CANDÉLABRE
si les rues sont plus larges et qu'elles aient des trottoirs, on emploie des candélabres qu'on place de préférence sur les trottoirs, immédiatement derrière les bordures. La meilleure lanterne pour les flammes est de 3"^30 à 3™60 au-dessus du sol. La fig. 9 représente un candélabre à une lanterne pour ville importante ; la fig. 10 un candélabre à trois lanternes pour place publique et la fig. 11 un candélabre destiné à s'appuyer contre la façade d'une maison dans les rues à trottoir trop étroit. A Paris et dans quelques grandes villes, les candélabres des places et des coins de rues sont munis de lanternes à becs intensifs consommant jusqu'à 1,400 litres de gaz par heure (V. Bec).
Les exigences auxquelles doit satisfaire un bon candélabre de rue, abstraction faite d'une forme convenable et d'un degré d'élégance qui s'harmonise bien avec le reste des ornementations, sont les suivantes : il doit être d'une forme agréable et avoir une base pénétrant dans la terre à une profondeur suffisante pour pouvoir supporter sans se briser ni s'incliner le poids de l'ouvrier montant sur une échelle appuyée contre le candélabre pour nettoyer la lanterne, ainsi que les trépidations ordinaires résultant de la circulation des voitures ; il doit, en outre, donner passage au tuyau de gaz et offrir une consolidation commode et solide pour la lanterne. En général, les candélabres se composent d'une colonne creuse en fonte avec une base percée à jour d'environ 0"*60 à 1 m. de longueur. Ils sont com|)osés de deux, trois et même un plus grand nombre de pièces ; ils ont une longueur de 2^90 à S'^SO au-dessus du sol et un poids variant de 150 à 250 kilog. Le pied d'un candélabre a, suivant la forme de la colonne, une section carrée, ronde ou polygonale de 0^"23 à O^^SO de largeur. L'extrémité inférieure est souvent terminée par une bride horizontale, faisant saillie vers le dehors et ayant 0^05 à O'^IO de largeur pour agrandir la base. La plupart des ingénieurs gaziers enfoncent tout simplement le pied dans le sol sans aucune précaution ; d'autres le placent sur un socle en maçonnerie et l'entourent également de maçonnerie presque jusqu'à la hauteur du pavage de la rue. Le pied porte des ouvertures latérales et c'est par l'une d'elles qu'entre le tuyau d'arrivée du gaz pour monter ensuite verticalement à l'intérieur du candélabre. La tête du candélabre doit être disposée de manière à ce que la lanterne puisse y être fixée commodément et solidement ; on obtient ce résultat de bien des manières. Le pied de la lanterne peut, par exemple, être muni d'un tube de 0"^05 de hauteur qui s'emboîte dans l'extrémité tournée de la tête du candélabre et est maintenu au moyen d'une vis de pression. Parfois, on munit les candélabres à la partie supérieure d'un ou de deux bras pour appuyer l'échelle ; ces bras n'ajoutent cependant rien à la beauté du candélabre. Dans les rues de peu d'importance, on emploie encore des candélabres en bois parce qu'ils coûtent bien meilleur marché que ceux en fonte. On les établit en chêne et on fait le plus souvent passer le tuyau d'arrivée du gaz dans une rainure pratiquée sur l'une des faces, qu'on recouvre avec une bande de tôle ; il est rare que ce tuyau passe par l'axe du poteau ; la lanterne se place soit sur un petit chapiteau, soit sur une console fixée à la partie supérieure du poteau.
Les candélabres sont établis à Paris sur les grandes voies telles que les boulevards et les rues d'au moins 12 m. de largeur; les rues plus étroites sont éclairées par des lanternes supportées par des consoles qui sont scellées dans les murs de face des maisons ou reposent, d'après le nouveau système, sur des colonnes placées contre le pied des façades (fig. 13). Le modèle adopté par la ville de Paris se compose d'une colonne en fonte recouverte d'un cuivrage galvanique (fig. 14) ; la lanterne est en cuivre bronzé avec des verres forts et clairs ; le cône qui la surmonte porte une petite couronne aux armes de la ville. Ces appareils sont quelquefois, comme nous l'avons déjà dit, pourvus au-dessous du chapiteau d'une tige horizontale dite porte-échelle^ en bascule d'un seul côté du
CANDÉLABRE — CANDELETTE
candélabre ou qui est partagée par le fût en deux parties égales, c'est le point d'appui de l'échelle qui sert pour nettoyer. Des appareils à plusieurs branches sont installés sur les trottoirs établis comme refuges ou reposoirs
au milieu de certaines places ou boulevards (fig. 12). Les candélabres sont fixés sur des dés en pierre ; leur lumière est placée à S'^ôO, 3 m. ou 4 m. au-dessus du sol, suivant la largeur de la voie à éclairer. La base est pourvue
È'ig. 9.
Fig. 10.
Ing. 11.
Fig. 12.
Fig. 13.
Fig. 14.
d'une partie ouverte, souvent fermée par une plaque ornée représentant la porte du coffret dans le candélabre en bronze dessiné par M. Duban pour la cour du Louvre à Paris. Nous renvoyons pour le détail des lanternes de candélabres à l'article Lanterne. L. Knab.
IV. Arboriculture. — Ce nom dépeint une des formes sous lesquelles on dirige les arbres fruitiers d'espalier et de contre-espalier. Dans son ensemble, cette forme recouvre une surface à peu près rectangulaire, dont trois côtés sont occupés par deux branches principales (branches-mères) i sur lesquelles s'élèvent verticalement des branches sous-mères. Elle convient aux Poiriers, Abricotiers, Cerisiers et, un peu modifiée, aux Pêchers. Il est facile de l'obtenir : le jeune sujet, coupé à moitié de sa longueur totale lors de la plantation, est rabattu l'année suivante au-dessus des deux branches inférieures. Ce sont les branches-mères. On équilibre leur végétation à l'aide des inclinaisons et peu à peu on les amène à la position horizontale. Lorsqu'elles ont atteint les côtés latéraux du rectangle, on les dresse verticalement. Les sous-mères s'obtiennent en laissant se développer, sur les branchesmères, des bourgeons espacés de 40centim. environ. Pour le Pêcher, très sujet à se dégarnir par sa base, cette forme de candélabres à branches verticales sera avantageusement modifiée en inclinant à 45 degrés les sousmères vers le centre de l'arbre (candélabre a branches obliques). Quelquefois on le dispose en candélabre à branches croisées. Le nombre des branches du candélabre est déterminé par l'espacement des arbres et par la
distance minimum de 35 centim., à laisser entre les sousmères. Le candélabre à quatre branches est l'un des plus usités, surtout pour le Poirier. G. Boyer.
BiBL. : Archéologie. — H. Blûn[ner, Technologie und Terminologie der Gewenbe u. Kûnste bel Griechen u. Rômern ; Leipzig, 1885, 3 vol. — J. Martha, l'Art étrusque ; Paris, 1889, pp. 527-532. — Daremberg et Sa- GLio^ ûict. des Ant., v" Candelabrum. — A.Baumeister, Denkmàlfr des classischen Alterthums ; Municii, 1887, p. 816, t. II.
Ameublement. — H. Havard, Dictionnaire de Vameublement.
CANDELARIA. Bourg de la République Argentine. Ancienne et célèbre capitale des Missions, aujourd'hui siège d'une colonie agricole. C'est aussi le nom d'une colonie do la prov. de Santa-Fé (République Argentine).
CANDELARIA (Cordillère de) (V. Costà-Ricà).
CANDELARIO. Bourg de la prov. de Salamanque (Espagne), district de Béjar, au milieu d'une région montagneuse, est réputé pour ses saucissons et cervelas. Papeterie, fabrique de boutons pour l'armée ; 2,619 hab.
CANDELETTE (Mar.). C'était primitivement un hauban mobile, constitué par un palan simple ou double, muni d'un pendeur comme la caliorne. On se servait particulièrement de la candelette de misaine, fixée au bout de la vergue du même nom pour mettre l'ancre à son poste de mer, après que le «capon » l'avait élevée jusqu'au bossoir; c'est ce que Ton appelle traverser l'ancre, la mettre en travers. Aujourd'hui les candelettes, fixées par leurs pendeurs ou pantoires au capelage du mât de hune, ne servent plus que de fausses balancines pour la basse
CANDELETFE — CANDIDATURE
vergue, ou de balancines pour les bouts-dehors de misaine quand la bonnette basse est hissée {V. Bonnette). Sur certains navires oii les palanquins des basses vergues sont constitués par des itagues simples, on se sert des candelettes, crochées dans les cosses de ces itagues, pour élever jusqu'à la vergue les bandes de ris des basses voiles (V. Ris). R. D.
GANDELIFERA, divinité romaine figurant au catalogue des Jndigitamenta^ parmi celles qui président à la naissance : elle personnifie la lumière du jour, à laquelle s^ouvrent les yeux du nouveau-né, et, à ce titre, n'est pas sans rapport avec Juno Lucina. On l'honorait en allumant, lors de l'accouchement, un cierge; ce cierge ne pouvait être remplacé par une lampe à huile, l'odeur d'une mèche fumante étant considérée comme funeste pour l'accouchée.
CANDERROA (Bernardino de), peintre espagnol et principalement miniaturiste ou enlumineur. En 1^14, et jusqu'en 1518, il fut employé par le cardinal Cisneros, concurremment avec d'autres artistes, à décorer de lettres ornées et d'arabesques le Missel en sept parties qui est encore conservé à la cathédrale de Tolède ; ce missel peut être considéré comme un véritable monument de la richesse d'invention et de l'exquise perfection d'exécution dont les enlumineurs espagnols surent faire preuve au xvi^ siècle. P. L.
CANDES. Com. du dép. d'Indre-et-Loire, arr. et cant. de Chinon, au confluent de la Loire et de la Vienne, dans un pays très fertile ; 420 hab. Eglise du xiii^ siècle. C'est à Candes que mourut saint Martin.
CANDI ou CANDY (MétroL), Mesure pour les grains, vaut à Bombay 8 hectol. 81, à Madras 2 hectol. 82. — C'est aussi une mesure de poids valant à Bombay 253kilogr., à Pondichéry 235 kilogr.
CANDI (Bonbons au) (V. Bonbon, t. VII, p. 272).
CANDI (Sucre) (V. Sucre).
CANDI AC. Section de la com. de Vestric-Candiac, dép. du Gard, près du Yistre. Ce lieu, cité dès le ix® siècle, appartenait à l'abbaye de Psalmodi ; le prieuré Saint-Pierre de Candiac fut plus tard uni au chapitre épiscopal d'Alais. — Le château de Candiac, qui date de 1630, a servi d'habitation à la famille de Montcalm pendant assez longtemps ; c'est là que naquit le célèbre gouverneur du Canada. La terre de Candiac lui venait de la seconde femme de Jean de Montcalm, veuve du seigneur de Vauvert. — Les collections artistiques du château de Candiac, aujourd'hui dispersées, étaient jadis assez célèbres. Auprès du château existait encore au xviii® siècle un bois de chênes verts de haute futaie, le seul du bas Languedoc.
CANDI AND. Illustre famille vénitienne qui a donné à la république de Venise cinq doges au ix« et au x* siècle.
Pietro Candiano 1, élu doge en 887, mort la même année dans une guerre contre les Esclavons.
Pietro Candiano II, élu doge en 932, mort en 939. Il obtint de l'empereur d'Orient, Romain Lecapène, la dignité de protospathaire ; ses guerres heureuses étendirent le territoire de la république aux dépens des Esclavons et des Dalmates. Il fit aussi la conquête de Coraacchio.
Pietro Candiano III, élu en 942, mort en 959. Sous son principat, des pirates de Tri este enlevèrent dans l'église de Castello douze jeunes patriciennes de Venise, qui, selon la coutume, devaient être mariées le môme jour, la veille de la Chandeleur. Aidé des fiancés et des parents, Pietro Candiano donna aussitôt la chasse aux pirates, les surprit dans les lagunes de Caorle, et après un combat acharné, réussit à leur ravir leur précieux butin. Une fête annuelle fut instituée en commémoration de ce brillant fait d'armes. Douze jeunes filles étaient promenées en triomphe dans les différents quartiers de Venise, puis dotées et mariées aux frais de la république. Ce doge eut à réprimer une révolte de son fils à qui il pardonna généreusement, mais
qu'une loi exclut à jamais de l'exercice de toute fonction publique.
Pietro Candiano IV. Ce fils révolté obtint cependant à la mort de son père la dignité de doge. Il se maria avec Qualdrade, fille de Hugues, marquis de Toscane, et gagna à ce mariage de nombreux et riches domaines en dehors du territoire de la république. Il se créa dès lors une garde de mercenaires étrangers, qui lui servirent à opprimer ses compatriotes. Ceux-ci se révoltèrent contre leur doge devenu leur tyran, et ne pouvant forcer le palais ducal, ils y mirent le feu. Le palais, l'église Saint- Marc et trois cents maisons devinrent la proie des flammes. Candiano fut égorgé avec son jeune fils au moment où il tentait de s'échapper (976).
Vitale Candiano V, frère du précédent, proclamé doge, mort en 979. H. Vast.
BiBL. : Art de vérifier les dates , chronologie des doges de Venise. — Daru, Hist. de Venise. — Sismondi, Hist. des républiques italiennes.
CANDIDATURE. ï. Droit romain. — A Rome, tout citoyen qui aspirait à une charge élective posait d'abord sa candidature au Forum par une déclaration publique, professio, qui se faisait généralement au moment où était publié l'édit de convocation, c.-à-d. trois nundines avant les comices. Une fois agréé par le magistrat qui devait présider aux comices, on était inscrit sur la liste des candidats. Ce nom vient de candidus, à cause de la robe blanchie à la craie que revêtait le candidat pour se promener dans le Forum et se faire connaître des électeurs, au milieu d'un cortège de salutatores^ sectaiores, deductores : ces promenades constituaient Yambitus, qui donna lieu rapidement à une foule d'abus que la législation fut impuissante à réprimer (V. Ambitus, t. 11, p. 619). A. W.
Candidati principis. Pendant les premiers temps de l'Empire, l'élection des magistrats, soit dans les comices, soit dans le Sénat, se faisait sous la haute direction de l'empereur, qui avait le droit légal de recommander des candidats, et l'assemblée était obligée de reconnaître cette qualité de candidat à ceux que l'empereur lui avait désignés. Ce droit de recommandation paraît avoir existé pour toutes les magistratures, sauf pour le consulat; on ne trouve en effet jamais dans les inscriptions le titre de candi' datus appliqué à un consul. L'empereur pouvait recommander autant de candidats qu'il voulait. Mais, en fait, il se bornait à en indiquer un certain nombre; parfois il faisait lui-même sa recommandation verbalement aux comices ; ce procédé était assez souvent employé par Auguste. Dans la suite, surtout à l'époque où le Sénat exerça le pouvoir électoral, la recommandation se fit en général par écrit. L'empereur exerçait le même droit pour le recrutement des sacerdoces. Mais, à partir du iii® siècle, le droit de recommandation de l'empereur se transforma en un droit de nomination pur et simple. E. Glasson.
II. DRorr ACTUEL, — Une loi récente du 17 juil. 1889, rendue en matière électorale, a défendu ce qu'on appelle les candidatures multiples. Désormais nul ne peut être candidat dans plus d'une circonscription. On connaît les origines de celte loi et les raisons qui ont amené son vote par la Chambre des députés et par le Sénat. Elle a pour objet d'entraver des tentatives plébiscitaires, et on sait que le gouvernement redoutait des actes de cette nature de la part du général Roulanger. Cette loi a été votée avec une certaine précipitation, aussi laisse-t-elle des points obscurs et prend-elle même parfois des mesures trop absolues. Ainsi à quelles élections doit-on appliquer la loi du 17 juil. 1889 ? Concerne-t-elle toutes les élections, celles des sénateurs, des conseillers généraux, des conseillers d'arrondissement, des conseillers municipaux comme celles des députés ? Les termes absolus de la loi paraissent autoriser une réponse affirmative. Mais cependant il semble qu'on dépasserait, avec cette solution, le but que s'est proposé le législateur ; pour atteindre ce but, il suffit d'appli-