‹ La Grande encyclopédie (volume 2)Chapitre 606 sur 633 · YPRES - YPSILANTI · texte numérisé non relu

YPRES - YPSILANTI

quelques beaux tableaux et des instruments de torture. Beaucoup de façades anciennes de maisons particulières ont été soigneusement conservées et contribuent à donner à la ville un cachet très original. Les archives communales d'Ypres sont extrêmement riches. Le conservateur actuel J. de Sagher en a publié un excellent inventaire (1898). La bibliothèque de la ville possède une magnifique collection d'imprimés yprois et de précieux manuscrits avec miniatures. Les principaux hommes célèbres nés à Ypres sont : Jean Iperius, chroniqueur du xiii^ siècle ; Jean de Dixmude, historien (f 1436);Torrentius, historien (f 1677) ; Thomas, peintre, élève de Rubens (f 1673); Becanus, poète latin (f 1683); Alph. van denPeereboom, historien et homme d'Etat (f 1884).

La ville d'Ypres s'est formée au x® siècle autour d'un château fort, bâti par les comtes de Flandre. Au xiv® siècle, elle était devenue une place de guerre importante, et l'industrie drapière avait pris une importance énorme ; ses foires y attiraient un immense concours d'étrangers et sa population dépassait 80.000 âmes. La peste et les guerres civiles ruinèrent l'industrie dès le xv^ siècle, et les luttes rehgieuses du xvi® siècle réduisirent la population à 5.000 hab. Au siècle suivant ,*Ypres fut prise quatre fois par les Français, en 1648, 1649, 1658 et 1678, et resta à la France jusqu'au traité d'Utrecht qui rendit la ville aux Pays-Bas cédés à l'Autriche. De 1715 à 1782, la place fut occupée par une garnison hollandaise, en vertu du traité de la Barrière (1175). Louis XV s'en empara en 1744, mais sans la garder. Elle redevint française de 1794 à 1814 et appartint ensuite successivement aux royaumes des Pays-Bas et de Belgique. Les fortifications ont été démantelées, et ont fait place à de pittoresques boulevards. Les armoiries de la ville d'Ypres sont : De gueules à la croix vairée, au chef d' argent, à double croix de gueules. Le pape Paul IV avait érigé à Ypres, en 1559, un évêché; il fut supprimé en 1801. Voici la liste des titulaires de ce diocèse :

M. Rythore, f 1583; P. Simons, f 1605; C. Masius, transf. à Gand, 1609; J. de Visschere, f 1613; A. de Haynin, f 1626; G. Chamberlein, f 1634; C. Jansenius, t 1638; J. Bouckaert, tl646; J.-F.de Robles,tl659; M. Prats, t 1671; H. van Halmale, f 1676; G. Herincx-, -f 1678; M. de Ratabon, transf. à Viviers, 1713: C.-G.F. de Laval-Montmorency, f 1713; J.-B. de Smet, transf. à Gand, 1731; G. Delvaulx,t 1761; F.-J.-H.de Wavrans, f 1784; C.-A. d'Arberg, 1786 à la suppression du siège, en 1801. E. H.

BiBL. : A. VAN DEN Peereboom, Ypriann. Notices. notes et documents sur Tpres ; Bruges, 1878-83, 7 vol.in-4.

YPRÉSIEN (Géol.) (V. Suessonien).

YPREVILLE-BiviLLE. Com. du dép. de la Seine- Inférieure, arr. d'Yvetot, cant. de Valmont; 652 hab.

YPSILANTI ou HYPSILANTIS. Famille d'hommes politiques grecs. On rencontre en Moldavie, en 1736, sous Grégoire Ghica, un hetman, Constantin Psiolu, qui marie sa fille avec Stefanita, fils du prince Michel Racovitza ; on cite :

Alexandre Ypsilanti, fils de l'aga Constantin-Emmanuel Kiourtchibacha Psiolu, homme très instruit, drogman pendant la guerre russo-turque, est partisan de l'Autriche qu'il favorise durant les négociations qui précèdent la paix de Kaïnardji. Cette paix conclue, c'est un peu à l'influence allemande, presque prépondérante alors, qu'il dut sa nomination au principal valaque sur lequel il réussit à se maintenir pendant huit ans (1774- 82), malgré les intrigues des Maurocodato, des Ghica, des Calimachi. A l'intérieur, il reprend la politique éclairée des Maurocordato ; ses mesures administratives tendent à relever l'agriculture, le commerce ; il nomme une commission de huit boïars pour étudier et surveiller le développement des industries; il fixe les impôts, qu'il partage en quatre portions égales ; il organise la garde des frontières, fait la première tentative pour avoir un service de sûreté, prend des mesures pour

extirper les prévarications des fonctionnaires, introduit l'ordre dans le corps judiciaire, institue le greffe des tribunaux et promulgue en roumain un code de lois qui restera en vigueur une quarantaine d'années. Les résultats de cette sage administration furent excellents. Mais comme, à la suite de l'entrevue de Mohilev entre Joseph 11 et Catherine II (1780), une certaine méfiance commença à régner à Constantinople contre l'Autriche, ses ennemis purent facilement le compromettre près la Grande-Porte. La fuite de ses deux fils en Transylvanie et l'éclat de l'ambassade de ïenache Vâcârescu, envoyé vainement pour les ramener, le discréditèrent : le 26 janv. 1782, il dut se retirer. Placé ensuite à la tête de la Moldavie (1786-88), toujours par l'influence allemande, Alexandre Ypsilanti, quand la guerre éclata entre les Turcs et l'Empire, se laissa prendre par l'Autriche qui occupa les principautés pendant que les Turcs enfermaient son épouse et torturaient son fils pour lui faire avouer ses richesses qui, selon la délation de l'ambassadeur anglais, devaient dépasser 20 millions. — Exilé en 1793 à Rhodes par les intrigues de Morouzi, il revint néanmoins, en 1796, au trône valaque en dépensant toute sa fortune et réussit à faire donner le drogmanat à son fils Constantin. Cette fois, voulant refaire sa fortune, ilfutrapace et avide. Le besoin qu'avait la Porte d'un prince énergique, capable de l'aider à étouffer la révolte de Pasvan-Oglu, de Vidin le fit remplacer par Constantin StangerH.

Constantin Ypsilanti négocie, comme drogman, l'alliance turco-anglo-russe contre Napoléon et obtient en récompense le gouvernement moldave qu'il ne put garder que deux ans (1789-1801) à cause de sa politique trop franchement russophile. C'est par là même que l'année suivante, la Russie ayant fini par gagner toute la confiance turque, il revint au pouvoir, mais en Valachie, et son règne de quatre ans (1802-1806) marque un pas décisif de l'influence russe dans le monde grec et dans les principautés. Son administration est habile et généreuse ; il réussit à imposer le calme, malgré les incursions incessantes des révoltés de Pasvan-Oglu, qu'il prend comme prétexte pour organiser une armée ; il encourage les révoltes serbes et turques contre le sultan ; il fallut toute l'énergie de Sebastiani pour décider la Porte à le chasser ; prévenu à temps par son père, il put en fuyant, éviter la mort, mais il rentra le 25 déc. 1806 à Bucarest, précédé de l'armée russe d'occupation et, comme le prince moldave s'était enfui à Constantinople, il régna sur les deux principautés. L'armistice de Stobozia (24 août 1807) ayant confié l'administration du pays à un conseil de boïars {divan) ^ il se retira en Russie.

Alexandre- Constantin Ypsilanti, son fils, après avoir perdu un bras dans l'armée russe à la bataille de Dresde et obtenu le grade de major, se met à la tête de l'hétairie grecque, à laquelle il veut donner une grande impulsion, en organisant la révolte contre les Turcs dans les principautés roumaines. (îuoique n'ayant pas réussi à obtenir l'approbation du tsar Alexandre P^, il organise l'armée en Moldavie avec le secours du prince M. Soutzo qui, contrairement à celui de Valachie, Al. Soutzo, favorisait le mouvement; il passe, le 20 fév. 1801, en Moldavie et tout de suite en Valachie, dont le prince, empoisonné par les révolutionnaires, avait laissé le trône à une régence. Sommé (le 28 fév.) par le consul russe de se tenir tranquille, rayé des cadres de l'armée russe, menacé d'excommunication par le patriarche grec, il entre à Bucarest le 25 mars, qu'il quitte bientôt à la nouvelle de l'arrivée des armées turques, non sans avoir essayé de gagner Tudor Wadimrescu, le chef des paysans roumains révoltés aussi. Comme celui-ci s'était rallié au parti national roumain, Ypsilanti le fit assassiner. A la bataille décisive deDragasani(7juin), il assista, aune distance de 3 milles, à l'écrasement de son armée, et le lendemain lança une proclamation accusant ses troupes de lâcheté. Il réussit à s'enfuir en Autriche et, en 1828,

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