‹ La Grande encyclopédie (volume 2)Chapitre 87 sur 633 · TÔLE — TOLÈDE · texte numérisé non relu

TÔLE — TOLÈDE

cylindre supérieur pour subir un tiouvel étirage, à moins que Ton n'ait un laminoir trio, dont les deux cylindres extrêmes sont accouplés, le cylindre intermédiaire, d'un diamètre plus faible, étant libre et actionné seulement par le frottement : ce qui permet de diminuer la fatigue et d'augmenter la production.

Le réchauffage est nécessité par l'écrouissage qui se produit quand les feuilles se sont refroidies entre les cylindres ; le fer devient cassant, perd sa malléabilité et ne peut plus se ployer à angle vif sans se casser. Pour rendre à la tôle de fer sa douceur, on la place dans un four, où on la fait rougir ; on la laisse ensuite refroidir doucement, et, si elle présente quelques inégalités, on profite du moment où elle est encore rouge pour la redresser avec un maillet de bois sur les dalles en fonte du laminoir. La tôle forte, conservant mieux sa chaleur, s'écrouit beaucoup moins que la tôle mince. Les fours employés pour le réchauffage des paquets et des tôles sont, généralement, des fours à réverbère^ d'une forme particulière, dont la sole est composée de deux assises : l'une, inférieure, de 0"",40 d'épaisseur en débris de briques réfractaires ; l'antre, de 0"",45 d'épaisseur, formée de coke, sur laquelle on charge directement le fer. On se sert également de fow^s dormants, analogues à des fours de boulangers, avec une seule porte et une sole très spacieuse, recouverte par une voûte très basse. Quelques usines utilisent encore, soit des fours à gaz alimentés par un générateur particulier, soit des fours chauffés au moyen des flammes perdues du feu d'affmerie.

On fabrique, en Russie, des tôles spéciales en empilant un certain nombre de feuilles séparées par des couches de charbons de bois et les pilonnant à diverses reprises. L'oxyde de fer, au contact du poussier de charbon et sous l'action du martelage, donne, paraît-il, de l'oxyde magnétique, qui rend ces tôles plus résistantes à la rouille et permet leur emploi pour couverture sans galvanisation. On utiHse aussi une grande quantité de tôle galvanisée, pour la construction rapide des maisons, dans des pays neufs où une industrie se crée tout d'un coup. Ces tôles sont ordinairement ondulées. En moyenne, on estime, pour les tôles fortes, le déchet à 30 °/o environ, la consommation de houille à 450 kilogr. par 100 kilogr. de tôle ébarbée ; pour les tôles de fer fines, le déchet de 6 à 10 % et la consommation de houille k 50 kilogr. par 100 kilogr. de tôle ébarbée. L'ébarbage des tôles donne de 15 à 20 % de rognures. L. de Launay.

TOLÈDE {Toledo, Tolelum), h Ville. — Ville d'Espagne (Nouvelle-Castille), ch.-l. de province, à 65 kil. S.- S.-O. de Madrid, à 60 m. au-dessus de la rive droite du Tage, qui l'enserre à l'E., au S. et à l'O.; ait., 548 m. Terminus d'un embranchement, se séparant à Castillejo, du chem. de fer de Madrid à Séville ; 21 .300 hab. Archevêché (siège primatial « de toutes les Espagnes »). Collège militaire. Bien que tout à fait déchue de son antique splendeur, Tolède a grand air ; perchée sur une éminence de granités et de gneiss rouges, entourée de ses antiques remparts datant des Visigoths et des Maures, dominée par son Alcazar ou forteresse, elle produit une grande impression sur le touriste. Celte impression est encore accrue pour celui qui passe le Tage sur un des deux admirables ponts d'Alcantara en amont ou de San Martin en aval. L'intérieur de la ville est des plus intéressants ; c'est un véritable entassement de vieilles maisons qui, avec leurs fenêtres grillées, « tiennent à la fois du couvent, de la prison, de la forteresse et aussi du harem » (Th. Gautier); elles ne sont pas couvertes de terrasses, mais de toits, car la neige est fréquente ; les sculptures y étaient très nombreuses et très riches, mais ont été recouvertes d'une couche de stuc blanc sous laquelle elles disparaissent. Parmi ces édifices, la cathédrale, construite depuis 1227, dans le style ogival le plus pur, par des architectes manceaux ou normands, est d'une richesse éblouissante ; la clôture du chœur en particulier et un cloître sont éton-

nants ; le monastère de San Juan de los Reyes détonne par sa somptuosité au milieu des maisons misérables qui

Tombeau du cardinal Tavera, à l'hôpital de Tolède.

l'entourent, le palais archiépiscopal, les Casas del Ayuntamiento ou hôtel de ville, enfin F Alcazar, vieille forle-

Alcazar de Tolède.

resse à moitié ruinée, complètent un fort bel ensemble. Bibliothèque de 70.000 vol.

Tolède est une ville très ancienne et dont le rôle dans l'histoire d'Espagne a été des plus grands. Les surnoms que les habitants lui ont donnés sont emphatiques : « Ciudad Impérial », « mère des villes », « couronne de l'Espagne et lumière du monde » (Juan de Padilla). A l'iépoque romaine, elle fut, en effet, le « centre des diverses routes de la péninsule, la place d'armes principale, le trésor général » ; plus tard, elle fut la capitale des rois visigoths ; elle obtint le siège primatial, dix-huit conciles s'y réunirent ; pendant deux cents ans, elle fut, en somme, la capitale politique et religieuse, la citadelle de l'Espagne. Prise par les Maures, elle fut le centre d'un royaume musulman, de 1031 à 1085 ; quand elle eut été reprise par Alphonse VI de Castille et de Léon, elle redevint la capitale de la Castille ; mais sa participation à la révolte des Comuneros décida, dit-on, Charles- Quint à l'abandonner et à s'établir à Madrid. Elle ne garda que la primauté spirituelle et fut le centre de l'Inquisition. Au temps de sa puissance, sous les Maures et dans les premiers temps de sa reprise par les Espagnols, elle eut, dit la tradition, jusqu'à 200.000 hab., dix fois plus qu'à l'heure actuelle ; ses écoles étaient réputées, ses ouvriers célèbres. On estimait, en 1620, à 86.000 le nombre des ouvriers tisserands. Même à ce point de vue, Tolède est complètement déchue, son Université a été supprimée en 1845, l'industrie est presque tout à fait morte ; les manufactures d'armes blanches ont été rem-

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