Yacht à quille orthodoxe
Fig. 2. — Yacht à dérive.
pivot fixé à l'avant se meut une planche ou une feuille de métal épaisse, la « dérive », qu'on peut, soit descendre, de façon qu'elle dépasse la quille en dessous, soit relever de manière qu'elle rentre entièrement dans le puits. Dans la première position, le yacht se comporte, au point de vue de la résistanoe à la dérive, comme s'il était à quille profonde, et, tirant beaucoup moins d'eau que les yachts de cette dernière catégorie, il peut au besoin courir, dans la seconde position, sur de très petits fonds. On construit aussi depuis quelques années des; yachts dits bulh-keels^ ou à quille-bulbe, qui portent au-dessous de la quille, arrondie dans tous les sens et très plate, une lame métallique constituant une sorte de dérive fixe et se terminant à sa partie inférieure par une masse de plomb en forme de cigare, renflée à sa partie inférieure. Enfin les types sharpie et sorceress, peu connus en France, mais très répandus en Amérique et en Angleterre, ont le fond très plat et une dérive de forme triangulaire, dans les premiers, en forme de lame de couteau placée verticalement, la pointe en bas, dans les seconds.
Le gréement des i/achts à voiles est, avons-nous dit, quelconque. Toutefois les voiles carrées ne sont pas usitées, même' sur les plus grands, et, dans la réalité, les seuls gréements employés sont le cat-boat, le lugrsails, le sloop, le cotre, le houari, le yawl, le ketch, la goélette, le lougre (fig. 3 et 3 bis). Le cat-boat ne porte qu'une seule voile,
Fig. 3.— 1, Cat-boat; 2,Lug-sail; 3, Sloop ou Cotre-franc; 4, Houari.
le plus souvent une brigantine, hissée sur un mât unique implanté à Textrême avant. Ce gréement, très en faveur en Amérique, convient surtout aux petits yachts et pour la navigation de rivière, ou, tout au plus, dans les ports de mer, à brise constante. Le lug-sail a, en plus que le cat-boat, une trinquette amurée en tète d'étrave, sans boute-hors. Il ne s'emploie guère que jusqu'à 2 ou 3 tonneaux. Il devient, lorsque la voile, au lieu d'être au tiers, est à corne, le sloop sans beaupré. Le sloop ou cotre franc, ou simplement cotre, ou encore, d'après son nom anglais, cutter, est par excellence le type de gréement du yacht. Il comporte un seul mât vertical à pible ou à mât de flèche implanté, comme dans le lug-sail, entre le milieu et l'avant de la flottaison, et un beaupré d'un seul morceau. La voilure se compose d'une grande voile brigantine avec
flèche, d'une trinquette, d'un foc, d'un spinnaker et d'un foc dragon ou flying-jib. On a essayé de distinguer le sloop du cotre ; mais on ne s'est jamais mis qu'imparfaitement d'accord sur leurs caractères respectifs, et l'usage a rendu les deux termes à peu près équivalents. Pourtant, un yacht de petite taille, sans mât de flèche et surtout sans trmquette, est plutôt qualifié sloop que cotre. Le cotre houari, ou simplement houari, n'a qu'une seule grande voile houari, de forme triangulaire, sans flèche, et avec une trinquette et un foc, ou l'un des deux seulement.
Fig. 3 bis. — 1, Yawl; 2, Ketch; 3, Goélette.
Avantageux pour les régates, ce gréement devient peu pratique dès qu'il s'agit de navigation à la haute mer. Le cotre à tapecul ou yawl comprend, en plus du gréement de cotre franc, porté davantage vers l'avant, un petit matereau ou mât de tapecul, implanté sur l'arrière, à l'extrémité absolue, et portant une voileà bourcet, gréée au tiers ou à corne. Il ne sied qu'à partir de 2 tonneaux, et ses avantages croissent avec le tonnage. Le ketch, très pratique à partir d'une dizaine de tonneaux, comporte deux mâts véritables. Celui de l'avant est un mât de cotre et sa voilure ne difl'ère pas, en général, de celle du cotre, ordinaire ; celui de l'arrière, placé sur l'avant du gouvernail et toujours à pible, porte une voile à corne, l'artimon, avec un flèche. La goélette ou schooner est gréée comme celle du commerce, mais elle porte rarement un beaupré à boute-hors, et son mât de misaine a, comme le grand mât, un mât de flèche sur lequel se gréent un clin-foc et un flèche. Elle déplace, en principe, plus de 30 tonneaux. Les trois-mâts, très rares, sont toujours gréés en goélette. Quand ils sont garnis dévoiles au tiers, ils constituent le lougre. Dans l'ordre de leur fréquence, les gréements qui précèdent peuvent être rangés comme suit : cotres, houaris, cat-boats, lug-sails, yawls, ketchs, goélettes, trois-mâts goélettes, lougres. Le plus grand yacht à voiles français est actuellement le Velox, à H. -A. Sieber. Il a 42"«,25 de longueur, 7«^,20 de largeur, 3n^,90de tirant d'eau, et déplace 294 tonneaux, il est du type goélette. Les yachts à vapeur sont, les uns, exclusivement à vapeur, les autres, à vapeur ou à voiles à volonté. Les premiers sont plus spécialement dénommés steam yachts, et, s'ils sont de très petites dimensions, steam launches; les seconds, yachts mixtes. Si le yacht, tout en étant, en principe, à voiles, est néanmoins muni d'une petite machine destinée seulement à lui permettre de franchir des parages difficiles ou de ne pas se laisser prendre par le calme, il devient un yacht auxiliaire, abréviation de yacht à machine auxiliaire. Les plus grands yachts sont des yachts mixtes, gréés en goélette ou en trois-mâts goélette. En France, le Némésis et le Velléda, aux frères Ménier, déplacent respectivement 600 et 615 tonneaux, VEros, au baron Arthur de Rothschild, 820 tonneaux. Quant aux yachts mus par une force mécanique autre que la vapeur d'eau : yachts au pétrole, yachts électriques, etc., ils sont dits yachts à moteur mécanique, expression qui, rationnellement, devrait s'étendre aux yachts à vapeur, mais qui est réservée aux autres modes de force motrice, Ils sont encore assez rares, sauf dans les très petites tailles.
Tous les yachts sont, par définition, des bâtiments de plaisance. Mais les uns sont destinés à la simple promenade ou à des « croisières » de plus ou moins longue durée, les autres sont spécialement construits pour la
YACHT
course. Les premiers sont compris, à quelque type qu*ils appartiennent, sous la dénomination générale de cruisers ou « yachts de croisière ». Ils sont surtout établis en vue de tenir parfaitement la mer, et l'aménagement intérieur en est particulièrement confortable. Les seconds sont les racersou « yachts de course ». A peu près exclusivement à voiles, tout y est sacrifié à la vitesse. La construction en est très légère, et ils sont à peu près inhabitables.
Le Yachting. Sociétés nautiques et régates. — La Hollande paraît avoir été le berceau du yachting. Introduit delà au commencement du xvii*^ siècle en Angleterre, puis en Irlande, oii l'on trouve, au début du xviii^ siècle, le « Cork Harbour Water Club », la première de toutes les sociétés naatiques. Ce sport, l'un des plus mondains et, en même temps, des plus hygiéni(jues, est pratiqué, de nos jours, dans tous les pays, mais principalement aux Etats-Unis et en Angleterre, où il a atteint un développement inconnu chez nous. Pourtant, il existe en France 300 yachts environ de plus de 10 tonneaux, dont la moitié à vapeur ou mixtes, et 125 sociétés nautiques. Parmi ces dernières, les unes constituent de véritables cercles, ouverts à leurs membres de façon permanente. Les autres, qui portent plus particuhèrement le nom de « Sociétés de régates », ne se réunissent que temporairement, lors des courses qu'elles organisent annuellement. Les unes et les autres sont placées, sauf quelques rares exceptions, sous le patronage de V Union des yachts français, qui a été fondée en 1894 et qui a fusionné avec le Yacht-Club de F rame f fondé en 1867. Désignée par les initiales U. Y. F., cette société a son siégea Paris. Elle compte près de 700 sociétaires payant une cotisation annuelle de 100 fr., et 400 yachts. Elle a, en outre, des membres correspondants dans la plupart de nos ports et dans les grands ports de l'étranger. Ses couleurs distinctives sont les trois couleurs françaises, avec une étoile blanche dans le bleu et une étoile bleue dans le blanc. Elle est oflSciellement reconnue, ce qui assure à ses adhérents un certain nombre d'avantages rappelés dans une circulaire ministérielle de 1891 : autorisation accordée aux yachts portant son pavillon d'entrer dans les ports de guerre et d'utiliser les postes d'amarrage des bâtiments de l'Etat, de se servir des cales sèches et bassins dés arsenaux et de faire exécuter leurs réparations par les ouvriers de ces établissements ; jouissance du droit de trématage, autrement dit de passage aux écluses maritimes et fluviales avant les bateaux de commerce; assistance obligatoire, le cas échéant, de la part des officiers et fonctionnaires de la marine. Elle ne donne pas de courses elle-même, mais accorde des subventions et des prix aux sociétés sous son patronage. Elle a arrêté un « règlement de courses », auquel toutes les autres sociétés ont adhéré. Le Cercle de la voile de Paris (guidon triangulaire rouge, avec losange blanc et étoile bleue), la Société de la voile d'Arcachon (guidon rectangulaire rouge au bord, blanc au milieu, avec les lettres S. V. A.), le Sport nautique de la Gironde, à Bordeaux (guidon triangulaire bleu et blanc, avec trois croissants blancs entrelacés dans le bleu), V Union des yachtsmen de Cannes (guidon triangulaire bleu, avec deux fleurs de lys et une plume blanches), le Club nautique de Dinar d (guidon triangulaire blanc et rouge, avec une moucheture d'hermine dans le blanc), la Société des petites régates hauraises (guidon triangulaire bleu et rouge, avec crosse blanche et, au centre, une salamandre), le Sport nautique de V Ouest, à Nantes (guidon rectangulaire blanc, avec croix de Saint-André rouge et quatre mouchetures d'hermine), le Club nautique de Nice (guidon triangulaire bleu, avec deux étoiles blanches et rouges) sont, après V « Union », les sociétés françaises de yachting les plus connues. Le Yacht, journal hebdomadaire fondé en 1878, est l'organe principal de la navigation de plaisance.
La course ou racing est l'expression parfaite du sport nautique. Elle est réservée, en fait, à un très petit nombre
de yachts, devenus, sous l'empire des formules de jauge, de véritables objets de luxe. La jauge de course a son origine dans cette constatation, faite dès les premières régates, que de deux yachts absolument semblables, mais de formes différentes, le plus grand bat infailliblement l'autre. On a donc dû créer des séries d'après la grandeur des bâtiments, en ne faisant lutter ensemble que ceux appartenant à la même série. De plus, lorsque, dans une même série, deux yachts n'ont pas exactement la même jauge, le plus faible bénéficie d'une allégeance ou rendement de temps hdXm, au moyen de tables spéciales, en secondes et dixièmes de secondes. La jauge de course n'a, d'ailleurs, bien qu'exprimée en tonneaux, rien de commun, ni avec la jauge de douane, ni avec la capacité intérieure du bâtiment. Elle n'est qu'une unité de comparaison, dont la formule, réglée par des congrès, varie, non seulement d'un pays à l'autre, mais aussi, pour un même pays, d'une époque à l'autre. Aussitôt, en effet, qu'une formule est adoptée, les constructeurs s'efforcent de construire, pour un tonnage donné, des yachts aussi puissants et aussi rapides que possible et ils arrivent vite ainsi, profitant de ses défauts, à en paralyser toute l'étonomie. D'où la nécessité de la modifier. La plus récente, en France, a été adoptée par le congrès de 1899 et est eu vigueur depuis le l®*" janv. 1901. Elle pose :
1000 VM T étant le tonnage, L la longueur à la flottaison, P le périmètre obtenu en ajoutant à la plus grande largeur du bateau la longueur d'une chaîne partant du plat-bord, passant sous la quille et revenant au plat-bord de l'autre bord, S la surface totale de la voilure, M la surface de la maîtresse section immergée. Les yachts sont divisés d'après elle en sept séries: 1^^ série, 0 à 1 tonneau ; "2« série, 1 à 2,5 tonneaux ; 3^ série, 2,5 à 5 tonneaux ; ¥ série, 5 à 10 tonneaux ; 5^ série, 10 à 20 tonneaux ; 6^ série, 20 à 40 tonneaux ; 7« série, plus de 40 tonneaux. Les allégeances ne sont accordées, que par tonneau et au-dessus de 5 tonneaux seulement. L'équipage qu'un yacht peut avoir en course est limité pour la l''^ série à 3 hommes, pour la 2^ à 4, pour la 3^ à 6, pour la 4® à 8. Les départs se donnent de plusieurs façons : départ volant, départ au mouillage, départ au chronomètre, départ successif, etc. Les prix sont attribués soit en ne tenant compte que de l'ordre d'arrivée, soit, lorsqu'ils sont en espèces, d'après le système dit du « temps primé », les yachts parvenus au but avant l'expiration d'un temps déterminé se partageant, avec le premier arrivé, la somme totale proportionnellement à leur retard sur lui.
Des régates ont lieu, chaque année, dans les principaux ports de mer, et à Meulan, sur la Seine, pour le Cercle de la voile de Paris. Dans les courses les plus importantes, l'enjeu est souvent une coupe de grande valeur, qui ne devient pas la propriété du yacht gagnant, mais qui est simplement remise en dépôt à la Société à laquelle appartient ce yacht et reste l'objet d'un défi ou challenge, perpétuellement ouvert aux yachts répondant aux conditions du concours. La plus fameuse est V America Cup, en argent incrusté de rubis. Créée par feu la reine Victoria sous le titre de « Coupe de la Reine », elle fut courue, pour la première fois, en 1851, à Cowes, petit port de l'île Wight, et gagnée deux fois, à quelques jours de distance, par un petit bateau américain, V America, appartenant au commodore du « New York Yacht Club », qui emporta le précieux trophée pour en orner son cercle, en même temps qu'au grand scandale des sportsmen anglais, il le débaptisa. Depuis, nos voisins d'outre-Manche ont tenté onze fois de reprendre la coupe à leurs rivaux, en 1870, 1871, 1876,1881, 1885,1886,1887, 1893, 1895, 4899 et 1901. Dans chacune de ces rencontres, qui toutes ont eu lieu à New York, l'avantage est resté aux yachts tenants du
YACHT — YALMAL
Fig. 4. — Le Columbisi, vainqueur de VAmerica cup en 1901.
«New York Yacht Club ». Lors de la dernière, le Coturnbia(ûg. 4), capitaine Charles Barr, et h Shamrock 11, capitaine Sycamore, ce dernier ayant pour propriétaire sir Thomas Lipton, le richissime épicier londonien, se trouvaient en présence.
Après une première épreuve sans résultat, le 26 sept., la course recommença le 28, au large de Sandy Hook, en présence d'un immense concours de spectateurs. De ll\15à4h,50,leS/iamrocklU qui rendait 46 secondes à son adversaire, tint la tête. Mais il fut finalement battu de 37 secondes, après une lutte acharnée. Le 3 et le 4 oct., le Columbia gagna de nouveau les seconde et troisième manches, avec 50 et 3 secondes d'avance. Il avait été parié des sommes considérables, et l'enthousiasme fut à New York indescriptible. Sa défaite coûtait à sir Thomas Lipton seul plusieurs millions de francs. En France, au contraire, les paris sur les courses de yachts sont à peu près inconnus.
Législation. — La navigation de plaisance bénéficie d'une législation de faveur. Les yachts sont soumis à toutes les formalités de la francisation : déclaration à la douane, délivrance du certificat de jaugeage, etc. Mais le commandement en peut être exercé par le propriétaire ou par toute autre personne, sans qu'aucune garantie professionnelle soit exigée. Les matelots en peuvent être ou non des inscrits maritimes, aucun mousse n'y est obligatoirement embarqué, et ils ne reçoivent pas de rôle d'équipage. II leur est seulement délivré, par le chef du service de l'inscription maritime, un « permis de navigation de plaisance », qui a une durée d'un an. Il comporte la faculté de pêcher accidentellement et à titre de passe-temps, au moyen de deux lignes armées de deux hameçons. Les yachts qui veulent se livrer à la pêche avec des filets ou autres engins doivent payer, au profit de la Caisse des invalides de la marine, une redevance annuelle de 12 fr., augmentée, par chaque tonneau de jauge en plus du cinquième, de 1 fr. Le produit de la pêche ne peut, dans tous les cas, être vendu (1. 20 juil. 1897, art. 1 et 2). Toute infraction à cette disposition, ainsi que le fait de naviguer sans permis, sont punis d'une amende allant de 50 à 500 fr. (art. 5). Quant aux rapports du propriétaire ou capitaine avec l'équipage, ils ne sont, au point de vue légal, que ceux d'employeur à employé et se trouvent déterminés par les termes des engagements. On donne d'ailleurs, habituellement, au règlement ainsi imposé le nom de « coutume du yacht ». L. S.
BiBL. : R. Mazerat, la Navigation de plaisance en France. Lois, décrets et circulaires; Paris, 1886. — J. de Catcjs, Construction et pratique des bateaux de plaisance et yachts; Genève, 1890. — Ph. Daryl, le Yacht. Histoire do la navigation maritime de plaisance ; Paris, 1890. — Baron T. de Wogan, Epltome de yachting ; Paris, 1893, 2 voL — A. Ciiancel, Etude et graphique de la formule de jauge de V Union des yachts /Vançais ; Grenoble, 1894.
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YACK (Zool.) (V. Boeuf).
YACO DAMAN. Satrapes perses (V. Kshajrapas).
YAGUAS (Anthrop.) (V. Pérou, t. XXVI, p. 419). YAHGAN. Habitant lie la Terre de Feu (V. Amérique du Sud, t. II, p. 709, et Feu TTerre de]). YAHVEH (V. Jehovah).
YAHYA, homme d'Etat arabe (V. Barmécides).
YAIGNE. Riv. du dép. aille et-Vilaine (V. cet art.).
YAI NVILLE.Com. du dép. de la Seine-Inférieure, arr. de
Rouen, cant. de Duclair; 281 hab. Stat. de chem. de fer.
YAKOBA. Ville du Soudan central, par 40<» W lat. N.
et 78<*41' long. E., cap. du Baoutchi, royaume vassal du
Sokoto. Rohlfs y a trouvé 150.000 hab., Haoussas,
Peuls, etc. C'est un grand centre commercial.
YAKOUB-Beg (Mohammed-Badaoulet), sultan de Kachgar, né à Tachkend en 1820, tué le 31 mai 1877. Il commandait en 1853 Akmetchet (auj. fort Perowsk) et défendit en 1864 Tachkent contre les Russes. Il profita de l'insurrection des Dounganes contre les Chinois (1865) pour se rendre maître du Turkestan chinois {N . cet art.), que Ton appelait auparavant pays des Sept Villes (Yetti-chahr) et de son temps pays des Six Villes (Attichahr) (cf. Tart. Mongolie), le Thian-chan-Nan-Lou des Chinois. Il y ajouta le pays montagneux de Sarykoul et les villes d'Ouroumtsi et prit le titre de Défenseur de la foi (iSlO), mais fut battu par les Chinois en 1876 et assassiné par un de ses employés.
BiBL. : BouLGER, Lifc of Yakoob Beg ; Londres, 1878. YAKOUB-ben-Leïth, fondateur de la dynastie des Saffarides (V. Perse, t. XXVÏ, p. 461).
YAKOUB-Khan, émir d'Afghanistan (V. ce mot). YAKOUB-YousEF (Abou). Nom de deux rois marocains (V. Maroc, t. XXIII, pp. <^6S et 270).
YAKOUT~Chihâr-al-din-al~Hamawi (Abou Abdallah), géographe arabe, né en 1178 de parents grecs, mort près d'Alep en 1229. Amené comme captif à Bagdad, élevé par un marchand arabe, il devint scribe, libraire, fit de grands voyages scientifiques vers le Turkestan, compulsa la bibliothèque de Merv et rédigea avec l'aide d'Ibn-al-Kifti un grand dictionnaire géographique. Moudscham-aUBouldar, édité par Wustenfeld (Leipzig, \mQ- 1873, 6 vol.). Son dictionnaire biographique n'a pas été publié en Europe.
YAKOUTES. Peuple de Sibérie, branche N.-E. des peuples turcs (V. ce mot. Races humaines, Linguistique, Asie), refoulé au xiv® siècle des parages du Baikal dans la vallée de la Lena. Il s'appelle lui-même Sacha et paraît avoir été mélangé au iii« siècle de Ouigours (V. ce mot) refoulés au N. Les Vakoutes sont pasteurs et chasseurs. Ils sont environ 300.000 et nominalement chrétiens. Leur langue se parle d'Irkoutsk à la mer d'Okhotsk et de la frontière chinoise à l'océan Glacial, sur un domaine immense, mais désert.
BiBL. : SsEROciiEvsKY, les Yahoutes (russe) : Saint-Pétersbourg, 1896 et suiv.
YAKOUTSK. Ville de Sibérie, ch.-l. d'une province (oblast) du gouv. général d'Irkoutsk, par 62^2' lat. N. et 127^24' long. E., sur un bras 0. de la Lena; 6.200 hab. (en 1897). Ville bâtie en bois, fondée en 1632 par les Cosaques; marché des fourrures de la Sibérie du Nord; foire du 10 juin au 1*^'' août.
La prov. de Yakoutsk, vaste de 3.971. 266 kil.q., comptait283.9o4hab. en 1897,soitlhab.parl4kiLq.; 240.000 sont Yakoutes, 10.000 Toungouses, 2.300 Lamoutes, 30.000 Russes (dans les villes et colonies pénitentiaires); ajoutez quelques centaines de Youkagires, Tchouktches, Tchouvanzes, Koriaks. Le commerce se fait par la Lena vers Irkoutsk et par le port d'Ayan sur la mer d'Okhotsk. On récolte un peu d'or sur les rives du Vitim et de rOlekma. La province comprend cinq districts Yakoutsk, Verkhoiansk, Viliouisk, Kolymsk, Olkminsk.
YALE (Université) (V. Newhaven).
YALMAL. Presqu'île de Sibérie, gouv. de Tobolsk, sur l'océan Glacial, entre la mer de Kara et la baie de l'Ob; longue de 980 kil., large de 2/iO au S., 140
YALMAL - YANG-TS
au N., occupée par les marais de la toundra avec des îlots d'épaisses broussailles. Quelques Samoyèdes y nomadisent.
YA-LOU (coréen Ap-rok-kang). Fleuve du N.-E. de l'Asie, le plus considérable de la Corée, tributaire de la baie de ce nom. Il sert de limite N.-O. entre la Corée et Ja Mandchourie. Sa longueur totale est d'environ 500 kil.; profond et large, les barques de mer remontent à 50 kil. de son embouchure, les barques de rivière jusqu'à 200 kil. L'embouchure est assez large, mais encombrée par des bancs de sable : les navires d'un certain tonnage mouillent le long des murs de Wi-ju (OEi-Tjiou); les gros vaisseaux s'arrêtent à Tatung-how. C'est sur les bords de ce fleuve que se passèrent les premières opérations de la guerre sino- japonaise en 1894-95 et qu'eut lieu notamment la grande bataille de Ya-lou (47 sept. 1894) gagnée par la flotte japonaise, commandée par l'amiral Ito. A. Th.
YAMAGATA. Ville du Japon, prov. deOuzen, dans l'île Nippon, ch.-l. de ken. Située au milieu d'une vaste plaine où coule le Sou-gawa, à 280 kil. de Tokio ; environ 27.000 hab. ; renommée par son commerce.
YAMAGATA (Aritomo), maréchal et homme d'Etat japonais, né en 1838. Ancien président du Conseil privé (1893), à plusieurs reprises président du Cabinet, le comte Yamagata fut désigné pour commander le P^ corps d'armée pendant la guerre de Chine (1894-95). Il chassa les Chinois de Corée par la victoire de Ping-yang (17 sept, 1894). Après avoir brillamment franchi le Ya-lou (oct. 1894), il marchait à la conquête deMoukden et du trésor fabuleux qu'on y supposait enfermé, quand le mauvais état de sa santé le contraignit à rentrer à Hiroshima. Il fut remplacé par le général Nodzou. Après la guerre, Y^imagata fut créé marquis et maréchal de l'empire ; il fit partie de la mission chargée de représenter l'empereur Moutsou-hito au couronnement du tsar Nicolas II, en 1896. Le maréchal Yamagata est aujourd'hui, avec le marquis Ito, l'une des personnalités politiques les plus marquantes du Japon. Albert Thomas.
YA M AS IRC. Province de la partie méridionale de l'Ile Nippon, région du Go-Kinaï (Japon) ; 480.000 hab. Son ch.-l. est Kioto (308.300 hab.), l'ancienne capitale.
YAMATO. Province de la partie méridionale de l'île Nippon (Japon), région du Go-Kinaï; 508.000 hab. Aujourd'hui elle forme le ken de Sakaï. La province de Yamato est célèbre par ses sanctuaires Shinto, dont les plus renommés sont ceux de Oho-va-yasiro, celui du mont Kassouga à Nara et celui de Tatsouda. Le ch.-l. est Nara (25.000 hab.), qui fut un moment la capitale du Japon (de 709 à 784). — Autrefois, le nom de Yamato s'appliquait à l'empire du Japon tout entier : cette large acception lui est encore donnée en poésie. Albert Thomas.
YAMBO (arabe Yambou). Ville d'Arabie, prov. du Hedjâz, sur la mer Rouge, à 200 kil. S.-O. de Médine, à laquelle elle sert de port. Aussi Yambo est-elle visitée chaque année par de nombreux bateaux à vapeur lors du pèlerinage et de l'importation des grains. Elle est entourée de murs ruinés. La population n'excède pas 4.000 hab. ; les Arabes Djohkînay sonttout-puissants. A 30kil. à l'intérieur, dans une fertile vallée au pied du Djebel lladwâ, se trouve Yambou an-nakhl (Yambo des palmeraies) entourée de palmiers et de maisons de campagne des commerçants du port.
YAMINA. Ville du Soudan (V. Nyamina).
YAMUNDA. Rivière du Brésil, affl. g. de l'Amazone où il se jette par 58^30' lat. 0. Rodrignez Ta remonté jusqu'aux chutes de Perdon.
YANAON. Colonie française de l'Inde méridionale, ch.-l. d'une petite possession française^ au N.-N.-E. de Pondichéry, sur la rive g. de la Gautami, bras g. du delta de la Godavari, à 12 kil. en amont de l'embouchure dans le golfe de Bengale; 5.327 hab. et 14 kil. q. Elle est enclavée dans le district anglais de Godavari (présidence
GRANDE ENCYCLOPÉDIE. — XXXL
de Madras). En 1839, un ouragan accompagné de mascaret ravagea la ville.
YAN6-FANG. Village du N.-E. de la Chine, dans la prov. de Tchi-li, à 31 kil. de Péking; gisement de quatre ou cinq couches d'anthracite, épaisses de 3 à 4 m. et alternant avec des couches plus épaisses de schistes argileux noirs ; l'exploitation est faite au moyen de galeries peu profondes et très basses où piochent, à genoux, les enfants.
YAN6-H10UNG, philosophe chinois (53 av. J.-C- 18 ap. J.-C). Sa doctrine tient le milieu entre les principes de la philosophie de Mencius et ceux de Soun-tseu; selon ce philosophe, il y a dans l'homme un mélange de bien et de mal, et le principe qui prédomine en lui est en rapport avec les dispositions individuelles, lesquelles se développent et dépendent entièrement de l'éducation et de l'habitude, et ne sont pas innées. On a de Yang- Hioung: le Fa-yen, ouvrage en 13 livres, qui contient un abrégé de sa doctrine philosophique, et le Tai-hiuanking, qui, d'après lui, est l'explication du Yi-^king; cet ouvrage est regardé comme beaucoup plus obscur que le Yi-king. Yang-kioung fut considéré dans les premiers siècles de notre ère comme un des principaux philosophes. Mais sa réputation a beaucoup souifert depuis que Tchouhi, philosophe du xvii® siècle, lui a reproché d'avoir été ministre de l'usurpateur Wang-mang, quoiqu'il eût servi les derniers souverains de la dynastie des premiers Han. YANG-TCHÉOU-Fou. Ville de la Chine orientale, ch.-I. de dép., dans la prov. de Kiang-sou, à 15 kil. du Yangtsé-kianget à 60 kil. de Nanking; 360.000 hab. Cette ville, d'un commerce important, est l'ancienne capitale du royaume des Yang ; Marco Polo en fut le ffouverneur de 1276 à 1278.
YANG-TGHOU, philosophe chinois qui vivait auiv® ou v^ siècle avant notre ère. Ses doctrines ont été sévèrement condamnées par Mencius (V. ce nom). Ce sage les définit ainsi : le principe de la philosophie de Yang-tchou est chacun pour soi [poussant l'égoïsme jusqu'à ne pas sacrifier un de ses cheveux dans l'intérêt de l'Empire].
YANG-TSE-KiANG. Le plus grand fleuve de Chine (V. ce mot, t. XI, pp. 87 et 88), appelé klQvi Fleuve Bleu^dx les jésuites sur leurs cartes du xvii® et du xviii® siècle. Il se forme dans le Tibet septentrional sur le versant N.-E. des monts Tang-la, dénommé Mour-oussou (fleuve tortueux) par les Mongols, Ditchou (fleuve du Yack) par les Tibétains, coule vers l'E. à travers la province de Koukou-nor, s'infléchit au S.-E. après le confluent du Naptchi-Taïoulan, entre en Chine proprement dite dans la prov. de Se-tchouen, passe- dans celle de Yunnan. Il porte alors le nom chinois de Kincha-kiang, resserré entre des massifs montagneux, où il décrit des courbes prononcées, alternativement vers le S.-E., le N.-E., le S., l'E., etc.; il y reçoit du N. le Yaloung (1.200 kil.) ; un grand coude vers le N.-E. le ramène dans le Se-tchouen, où il reçoit, à Sui-tchou, le Min (g.), regardé par les Chinois comme le fleuve principal ; il prend alors le nom de Ta~kiang, reçoit le Kia-ling (g.), au confluent duquel est la grande ville de Tchoung-king (cf. l'art. Se-tchouen), puis, à Foutcheou, le Wou (dr.), artère centrale de la prov. de Koeitcheou. Vers sa sortie du Se-tchouen, le fleuve adopte sa direction définitive vers l'E. et le nom de Yang-tsé. 11 franchit des défilés où son cours est gêné par des rapides. Entré en plaine vers I-tchang, il reçoit les eaux du lac Toung-ting, baigne la grande agglomération humaine de Han-keou, reçoit vers Kiou-kiang le tribut des eaux du lac Po-yang, déversoir de la prov. de Kiang-si; traverse les prov. de Ngan-hoei et Kiang-sou, arrosant Kiang-ning (Nanking), Tching-kiang, où le coupe le canal Impérial; il éparpille ses eaux en bras, enveloppant un delta de 14.000 kil. q., prolongé en mer par les îles Tsoungming, Ksitricha, etc. Son estuaire a 36 kil. de large. Le cours du Yang-tsé est très rapide jusqu'à la sortie du Se-tchouen : les embarcations ne peuvent 'remonter que