CANDEILLE - CANDÉLABRE
une cuvette au bord de laquelle étaient posées des colombes. Cq type est surtout fréquent en Etrurie. Les fouilles faites dans ce pays en ont fait connaître quelques-
Fiçç. 1. — Candélabre d'après une peinture d'un tombeau étrusque d'Orvieto.
Fig. 2. ■— Candélabre étrusque en bronze.
Fig. 3. — Candélabre étru&que en bronze.
uns qui sont de petites merveilles d'ingéniosité décorative. Ici, le fût simule un roseau autour duquel s'enroule un serpent ou le long duquel grimpe un coq poursuivi par un renard (fig. 2) ; là, c'est une colonnette que porte à bras tendu un danseur debout sur une jambe. Ailleurs le candélabre se compose ; 1^ d'une cuvette supérieure tenue en l'air d'un seul bras par un personnage préoccupé de h mettre aussi haut que possible hors de la portée d'un chien qui saute le long de sa jambe ; 2^ d'un fût servant de piédestal à cette statuette et porté en équilibre sur la tète d'un acrobate, lequel est debout sur un trépied formé par trois acrobates féminins arcboutés en arrière tète
contre tête (fig. 3). Plusieurs candélabres étrusques ont jusqu'à un mètre et demi de hauteur, A Pompéi et à Hercolanum on a trouvé des candélabres d'un art plus ingénieux encore. La tige, au lieu d'être rigide, s'infléchit capricieusement comme une branche d'arbre et se dédouble pour soutenir deux bobèches, et'derrière cette tige s'élève une statuette représentant soit un Silène ivre et dansant, soit un Silène assis sur un rocher (fig. 4). L'antiquité avait encore des candélabres de forme monumentale, reposant sur un socle triangulaire élevé, avec un large fût simulant un balustre, orné de feuilles d'acanthe ; quelques-uns présentent une riche décoration sculptée, des têtes d'animaux, des figures humaines, des guirlandes (fig, 5). C'étaient des meubles de luxe, en
Fig. 4.— Candélabre en bronze (Musée de Naples).
CANDELABRE
marbre, ou en bronze rehaussé d'or et d'argent, parfois enrichis de pierres précieuses ; ils se terminaient tous par
une coupe destinée à porter une ou plusieur s grandes lampes, ou bien un pot à feu.
Jules Màrtha, II. Ameublement. — Durant le moyen âge, le terme de candélabres s'appliquait à tout ce qui supportait des chandelles de suif ou de cire, qu'ils fussent appliqués contre la muraille, suspendus au plafond ou sur une base fixe. C'étaient de grands chandeliers de salle à une ou plusieurs branches, en bois sculpté ou en laiton. Les candélabres des églises avaient de plus grandes dimensions, et on voit dans la cathédrale de Milan un monumental chandelier à sept branches dont l'admirable ciselure remonte au XIII® siècle, et qui rappelle par sa disposition le candélabre du temple de Jérusalem, représenté sur l'arc de Titus à Rome. Toutes les grandes églises en possédaient de semblables ainsi que des chandieliers pascals également de dimensions considérables.
Lorsque le luxe de l'ameublement prit un développement inconnu à ces anciens temps, le candélabre tendit à
Fig. 5. —Candélabre Barberini (Musée Pio-Clementino).
Fig. 6. — Candélabre Louis XIV, par Boule.
perdre ses dispositions primitives pour ne devenir qu'un ornement de cheminée. A l'époque de Louis XIV, on faisait de véritables candélabres à plusieurs branches, mais
le plus souvent on se servait dans les châteaux de torchères de bois doré à base triangulaire, dont le plateau supérieur recevait une girandole à plusieurs branches garnies de plaques de cristal pour refléter la lumière. Meissonnier et les dessinateurs du règne de Louis XV composèrent des modèles de candélabres dont les branches mobiles à rocaille venaient se fixer dans une tige de flambeau ordinaire. Ces pièces, destinées à être exécutées
Fip
7. — Candélabre Louis XV (collection San-Donato), exécuté en 17i3 par L. Regnard.
en orfèvrerie, étaient aussi traduites en cuivre et ciselées. Elles figuraient principalement sur les tables de festin. Les candélabres ne furent définitivement employés comme ornements de cheminées que sous Louis XVL Les plus beaux sont en forme de trépieds supportant un vase de fleurs, dont les bobèches recevaient les lumières. On en rencontre d'autres, où, sur une colonne servant de base, s'élèvent des figures de bronze vert soutenant des girandoles de cuivre doré. Les sculpteurs Falconnet, Pajou, Boizot, etc., ne dédaignaient pas de modeler ces pièces dont la ciselure est due parfois à Gouthière, à Martincourt et à Duplessis. L'un de ces ciseleurs, Thomire, exécuta des candélabres très importants, pendant le premier empire, sur les modèles de l'architecte Percier qui s'inspirait encore de l'art antique, mais sans la finesse de goût qui caractérise les produits du xviii® siècle. Le Garde-Meuble conserve des candélabres commandés pour le mobilier impérial des Tuileries, qui n'ont de remarquable que leurs grandes dimensions et qui sont d'une banalité désespérante. L'art du bronzier tomba bientôt dans la pacotille; les candélabres de la Restauration et du règne de Louis-Philippe sont considérés aujourd'hui comme des pièces de quincaillerie, en raison de la lourdeur de leurs ornements et de la mauvaise qualité de la matière. Vers le milieu de notre siècle, Klagmann composa des candélabres pour lesquels il emprunta les motifs des maîtres de la Renaissance. Barye, dont nous admirons les animaux et les figures fondues à la cire perdue, modela plusieurs candélabres qui ne sont pas ses meilleurs ouvrages. De nos jours, l'art du bronze a repris une grande activité. Les fabricants modernes produisent une variété de candélabres répétant les modèles du temps de Louis XIV, de Louis XV et de Louis XVI, pour accompagner les restitutions d'ameublement auxquelles notre génération se plaît. Il s'est révélé cependant quelques dispositions nouvelles et les carrières de marbre africain ont mis à la disposition
des bronziers des matières dont ils se servent pour exécuter de grands vases ornés de bronze et supportant des
Fig. 8. — Candélabre Louis XVI (mobilier national) .
girandoles à bouquets et des lampes, qu'ils placent sur des piédestaux de marbre. De Champeaux.
III. Eclairage DES voies publiques et des monuments. — On appelle candélabres les colonnes creuses qui supportent les lanternes destinées à l'éclairage des rues et des monuments. Ces appareils doivent satisfaire à certaines conditions générales que nous allons exposer. Si l'on veut obtenir un bon éclairage des rues, il faut d'abord que les flammes soient convenablement et utilement réparties dans les rues. En plaçant les lanternes à 25 ou 30 m. de distance l'une de l'autre, on obtient avec des flammes de 150 litres de consommation de gaz par heure un bon éclairage. Il ne faut pas dépasser une distance de 40 m., même dans les rues les moins importantes. Lorsque les rues sont construites des deux côtés, on place ordinairement les lanternes alternativement de chaque côté. Lorsqu'une rue débouche sur une autre, on cherche à répartir les lanternes de telle sorte que l'une d'elles se trouve soit à l'un des deux angles, soit en face de cette rue pour que la flamme éclaire deux rues à la fois. Lorsque deux rues se croisent, on utilise également un ou deux angles pour y placer des lanternes. Sur les places, on n'éclaire souvent que les trottoirs le long des maisons ; mais si les places sont grandes et que la circulation y soit importante, il est utile d'en éclairer aussi le milieu soit par plusieurs candélabres à une flamme convenablement répartis, soit par des candélabres à plusieurs flammes qu'on peut placer sur une fontaine ou sur tout autre monument. Si les rues sont étroites, on cherche à placer les lanternes autant que possible sur des consoles fixées aux maisons (V. Console) ;