II. Mythologie. — Toison d'or(V, Argonautes
III. Ordres. — Ordre de la Toison d'or. — Cet ordre illustre fut fondé par le duc de Bourgogne Philippe le Bon, à l'occasion de son mariage avec l'infante Isabelle de Portugal. Ce fut au moins la raison qu'il en donna, prenant en même temps la devise : Autre n'aurai, qui s'appliquait peutêtre à la femme, car Isabelle de Portugal fut en effet la dernière de ses épouses, mais qui, même en ce moment, semblait laisser toute liberté à son cœur. Il était alors fortement épris d'une jeune dame de Bruges, Marie de Rumbrugge, d'une grande beauté, mais dont la magnifique chevelure avaient des tons d'or si chauds qu'ils excitaient la raillerie des courtisans. Edouard IIÏ avait fondé Tordre de la Jarretière pour un motif analogue ; et la toison rousse de Marie de Rumbrugge fut aussi créatrice, sans doute, que la jarretière de la comtesse de Salisbury. Philippe le Bon voulut que les rieurs s'estimassent trop heureux d'obtenir une distinction qui leur serait pourtant un reproche, et il y réussit, en lui donnant un éclat incomparable et en limitant extrêmement le nombre des chevaliers. En ce temps encore proche des aventures héroïques du moyen âge, la Toison d'or devait tenter ses chevaliers vers des entreprises extraordinaires, comme celle des Argonautes qu'ils avaient à prendre pour modèles de vaillance et de gloire ; et si l'ordre était placé sous la protection chrétienne de la sainte Vierge et de saint André, c'était les demi-dieux Héraclès et les Dioscures, ainsi que Jason, qui en étaient les inspirateurs.
L'ordre ne se composa d'abord que de trente et un chevaliers dont le chef suprême était le duc Philippe, et, après lui, la grande maîtrise devait appartenir à ses successeurs, les ducs de Bourgogne. Les chevaliers abandonnaient tout autre ordre, exception faite pour les souverains qui étaient chefs d'autres ordres. Le collier, donné par le duc, était renvoyé à la mort du chevalier pour être conféré à son successeur. Les briquets ou fusils qui l'ornaient étaient expliqués par la devise : Ante ferit quam flamma micet (Il frappe avant que la llamme jaillisse). C'était celle du duc qui voulait ainsi faire entendre que le heurter, c'était l'enflammer. Une autre devise porte : Pretium non vile laborum. C'est au-dessous de celle-ci et d'un briquet enflammé que pend la peau du bélier d'or. Quand le collier n'est pas porté, il peut être remplacé par un ruban rouge passé autour du cou et supportant l'insigne sur la poitrine. Le grand manteau de l'ordre est rouge, avec toque de même couleur.
Après la mort de Charles le Téméraire, la grande maîtrise échut, suivant les statuts, au mari que choisit sa fille, Maximilien, archiduc d'Autriche, plus tard empereur. Par le fils deceux-ci,PhilippeleBeau, l'ordre parvint à Charles- Quint, sous qui son éclat grandit encore et qui porta le nombre des chevaliers à 50.
Le ^21 oct. 1555, ce souverain tint à Bruxelles un Conseil de l'ordre, au cours duquel il déclara reiioncer à la grande maîtrise en faveur de son fils Philippe, qui fut Philippe II d'Espagne. Celui-ci la transmit à ses descendants jusqu'à Charles II en qui s'éteignirent les rois d'Espagne de la maison d'Autriche. A sa mort, les empereurs d'Allemagne, de la maison d'Autriche, descendant du frère de Charles-Quint et par conséquent de Maximilien et de Marie de Bourgogne, réclamèrent la Toison d'or, et dès ce moment s'en considérèrent comme les grands-maîtres légitimes. Mais Phihppe V, le nouveau roi d'Espagne de la maison de Bourbon, refusa de s'en dessaisir, et depuis ce moment l'ordre est conféré en deux pays, l'Autriche et l'Espagne. La seule différence est que l'ordre autrichien a seul gardé les devises. Mais, bien qu'étant ainsi dédoublé, Tordre de la Toison d'or n'en est pas moins resté un des pl]s bauts et des moins accessibles; il n'est donné
TOISON — TOKELAU
qu'aux souverains, aux chefs d'Etat et aux personnages de la plus illustre noblesse. L'empereur d'Autriche même est resté plus fidèle aux statuts du fondateur dont il est
Collier de l'ordre dejla Toison d'or.
l'héritier direct. Il ne confère l'ordre qu'à des catholiques, et pour lui l'élévation, même à la tête d'un Etat, ne compte pas sans la naissance. Le 30nov., jour de la Saint- André, il tient réunion de l'ordre en une pompeuse cérémonie commencée par une messe et terminée par un banquet.
Ordre des trois Toisons d'or. — Cet ordre fut créé par Napoléon I®^ le 45 août 1809, jour de sa fête, à Schœnbrun; il ne fut jamais conféré. V. d'Auriac.
BiBL. : Ordre de la Toison d'or. — J.-B. Maurice, le Blason des armoiries de tous les chevaliers de l'ordre de la Toison d'or; La Haye, 1665, in-fol. — Baron de Reif- FENBERG, Histoire de l'Ordre de la Toison d'or; Bruxelles, 1830, in-4. Cet ouvrage est précédé lui-même d'une excellente bibliographie de la Toison d'or.
TOIT. I. Architecture. — Partie supérieure d'une construction, présentant une ou plusieurs faces inclinées destinées à recevoir les eaux pluviales afin de les diriger, par des gargouilles, des gouttières ou des chéneaux, soit au dehors, soit dans des tuyaux de descente, de façon à mettre l'intérieur de la construction à l'abri de l'humidité : on emploie aussi dans le même sens, le mot comble (V. ce mot). Quant au mot toiture, il présente plus d'analogie avec le mot couverture (V. ce mot), et s'entend plutôt des matériaux employés dans cette couverture, ainsi une toiture en ardoises, en tuiles, en métal, etc. — On appelle toits à porcs les petites loges dans lesquelles on enferme ces animaux et dont l'ensemble constitue une porcherie.
— Les toits ont reçu divers qualificatifs, les uns qui leur sont communs avec les combles et les couvertures, et d'autres qui leur sont particuliers : ainsi toit en bâtière, toit de clocher formé de deux versants obliques s'inclinant en forme de bât; toit en terrasse, toit plat dont l'inclinaison a seulement pour objet l'écoulement des eaux ; toit pectinéy toit conique ou polygonal dont le bord est dentelé.
— Un artiste de grand talent, Espérandieu, l'architecte du Palais des arts de Longchamps, à Marseille, avait remarqué que « dans la silhouette d'un édifice, la partie caractéristique, celle que le regard voit de loin, c'est la partie supérieure, toiture ou couronnement », et, dans une étude nourrie de rapprochements piquants, il avait mis en parallèle la forme des couronnements des édifices et la coiffure des habitants des cités où avaient été élevés ces édifices. Ch. Lucas.