‹ La Grande encyclopédie (volume 2)Chapitre 88 sur 633 · TOLÈDE — TOLÉRANCE · texte numérisé non relu

TOLÈDE — TOLÉRANCE

placées par une manufacttire d'Etat ou de Charles III, sur un canal dérivé du Tage ; elle n'est plus qu'un important dépôt de denrées agricoles, de fruits et surtout d'abricots. Elle a donné naissance au poète Garcilaso de la Vega, le Pétrarque espagnol (-f 4536), à Saint-Ildefonse, à Lacerda, etc. A quelque distance hors ville, les ruines d'une naumachie, et de bains sont à peu près tout ce qui reste du Toletum romain.

II. Province. — Province d'Espagne, une des cinq formées de la Nouvelle-Castille, limitée par les prov. de Madrid et d'Avila au N., de Cuenca à l'E., de Ciudad Real au S., de Badajoz au S.-O., de Caceres à l'O. Elle a la forme d'un grand rectangle allongé de l'E. à l'O. Par sa superficie de 45.257 kil. q., elle est la 7« d'Espagne; par sa population de 370.042 hab. (4897), elle est la 20^, et par sa population spécifique de 24 par kil. q., la 33® environ. Le relief est peu varié; le plateau s'étend sur la plus grande partie du territoire et ne se relève qu'à l'extrême N. par la sierra de San Vicente (4.366 m.) entre le Tage, l'Alberche et le Tiétar, et à l'extrême S. par la Jarra, et surtout par les monts de Tolède qui culminent au Penatel (4.426 m.), enfin par la Calderina (4.208 m.). Toutes ces montagnes sont déchiquetées et décharnées, peu d'entre elles sont revêtues de forêts ou plutôt de maquis. Le plateau désolé de la Manche occupe l'angle S.-E. de la province. Il n'y a que peu de plaines : la Sagra de Toledo, la Vega de Talavera de laReyna, et quelques « campos » sablonneux. Le climat est « tout ce qu'il y a de plus continental » ; les vents doux et humides de l'Atlantique ne passent pas les montagnes de l'O., et le plateau est alternativement balayé par le Norte glacial en hiver et le Solano brûlant en été. Aussi les changements de température sont-ils brusques et violents ; le Tage gèle souvent en hiver devant Tolède, alors que le soleil est africain en été. Les pluies, dont la couche annuelle est de 400 millim. environ, ne rendent que peu de services, car elles tombent en orages violents qui interrompent de très longues sécheresses. Aussi les cours d'eau sont-ils d'une grande indigence. Sauf la Giguela, qui apporte ses eaux dans le Guadiana, tous vont à l'Océan par le Tage. Celui-ci, avec ses affluents de droite, le Guadarrama, l'Alberche et le Tiétar qui forme la limite de la province, et l'Algodar à gauche, est le type des fleuves castillans. Il coule dans de profonds canons ou gorges, alternativement à un étiage des plus faibles, et en crues fougueuses et brusques. Il était autrefois, dit-on, navigable au-dessous du pont de Tolède, mais celui-ci n'a plus vu de bateaux depuis longtemps. Il ne rend pas beaucoup plus de services à l'agriculture, car on ne peut aller prendre ses eaux au fond de la gorge pour les jeter sur le plateau.

La population de la province de Tolède, qui augmente assez rapidement, est purement castillane ; les habitants du chef-lieu représentent même mieux les qualités et les défauts de cette race fière et brave, mais paresseuse, que les Madrilènes, plus mélangés, comme dans toutes les capitales. La langue parlée à Tolède est la plus pure de l'Espagne. L'agriculture est peu prospère ; la Manche est restée le type du désert castillan ; le climat est trop rude et ne permet qu'à un petit nombre de plantes de prospérer, la sécheresse, en outre, diminue leur force de résistance aux intempéries; aussi l'aspect du pays est-il des plus monotones ; des espaces énormes ne sont couverts que d'arbrisseaux nains, de chardons gigantesques. Les forêts n'occupent que 447.000 hect. Les cultures, dans ces plaines et vallées, sont variées : ce sont surtout les céréales, les légumes secs ou verts, les châtaignes et les fruits; partout, on trouve de l'olivier et de la vigne. On estime à 964.000 hect. les terres cultivables; celles de regadio (irriguées) couvrent 6.200 hect., dont 5.600 sont cultivés en céréales et légumes et 500 en prairies; les tierras de secano (non irriguées) s'étendent sur 644.000 hect., dont 37.000 de vignes, 54.000 d'oliviers.

77.000 de pâturages et varennes, 474.000 de friches et jachères. Le bétail est ainsi recensé : 522.000 moutons, 67.000 chèvres, 29.000 porcs, 26.000 bœufs, 4.000 chevaux, 25.000 ânes, 26.000 mulets; on compte 27.000 ruches et 33.000 pigeonniers. L'industrie, si prospère à l'époque des Maures, où Tolède fournissait le monde de lames d'épée, et l'Espagne de tissus de laine et de soie, a bien périclité, et la province n'occupe plus à cet égard qu'un rang médiocre parmi celles de la péninsule ; bien que lés minéraux semblent être abondants, il n'y a pas de mines. Tolède fabrique toujours des armes, dans sa manufacture royale ; les tissages sont assez nombreux ; on compte, en outre, quelques forges, fonderies et fabriques de savon et de faïence. r

Comme dans presque toute l'Espagne, la pauvreté des voies de communication nuit au développement industriel et commercial ; il n'y a pas de cours d'eau navigables, et les chemins de fers sont insuffisants (388 kil.). Au point de vue administratif, la prov. de Tolède se divise entre les douze partidos judiciales de Escalona, Illescas, Lillo, Madridejos, Navahermosa, Ocaîia, Orcaz, Puente del Arzobispo, Quintanar de la Orden, Talavera de la Reyna, Tolède et Torrijos ; on compte 206 ayuntamientos, 2 audiences criminelles à Tolède et Talavera; les troupes dépendent de la capitainerie générale ou corps d'armée de Nouvelle-Castille. Quant à l'archevêque de Tolède, il porte le titre de primat de toutes les Espagnes. J.-G. Kergomard.

Conciles de Tolède (To/etona concilia). — On compte vingt et un conciles tenus à Tolède entre les années 400 et 704 : série commençant avec la conquête de l'Espagne par les Visigoths et brusquement interrompue par l'Invasion des Maures. Ils tiennent une place considérable dans l'histoire des institutions ecclésiastiques. L'authenticité des deux premiers est sérieusement contestée. Les décisions les plus importantes de tous ces conciles sont relatées en notre Encyclopédie, aux noms des objets qu'elles concernent. E.-H. V.

BiBL. : Ville. — Gamero, Historia de la ciudad de Toledo; Tolède, 1863. — G. Doré et Ch. Davillier, Voyage en Espagne^ dans Tour du Monde, 1868, t. XLIII, pp. 321 et suiv.

Province. — Resena geografico y estadistico de Espana.

TOLEDO. Ville des Etats-Unis, Ohio, sur le Maumee, à 44 kil. S. du lac Erié; 434.822 hab. (en 4900). Nœud de 44 voies ferrées, et port fluvial important. C'est une grande place commerciale pour les céréales, le bois, la houille, le minerai de fer. Elle fabrique de la fonte, des machines, des wagons et voitures, des meubles, des instruments agricoles, de la bière, de l'huile, du verre, des vêtements, de la bonneterie. Les Franco-Canadiens y sont nombreux.

TOLEDO (Fernando-Alvarez de) (V. Albe [Duc d']).

TOLEDO (Pedro de) (V. Infantado [Duc del]).

TOLENTINO (Tolentinum Picenum). Ville d'Italie, prov. de Macerata (Marches), sur la r. g. du Chienti et les pentes orientales de l'Apennin ; 5.000 hab. Pont de pierre de 4268, palais Gentiloni. On a trouvé dans la nécropole des Picentins de nombreux objets du vi^ au iv^ siècle av. J.-C. Saint Nicolas de Tolentino (f 43iO) est enterré dans la basilique qui a reçu son nom. Au palais Parisani-Rezzi fut conclu, en févr. 4797, entre le Saint- Siège et la France représentée par le général Ronaparte, le traité de Tolentino, par lequel le pape cédait Avignon à la France et la Romagne à la République Cisalpine. Murât fut battu par les Autrichiens à Tolentino les 2 et 3 mai 4845.

TOLÉRANCE. I. Philosophie (V. Libeuté, § Politique, Etat, Politique et Religion).

II. Histoire. — La tolérance religieuse couramment pratiquée par les grandes civilisations asiatiques, et habituellement même par les musulmans (V. Coran), Pavait été par l'antiquité classique dans la mesure où les adeptes d'un autre culte ne se refusaient pas à prendre part au culte officiel. Lorsque le christianisme fut devenu la reli*

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