WILLEMS — WILLOUGHBY
pant les fonctions de receveur de renregistrement à Gand, il lit paraître un grand nombre d'écrits pleins d'éloquence et de verve pour défendre les droits de la langue néerlandaise. Le gouvernement provisoire issu de la révolution de 4830 punit VVillems de ses sympathies orangistes en l'envoyant en disgrâce dans la petite ville d'Eecloo ; on comprit bientôt en haut lieu le caractère mesquin de cette mesure, et le poète fut rappelé à Gand. Willems devint le chef incontesté du mouvement flamand, et lui donna comme programme la conquête de l'égalité absolue des langues dans l'administration et devant les tribunaux. Il ne vécut pas assez longtemps pour assister au triomphe de ses justes revendications, et pour voir certains de ses disciples compiomettre une belle cause par des exagérations regrettables. Les travaux de Willems sont très nombreux. En voici les plus importants : les Sciences et les Arts (poème, Anvers, 1816, in-8) ; Aux Belges [id., ibid., 1818) ; Etude sur les origines et Chistoire des temps primitifs de la ville d'Anvers (ibid., 1828); Mélanges dx littérature et d'histoire {ibid., 1829). On doit aussi à Willems de savantes éditions critiques d'anciens textes flamands : Reinaert de Vos (Eecloo, 1834, in-8) ; Chronique rimée de Jean van Heela (Bruxelles, 1836, in-4) ; les Gestes de Brabant de Jan De Klerk {ibid., 1839-43, 4 vol. in~4). E. H.
BiBL. : P. Fredeiiigq, J .-F . Willems, clans Revuo de Belgique^ 1874.
WILLEMS (FJorent), peintre belge, né à Liège en 1812. Cet artiste fécond est un des premiers qui aient repris la tradition des petits maîtres flamands, sans s'occuper des querelles entre les classiques et les romantiques. Ses tableaux de genre historique et surtout ses intérieurs lui ont fait une place très honorable, au-dessous de son compatriote Alfred Stevens. Plus froid et moins près de la nature que ce dernier, il avait, pour ainsi dire, la spécialité des robes de satin aux plis élégants. Il vécut presque constamment à Paris à partir de 1839. E. D.-G.
WILLEMSTÂD. Ville des Antilles (V. Curaçao).
WILLENCOUBT. Corn, du dép. du Pas-de-Calais, arr. de Saint-Pol, cant. d'Auxi-le -Château ; 176 hab.
WiLLERONGOURT. Com. du dép. de la Meuse, arr. et cant. de Commercy ; 343 hab.
WILLERVAL. Coin, du dép. du Pas-de-Calais, arr. d'Arras, cant. deVimy; 383 hab.
WILLESOEN. FaubourgN.-0.de Londres {Y . ce mot) , comté de Middlesex; 1 14.815 hab. en 1901 (27.613 en 1881),
WILLETTE (Adolphe-Léon), peintre et dessinateur français, né à Chàlons-sur-Marno le 30 juil. 1857. Fils du colonel Willette, qui joua un certain rôle pendant la guerre de 1870-71, il fit ses études au lycée de Dijon. Il a dit, dans la préface de ses OEuvres choisies, que le régime de l'internat fit de lui, en huit ans, « un timide qui ne saurait commander à un domestique de lui cirer ses chaussures, et un insurgé assez audacieux pour s'attaquer aux puissants » ; et que sa tunique de collégien lui reste collée au dos « comme celle de Nessus ». Parce qu'il avait montré de bonne heure une extraordinaire vocation de dessinateur, on le fit entrer à l'Ecole des Beaux-Arts; mais il émigra bientôt du quartier Latin à Montmartre, et de l'atelier de Cabanel au Chat noir (de Salis). Du Chat noir, il passa au Courrier français (de J. Roques), oîi il est encore. En 1888, il fonda un journal, le Pierrot, qui dura peu et lui valut des désagréments judiciaires. Il a collaboré à plusieurs journaux illustrés [le Rire, l'Assiette au beurre, etc.). En nov. 1901 a paru le premier numéro d'un « hebdomadaire satirique, entièrement illustré par Willette », le Pied-de-nez. —Le recueil intitulé OEuvres choisies (Paris, 1901, in-12) suffit à donner uue très haute idée de cet artiste : délicieusement galant et poétique, très souvent profond, parfois énigmatique, Wifiette a ressuscité le Pierrot du xvni^ siècle ; il s'est ncarné en lui (au point de paraître publiquement en cos-
tume de pierrot noir); mais il lui a donné son âme tendre et bizarre, sa philosophie tragique et polissonne, et son incomparable grâce. — Willette poursuit d'une haine infatigable Fart officiel (l'Institut) et les Anglais.
BiBL. : A. Brisson, Nos Humoristes ; Paris, 1900, in-4,
WILLIAMSON (Alexander- Williams), chimiste anglais, né à Wandsworth, près de Londres, le i^" mai 1824. Il a étudié la chimie et les mathématiques en Allemagne et à Paris, a été nommé, en 1848, professeur de chimie appliquée à rUniversity Collège de Londres et, en 1855, y a succédé à Graham comme professeur de chimie pure. Il a occupé cette dernière chaire Jusqu'en 1887. Il est membre de la Société royale de Londres et correspondant de l'Académie des sciences de Paris. Il a présidé en 1873 la British Association. Il a exercé une grande influence ^sur les progrès des théories chimiques. Sa découverte des éthers mixtes, en 1851, a notamment, en introduisant dans la science le type eau, conduit Gerhardt à sa nouvelle théorie des types, et, par la suite, il a eu également une large part à la génération de la théorie atomique (V. Chimie, t. XI, pp. 74 et 75). On lui doit même une classification des corps simples d'après leur atomicité. Enfin c'est lui qui a trouvé la formule de la transformation de l'alcool en éther ou éthérifi cation (V. Ether, t. XYI, p. 643). Il n'a publié à part qu'une Chemistry for students. Mais il est l'auteur de nombreux mémoires notés et insérés dans le Philosophical Magazine, dans les Philosophical Transactions, etc. : Suggestions for the dynamics of chemistry derived from the iheory of etherifwation, on the constitution of salis; On Chemical nomenclature and notation, etc.
WILLIAMSPORT. Ville des Etats-Unis, Pennsylvanie, sur la Susquehanna; 35.000 hab. Grand commerce de bois; fabrication de meubles; machines, cuirs, etc.
WILLIAWISTOWN. Ville d'Australie, colonie de Victoria, faubourg de Melbourne, sur une presqu'île de la baie llobson; 12.900 hab. (en 1896).
WILLIBALD (Saint), né en Angleterre vers 700, mort en 781. Il visita la Palestine (720), se fixa au mont Cassin (729), devint compagnon de saint Boniface qui le nomma évêque d'Eichstett (741) et contribua à la conversion des Germains. Sa biographie a été écrite par une nonne de Heidenheim.
WILLIBRORO (Saint), apôtre des Frisons, né vers le milieu du vu® siècle dans le Northumberland, mort à Echternach en 738. Vers la fin du vii« siècle, il arriva dans les Pays-Bas, accompagné de plusieurs moines anglais dans le but de convertir à la foi chrétienne les peuples de cette région. Envoyé auprès du pape par Pépin d'Héristal, Willibrord fut sacré évêque des Frisons ; il établit sa résidence à Utrecht, et plus tard fonda l'abbaye d'Echternach dans le Luxembourg où il termina ses jours. Il avait gagné au christianisme toute la partie septentrionale de la Hollande actuelle, et la Frise allemande jusqu'aux frontières du Danemarck. E. H.
BiiîL. : Alculv, Vil-d S. Willibrordi, dans Patroloqie de Migne, t. CCI.— Acta Sanctorum {nov.),
WILLIERS. Com. du dép. des Ardennes, arr.de Sedan, cant. de Carignan; 217 hab.
WILLIES. Com. du dép. du Nord, arr. d'Avesnes, cant. delrélon; 218 hab.
WILLISAU. Ville de Suisse, cant. de Lucerne, dans la vallée de la Wigger ; 4.133 hab. Pèlerinage.
WILLOUGHBY (Sir Hugh), marin anglais, mort en 1554. Il participa à l'expédition d'Ecosse de 1544, puis, sous l'influence des prouesses de Sébastien Cabot, il entra dans la marine. En 1553, il fut mis à la tète de la flottille chargée de découvrir vers l'Inde le passage Nord-Est. Parti le 23 juin, il était le 27 juil. aux îles Lofoden, où il perdit un navire; le 14 août, il atteignit une région inhabitée qui parait être la Nouvelle-Zemble ; en septembre, il reconnaissait divers ports sur la ligne de démarcation