement subordonnées à l'Empire, ainsi que les évoques de Bàle et Strasbourg et les abbés et princes alsaciens jouissant de l'immédiateté. Les fils de l'archiduc Léopold reçurent de la France une indemnité de 3 millions de livres en compensation de leurs terres d'Alsace.— La Suisse vit reconnaître son indépendance totale . De même la république des Provinces-Unies (Hollande) ; ceci fut l'objet d'un traité particulier signé à Munster le 30 janv. 1648, entre l'Espagne et les Provinces-Unies et ratifié par l'empereur et la diète allemande le 22 mars 1654. — Par contre, les litiges entre la France et la Lorraine, entre la France et l'Espagne, l'Espagne et le Portugal, quoique soumis au Congrès de Munster, ne furent pas résolus par lui. — Il laissa de même irrésolue la question de la succession de Clèves et de Juliers, celle de Donauwerth (que la Bavière conserva en fait) ; enfin celle de la succession de Hesse avait été tranchée par un pacte de famille du 24 avr. 1648. — Voici quels furent à l'intérieur de l'Allemagne les autres remaniements territoriaux. La Suède, qui avait un moment revendiqué toute la Poméranie et la Silésie, obtint, outre une indemnité de 5 millions de thalers, la Poméranie antérieure avec Rugen et un lambeau de la Poméranie ultérieure avec Stettin, les îles d'Usedom et Wollin; déplus, la ville de Wismar et les évêchés sécularisés de Brème et Verden. Ces pays demeuraient allemands et étaient représentés à la diète par des délégués suédois. — Le Brandebourg obtint le reste de la Poméranie et fut dédommagé de la cession à la Suède des meilleures parties par la sécularisation à son profit des évêchés de Cammin, Magdebourg, Halberstadt et Minden. En échange de Wismar, le duc de Mecklembourg- Schvverin eut les évêchés de Schwerin et Ratzsburg. — La Bavière (protégée de la France) conserva le Haut-Palatinat et la dignité électorale ; mais un huitième électorat fut créé au profit du Palatinat rhénan. Cette transaction était contraire au principe posé à la base des négociations, amnistie totale et restitution des situations de 1618; elle profitait à la fois aux catholiques qui restaient maîtres absolus du collège électoral, à la Bavière protégée de la France, et à l'Autriche qui, en lui donnant le Haut- Palatinat, avait dégagé la prov. de Haute-Autriche donnée jadis en gage au duc de Bavière. Dans l'Allemagne du S., les princes protestants de Wurttemberg et de Bade recouvrèrent leurs États. La Hesse-Cassel obtint quelque argent, l'abbaye sécularisée de Hersfeld et le comté de Scliaumbourg. La clause d'amnistie et de restitution intégrale en la situation de 1618 ne fut qu'imparfaitement appliquée ; l'Autriche s'y refusa à peu près complètement dans ses États héréditaires et ramena la date des restitutions à 1630.
Les questions religieuses furent réglées par le traité d'Osnabruck seul : on confirma les traités de Passau et d'Augsbourg ; les réformés furent admis au même titre que les membres de la confession d'Augsbourg. L'égalité complète fut établie entre catholiques et protestants dans les tribunaux et autres institutions impériales ; aux diètes, les questions religieuses durent être réglées, non à la majorité, mais par des accords entre le corps évangélique et le corps catholique, lesquels tendaient ainsi à former deux confédérations distinctes. En ce que concernait les biens et les fiefs ecclésiastiques, on admit qu'on s'en tiendrait à la situation existant au i^^ janv. 1624. Il