‹ La Grande encyclopédie (volume 2)Chapitre 600 sur 633 · YOKOHAMA — YONNE · texte numérisé non relu

YOKOHAMA — YONNE

baie de Tokio; ch.-I. du ken deKanagava; à 29 kil. de Tokio; 493.762 liab. (en 4899).Jusqu'en 1859, Yokohama n'était qu'un petit village abritant seulement un millier de pêcheurs; mais sa merveilleuse situation, au fond d'une baie sûre s'ouvrant sur le Pacifique, a vite contribué à en faire le premier centre commercial de l'Empire et à supplanter le port officiel de Kanagava. Totalement incendiée en 1866, la ville s'est aussitôt reconstruite. Aujourd'hui Yokohama comprend trois parties distinctes : la ville japonaise, la ville chinoise et la ville européenne (concession pour les étrangers) ; le nombre des étrangers est d'environ 6.000 dont les deux tiers sont des Chinois, puis viennent en nombre décroissant les Anglais, les Américains, les Allemands, les Français, les Hollandais, les Portugais, etc. Cette ville est le siège d'un tribunal ressortissant à la cour d'appel de Tokio et dont la juridiction s'étend sur le ken de Kanagava ; elle possède une chambre de commerce, une église qatholique, des temples protestants, des hôpitaux, des écoles, des banques, des théâtres où Ton donne des spectacles en langues française et anglaise, un arsenal pour la consstruction et la réparation des vaisseaux. Ses rues, larges et bien tracées, sont cailloutées ou macadamisées; son éclairage est fait à la lumière électrique. Les journaux (japonais, anglais et français) y sont très répandus et, relativement à la population, plus nombreux qu'à Tokio. Ses concours hippiques, implantés par les résidents étrangers, sont les plus renommés de l'Extrême-Orient.

La ville de Yokohama, la première du Japon, a été dotée d'une ligne télégraphique: celle reliant le phare et le tribunal pour les correspondances officielles (25 déc. 1869) et, l'année suivante, celle la faisant communiquer avec Tokio; d'une ligne de chemin de fer (1872), inaugurée par le mikado; d'une amirauté (1876); d'un service d'eau du système européen (nov. 1887) ; du téléphone (16 déc. 1890). Ses principaux articles d'importation sont : le sucre, les cotonnades, les métaux et objets en métal, les lainages et le pétrole ; ceux d'exportation : le thé, la soie écrue, les soieries et le cuivre. En 1898, les entrées dans le port ont été de 829 navires jaugeant 1.715.951 tonnes; les importations se sont élevées à 283.317.525 fr., et les exportations à 204.964.025 fr.

YOLE (Navig.). Petite embarcation étroite et légère, quelquefois très longue, ordinairement de faibles dimensions et très rapide. Elle ne sert que pour la navigation de plaisance et, le plus ordinairement, est à rames. Elle prend alors, lorsque les porte-nage sont en dehors des plats-bords, le nom (Toiitrigger (V. Canotage). Elle ne doit pas être confondue avec le ymvl, qui est un type de yacht à voiles (V. Yacht).

YOLET. Corn, du dép. du Cantal, arr. et cant. (N ) d'Aurillac ; 587 hab. Stat. du chem. de fer d'Orléans.

YOLOFS. Peuple de la Sénégambie (Y. Ouolofs).

YGM-Keppour (Relig. juive) (V. Juif, t. XXI, p. 274).

YOMOUDES. Peuple du Turkestan (V. Turcomans).

YON. Rivière du dép. de la Vendée (V. ce mot).

YON (Edmond-Charles), peintre et graveur français, né à Paris le 31 mars 1841. Elève de Puget et Lequiem, il débuta avec une série de gravures sur bois et d'eauxfortes d'après Van der Meulen, Millet, etc.; il s'adonna ensuite à la peinture et se classa parmi les bons paysagistes; parmi ses œuvres principales, qui valent surtout par le charme du coloris, nous citerons : Chemin à Vélizy, la Bulle Monlmarlre en 1870 y Avant la pluie y Bords de la Marne, la Rafale, un Orage dans la plaine d'Enfer, un Calvaire dans la dune.

YONCQ. Com. du dép. des Ardennes, arr. de Sedan, cant.de Mouzon; 272 hab.

YONNE {Imgana, îcauna, Yona). Rivière de France, affl. gauche de la Seine, qui naît dans le Morvan (mont Preneley), près de Glux, à 726 m. d'alt., parcourt les dép. de la Nièvre, de l'Yonne, de Seine-et-Marne, passe

à Clamecy, Cravant, Auxerre, Laroche, Joigny, Sens et finit à Montereau. Ses principaux affluents sont le Beuvron de Clamecy (g.), la Cure(dr.), le Serein (dr.), l'Armançon (dr.), la Vanne (dr.). Longue de 293 kil., elle draine 10.887 kil. q., débite en moyenne 75 m. c, 17 à l'étiage, 1.300 en grande crue. Ce débit est supérieur à celui de la Seine. Navigable sur 108 kil. d'Auxerre à Montereau, elle est flottable en trains depuis Armes. Pour les détails sur le cours et le bassin, V. les art. consacrés aux dép. de la Nièvre, de 1' Yonne et de Seineet-Marne).

YONNE (Dép. de 1'). Situation, limites, superficie. -— Le dép. de l'Yonne, situé dans la région E. de la France, en tirant sur le centre, doit son nom à sa principale rivière, qui le traverse du S. au N., et baigne sa capitale et deux de ses chefs-lieux d'arrondissement. 11 a pour coordonnées extrêmes 47° 18' 15''— 48^24' 50'' lat. N. et 0« 30^40'' -- 2« 0' 20'' long. E. Il est borné : au N.-O., par le dép, de Seine-et-Marne; à l'E., par ceux de l'Aube et de la Côte-d'0r ; au S. , par celui de la Nièvre ; à rO., par celui du Loiret ; ses frontières sont presque exclusivement d'ordre conventionnel. A vol d'oiseau, sa capitale, Auxerre, est à moins de 150 kil. S.-E. de Paris (175 par voie ferrée). Long territoire, il n'a pas moins de 135 kil. du S.-S.-E., au N.-N.-O. de l'entrée de la rivière Cure à la sortie de la rivière Yonne; du S. au N., il n'a pas 100 kil. au maximum sous le méridien qui passe entre Sens et Joigny. Son contour est de 550, en ne tenant pas compte des crochets infimes en dedans et en dehors. Son aire, mesurée rigoureusement par les bureaux du ministère de la guerre, ressort à 7.494 kil. q,, soit 1.333 ou 1.334 de plus que les 616.000 ou 617.000 hect., qui sont la moyenne du département français : c'est, comme étendue, la 12*^ de nos circonscriptions. Il répond environ au 71^ de la France.

Relief du soL — Le S.-E. du territoire, le Morvan, se différencie très nettement du reste du département, dans la région méridionale de l'Avallonnais, au pays de Quarré-les-Tombes et de la très pittoresque Chastellux, au midi d'Avallon, ville qui est exactement au point de contact entre les roches primitives de ce Morvan et de la région du lias ; à cette dernière formation géologique succède celle de l'oolithe, ensuite celle de la craie, roches relativement modernes qui sont l'assise de presque toute la circonscription «yonnaise». Le Morvan, qui occupe au

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colline commandant la rive droite de la Cure, au midi de (iuarré-les-Tombes, tout près des limites de la Nièvre et de la Côte-d'Or. Il n'y a pas lieu de s'appesantir sur la description de cette contrée, dont il a été suffisamment parlé en son lieu (V. Nièvre [Dép.]) ; il suffira de la caractériser en deux mots : des granits, des gneiss et schistes cristallins ; des dômes surbaissés et point de pics pointus ; des gorges creus) s, profondes, raboteuses; des torrents à cascades; des étangs, des prairies, des forêts, des bruyères; etplusde froids, plus de pluies, plus de brumes que dans les autres quatorze quinzièmes de l'Yonne. Juste à côté de ces lieux les plus mouvementés, autant que les plus infertiles du département, délicieux à parcourir pendant la belle saison, la Terre Plaine, autour de Guillon-sur-Serein, et jusqu'à l'Isle, aussi sur Serein, la Terre-Plaine est tout ce qu'il y a de plus uniforme; mais son sol, décomposition du lias, est fécond, bien travaillé, relativement riche.

Une autre région de quelque originalité, la Puisaye, repose sur la craie, au S.-O. et à l'O.-S.-O. d'Auxerre, autour de Saint-Sauveur « en Puisaye », de Saint-Fargeau, de Bléneau, et en tirant sur Toucy et Charny. Cette Puisaye, qui s'étend aussi dans les dép. du Loiret et de la Nièvre, est caractérisée par l'étalement, sur sa surface, d'une argile à silex « semée de bois où des étangs miroitent, où des ruisseaux ont creusé des ravins montrant

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à nu les étages du soubassement crétacé » ; pays plat, en somme, peu visité des pluies, ce qui ne l'empêche pas d'abonder en nappes d*eau, d'être humide, brouillardeuse, marécageuse, vu l'imperméabilité du soi. « Ses sommets sont abandonnés aux bois et aux labours, ses vallons sont comme des rues habitées » ; ses paysans cultivent des champs et entretiennent des prairies, les uns comme les autres protégés par des haies vives ; ou bien ils coupent, ils émondent la forêt et mènent les troncs, bûches et fagots au port de Rogny-sur-Loing par des routes « macadamisées avec du laitier de fer qui les rend indestructibles : lorsqu'elles sont encadrées de verdure, ces routes ressemblent à des allées de parc ».

Un troisième pays original, le pays d'Othe (auquel a part aussi le dép. de l'Aube), dresse ses collines entre l'Yonne au S. et à l'O., et la Vanne au N. : collines de craie, « rehaussées de plaques, souvent volumineuses, d'argiles à silex ou d'argile ocreuse, produits de la désagrégation des craies sous-jacentes et propices à la végétation sylvestre » : d'oti de vastes bois favorisés par 700 millim. environ de pluie par année. En réalité, c'est une contrée de Champagne, qui tient à la Champagne Pouilleuse et serait devenue, elle aussi, « pouilleuse » si le revêtement de forêt ne l'avait préservée de trop de sécheresse ; beaucoup de ses vallons, de ses ravins, gais, bien arrosés, suffisamment productifs, sont plus gracieux, plus plantureux, qu'on ne l'attendrait d'une telle nature de sol et d'un pareil voisinage.

Pour tout le reste de son territoire, l'Yonne, soit oolithique, soit crétacée, ressemble aux autres pays de même « texture » ; elle montre le contraste classique entre les collines sèches, les plateaux sans rus, sans fontaines, les taillis chétifs, les pentes broussailleuses, ou nues, ou livrées aux pampres de la vigne, et les vallées fraîches, herbeuses, ombreuses, heureuses, arrosées par des rivières vives, des fontaines intarissables.

Régime des eaux. — Sauf les eaux d'une partie de la Puisaye qui, dans les cant. de Saint-Sauveur-en- Puisaye, de Saint-Fargeau, de Bléneau, ont leur pente vers la rive dr. de la Loire, tous les cours d'eau du département aboutissent à la rive g. de la Seine : ce fleuve ne traverse, n'écorne ni n'effleure le territoire (il s'en faut, au minimum, de 3 kil.), mais en reçoit le tribut par l'Yonne et, à un bien moindre degré, par le Loiîig.

L'Yonne a bien près de 200 kil. de déroulement (sur 293) dans le département qu'elle nomme et traverse de part en part, du S.-S.-E. au N.-N.-O. ; elle y draine ou sous-draine 6.250 kil. q. (sur 10.887 de bassin total) : donc, comme cours, la circonscription d'Auxerre possède les 2/3 de la rivière, et, comme bassin, pas loin des 3/5. Arrivée de son département natal, la Nièvre, en aval de Clamecy, par 435 m. d'alt., sous forme, moins de rivière que de riviérette, avec lit de 15 à 20 m. seulement entre rives et débit ordinaire de pas plus de 3 à 4 m. c, elle ne tarde pas à grandir singulièrement par l'annexion de fontaines et de ruisseaux de l'oolithe, et si elle n'est pas navigable, le canal du Nivernais y supplée, qui est l'un de ceux qui relient la Seine à la Loire. Elle passe, en une vallée parfois belle, presque toujours riante, à ou près Coulanges « sur Yonne », les curieux bourgs de Châtel-Censoir et de Mailly-le-Château, conquiert, à dr., la Cure au bourg de Cravant, par 115 m. au-dessus des mers, et, de ce fait, devient un large cours d'eau ayant de 50 ou 60 à 80 m. entre rives en amont d'Auxerre, de 75 ou 80 à 100 en aval. Elle laisse à 4.500 m. à g. Coulanges-la-Vineuse, baigne Auxerre, terme du canal du Nivernais et point de départ de la navigation officielle, avec mouillage de 1^^,60 au-dessus du confluent de l'Armançon et de 2 m. en aval; puis, ayant abandonné l'oolithe pour la craie, elle absorbe à dr. le Serein, puis à dr. encore, à Laroche, son plus grand affluent l'Armançon, que remonte le canal de Bourgogne, lien de commerce et navigation entre la Seine et la Saône ; elle conle devant

Joigny, Saint- JuHen-du-Saut (à petite distance à g.), Villeneuve « sur- Yonne », Sens où arrive à dr. la Vanne, Pont « sur- Yonne », et pénètre en Seine-et-Marne pour s'y joindre peu après à la Seine à Montereau-Faut-Yonne, par 46 m. au-dessus des mers ; elle fait plus que doubler le futur fleuve de Paris, de par 17 m. c. en eaux basses (contre 10), 75 en eaux ordinaires (contre 60), 800 à 1.200 en crue (contre 400 à 600) ; mais la Seine, qui égoutte surtout des terrains perméables (à l'encontre de l'Yonne), est plus régulière dans ses allures et beaucoup plus limpide.

Parmi ses affluents, il faut indiquer : en amont de l'entrée dans le département, à g., la Druye, partie des fontaines de Druyes, au bourg de Druyes, au pied d'un coteau coiffé des ruines d'un château fort du xii® siècle, (12 kil., plus, en amont des sources, 8 kil. de vallée sèche, 192 kil. q., 350 lit.).— Le Chamoux (13 kil., 45 kil. q.), qui afflue, à dr., à Châtel-Censoir. — La Cure, venue du Morvan, delà Nièvre, égoutte du 12^ au 11® du territoire : 668 kil. q. (sur 1.277), en un cours de 59 kil. (sur 109); c'est un courant très vif, très rugueux et pittoresque ; elle passe à Chastellux, quitte les granits à Pierre Perthuis, qui est un lieu très beau avec pont antique; elle baigne Saint-Père, au pied du dur coteau portant la célèbre ville de Vézelay , s'empare, à dr . , du Cousin, envoie en hautes eaux un bras dans la caverne des Goulettes, onde qui va ressortir de l'autre côté du coteau, baigne Vermenton et, large moyennement de 30, 35, 40 m., amène à l'Yonne 1 m. c. aux eaux les plus basses possible, 2 en étiage coutumier, 16 en volume ordinaire* Quant au Cousin, né en Côte-d'Or, c'est de la Nièvre qu'il arrive dans l'Yonne, oii il parcourt 51 kil. (sur 65) et draine 278 kil. q. (sur 416) : il court dans des gorges sylvestres, ténébreuses, il laisse Quarré-les-Tombes à 2.800 m. à l'O., Saint-Léger-Vauban à 2 kil. à TE., absorbe le Romanet, sorti de la Côte-d'Or, serpente au bas du rocher dont Avallon couvre la plate-forme et prend une vingtaine de mètres de largeur ; c'est un courant d'une por* tée moyenne de 5 m. c, d'un étiage de moins de 500 litres.

Le Vallan, tributaire de g., a perdu ses sources, détournées pour l'usage d'Auxerre : il se verse dans l'Yonne à Auxerre même. — La Beaulche, ou Baulche, affl. de g., s'achèye à 6 kil. sous Auxerre; 28 kil., 161 kil. q. — La Sinotte, affl. de dr. qui arrive à Gurgy, parcourt 18 kil. et écoule 46 kil. q. — Le Serein, issu de la Côte-d'Or, appartient à l'Yonne pour 130 kil. sur 186 et pour 1.009 Idl. q. sur 1.458. Entré dans le territoire presque exactement au lieu où il quitte les granits morvandiaux, il baigne Guillon, passe en vue de la vieille Montréal, bourgade qui coiffe un coteau isolé, serpente devant l'Ile-sur- Serein et se vide insensiblement à son passage sur l'oolithe par les trous et fissures de son lit ; tellement qu'il peut arriver à n'avoir pas une goutte d'eau à Noyers, du moins en été ; mais c'est justement alors qu'il redevient lui-même, dans cette ville, par de superbes fontaines qui ne donnent jamais moins de 200 litres, et qui le plus souvent en versent 500, 1.000, 1.200, voire plus; dès lors, redevenu rivière et prenant une vingtaine de mètres d'ampleur, dans nn val aux collines célèbres par leurs vins, il rencontre Chablis, Ligny-le-Châtel, laisse Seignelay à 1.500 m. à g. et s'achève par 85 m., à 4 kil. en amont de l'Armançon. Etiage très faible, débit coutumier 6 à 7 m. cubes.

L'Armançon, « monarque incontesté dans le bassin de l'Yonne, celle-ci à part », se déroule pendant 105 à 106 kil. dans le territoire (sur 174), et il y égoutte 1.039 kil. q. (sur 2.950). Il procède de la Côte-d'Or. Fort peu abondant quand il arrive dans la circonscription, comme n'ayant couru que sur des granits, surtout des lias, il s'accroît considérablement dans l'Yonne, aux grandes fontaines de Toolithe, mais ces sources étant fort sensibles aux longues sécheresses, il diminue très fort en été et au commencement de l'automne : d'autant qu'il s'épuise aux éclusées du canal de Bourgogne, qui descend la vallée en

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sa route de la Saône à la Seine : aussi peut-il ne débiter que 4.500 litres par seconde à son embouchure, contre 24 m. c. (?) en belles et bonnes eaux. Aisy, Nuits et Ravières, Ancy-le-Franc, Tanlay, Tonnerre, Flogny, Saint- Florentin, Briénon, telles sont ses principales bourgades et villes riveraines (ou à peu près) jusqu'à son embouchure à Laroche, a 8 ou 9 kil. F.-S.-E. de Joigny. Principaux tributaires : la font d'Arlot, près de Cry : 350 lit. , étiage 50. — La font de la Papeterie, près Ravières : i50 lit., étiage 2. — La font de Ravisy, à Saint- Vinnemer : 100 lit., étiage 20. -~ La font Saint-Jean, près Tonnerre : 400 lit. , étiage 290. — La fameuse Fosse Dionne (Divonne, Divine) à Tonnerre : 100 lit., étiage 50, etc. — Plus, le rude Tanlay (17 à 18 kil., 161 kil. q. de vallées sèches du cant. de Cruzy-le-Ghâtel). — L'Armance, notable riviérette dont le bassin de 534 kil. q. est presque tout entier dans l'Aube, et qui sur 45 kil. n'en a que 17 dans l'Yonne : les documents officiels lui attribuent 9.600 Ht. par seconde (?), contre 12.500 à l'Armançon ; elle aboutit à Saint- Florentin. — La Créanton arrive de la forêt d'Othe; elle finit à Briénon : 25 kil., 134 kil. q., 1.350 lit. (?).

Le Ravillon, tribut, g. de l'Yonne, naît à 10 kil. vers l'O. d'Auxerre et atteint l'Yonne à 5 kil. en amont de Joigny : 25 kil., 95 kil. q., 300 lit., avec étiage de 150. — Le Tholon, affluent de g., commence à 6 kil. E. de Toucy, baigne le bourg d'Aillant « sur Tholon », et rencontre l'Yonne à 2.500 m» en aval de Joigny : 32 à 33 kil., 170 kil, q., 500 lit. — Autre tributaire g., le Saint- Vrain, plus courtement Vrain ou Vrin, a ses débuts à côté de Toucy et sa fin à 4 kil, à l'aval de Joigny : 39 kil., 169 kil. q., 371 lit. — L'Ooques, le ru de Saint-Juliendu-Sault, encore à gauche, a pour origine la Grande-Fontaine, belle source à l'issue d'un réseau de vallées sèches : 8 à 9 kil., 65 kil. q., 300 lit. — Le Saint- Ange, affl. de dr., procède de la forêt d'Othe et s'achève en aval et près de Villeneuve-sur- Yonne ; long de 22 à 23 kil., en un bassin de 112 kil. q., il ne tire que 50 lit. de ses vallées sèches, pays de craie ; en arrivant à l'Yonne, il s'unissait à la très grande fontaine de Coche pied (315 lit. à la seconde), mais Paris s'est emparé de cette source pour son aqueduc de la Vanne.

La Vanne, notable affluent de dr., est un frais et très constant courant de la craie blanche, long de 59 kil. (dont 34 pour l'Yonne) en un pays très perméable de 947 kil. q. (desquels 481 pour l'Yonne); elle arrive du dép. de l'Aube, et presque aussitôt perd plusieurs des meilleures sources de son bassin pour l'usage de Paris, qui les confisque par son célèbre aqueduc de la Vanne, à partir des trois surgeons d'Armentières : sur un espace de 20 kil. environ (et toujours sur la rive g.), la grande ville lui dérobe ainsi une moyenne de 1.257 lit. par seconde, avec minimum de 945, maximum de 2.225, « pertes très sensibles qui n'en laissent pas moins à la Vanne 4.683 Ht. en portée ordinaire, et 2.500 en étiage » : une des fontaines les plus abondantes que Paris ait achetées, la Bîme (Abîme), donne de 99 à 308 lit. par seconde, au bourg de Cérilly; le ruisseau vif qu'elle envoyait à la Vanne est donc maintenant à peu près sec. La Vanne rencontre en route Villeneuvel'Archevêque, elle hume à dr. l'Alain ou Allain, à g. le ru de Cerisiers, et finit dans la ville de Sens, en deux bras; quant à sa dérivation, elle passe des coteaux delà rive dr. de l'Yonne à ceux de la rive g. par un aqueduc de 1.500 m. de long et pénètre en Seine-et-Marne près de Villeneuve-la-Guy ard. — L'Oreuse, dernier affluent de quelque longueur, à dr., perd ses eaux à mesure qu'il descend sa pente ; elle commence sous l'église de Thorigny, s'ouvre au ravin presque toujours sans eau de la Couée, qui passe au bas deSergines, elle s'achève à 1 .500m. en aval de Pont-sur- Yonne : 18 kil., 14.500 hect. de vallons secs, 120 lit., étiage 0, ou presque.

Le Loing draine directement 250 kil. q. de l'Yonne, et indirectement, par Ouanne, Biez, Bez, Lunain, Or vanne, 900; donc, en tout, i.150 kil. q., soit les 15/100^ du

territoire. C'est un fils de la Puisaye, né sur un massif de 300 à 373 m., faîte entre Seine et Loire ; il baigne Saint- Sauveur, hume les déversoirs de maints étangs et s'endort lui-même dans l'étang de Moutiers, long de 1 .200 m. ; il boit à dr. le Bourdon, à Bléneau, se saigne par la rigole de Saint-Privé, qui se dirige vers le bief de partage du canal de Briare, voie de navigation entre Seine et Loire ; il arrose Bléneau, Rogny, l'un des grands ports du susdit canal, lieu de formation des radeaux et d'embarquement des bois de la Puisaye; aussitôt après, il s'engage dans le dép. du Loiret par 140 m. d'alt. en même temps que le canal de Briare, qui descendait dans sa vallée par l'escalier des sept écluses de Rogny, et y descend aujourd'hui nioins rapidement le long d'un vallon de la rive g. C'est ici un très pauvre ruisseau presque sans eaux en été, en partie à cause des emprunts pour les éclusées du canal. — L'Ouanne, qui est, au vrai, la branche essentielle du Loing, plus longue que lui de 10 kil. en un bassin de 310 kil. q. plus vaste, quand ils se rencontrent en amont de Montargis (Loiret), l'Ouanne a dans l'Yonne 54 kil. (sur 70) et 749 kil. q. (sur 910). Partie d'un faîte de 300 à 388 m., à 7 ou 8 kil. N -0. de Courçon, elle passe au voisinage de Fontenoy-en-Puisaye, le heu de la terrible bataille de 841 , baigne Toucy, absorbe à g. le Branlin (33 kil., J55 kil. q., 250 lit.) et quitte Yonne pour Loiret par 130 m. au-dessus des mers. — Le Biez, Bied, Cléris, Cléry (40 kil.) n'a dans le territoire que tout à fait le haut de son vallon, de même que le Bez, et tous deux passent bientôt en Loiret, . mais le Lunain y a ses 20 premiers kil., sur 50, en une conque de près de 300 kil. q.; il s'y perd sous terre près de Montacher, puis reparaît, baigneChéroyets'engageen Seine-et-Marne; quant à rOrvanne, c'est 10 kil. qu'ellle parcourt dans l'Yonne, sur un cours total de 40 en un bassin de 200 kil. q.

Au bassin de la Loire n'appartiennent que les commencements de trois tributaires droits du fleuve, la Vrille, la Chenille, la Trézée : celle-ci rempht l'étang de Champoulet, long de 2 kil. et fournit des eaux aux éclusées du canal de Briare; ils s'achèvent dans le dép. du Loiret.

D'après la Statistique des cours d'eau, usines et irrigations du dép. de V Yonne, les rivières, riviérettes, rus du pays animent 650 usines (les cours d'eau navigables non compris dans le total); là-dessus, il y a près de 500 moulins et minoteries, 23 scieries à bois, 6 scieries à pierre, 23 huileries, des filatures et foulons, etc. La rivière la plus occupée, le Serein, en fait tourner plus de 60, l'Armançon 60 environ, le Cousin plus de 50, la Vanne 35, l'Ouanne 30, le Loing 25, le Branlin 24, le Tholon 24, etc.

Les fameuses « éclusées » de l'Yonne et de la Cure sont maintenant une chose du passé ou à peu près ; elles consistaient en ceci qu'on ouvrait au temps voulu, l'un après l'autre, suivant des heures bien calculées, tous les pertuis des barrages de retenue de ces deux rivières : on créait de la sorte un « flot» considérable, qui emportait vers l'aval les trains de bois destinés à Paris. C'est pour faciliter ces éclusées qu'on a doté la Cure d'en haut (dans la Nièvre) du barrage-réservoir des Settons (24 millions de m. c), et qu'on en avait projeté plusieurs autres dans le bassin du Cousin : si l'on se décide à les réaliser, ce ne sera plus pour le transport des bois, qui est passé du flottage au convoiement par chemin de fer, mais bien pour les irrigations du pays d'en bas.

^ Climat. — Sauf à l'extrémité S.-E., la climatologie de l'Yonne diffère peu de celle de la région parisienne. Température : en hiver, 3«; au printemps, 9°,9; en été, 19^,3; en automne, ll«. La température moyenne annuelle pour la région peut être évaluée à il«, soit 2 dixièmes de plus que celle de Paris, qui est de 10^8. Dans les villes comme Auxerre, Sens, dont la situation est analogue, les températures moyennes des diverses saisons sont à peu près égales. Mais dans les bourgs des plateaux ou des plaines, à Cerisiers, par exemple, et surtout à Cruzy, l'hiver est sensiblement plus froid, tandis

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que, pendant les fortes chaleurs, la température s*uniformise ; elle s'élève presque tous les ans à M^ et jusqu'à '6^^, La hauteur moyenne annuelle des pluies est de 74 centim. dans la région 0., le bassin du Loing et une petite portion du bassin de la Loire; de 68 dans la vallée de l'Yonne (628 millim. à Auxerre) et les vallées des affluents secondaires; de 82 dans la région E., dans les vallées des grands affluents de l'Yonne. C'est donc la vallée de l'Yonne qui reçoit le moins d'eau. La quantité de pluie va en augmentant du N.-O. au S.-E., comme le relief du sol. La contrée qui avoisincla forêt (i*Othe(Sairit-Julien-du-Sault, Cerisiers, Chailley) reçoit aussi une plus grande quantité d'eau. La hauteur moyenne pour le département tout entier est de 75 centim. Le nombre des jours pluvieux présente de grandes variations. A Auxerre, centre du département, il est de 450 en moyenne, ce nombre comprenant tous les jours donnant une quantité de pluie appréciable (depuis 4 miUim.). La fréquence des pluies est plus grande sur les points élevés ou voisins de massifs boisés : ainsi à Cruzy, il pleut en moyenne pendant 180 jours. Les pluies torrentielles extraordinaires ne s'observent que pendant les orages, mais ne le cèdent en rien aux sacs d'eau du midi de la France. A Cruzy, Marsangis, Charny, on a pu mesurer de ces sacs d'eau qui ont donné de 1 à 2 millim. par minute. Le nombre des jours d'orage varie annuellement entre 40 et 50. L'arr. de Sens y est moins sujet que les autres régions. En moyenne, une localité quelconque voit passer 8 orages. Les vents dominants sont ceux du S.-O. àO. qui donnent de 440 à 480 jours par an; puis le courant polaire, vent de N. à N.-E., qui souffle de 90 à 430 jours. Le vent le plus rare est celui du S.-E , qui ne règne en moyenne que pendant une quinzaine de jours chaque année.

Flore et Faune naturelles (V. France, § Flore; France et Europe, § Faune).

Histoire depuis 1789. -— Depuis sa création en 4790 aux dépens de la Champagne, de la Bourgogne, de l'Orléanais, de l'Ile- de-France, le dép. de l'Yonne a pâti plus ou moins des invasions, à mesure que ces invasions se sont rapprochées de Paris, en 4 84 4, 4845, 4870-74 ; il a beaucoup souffert du coup d'Etat du Deux-Décembre (V. cet article).

Parmi les hommes de quelque célébrité postérieur à 4789, nés sur ce sol, l'on citera : l'écrivain Rétif de La Bretonne {4734-4806), né à Sacy, près Yermenton; Regnaud de Saint-Jean-d'Angé!y (4 762-4 84 9), homme politique, né à Saint-Fargeau ; l'économiste Germain Garnier (4754-4824), né à Auxerre; le grand général Davout (1770-4823), né à Annoux, près l'Isle-sur-Serein ; le grand mathématicien Fourier(4768-4830), né à Auxerre; Bourrienne (4769-4834), secrétaire intime de Napoléon, né à Sens ; le chirurgien Roux (4 780-4 854) , né à Auxerre ; l'architecte et érudit Caristie (4783-4862), né à Avallon; l'avocat Marie (4797-4870), homme politique; Edouard Charton (4807-90), homme politique, écrivain, né à Sens ; le lexicographe Pierre Larousse (4817-75), né à Toucy, etc., etc. 0. Reclus.

Divisions administratives actuelles. — Arrondissements. — Le dép. de l'Yonne comprend 5 arrondissements : Auxerre, Avallon, Joigny, Sens, Tonnerre ; ils sont subdivisés en 37 cantons et 486 communes. On en trouvera plus loin le détail.

Justice. Police. — Le département ressortit à la cour d'appel de Paris. Auxerre est le siège des assises. Il y a 5 tribunaux de première instance (4 par chef-lieu d'arr.) ; 3 tribunaux de commerce à Auxerre, Joigny et Sens; 4 justice de paix par canton. Le nombre d'agents chargés de constater les crimes et délits était, en 4894, de 249 gendarmes (49 brigades), 7 commissaires de police, 24 agents de police, 538 gardes champêtres, 735 gardes particuliers assermentés, 432 gardes forestiers. Il y eut 3.786 plaintes, dénonciations et procès^ verbaux.

Finances. — Le département possède 4 directeur et 4 inspecteur des contributions directes à Auxerre, 4 trésorier-payeur général à Auxerre, 4 receveurs particuliers à Avallon, Joigny, Sens et Tonnerre, 2 percepteurs à Auxerre et à Tonnerre ; 4 directeur, 4 inspecteur, 5 sousinspecteurs de l'enregistrement; 5 conservateurs des hypothèques (4 par arr.). Le recouvrement des contributions indirectes est assuré par 4 directeur et 2 inspecteurs à Auxerre, 4 sous-directeur à Joigny, 2 receveurs principaux entreposeurs à Auxerre et à Joigny, 3 receveurs entreposeurs à Tonnerre, Avallon et Sens.

Instruction publique. — Le dép. de l'Yonne relève de l'Académie de Dijon. L'inspecteur d'académie réside à Auxerre. Il y a 6 inspecteurs primaires (4 par arr. et 4 à Toucy). L'enseignement secondaire se donne aux garçons dans un lycée, à Sens, et dans 4 collèges communaux, à Auxerre (collège Paul-Bert), Avallon, Joigny et Tonnerre ; et aux filles dans un lycée à Auxerre. Il existe 3 écoles primaires supérieures de garçons à Saint-Fargeau, Sens et Toucy, et 2 écoles primaires supérieures de filles à Bléneau et à Joigny. Il y a des écoles normales primaires d'instituteurs et d'institutrices à Auxerre. L'enseignement professionnel est représenté par l'école pratique d'agriculture de La Brosse (V. l'art. Ecole, t. XV, p. 475), et 4 station agronomique et 4 chaire d'agriculture, à Auxerre.

Cultes. — Le département forme pour le culte catholique le diocèse de Sens (archevêché), qui a pour suffragants les évêchés de Troyes, Nevers et Moulins. Le dép. compte (au 4®'' nov. 4894): 3 vicaires généraux, 9 chanoines, 49 curés, 440 desservants, 4 vicaires. Le culte réformé, qui n'avait aucun pasteur spécial au département, compte environ 4.500 fidèles. Le culte Israélite ne possède aucun ministre officiant spécial au département et compte environ 400 fidèles.

Armée. ~ Le dép. de l'Yonne appartient à la 5^ région militaire (Orléans). La 47« brigade d'infanterie a son siège à Auxerre. Au point de vue du recrutement et de la mobilisation, le dép. forme les 4^^ (Sens) et 5® (Auxerre) subdivisions du 5® corps d'armée.

Divers. — Le dép. ressortit à la 5® légion de gendarmerie (Orléans), à la division minéralogique du N.-E. (arr. de Chalon-sur-Saône), à la 44« inspection des ponts et chaussées, à la 6^ région agricole (Est), à la 8^ conservation des forêts (Troyes). Le dép. possède 2 chambres de commerce à Auxerre et à Sens et 5 chambres consultatives d'agriculture (4 par arr.).

Démographie. — Mouvement de la population. — Lerecensement de 4896 a constaté, dans le dép. de l'Yonne, une population totale de 332.656 hab. Voici, depuis le commencement du siècle, les chiffres donnés par les recensements précédents :

Il résulte de ces chiffres que la population du dép. de l'Yonne a d'abord augmenté, depuis le commencement du xix« siècle jusqu'en 4855, et qu'elle a ensuite diminué d'une façon constante, de sorte qu'elle est presque retombée au point où elle était il y a un siècle.

Le mouvement a été à peu près uniforme dans les différentes parties du dép., sauf dans la portion S.-E., comme on peut s'en rendre compte en comparant les recensements de 4804 et de 4896, arrondissement par arrondissement :

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ARRONDISSEMENTS

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