‹ La Grande encyclopédie (volume 2)Chapitre 599 sur 633 · YIN ^ YOKOHAMA · texte numérisé non relu

YIN ^ YOKOHAMA

de Yin à Ho pe et, ensuite, à Mou-ye (dans le Ho-nan) ; les guerriers de Tchéou attaquèrent ceux de Tching et les vainquirent ; plus tard, ils attaquèrent ceux de Y-khiou et firent leur chef prisonnier. Un grand nombre de Chinois orientaux, indignés de la conduite de l'empereur, s'embarquèrent et partirent fonder des colonies : on a pensé qu'ils allèrent peupler les îles Nippon et Kiou-siou au Japon, mais rien dans les Annales japonaises ne confirme ce sentiment ; beaucoup d'autres se révoltèrent et se rendirent indépendants. Ou-i accorda à Khi-li, fils de Tanfou, chef de la tribu Pin, qui vint lui rendre hommage, un territoire, des pierreries et des chevaux ; il mourut frappé par la foudre, pendant une partie de chasse. — Tai-ting (1494-92), fils de Ou-i. fut un prince modéré et prudent ; il mit Khi-li à la tête des troupes qu'il voulait envoyer contre le gouverneur de la principauté de Yen, pour faire rentrer les rebelles dans le devoir, et mourut sur ces entrefaites. — Ti-i (1191-55), fils de Tai-king, prince modeste et bon, vit revenir Khi-li triomphant de la principauté de Yen ; pendant les six premières années du règne, les peuples des pays de Yeou-ou, Si-lo, Chi-hou, Y-tou se révoltèrent : Khi-li les soumit ; il fut élevé à la charge de gouverneur de l'une des neuf provinces, puis ensuite créé prince de l'Empire (heou-pé) ; il mourut l'année suivante (1185). Ouen-ouang lui succéda dans le gouvernement de Tchéou et, en 1170, Ti-i envoya ce dernier combattre les révoltés au N. et à l'O. de l'Empire. — Chéou-sin (1154-22), fils de Ti-i, se distingua par ses qualités supérieures pour le mal ; son nom est resté le synonyme de tous les vices. Ta-ki, une courtisane, le subjugua entièrement : pour elle, il construisit une tour ea porcelaine et en marbre qu'il appela Lou-taï ou Tour des cerfs ; il institua le supplice du fer rouge, emprisonna Ki-tse et fit mourir Pi-kan, de la famille impériale. Les guerriers de Young, Chou, Khiang, Meou, Oueï, Lou, Peng, Po et toutes les peuplades du Se-tchouen marchèrent à la suite de l'armée de Ou-ouang et attaquèrent Chéou-sin : Ta-ki fut tuée, et Chéou-sin périt dans les flammes de la tour. Ou-ouang monta alors sur le trône et fonda la dynastie Tchéou, Albert Thomas.

BiBL.: P. Mailla, Histoire générale de la Chine; Paris, 1777, t. I. — E, BioT, Tchou-chou-ki-nien ou Tablettes chronologiques du livre écrit sur bambou; Paris, 1842. — J. Legge, The Chinese Classics ; Londres, 1872.— H. Cor- DiERj Bibliotheca Sinica; Paris, 1878-85, — E. Chavan- NES, les Mémoires historiques de Se-ma-Ts'ien; Paris, 1F95, 1. 1.

Y KEN S, peintres flamands (V. Eyckens). YLAN6-YLANG. Parfum aujourd'hui très employé en

Europe, Valanguilan des Chinois (V. ce mot) et qu'on désigne aussi quelquefois sous le nom à'orchidéol, parce qu'on l'extrayait tout d'abord d'une orchidée.

YLIJUMALA(Myth. scand.) (V. Finlande, p. 501).

Y M ARE. Com. du dép. de la Seine-Inférieure, arr. de Rouen, cant. de Boos; 210 hab.

Y ME RAY. Com, du dép. d'Eure-et-Loir, arr. de Chartres, cant. de Maintenon; 310 hab.

YMESFJIELD ou GALDH>CTIND. Montagne de Norvège (2.566 m.) (V. Scandinavie, t. XXIX, p. 645).

YMIR (Myth. scand.). Géant qui, selon un chant de l'Edda (le Voluspa), vivait à l'aurore du temps. Alors qu'il n'y avait point de sable, point de mer, point de vagues rafraîchissantes, ni de terre, ni de ciel élevé, alors que seul l'abîme existait, les frimas du Nord rencontrèrent les étincelles chaudes du Midi, et Ymir naquit de leur contact. Il fut tué par les fils de Borr : Odin, Wili et We qui le mirent en pièces. De son sang ils firent l'eau et la mer, de sa chair la terre, de ses os les montagnes, de ses cheveux les forêts, de son crâne le ciel et avec ses sourcils ils formèrent Midgard, pour les fils des hommes.

YMON VILLE. Com. du dép. d'Eure-et-Loir, arr. de Chartres, cant. de Voves ; 747 hab. Stat. de chem. de fer.

YNGLINGER. Dynastie royale de Scandinavie (V. cet art., t. XXIX, p. 687).

YNPERIAL (M.-Fr.), poète castillan (V. Impérial).

YNYSCYNHAIARN. Ville d'Angleterre, comté de Canarvon (Pays de Galles) ; 5.200 hab. Grandes ardoisières.

YOGA. Nom de l'un des six systèmes classiques et orthodoxes de philosophie hindoue. Le mot sanscrit qui le désigne veut dire à la fois « union » et « application ». En effet, sous sa forme actuelle, c'est une doctrine de 1' « union» mystique avec le Dieu personnel (le Seigneur), au moyen de la méditation, de la concentration delà pensée.

Il est impossible de faire une histoire exacte de la philosophie yoga. On ne la rencontre pas vraiment formulée dans les premiers monuments de la pensée hindoue, les anciennes Oupanichads ; on ne retrouve, dans ces textes, que certains éléments du système futur, par exemple la théorie des exercices mystiques. Mais cette philosophie a certainement influencé le bouddhisme et le jaïnisme dès une époque très reculée. Elle joue un grand rôle dans l'épopée et dans les livres de loi sanscrits. Il est rationnel de penser qu'au ii® siècle avant notre ère, elle avait une importance déjà ancienne. Le texte capital de l'école est le Sûtra de Patanjali. Cet auteur, selon les Hindous, serait aussi le fameux grammairien que nous savons avoir vécu à cette époque. Cette tradition semble fort acceptable. — Depuis, le yoga occupe une place considérable dans la pensée hindoue. Non seulement on retrouve sa marque dans le bouddhisme ancien, mais encore il entre pour une grande part dans la formation de l'école bouddhiste du Mahâyana, si florissante dans l'Asie du Nord. Dans l'Inde même, le brahmanisme classique et mystique (Purânas, Tantras) est imprégné de lui. Alberuni, le voyageur arabe, en a traduit des extraits. Il a peut-être été connu des Alexandrins, des Gnostiques, du soufisme. En tout cas, le spiritisme européen est en relations avec les ascètes adeptes du Yoga.

En principe, le Yoga est et a été considéré comme un annexe delà philosophie Sânkhy a {Y. cemoi). Comme elle, il proclame la dualité de l'esprit et de la matière, la supériorité du premier et la nécessité de le délivrer du malheur. De là le but du Yoga. Il tend à supprimer les « fonctions » de l'esprit, à le détacher du corps, en suspendant les « souffles »,'la vie animale et sensorielle, le défilé des états de conscience. La fin suprême, c'est un état d' « isolation absolue », de pensée pure et de « méditation » sans fond, sans dédoublement, sans conscience. Cet état succède à divers autres, et en particulier à un état oîi l'esprit s'abîme déjà dans la pensée tout en restant conscient. C'est en somme un état d'hypnose ou de catalepsie, d'extase proprement dite. La nature des moyens qui permettent d'y atteindre prouve surabondamment ce caractère. Ces moyens, ce sont les « pratiques » du Yoga ; elles ont pour but de réaliser progressivement une absolue et pure intellectualité : soins donnés à la pureté des corps et des mœurs; station assise et immobile; rétention delà respiration ; occlusion des organes des sens ; application de l'esprit à des objets uniques ; méditation contemplative. L'obtention de l'extase procure à l'ascète (yogin) des pouvoirs magiques considérables, pouvoir sur les esprits, sur les corps, connaissance des vies antérieures, du passé, du futur, mobilité spirituelle, etc.

La théorie théiste, qui fait maintenant partie intégrante du système, semble lui avoir été, originairement, étrangère. Elle est, en tout cas, surérogatoire. Le Yoga se définit lui-même comme étant « la suppression du fonctionnement de la pensée »(Yo^â^SM^m,I, 2). Il a dû être une mystique pure. En fait, la notion d'un Dieu personnel est contradictoire à la théorie du Sânkhya qui n'admet qu'une âme universelle, et dont notre philosophie dépend. C'est probablement une addition orthodoxe, datant de la rédaction brahmanique des Sûtr as. M. Mauss.

BiBL. : Garbe, Sâmkhy a-Yoga ; Strasbourg, 1896.

YOKOHAMA. Ville maritime du Japon et port ouvert au commerce étranger, dans la province de Mouzasi, région moyenne de l'île Nippon, sur la côte N.-O. de la

Page 1