‹ La Grande encyclopédie (volume 2)Chapitre 91 sur 633 · TOLLIUS — TOLSTOÏ · texte numérisé non relu

TOLLIUS — TOLSTOÏ

savants commentaires du Lexicon Homericum d'Apollonius et d'importantes études sur la politique néerlandaise du xvni^ siècle où il fait preuve d'un véritable talent d'homme d'Etat. On les a réunis sous le titre à* Ecrits politiques {Staakundige geschriften ; Leyde, 1814-16, 3 vol. in-8). E. H.

BiBL. : SiEGENBEEK, Histoive de l'Université de Leyde (en holi.) ; Leyde, 1829-32, 2 vol. in-8. — Bouman, Histoire de VUniversité giieldroise (en holl.) ; Utrecht, 184449, 2 vol. in-S.

TOLMEZZO. Ville d'Italie, ch.-l. d'arr. de la prov. d'Udine, sur la r. g. du Butt, près du confluent avec le Tagliamento, à 315 m. d'alt. ; 2.000 hab. Enceinte, vieux château. C'est le centre de la région Carnique, l'un des lieux les plus pluvieux de l'Europe ; elle fut annexée à Venise en 1420.

TOLNA. Comitat de la Hongrie occidentale, sur la r. dr. du Danube, au S.-O. du comitat de Pest; 3.643 kil. q. ; 251 .868 hab. en 1900, dont 80.000 Allemands. Le Danube le borne et la Sârviz le parcourt, formant de nombreux marécages. L'agriculture y est florissante. Le comitat a 120 communes et se divise en 5 districts. Ch.-l. Szegszard, renommé pour ses vins. La bourgade deTolna, sur la r. dr. du Danube (3.000 hab.), possède un château des comtes Festetics. J. K.

TOLNA Y (Louis), poète et romancier hongrois, né à Gyôrkôny le 31 janv. 1837. Il embrassa la carrière ecclésiastique et devint ensuite professeur à Budapest. En 1861, il publia ses Ballades qui eurent un grand retentissement et dont plusieurs peuvent être placées à côté de celles d'Arany. Le recueil de ses Poésies lyriques parut en 1865. Elles sont écrites dans la langue et la forme populaires, mais maniées avec beaucoup de force et d'originalité. Tolnay y montre avec émotion le côté sombre de la destinée humaine. Ce ton caractérise aussi ses récits en prose : Tableaux de la vie (1866), Madame la baronne, le Château féodal, Daniel sera curé, le Misérable, On y voit étalé, dans la manière de certains romanciers anglais, toutes les misères de notre société. J. K.

TOLOCORO (Ornith.) (V. Couroucou).

TOLOMEI ou PTOLOMEI (Jean), canoniste italien (V. Olivétains).

TOLOMEI (Antonio dei), afehitecte italien (V. Fede- Rrr.Hi).

TOLOMEI (Claudio), littérateur italien, né à Sienne en 1492, mort à Rome en 1555. Il servit successivement Léon X, le cardinal Hippolyte de Médicis et Fier Louis Farnèse. A la mort de celui-ci, après avoir ouvert à Padoue une école de philosophie morale, il fut nommé évèque de Curzola et envoyé à Henri II pour resserrer les liens de Sienne avec la France. On lui doit la fondation de deux Académies siennoises et plusieurs opuscules, entre autres, les Versi e regole délia nuova poesia toscantty les Lettere, libri Vil que Vidal traduisit en français en 1572, le De Corruptis verbis juris civilis, etc.

TOLSTOÏ ( Pierre- Andréévitch), personnage important de la cour de Pierre le Grand. On ne sait ni la date de sa naissance ni celle de sa mort. Il fut, dit-on, compromis dans l'aflfaire des Strélitz, et ce serait pour racheter sa faute qu'il aurait demandé au tsar de lui donner une mission à remplir à Tétranger. Toujours est-il qu'il entreprit, sur l'ordre de Pierre, un long voyage à travers la Russie, la Pologne, l'Autriche et l'ItaUè, recueillant tous les renseignements possibles sur les moeurs et les monuments des pays qu'il visitait, et s'intéressant tout spécialement à l'art de la navigation, dont il étudia, sur la mer Adriatique, la pratique et la théorie (1697 à 1699). Son récit fut publié pour la première fois dans {Archive russe en 1888. En 1702, il fut envoyé à Constantinople en qualité d'ambassadeur ; il revint en 1714. En 1716, il accompagna Pierre le Grand en Hollande : un an plus tard, il se rendit à Vienne pour demander qu'on livrât le tsarévitch fugitif; il fut également au nombre des juges qui condamnèrent à mort ce fils de Pierre le Grand. L'im-

pératrice Catherine le trouvant compromis dans une affaire politique l'exila au couvent de Solovietsk sur la mer Blanche ; il y mourut. On cite parmi ses écrits, outre, son Voyage, une traduction des Métamorphoses d'Ovide et une autre d'un travail italien sur la Turquie ; en outre une Adresse au tzar, depuis Constantinople, qui contient des renseignements géographiques sur la mer Noire. J. Legras.

BiBL. : N.-A. Popov, le Voyage de P. Tolstoï en Italie, etc., dans Aténeï, 1859, ii"» 7 et 8. — Du même, article sur la vie de Tolstoï : Rouski Vtestnik^ juin 1860. — PÉ- KA.RSKI, la Science et la Littérature sous Pierre le Grand; Saint-Pétersbourg, 1862, t. 1,2 vol. in-8(tous ces ouvrages sont en russe).

TOLSTOÏ (Comte Alexis-Constantinovitch), poète, dramaturge et romancier russe, né à Saint-Pétersbourg le 5 sept. 1817, mort dans sa propriété de Petite-Russie le

10 oct. 1875. Appartenant à la haute aristocratie, élevé avec un soin jaloux par sa mère et par son oncle maternel qui lui servit de père et fit de lui son héritier, Alexis Tolstoï passa son enfance (qu'il qualifie lui-même de parfaitement heureuse) dans un bien de sa famille, en Petite-Russie. Il subit de bonne heure le charme de cette contrée fertile et poétique, qui donna à son imagination un éveil précoce, et à laquelle son cœur resta toujours attaché. La vie de ce grand seigneur fut exempte d'événements, si l'on ne compte pas pour tels des présentations à la cour et des nominations à des charges vagues, comme celle de grand veneur, qu'il conserva jusqu'à sa mort. En 1855, il fit partie du régiment aristocratique qui s'engagea pour la guerre de Crimée et qui fut décimé par le typhus à Odessa, ville que les survivants ne dépassèrent jamais.

11 employa le reste de sa vie à satisfaire ses deux passions principales, celle des beaux-arts et celle de la chasse.

L'œuvre d'Alexis Tolstoï n'est pas volumineuse, mais elle est choisie. L'ouvrage le plus célèbre qu'elle comprenne est un roman historique : le prince Sérébrianny. C'est un épisode de la lutte des bo'iars contre le tsar Ivan le Terrible ; c'était là l'époque de prédilection de l'écrivain qui devait lui consacrer plus tard une trilogie dramatique : la Mort divan le Terrible (une pièce souvent représentée); le Tsar Féodorei le Tsar J5om (interdites toutes les deux par la censure théâtrale). Si le nom d'Alexis Tolstoï est devenu populaire grâce à son ravissant roman, en revanche, sa poésie lyrique, charmante elle aussi, ne compte qu'un nombre restreint de fidèles admirateurs. Il a composé des ballades, des légendes en vers, où le ton populaire est imité avec bonheur. Il a, de plus, écrit de petits vers lyriques dont le ton simple et l'harmonie discrète et comme assourdie nous ravissent. Il n'a ni la profondeur de la conception, ni la large envolée lyrique; il est simplement charmant. C'en est assez, sans doute, pour sauver de l'oubli le nom d'Alexis Tolstoï, même à côté de celui de son illustre cousin. i. Legras.

BiBL. : L. GoLSCHMANN, le Prince Sérébriany ; Limoges, 1895. — Du môme, le Prince Sérébrianny (adaptation), ibid , 1898, in-fol. — Baron de Berwick, Alexis Tolstoï, Don Juan, poème dramatique ; Paris, 1896, ia-16.

TOLSTOÏ (Comte Léon-Nicolaévitch), célèbre romancier et publiciste russe, né dans un bien du gouvernement de Toula, à lasnaia Poliana, le 28 août (9 sept.) 1828. Ayant perdu sa mère à l'âge de deux ans, et son père huit ans après, l'enfant fut élevé successivement par deux de ses tantes. Durant ses quinze premières années, il reçut son instruction de gouverneurs divers entretenus à la maison, tant pour lui que pour sa sœur et ses deux frères. Toutefois, il semble avoir surtout subi, durant cette période décisive oti se forme le sentiment, l'influence et l'éducation de la campagne, avec laquelle ses longs séjours à lasnaia Poliana le laissèrent en contact presque ininterrompu. En 1843, Tolstoï entrait à l'Université de Kazan, dans la faculté des lettres ; mais, au bout d'un an, un échec à ses examens le détermina à passer à la faculté de droit. En 1848, il subit avec succès à l'Université de Saint-Pétersbourg les épreuves de sortie. Il se retira alpr§

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