‹ La Grande encyclopédie (volume 2)Chapitre 67 sur 633 · TISSAGE — TISSERAND · texte numérisé non relu

TISSAGE — TISSERAND

Dans les cas simples, l'on peut confier à chaque ouvrier ou ouvrière deux métiers ou même davantage. P. G.

BiBL. : V. Tissu.

TISSANDiER (Gaston), aéronaute et publiciste français, né à Paris le 24 nov. 4843, mort à Paris le 7 sept. 4899. Il fit d'abord de la chimie, puis s'occupa de météorologie et d'aérostation et effectua en 4868, avec Duruof, sa première ascension, suivie d'un grand nombre d'autres. Le 45 avp. 4875, il s'éleva dans le Zénith jusqu'à 8.600 m. avec Crocé-Spinelli et Sivel, qui trouvèrent la mort (V. Aérostat, t. I, p. 669). Il s'occupa par la suite de la direction des ballons et, avec son frère aîné Albert ^ construisit en 4883 le premier aérostat électrique. Ils parvinrent à remonter, par moments, un courant aérien. Gaston Tissandier a publié, outre des Eléments de chimie, avec Déhérain (Paris, i867-70, 4 vol.), un nombre considérable d'ouvrages de vulgarisation, ainsi que des articles et notices dans la Nature (qu'il avait fondée en 4873 et qu'il dirigea jusqu'en 4897), dans le Magasin pittoresque, dans les Comptes rendus de l* Académie des sciences, etc. L. S.

TISSAPHÉRNE (perse Tiziyafranâ, « armé d'armes aigiies »), satrape perse, gouverneur de l'Asie Mineure, sous Artaxerxès l^^, Darius II et Artaxerxès IL Nommé en 444, il combattit les Athéniens, mais sans fournir aux Péloponnésiens le moyen de les écraser, jugeant que leur rivalité assurait la tranquillité des Perses. Darius II ayant nommé son fils cadet Cyrus vice-roi d'Asie Mineure (407), ce dernier se brouilla bientôt avec Tissapherne, auquel il enleva le protectorat des villes maritimes; puis le prince royal, abandonnant la politique d'équilibre, appuya à fond les Spartiates et leur assura le succès complet qui termina la guerre du Péloponnèse. Tissaplierne, comprenant que Cyrus cherchait à s'assurer leur appui pour usurper le trône de Perse, dénonça ces complots à son frère Artaxerxès II, organisa la résistance du roi et prit part à la bataille de Cunaxa (404), où Cyrus perdit la vie. Artaxerxès donna à Tissapherne sa fille en mariage et l'engagea à soumettre les villes d'Ionie qui avaient soutenu Cyrus ; mais alors les Spartiates intervinrent en faveur des Grecs d'Asie, Agésilas débarqua en Asie et battit Tissapherne à Sarde (395). Le satrape fut alors mis à mort à l'instigation de Parysatis, mère de Cyrus.

TISSERAND. Le tissage, art de Minerve, tel qu'il se pratiqua dans le ménage grec ou romain au moyen du métier primitif, fut considéré comme une occupation réservée aux femmes, et Hérodote, voyageant en Egypte, n'y vit pas sans étonnement les hommes se livrer à un travail qui lui paraissait indigne de leur sexe. Même lorsque la confection des étoffes devint l'objet d'une exploitation industrielle, les femmes, des esclaves en général, continuèrent à être employées dans le monde gréco-romain, si bien que les codes de Théodose et de Justinien désignent l'atelier de tissage sous le nom de gynœcum, et le maître ou le surveillant de ces fabriques est appelé gyneciarius ; il en fut de même chez les Barbares, qui exploitèrent ce qu'ils ne détruisirent pas de la société antique.

Aujourd'hui, notre mot de tisserand n'a même pas de forme féminine pour traduire le grec ù^avirpta, ou le latin textrix, et les millions d'ouvriers qui, en Europe ou en Amérique, battent le métier à tisser ou gouvernent les machines simplificatrices de la main-d*œuvre, ne se font aider par des femmes que pour les détails accessoires de leur travail. Notre tisserand proprement dit est le tisserand de linge, le « tellier » ou « toilier » d'autrefois, le « musquinier » de l'Artois et de la Picardie, qui, à la tête d'un métier, met en œuvre chez lui le chanvre, le lin ou le coton que lui ont confié les fabricants : malgré les empiétements du travail mécanique, ces artisans se comptent encore par milliers dans les centres manufacturiers ou leurs banlieues. Quant au tisserand de village, celui auquel les fileuses de la campagne, bien rares de nos jours, confient leur fil, il est sur le point de disparaître

) avec les vieilles habitudes d'économie rustique : sa toile est un peu rude, mais excellente à l'usage, blanchie sur le pré sans l'emploi d'aucun produit chimique, et pure de tout mélange frauduleux. L'une des misères de la profession, pour lui et ses concurrents qui travaillent à façon pour les fabriques, est l'insalubrité des ouvroirs, souvent de vraies caves, où est installé leur métier, parce que la fraîcheur est favorable à cette fabrication ; les logis sont parfois bien mal éclairés, quoique. Etienne Boileau, dans les statuts de 4284, déclare qu'il n'y a d'œuvre « loial » que celle qui est faite à la lueur du jour, et défende le travail de nuit « fait à la chandelle ».

Si l'on prend le terme de tisserand dans son acception la plus générale, on peut l'étendre à tous les ouvriers qui font usage de la navette ; pourtant, les mêmes statuts, qui furent renouvelés sous Henri III, Henri IV et Louis XIII, n'attribuent le nom de tisserands qu'à deux corporations : celle des tisserands toiliers, et celle des tisserands drapants, futainiers, baseniers, qui fabriquent soit le drap, soit les divers lainages. Les tapissiers de haute et basse lisse, les ouvriers dits « de la grande navette », faisant le drap d'or, d'argent, de soie, ne sont pas plus considérés comme tisserands que les ouvriers de la petite navette ou « tissutiers rubaniers». — On trouvera, à l'art. Art, p. 4467 et suiv., et aux art. Commerce et Tissu, l'histoire des progrès successifs du tissage et de son rôle dans la vie économique att moyen âge et aux temps modernes.

TISSERAND (François-Félix), astronome français, né à Nuits (Côte-d'Or) le 45 janv. 4845, mort à Paris le 20oct. 4896. Sorti de l'Ecole, normale supérieure en 4866 et entré, la même année, comme astronome adjoint à l'observatoire de Paris, il passa en 4868 son doctorat avec une thèse fort remarquée sur la méthode alors entièrement nouvelle de Delaunay, qu'il montra applicable au calcul des grandes inégalités de toutes les planètes, et, en 4873, fut nommé directeur de l'observatoire de Toulouse et professeur d'astronomie à la Faculté des sciences de cette ville. En 4874, il prit part, avec Janssen, à l'observation du passage de Vénus, au Japon. En 4878, il succéda à Le Verrier comme membre de l'Académie des sciences de Paris et comme membre du Bureau des longitudes et fut en même temps appelé à la chaire de mécanique rationnelle de la Sorbonne, qu'il échangea plus tard contre celle de mécanique céleste. En 4892, il devint directeur de l'observatoire de Paris. Ses travaux, de premier ordre, ont porté plus particulièrement sur l'astronomie mathématique. Outre la généralisation des méthodes de Delaunay, dont il a continué de s'occuper jusqu'à sa mort, on lui doit toute une série de fructueuses recherches sur la détermination des orbites des planètes, l'anneau de Saturne, la théorie de la Lune, l'origine des comètes et la capture des comètes périodiques, les perturbations de Pallas, l'aplatissement de Neptune et d'Algol, etc. Il fit d'ailleurs aussi de l'astronomie d'observation. Après le passage de Vénus de 4874, il observa celui de 4882, à la Martinique, cette fois comme directeur de la mission. Il donna aussi une vive impulsion, de 4892 à 4896, au travail de la carte photographique du ciel et se livra, sur la marche de la pendule de l'Observatoire, à de très curieuses études. En 4880, le Bureau des longitudes l'avait chargé de terminer les Tables de la Lune, de Delaunay. En 4884, il fonda le Bulletin astronomique. Ses principaux ouvrages ont pour titres : Recueil d'exercices sur le calcul infinitésimal (Paris, 4876 ; 2** éd., 4896); Traité de mécanique céleste (Paris, 4889-96), œuvre capitale, qui peut être mise en parallèle avec celle de Laplace et qui la complète ; Leçons de Cosmographie, avec Andoyer (Paris, 4895). Ha publié, en outre, de nombreux mémoires et notes dans les Comptes rendus de V Académie des sciences, dans V Annuaire du Bureau des longitudes, etc. L. S.

BiBL. : H. PoiNGARÉ, la. Vie et les Travaux de F: Tisserand^ dans Rev. gén. des su., aûn. 1896.

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