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Moule

dire, chaque imprimeur, avait la sienne ; à une époque oîi l'alchimie était en honneur, il y avait naturellement des alliages mystérieux, et si tel imprimeur avait des caractères plus nets, ayant une plus longue durée que ceux de ses émules, il se trouvait toujours parmi ces derniers quelque confrère charitable qui insinuait que les pratiques de la cabbale n'étaient pas étrangères à cette supériorité. L'alliage ordinairement employé consistait en

CARACTÈRE

potin, espèce de laiton fort impur, fer et sulfure d'antimoine. Fournier le jeune contribua à Famélioration de l'alliage en établissant une fabrique qui donna de Tantimoine débarrassé de son impureté. Didot introduisit une partie de cuivre sur 9 d'étain et sur 400 d'alliage. Laboulaye augmenta proportionnellement le cuivre en en mettant 1 partie sur 6 d'étain et 400 de métal à caractères. Colson a ajouté de la limaille de fer, mais ce procédé est resté secret. Enfin on a essayé le bronze blanc, composé de régule, cuivre et étain, c'est la matière la plus dure qui se soit faite. En Angleterre, la Type founding Company, renommée pour la durée de ses

caractèi;es, emploie deux alliages différents : pour les impressions ordinaires, ces alliages sont composés de 50 parties de plomb, 35 d'étain et Î25 d'antimoine : pour les caractères qui doivent servir à l'impression des publications à grand tirage, les proportions sont de 3 parties d'étain pour 4 d'antimoine.

Les modifications qui ont été apportées à la fonte sont d'abord l'adoption du moule américain, qui consiste dans l'adjonction d'un petit levier coudé. Dans ce système, la fonte se réduit à entrebâiller le moule qui reçoit la matière et laisse retomber la lettre. Ce moule a permis>de porter à 6,000 la fonte par jour, qui, avec le système

Fig. 4. — Machine à fondre : a, chasse-lettres; b, lame en acier pinçant la lettre; c, chassoir; d, écrous buttant contre la tip;e c, ouvrant la pince &, afin de recevoir la lettre à sa sortie du moule; f, levier de Irotterie; g, vis de réglage du chasse-lettres; n, fourche aidant à relever le chasse-lettres; j, composteur; k, support du composteur; /, came du piston; m, pièce de cran servant à varier la force de corps; n, creuset à piston; o, cône de commande; p, manchon de débrayage; q, seau contenant de l'eau pour rafraîchir les pièces.

ordinaire, n'était que de 4,000 par jour et par ouvrier. L'introduction des machines produisant les caractères un à un sans arrêt et sans aucune manœuvre manuelle a été un immense progrès. Un creuset, où la matière est tenue en fusion, porte au fond un corps de pompe dans lequel un piston, sollicité par un ressort, peut descendre vivement. Grâce à ce mécanisme, la matière liquide est refoulée dans un conduit, dont l'extrémité s'appelle nez, et le moule que la matière va remplir, après avoir traversé la plaque percée d'un trou en rapport avec la grosseur de la lettre à fondre, vient se présenter devant le nez. Le moule est limité, à droite et à gauche, par deux parois fixes appelées grains ; en bas, joue la lame, pièce d'acier mobile de bas en haut ; en dessus joue un autre grain, qui fait corps avec le chassoir, pièce mobile

de droite à gauche. En arrière du moule, le nez est approché tout à fait contre le vide ainsi formé, et, à l'opposé du nez est fixée la matrice au moyen d'un archet, sur le porte-matrice. Le moule étant fermé par le jeu des différentes cames, les opérations se succèdent ainsi : le piston en descendant, chasse la matière qui, projetée sur l'œil de la matrice, s'y moule, remplit la cavité et forme le caractère. Ensuite, le porte-matrice recule entraînant la matrice, et, en même temps le chassoir, qu. forme le dessus du moule, recule aussi. Dès lors, la lame monte et dégage la lettre, le chassoir, en revenant pour retermer le moule, le pousse devant lui et, dans ce moment, la lame est redescendue à sa place, la matrice s'est représentée, le piston s'est relevé et tout est prêt pour une nouvelle opération. Avant de mettre la machine

CARACÎÈRÉ

en marche, l'ouvrier doit vérifier la hauteur en papier, Tépaisseur, la ligne et Façproche. On obtient la hauteur en papier en ayant toujours îa même profondeur de Toeil et les grains justifiés à la demande. Pour V épaisseur de ligne et ï approche, on les vérifie par le moyen d'un instrument appelé justification, sorte de règle en cuivre munie d'un rebord et d'un jeton^ qui est une équerre d'acier. Deux lettres m prises pour types sont placées dans la justification et trois lettres d'essai étant mises entre elles, on vérifie si l'épaisseur est bien la même en appuyant le jeton en divers points des tiges. Pour vérifier les lignes, le jeton est posé dans l'alignement du pied des deux m types et doit passer par le pied de deux lettres qui leur sont comparées; suivant que la ligne monte ou descend, on serre ou on desserre la vis qui agit sur la matrice et comme, dans la position précédente, elle était ou trop à droite ou trop à gauche par rapport à l'axe du moule, l'action exercée sur la vis la pousse dans un sens ou dans l'autre et rectifie la position de l'œil. Enfin, on vérifie Rapproche, qui est la distance entre l'œil et les bords de la tige, laquelle est réglée de telle sorte que les lettres, une fois composées, ne paraissent pas ou trop près ou trop loin les unes des autres. Quand il y a certitude que la fabrication peut s'opérer dans de bonnes conditions, la machine est mise en marche; la production est de 2,000 lettres à l'heure en corps 9.

Les machines anglaises et allemandes donnent une fabrication un peu différente. M. Tucker, dans sa Typologie, décrit la machine anglaise. Le corps de la lettre se fait dans un moule en acier trempé se composant de deux parties. L'une est adhérente à la machine à fondre, l'autre mobile (fig. 3). La partie mobile s'ajuste pour obtenir les différentes largeurs qu'exige le corps des lettres, telles que l'I et l'M, l'une étant plus large que l'autre. Chaque lettre fondue dans le même moule est nécessairement de la même hauteur. La matrice et le moule sont alors ajustés à la machine à fondre (fi^. 4) , laquelle peut fabriquer de 25 à 120 lettres par mmute, selon le corps. La production des jietits corps exige moins de temps que les grands, car le refroidissement est beaucoup plus rapide. La machine à fondre dont nous donnons le dessin est munie d'une manivelle et demande l'emploi d'un ouvrier. Mais en fait, dans une fonderie de caractères utilisant la vapeur, des transmissions sont adaptées à ces machines et un seul ouvrier peut surveiller le travail de deux machines. Le métal est tenu à l'état liquide par un petit fourneau placé sous la machine et la matière fondue est lancée dans le moule par l'action d'une pompe. Ainsi que nous l'avons dit, la partie qui tient le moule est mobile et à chaque évolution de la manivelle, elle arrive devant le tube conducteur du métal en fusion. Après avoir reçu une charge de métal, pour la confection de la lettre, le mouleuse renverse mécaniquement; cette partie mobile s'ouvre et la lettre s'en échappe, grâce à une saillie qui pénètre dans sa tige, sans laquelle le type resterait attaché au moule. Depuis quelque temps, le fondeur utilise cette saillie pour y placer le nom de sa maison. Un ressort en forme de boudin tient la matrice en place.

Revenons maintenant à la lettre que nous avons vue tomber du moule ; elle doit encore subir diverses opéra-

Fig. 5. — Type non fini.

lions. Elle doit passer à la couperie ; chaque caractère porte à sa base un jet (fig. 5), qui n'adhère à la tige que du tiers de fson épaisseur. Autrefois, des femmes coupaient le jet à la main ; aujourd'hui, la machine porte, sur le chassoir, une pièce d'entraînement qui amène la lettre sur un couteau qui frappe perpendiculairement

le jet au point d'étranglement à l'instant où la lettre, sortie du moule, vient s'arrêter contre un butoir. Les caractères sont ensuite portés à la frotter ie ; étendus sur une pièce de peluche pour éviter que l'œil s'abîme, on les frotte sur une pièce de grès ou une composition d'émeri, de grès agglutinés par la gomme laque, des deux côtés, pour donner une égale épaisseur à toute la tige. Plusieurs lettres doivent subir la crénerie, une espèce d'é vidage ; en effet, la tête de Vf, par ex., doit pouvoir s'avancer sur la lettre qui la suit, mais cette combinaison ne pourrait s'effectuer si la lettre qui suit a également une tête comme Vi, ou 1'/ ; c'est pour ce motif, qu'on a dû fondre des lettres doubles, comme /î, fl, et même triples comme ffl, pour éviter l'effet disgracieux que produisaient les lettres ordinaires simples placées l'une à côté de l'autre, / ê, /* /, // /. Restent encore trois opérations : les lettres doivent être composées, c.-à-d., rangées dans un composteur ; elles doivent passer au coupoir et enfin elles doivent subir V apprêt, nous pourrions dire la toilette de la lettre. Le coupoir est un assemblage de pièces mobiles formant serrage et qui peut recevoir ce que porte un composteur en bois. L'ouvrier tenant le composteur de la main gauche fait, d'un seul coup, tomber les lettres du côté de l'œil sur la pièce de dessous du justifteur qu'il tient de la main droite ; il les place ensuite de façon qu'elles soient perpendiculaires et les maintient avec la seconde branche du justifieur, puis place le tout entre les parties mobiles du coupoir, serre la vis du corps qui agit sur le côté du corps, tandis qu'une autre vis serre la pièce inférieure du justifieur, le fait reculer et agit sur le flanc des lettres. Un rabot enlève alors au pied de la lettre les débris de matière résultant de la cassure irrégulière produite lors de la couperie et forme une gouttière qui assure la hauteur en papier. Le coupeur vérifie la hauteur sur un calibre en acier. Le caractère est ensuite porté sur la table d'apprêt; on le passe sur un composteur d'apprêt oh on lui tait subir l'opération du nettoyage de la forme de corps. On vérifie cette forme de corps sur un typoraètre, on contrôle la ligne et l'approche en reprenant les différentes lettres à examiner et en les mettant entre les lettres types, m, h,oeiH,0, Lorsque la ligne est défectueuse, toute la sorte est à refondre ; si au contraire les lettres types sont bonnes, l'apprêteur passe à la loupe l'examen de l'œil du caractère, et rejette les lettres mauvaises; ce travail exige des ouvriers très exercés. Le caractère est alors prêt pour la mise en page.

Certaines expériences ont été faites dans le but de remplacer le métal qui sert à la fonte des caractères, par d'autres matières. M. Gillard a pris en 1829 un brevet pour la fabrication des caractères d'imprimerie en terre cuite; M. Naudoten 1846 en a pris un également. Ces essais ne paraissent pas avoir donné de bons résultats. On cherche depuis quelques années à employer le verre trempé ; le caractère fait avec cette dernière matière est plus pur que les caractères ordinaires ; les pleins et les déliés sont plus délicats et tous les détails du cran et de l'aplomb sont obtenus sans difficulté et avec régularité. De plus, la même machine et les mêmes matrices servent à fondre indifféremment le métal et le verre. Le verre trempé qui est employé couramment à Sydney pour la gravure, en remplacement de la gravure sur bois, ne paraît pas jusqu'ici être entré dans la pratique pour l'établissement des caractères typographiques. L. Knab.

BiBL. : Psychologie, Morale et Pédagogie. — J. Bahnsen, Beitràge zur Charakterologie ; Leipzig, 1867, 2 vol. in-8. — A. Hagemann, Was ist Charakter und me kann er durch die Erziehung gebildet werden ; Leipzig, 1881, broch. in-8, S» éd. — J. Stuart MiLL, Système de logique, trad. Peisse, liv. IV; Logiq. des sciences morales, chap. v, De l'éthologie ou science de la formation des caractères .— H. Marion, De la Solidarité morale ; Paris, 1883, in-8, 2* éd. — A. Martin. VEducation du caractère ; Paris, 1887, in-12. — Azam, le Caractère dans la santé et dans la maladie, Paris, 1888, in-8.

CARACTÉRISTIQUE — CARACTÉROLOGIE — 274 —

CARACTÉRISTIQU E. h Grammaire. — Dans un sens très général, on donne ce nom à toute lettre ou syllabe qui caractérise une forme grammaticale; par ex., s est la caractéristique du pluriel des substantifs en français. L'acception du mot s'est restreinte, principalement dans la grammaire des langues anciennes, à certains éléments qui s'intercalent parfois, dans la conjugaison, entre la racine et les désinences personnelles, et caractérisent ainsi les différents temps et modes : a, par ex., dans un aoriste grec; on les appelle encore figuratives. En réalité, ce ne sont que des suffixes d'un ordre particulier, qui, joints à la racine verbale dans des conditions déterminées de phonétisme, servent à former les thèmes modaux et temporels.

M. Beaudouin.

IL Mathématiques. — i^ Caractéristiques d'un SYSTÈME DE COURBES. — La rechcrche du nombre fini de courbes de même degré satisfaisant à un ensemble de conditions données conduit, lorsqu'on emploie les méthodes analytiques, à des calculs souvent inextricables. En 1864 et dans les années suivantes, M. Ghasles a fait connaître à l'Académie des sciences une méthode géométrique qui fournit plus simplement le résultat cherché. Le point de départ est le suivant : pour déterminer une courbe de degré m, il faut

donner

conditions, par exemple

points de la courbe. Si l'on donne seulement

conditions, elles sont remplies par une infinité de courbes de degré m. Soit {x le nombre de celles de ces courbes qui passent par un {joint donné, soit v le nombre de celles qui touchent une droite donnée, [jl et v sont dits les caractéristiques du système. Le nombre des courbes du système qui satisfont à une autre condition quelconque est ordinairement de la forme p,a + vp, a et p désignant deux nombres qu'on peut appeler les caractéristiques de cette condition. Un grand nombre de propriétés du système s'expriment d'ailleurs par un binôme semblable. Dès que fA et V sont connus, a et (5 se déterminent aisément au moyen du principe de correspondance (V. ce mot). Ceci posé, on exprime chacune des conditions données, dans le système jx, v, par un binôme ajx + pv, et, pour éviter les éliminations, on fait en sorte de substituer successivement aux conditions données, des conditions élémentaires, consistant à passer par des points et à toucher des droites. Par exemple, dans le cas des coniques, les caractéristiques des systèmes élémentaires sont : (4, 2), pour 4 points ; (2, 4), pour 3 points et une tangente ; (4, 4),

rur 2 points et 2 tangentes ; (4, 2), pour un point et tangentes; (2, 1), pour 4 tangentes. Si l'on ajoute à chacun de ces quatre groupes de conditions, pris successivement, une cinquième condition (a, p), les nombres de solutions obtenues sont respectivement a + 2p, 2a + 4j3, 4a -\- 4p, 4a -H 2p, 2a + p. Si maintenant on supprime la connaissance d'un point, on a quatre nouveaux systèmes dont les caractéristiques sont évidemment : (a -|- 2p, 2a 4- 4P) ; (2a + 4|3, 4a + 4(3) ; (4a + 4p, 4a + 2p) ; (4a 4- 2p, 2a + p), et la condition (a, (s) se trouve ainsi substituée à l'une des conditions élémentaires (un point). En répétant l'application du même procédé, on trouve finalement que le nombre des coniques satisfaisant à cinq conditions quelconques : (a, p); ((/ p^) ; (ctf^ p^^) ; {af'', f') ; (&}\ pï^) est donnée par la formule :

aaV''a'''''a^^ -f- 2Saa'a"''a''^''p'^ + 4SaaV''p''''p^

le signe S désignant les sommes de termes semblables obtenus par permutation des accents.

Voici quelques exemples de binômes &,X -f- Pp- correspondant à un système (X, p,) de coniques. Le lieu des sommets est une courbe de l'ordre 2(x -+- 3v ; le lieu des foyers est une courbe d'ordre 3{jl; l'enveloppe des axes est une courbe de la classe (jl + v ; le nombre des coniques qui touchent une courbe de l'ordre m et de la classe n est

n{j!. + mv, etc. Ajoutons que Zeuthen a employé, au lieu des caractéristiques jx et v de Chasles, relatives à un système de coniques, les quantités X et tu, dont la première désigne le nombre des coniques se réduisant à un système de points, et la seconde, celui des coniques se décomposant en deux droites. On a d'ailleurs les relations: {X =z 2v — 7ï et V = 2(ji. — X. Les caractéristiques d'un système de courbes d'ordre m ne sont généralement pas aussi faciles à trouver que dans le cas des coniques; elles sont toujours liées par la relation v = 2[ji. (m — 1) —X, X désignant ici le nombre des courbes complexes dont une partie est comptée deux fois.

2<* Fonction caractéristique. — On appelle fonction caractéristique l'intégrale

dans laquelle t désigne le temps, t^ une valeur particulière de t, et 2T la force vive d'un système en mouvement; cette intégrale joue un rôle important dans la solution des problèmes de dynamique. Ses propriétés sont exposées en détail dans les Vorlesungen ûber Dynamik de Jacobi et dans notre Traité de mécanique, H. L.

3*» Nombres caractéristiques d'une courbe. — Etant donnée une courbe de degré m et de classe n, on peut chercher : le nombre (S) de ses points doubles ; celui (t) de ses tangentes doubles ; celui (x) de ses points de rebroussement ; celui (i) de ses tangentes d'inflexion. Ce sont les nombres caractéristiques de la courbe. Les six équations, dites de Plûcker, donnent l'expression de chacune des six quantités m, n, B, t, x, i, en fonction des cinq autres. Ces équations équivalent à cinq relations distinctes seulement. En appelant, avec M. Cayley, a un paramètre auxiliaire égal à 3 m -h t, on peut écrire : x==: a ~ 3w; 1==: a — 3m ; 2â zz: m^ — m + 8w — 3a ; 2t = w^ — n + 8m — 3a. Les nombres correspondants pour la courbe réciproque s'obtiennent en permutant m avec w, 8 avec t et i avec x. On a souvent avantage à considérer, en outre, le nombre / de fois que la courbe passe par un point circulaire à l'infini, et le nombre g de ibis qu'elle est tangente à la droite de l'infini. Pour la développée, on a alors les valeurs : m^ =: a — 3 (/ + ^) ; n^^m-^n-^(f+g)\ i'=^(f-hg); /=3a-^ 3 (m 4- w) — S (/+ ^). Pour une courbe parallèle à la proposée, M. Cayley a donné les formules : m^ =z 2(m+w)-~2(/'+ô^);n"=:2?z;/— 2i=z— 6m+2a; / :zz: 2a -^ 6 (/' + ^) ; /^ = 2 (w -- ^) ; / =z ^g.

¥ Caractéristique. — Théorie des équations diflférentielles (V. Equations).

5^ Caractéristique d'une enveloppe (V. Enveloppe).

6^ Caractéristique (fonction) de M. Massieu (V. Thermodynamique). L. Lecornu.

CARACTÉROLOGIE. Nom donné par J. Bahnsen (V. ce nom) à la science des caractères que Stuart Mill propose d'appeler éthologie. Une telle science peut-elle exister^ c.-à-d. y a-t-il des lois selon lesquelles se forment et se transforment les caractères individuels ? S'il y a de telles lois, peut-on les connaître, et jusqu'à quel point rendraient-elles compte de l'individualité? Autant de questions sur lesquelles on trouvera quelques indications au mot Caractère. C'est, en somme, réduit à sa forme psychologique et posé en termes scientifiques, à la moderne, quelque chose comme le vieux problème du j^rmcipe dHndividuation. Caractérologie ou éthologie, de quelque nom qu'on l'appelle, l'étude des caractères ne saurait être une science à part et proprement dite, aussi longtemps que vaudra l'antique adage : il n'est point de science de l'individuel. Mais l'individualité morale est certainement, comme l'individualité physique, régie par des lois, déterminée pour une large part, même dans l'hypothèse de la liberté. Ces lois ne sont pas autres que celles de la psychologie ; mais leur application spéciale à la formation et au jeu des caractères peut faire l'objet

CARACTEROLOGIE — GARAFA

d*une étude à la fois très intéressante spéculativement et très utile dans la pratique ; c'est là essentiellement de la psychologie appliquée. H. Marion.

CARADOC (sir John-Francis, lord Howden), général anglais, né à Dublin le 42 août 4762, mort à Grimston le 6 juil. 4839. Son père, John Caradock, était archevêque de Dublin et lui acheta, en 4777, une commission de cornette dans le 4« régiment de cavalerie. Son avancement fut des plus rapides. En 4789, il est lieutenantcolonel, en 4793 il commande une partie des troupes envoyées dans les Antilles ; en 4798, il aide lord Cornwalis à repousser l'insurrection d'Irlande, puis commande Tétat-major d'Abercomby dans la Méditerranée. Après l'expédition d'Egypte, il est mis à la tête d'une armée de 7,000 hommes destinée à la conquête de la Corse. La paix d'Amiens l'arrête, mais on l'envoie aux Indes, il commande en che( les troupes de Madras ; mais on le rendit responsable de l'insurrection des cipayes à Vellore, et il fut rappelé en 4807. Il commanda l'armée de Portugal après le départ de sir John Moore, et fit de grands efforts pour la réorganiser. Remplacé brusquement par Wellesley,il ne pardonna jamais au gouvernement ce qu'il prit pour une injustice. On l'accabla d'honneurs sans guérir la blessure de son amour-propre. Wellington le fit créer pair le 49 oet. 4849. L, Bougier. CARADOC (Sir John Hobârt), second baron Howden, diplomate anglais, né à Dublin le 46 oct. 4799, mort à Rayonne le 8 oct. 4873. Enseigne dans les grenadiers de la garde le 43 juil. 4815, il accompagna en qualité d'aide de camp le duc de Wellington à Paris et y resta jusqu'en 4818. Capitaine le 22 oct. de cette année, il fut aide de camp du maréchal Beresford à Lisbonne et en 4820 aide de camp du gouverneur de Malte. En 4824, il entrait dans la diplomatie comme attaché à Berlin. Il passa à l'ambassade de Paris en 4825, puis fut envoyé en Egypte avec la mission d'empêcher Mehemet-Ali d'intervenir dans les différends entre la Grèce et la Turquie. Il n'y réussit pas, prit part alors à la guerre contre Mehemet-Ali et fut blessé à Navarin. En 4830, il fut élu membre de la Chambre des communes par Dundalk. En 4832, il assista au siège d'Anvers comme commissaire militaire attaché à l'armée française. Il y fut de nouveau blessé. Toujours comme commissaire militaire, il suivit l'armée espagnole en Portugal (4834), puis dans la campagne contre les carlistes. De retour en Angleterre en 4839, il lut promu colonel en 4841, et en 4847 nommé ministre à Rio de Janeiro. Il y resta jusqu'en 4830, fut alors nommé ministre plénipotentiaire à Madrid, où il se fit une grande popularité. Il prit sa retraite en 1858, fut promu lieutenant général en 1859 et quitta l'armée en 1864. R. S.

BiBL. : Articles de H.-M. Stephens dans National Biography de Leslie Stephen ; Londres, 1887, t. IX.

GARADOG DE Ll\ncârvan, chroniqueur gallois de la première moitié du xii« siècle. Ami de Geoffrey de Monmouth, il brillait parmi les littérateurs dont Robert de Gloucester aimait à s'entourer. La chronique de Caradog, qui était, sans doute, une continuation de celle de Geoffrey de Monmouth, n'existe plus dans son texte original ; on ne sait même au juste s'il l'écrivit en latin ou en gallois. La History of Qambria^ de Powel (4584), paraît être fondée sur cette chronique. On attribue aussi à Garadog des commentaires latins sur Merlin, dont rien ne reste, non plus que d'un livre. De situ Or bis, et une Vita Gildœ qui parait être la même que la vie de Gildas publiée par M. Stevenson pour la Société historique anglaise. On le confond quelquefois, à tort, avec un autre Caradog, son contemporam, connu sous le nom de Caradog l'Ermite.

CARADORl-ALLAN (M'^% née deMuNCK, cantatrice de théâtre et de concert, née en 4800 dans la maison palatine, à Milan, morte à Surbiton (Angleterre) le 45 oct. 4865. Elle était fille d'un colonel de Tarmée française. Alsacien de naissance, le baron de Munck, et dès ses plus jeunes années cultiva la musique sous la direction de sa mère, qui fut son unique professeur. La mort de son père

les laissant l'une et l'autre dans une situation difficile, la jeune fille songea à tirer parti de son talent pour le chant. Elle parcourut d'abord une partie de la France et de l'Allemagne, puis se rendit en Angleterre. Engagée au théâtre royal de l'Opéra italien, elle y débuta d'une façon heureuse, le 42 janv. 4822, par le rôle de Chérubin des iVo;&^ di Figaro. C'est alors qu'elle prit le nom de Caror doriy qui était celui de la famille de sa mère. Plus tard elle épousa un Anglais nommé Allan. Son premier début ayant été bien accueilli, M^^® Caradori fut engagée comme prima donna. Sa voix pure et flexible, la justesse de ses intonations, la grâce et l'élégance de son chant lui valurent de vifs succès. En 4830, M"^® Caradori-AIlan accepta un engagement pour le théâtre de la Fenice, de Venise, oii elle fut reçue avec la plus grande faveur, mais après quatre ou cinq années de séjour en Italie, elle retourna en Angleterre, d'oti elle ne s'éloigna plus désormais. A partir de cette époque elle chanta surtout dans les grands festivals si fréquents chez nos voisins, particulièrement à Norwich, à Manchester et à Birmingham. M"^® Caradori s'est essayée dans la composition, et a publié à Paris et à Londres un certain nombre de romances. A. P.

CARADOSSO (Foppa), orfèvre, sculpteur et médailleur, né à Mundonico, près de Côme, vers 4452, mort en 4526 ou 4527. D'abord attaché à la cour du duc de Milan, il entra ensuite au service des papes et exécuta pour eux de magnifiques ouvrages d'orfèvrerie. Il avait modelé et ciselé une écritoire ornée de bas-reliefs représentant le Combat des Centaures et des LapUheSy le Rapt de Ganymède et les Travaux d^ Hercule, dont il existe de nombreuses reproductions en bronze. La pièce originale d'ortèvrerie est aujourd'hui disparue. Fixé à Rome après la chute de Ludovic le More, il modela de nombreuses médailles pour les papes Jules II, Léon X et Clément VIL Caradosso était en même temps sculpteur ; il est l'auteur de la Déposition de croix, en terre cuite coloriée et dorée de l'église San Satire à Milan, et d'une statue de Cupidon, ailé avec son arc et son carquois. On lui attribue plusieurs plaquettes de bronze, dont les plus importantes figurent dans le cabinet de M. Gustave Dreyfus à Paris. De Champeaux. BiBL. : PiOT, Cabinet de l'amateur, 1861. — Muntz, l'Orfèvrerie romaine de la Renaissance, dans la Gazette des Beaux-Arts, 1883, t. II. — Du même, la Renaissance au temps de Charles VIII, pp. 268-270. — • Molinier, les Bronzes de la Renaissance {les plaquettes),

CARAFA ou CARAFFA. Illustre famille napolitaine qui a dû une importance particulière à Giov. Pietro Carafa^ pape sous le nom de Paul IV (1555-4559)(V. l'art. Paul IV). On y distingue plusieurs lignes : les Garafa délia Spina, les Carafa délia Statera qui subsistent encore, les Carafa de Maddaloni auxquels appartenait Carlo Carafa et qui jouèrent un rôle actif dans l'insurrection de Masaniello. Oliviero Carafa, né en 4406, mort le 20 janv. 4491. archevêque de Naples, puis cardinal (4467). C'était un protecteur éclairé des arts. Sixte IV lui confia des négociations diplomatiques et, en 4472, le commandement d'une flotte qui prit aux Turcs Smyrne et SataHe.

Giovanni, Antanio et Carlo Carafa, fils tous trois d'Alfonso Carafa, comte de Montorio.

Carlo Carafa est le plus célèbre des trois frères. Né en 4549, il fut décapité à Rome le 6 mars 4561. Destiné dès le jeune âge à la carrière ecclésiastique, il était de ces ecclésiastiques sans vocation pour lesquels le monde ne reste pas fermé. Il fut successivement chevalier de Malte, capitaine au service du marquis del Vasto et d'Ottavio Farnèse, généraux de Charles-Quint, puis au service de Henri II sous Montluc à Sienne. La fortune de sa famille commença lors de l'élévation au pontificat de son oncle Giovanni Pietro Carafa sous le nom de Paul IV. Bien qu'il ait beaucoup travaillé à la réforme des abus de TEglise, ce pape pratiqua le népotisme. L'aîné de ses neveux, Giovanni, devint duc dePalliano et gonfalonier de l'Eglise ; le second, Antonio, marquis de Montebello ; Cario, à force d'intrigues, se fit pardonner par son oncle

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