ZOÉ — ZOLA
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ZOÉ (ZooL). Forme de révolution des Crustacés Décapodes. Le stade Zoea se rattache typiquement au stade Nauplius (V. ce mot), par l'intermédiaire de la forme Protozoé. Dans celle-ci on trouve un œil frontal avec yeux pédoncules, des antennes très développées devenues aptes à la natation, des mandibules ayant perdu leurs tiges, deux paires de mâchoires et deux paires de pieds-mâchoires. C'est alors qu'apparaît le stade Zoé avec yeux pédoncules, cinq paires de pattes thoraciques en forme lie tubes bifides ; l'abdomen se divise alors en sixsegments ; il existe un bouclier avec aiguillon antérieur. Voilà ce qu'on observe, chez le Pénée par exemple. Le stade Zoé est suivi du Mysis chez le Pénée, de V Acanthosoma chez le Sergeste et du Mégalope chez le Crabe.
ZOE, impératrice byzantine, née vers 978, morte en 1052. Son père Constantin VIÎl (V. ce nom) lui fit épouser le patrice Romain Argyre qu'il désigna pour lui succéder; Romain lll (V. ce nom), faible vieillard, fut bientôt supplanté près de Zoé par son chambellan, le beau Paphlagonien Michel, frère du tout-puissant eunuque Jean ; ils firent périr Romain, et Zoé éleva au trône Michel IV qui l'épousa (avr. 1034). L'eunuque, qui avait régné sous son nom, fit, après sa mort, adopter par Zoé un de ses neveux, Michel le Calfat, qui devint l'empereur Michel V (10 déc. 1041) : celui-ci s'empressa de bannir son oncle et de cloîtrer sa femme ; mais le peuple s'insurgea, délivra Zoé et sa sœur Théodora (avr. 1042) ; Michel V et l'eunuque Jean furent aveuglés, le second en mourut. Le pouvoir fut alors exercé par les deux sœurs Zoé et Théodora, dernières survivantes de la dynastie macédonienne ; mais, dès le 1 1 juin, Zoé éleva à l'Empire un autre de ses amants, Constantin IK Monomaque (V. cet art.), qu'elle épousa en troisièmes noces et dut supporter l'installation officielle au palais de la concubine Sclérène, honorée, comme elle, du titre à'Augusta.
ZOEGA (Jœrgen), archéologue danois, né à Dahler (Jutland) le 20 déc. 1755, mort à Rome le 10 févr.1809. Après des études à Gœttingne et des voyages répétés en Italie, il se fixa définitivement à Rome, où il devint en 1798 consul général de Danemark. Ses ouvrages, qui traitent principalement des antiquités égyptiennes et de la sculpture antique, le mettent au nombre des archéologues les plus émineuts. Il faut surtout citer : Nummi Mgyptii imperatorii (1787) ; De origine et usu obeliscorum (1797); / hassirilievi anticki di Rom,a (1808,2 vol.); Catalogus codicum copticorum manuscriptormn qui in museo Borgiano Velitris adservantur (1810), son œuvre maîtresse et qui est d'une haute valeur.
ZŒLLNER (Johann-Karl-Friedrich), astronome et physicien allemand, né à Berlin le 8 nov. 1834, mort à Leipzig le 25 avr. 1882. Il était astronome à l'observatoire de Leipzig et professeur d'astronomie physique à l'Université de la même ville. 11 s'occupa surtout de spectrographie céleste. Il imagina en 1860 l'instrument appelé astro-photomètre, perfectionna les méthodes photométriques et, l'un des premiers, procura les moyens d'observer avec précision les protubérances solaires. Outre de nombreux mémoires parus principalement dans le recueil de la Société des sciences de Leipzig, il a publié : Ueber die Natur der Kometen. Deitràge zur Geschichte und Théorie der Erkennlnis (Leipzig, 1871 ; 3® édit., 1883) ; Prinzipien einer elektrodynamischen Théorie der Materie (Leipzig, 1876); Wissenschaftlichen Abhandlungen (Leipzig, 1877-81, 4 vol.), etc. L. S.
ZO FIN G EN. Ville du suisse, cant. d'Argovie, sur la Wigger, dans une contrée agréable et fertile ; 4.602 hab. Soieries et cotonnades.
ZOHAIR (Ben-Abou-Selma), poète arabe de la fin du VI® siècle ap. J.-C, l'un des trois grands moralistes arabes antérieurs à Mohammed, auteur d'un célèbre Moallakaten 64 distiques (éd. et trad. Rosenmiiller, Leipzig, 1792, in-4) ; il eut pour fils le poète Korab.
ZOÏLE (ZwtXo;), sophiste contemporain d'Isocrate (fin
du IV® siècle av. J.-C), né, croit-on, à Ephèse ou à Amphipolis. Il est surtout fameux comme détracteur d'Homère, dont il faisait profession d'expliquer et de commenter le texte; aussi le surnomma-t-on «le Fléau d'Homère », 'Ofxr]po{i.àai:i$. C'était peut-être le titre de l'ouvrage, en neuf livres, qu'il avait composé sur les poèmes homériques, et où il prenait un malin plaisir à dénigrer l'œuvre illustre, à railler toutes les absurdités prêtées, soit aux dieux, soit aux héros, à flétrir maint vice ayant son maître aux deux. Conséquemment, le nom de Zoile, au rebours de celui d'Aristarque, est demeuré proverbial pour désigner un interprète d'esprit étroit, envieux et partial. Notons, d'ailleurs, que le trait essentiel de cette critique mesquine était précisément de manquer, au premier chef, de sens historique et critique, dans l'acception moderne du mot. L'antiquité répandit, sur le compte de Zoïle, une quantité de fables. On prétendait, par exemple, que, condamné à mort par le roi Ptolémée Philadelphe, il avait été lapidé ou crucifié par la multitude, enthousiaste du chantre d* Achille. — Outre le recueil précité de remarques hypercritiques — et dénuées de critique — sur Homère, on attribuait encore à Zoïle plusieurs études, dont aucune n'est parvenue jusqu'à nous, notamment une Histoire d'Amphipolis et une Histoire générale du monde jusqu'à Philippe de Macédoine. Victor Glâchant.
BiBL. : Plutarque, Qu. conv., 5, 4, 2. — Suidas, art- ZojiXoç. — Cf. aussi Al. Pierron, Iliade, introd. du 1. 1, p. XXV, et t. II, append. VI.
ZOÏSITE (Miner.) (V. Epidote et Jade).
ZOLA (Emile), romancier français, né à Paris le 2 avril 1840. Fils d'un ingénieur italien, François Zola, chargé de diriger la construction du « Canal Zola », en Provence (mort à Aix en 1847), il fut élevé dans le midi de laFranceet vint terminer ses études aulycée Saint-Louis, à Paris, en 1858. Rentra ensuite à la librairie Hachette, se destinant à cette profession, et fut chargé des relations avec les journaux. Pendant ses heures de loisir, il s'adonnait à la littérature , et écrivait des articles de critique littéraire ou théâtrale pour des périodiques (Progrès de Lyon^ Petit Journal, Evénement Gaulois, Cloche, Corsaire). Bientôt il s'essaya dans le roman et fit paraître les Mystères de Marseille et le Vœu d^une morte, qui n'eurent pas de succès ; il serait difficile de trouver dans ces premiers livres l'indication du puissant talent qu'il devait avoir dans la suite ; ou pourrait en dire autant àQS Contes à Ninon (1864), qui furent cependant accueillis avec faveur par le public. Eu 1865, parut un roman « physiologique », la Confession de Claude, et en 1867 Thérèse Raquin (peinture physique des hallucinations du remords). Ce dernier fi vre est déjà caractéristique de la direction que prend le talent de Zola, le naturalisme le plus brutal, décidé à étaler toutes les tares physiques et morales de l'humanité. En 1868, Madeleine Férat est une étude de la fatalité héréditaire.
C'est à partir de cette époque que Zola commença, inspiré par le souvenir de Balzac, le célèbre cycle de romans basés sur cette théorie pessimiste et naturaliste : les Roug on- Macquart (1811-93), qu'il définit lui-même : l'histoire naturelle et sociale d'une famille sous le second Empire ; cette série comprend vingt volumes, intitulés la Fortune des Rougon, épisode du coup d'Etat en province (1871) ; la Curée, peinture de la débauche mondaine de 1860 à 1870 (1874) ; le Ventre de Paris, description des Halles et de leurs habitués (1874); la Conquête de Plassans (1875) ; la Faute de V abbé Mouret, ces deux livres mettant en scène les mœurs du Midi et les souffrances dues au célibat d'un prêtre (1875) ; Son Excellence Eugène Rougon (pseudonyme d'un des hommes politiques du second Empire) (1876) ; V Assommoir (1878); Une page d'amour (1878); Nana (1880). Cette première série de dix volumes parut de 1871 à 1880. Il commença ensuite une seconde série qui comprend : Pot-Bouille (1882); Au Bonheur des da-
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ZOLA - ZOLLVEREil
mes (1883); la Joie de vivre (i883) ; Germinal (18^5), rude peinture des misères du prolétariat ; rOEurre(1886); la lerre (1888), qui représente le paysan dans sa réalité la plus grossière; le jR^t;^ (1888) ; la Bête humaine (1890); l'Argent (1891), tableau des scandales financiers; la Débâcle (1892), peinture réaliste des luttes sanglantes de la guerre de 1870, et le Docteur Pascal (1893) : on trouve dans ce livre l'arbre généalogique complet de la famille des Rougon-Macquart inventée par l'auteur. Le premier de ces romans qui obtint un succès éclatant fut F Assommoir, le plus caractéristique certainement, le plus franc et le plus puissant des romans naturalistes de Zola : c'est un chef-d'œuvre dans cette manière. (Quelles que soient les réserves à faire sur les procédés littéraires du romancier, on doit rendre hommage à son prodigieux talent de description, d'une incroyable minutie pittoresque. D'ailleurs sa prétention de n'être qu'un romancier réahste et véridique n'est pas fondée : c'est plutôt une sorte de poète épique : son style souvent forcé ou maniéré est fréquemment plein de relief. Après r Assommoir, h tirage de ses livres atteignit des chiifres prodigieux : Nana eut 300.000 exemplaires et la Terre 150.000 en moins de deux ans. Selon Zola, la vie d'un être est mathématiquement déterminée par son tempérament héréditaire et par les conditions du milieu où il vit. La puissance extraordinaire avec laquelle il a développé sa théorie dans la suite de ses vingt romans, malgré le caractère factice du lien qui les unit, son incroyable talent à faire mouvoir les foules et à donner la vie à des organismes mécaniques, lui ont valu dans le monde entier la réputation de chef du naturalisme. Dans un recueil intitulé les Soirées de Médan (1880), il publia une nouvelle, V Attaque du Moulin, suivie de nouvelles de ses disciples : Huysmans, Maupassant, Céard, Alexis, Hennique. Il est parvenu à faire accepter ce réalisme qui découvre toutes les laideurs de l'âme et toutes les malpropretés du corps, malgré toutes les résistances et les interdictions des pays étrangers, qui poursuivaient ses œuvres comme immorales et obscènes : on ne croyait pas que le naturalisme de JSana pût être atteint deux fois; mais Pot-Bouille, peinture des mcjeiu-s bourgeoises, alla bien plus loin encore, et la Terre les dépassa tous les deux. Les exagérations de Zola et de ses disciples ne tardèrent pas à amener dans la littérature française une réaction idéaliste : un certain nombre de ses disciples se séparèrent de lui avec éclat après la publication de la Terre. Zola lui-même tenta un jour de revenir avec le Rêve, idylle assez gracieuse mais traînante, à la délicatesse et à l'idéalisme : mais cette « symphonie en blanc » causa k son pubhc habituel plus de surprise que d'admiration. On voulut y voir une concession faite à l'Académie française, à laquelle Zola posait obstinément sa candidature : avec cette volonté tenace et le sens de la réclame qui distingue sa httérature, il tenta de forcer les portes de l'Académie, mais finit par y renoncer après des échecs répétés (à partir de 1893). Le véritable chef-d'œuvre de Zola paraît être Germinal, magnifique livre socialiste, que traverse un souffle d'épopée. En 1874, il avait fait paraître Nouveaux contes à Ninon, puis en 1882 et 1884, deux autres volumes de nouvelles : le Capitaine Biirle et Naïs Macoulin. Quand 'û QiittevminéYhistoiredes Piougon-Macquart, il composa une trilogie de villes en trois volumes ; Lourdes, Rome, Paris (1894-98) ; les deux premiers de ces romans ont été mis à l'index. Mais son talent a désormais tourné au procédé, et l'heure des grands succès est passée. Après les Trois villes, Zola a commencé une sorte de tétralogie destinée à résumer sa philosophie sociale et qui a pour titre les Quatre Evangiles : le premier volume a pour titre Fécondité, le second Travail, le troisième Vérité, le quatrième Ja.s'i^/£:^. Le rôle courageux de Zola dans l'affaire Dreyfus contribua à détourner de lui le public français, tout en répandant à l'étranger son nom et sa réputation.
Zola a écrit, à côté de ses romans, de nombreux articles de critique, réunis plus tard en volumes et qui ont paru dans le Voltaire, dans le Figaro et dans le Messager européen de Moscou ; sa critique perspicace et aiguë est très intransigeante ; elle s'inspire du mot « la République sera naturaliste ou elle ne sera pas». Son premier livre de critique d'écrivains vivants porte le titre caractéristique : 3Ies haines (1866) ; il publia ensuite : Mon Salon (1866); Edouard Manet{iS61); le Roman expérimental (1880) ; les Romanciers naturalistes ; le Naturalisme au théâtre ; Nos auteurs dramatiques; Documents littéraires (i%%i) ; Une campagne (1880-81); Nouvelle campagne (1896). Ces diaérents livres lui attirèrent de vives inimitiés : un article spécialement, paru dans le Messager de l'Europe et traduit par le Figaro, excita des colères violentes par le mépris larutal que Zola y témoignait à tous les romanciers français contemporains.
Il rêva de rénover le théâtre, comme il avait ouvert de nouvelles voies à la littérature ; mais ses efforts n'obtinrent pas le succès qu'il ne cessa jamais d'espérer, soit qu'il tentât seul la fortune, soit qu'il s'adjoignît William Busnach comme collaborateur pour porter^ ses romans à la scène. Thérèse Raquin (i^l%), les Héritiers Rabourdin (1874) et le Bouton de Rose (1878), qu'il fit jouer sans collaboration, ne réussirent pas. Au contraire, r Assommoir, arrangé par Busnach et Gastineau, (1879), le Ventre de Paris (1887), Nana (1881), furent longtemps joués. Pot-Bouille (1883) ne se soutint pas longtemps ; Germinal n'eut que 17 représentations, et /^^ne^ (1887, tirée de la Curée), qu'une seule. Enfin, la Terre, jome en 1902, eut un certain succès de mise en scène et de curiosité.
Le romancier avait pensé maintes fois à se mêler à la vie publique (après le 4 sept. 1870, le gouv. de la Défense nationale l'avait nommé sous-préfet de Castelsarrasin, mais Gambetta ne ratifia pas cette nomination) : il en trouva une occasion retentissante au moment où les amis du capitaine Dreyfus s'efforçaient d'obtenir la re vision de son procès, et, ayant dénoncé Esterhazy comme Fauteur du bordereau, avaient amené sa comparution en conseil de guerre, suivie d'un acquittement. Zola écrivit alors le 13 janv. 1898, dans V Aurore, un article où il incriminait les ministres de la guerre et les officiers de l'Etat -Major qui avaient été mêlés au procès de Dreyfus, surtout le général Mercier, le général de Boisdeffre et le colonel du Paty de Clam : il ajoutait qu'Esterhazy avait été acquitté par ordre. Poursuivi uniquement pour cette dernière imputation, Zola, après un procès dont les débats durèrent du 7 au 23 févr. 1898, fut condamné à un an de prison et 3.000 fr. d'amende, le maximum de la peine, malgré les efforts de ses défenseurs, les avocats Labori et Clemenceau, qui tentèrent vainement de faire, à cette occasion, la preuve de l'innocence de Dreyfus : le président du tribunal refusa de leur laisser poser la question, et les officiers de l'Etat-Major se retranchèrent derrière le secret professionnel. Le '2 avr., la cour de cassation cassa l'arrêt pour vice de forme ; car la plainte contre Zola aurait du émaner non du ministre, mm du conseil de guerre. Le procès recommença à Versailles le 18 juil. et eut le même résultat: Zola et le gérant del 'Ai^ror^ furent condamnés à un an de prison et 3.000 fr. d'amende (condamnation effacée par la loi d'amnistie de 1900). Il passa alors en Angleterre, mais revint à Paris, en juin 1899, quand la revision du procès de Dreyfus eut été décidée. ph. B.
BiBL. : Paul Alexis, Emile Zola, notes d'un ami ; Pans, 1882.— J. ten Brink, Emile Zola et ses œuvres, 1887.— Laporte, Eynile Zola, l'homme et Vœuvre; Paris, 1894. — Toulouse, Emile Zola; Paris, 1896.
ZOLLVEREIN. Union douanière allemande qui a préparé et complété l'union politique. L'art. 19 des statuts de la Confédération germanique avait prévu des ententes commerciales; les conférences générales de 1817 et
ZOLLVEHEIN — ZONE
1819-20 n'aboutirent pas ; mais la Prusse prit l'initiative d'accords partiels (Cf. Allemagne, t. II, p. 299) ; par sa loi douanière du 26 mai 1818, elle avait aboli toutes douanes intérieures, édicté un tarif général et reporté à ses frontières la ligne de douanes ; elle conclut des traités d'adhésion avec les principautés qui avaient des territoires enclavés dans le sien : Schwarzburg- Sondershausen (1819), Schwarzburg-Rudolstadt (1822), Saxe-Weimar, Anhalt-Bernburg (1823), Lippe-Detmold, Mecklembourg-Schwerin, Anhalt-Dessau, Anhalt-Cœthen (1 826) ; puis se fit l'union douanière avec le grand-duché de Hesse(14 févr. 1828), les recettes devant être partagées entre la Prusse et la Hesse au prorata de la popula» tion ; des unions partielles avaient, d'autre part, été conclues entre la Bavière et le Wurttemberg (18 janv. 1828) et entre les Etats de l'Allemagne centrale (24 sept. 1828). En 1833, furent négociés les traités d'où sortit, le 1^^ janv. 1834, le Deutscher Zolluerein, union douanière englobant la Prusse, la Hesse, la Saxe, les principautés thuringiennes-, la Bavière et le Wurttemberg. Bade, Nassau, Francfort y accédèrent en 1836 ; le Brunswick, Lippe, le Luxembourg, en 1842; puis, en 1851, le Zollverein absorba le groupement rival (Steuerverein) des Etats du centre (Hanovre, Brunswick, Oldenbourg, etc.).
La Prusse réussit à empêcher l'union douanière avec TAutriche demandée par cette puissance. Quand elle l'eut expulsée d'Allemagne, elle inscrivit dans l'art. 33 de la constitution de la Confédération de l' Allemagne du Nord le principe de l'unité douanière et, par traité avec les quatre Etats méridionaux (8 juil. 1867), prolongea l'union avec eux ; le Zollverein dépassait ainsi les limites politiques de la Confédération germano-prussienne ; des conférences douanières annuelles furent instituées, et un parlement douanier réunit les délégués de l'Allemagne du Nord et du Sud sous la présidence de la Prusse ; il élabora le tarif général du 1^^ juil. 1869. La réalisation de l'unité allemande en 1871 eut pour effet de placer la législation douanière dans la compétence des pouvoirs fédéraux et des lois d'Empire. Le 1^'" janv. 1872, l'Alsace-Lorraine fut englobée dans le Zollverein : enfin, le 1^'' oct. 1888, les villes libres de Hambourg et de Brème y accédèrent. Il embrasse donc maintenant tous les Etats allemands ; cependant ses limites ne sont pas exactement les mêmes que celles de l'Empire allemand ; 68 kil. q. et 12.288 hab. (en 1891) de celui-ci restent en dehors: ce sont les ports francs de Geestemunde, de Brème, de Bremerhaven, de Hambourg, avec l'île de Neumark, une partie de Cuxhaven et l'île d'Helgoland. Par contre, il comprend 2.593 kil. q. de sol non allemand peuplés de 212.570 hab., savoir le grand-duché de Luxembourg et les communes autrichiennes de Jungliolz et Mittelberg (en Vorarlberg). La surface totale du territoire douanier est donc de 542.117 kil. q. Le Zollverein ne prélève que des droits d'entrée ; les derniers droits de sortie ayant été abolis le 1^^' oct. 1873, et les derniers péages le l®''mars 1861. Les recettes douanières et celles d'un certain nombre de contributions indirectes alimentent le trésor impérial. La proposition Frankenstein adoptée en 1879 avait édicté que les produits des douanes et de l'impôt sur les tabacs excédant 130 millions de marcs seraient répartis entre les Etats fédérés au prorata de leur population ; mais la loi de 1896 a décidé que la moitié seulement de cet excédent leur serait répartie, l'autre moitié étant affectée à l'amortissement. A. -M. B.
BiBL. : ^GiDi, Aus der Vorzeit des Zollverein ; Hambourg, 1865. — Treitschke, t. III à, V de sa Deutsche Gesch.îmlO^^^Jaihrh.; Leipzig, 1889-95.
ZÔLYOWl.Comitat du N. de la Hongrie; 2.730 kil. q. ; 123.054 hab. (en 1900). Le comitat est partout sillonné de montagnes, et n'a que deux vallées (Garam ot Szalatna) (127 communes et 3 villes). Ch.-l. Beszterczebânya. J. K.
ZONA (Méd.). Maladie caractérisée par une crise do
douleur plus ou moins intense, localisée sur un trajet nerveux, s'accompagnant ou non de symptômes généraux, fièvre, malaise, et de la production d'une éruption constituée tout d'abord par des taches rouges, œdémateuses, à peine saillantes, se montrant sumultanément ou par poussées, et à la surface desquelles se forment des bouquets de vésicules groupées et même confluentes. Le zona est fréquent au cours des intoxications (tuberculose) ou des affections nerveuses (tabès, syringomyélie, névrite infectieuse, compression des nerfs). Les localisations à certaines régions (zona ophtalmique, zona des muqueuses) méritent une attention spéciale en raison des troubles graves qu'ils peuvent causer (ulcérations oculaires) ou des erreurs de diagnostic possibles. Dans les formes cutanées ordinaires, les vésicules se dessèchent assez rapidement, laissant des croûtes brunes adhérentes auxquelles survit souvent assez longtemps une pigmentation spéciale qui devient indélébile dans la forme gangreneuse. Les douleurs qui précèdent ou accompagnent l'éruption ne sont pas constantes. Elles sont quelquefois très violentes ou s'accompagnent de prurit ou de sensation de brûlure. Elles peuvent être suivies de troubles moteurs et de paralysies plus ou moins durables. — Le diagnostic, au début, peut être difficile à établir avec l'érysipèle ou les érythèmes. Mais l'unilatéralité qui est presque la règle dans le zona, la disposition sur un trajet nerveux peuvent faire pressentir la véritable signification de l'éruption qui devient facile à reconnaître dès l'apparition des vésicules. — Le traitement est peu efficace et ne peut conjurer le développement de l'affection. — L'usage d'une poudre inerte, l'enveloppement ouaté sont surtout recommandables. S'il y a des douleurs, on peut employer localement les pulvérisations de salicylate de méthyle, et à l'intérieur les préparations de quinine ou d'antipyrine.
ZONABRlS(Entom.) (V. Mvlabre).
ZONARAS (Jean), écrivain byzantin du commencement du xii® siècle. Il occupa d'importants emplois à Constantinople sous Alexis P^ Comnène, puis se retira dans un couvent où il rédigea une histoire universelle en dix-huit livres, que l'on intitule Chronique ou Annales, et qui va de la création du monde à l'an 1118 ap. J.-Co Elle renferme de précieux extraits de textes perdus de DionCassius. Nicetas Akominatosen a donné une continuation. La meilleure édition est celle de Dindorf (Leipzig, 1868-75, 6 vol.). Le lexique grec attribué à Zonaras (édité par Tittmann, Leipzig, 1808, 2 vol., in-4) n'est pas de lui.
ZONA RI A (Bot.). Genre d'Algues Phéophycées, formant avec les genres Padina, Dutyola, Phycopteris, Taonia et Dictyopteris, la famille des Dictyotées. Thalle aplati en membrane mince, rampant sur les rochers. — Spores immobiles naissant par quatre dans des sporanges accolés et produisant en germant directement un nouveau thalle.
ZONE. I. Géométrie. — Ce mot s'applique surtout à la sphère, et désigne la portion d'une sphère comprise entre deux plans parallèles, coupant la sphère suivant deux cercles qu'on appelle les bases de la zone ; la distance de ces deux plans est la hauteur de la zone. Si l'un des deux plans est tangent à la sphère, la zone n'a plus qu'une base, et on l'appelle alors calotte sphérique. L'aire d'une zone sphérique (ou d'une calotte) est toujours la même que celle d'un cylindre de même hauteur qui aurait pour base un grand cercle de la sphère, de sorte qu'elle a pour expression 2tcRH. C.-A. L.
IL Cosmographie. — On divise la Terre en cinq zones délimitées par les tropiques et les cercles polaires; entre les deux tropiques s'étend, des deux côtés de l'Equateur, la zone tropicale; de chacun des tropiques à chacun des cercles polaires elle est entourée par les zones tempérées du N. et du S.: enfin la calotte polaire forme les zones glaciales arctique et antarctique formées par les cercles polaires. La zone tropicale occupe 40 °/o de la superficie totale de la Terre ; les zones tempérées en occupent 52 "/o et les deux zones glaciales seulement 8 7o.