TITIEN — TITRE
teurs des grandes écoles ont appris visiblement le plus nécessaire et le meilleur souvent de leur métier et de leur art. Rubens, Van Dyck, Poussin, Watteau, Velasquez, Murillo, Rembrandt, Reynolds, Delacroix sont les élèves ou les héritiers de Titien, aussi bien que ses compatriotes Tintoret, P. Veronèse et Tiepolo. Georges Lafenestre.
BiBL. : Carlo Ridolfi, Le Maraviglie delV arte ovvero le Vite degli illustri pitiori Veneti e dello stato, etc. ; Venise, 1648, 2 vol. in-8.— Andréa MaÏer, Délia Imitazione pittorica; delVeccellenza délie opère di Tiziano; Venise, 1818, in-8. — G. Northcote, The Life of Titian ; Londres, 1830, 2 vol. in-8. — G.-B. Cavalcaselle et J.-A. Crowe, Tiziano, la, sua vita e i suoi tempi ; Florence, 1877, 2 vol. in-8.-— Georges Lafenestre, la Vie et Vœuvre de Titien ; Paris, 1885, in-fol. avec 130 planches.— E.Muntz, Histoire de Vart pendant la Renaissance ; Paris, 1895, t. IIl,'in-4. — H. Knagkfuss, Tizian ; Bielfeld et Leipzig, 1900 (123 planches), petit in-4, etc., etc.
TITIEN S. Nom d'une tribu et d'un collège sacerdotal de Rome. D'après les légendes romaines, Rome était divisée à l'origine en trois tribus : les Ramnes, les lities ou Titienses et les Luceres. Les Ti tiens représentaient probablement l'élément sabin ; on rapproche d'habitude leur nom du nom de Titus Tatius, le roi légendaire de Cures, avec lequel Romulus partagea, dit-on, la royauté (V. Tatius). — Le collège sacerdotal des Titiens {Titii sodales) passait pour être l'un des plus anciens de l'Etat. On en attribuait la fondation à ce même roi Tatius, et l'on disait que ce collège avait été institué « pour conserver le culte des Sabins ». Auguste le réorganisa, au moment où il allait se dissoudre. J. T.
TÏTILATION (Méd.) (V. Chatouillement).
TITI N I U S, poète latin, auteur comique cité par Varron, et que l'on pense avoir vécu vers 470 av. J.-C. Les grammairiens citent les titres et des fragments de quatorze de ses comédies (cf. Bothe, Poet, lat, scenic. fragmentay 4834).
TITLIS. Sommet élevé des Alpes suisses, dans le cant. d'Unterwald, 3.239 m. au-dessus de la mer. Cette cime blanche s'aperçoit de très loin, de Strasbourg, par exemple. La première ascension eut lieu en 4739.
TITRAGE (Chim. et techn.) (V. Titre).
TITRE. ï. Histoire. — Titres nobiliaires. — Ce que nous entendons aujourd'hui par cette expression n'apparut qu'au moyen âge. Les dénominations de kchatryas, d'eupatrides, de patriciens, par exemple, ne s'appliquaient qu'à des classes, sans que les individus qui les composaient fussent hiérarchisés entre eux par des appellations spéciales. Cette distinction des membres d'une même caste est l'œuvre de la féodalité, et ce sont ses souvenirs qui vivent encore dans les titres nobiHaires. A l'origine n'existèrent que les titres de comte et de duc, nés sous la décadence romaine et repris par les peuples qui avaient envahi TEmpire. Les compagnons du roi, les chefs militaires, se qualifièrent ainsi dès la seconde race, quand eurent disparu les mots de léudes et d'antrustions. Placés à la tête de provinces, leur rôle était le même, consistant à administrer leur territoire, à le défendre contre l'envahisseur, à en lever les combattants pour suivre le roi à la guerre. Plus tard, et quand déjà la féodalité s'était organisée, ceux qui étaient aux frontières ou marches furent appelés marquis, tels les ducs et marquis de Lorraine, les marquis de Provence. Le comte eut sous lui des vicomtes. Quant au titre de baron, qui signifiait l'homme par excellence, il ne s'appliqua d'abord qu'aux plus hauts personnages féodaux. Le chevalier était celui qui avait reçu l'ordre de la chevalerie, et l'écuyer, non noble à l'origine, portait l'écu du chevalier en attendant qu'il le devînt à son tour. Mentionnons aussi le châtelain, qui s'explique de lui-même, et les titres désuets de vidame et d'avoué portés par les représentants temporels d'un évêque ou d'un abbé. Le roi de France était avoué de Saint-Denis, et l'oriflamme n'était que la bannière de cette abbaye. D'autres titres existèrent encore, issus de caprices ou de dialectes locaux : ainsi les satrapes d'Anduze, les captais de Buch.
Nous avons mis à part le titre de prince, parce qu'il n'avait pas d'existence légale en France, sauf pour les
membres de la maison royale. Comment se fait-il donc qu'il existe un certain nombre de ces titres dans notre pays ? Cela tient à plusieurs causes : \ ^ Quelques seigneurs voulurent ainsi rappeler que leur domaine avait été autrefois un alleu ou une sirerie, termes vite éteints, qui n'eurent pas le temps d'être classés, mais qui avaient indiqué de puissants droits féodaux. 2<* Les terres apportant ces titres étaient d'anciens territoires de l'Empire, où ils existaient régulièrement. Ce furent aussi des concessions impériales à des seigneurs français. 3« Reconnaissance d'ancienne origine souveraine : les Rohan étaient considérés comme princes étrangers, en vertu de leur descendance des rois de Bretagne. 4^ Les princes d'origine royale firent précéder de ce titre des noms de terres le^r appartenant et se qualifièrent princes de La Roche-sur- Yon, de Léon, de Condé, etc. Ensuite il arriva que certains de ces domaines passèrent à d'autres familles qui, indûment, leur conservèrent les titres sous lesquels ils étaient connus, et s'en parèrent. Ainsi le titre de prince de Carency, né dans la maison de Bourbon, était porté en 4789 par un Quélen- Estuer de Caussade de là Vauguyon.
C'est ici le lieu de faire remarquer qu'aucune terre titrée, cessant d'appartenir à la famille en faveur de laquelle elle avait été érigée en duchés marquisat, comté, etc., ou qui avait fondé ce titre aux premiers temps de la féodalité, n'apportait sa qualification à son nouveau possesseur, et que celui-ci ne pouvait se dire que seigneur de tel marquisat, par exemple à moins de nouvelle concession royale. Tel était le principe; hâtons-nous de dire qu'il ne fut presque jamais appliqué, sauf pour les duchés. Les duchés, comtés et marquisats furent d'abord sur le pied d'égalité. Le comte de Toulouse et marquis de Provence valait, à l'un comme à l'autre titre, le duc de Bretagne ou le duc de Normandie. Des vicomtes aussi étaient très puissants. Le vicomte de Béziers, vassal du comte de Toulouse, n'était pas inférieur en puissance aux comtes de Foix ou de Comminges> Mais des comtes ou des ducs seuls étaient pairs de France. Le titre de vicomte pâtissait donc d'une infériorité évidente que le mot même, vice-comes, indiquait. Quant à celui de baron, après avoir d'abord, comme nous l'avons dit, été l'appellation générique des grands vassaux (on lit partout : le roi et ses barons), il commençait à se spécialiser à de moindres, mais pourtant puissants seigneurs féodaux. Tels les barons de Montmorency. Cet état de choses subsista, au moins en façade, jusque vers la fin du moyen âge. Mais les titres ne correspondaient déjà plus à leur autorité passée. Gaston de Foix, duc de Nemours, ne valait déjà plus, féodalement, un ancien vicomte de Béziers. Les rois s'étaient mis adonner des titres, encore établis solidement sur des terres, certes, mais déjà dépourvus de leurs plus hautes prérogatives. Et puis certaines de ces concessions les avaient avilis : Olivier le Daim avait été vicomte de Meaux.
Louis XIl érigea le premier une terre en marquisat. Ce fut François P^ qui donna T exemple de créer duchesse une favorite, Anne de Pisseleu, duchesse d'Etampes. Tout bon gentilhomme pouvait se qualifier baron de sa terre, sans même autorisation royale. Henri III, qui fit ducs deux de ses mignons, songea à établir un ordre parmi les titres, et un arrêt du Conseil privé du 40 mars 4578 délimita les conditions nécessaires pour aspirer aux uns ou aux autres. Pour qu'une terre fût érigée en châtellenie, elle devait jouir d'ancienneté de la haute, moyenne et basse justice ; la baronnie serait composée pour le moins de trois châtellenies ; le comté formé de deux baronnies et de trois châtellenies, ou bien d'une baronnie et de six châtellenies, le tout tenu du roi ; le marquisat de trois baronnies et de trois châtellenies, ou de deux baronnies et de six châtellenies. C'est de cet arrêt que date la classification des titres nobiliaires, et c'est à jjartir de cette époque que l'on vit éclore la profusion de titres qui dure encore de nos jours. Non pas que les rois les prodiguassent, mais les nobles, voyant leurs droits établis à telle ou telle qua-