‹ La Grande encyclopédie (volume 2)Chapitre 580 sur 633 · WIELAND -~ WIESBADEN · texte numérisé non relu

WIELAND -~ WIESBADEN

rnermœrchen (4777), et, son chef-d'œuvre, Oberon (4780; dernière éd. 4706), des traductions d'Horace et de Lucien, qu'il imita dans ISeue Gottergesprœche (1791); Geheime Gesch, des Philos, Peregrinus Proteus{\19i, 2 vol.); Agathodœmon (4799). Il donna lui-même une édition révisée de ses œuvres complètes (36 vol. gr. in-4ou 39 vol. in-8, plus 6 vol. de suppL, 4794-1802). Il fit suivre le Merkur, de VAttisches Èluseurn (4796-4804) et Neues AUisches Muséum (4802- 40). La traduction d'Aristophane, puis celle de Gicéron occupèrent les loisirs de sa retraite dans la campagne d'Ossmanstedt (4797-4803) qu'il quitta pour rentrer à Weîmar, mais où il a été enterré.

Wieland manque d'originalité, mais a exercé une influence considérable par la variété de ses œuvres et traductions ; il a notamment ramené les poètes à la chevalerie du moyen âge. Dans l'expression des sentiments tendres et délicats, il a fait preuve de grand talent et donné à la poésie allemande la grâce qui lui manquait, l'harmonie de la phrase et du rythme. De ses quatorze enfants, il faut citer son fils 'LÙdwig (4777-4849), auteur dramatique et journaliste.

BiBL. : Gruber, Biographie Wielands ; Leipzig, 1827-28, 4 vol. — Wieiands Briefe ; Zurich, 1815-16, 4 vol. — Lœ- BELL, C.-M. Wieland; Brunswick, 1858.

WIELICZKA. Ville d'Austro-Hongrie, ch.-l. d'un district de Galicie ; 6.000 hab., au centre de vastes salines qui occupent un millier d'ouvriers et fournissent annuellement 80.000 tonnes de sel.

BiBL. : WiNDAKiEwiGZ, Das Stein8alzbe7'g'werk in Wieliczka; Freiberg, 1896.

WIELOPOLSKI (Alexandre-Ignace, marquis de Gonzâqa-Myszkowski, comte), homme politique polonais, né le 45 mars 4803, mort à Dresde le 30 déc. 4877. Il fit ses études à Varsovie, Paris et Gœttingue. De retour en Pologne, il s'enrôla dans le parti conservateur, joua un rôle etfacé pendant la révolution de 4830, se réfugia à Tétranger après la chute de l'insurrection, mais revint bientôt en Pologne pour y reprendre sa place dans le parti conservateur. En 4846, à l'époque des massacres de Galicie, il fit paraître à Bruxelles la Lettre d'un gentilhomme polonais au prince de Metternich, où il déclara ne voir aucun autre moyen de salut pour la Pologne qu'une fusion complète de l'élément polonais et de l'élément russe au profit de l'idée du panslavisme. Cette brochure souleva de violentes protestations, tant en Pologne qu'à l'étranger. A partir de 4860, il commença à jouer un rôle prépondérant. Après les troubles de Varsovie de 4864, il fut nommé directeur des cultes et de l'instruction publique du royaume de Pologne. On F accueillit d'abord bien, mais les mesures sévères qu'il prit pour réprimer tout ce qui pouvait éveiller les soupçons du gouvernement russe lui aliénèrent bientôt l'esprit des Polonais, Lorsque, après les massacres du 8 avr, , on le vit seul de tous les membres du gouvernement s'abstenir de donner sa démission, l'opinion publique rejeta sur lui la responsabilité des faits douloureux dont la Pologne venait d'être le théâtre. Il chercha alors à se réhabiliter auprès de ses compatriotes en essayant d'obtenir du tsar quelques concessions libérales; mais là encore il échoua. Il offrit alors sa démission (déc. 4864), mais revint bientôt au pouvoir sous l'administration du grand-duc Constantin. Il fut placé à la têle de l'administration civile. Cette fois-ci, sa position devint encore plus difficile. A la fois suspect aux Polonais et aux Russes et attribuant son isolement à l'agitation publique, il crut pouvoir remédier à tout en soumettant aux Russes, qui l'adoptèrent, un projet de recrutement destiné à englober tous les mal pensants Ce fut le signal du soulèvement de la Pologne. Les jeune.s gens ajranî le choix de périr, ou bien dans les rangs russes ou bien en défendant leur patrie, optèrent pour cette dernière éventualité. Le jour où les opérations russes devaient commencer, la jeunesse polonaise se réfugia dans les forêts et déclara par l'acte du 22 janv. 4863

le pays en état d'insurrection. Wielopolski essaya alors de revenir sur ce qu'il avait fait, mais il était trop tard. Devenu l'objet de la réprobation universelle, il se décida après le troisième attentat de la jeunesse polonaise sur sa vie à donner de nouveau sa démission et se retira à Dresde où il resta jusqu'à sa mort. D*" V. Bugiel.

BiBL. : Ch. Mazade, la Pologne contemporaine ; Paris, 1863. — Vladislav Mickiewicz, Czartoryshi^ Wielopolski et Mieroslawshi ; Paris, 1863. — Lisigki, le Marquis de Wielopolski ; Cracovie, 1878-80. — Spasowicz, la Vie el la Politique du marquis de Wielopolski (en russe) ; Pétersbourg, 1882.

WIENCOURT-l'Equipée. Corn, du dép. de la Somme, arr. de Montdidier, cant» de Moreuil; 389 hab. Stat. du chem. de fer du Nord.

WIENER-NEOSTADT.VilledelaBasse-Autriche,ài<0kil.S. de Vienne, sur la Fischa; 25.000 hab. (en 4890). Ecole militaire. Eglise du xiii^ siècle. Fondée en 4490, elle eut une importance stratégique dans les guerres contre les Hongrois et les Turcs.

WIENERWALD. Montagnes de grès situées à l'extrémité N.-E. des Alpes en Basse-Autriche, où elles s'étendent jusqu'au Danube, à 1*0. de Vienne : le point culminant est le Schœpfl (893 m.); le point extrême, le Kahlenberg (542 m.), qui domine la capitale. LeWienerwald porte de beaux bois et les villas viennoises.

WIERRE-Au-Bois. Com.du dép. du Pas-de-Calais, arr. de Boulogne, cant. de Samer; 208 hab.

WIERRE-Effroy. Com. du dép. du Pas-de-Calais, arr. de Boulogne, cant. de Marquise; 746 hab.

WIERRE dk BoNNiÈRES (G.-F.-R.) (V. Bonnières).

WIERS. Com. de Belgique, prov. de Hainaut, arr. de Tournai, à 36 Idl. 0. de Mons, sur la Verne, affl. de l'Escaut ; 4.000 hab. Exploitations agricoles, scieries, tanneries.

WIERTZ (Antoine- Joseph), peintre belge, né à Dinanl en 4806, mort à Bruxelles en 4865. Il fit grand bruit en son temps, il excita de furieuses critiques et de violents enthousiasmes par la recherche de ToriginaUté, poussée jusqu'à la bizarrerie, parfois au delà, ([ui se montrait dans ses toiles aux dimensions prodigieuses. Son meilleur ouvrage, le Triomphe du Christ (4848), d'une assez grande allure, mais où la conception dépasse de beaucoup l'exécution, se trouve au « Musée Wiertz » de Bruxelles, aujourd'hui peu visité. Il a écrit des Salons très passionnés et deux brochures : Eloge de Rubens; Caractères constitutifs de la peinture flamande, qui lui valurent chacune un prix dans des concours ofiiciels .

WIESBADEN. Ville de Prusse, ch.-l. d'un district de la prov. de Hesse-Nassau, à 5 kil. de la r. dr. du Rhin, sur les pentes deTaunus; 86.086 hab. en 4900. En 4860 elle n'en avait que 48.000; en 1820, que 5.500. C'est une ville de plaisance, à larges rues et beaux magasins, entourée à l'Ë. et au N. de riches \illas ; les monuments sont modernes; églises, château royal, théâtre, etc. Le principal est rétabhssement de bains, le Kursaal, édifié en 4808-40, par Zaïs, presque aussi fréquenté [en hiver qu'en été. Le nombre des baigneurs dépasse 400.000 par an. Les eaux minérales, hypothermales et hyperthermales (H- 69*^ à 4- 49°), chlorurées sodiques fortes, carboniques fortes (Rotureau) , émergent par plus de trente sources. Elles sont purgatives, diaphorétiques, diurétiques, sialagogues, rappellent les flux hémorroïdaires, et s'emploient, soit en boisson, soit en bains et douches dans la dyspepsie, la gastralgie, les affections chroniques du foie, la scrofule, les dermatoses sèches, le rhumatisme, la goutte, les névralgies faciales, la sciatique, etc. Les Romains connaissaient et employaient ces sources sous le nom à'Aquœ Mattiaci. Vers 4450 Wiesbaden passa aux comtes de Nassau ; détruite dans la guerre de Trente ans, elle fut rebâtie en 4690, devint la capitale des princes de Nassau- Usingen (474^), puis des ducs de Nassau (4806), et fut annexée à la Prusse en 1866.

WIESBADEN — AVILDE

Le district formé de Fancien duché de Nassau, du landgraviat de Hesse-Hambourg, de la ville librede Francfort, etc., comprend 5.617 kil. q. peuplés de 1.007.^241 hab. en 1900. Les 3/5 sont protestants. Il se divise en 18 cercles. C'est un pays fertile en céréales, textiles, fruits et vin, surtout aux abords des vallées du Main et du Rhin.

BiBL. : Pfeiffer, Wiesbaden ids Karort — Bossong, Illusirierler Fremdenfûhrer durch Wieshaden. — Rotii, Gesch. der Stadt Wiesbaden; 1883.

Wl ESN ER (Julius), botaniste autrichien, né àTschechen, près de Briinn, le 20 janv.|1838. Nommé en 1868 professeur à l'Institut polytechnique de Vienne, il passa en 1870 à l'Académie forestière de Mariabrunn et devint, en 1898, professeur et directeur de l'Institut de physiologie végétale à l'Université de Vienne. Il a fait beaucoup progresser la physiologie expérimentale des plantes et, outre de nombreuses monographies, a publié : Elemenie der wissenschaftlichen Botanik (Vienne, 1885, 2 vol. in-8, 2« éd.).

WIETIN6H0V (Barbe-Julie) (V. Krudener).

WI6AN. Ville d'Angleterre, formant un comté municipal dans celui de Lancastre ; 60.770 hab. (en 1901). Cotonnades, confections, métallurgie, quincaillerie, poterie, papeterie, produits chimiques.

WIGHT (Ile) (lat. Vectis). Ile du S. de l'Angleterre, comté de Hampsliire ; 377 kil. q. ; 78.710 hab. en 1891 . Longue de 37 kil., large de 21, en forme de losange, elle est séparée de la grande île par les bras de mer de Soient auN.-O. et de Spithead au N.-E. Au centre, elle est traversée par les coteaux calcaires des Downs (210 m.) qui finissent à TO. par les pointes déchiquetées des Needles (Aiguilles). Au S. s'élèvent d'âpres falaises (Catherines hill, 234 m.; Shanklin-down, 235 m.), entaillées de profondes vallées très pittoresques, les Chines. La principale vallée est celle du Médina ou Medhani divisant l'île par le milieu ; son estuaire s'ouvre au N., entre Osborne et Cowes. Le ch.-l. est Newport, au centre de l'Ile et au voisinage de l'ancienne capitale Carisbrooke. L'île de Wight est couverte de villas, et les stations balnéaires y sont nombreuses ; citons le château royal d'Osborne sur la côte N. , en face de Cowes, célèbre par ses régates ; au N.-E., Ryde ; au S.-E., les plages de Sandown,Ventnor; au N.-C, celle de Yarmouth.

BiBL. : SiioRE, Hist, ofHampshire, 1892. — James, Lelters arcfiseol.and hisL relating to ihe isle ofWi'jht;WM), 2 vol.

WIGNEHIES. Com. dudép. du Nord, arr. d*Avesnes, cant. de Trélon ; 5.987 hab. Filatures et tissages de laines.

WIGNICOURT. Com. du dép. des Ardennes, arr. de Rethel, cant. de Novion-Porcien ; 881 hab.

WILBERFORCE (William), homme politique et philanthrope anglais, né à Hall le 24 août 1759, mort à Londres le 29 juil. 1833. Membre de la Chambre des communes en 1780, il fit de l'opposition au cabinet North, se lia fort avec Pitt, avec Selwyn, avec Sheridan, fréquentant les clubs littéraires et y déployant un vrai talent de chanteur qui le faisait rechercher. En 1783, il fit un voyage en France avec Pitt qu'il soutint fidèlement pendant son ministère. Il avait mené jusqu'alors une vie assez dissolue. A la suite de voyages qu'il fit en compagnie d'Isaac Milner, il se convertit tout à coup et devint extrêmement pieux. En 1787, il fondait la « Proclamation Society » qui se donna pour but la poursuite des publications indécentes et devint en 1802 la « Society for the suppression of vice », qui eut le même objectif. Mais bientôt Wilberforce s'attacha passionnément à la question de l'abolition de l'esclavage : il y consacra toute sa vie, faisant campagne au Parlement, organisant des meetings dans tous les comtés, obtenant une renommée universelle, qui le fit nommer citoyen français en 1792. Il s'occupait encore de fondation d'écoles, de création d'associations religieuses et philanthropiques : Missionary society (17î]8), Bible Society (1803), Society for bettering the condition

of the Poor (1796), etc. Après maintes propositions, repoussées les unes après les autres, il réussit à faire adopter en 1807 le bill supprimant la traite. Il fut dès lors l'homme le plus admiré et le plus respecté d'Angleterre : les étrangers de marque le venaient voir, et M™® de Staël dîna avec lui en 1814. Il continua à s'occuper des mesures d'application de la loi, créa dans ce but l'African Institution, se mit en rapport avec les souverains étrangers et les parlements européens pour obtenir partout l'abolition de Fesclavage. Sa santé avait toujours été précaire, et, en 1825, il fut obligé de se retirer tout à fait dans la vie privée. Il mourut des suites de l'influenza. Une statue lui a été érigée à V^^estminster par souscription publique. Il a laissé quelques écrits : A practicai view of ihe prevailing religions System of professed Christians in ihe higher and Middle classes of this country, contrasied ivith real CÂrisiianity (1797, in-8); Appeal to the Religion. Justice and tiumanity of the inhabiianls of the British Empire on behalf of ihe Negro Slaves in the West-Indies (1 823) : Correspondence (1840, 2 vol.). R. S.

BiBL. : RoR. Is. et Saxr. Wilberforce, Life of William Wilberforce, 1838, 5 vol. iii-8. -- The private papers of W. Wilberforce, 1897. — Lord Roskdery, Pitt and Wilberforce, 1897. — CoLQUHouN, Wilberforce, his friends and his Urnes, 1866. — Gurney, Familiar Sketch of Wilberforce, 1838. — J. Stoughton, Wilberforce, 1880.

WILBRANDT (Adolf), écrivain allemand, né à Rostock le24aoùtl 837. Auteur de nombreux drames, romans, etc. (Gracchus, 1872; Giordano Bruno, 1874; iV^ro, 1876; Bohert Kerr, 1880; Grœfin Mathilda, 1891; DerKœ-nigs bole, 1894, etc.).

WILCKENS (Martin), zoologiste allemand, né à Hambourg le 3 avr. 1834, mort le 9 juin 1897. En 1892, il lut nommé professeur à Rostock et la même année fut appelé à FEcole supérieure de Vienne pour y enseigner l'économie rurale. Parmi ses nombreux ouvrages, citons : Die BinderrassenMitieleuropas(Yienm, 1876, 70 pi.); Grundriss der landwirtschaft lichen Haustierlehre (Tubingue, 1888, 2 vol.). B' L. Hn.

WILD (Johann), théologien allem. (V.|Ferus [Johann]). WILD (Heinrich), météorologiste suisse, né à Uster (cant. de Zurich) le 17 déc, 1833, mort en 1897. D'al ord professeur de physique et directeur de l'observatoire à Berne, il fut appelé en 1868 à ladirection de l'observatoire central de physique de Saint-Pétersbourg, et en 1876^ fonda l'observatoire magnéto-météorologique de Pavlovsk, dont il conserva la direction jusqu'en 1894. Il a eu une grande part à tous les progrès réalisés par la météorologie dans la seconde moitié du xix® s., notamment multiplié, en Suisse et en Russie, les stations d'observation et a aussi été l'un des membres les plus actifs des commissions internationales du mètre et de la réforme de l'heure. Il a imaginé plusieurs instruments nouveaux, entre autres k polatistrohomètre {Y xb moi). Il a publié des Xnnalen des physikaiisclien Observatoriums fiir limsland et un Neae Bepertorium fur Météorologie.

WILDBAD. Ville duWurtlemberg, sur l'Enz; 3.500 hab. Eaux thermales fréquentées par les rhumatisants, goutteux, gastralgiques, etc. Site pittoresque.

WILDE (Oscar Fingall O'Flahertie Wills), littérateur anglais, né à Dublin le 15 oct. 1856, mort à Paris le 30 nov. 1900. Il était le plus jeune fils de sir William- Robert- Wills Wilde qui avait épousé en 1851 Jane-Francisca Elgee (f 1896) ; il commen^^a ses études à la Portora Boyal School, à Enniskilten, les continua (1873-74) à Trinity Collège, à Dublin, et les poursuivit très brillamment à Magdalen Collège, à Oxford, de 1874 à 1878. Cette dernière année, il remporta, avec un poème sur Ravenne, le Newdigate Prize. Pendant son séjour à Oxford, il fut profondément influencé par l'enseignement de Ruskio, et il était du nombre des enthousiastes qui, sur l'initiative du maitre, prirent la pelle et la pioche pour construire une route dans le voisinage de la ville. Il pu-

WILDE -- WILHËLMINE

blia ensuite, dans des journaux et des périodiques, un certain nombre de poèmes dont un choix fut réuni en 4881 sous le titre de : Poems by Oscar V\'ilde et réimprimé à New York en 1882. C'est en 1882 qu'il entreprit une tournée de conférences en Amérique, développant deux cent fois devant des auditoires différents sa théorie dVE-sthetic Philosophy. Pendant ce temps, un drame de lui : Vera, fut représenté à New York. En 1884, il épousa Constance Lloyd dont il eut deux fils. En 1888, il pubha un volume de contes, The Happy Prince, qui commençait une période d'extraordinaire activité littéraire. Un recueil de nouvelles, qu'il intitula Lord Arthur Savile's ùHme, fut publié en 1891 et suivi la même année d'un roman : The Piclure of Dorian Gray, et d'une réimpression, sous le titre d'Intentions, de quelques essais publiés préalablement dans des revues, tandis qu'à New York une comédie en vers blanc, TheDuchessof Padua, était représentée. Un autre volume de contes, The House of^ PomegranateSy parut en 1892 et Oscar Wilde donnait en même temps et pour la première fois sur une scène anglaise, une comédie, en prose, Lady Windermere's Fan, L'année suivante, il donnait une seconde comédie : A Wo~ man of no Importance, et, en 1895 : An Idéal Eushand et The Importance of Being Earnest. Oscar Wilde se considérait surtout comme un auteur dramatique et estimait comme des passe-temps agréables ses nouvelles, romans, contes et poèmes. En 1893, il écrivit, en français, un drame en un acte, Salomé, trad. en anglais par lord Alfred Douglas, joué en 1894 par Sarah Bernhardt. Il publia aussi en 1894 The Sphinx, poème composé de stances, sur le modèle du In Memoriam de Tennyson. En 1895, Oscar Wilde jouissait d'une réputation universelle, on espérait de lui une carrière Httéraire glorieuse, lorsque, au mois de mars, il intenta au m^arquis de Queensbury une action en diifamation. Il fut accusé à son tour, par le marquis, de mœurs contre nature. Arrêté, convaincu, après uo procès retentissant, d'actes tombant sous le coup du Criminal Law Amendement Act, il fut condamné le 27 mai 1895 à deux ans d'emprisonnement avec hard labour. Sa condamnation souleva dans les milieux littéraires étrangers de nombreuses protestations, mais Oscar Wilde dut subir intégralement sa peine et ne fut relâché que le 29 mai 1897 ; ses biens avaient été mis sous séquestre, et aucun éditeur n'osait vendre ses livres, ni aucun théâtre jouer ses pièces. A sa sortie de prison, il quitta immédiatement l'Angleterre où il ne retourna jamais. Il vécut dès lors en France, à Paris surtout, d'où il ne s'éloigna que pour quelques séjours en Italie, ou en certaines localités des bords de la mer, des rives de la Seine et de la Marne ou des environs de Paris. En 1898, il publia Tlie Ballad of Readimj Gaol, qu'il signa C. 3. 3, de son numéro de prisonnier. Mais sa santé, fort ébranlée par les soulFrances supportées pendant son emprisonnement, déclina rapidement ; son exil lui pesait, et il mourut à Paris, après quelques jours de maladie. Il a laissé entre les mains d'un légataire un manuscrit de plus de 200 pages qui est une relation apologétique de sa vie. En déc. 1900, on reprit à Londres, avec un très grand succès, une comédie d'Oscar Wilde, et son nom échappe enfin au silence absolu dans lequel on l'avait rejeté depuis sa condamnation. Outre Salomé, il a paru, en français, une traduction du Portrait de Dorian Gray, un volume de Contes choisis et une version littérale, accompagnée du texte anglais, de la Ballade de la Geôle de Reading. Il reste aussi dans les revues et journaux anglais un grand nombre d'œuvres d'Oscar Wilde qui n'ont pas été réimprimées. ÎI.-D. Davray.

WILDENBRUCH (Ernst von), écrivain allemand, né à Beyrout le 3 févr. 1845. Fils d'un consul de Prusse, il suivit la carrière diplomatique et publia des poèmes et drames historiques remarqués. Citons parmi ses tragédies ou drames : DieKarolinger {iHS'^), DerMennonit (188^), Der Fiirst von Verona (18S6), Die Q'iitzom (1888),

Die Haubenlerche (1890), à tendance réaliste, etc. ; Heinrich und Heiiirichs C eschlecht {i89B); parmi ses poèmes : Sedan (1875), Dichtungenund Balladen (1884); parmi ses légendes et ses romans : Claudias Garten (1896), Willehalm (1897), etc.

WILDERNESS. Région déserte des Etats-Unis, sur les rives du Rapidan (Virginie) où Grant défit les confédérés (5-26 mai 1864) (V. Etats-Unis, t. XVI, p. 624).

WILDUNGEN. Ville d'Allemagne, principauté de Waldeck, sur la Wilde; 3.000 hab. Eaux ferrugineuses très riches en acide carbonique libre, en bicarbonate de soude, magnésie et chlorure de sodium. On en exporte un million de bouteilles par an.

WILFRID ou WILFRITH (Saint), évêque d'York, né vers 634, mort en 709. A quatorze ans, il eut la vocation religieuse et, protégé par la reine de Northumbrie Eanflœd, entra au monastère de Lindisfarne où il fit son noviciat. En 653, il fit un pèlerinage à Rome où il fut reçu par Eugène P^ Il reçut à Lyon la tonsure, et l'ordination à Kipon vers 663. Instruit dans la théologie romaine, il commença une lutte célèbre contre les rites institués par Columban. En 664, il fut consacré évêque d'York, mais il ne jouit pas tranquillement de son siège épiscopal qui fut donné en Q% à Ceadda par le roi Oswy et qui ne lui fut restitué qu'en 669. Wilfrid était d'ailleurs perpétuellement sur le chemin de Rome. En 679, on le trouve à la cour de Dagobert qui lui offre, sans succès, l'évêché de Strasbourg. Il eut de grandes difficultés en 702 avec l'archevêque Brihtwald au sujet de questions liturgiques, et, en 704, Jean VI tint à Rome un synode pour les résoudre. Wilfrid, qui y assistait, fut déclaré pur de toute faute. Ses différends avec les rois Aldfrid, Eadwulf, puis Orsed finirent par une réconciliation générale. Esprit vigoureux et opiniâtre, Wilfrid a établi en Angleterre le culte de l'Eglise romaine qu'il a substitué aux usages de l'Eglise columbite. Il fut contrarié dans cette œuvre par le sentiment national anglais qui ne supportait pas ses continuels appels au pape. Fête le 12 oct. R. S.

BiBL. : Eddi, y/ta WUfrldi, éd. Mabillon, Gab, Raine. — Guillaume de Mal.mesburv, Gesta, Pontificum. — BiiiGFiT, Early englisli Ckurch History, 1897, ô" éd.

WILHAIV! DE Waddington (V. Waddington).

WILHELMINE (Frédérique-Sophie), margravine de Baireuth, née à Potsdam le 3 juil. 1709, morte à Baireuth le ii oct. 1758. Elle était le second enfant du prince royal de Prusse, Frédéric-Guillaume (plus tard Frédéric-Guillaume I®^), et de Sophie-Dorothée de Hanovre. Son enfance fut attristée par plusieurs maladies graves et par les mauvais traitements que lui infligeait son père. Elle se réfugiait dans l'étude et dans le sentiment de tendresse réciproque qui l'unissait à son frère Frédéric (plus tard Frédéric 11), plus jeune de trois ans. Véritable jouet de la politique et de l'avarice paternelles, elle consentit, pour échapper aux persécutions et ramener un peu de paix dans sa famille, à épouser le prince héréditaire de Baireuth, qu'elle n'avait jamais vu (20 nov. 1731). Le roi ne tint aucune des promesses qu'il avait faites en la mariant, et le jeune ménage vécut dans une gêne voisine de la misère, tenu en tutelle par le vieux margrave. Elle trouva heureusement un ami dans le jeune prince, devenu margrave le 17 mai 1735. En 1740, à l'occasion de l'avènement de son frère chéri, elle vient à Rheinsberg, où elle fait la connaissance de Voltaiie. En 1743, Frédéric passe par Baireuth, y laisse Voltaire quinze jours, et la margravine joue les pièces du poète avec le poète luimême. Mais bientôt elle découvre la liaison de son mari avec la Marvitz, et se brouille avec son frère qui reprochait au margrave de Baireuth son attitude équivoque entre la Prusse et l'Autriche. La réconciliation survient en 1746 et, en 1747, elle va voir Frédéric à Potsdam; elle trône comme une reine aux soupers de Sans-Souci, et y reste trois mois. Revenue à Baireuth, « sœurGuille-

WILHELMINE - AVILKIE

mette » échange une correspondance suivie avec « frère Voltaire ». Accablée par les soucis de sa santé, elle passe, pendant la guerre de Sept ans, par les pires angoisses, confidente de celui qui l'appelle sa « bonne, divine et tendre sœur ».

Elle meurt à l'heure même où il était surpris à Hochkirch. Voltaire écrit en son honneur Y Ode à la margrave de Bareith. Sa correspondance avec Frédéric remplit le t. XXVII des OEuvres du roi. Elle a écrit, en français, des Mémoires qui vont jusqu'en 4742, et qu'elle confia à son médecin Superville; ils parurent à Paris en 1840, et eurent plusieurs éditions. On a réimprimé à Leipzig, en 4888, les Mémoires de la margrave de Bareith (2 vol. in-8), avec le portrait de l'auteur. Ces mémoires, pleins de curieux détails sur la cour de Frédéric-Guillaume I®^ et sur les petites cours allemandes, se distinguent par la sincérité du ton et l'irrévérence absolue avec lesquelles Wilhelmine s'exprime sur le compte des grands de ce monde et de ses propres parents. Sainte-Beuve lui a vivement reproché ce manque de respect. H. Hâuser.

BiBL. : Arvéde Barine, Princesses et grandes dames; Paris, 1890, in-16. — V. Bernbeck, Die Denkwûrdigkeiten der Markgrâfin S. F. W. und die englisch-preussische Heiratsverhandlang von 1130; Berlin, 1892, in-8.

WILHELMINE (Hélène-Pauline-Marie), reine des Pays- Bas, née à La Haye le 34 août 4880, fille du roi Guillaume IIÏ et de la reine Emma, née princesse de Waldeck-Pyrmont. Elle succéda à son père le 23 nov. 4890, sous la tutelle et régence de sa mère, fut proclamée majeure le 34 août 4898, et épousa, le 7 févr. 4904, le duc Henri de Mecklembourg-Schwerin. Elle fit preuve de caractère en envoyant en 1 900 un navire de la flotte royale, le Gelderland, au-devant du président Kriiger et en offrant au vaincu un asile dans ses Etats. Cet acte généreux fut chaleureusement approuvé par le peuple hollandais, et accueilli avec sympathie par l'Europe. A l'avènement de la jeune reine, le pouvoir était aux mains du cabinet libéral Gouman Borgesius-Pierson. Les élections du 27 juin 4904 furent défavorables à ce ministère; il succomba sous les efforts d'une coalition cléricocalviniste, œuvre du D^ Kuyper. La reine confia au vainqueur de la journée le soin de former une nouvelle administration.

WILHEiVI (Guilleume-Louis Bocquillon, dit), compositeur français (V. Bocquillon-Wilhem).

WILHEMSH AVEN. Port militaire prussien, sur le golfe de Jahde (mer du Nord), enclavé dans le duché d'Oldenbourg; 49.422 hab. en 4895. Creusé dans une presqu'île à rO. du golfe, de 1855 à 4869, agrandi depuis, c'est le point d'attache de l'escadre allemande de la mer du Nord et le siège des services administratifs de la marine dans cette circonscription. Chantiers de construction.

WILHEIVISHŒHE. Château royal de Prusse, à 5 kil. 0. de Cassel (V. ce mot). Il occupe la place du couvent bénédictin de Weissenstein sécularisé en 4527. Ses constructions massives s'étagent à partir du sommet de la colline qui domine la Fulda de 445 m. Là s'élèvent le palais octogone (4744), avec son parc agrémenté de ruines artificielles, de jets d'eau renommés, de belles cascades, le château des géants, à trois étages, dont le dernier, supporté par 492 colonnes, est surmonté d'une colonne de 30 m. ; au bas est le château proprement dit (4787-98); à 1*0. un pseudo-village chinois sur un petit lac, et la ruine artificielle du Lœwenburg servant de nécropole. Cet ancien château d'été des électeurs de Hesse, cédé en 4866 à la Prusse, fut, du 5 sept.4870au 49 mars 4874, larésidence de Napoléon IlI prisonnier.

WIL18A0 (Alexis), pseud. de Hœring (V. ce nom).

WILKES (John), homme politique et pamphlétaire anglais, né à Clerkenwell le 47 oct. 4727, mort à Londres le 26 déc. 4797. Il fit de très fortes études, qu'il acheva à FUniversité de Leyde où il connut Carlyle, Charles Townsend, Baxter et le baron d'Holbach, puis il épousa une femme mûre qui lui apporta une grosse fortune. En 4749, il fut élu fellow de la Société royale, fut un

hôte assidu des clubs littéraires et fit partie d'une sorte d'abbaye de Thélème (Madmenham Abbey), otiil commit mille extravagances avec Ch. Churchill, Whitehead, Robert Lloyd, Dashwood. Il entra au Parlement en 4757, appuya Pitt et son beau-frère, lord Temple, et voulut se faire payer son concours par l'ambassade de Constantinople ou le gouvernement du Canada. C'était trop cher, et on lui refusa l'un et l'autre. Il en prit du ressentiment contre Bute et l'attaqua dans une série de pamphlets amers et insolents, fonda avec Churchill le ^orth Briton où ses spirituelles, mais par trop mordantes satires, lui valurent force duels, la haine du roi et du parti de la cour et finalement une poursuite et un emprisonnement à la Tour. Mais la procédure était illégale, et Wilkes obtint non seulement sa remise en liberté, mais des dommages-intérêts et l'abrogation de mesures arbitraires qui ressemblaient beaucoup à nos lettres de cachet. Il reprit dans le North Briton ses attaques contre le gouvernement. Mais il imprima un Essay on Woman, dédié à une femme de mœurs légères, Fanny Murray, plein d'indécences et contenant, entre autres hors-d'œuvre, une paraphrase obscène du Veni Creator. La Chambre des communes et celle des lords s'indignèrent qu'un membre du Parlement eût osé, sinon écrire, du moins publier un tel libelle, et V^ilkes fut expulsé (4764). H passa en France, où il reçut un accueil chaleureux d'Holbach, de Diderot et même de la cour; puis il voyagea en Italie, visita Voltaire à Ferney, revint à Paris, où il trouva les gens fort refroidis à son égard et où il connut presque la misère. En 4768, il retourna en Angleterre à tous risques. 11 était extrêmement populaire, et Middlesex le réélut au Parlement à une immense majorité. Mais il était coupable d'infraction à un arrêté d'expulsion. Il fut enfermé à la prison du banc du roi, ce qui suscita une émeute qui dut être réprimée par la troupe. Condamné à un an et dix mois d'emprisonnement, il fut de nouveau expulsé par les Communes le 4 févr. 4769. Ses électeurs le réélurent, la Chambre annula leur vote et déclara son concurrent élu. C'était une véritable illégalité. Aussi l'affaire de Wilkes devint-elle le cheval de bataille de l'opposition, qui présenta, à partir de 4770, motion sur motion pour sa réintégration. On leva des souscriptions en sa faveur, on paya ses dettes, son portrait figura dans toutes les boutiques, dans tous les cabarets. 11 devint l'idole du peuple, le martyr de la liberté. Il fut élu sheriff de Londres (4771). En 4774, ayant été encore renommé député par Middlesex, il put enfin siéger sans que les Communes osassent s'y opposer. Au Parlement, il combattit vivement la poHtique suivie à l'égard des colonies d'Amérique et le bill de Fox sur l'Inde. Il finit par abandonner Pitt à propos de Warren Hastings (4787). Wilkes a beaucoup écrit : traductions, poésies, lettres. Le meilleur de son œuvre est sa Correspondance (Londres, 4805, 4 vol. in-8) et ses pamphlets qui ont été réunis et réédités plusieurs fois (notamment Londres, 4772, 4 vol. in- 12). Citons aussi ses Discours (Londres, 4777 et 4786, in-8). R. S.

BiBL. : A complète Collection of the genuine Papers, Letters, etc., in the Case ofJohn Wilkes ; Paris, 1767. — The wliole account of John Wilkes, 1768. ~ A narrative of the proceedings against John Wilkes, 1768. — Life and political writings of J. Wilkes; Birmingham, 1769. — Cradock, Life of J. Wilkes, 1773. — Taylor, John Wilkes, patriotj Harrow, 1888, iû-16.

WILKESBARRE. Ville des Etats-Unis, Pennsylvanie, dans la vallée de Wyoming, au S. de la Susquehanna, dans la région de l'anthracite ; 54.724 hab. en 4900. Exportation d'anthracite; fonte, machines, tréfilerie, coutellerie, etc.

WILKIE (David), peintre anglais, né à Cuits (Ecosse), comté de Fifo, le 48 nov. 4785, mort sur un bateau se rendant à Malte le 4^^ juin 4841. En 4799, il étudia à FAcadémie d'Edimbourg, en 4805 ; il vint à Londres où il se fit connaître par : les Politiques de village (4806) ;

WÎLKÏE - WILLEM

le Violoneux aveugle (National Gallery) ; les Joueurs de cartes (1808). En iSii, il devint membre de l'Académie royale, et en i823 fut nommé peintre de cour écossais. Pendant cette période, ses principales œuvres sont : la Fête de village (1842); la famille de Walter Scott (1848) ; l'Ouverture du Testament (Munich, 4820); V Annonce de la bataille de Waterloo (4824). De 4825 à 4828, Wilkie séjourna en Italie et en Espagne pour remettre sa santé ébranlée, et y peignit des scènes de la guerre de 4808 à 4844 en Espagne. Ses œuvres se ressentent après ce voyage de l'influence de Titien et de Velazquez ; auparavant sa manière était très voisine de celle de tlogarth (V. ce nom) par l'acuité de l'observation, la minutie sèche de l'exécution et le caractère dramatique du sujet. A sa seconde manière appartiennent : le Maître est sorti (4834); Christophe Colomb {^iS3^) . En 4830, Wilkie fut nommé premier peintre de la cour, ce qui le conduisit à peindre de nombreux portraits. Il exécuta ensuite principalement des tableaux d'histoire (Pie VU à Fontainebleau, la Fuite de Marie Stuart, 4837), moins bons que ses anciennes études de la vie populaire de son pays,. Ses œuvres sont, pour la plupart, dans des collections particulières. En 4840, Wilkie entreprit un voyage en Orient, au retour duquel il mourut. Sa statue a été érigée à la National Gallery.

BiBL.: A. CuNNiiNGHAM, D'àv. WilMe ; Londres, 1843, 3 vol.

WILKINSON (Sir John Gardner), égyptologue anglais, né le 5 oct. 4797, mort à Llandovery le 29 oct. 4875. Fils d'un membre très actif de VAfrican Exploration Society, il partit pour l'Egypte dès qu'il eut achevé ses études, attiré par les découvertes récentes de Champollion (4824). 11 y resta douze ans, réunissant une magnifique collection d'antiquités, et, arrivant, de son côté, aux mêmes conclusions que Champollion pour l'interprétation des hiéroglyphes. Ses travaux sont nombreux et importants. Citons : Materia hieroglyphica [Mute, 4828); The topography of Thebes and gênerai Survey of Egypt (4835) ; Manners and customs of the ancient Egyptians (Londres, 4837, 3 vol.), complété un peu plus tard par 2 volumes sur la religion et la mythologie égyptiennes. C'est le chef-d'œuvre de Wilkinson, et il lui a valu une réputation européenne. Mentionnons encore : On the Ni le and the présent and former levels of Egypt (1839); Moslem Egypt and Thebes (4843, 2 vol.), réédition très augmentée de sa Topographie; un voyage en Herzégovine et en Bosnie (4848, 2 vol.) ; On the architecture of ancient Egypt (4850); A popular account of the ancient Egyptians (4854); Egypt at the time of the Pharaohs (4857), etc. Il a laissé ses collections à l'école d'IIarrow, où il avait fait ses études. R. S.

WILKONSKI (Auguste), écrivain polonais, né à Konkolewo en 4 805, mort à Varsovie en 4852. D'abord agi .culteur, il s'adonna à la littérature à partir de son mariage avec Pauline Laucz, femme écrivain de talent. Il s'établit à Varsovie, y fonda une revue intitulée la Cloche littéraire, et publia en dehors de cela un grand nombre de récits humoristiques, qu'il réunit, en 4845, sous le titre de Contes et petits contes (Ramoty iramotki). Après sa mort, on publia encore de lui trois autres recueils : Ecrits humoristiques (Y diYsone, 4856); Satires (1856); Histoires pour rire (4857). Tous ces ouvrages ont eu des éditions répétées. Ce qui les caractérise, c'est un humour jovial, franc, donnant souvent dans une satire spirituelle et fine. Mais, à côté de cela, Wiikonski a su créer certains types très réussis. Si on ajoute que son œuvre se distingue aussi par la richesse des idées, la noblesse de sentiments et le style plein d'énergie, on expliquera aisément son succès. Depuis Krasicki (xviii® siècle), aucun humoriste polonais n'a joui d'une telle vogue. Avec l'ironiste Jean Lam et l'auteur des comédies remarquables Fredro, Wiikonski forme la triade dans laquelle s'est incorporé l'humour inné de la nation polonaise. D^ V. Bugiel.

WILLÂERT (Adrian), compositeur et harmoniste flamand, né à Bruges ou Roulers vers 4490, mort à Venise le 7déc. 4562. Il vécut à Paris, Bruges, Rome (4546), Ferrare et en Hongrie; en 4527, il obtint à Venise la place de premier maître de chapelle de Saint-Marc, qu'il conserva jusqu'à sa mort. On doit à Adrian Wilîaért un grand nombre de compositions dans le style polyphonique de son temps. L'école de musique qu'il fonda à Venise et qu'il dirigea jusqu'à sa mort lui assure une importance toute spéciale. Elle a formé de remarquables élèves : Cyprien de, Bore, P.-C. Porta, Fr. délia Viola, Zarlino, etc.

WlLLAGRAN-CABRrrA (Joâo-Garlos de) (V. Cabrita).

WILLAl^ETTE (Mont) (V. Oiiégon).

WILLARTde Grécourt, poète français (V. Grécourt).

WILLE (Johann-Georg), graveur allemand, né aux environs de Giessenle 5 nov. 47!5, mort à Paris le 5 avr. 4808. Issu d'une très pauvre famille, il dut pour vivre exercer dans sa jeunesse plusieurs métiers, notamment celui de cordonnier. S'étant lié à Strasbourg avec le graveur G. -F. Schmidt, il le suivit à Paris. Un portrait gravé du Maréchal de Belle-îsle l'ayant tiré de l'obscurité, un grand nombre de peintreslui confièrent bientôtleurs œuvres à reproduire. Les portraits du Marquis de Marigny et du Comte de Saint- Florentin, d'après Tocqué, comptent parmi ses pièces les plus célèbres. 11 a gravé aussi un grand nombre d'œuvres des maîtres hollandais : Gérard Dou, Terburg, Mieris, Netscher, etc. Graveur du roi Louis XVI, membre de l'Académie des Beaux- Arts en 4761 , il fut ruiné par la Révolution. Wille forma de nombreux élèves, parmi lesquels Bervic, Dunker, Ingouf, etc.

BiBL. : DuPLESSis, Mémoires et Journal de Wille ; Pans, 1857, 2 vol. — Le Blanc, Catalogue de l'œuvre de Wille ; Paris, 1847.

WILLEBROECK. Com. de Belgique, prov. d'Anvers, arr. de Malines, à 49 kil. S. d'Anvers, sur le Rupel, afïl. de l'Escaut, et sur le canal de Bruxelles au Rupel ; 40.000 hab. Stat. du chem. de fer de Malines à Terneuzen. Exploitations agricoles, papeteries, fabriques de chaudières, brasseries, blanchisseries de toiles, sauneries.

Canal de Willebroeck. — Ce canal, à grande section, met Bruxelles en communication directe avec le Rupel. Il a été creusé de 4550 à 4564. Il part de la porte du Rivage, à Bruxelles, et aboutit àWilkbroeck, en face de Boom. Sa largeur varie de 30 à 50 m. à la ligne d'eau, il a 42 m. au plafond, une profondeur moyenne de 3"^, 20, et une longueur totale de 28.429 m. Il compte 5 écluses.

WILLEM AN. Com. du dép. du Pas-de-Calais, arr. de Saiit-Pol, cant. duParcq; 463 hab.

WlLLElVIEPi (Marianne de), amie de Gœthe, qui la chanta sous le nom de Souleika, née à Linz le 20 nov. 4784, morte à Francfort-sur-le-Main le 6 déc. 4860. Fille du facteur d'instruments de musique Mathias Jung, elle vécut chez le banquier J.-J. Willemer, chez qui Gœthe la connut en août 1844; le mois suivant, son protecteur l'épousa.

WILLÉMITE (Miner.). Minerai de zinc, de l'ordre des silicates, qui se rencontre avec la calamine (V. ce mot), en petits cristaux jaunes ou blancs et en masses compactes, à Moresnet (Vieille-Montagne), à Stolberg, à Franklin (New Jersey), dans le Grœnland. Difficilement fusible sur les bords, mais soluble en gelée dans l'acide chlorhydrique, la willémite cristallise dans le système rhomboédrique. Densité : 3,9 à 4,2. Dureté : 5,5.

WILLEiVlS. Com. du dép. du Nord, arr.de Lille, cant. de Lannoy; 2.092 hab. Filatures de lin ; tissages mécaniques de toile.

WILLEMS (Jean-François), littérateur flamand, né à Boucho ut-lez-Anvers en 4793, mort à Gand en 4846. Employé dans l'étude d'un notaire à Anvers, il consacra ses loisirs aux lettres et obtint en 4840 un prix de poésie pour une ode célébrant la paix de Tilsitt. Il salua avec enthousiasme la constitution du royaume des Pays-Bas et la renaissance de la littérature flamande. Tout en occu-

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