‹ La Grande encyclopédie (volume 2)Chapitre 582 sur 633 · WILLOUGHBY — WILSON · texte numérisé non relu

WILLOUGHBY — WILSON

entre la Laponie et la Russie. Forcé d'hiverner sous cette latitude et n'ayant pas de provisions, VVilloughby périt misérablement avec tout son monde. Les restes de l'expédition furent découverts quelques années plus tard, ainsi que le Journal de Willoughby qui a été inséré dans les Principal Navigations à'ksklnyt, t. L R. S.

WILLS (Williara-Gorman), auteur dramatique anglais, né à Kilmurry le 28 janv,. 4828, mort à Londres le 43 déc. 4894. Il fit ses études à l'Université de Dublin, où il se rendit célèbre par quelques poésies et quelques nouvelles et surtout par son habileté de portraitiste. Sans fortune, il menait une existence problématique, et lorsqu'il s'établit à Londres en 4862, il essaya de se créer des ressources en bâtissant des romans dans le goût de ceux d'Eugène Sue. A force d'énergie, il tinit par se faire connaître des directeurs de revues qui lui donnèrent du travail. Il revint aussi à la peinture, mais ses habitudes de bohème etfarouchèrent les clients, ainsi que la malpropreté de son atelier où campaient tous les animaux et tous les parasites de la création. Wills tinit par trouver sa voie au théâtre. Il y débuta, en 486o, par une adaptation d'une pièce de LAllemand Van Holtei qu'il intitula A man and his Shadow. Il avait de rares qualités dramatiques et excellait dans les situations pathétiques, et il obtint de grands succès. Cet étrange auteur ne se souciait d'ailleurs plus de ses pièces dès qu'il en avait livré le manuscrit, et il n'assista jamais à la première représentation d'une de ses œuvres. La peinture l'attirait toujours, et il eut un atelier à Paris. Une Ophélie, tableau de lui assez remarquable, est au foyer du Lyceum. Citons parmi ses pièces : Hinko or tfie headsman's daiighter (4874), C/mr/^s/«''(4872), Eugène Aram {iSl 'à). Mairie Stuart (4874), Sappho (4875), Yane Sfwre (4876), Oliuia (4873), Nell Gwijnne (1878), Bolivar (4879), Ninon (4880), Forced from Home {iSSO), S edgmoor {i88i), Jane Eyre (4882s Gringoire (4883). R. S.

BiBL. : Freeman Wills, W.-G. W'dls^ dramatist and pairîter ; Londres, 1898.

WILLY. Pseud. de Henry Gaiilhier-Villars (V. ce nom).

WILMINGTON. Ville des Etats-Unis, la principale de la Caroline du Nord, sur le Cape Fear River, à 32 kil. de la mer ; 20.000 hab. en 4890, dont 44.300 gens de couleur. Export, de coton, de bois, de goudron, de riz, etc.

WILMINGTON. Ville des Etats-Unis, la principale du Delaware, à l'entrée de l'estuaire; 76. 508 hab. (en 1900). Fondée en 4638 par des colons suédois. Importante ville industrielle construisant des navires en fer, des machines, des \s'à.'^ )ns, des cotonnades, des objets en cuir, etc.

W1LIVIOT-Horton(R.-J.), homme poLangl.(V. Horion).

WILQUIN (Edme) (V. Brie [De]).

Wl LSON (Alexander), ornithologiste écossais, né à Paisley le 6 juil. 4766, mort à Philadelphie le 23 août 4813. Il s'exerça d'abord dans la poésie, surtout dans la satire, ce qui lui valut diverses mésaventures. Il fut aussi successivement graveur en taille-douce, tisserand, colporteur, maître d'école, directeur de pensionnat. En 4806, il se fixa à Philadelphie et s'occupa de la publication d'un grand ouvrage sur l'ornithologie américaine ; le premier volume de cet ouvrage parut à Philadelphie en 4808. Ord rédigea plus tard les tomes VIII et ÏK (1845), et le prince Ch. Bonaparte fit paraître 4 vol. de supplément en 4825-33. Cet ouvrage a eu un grand nombre d'éditions.

WILSON (John), littérateur anglais, connu aussi sous son pseudonyme de Christopher North^ né à Paisley le 48 mai 1785, mort à Edimbourg le 3 avr. 4851. Fils d'un riche manufacturier, il fit à Oxford de très brillantes études, tout en s'y|montrant supérieur dans tous les sports. Il était destiné au barreau et se fit même inscrire à Edimbourg en 4845 ; mais il avait un dégoût profond pour la chicane et il ne put jamais se résoudre à compulser u)i dossier. La littérature l'attirait invinciblement. Il avait débuté par des poésies quand il devint un des principaux collaborateurs du Blackwood Magazine qui venait d'être

fondé en 1847. Il établit avec Lockhart et Hogg la fortune de ce fameux recueil, auquel il donna le meilleur de son œuvre. Wilson fut élu en 4820 à la chaire de morale de l'Université d'Edimbourg, contre le célèbre philosophe William Hamilton. La philosophie n'était guère son fait ; mais il se montra excellent professeur, moins par la valeur propre de son enseignement que par l'iniluence profonde qu'il sut exercer sur l'esprit de ses élèves. Les œuvres de Wilson, qui forment 42 vol. (4855-58), se composent: de ses Noctes Ambrosianœ, dialogues platoniciens sur les questions du jour, où il prodigua, dans un désordre voulu, des merveilles d'esprit et d'éloquence, les pensées les plus hautes et les plus originales, les situations les plus dramatiques ; ou il créa des types inoubliables : Ettrick Shepherd, Christopher North, Tickler, O'Doherty ; de ses Essays, criVical and imaginative ; des Récréations of Christopher North ; de poésies, de romans comme Lights and Shadoius of Scotiish Life (4822), The trials of Margaret Lijndsag (4825), The Foresters (4825), etc. R. S.

B[BL. : Mrs Goudon, Christopher North, a. memoir of John Wilson. 1862. — Cupples, Professor Wilson^ 1851,

WILSON (Horace-Hayman), orientaliste anglais, né à Londres le 26 sept. 4786, mort à Londres le 8 mai 4860. Médecin au service de la Compagnie des Indes, il étudia passionnément le sanscrit et, dès 4813, il publiait avec annotations le texte du Meghaduia de Khalidasa. Revenu en Angleterre en 4832, il occupa de 4833 à 4836 la chaire de sanscrit à l'Université d'Oxford et devint, en 4836, bibliothécaire de la Compagnie des Indes. Membre de nombreuses sociétés savantes d'Angleterre et de l'étranger, Wilson a laissé beauroup d'ouvrages dont les principaux sont : Select spécimens ofthe théâtre ofthe Hindus (4826-27, 2 vol.), trad. en français ; Lectures on the Religions and Philosophical si/stems of the Hindus (4840); une traduction du Rig-Veda (4850 et suiv., 6 vol.) ; Glosmry of Judicial and Revenue ienns oflndia (1855, in 4). Ses Œuvres complètes ont été publiées i^âr Reinhold Rost (Londres, 4862-74, 42 vol.).

BiBL. : Annual Report of the Royal Asiatic Society for 1860, où l'on trouvera, avec uno notice nécrologique, la liste complète de tous les travaux de Wilson.

WILSON (Daniel), homme politique français, né à Paris le 6 mars 4840. Il est, par sa mère, petit-fils d'Antoine Cazenave, membre de la Convention nationale et du conseil des Cinq-Cents. S'étant fixé en Touraine, au château de Chenonceaux, il l'emporta aux élections de 4869, dans la 3^ circonscription d'Indre-et-Loire, sur le candidat ofTiciel, Marne, député sortant. Au Corps législatif, dont il fut secrétaire d'âge, Wilson vota avec la gauche, notamment contre le plébiscite et contre la déclaration de guerre. Après le 4 sept. 4870, il réclama, avecThiers et (irévy, la réunion immédiate d'une assemblée nationale constituante. Pendant la guerre, il commanda le 2® bataillon des mobilisés d'Indre-et-Loire. Elu le 8 févr. 4874 à l'Assemblée nationale, il fut l'un des principaux fondateurs de la gauche républicaine. Membre de presque toutes les commissions du budget et des chemins de fer, il prit une part importante aux discussions économiques et fmancières; il s'y distingua par sa compétence.

Réélu député par l'arr. de Loches, en 4876, il fut, après le 46 mai 4877, l'un des 363 et mena une très vive campagne contre le ministère de Broglie. De nouveau réélu, il (it partie des deux législatures de I88I et de 4885. Son rôle, pendant toute cette période, fut des plus actifs. Rapporteur général des budgets de 4879 et de 4880, il remplit les fonctions de sous-secrétaire d'Etat au ministèredes finances, du 26 déc. 4879 jusqu'à l'avènement du cabinet Gambetta (44 nov. 4884). Le 22 oct. 4881, il avait épousé AUce Grévy, fille du président de la République. Président de la commission du budget de 4883 et rapporteur général du budget de 4887, il combattit les conventions conclues avec les grandes compagnies de chemins de fer, la politique coloniale, le scrutin de liste,

WILSON -- WiMPbFEN

le boulangisme. Dans la discussion du budget de 1887, il prononça, en qualité de rapporteur général, un discours très remarqué, où il formula le programme du « budget démocratique ». Adversaire résolu de la politique opportuniste, notamment dans l'entente intervenue entre le gouvernement et les grandes puissances financières, Wilson suscita des inimitiés violentes. D'autre part, ses nombreux encouragements à la presse départementale et sa tentative d'étendre de plus en plus, par des éditions régionales, son journal la Petite France, lui aliénaient les grands journaux parisiens. Il n'en conserva pas moins une influence considérable jusqu'au jour où son nom fut mêlé aux événements qui amenèrent, le i^^ déc. 4887, la démission de Jules Grévy (V. ce nom). Impliqué dans l'affaire dite des décorations, la condamnation prononcée contre lui fut cassée le 28 mars 4888 par la cour d'appel de Paris. 11 ne se représenta pas aux élections législatives de 4889. En

4892, il fut élu conseillermunicipal, puis maire de Loches, et conseiller général du cant. de Montrésor. Le 20 août

4893, l'arr. de Loches le réélisait député par 9.505 voix contre 7.398 à MuUer, député sortant. Son élection ayant été invalidée le 26 févr. 4894, il fut de nouveau élu le 26 mai. Réélu en mai 4898, il continua de soutenir le programme de la gauche radicale. Il ne se représenta pas aux élections d'avr. 4902.

WILSON (Margaret), femme aut. angl. (V. Oliphant).

WILSON (tienry- William), agron. angl. (V. Berners).

WILTON. Ville d'Angleterre, comté de Wilts, à 5 kil. 0. de Salisbury ; 2.420 hab. Le château du comte de Pembroke, bâti par Inigo Jones, renferme une célèbre collection de tableaux.

WiLTON (Lords Grey de) (V. GreydeWilton).

WILTS. Comté méridional d'Angleterre, auN. de celui de porset ; 3.508 kil. q. ; 264.969 hab. en 4894. Pays accidenté par les collines crayeuses des Downs, dont le S. comprend la plaine nue de Sahsbury. Au N. des Downs sont les vallées de l'Avon et de la Tamise avec leurs beaux prés coupés de taillis ; au S. des Downs, des champs et prairies artificielles bien cultivés ; au centre, la vallée de Pewsey parcourue par le canal de Kennetavon. La ressource principale est l'élevage des moutons et des bœufs ; on en retire beaucoup de laine, de lait, de fromage. Le ch.-l. est Salisbury.

WILZES ou LUTIZES. Ancien peuple slave du N. de l'Allemagne ; du groupe des Polabes, ils occupèrent au v^ siècle les contrées entre l'Elbe et l'Oder ; leurs sanctuaires furent Rethra et le temple de Svantevit dans l'île de Rugen. lisse divisèrent en Lutizeset RedariensauN., Ukres, Hevelliens, Stodoranes, Sprevanes au S. Soumis par Charlemagne, puis par Henri 1®^, ils furent définitivement assujettis par Albert l'Ours (V. Brandebourg).

Wl M BORNE. Ville d'Angleterre, -comté de Dorset, sur le Stour ; 6.763 hab. (en 4894). Lainages. Auprès est le château de Cranborne, résidence du marquis de Salisbury.

WlWIEREUX.Riv. du dép. du Pas-ci^- Ca/aù (V.cemot).

WIMEREUX. Corn, du dép. du Pas-de-Calais, arr. et cant. (N.) de Boulogne ; 973 hab. Stat. du chem. de fer du Nord. Port creusé par Napoléon I^^en 4804. Bains de mer. Laboratoire de zoologie maritime.

Wl MILLE. Com. du dép. du Pas-de-Calais, arr. et cant. (N.) de Boulogne ; 2.726 hab. Stat. du chem. de fer du Nord. Château du xii^ siècle.

Wl M M ER (Ludvig-Franz-Adalbert), philologue danois, né à Ringkjobing le 7 févr. 4839. Il professe à l'Université de Copenhague depuis 4874. Ses travaux sur les runes et sur les antiquités et la mythologie Scandinaves sont de tout premier ordre. Citons entre autres : De la déclinaison des noms en vieux danois (4868) ; V Origine des runes et leur développement dans le Nord (en danois, 4874, en allemand, revu et augmenté, 4887) ; Monuments runiques historiques du Sônderjylland (en danois, 4892) ^ les Monuments runiques histori-

ques (en danois, 4894) ; Sur la découverte et V interprétation de nos monuments runiques (en danois, 4894), etc. On a aussi de lui un livre de lectures et une grammaire du vieux norrois.

WIMIVIIS. Village de Suisse, dans le cant. de Berne, sur la Simme, au pied du Niesen ; 4.428 hab. Très belle situation à l'entrée de la grande vallée du Simmenthal, dont Wimmis forme pour ainsi dire la porte. Un vieux château sur un rocher élevé domine la localité.

WIMPFFEN. Famille alsacienne d'origine souabe, issue de Dominique Heeremann, bourgeois de Nuremberg, anobli en 4555. Les principaux membres furent : François - Louis (4732-4800), qui servit dans l'armée française, devint général au service du duc de Wurttemberg (4760), puis de la France (4770). — Son û\Sy François-Cliarles- EdouardiillQ-iSM), servit le Wurttemberg et l'Autriche qui le nomma comte; il eut pour fils François (4797-4870), qui entra en 4 84 3 dans l'armée autrichienne; lieutenant feld- maréchal en 4848, il se distingua aux batailles de Vicence et de Custozza, prit Bologne et Ancône, fut gouverneur des Légations, puis de Trieste et commandant en chef de la marine. — Le frère de celui-ci, Félix- Frédéric (4827-82), fut ministre d'Autriche en Prusse (1866) ; ltalie(4872), ambassadeur à Paris (4876), Rome (4880), Paris (4882), où il se suicida le 30 déc. 4882. — D'une autre branche, il faut citer le baron Félix (4744- 4844), qui combattit Paoli en Corse (4769), concourut à l'attaque de Gibraltar (4782), fut député de Normandie aux Etats généraux de 4789, défendit Thionville contre les Prussiens (4792), commanda l'armée des côtes assemblée à Cherbourg. Il prit parti pour les Girondins, fut battu à Vernonet s'enfuit en Anglelerre. Le premier consul le rappela, le nomma général de division et directeur des haras.

WIMPFFEN (Emmanuel-Félix de) , général français, né à Laon le 43 sept. 4844, mort à Paris le 25 févr. 4884, petitfils du précédent. Il sortit de l'Ecole de Saint-Cyr dans l'infanterie, et fit une partie de sa carrière enÀlgérie,eten particulier aux tirailleurs algériens. Capitaine en 4840, chef de bataillon en 4 8 47, il était colonel du régiment de turcosen 4853 et fit la campagne de Grimée à la tête de ce ré gimentdont la brillante conduite en toute circonstance et notamment à l'attaque du Mamelon Vert lui valut les étoiles de général de brigade le 47 mars 4855. Il commandait la brigade des grenadiers de la garde pendant la campagne d'Italie en 4859, et c'est lui qui pendant la bataille de Magenta attaqua Buffalora, et put contenir pendant plusieurs heures sur cette position les efforts de l'armée autrichienne. Cette affaire, où il fut blessé, l'épée à la main, en entraînant ses hommes, le fit nommer général de division le 5 juin 4859. Après avoir commandé une division de l'armée de Lyon, il fut envoyé en Algérie, d'abord à la tête de la province d'Alger, puis, en 4869, de celle d'Oran où il succédait au général Deligny. Une insurrection ayant éclaté sur les confins du Maroc, il prit le commandement de la colonne envoyée pour la réprimer et poussa jusqu'à Aïn Chair et l'oued Guir pendant les mois de mai et juin 4870. Aussitôt son retour, la guerre avec l'Allemagne éclatait ; Wimpffen réclama tout d'abord vainement un commandement à l'armée du Rhin, mais, après nos premiers revers et la chute du ministère, le 48 août, le général duc de Pa- Hkao, alors ministre, l'appela à Paris, oùil arriva le 28 août. Ce jour même, dans l'entrevue qu'il eut avec le ministre, il fut chargé de rejoindre immédiatement Mac-Mahon et de prendre le commandement du 5® corps en remplacement du général de Failly notoirement incapable. Il reçut en outre un ordre écrit par lequel il était investi du commandement de l'armée, si le maréchal venait à être mis hors de combat. En arrivant à Mézières, il se heurta aux fuyards du 5^ corps surpris et bousculé à Beaumont. Il put raiher une partie de cette cohue et arriva dans la nuit du 30 août, tenant secret son ordre de commandement éventuel. Le 4 ^^ sept. , dès le commencement de l'action, le mare-

WIMPFFEN - WINDÏSGII

chai de Mac-Mahon avait été blessé et avait remis le commandement au général Ducrot, le plus ancien des généraux de division présents. Ducrot venait de rompre le combat et d'ordonner la retraite sur Mézières, quand Wimpffen se présenta, revendiquant le commandement suprême, et changea les ordres de retraite en de nouveaux ordres d'attaque (V. Franco-Allemande [Guerre], t. XVIIÏ, pp.48-i9). Cette revendication de commandement faisait assumer à son auteur une grave responsabilité dont les conséquences ont été pour lui funestes et irréparables.

De Stuttgart, où il fut envoyé en captivité, le signataire de la capitulation du 2 sept, adressa son rapport officiel au ministre de la guerre. Aussitôt les premiers préliminaires de la paix, il réclama vainement d'être traduit devant un conseil de guerre ; il obtint sa mise à la retraite et se retira à Alger. Il publia en 4872 une protestation contre le rapport de la commission d'enquête relatif à la capitulation de Sedan et une réponse à Ducrot au même sujet. Ayant poursuivi Paul de Cassagnac devant les tribunaux pour des articles diffamatoires publiés dans le Pays en 4874, il vit tout d'abord le tribunal delà Seine se déclarer incompétent; puis, le jury de la Seine acquitter, le 45 févr. 4875, le polémiste bonapartiste. S'étant présenté aux élections complémentaires de 4876 comme candidat républicain dans la circonscription de Saint-Denis, il ne fut pas élu et se retira définitivement de la lutte. On a de lui des études militaires parues dans le journal le XW Siècle. Il a publié en outre: Sedan (4874, in-8); la Situation de la France el les reformes nécessaires (4873, in-8) ; la Nation armée (4876).

BiBL. : Galli, Notes et corresp. du génér.il deWimpffen; Limoges, 1892.

WIMY. Com. du dép. de l'Aisne, arr. de Vervins, cant. d'Hirson; 4.925 hab. Stat. dechem. de fer. Vannerie.

WINCHELSEA (Comtes de) (V. Finch).

WINCHESTER. Ville d'Angleterre, ch,-l. du comté de Hamps, sur l'Itching; 49.000 hab. (en 4894). Evêché. Célèbre cathédrale bâtie en 4079, transformée en style gothique de 4393 à 4486. Longue de 4 14 m., l'intérieur est grandiose, le transept a conservé sa triple nef ra|)pelant l'antique basilique ; on remarque aussi les chapelles latérales de style gothique, les anciens, vitraux, les stalles du chœur (de 4296), une crypte du ix® siècle. L'évêque Wykeham(4366-4404), qui fit refaire la cathédrale, fonda aussi, en 1387, le fameux collège de Winchester, le plus ancien de l'Angleterre dans la catégorie des public schools destinés à l'éducation des adolescents des classes supérieures. Au S. -0. de la ville, l'hôpital S*-Cross a une église du XI** siècle (restaurée). — Winchester, jadis capitale du Wessex, devint, sous ïilgbert, celle de l'Angleterre entière. La ville eut jusqu'à 90 églises. La conquête normande, qui transféra définitivement la capitale à Londres, amena la déchéance de Winchester.

William Faulet (1485-4572) reçut en 4554 le titre de marquis de Winchester, fut garde des sceaux, cotiséil- 1er de Marie Tudor, puis d'Elisabeth. Le citiquième marquis de Winchester (4598-4674) s'illustra par la lohgûe défense de son château de Basing-houSe enlevé par Cromwell en 4645.

WINCKELMANN (Johann- Joachim) , célèbre archéologue allemand, né à Stendal le 9 déc. 4747, assassiné à Triëste le 8 juin 4768. De famille pauvre, il étudia la théologie, puis l'histoire, la médecine, les mathématiques, se plaça comme précepteur, puis fut secrétaire du comte de Bunau (4748-53) à Nœthnitz, près de Dresde. Il y prit le goût des œuvres d'art et, afin de pouvoir se rendre à Rome et y trouver un emploi, se convertit au catholicisme. Il publia alors Gedanken ilber die Nachahmung dergriech. Werke in der Malerei und Bildhauerkunst (Dresde, 4755, 3 vol.) ; c'est le premier de ses grands ouvrages, et ses idées y sont en germe. Une pension de 200 thalers lui fut accordée pour aller à Rome. Il y devint bientôt bibliothécaire du cardinal Archinto (ancien nOnce en Saxe),

se lia avec Raph. Mengs et le cardinal Passionei. En 4758, il entra dans la maison du cardinal Albani, le plus fameux collectionneur du temps, dont il fut le bibliothécaire et l'ami. 11 décrivit les fouilles d'Herculanum dans plusieurs mémoires ou lettres (4762-64), et fît paraître Gesch. der Kunst des Altertums (Dresde, 4764, 2 vol. in-4), son chef-d'œuvre. Il y expose non seulement l'histoire de l'art antique, mais sa théorie, définit le style de la plastique grecque, y distingue les types et les classes. Winckelmann professe que le but de l'art est la beauté, l'expression de l'idéal et non pas du réel ; on l'obtient en tirant de la nature un type, caractérisé par ses proportions normales^ comme celles du Canon de Polyclète, parla noblesse simple^ la calme grandeur dans le mouvement, où rien ne doit altérer les contours de l'ensemble. Ces théories ont vieilli, mais l'œuvre de Winckelmann exerce encore une influence, aucune n'ayant aussi complètement coordonné les manifestations artistiques de l'antiquité classique. Il a presque créé l'histoire de Fart dont il a défini les périodes par la succession des styles et analysé les multiples influences. Il s'essaya sans succès à la philosophie dans Versuch einer Allégorie (4766), publia une belle collection de gravures de Monumenti antichi inediti (Rome, 4767- 68, 2 vol.), montrant que la plupart des sujets sotit tirés d'Homère. En 4768, il lit un voyage en Allemagne, mais fut atteint d'une maladie nerveuse ; revenu à Trieste, il s'y lia avec un malfaiteur qui venait de sortir de prison, Arcangeli, et celui-ci, assure-t-on, pour lui voler des ttlotinaieS d'or, cadeau de Marie-Thérèse, assaillit Winckelmann dans sa chambre et le perça de cinq coups de poignard. Il y succomba, instituant le cardinal Albani son légataire universel. Une édition complète de ses œuvres a été publiée par Fernow, H. Meyer et J. Schulze (Dresde, 4808-20, 8 vol., plus 3 de correspondance).

BiBL. : H. Meyer, Winckelmann und sein Jahrh. ; Tubingue, 1805. — Justi, Winckelmann, seine Leben, seine Werke ; Leipzig-, 1866-72, 2 vol.

WINDERMERE. Lac de Grande-Bretagne (V. cet art., t. XIX, p. 458).

WINDHAM (William), homme d'Etat anglais, né à Londres le 3 mai 4750, mort à Londres le 4 juin 4840. Fils du colonel W. Windham (4747-64) qui fut un alpiniste distingué et servit quelque temps en Hongrie dans les hussards de Marie-Thérèse, il fit de bonnes études à Oxford, et voyagea beaucoup. Très lié avec Johnson el Burke, il finit, poussé par ce dernier, à se lancer dans la politique. Elu à la Chambre des communes par Westminster en 4782, il fut secrétaire chef du lord lieutenant d'Irlande en 4783, mais démissionna bientôt parce qu'il voulait, contrairement aux opinions reçues, que les emplois en Irlande fussent occupés par des Irlandais. Comme Burke, il se montra un des plus violents détracteurs de la révolution française. En 47^4, il devenait sefcrétâire d'Ëtat à la guerre dans le cabinet de Pitt, et, en 4795, il fut le principal promoteur de l'expédition de Quiberon. Tombé avec Pitt en 4804, il fit une vive opposition à la paix de 4802. Aussi accueillit-il avec enthousiasme la reprise des hostilités avec la France en 4803. Ministre de la guerre et des colonies dans le ministère Grenville (4806-7), il rédigea un plan de réorganisation de l'ai^mée qui ne fut pas suivi par son successeur Castlereagh. Aussi combattit-il le bill sur la milice de 4808. Par contre, il se montra un des partisans les plus ardents de la cause espagnole et de la guerre de la Péninsule. Windham est encore célèbre par sa haine des reporters parlementaires qu'il voulait faire exclure de la Chambre des communes, ce qui lui valut dans la presse des attaques réitérées. Ses discours ont été publiés par Thomas Amyot (Londres, 4806, 3 vol.). Il a encore laissé un Journal assez intéressant, édité par Mrs Henry Baring (Londres, 4866). BiBL. : Malone, Memoir of Windham, 1810. Wl N DISGH. Village de Suisse, cant. d'Argovie, sur une éminence qui domine le confluent de FAar, de la Limmat et de la Reuss; 2.390 hab. Il occupe une partie de la ville

WINDISCH — WINKELHIED

romaine de Vindonissa. Une légion y stationnait. L'aqueduc romain existe encore en partie ; on voit des traces de Famphithéâtre.

WINDISCHGRy€TZ. Famille princière allemande, originaire de GrsBtz dans la Marche wende (xiii® siècle), obtint au service de l'Autriche le rang de comte (1658), en 1804 celui de prince. Citons le prince Alfred-Candide-Ferdinand, né à Bruxelles le 11 mai 178T, mort à Vienne le 21 mars 1862, nommé colonel sur le champ de bataille de Leipzig (1813), général de division en 1833. Il commandait l'armée de Bohême en 18i8, comprima l'insurrection de Prague ; promu maréchal et généralissime, il écrasa les insurgés de Vienne après avoir battu leurs alliés hongrois (30 oct.), eut une grande part au changement d'empereur décidé à Olmutz le 2 déc.

11 marcha sur Budapest dont il s'empara le

12 janv. 1849 et refoula les Hongrois sur la Tisza. A ce moment le gouvernement n'étant pas d'accord avec Windischgrœtz le rappela brusquement, ce qui entraîna la retraite de l'armée autrichienne à l'O. du Danube jusqu'à Presbourg. Le maréchal a publié un bon récit de sa campagne d'hiver de 1848-49. Il fut en 1859, envoyé àBerlin. — Son petit-fils Alfred, né à Prague le 31 oct. 1851, un des chefs du groupe féodal de Bohème, fut premier ministre d'Autriche, après la chute du cabinet ïaafFe, du 11 nov. 1893 au 18 juin 1895, s'appuyant sur la coalition des féodaux de la gauche allemande et des Polonais. Il se retira quand la gauche l'abandonna. En 1897, il fut nommé président de la Chambre des seigneurs.

WIN DOW (Archit.). Ce mot anglais, qui signifie fenêtre, est entré, depuis une vingtaine d'années, dans le vocabulaire courant de l'architecture française, mais précédé du mot bow (arc) et sous cette forme bow-window (fenêtre cintrée), pour désigner ces constructions, d'abord légères et faites de bois ou de métal, puis devenues plus lourdes et souvent faites de pierre, qui forment, sur les façades des maisons, des balcons saillants couverts, véritables vérandas (V. ce mot) de plain-pied avec les pièces et portes en encorbellement, souvent sur les abouts des solives des planchers. Ces bow~windows, qui rappellent aussi les oriels du moyen âge (V. ce mot), semWent imitées de l'architecture domestique anglaise où elles tiennent une grande place et contribuent puissamment à l'aspect pittoresque des façades de style dit de la reine Anne; elles prennent également de nos jours une place de plus en plus importante dans l'architecture privée française et, outre le charme qu'elles ajoutent à l'habitation de certaines pièces, des salles à manger, par exemple, où elles forment de petites serres, leur mode de construction permet aux architectes d'empiéter un peu, grâce à leur saillie, sur la voie publique, dans la hauteur des étages supérieurs, et de rompre ainsi la monotonie des façades des maisons de rapport. Pour les maisons en façade sur les jardins et pour les villas suburbaines, l'usage des bow-windows remonte en France à une trentaine d'années et s'est beaucoup développé depuis cette époque. Ch. Lucas.

WINDSOR. Ville d'Angleterre, comté de Berks, sur la rive dr. de la Tamise, à 34 kil. 0. de Londres, en face d'Eton; 12.327 hab. (en 1891). Célèbre par son château et son parc. Le château, bâti par Guillaume jle Conquérant, fut reconstruit sous Edouard lïl sur les plans de

Château de Windsor

W. de Wykeham (plus tard évêque de Winchester), agrandi par Charles II et Georges IV ; au milieu est la tour ronde séparant les deux cours; à l'E., les appartements royaux et les collections ; sur la cour inférieure, la chapelle Saint-Georges, celle des chevahers de la Jarretière, les caveaux de la famille royale. Citons aussi la salle à manger longue de 60 m. et décorée des portraits des rois depuis Jacques P^. Dans le parc vaste de 720hect., on admire la terrasse longue de 750 m.; il renferme le

petit château de Frogmore-Lodge.

BiBL. : Menzies, Hist.

of Windsor, 18(54.

WINDTHORST(Ludwig), homme politique allemand, né à Kaldenhof le 17 janv. 1812, mort àBerlin le 14 mars 1 891 . Fonctionnaire hanovrien, il devint député, puis ministre (1851- 53), et (1862-65) soutint avec succès la cause catholique et l'aUiance autrichienne. Après l'an nexion à la Prusse, il fut élu au Reichstag, parlement fédéral, y forma le groupe clérical dit du « centre », dont il fut le chef très habile. Après neuf années d'opposition constante, il se rapprocha de Bismarck pour faire prévaloir le protectionnisme (1879) ; à ce moment, son parti devint l'arbitre de la majorité au Reichstag. Windthorst était un orateur remarquable par sa dialectique, son sang-froid et son ironie, personnellement aimable et très droit. BiBL. : Menzi:nbâch, Windthorst ; Trêves, 1892. WINFRIED (V.BoNiFÂCE [Saint]).

WINGLES. Com. du dép. du Pas-de-Calais, arr. de Béthune, cant. deLens ; 2.901 hab.

WINKEL (Lambert-Âlard ïe), philologue hollandais, né à Arnhem en 1806, mort à Leyde en 1868. Il fut professeur au gymnase de Leyde et précepteur du prince d'Orange. Il se démit de ces fonctions pour se consacrer exclusivement à la rédaction du grand dictionnaire néerlandais entrepris par De Vries (V. Vrtks [Mathias de]). Il est aussi l'auteur d'un grand nombre de travaux philologiques très estimés ; nous citerons son Traité d'analyse logique (en holL, Zutphen, 1858, in-8), et ses Essais sur la science grammaticale (id. , Leyde, 1858-65, 5 vol. in-8).

BiBL. : Annuaire de l Académie royale des Pays-Bas, année 1868.

WINKEL (Yean Te), littérateur et philologue hollandais, né à Winkel en 1847. Il est professeur au gymnase de Leyde, et a publié des travaux très remarquables au point de vue de l'érudition et de la critique. Les plus importants sont : les Poèmes de Van Maerlant considérés comme le miroir du xiii® siècle (en holL, Leyde, 1877) ; Essais sur l'histoire des lettres néerlandaises {id,, ibid., 1882, rééd. 1888) ; Histoire de la littérature néerlandaise (id., Haarlem, 1888, 3 vol. in-8).

WINKELRIED (Arnold), patriote des temps héroïques de la Suisse, mort à la bataille de Sempach le 9 juil. 1386. Les Winkelried étaient une ancienne famille noble du Nidwald, dont on retrouve la trace au milieu du xiii® siècle et qui s'est éteinte à la fin du xvi®. On ne sait à peu près rien de la vie du héros, mais sa mort est restée célèbre et a inspiré nombre d'artistes. Une armée autrichienne de 6.000 hommes, l'élite de la '<îhevalerie sous la conduite du duc Léopold llï d'Autriche, vint attaquer Sempach défendu par 1.400 Suisses. Le duc et sa noblesse mirent pied à terre, et avec leurs piques de 16 pieds de long opposèrent à l'ennemi une véritable haie contre la-

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