TOLERANCE — TOLLIUS
gion officielle, il proclama et pratiqua l'intolérance. Saint Thomas a déclaré que les hérétiques doivent être mis à mort. L'Inquisition fit appliquer ces maximes. Au moment de la Réforme, catholiques et protestants rivalisèrent d'intolérance, et encore aux traités de Westphalie on admit que les sujets devaient suivre la religion du prince : Cujus regio ejus religio. Cependant, en fait, les protestants des Provinces- Unies (Hollande) pratiquèrent la tolérance, et ceux de France la revendiquèrent; après divers édits de tolérance, l'Edit de liantes (sur toute cette histoire V. Nantes [Édit de]) la leur accorda partiellement. Sa révocation fut un grand recul, funeste à la France. Les philosophes et publicistes du xviii® siècle et, par-dessus tous. Voltaire, se firent les infatigables apôtres de la tolérance. En 1781, Joseph II accorde en Autriche une certaine liberté aux protestants ; l'égalité politique ne leur fut octroyée que le 8 avr. 1861. Louis XVI leur fait la même concession en 1787, et la Révolution française proclame toutes les libertés. En Prusse ducale la liberté de culte existait depuis 1609, dans le duché de Clèves depuis 1618, et Frédéric II ne fit que la généraliser à sa monarchie en 1740. La Grande-Bretagne l'accorda aux protestants dissidents en 1689, aux socinienset aux catholiques en 1779. En Allemagne, la liberté complète de religion a été proclamée par la loi du 3 juil. 1869.