THIERRY —• THIERS
christianisme aux iv^ et v® siècles ^ suite d'articles dans la Revue des Deux Mondes (1861-65). H. Conrad.
THIERRY (Edouard), littérateur français, né à Paris en 1813, mort à Paris le 27 nov. 1894. Il fit ses études au lycée Gharlemagne, et, à Tâge de vingt ans, fit paraître un volume de vers. Mais il abandonna bientôt la poésie, et, en 1836, entra dans la critique littéraire et dramatique. Il fit paraître des articles d'un goût sûr et fin, et d'un style élégant et sobre dans la France littéraire, le Moniteur du Soir, la Chronique, la Vérité, etc., jusqu'en 1855. En oct. 1859, il fut nommé administrateur du Théâtre-Français. On a de lui quelques romans : Sous les rideaux (1834) ; Histoire de Djouder le pêcheur
THIERRY (Gilbert- Augustin), littérateur français, né à Paris le 11 févr. 1843, fils d'Amédée Thierry. 11 fit ses études de droit et en 1865 fut reçu auditeur au Conseil d'Etat. Dès ce moment, il s'occupa de recherches historiques et publia dans la Revue française des articles remarqués sur les Révolutions d'Angleterre (1864) et des Essais d'histoire religieuse (1867); il collabora ensuite à la Revue des Deux Mondes, à la Nouvelle Revue et rédigea dans la Revue illustrée le bulletin dramatique. Il s'est bientôt tourné vers le roman où il mêle d'une manière originale des données historiques, des observations psychologiques et une couleur surnaturelle. Il a écrit : V Aventure d'une âme en peine (iSl^), qui peint la société française à la fin du xvi^ siècle ; le Capitaine Sans- façon (1882), récit d'une tentative vendéenne contre l'Empire en 1813 ; Marfa, le Palimpseste (1887); la Tresse blonde(iBSS) ; ldSavelli(iS90),romm passionnel du second Empire ; Récits de r occulte; la Bien-aimée, Rediviva, la Rédemption de VArmor (1 892) . Gilbert- Augustin Thierry a cherché à substituer au naturalisme dans le roman un surnaturel particulier qu'il nomme l'idéal.
THIERRY-Delanoué (Paul-Edmond), homme politique français, né à Paris le 17 mars 1845. Il fut élu en 1889 et réélu en 1893 et 1898 député de Bar-sur- Aube ; républicain modéré.
THIERS. Com. du dép. de l'Oise, cant. et arr. de Senlis, sur la Thève ; 270 hab. D'abord possession de la maison de Nanteuil, cette seigneurie fut donnée en 1269 par Renaud de Nanteuil, évêque de Beauvais, à sa mense épiscopale. Cette forteresse, ayant été prise et dévastée par la Jacquerie, fut démantelée en 1431, puis vendue en 1*566 par le cardinal de Châtillon au connétable de Montmorency, qui la joignit alors à sa terre de Chantilly. Les ruines de la forteresse de Thiers (mon. hist.) présentent encore un aspect imposant ; elles se composent d'un rectangle de 70 m. de côté, entouré de fossés et de boulevards, et flanqué de neuf tours ayant 7 m. de diamètre intérieur. Son architecture paraît faire remonter la construction au commencement du xiii® siècle. C. St-A.
THIERS (lat. Tigernum). Ch.-l. d'arr. du dép. du Puy-de-Dôme, sur le ravin de la Durolle (affl. dr. de la Dore); 17.135 hab. (12.200 aggl.). Stat. du chem. de fer. de Clermont à Montbrison. L'aspect de la ville est très pittoresque avec ses constructions étagées sur les pentes abruptes du mont Besset, d'où rues et maisons dégringolent jusqu'aux rives de la Durolle. Celle-ci, par une série de chutes naturelles ou artificielles, fait mouvoir près de 200 usines établies sur les bords et jusqu'en travers de son lit. La papeterie (papier du Timbre), la quincaillerie (boutons d'os, de corne,, limes) et surtout la coutellerie, occupent le plus grand nombre ; le travail dégrossi à l'usine est achevé à domicile par les ouvriers, et plus de 15.000 se rattachent ainsi dans la ville et dans les environs au centre industriel. La ville a accentué cette physionomie depuis que ses édifices noircis par la houille ne sont plus dominés par son château et son énorme donjon ; les trois faubourgs, qui de la ville proprement dite dévalent vers la rivière : Pont-de- Seychalles, Saint- Jean, Moutier, tendent à se rejoindre.
Le coin le plus pittoresque est la rue de la Vaure composée de maisons aux étages à surplomb et poutres sculptées ; elle aboutit à la place du Pirou remarquable par sa mai-
Le pont à Thiers,
son du XV® siècle ; citons encore ; l'église Saint-Geniès fondée en 575, rebâtie en 1120 et souvent remaniée; l'église du Moutier, le pont Saint-Jean ou de Seychalles avec ses deux arches du xv® siècle, en contre-bas de la belle chute du Creux-Saillant.
THIERS (Jean-Baptiste), théologien et érudit, né à Chartres en 1636, mort en 1703. Il fut successivement professeur au collège Du Plessis, à Paris, curé de Chatnprond-en-Gâtine, près de Chartres, curé de Vibraye (diocèse du Mans). — Ses ouvrages attestent une incontestable érudition, d'une curiosité fort téméraire chez un écrivain catholique ; ils sont rédigés avec une indépendance d'esprit, qui en a fait mettre quelques-uns à Vindex. Les principaux sont : De Festorum dierum immunitione (Lyon, 1668, in-12) ; liraité de V exposition du Saint-Sacrement (Paris, 1673, 2 vol. in-12) ; V Avocat des pauvres {^d^vis, 1676, in-12) ; Dissertation sur les porches des églises (Orléans, 1679, in-12) ; Traité des superstitions selon l'Ecriture sainte (1679, in-12) ; Des Jeux ou Divertissements qui peuvent être permis ou dé fendus aux chrétiens (1686, in-12); Histoire des perruques (1690, in-12); Contre les carrosses ; Dissertation sur la Sainte-Larme de Vendôme, dont Thiers demandait la suppression; Critique du bréviaire revisé de Clugny ; De l' Absolution de V hérésie. E.-H. V.
THIERS (Marie-Joseph-Louis- Adolphe), homme d'Etat et historien français, né à Marseille le 14 avr. 1797, mort à Saint-Germain-en-Laye le 3 sept. 1877 (la maison natale, rue Thiers, n° 40, a été rachetée par M^^*' Dosne et donnée à l'Académie de Marseille en 1901 : la chambre où Thiers naquit recevra de la donatrice quelques portraits et souvenirs de famille). — Petit-fils de Louis-Charles Thiers, avocat au parlement de Provence et archivaire (c.-à-d. à la fois archiviste et administrateur viager de la ville de Marseille) ; fils de Louis-Marie, que la Révolution priva de la survivance (V. ce mot) de ces charges, et de demoiselle Marie-Magdeleine Amie ; légitimé par leur acte de mariage du 24 floréal an V (13 mai 1797), il entra au lycée de Marseille avec une bourse entière (1806) que lui accorda la municipalité, tant en compensation des pertes que sa famille avait subies qu'en souvenir des services que son père et son grandpère avaient rendus sous l'ancien régime. Etudiant en droit à Aix (1815), où il se lia étroitement avec Mignet, il fut reçu avocat en 1820 ; il obtint l'année suivante, sur un sujet proposé par l'Académie d'Aix, l'éloge deVauvenargues, à la fois le prix et un accessit : pénétrant l'esprit de ses juges, il avait adressé deux travaux, l'un d'Aix, l'autre de Paris. En sept. 1821, il se rendit à Paris avec Mignet : « pauvres d'argent et riches d'espérance », ils logèrent ensemble dans une mansarde au sixième, passage Montesquieu. 11 fut accueilli avec bienveillance par Etienne et Manuel. Le Constitutionnel publia des fragments de son premier essai ; il y donna des articles de politique cou-