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CANDIDATURE — CANDIE

quer la loi aux élections des députés et à celles des sénateurs, et c'est ainsi qu'à roccasion des élections partielles des conseils généraux, le gouvernement le premier reconnut que la loi du 17 juil. ne devait pas s'appliquer.

Quoi qu'il en soit, la prohibition des candidatures multiples une fois établie, il fallait en assurer le respect, A cet effet, la loi nouvelle a organisé les formalités et établi les sanctions suivantes. Tout citoyen qui se présente ou est présenté aux élections générales ou partielles doit, par une déclaration signée ou visée de lui et dûment légalisée, déclarer dans quelle circonscription il entend être candidat. Cette déclaration est déposée contre reçu provisoire à la préfecture du département dans lequel la candidature se produit, le cinquième jour au plus tard avant celui du scrutin, et il en est délivré récépissé définitif dans les vingt-quatre heures. Si un citoyen faisait plusieurs déclarations dans des circonscriptions différentes, la première en date serait seule valable ; pour le cas où elles porteraient toutes la même date, elles seraient toutes aussi entachées de nullité. En outre, il est interdit de signer ou d'apposer des affiches, d'envoyer ou de distribuer des bulletins, circulaires ou professions de foi, dans l'intérêt d'un candidat qui ne s'est pas conformé à la loi. Toutefois, cette dernière disposition ne vise évidemment que les circonscriptions dans lesquelles la candidature est irrecevable, et par exemple si le citoyen s'est porté candidat à des dates différentes dans plusieurs circonscriptions, il est certain que sa candidature étant valable dans la circonscription qu'il a choisie la première en date, on y peut aussi faire en sa faveur tous les actes de propagande ou autres permis à l'égard de tout candidat, car dans cette circonscription le citoyen s'est conformé aux prescriptions de la loi. Quant aux autres circonscriptions oti sa candidature serait nulle, les affiches, placards, professions de foi, bulletins de vote apposés ou distribués pour appuyer celte candidature, devraient être enlevés ou saisis et au moment du dépouillement du scrutin, on ne tiendrait pas compte des bulletins portant le nom de ce candidat. Enfin la loi a établi une dernière sanction d'une nature pénale : le candidat qui contrevient à ces dispositions encourt une amende de 10,000 fr. ; une autre amende de 1,000 à 5,000 fr. doit être prononcée contre toute personne qui signe ou appose des affiches, envoie ou distribue des bulletins, circulaires ou professions de foi dans l'intérêt d'un citoyen qui a posé une seconde ou même plusieurs candidatures. E. Glasson.

CANDIDE, historien byzantin, né en îsaurie, qui vivait à la fin du v^ siècle. Il écrivit trois livres d'Histoires sur la période comprise entre l'avènement de Léon l^^ et la mort de Zenon (457-491). Photius nous en a conservé quelques fragments.

CANDIDO ou CANDIDUS (Pierre), peintre flamand (V. WiTTE [de]).

CANDIDUS, prêtre romain, envoyé par Grégoire le Grand dans la Gaule (595) avec des lettres pour la reine Brunehilde et le roi Childebert. Il était chargé d'administrer le petit domaine de Saint-Pierre-en-Gaule, d'en recueillir les revenus et de les employer en vêtements pour les pauvres et en achat de jeunes esclaves anglais âgés de dix-sept à dix-huit ans, destinés à servir dans les monastères. Cette mission de Candidus coïncide avec celle d'Augustin en Angleterre. E.-H. V.

CANDIDUS (Pantaléon Weiss), théologien allemand, né à ïps (basse Autriche) le 7 oct. 1540, mort à Deux- Ponts le 3 févr. 1608. A Wittenberg, où il fit un séjour de sept ans, il s'attacha particulièrement à Mélanchthon. En 1571 il fut nommé pasteur et surintendant général à Deux-Ponts. C'est en cette qualité qu'il fut mêlé aux discussions occasionnées par la Formule de Concorde (V. ce mot); l'ayant d'abord signée, il la combattit ensuite; ayant d'abord professé la doctrine luthérienne, il se joignit

ensuite aux réformés pour la combattre et contribua à la <c calvinisation » du duché des Deux-Ponts. Ce n'était pas un caractère ; sa vanité l'entraîna parfois à faire des infidélités à sa foi protestante ; c'est ainsi qu'il dédia des poésies latines (il les faisait très bien) à des persécuteurs tels que Rodolphe II et Philippe II d'Espagne. La plupart de ses écrits sont en latin.

CANDIE (lie de). On connaît encore sous son ancien nom d'île de Crète cette grande île de la Méditerranée qui s'étend de l'E. à PO. sur une longueur de 260 kil., et dont la largeur varie entre 12 et 55 kil. Elle est comprise entre 21^ 10^ et 24» de long. 0., et entre 84^55' et 35<> 41' de lat. N., et offre une superficie d'environ 8,580 kil. q. Un large massif central, le mont Ida, dont le point culminant atteint 2,164 m., divise Pîle en deux parties, orientale et occidentale ; ce massif est flanqué à ro. par les montagnes Blanches ou Asprovouna et, à TE., par le mont Lassithi (2,469 m.) qui, en courant de l'E. à ro. sur toute la longueur de Pîle, déterminent deux étroits versants, celui du S. presque à pie, d'une nature très tourmentée et formant parfois d'étroites vallées circulaires et fermées, dont- les eaux ne trouvent d'issues que par des sortes d'entonnoirs dont la véritable nature n'a pas été bien déterminée. Il n'existe dans toute Pile aucun cours d'eau important ; néanmoins Peau y est assez abondante dans toutes les parties basses, par suite de la fonte des neiges qui couronnent une partie de l'année les sommets des montagnes. Au N., de puissants contreforts s'avancent assez loin dans la mer et forment, en allant de PO. à PE., les caps Grabouse, Spada, Akrotiri, Drapano, Khodro, Stavro, Khersonisi, Zuano et Salero, qui laissent entre eux les profondes échancrures, donnant naissance aux golfes de Kisamo, de la Canée, de la Sude, de l'Armyro, de Megalo-Kastron, de Mirabella et de Sitia. La côte S., taillée en hautes falaises, n'offre qu'un seul golfe important, celui de Massara, et quatre promontoires, ceux de Crio, Matala, Péristera et Kakialithi, près desquels se dressent quelques îlots rocheux sans importance. Grâce à son heureux climat, qui tient le milieu entre celui de PEurope méridionale et celui du N. de l'Afrique, Pîle de Candie est susceptible de fournir une grande variété de produits naturels ; sur son sol de nature schisteuse, extrêmement fertile, on pourrait cultiver avec succès Pindigo, la canne à sucre, le caféier même, si l'agriculture se trouvait pratiquée par des populations moins routinières. Pour le moment, Pexportation ne comprend guère que Phuile d'olives en grande abondance ; les vins, d'ailleurs fort estimés, les fruits, le sel, le miel, la laine, la soie, les grains et les éponges, forment aussi des articles d'exportation, mais en moindre quantité. Une administration économique, meilleure, assurerait certainement une plus grande importance au mouvement commercial qui se chiffre actuellement par une somme annuelle de 17 millions de fr., tant à Pexportation qu'à l'importation. Les revenus que le fisc retire de Pîle proviennent pour la majeure partie de Pimpôt de capitation payé par les sujets non musulmans ; ils sont estimés à 2 millions de fr. Bien que formant un pachalik de l'empire ottoman, Pîle de Candie est surtout peuplée de Grecs chrétiens. En effet, sur une population totale évaluée à 275,000 âmes, on ne compte que 37,800 musulmans et environ 3,200 juifs. Les habitants pour la plupart s'adonnent à la culture ; quelques-uns se livrent au cabotage et à la pêche des éponges très abondantes sur les côtes. Ils sont peu instruits et parlent tous, même les musulmans, un dialecte particulier de la langue grecque ; il est vrai de dire qu'on trouve parmi ces musulmans un certain nombre de descendants d'anciennes familles grecques, qui autrefois se sont converties à l'islamisme, et dont la foi est assez chancelante. Au point de vue religieux, Pîle est divisée en 8 évêchés, avec un métropolitain qui réside à Candie, et qui relève du patriarche de Constantinople ; le nombre des monastères s'élève à 30. Un pacha nommé par le

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sultan, gouverne l'île entière, divisée en 20 districts qui sont répartis en trois provinces principales ; il est assisté d*un conseil composé en partie de musulmans, et en partie de chrétiens, mais ce conseil, appelé midjelis^ n'a guère qu'une autorité nominale. La population urbaine est peu nombreuse et ne dépasse guère 23,000 âmes établies dans les trois villes de Candie, la Canée et Retimo ; la population rurale, au contraire, atteint le chiffre de 252,000 hab., qui sont disséminés dans 800 villages. 11 n'existe ni routes, ni chemins de fer : les transports se font tous à l'aide de bêtes de somme, mulets ou chevaux.

Histoire. — On ignore d'où venaient les premiers habitants de l'île de Crète, on sait seulement qu'ils se disaient autochtones; mais cette assertion n'a d'autre valeur que de montrer que le pays était habité depuis les temps les plus reculés. De bonne heure, la beauté du climat et la fertilité du sol attirèrent de nombreux émigrants grecs et phéniciens, qui apportèrent avec eux leurs lois et leurs arts, et dès une époque reculée la diversité d'origine des habitants provoqua parmi eux de fréquentes discordes. On trouvera au mot Crète les détails sur leur organisation sociale et leur histoire pendant la période grecque et romaine. Convertis au christianisme par Titus, un des disciples de saint Paul, les Cretois parurent un moment renoncer à leurs luttes intestines, lorsqu'ils furent placés sous la domination romaine en 66 av. J.-C. Ce calme dura peu et l'agitation recommença surtout à partir de l'année 395, époque à laquelle, à la suite du partage de l'empire romain, l'île de Crète appartint à l'empire d'Orient. Malgré les luttes incessantes dont il était le théâtre, ce petit pays, avec ses excellents ports et son sol fertile, excitait la convoitise des conquérants. Dès 673, les Arabes vinrent ravager les côtes de l'île, et en 824, ils s'y établirent d'une façon définitive sous la conduite d'un certain Abou Hassan, originaire de Cordoue, qui s'en empara à la tête d'une tlotte qu'il avait amenée de l'Andalousie. Vainement les Grecs cherchèrent à repousser ces envahisseurs ; les troupes envoyées par l'empereur Michel Il durent abandonner la Crète ; elle devint dès lors un repaire de pirates qui, pendant plus d'un siècle, écumèrent la Méditerranée. L'empereur Constantin Vil essaya, à son tour, de chasser les Arabes de ce poste maritime, mais il ne fut pas plus heureux (|ue Michel 11, et ce fut seulement sous le règne de Romain H que Nicépliore Phocas réussit, en 964, à rendre la Crète à l'empire d'Orient. Lors de la proclamation de l'empire latin (1204), l'île échut en partage à Boniface, marquis de Montferrat; mais celui-ci ne voulut point la garder et^ moyennant une somme de mille marcs et quelques parcelles de territoire, il céda tous ses droits à la république de Venise. Les Vénitiens ne parvinrent qu'avec peine à établir leur autorité sur leur nouvelle possession. Aidés par les Génois, ces ennemis héréditaires de Venise, les Cretois luttèrent vigoureusement contre leurs nouveaux maîtres qui, saut peut-être de 4293 à 4332, ne jouirent jamais paisiblement de l'île qu'ils avaient achetée. En 4645, le sultan ottoman, Ibrahim, sous le prétexte que les Vénitiens avaient donné asile à la flotte des chevaliers de Malte, résolut de s'emparer de la Crète. Une armée de 400,000 hommes débarqua à la Canée, s'empara de cette place, après un siège de cinquante jours, et alla ensuite investir Candie. Cette dernière ville résista vigoureusement aux efforts des assaillants, et ce ne fut que îe 27 sept. 4669, vingt-quatre ans après, que les Turcs réussirent à faire capituler les héroïques défenseurs de Candie, malgré les secours tournis aux Vénitiens par les principales puissances de la chrétienté. Venise céda toute la Crète aux Turcs : elle se réserva seulement les trois ports de Grabuse, Spina-Longa et La Sude, qui lui échappèrent plus tard, les deux premiers en 4692, le troisième en 4745, Les Cretois subirent le joug des Turcs avec plus d'impatience qu'ils n'avaient supporté celui des Vénitiens.

Presque constamment en armes, ils tentèrent souvent d® conquérir leur indépendance, et ils étaient sur le poin^ de réussir en 4821, quand une armée égyptienne vin* débarquer dans leur île, et les faire rentrer dans la dépendance des Turcs. De 4824 à 4840, le sultan abandonna la Crète aux Egyptiens, mais depuis cette époque elle a définitivement fait retour à la Turquie. Les Cretois ont toujours supporté avec impatience la domination étrangère : aussi sans avoir peut-être plus à souffrir de l'administration des Turcs que de celle de leurs prédécesseurs, il est rare qu'ils laissent s'écouler un long temps sans essayer de secouer le joug. Ces mouvements insurrectionnels, tels que celui de 4866 et celui qui a commencé au mois de juil. 4889, n'auront aucune chance d'assurer aux Candiotes l'indépendance qu'ils recherchent, tant que les puissances européennes n'interviendront pas dans ce but. 0. Houdas.

CANDIE. Ville principale de l'île de Candie, par 35<* 24' de lat. N. et 22^ 47' 45'^ de long. E. ; 42,000 hab. dont 40,000 musulmans. Bâtie au ix« siècle par les Arabes, Candie a conservé un cachet exclusivement oriental. Elle est de forme triangulaire et se divise en ville neuve et ville vieille, cette dernière étant la plus rapprochée du port. Celui-ci, faute de soins, s'est ensablé au point qu'il ne peut plus être fréquenté que par les petits caboteurs qui viennent de Trieste et de Marseille y charger de l'huile. Les tremblements de terre ont délabré les quelques monuments qu'avaient élevés les Vénitiens dans cette ville, entre autres l'église de Saint-François, l'arsenal et la vieille cathédrale latine dédiée à saint Titus. Le siège de Candie par les Turcs, siège qui dura de 4648 à 4669, est demeuré célèbre. 0. H.

CANDILLARGUES. Com. du dép. de l'Hérault, arr. de Montpellier, cant. de Mauguio; 487 hab.

CAN DICTA. Affluent de la rive gauche du Jagarâo (prov. de Rio Grande do Sul [Brésil]). Mines de charbon en exploitation sur ses rives.

CANDISH (Thomas) (V. Cavendish [Thomas]).

CANDIE. C'est une unité de lumière employée en Angleterre. C'est la lumière des bougies anglaises de spermaceti. Elle équivaut à peu près à | de carcel. Les bougies françaises, adoptées quelquefois comme unités de lumière, équivalent à f ou | de carcel environ,

CANDLER (Ann), femme poète anglaise, né à Yoxford (comté de SuflSblk) le 48 nov. 4740, morte à Holton le 6 sept. 4844. Fille d'un ouvrier du nom de V^illiam More, elle épousa en 4762 un paysan qui s'engagea bientôt dans l'armée et la laissa sans ressources. Sa vie fut excessivement misérable, et c'est du workhouse qu'elle a écrit les petits poèmes qui l'ont fait connaître. Publiés d'abord dans le journal d'ipswich (4785 à 4790), ils ont été réunis en un volume (Ipswich, 4803, in-8).

CANDLISH (Robert-Smith), théologien et prédicateur écossais, né à Glasgow en 4807, mort en 4873. Après avoir terminé ses études, il fut consacré au ministère ecclésiastique dans l'Eglise presbytérienne d'Ecosse (Es^ tablished church of Scotland, 4834). Quelques années après (1834), il fut appelé à remplir les fonctions pastorales à Edimbourg. Vers cette époque, l'Eglise presbytérienne était profondément divisée par les conflits incessants entre les partisans et les adversaires du patronage, c.-à-d. du privilège réservé à certains membres influents de la communauté de nommer les titulaires aux bénéfices vacants. C'est alors que le docteur Thomas Chalmers fonda, en 1843, l'Eglise libre d'Ecosse (Free church of Scolland), Candlish prêta un concours très actif au D"^ Chalmers pour l'organisation de la nouvelle église. Homme de progrès autant qu'orateur distingué et controversiste habile, il exerça une grande influence sur le peuple, dont il fut longtemps un des orateurs préférés. En 1861, il fut élu président (moderator) de l'Eglise

CANDLlSll — CANDOLLEA

libre. Candlish est l'auteur d'ouvrages estimés, notamment : Summary of the question respecting the church of Scotland (Edimbourg, iSM); John Knox, his Urnes and his luorksy a discourse (1846); Exposition of the book of Genesis (1852). G. Q.

CANDOLLE (Pyrame de), imprimeur suisse, né à Fréjus en 1566, d'une famille protestante originaire de Marseille, mort vers 4630. Second fils de Cosme de Candolle, qui vint chercher à Genève un refuge contre les persécutions religieuses, il embrassa d'abord la carrière militaire, arriva au grade de cornette de cavalerie, rrçut en 1594 le titre de bourgeois de Genève, et entra en 1595 au grand conseil. Devenu le gendre de Timprimeur Eustache Vignon, il fonda lui-même à Cologny, sur les bords du lac de Genève, l'imprimerie caldorienne (des Caldora de Naples, ses ancêtres), et la transporta en 1617 à Yverdon, sur les bords du lac de Neuchâtel. Bien qu'il possédât une certaine érudition, c'est à tort qu'on lui attribue quelquefois les ouvrages suivants, dont il a seulement revu les traductions: Histoire des guerres d'Italiey trad. de Guichardin par Chomedey (Genève, 1593,2 vol. in-8); Œuvres de Tacite (Genève, 1594, in-8) ; Œuvres de Xénophon (Cologny, 1613, in-fol. ; Yverdon, 1619, in-8); Trésor de Vhistoire des langues de cet univers, par le président Cl. Duret (Cologny, 1613, in-4). L. S.

BiBL.; B.AAG^la France protestante, danslei. III; Paris, 1852, 10 vol. in-8.

CANDOLLE (Augustin -Pyrame de), célèbre botaniste, né à Genève le 4 févr. 1778, mort à Genève le 9 sept. 1841. 11 était originaire d'une ancienne famille noble de Provence qui s'expatria pendant les guerres de religion ; son père était l'un des premiers magistrats de la république helvétique. 11 s'appliqua d'abord à la littérature et surtout à la poésie, mais à l'âge de seize ans il abandonna la poésie pour suivre les cours de l'Académie de Genève, et particulièrement les leçons de Vaucher, pasteur protestant, qui lui inspira son goût pour la botanique. En 1796 il vint à Paris pour entendre Cuvier, Lamarck et les grands professeurs de l'époque. Il consacra les années 1797 et 1798 entièrement à l'étude des plantes, et se lia avec les plus grands savants de Paris, Dolomieu, Desfontaines, Brongniart, Cuvier, Duméril, Delessert, de Gérando, J.-B. Say, Laplace, Berthollet, Dulong, etc. En 1802, il fut chargé de la suppléance de la chaire de Cuvier au Collège de France et fut nommé professeur honoraire par ses compatriotes de Genève, et en 1804 obtint le grade de docteur en médecine à Paris. Vers cette époque Lamarck lui confia la rédaction de l'édition nouvelle de la Flore française (Paris, 1804-15, 6 vol. in-8, 3« éd.), qu'il enrichit de 6,000 espèces, de descriptions neuves, d'une synonymie exacte, etc., et en tête de laquelle se trouvent des Principes élémentaires de botanique remarquables, qui ont été réimprimés séparément (Paris, 1805, in-8). Cet ouvrage valut une réputation européenne à de Candolle. Le duc de Cadore le chargea en 1806 de parcourir tout le territoire de l'empire français pour observer l'état de l'agriculture et explorer les régions dont la flore n'était pas encore connue ; il consacra six ans à cette mission et publia six Rapports consignés dans les Mém. de la Soc, d'agric, du dép, de la Seine» En 1808, il se présenta au concours pour la chaire de botanique à la Faculté de Montpellier et remporta cette place avec la direction du jardin botanique, et peu après fut nommé en outre professeur à la faculté des sciences, n'ayant qu'un cours à faire pour les deux facultés. C'est pendant son séjour à Montpellier qu'il publia sa Théorie élémentaire de la botanique (Montpell., 1813, in-8; 2« éd., Paris, d819, in-8 ; réimpr. en 1844), dont l'influence sur les progrès de la botanique fut si grande, et que l'auteur regardait comme la partie capitale de son œuvre, « théorie fondée sur l'unité de composition organique et considérant les faits de soudure, d'avortement et de dégénérescence des organes comme moyens d'expliquer les aberrations qui |

s'écartaient d'une symétrie normale » (Fournier). Ce livre contribua surtout, en outre, à répandre la méthode dite naturelle. En 1816, en butte à des intrigues royalistes, il donna sa démission et se relira à Genève on ses compatriotes créèrent pour lui, en 1817, une chaire d'histoir naturelle et un jardin botanique qu'il dirigea conjointement avec son fils. C'est alors qu'il publia en 1818 le premier volume du Regni vegetabilis. systema naturaie, puis en 1821 le second (Paris et Strasbourg, in-8) ; mais l'ouvrage ne pouvait être achevé par un seul homme sur un plan aussi vaste; il le reprit sous une forme abrégée et commença les plus beau monument de la botanique moderne, le Prodromus Systematis naturalis regni vegetabilis (Paris, 1824-1874, 17 t. en 20 vol. in-8) qui a dépassé de beaucoup les limites conçues par son premier auteur ; des Suites au Prodrome sont publiées sous la direction d'Alphonse et de Casimir de Candolle depuis 1878. Nous mentionnerons encore du savant botaniste genevois : Uist, des plantes grasses (Paris, 1799-1803, in-foL, avec 159 pi. en couleur) ; Astragalogia (Paris, 1802, in-fol., 50 pi.); Essai sur les propriétés médicales des plantes comparées avecles formes extérieures et leur classification naturelle (Paris, 1804, in-4) ; Synopsis plantarum in flora gallica descriptarum (Paris, 1807, in-8) ; Icônes plantarum Galliœ rarioriim (Paris, 1808, in-4) ; Catalogus plantarum horti botanici Monspeliensis (Montp., 1813, in 8); Mém, sur la famille des Légumineuses (Paris, 1825, in-4, 70 pi.); Cours de botanique, 1^® partie, Organogr, végétale (Paris, 1827, in-8, av. 60 pi.) ; Collections des mémoires pour servir à l'histoire du règne végétal (Paris, 4828-38, in-4), etc., etc. D^ L. Hn.

CANDOLLE (Alphonse-Louis-Pierre-Pyrame de), botaniste contemporain, fils du précédent, né à Paris le 28 oct. 1806. Il fit ses études à l'Académie de Genève et s'appliqua particulièrement au droit. Il publia un grand nombre de mémoires juridiques et statistiques dans la Bibliothèque universelle de Genève, puis le Droit de grâce (Genève, 1827, in-8), ouvr. couronné et les Caisses d'épargne de la Suisse (Genève, 1838), de plus un grand nombre de Rapports financiers soit au grand Conseil, soit aux Assemblées constituantes du cant. de Genève; comme président de la Société des arts de Genève il en publia pendant vingt-cinq ans les Annales. Cependant grâce à l'influence de son père il s'adonna de plus en plus à la botanique et, à sa mort, lui succéda comme professeur de botanique et directeur du jardin botanique. 11 est l'auteur d'ouvrages remarquables : Introd, à Vétude de la botanique (Paris, 1835, 2 vol. in-8; trad. en allem., 2® éd., Leipzig, 1844, in-8); Géographie botanique raisonnée, etc. (Paris, 1855, 2 vol. in-8), ouvrage capital et qui a établi la réputation de son auteur; Lois de la nomenclature botanique (Paris, 1867, in-8 ; trad. ail., Bâle, 1868, in-8) ; Hist, des sciences et des savants depuis deux siècles, etc. (Genève, 1873, in-8) ; la Phytographie ou l'Art de décrire les végétaux, etc. (Paris, 1880, in-8), un chef-d'œuvre de précision ; l'Origine des plantes cultivées (Paris, 1883). On connaît la part prise par Alphonse de Candolle au Prodrome de son père. En 1874, il fut élu par l'Académie des sciences de Paris en remplacement d'Agassiz.

Les fils d'Alphonse de Candolle, Ânne-Casimir-Pyrame, né en 1836, et Lucien, né en 1838, sont également connus par des travaux scientifiques; le premier a collaboré avec son père au Prodrome^ le second a traduit en français l'ouvrage de Wallace, la Sélection naturelle (Paris, 1872, in-8). Dr L.Hn.

CANDOLLEA (Candollea LabilL). Genre de plantes de la famille des Dilléniaeées, qui a donné son nom au petit groupe desCandolléées. Ce sont des arbustes australiens à feuilles alternes, simples, dépourvues de stipules, à fleurs solitaires, terminales, de couleur jaune. Ces fleurs ont

un périanlhe double, peutamère, avec un androeée formé

Candollea (androeée et coupe de la fleur). d'étamines réunies en cinq phalanges oppositipétales. PIu-

Candollea cuneiformis Labill. (rameau ilorifère).

sieurs espèces, notamment le C. cuneiformis Labill., sont cultivées dans les serres de l'Europe. Ed. Lef.

CANDOR. Corn, du dép. de l'Oise, arr. de Compiègne, cant. de Lassigny ; 458 hab.

CAN DRESSE. Corn, du dép. des Landes, arr. et cant. de Dax; 491 hab.

CANDY (Ceylan) (V. Kandy).

CANDYS, Vêtement militaire ancien. Le candys était une sorte de robe longue, de tunique flottante et tombant presque jusqu'aux pieds, usitée chez les Mèdes, les Perses et les Parlhes, et adoptée tout particulièrement par les soldats de Cyrus.

CANE (Faccino) (V. Fâccino).

CANE (Carlo), peintre, né à Gallarate vers 4580 d'après Boni, et en 4618 d'après Ticozzi. 11 apprit le dessin sous la direction de Melchiore Giraldini et fit de la peinture en prenant pour modèle Morrazone. Beaucoup d'œuvres de ce maître se trouvent dans les églises de Milan et dans les collections privées, entre autres à la chartreuse de Pavie. Cane peignit à l'huile et à la fresque. 11 peignait de préférence les animaux. Cet artiste mourut à Milan à l'âge de soixante- dix ans.

CAN EGA (le Père Joaquim do Amor Divine), moine carmélite brésilien, né à Recife de Pernambuco en 4779, fusillé dans la même ville le 43 janv. 4825. Patriote exalté, il prit part à la révolution de 4847, à Pernambuco, et fut emprisonné à Bahia jusqu'en 4821. Il se jeta dans le journalisme en 4823 et devint, en 4824, l'un des principaux conseillers du gouvernement révolutionnaire. La révolution ayant été vaincue, il fut arrêté et condamné à mort par un tribunal militaire. Il a laissé quelques travaux historiques publiés en 487o par ordre de 1 Assemblé législative de sa province natale. R.-B.

CANÉE (La). Principal port de l'île de Candie, par 35» 28' W de lat. N. et 24^ W W de long. E.; 8,000 hab. dont 5,000 Musulmans et 3,000 Grecs. Vue do la mer, la ville présente un assez bel aspect au milieu de la riche plaine qui l'entoure. De forme quandragulaire, elle est entourée d'une enceinte bastionnée dont la con-

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struction remonte à l'époque de la domination des Vénitiens. Le port, fermé par un môle de 400 m., est situé au fond d'une baie profonde, comprise entre les caps Rhodopon et Akrotiri ; au point de vue commercial, c'est le plus important de toute l'île de Candie. La c'tadelle, qui contenait autrefois l'arsenal, date également de l'époque où les Vénitiens étaient maîtres de la ville. La plupart des mosquées actuelles sont d'anciennes églises grecques ou latines. C'est à la Canée que résident les consuls étrangers.

CAN ÉPICIER. Nom vulgaire du Cassia fistula L., de la famille des Légumineuses-Csesalpiniées (V. Casse).

CANEFRIA (Malac). Genre de Mollusques-Gastéropodes-Pul menés, du groupe des Hygrophiles, établi par le D*" Issel de Gênes pour une coquille de petite taille, non ombiliquée, épidermée, à sommet souvent tronqué; de forme cylindro-conique, à tours peu nombreux, séparés par une suture irrégulière; ouverture continue sans plis ni dents, à bord externe simple. Le C. splcndens Issel vit dans les eaux douces de l'île de Bornéo.

CANÉHAN. Corn, du dép. de la Seine-Ioférieure (V. Cannehan).

CANÉJAN. Corn, du dép. de la Gironde, arr. de Bordeaux, cant. de Pessac ; 584 hab.

CAN EL (Alfred), homme politique français, né à Pont- Audenier (Eure) le 30 nov. 4803, mort à Pont-Audemer le 40 janv. 4879. Après avoir terminé ses études de droit il se fit inscrire au barreau de sa ville natale, mais s'occupa surtout d'histoire locale et d'archéologie. En 4848, nommé sous-commissaire de la République à Pont-Audemer, il ne voulut point accepter d'appointements. Il fut ensuite élu représentant du peuple à l'Assemblée nationale par 6i,448 voix, mais il ne fut pas réélu à la Législative. Depuis lors il est resté dans la vie privée. On a de lui : Essai historique et statistique sur l'arrondissement de Pont-Audemer (Paris, 4833-34, 2 vol. in-8 et atlas in-4) ; Revue historique des cinq départements de la iVormfln^^t^ (4835-37, 3 vol.)]; Mémoires et recherches sur les Etats de Vancienne province de JSormandie (4837-4839) ; Lettres sur l histoire de la Normandie pendant le xiv® siècle ; Blason populaire de la Normandie (Rouen, 4859, 2 vol. in-8) ; Armoriai des villes et corporations de la Normandie (Paris, 4863, in-8); Recherches sur Jes jeux d'esprit (Paris, 4867, 2 vol. in-8) ; Recherches histor, sur les fous des rois de France (Paris, 4873, in-4 2), etc. L. Lu.

CANELLA {Canella P. Br.). Genre de plantes de la

Canella alba Murr. (rameau florifère) .

famille des Magnoliacées, qui a donné son nom au petit groupe des Canellées. L'espèce type. C, alba Murr. ( Winterania Canella L.) est un petit arbre à feui lies

CANELLA — CANEPHORE

alternes et dépourvues de stipules, à fleurs nombreuses, formant par leur réunion une cyme terminale corymbiforme. Ces fleurs, hermaphrodites et régulières, ont un calice de trois sépales indépendants, une corolle de cinq pétales libres, et environ vingt étamines, unies dans toute leur étendue en un tube qui enveloppe Tovaire dans toute son étendue. Le fruit est une baie contenant plusieurs graines à albumen charnu abondant. — Le C, alha Murr. croît aux Antilles, aux îles Bahama et dans le sud de la Floride. Son écorce aromatique, douée de propriétés toniques, stimulantes et digestives, est importée en Europe sous les noms de Cannelle blanche, Costus doux^ Wintériane cannelle (V. Cannelle). Ed. Lef.

CANELLA (Giuseppe), architecte et peintre de marine, né à Milan, mort à Florence en 1847. Parmi ses meilleurs tableaux on cite les vues de Paris et des boulevards, le dôme de Milan, le port de Ronfleur, l'église de Santa- Croce à Florence, les rues nouvelles de Venise.

CANELLACÉES {Canellaceœ Endl.). Groupe de Végétaux-Dicotylédones, longtemps considéré comme une famille distincte, mais qui ne forme plus aujourd'hui, dans la famille des Magnoliacées, qu'une tribu {Canellées) caractérisée ainsi : réceptacle convexe ; fleurs hermaphrodites ; périanthe, étamines et carpelles verlicillés ; corolle dialypétale ou gamopétale ; étamines monadelphes, à anthères extrorses ; ovaire unilocuiaire avec plusieurs placentas pariétaux ; fruit charnu; feuilles sans stipules (V. H, Bâillon, Hlst. des pL, I, p. 172). Renferme seulement les trois genres : Canella P. Br., Cinnamodendron Endl., et Cinnamosma H. Br. (V. ces mots). Ed. Lef.

CANELLAS (Augustin), savant espagnol, né à Santa-Maria de Alpens, près Vich (Catalogne) en 1765, mort à Alella le 10 avr. 1818. Il fit ses premières études à Vich et les acheva au séminaire de Trente, à Barcelone ; tout jeune, il montra beaucoup d'aptitude pour les sciences exactes et Tart nautique et fit un voyage à Vera-Cruz en qualité de pilote. Au retour, il entra dans un couvent de Trinitaires, abandonna pendant quelque temps ses études d'astronomie pour s'appliquer aux lettres et à la théologie et devint un professeur distingué de philosophie et un prédicateur original et éloquent. Cependant l'amour des sciences exactes n'avait pas été éteint en lui, et en 1803 il fit partie de l'Académie des sciences naturelles et arts de Barcelone. C'est devant cette société savante qu'il lut un important mémoire sur les avantages d'un système de poids et mesures universel et préconisa l'adoption du système métrique français. A la fin de la même année, il proposa le plan d'un cours public de cosmographie appliquée à la géographie, et, avec l'aide de la chambre de commerce de Barcelone, le professa quelque temps ; puis il fut titulaire d'une des chaires de mathématiques de Barcelone, chargé par le gouvernement d'accompaper Méchain, et au retour nommé, en 1806, professeur de navigation au consulat de Catalogne. Il fit d'excellents élèves qui devinrent des marins savants. Lorsque survint la guerre de l'Indépendance, il prit du service, fut chargé par O'Donnel, en 1809, de divers travaux de topographie et en 1810 devint capitaine de guides, fonction qu'il garda jusqu'en 1814. Pendant toute cette période, il leva d'innombrables plans (entre autres ceux de Tarragone, San Feli'u, Vich, Butza), établit des itinéraires, fit des reconnaissances de terrain, tint le journal des opérations en Catalogne et montra, en même temps qu'une réelle bravoure, une science très grande. Il est certainement le premier topographe de valeur qu'ait produit l'Espagne. En 1814 Canellas reprit son cours de navigation ; en 1817, il fut nommé président d'une commission chargée d'examiner la possibilité d'un canal polir irriguer la plaine de Barcelone ; il fit de longues et pénibles opérations et, obligé de les suspendre par suite de l'état de sa santé, il se retira quelque temps au bourg d'Alella, oti il mourut peu de mois après. — Outre les mémoires que nous avons mentionnés ci-dessus, on doit à Canellas un

rapport sur Futilité d'une carte générale de la Catalogne, contenant les observations relatives à la constitution physique, à l'histoire naturelle, l'industrie, le commerce, l'agriculture, l'histoire, la géographie militaire de ce pays, rapport qu'on juge très important, mais qui n'a pas été publié. Le principal titre scientifique de Canellas est son ouvrage intitulé Elementos de astronomia nautiea, escritos para utilidad de Los que se dedican al estudio de la navegacion cientifica, publié par la chambre de commerce de Barcelone (1816, 2 vol. in-4). L. Cat.

CANELLO (Ugo-Angelo), philologue italien, né à Guia, province de Trévise, le 21 juin 1848, mort près de Pa* doue, d'un accident de voiture, en juin 1883. Envoyé en Allemagne avec une bourse de l'Etat, il suivit les cours de l'illustre philologue F. Diez, à Bonn, et publia à son retour en Italie une brochure qui attira l'attention sur lui : // prof essore F. Diez e la filologia romanza nel nostro secolo (Florence, 1872). D'abord professeur au lycée de Ravenne, puis à l'Académie de Milan, il obtint en 1874, à l'Université de Padoue,une chaire qu'il occupa jusqu'à sa mort. Ses principales publications sont : Storia délia litteratura italiana nel secolo XVI (dans le recueil intitulé Italia, de Vallardi) ; Fiorita di II" riche provenzali (Bologne, 1881), traduction élégante des plus belles poésies des troubadours honorée d'une préface de G. Carducci, et enfin une édition critique des œuvres du troubadour Arnaut Daniel (Halle, 1883). H avait réuni, sous le titre de Saggi di critica litteraria (Bologne, 1877), les principaux articles de critique littéraire sortis de sa plume. L'annonce de sa mort a produit une douloureuse impression dans le monde savant, et son nom a été associé à celui de Napoleone Caix dans les Miscellanea di filologia, publiés en 1886 par les principaux philologues. En tête de ce recueil, M. Crescini a consacré à Caneîlo un long article terminé par une bibliographie de ses œuvres. Ant. Thomas.

CANENS est le nom d'une héroïne, mêlée par Ovide, qui l'a sans doute inventée de toute pièce, à la légende des rois primitifs du Latium. Elle est une nymphe de beauté ravissante, à la voix mélodieuse, fille de Janus et de Venilia. Picus, le jeune roi de Laurente, l'obtient en mariage. Mais voilà qu'on jour l'enchanteresse Circé aperçoit Picus à la chasse et essaie de s'en faire aimer. Irritée de n'y pouvoir réussir, le héros ne songeant qu'à sa jeune femme, elle le change en pic et ses compagnons en animaux de diverses espèces. Canens le cherche vainement pendant six jours et six nuits, jusqu'à ce qu'elle tombe épuisée sur les bords du Tibre, exhalant dans une plainte harmonieuse son dernier soupir ; les Camènes ou Muses latines attachent son nom au lieu de sa mort. Il est probable qu'il n'y a dans ce récit qu'une adaptation, d'ailleurs très gracieuse, des légendes grecques sur les compagnons d'Ulysse et sur les amours d'Echo et de Narcisse. Le sens en est d'ailleurs transparent : Canens est la personnification des voix de la nature qui chantent au fond des forêts, dans le murmure des sources et le bruissement du feuillage. J.-A.. H.

BïBL. : Ovide, Métamorphoses, XIV, 320 et suiv.

CANENS. Com. du dép. de la Haute-Garrmne, arr. de Muret, cant. de Montesquieu-Volvestre ; 185 hab.

CANENX-ET-RÉAUT. Com. du dép. des Landes, arr. de Mont-de-Marsan, cant. de Labrit; 524 hab.

CANEPETIÈRE (V. Outarde).

CANEPHORE. Ce terme est la transcription d'un mot grec qui signifie porte-corbeille. Les Grecs désignaient parla les jeunes filles qui, dans les cérémonies du culte, étaient chargées des corbeilles sacrées où se trouvaient, outre les offrandes, les différents ustensiles nécessaires à la célébration des sacrifices. Elles portaient ces corbeilles sur la tête. Des canéphores sont souvent représentées sur les monuments figurés. Le type était de ceux auxquels se complaisait l'art antique et de grands artistes, tels que

Polyclète et Scopas Tavaient popularisé. Ils avaient été frappés de tout ce qu'il y avait de noble, de simple et de gracieux à la fois dans l'attitude de ces jeunes filles suivant d'un pas lent le défilé des processions religieuses, un bras baissé pour pincer un pli de la robe et l'autre levé pour tenir en équilibre la corbeille.

Il est probable que le type de la cariatide n'est pas autre chose que celui de la canépbore, transformé et approprié au rôle de soutien architectonique par la substitution d'un chapiteau à la corbeille.

J, Marthâ.

CANEPHORlDEA.Sous-

— 2T - CANÉPHORE — CANETE

soumis à de nombreuses corvées et ne possédaient vraisemblablement aucune liberté politique, tout au plus quelques libertés civiles. A. Molinier.

Canéphore, plaque en terre cuite (Musée du Louvre).

famille des Térébelliens (Ânnélides polychaetes sédentaires) , établie par Malmgren et caractérisée par une branchie unique quadripartite et pectinée. Les crochets ont un bec simple dans la partie antérieure du corps ; ils sont en forme de peigne dans la partie postérieure. La sousfamille des Canéphoricles ne renferme que le genre Terebellides S^Ys* A. Giard.

CANERO ou mieux BÂRCENA. Petit fleuve côtier d'Espagne, prov. d'Oviedo (Asturies). Descend des montagnes de las Morteras^ dans le partido judicial de Cangas de Tineo, et se jette dans l'Atlantique à l'E. de Gijon, près du cap de Busto, à une lieue et demie de Luarca.

CANES (Francisco), orientaliste espagnol, né à Valence en 1730, mort à Madrid en 1795. Appartenant à l'ordre des franciscains, il vécut seize années missionnaire à Damas et s'adonna à l'étude des langues orientales. On a de lui Gramatica arabigo-espanola, vulgar y literal, con un diccionarîo arabigo-espanol (Madrid, 1775, in-4) et Diccionario espanoUatino-arabigo (Madrid, 1787, 3 vol. gr, in-fol.). E. Cat.

CANESTEÂU. On désigne sous ce nom une corbeille ou panier dont le bord est garni d'une bordure de liège, et qui sert à mettre les lignes de fond ou cablières chargées d'un grand nombre d'hameçons empilés, de manière à ce qu'ils ne s'emmêlent pas ; à mesure qu'on remonte la maîtresse corde on la love en rond dans le panier, ayant soin de piquer chaque hameçon dans le liège et de rejeter l'empile au dehors. E. Sauvage,

CANESTRINI (Giuseppe) , publiciste italien, né à Trente en 1807, mort à Florence en 1870. 11 fut directeur de la Bibliothèque nationale de Florence, et est connu surtout par un ouvrage intitulé ISégocia lions diplomatiques de la France avec la Toscane (Paris, 1859-76, 5 vol. in4), publié par les soins de M. Abel Desjardins, d'après des documents recueillis par Canestrini.

CANET (CanetumJ, Com. du dép. de l'Aude, arr, et cant. de Narbonne, sur la rive droite de l'Aude ; 1,163 hab. Cette localité, aujourd'hui assez importante, appartenait en grande partie à l'église de Narbonne dès le début du xïi® siècle, sauf une partie de la seigneurie inféodée à une famille dite de Canet, vassale de l'archevêque. Cette famille était également vassale du vicomte de Carcassonne, et Canet ou une partie de cette ville devait être un des fiefs tenus des archevêques par ces vicomtes. La famille de Canet, fréquemment citée dans les actes du xii^ siècle, fut dépossédée durant la guerre des Albigeois, et la ville tout entière fit partie dès lors de la mense archiépiscopale; au xiv® siècle elle était chef-lieu d'une baylie embrassant toute la partie N.-O. du diocèse. A cette date, les habitants étaient encore

BiBL. : D. Vaissète, Hist. de Languedoc^ passim — L-AURENT, Liore vert de l'archevêché de Nâ7 bonne ; Paris, 1886, pp. 122-127, 138-140, m-8.

CANET. Com. du dép. de l'Aveyron, arr. de Rodez, cant. de Pont-de-Salars ; 749 hab.

CANET. Com. du dép. de l'Hérault, arr. de Lodève, cant. de Clermont, sur la rive droite de l'Hérault ; 807 hab. Ce village, fondé au début du ix® siècle par les moines de Gellone, était sur la lisière des diocèses de Lodève et de Béziers, mais dans le premier ; il était compris dans la viguerie de Gignac, subdivision de la sénéchaussée de Béziers.

CANET. Com. du dép. des Pyrénées-Orientales, arr. et cant. de Perpignan ; 887 hab. Canet a été l'une des localités les plus importantes du Roussillon et le siège d'une vicomte. Dès le xiii« siècle la ville achetait de ses seigneurs des privilèges importants. En 1474, la ville fut attaquée de nuit par des Français aux ordres deDuffou, gouverneur du château de Perpignan pour Louis XI ; les assaillants furent refoulés par la dame de Canet, femme de Pierre de Rocaberti. Canet possède des restes de ses anciens remparts et une église assez curieuse du XVI® siècle ; la cloche, baptisée en 1806, a eu pour parrain le conventionnel Cassanyes, originaire du village. Les salines de Canet fournissaient jadis du sel à toute la province. Elles ont fait place à des marais pestilentiels qui ont presque dépeuplé la commune, et dont le dessèchement continue. La plage de Canet est fréquentée, l'été, par la population de Perpignan. A. Brutails.

CANET DE Mar. Petit port sur la Méditerranée, dans la prov. de Barcelone (Espagne). Importantes pêcheries et cabotage ; 3,200 hab.

CANETE (André Hurtaoo de Mendoza, marquis de), administrateur espagnol, mort à Lima (Pérou) en 1560. Il était gouverneur de Cuenca, fjuand Charles-Quint l'envoya au Pérou, comme vice-roi, en remplacement de don Antonio de Mendoza. l\ arriva dans son gouvernement le 6 juin. 1555, H montra une grande énergie dans la répression des troubles, suscités par les débris des factions de Pizarre et d'Almagro, par les Sébastiens de Castille, les Godinez, les Giron et autres. En même temps il s'efforçait de gagner et de convertir au christianisme les princes indiens, fondait plusieurs villes, comme celle de Huarcas en 1556 et celle de Cuenca Nuevaen 1557, et envoyait Pedro de Ursoa (V. ce nom) à la recherche de l'Eldorado. Sa vigueur contre les rebelles lui attira de nombreux ennemis, et sur leurs délations, il fut destitué et remplacé par D. Francisco de Toledo, le 26 nov. 1559. 11 en fut très affecté et mourut peu après. — 11 y a une relation de son gouvernement parmi les manuscrits de la Bibl. Nationale de Madrid, t. CXIH. E. Cat.

CANETE (D. Manuel), poète, auteur dramatique et critique espagnol contemporain, né à Séville le 6 août 1822. Il fit ses études à Cadix, devint employé au ministère de l'intérieur, puis secrétaire du conseil de l'assistance publique, enfin chambellan du roi Alphonse XII. Il débuta dans les lettres par des pièces de vers lyriques : Poesias (Grenade, 1843; Madrid, 1859), puis se tourna vers le théâtre et fit représenter des drames qui ont eu du succès : un Rebato en Granada, el Duque de Alba (1845), los dos Foscaris (1846), la Esperanza de la patria, Beltran y la Pompadour^ etc. 11 acquit surtout une grande autorité comme critique dramatique, ce qui lui valut un siège à l'Académie espagnole dès 1858. On lui doit de remarquables travaux sur le théâtre espagnol du xvi® siècle : il remit en lumière les Farsas y eglogas, de Lucas Fernandez (Madrid, 1867); révéla la Tragedia llamada Josefina^ de Micael de Carvajal (1870), etc., et réunit ses études sur ce sujet dans son leatro espanol del siglo XVI (1885, in-16). Signalons encore son bril-

CANETE — CANEVAS

lant discours sur la vie et les œuvres du grand poète vénézuélien Andrès Bello (V. ce nom) (1881), et son volume : Escritores espanoles é hispano-amer icano s (1884, in-16), qui ne contient que les biographies critiques du duc de Rivas et du poète équatorien J.-J. de Olmedo. Il est aussi membre de l'Académie de l'histoire et de celle des beaux-arts de San-Fernando. G. Pawlowski.

CANETl (Francesco-Antonio), peintre italien, né à Crémone en 1652, d'après Ticozzi, mort en 1721. Il étudia la peinture à Crémone sous la direction de Giovan- Battista Nataîi et, par la suite, devint élève de Yaist. Etant entré dans Tordre des capucins, il fit pour l'église de son couvent, à Côme, une toile remarquable, qui décore le maître-autel. Caneti fut aussi un miniaturiste très distingué, bien que fort peu de ses ouvrages soient connus.

CANETTE (Pyrotechnie). On donne le nom de canette à de petits appareils de mise en feu, usités dans les mines militaires et dans les mines de l'industrie. Les canettes du génie sont constituées par des tubes en papier, légèrement coniques, analogues aux tubes garnis de l'artillerie, qui sont simplement remplis d'une pâte liquide, formée de pulvérin, de gomme adragante et d'eau-de-vie, puis complètement séchés à une douce température. Ces tubes s'amorcent avec un morceau d'amadou engagé dans une fente, pratiquée sur l'extrémité et dans laquelle on a versé d'abord une pincée de pulvérin. Les mmeurs font leurs canettes, en roulant du papier qui a été imprégné de pulvérin délayé dans Teau ou dans l'alcool et séché avec soin. La canette est enfoncée dans le trou laissé par l'épinglette, après le bourrage (V. ce mot), et amorcée avec une mèche soufrée assez longue, pour laisser au mineur le temps de se mettre en sûreté après l'allumage. Mais cet amorçage sans régularité et sans sécurité, tend de jour en jour à disparaître, l'emploi du cordeau Bickford (V. ce mot) étant à tous les points de vue préférable. L. Faucher.

CANETTEMONT. Corn, du dép. du Pas-de-Calais, arr. de Saint-Pol, cant. d'Avesnes-le-Comte; 101 hab.

CANETTES (Blas.). Petites canes représentées de profil et les ailes serrées ; elles ne se distinguent des merlettes que parce qu'elles ont un bec et des pattes. Généralement elles sont en nombre dans un écu, parfois elles chargent des pièces héraldiques ou les accompagnent. On les dit becquées, membrées et armées quand leur bec, leurs membres ou leurs pattes sont d'un émail différent. Elles symbolisent les pays marécageux. G. de G.

CANEVAS. I. Tapisserie. — Tissu en fil de lin ou de coton, formant de grandes mailles carrées qui sert de soubassement pour les travaux de tapisserie ou de broderie à l'aiguille.

IL Géodésie. — On donne en géographie le nom de canevas au système de lignes qui figurent sur une carte les méridiens et les parallèles terrestres. La surface de la sphère n'est pas développable; on éprouverait donc une difficulté insurmontable si l'on voulait représenter sur un plan une portion de sa surface. Quel que soit le procédé employé, la figure représentative serait déformée. Tout le problème des projections consiste à déterminer les règles qui permettent d'obtenir la moindre déformation ou d'assurer à la représentation la conservation de quelques propriétés importantes. Or la position d'un point sur le globe terrestre est définie par ses coordonnées géographiques (longitude et latitude) ; la question qui se pose la première est le tracé des méridiens (cercles d'égale longitude) et des parallèles (cercles d'égale latitude).

L'idée de dresser la carte d'un pays est très ancienne ; la tradition a conservé le souvenir de cartes dues à Anaximandre, disciple de Thaïes (350 ans av. J.-C). Démocrite d'Abdère, Eudoxe de Cnide (400), Marin de Tyr et Ptolémée. Toutefois, il semble que cette idée ait suivi la représentation de la voûte céleste; il en est résulté que la perspective a été le point de départ des premières cartes, et, comme co point de départ, loin d'être déraisonnable, était au contraire très rationnel, il a

donné naissance à toute une catégorie de projections, c.-à-d. de tracés des grands cercles de la sphère terrestre. On peut, au contraire, construire les méridiens et les parallèles suivant une loi donnée, en assujettissant le système à remplir une condition déterminée : telle est, par exemple, la projection de Mercator dans laquelle les méridiens et les parallèles sont représentés par des lignes droites et où la droite qui joint deux points coupe les méridiens suivant un angle précisément égal à celui que forme sur la sphère la courbe correspondante avec chacun des méridiens. On se propose, le plus souvent, de réaliser la conservation des angles, qui a pour conséquence la conservation des formes. Cette dernière condition peut être obtenue par beaucoup de procédés dont les principaux seront décrits ici. Quelle que soit la méthode suivie pour le tracé du canevas d'une carte, la figure résultante sera affectée d'erreur de deux sources : changement des surfaces ou changement des angles amenant la déformation, et le plus souvent d'erreur totale appelée altération provenant des deux sources précédentes. On peut en général réduire l'altération par le choix judicieux d'un canevas approprié à l'étendue et à Porientation du pays à représenter. La même projection, excellente pour un pays développé dans le sens des latitudes, serait très médiocre pour une région étendue dans le sens des longitudes. En général l'altération peut être réduite au delà de la précision des levés topographiques. On conçoit que pour les cartes topographiques, il est essentiel que cette condition soit satisfaite, sous peine d'entraîner des difficultés extrêmes de dessin.

La question des projections a été traitée à des points de vue différents par beaucoup d'auteurs dont quelques-uns sont des mathématiciens de premier ordre : Lambert, Lagrange, Euler, Gauss, Molweide, T. Mayer, Steinhauser, W. Hughes, La Hire, Parent, de L'Isle, Sanson, Petit, Bonne, et plus récemment en France par MM. Bonnet, Tissot, Foucaut,Collignon, et en Angletrrre par Airy, Herschel, James Clark. A côté de ces noms, il convient de placer celui de M. Germain, ingénieur hydrographe de la marine qui, dans son remarquable Traité des projections, a exposé la théorie générale des projections et les nombreux systèmes de projection imaginés jusqu'à ce jour, complétant le plus souvent l'exposition originale de ces systèmes, par des recherches ou des développements personnels; enfin, discutant la valeur intrinsèque de chacun d'eux avec la compétence d'un praticien émérite. C'est à cet ouvrage que l'on renvoie les personnes désireuses de compléter le résumé sommaire donné dans cet article, où l'on a dû se borner à parler des systèmes les plus répandus. Les projections perspectives s'obtiennent en joignant un point quelconque, pris en dehors de la surface à représenter, à tous les points de la carte, puis en coupant ce faisceau de lignes convergentes par un plan perpendicu^ laire à la droite qui joint le sommet commun au point pris comme centre de la carte. La distance du sommet, ou point de vue, ne détermine que l'échelle de la carte ; toutefois de sa position dépendent la forme et les propriétés de la projection. Les propriétés générales de ce système sont les suivantes : 1° tout grand cercle de la sphère dont le plan contiendra Taxe optique se projettera suivant une droite qui sera la trace de ce plan sur le plan du tableau ; 2^ tous les autres cercles de la sphère auront pour projections des courbes du second degré, puisque ce sont les intersections par le plan du tableau de cônes ayant ces cercles pour directrices.

La projection est dite centrale ou gnomonique lorsque, le point de vue étant placé au centre de la sphère, le plan de projection coïncide avec le plan tangent à la sphère au centre de la carte, c.-à-d. avec le plan de l'horizon de ce lieu. Les grands cercles verticaux de la sphère se projetteront suivant des droites faisant entre elles des angles égaux (fig. 1). Ce système a été employé autrefois en astronomie, pour représenter les phénomènes célestes

CANEVAS

sur le plan de l'horizon ; mais il est aujourd'hui sans usage. 11 convient cependant de mentionner l'application

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Fig. t. — Projection gnomonique sur l'horizon de Paris.

qui en a été proposée par M. Elie de Beaumont pour la représentation du globe tout entier sur les faces d'un dodécaèdre régulier circonscrit, afin de mettre en évidence certains caractères géologiques. On pourrait dans celte voie proposer bien d'autres polyèdres, et c'est ce qui a eu lieu : isocaèdre régulier (polyèdreà vingt faces), polyèdre à quarante-huit laces triangulaires du général Franz Hanzlabe. 11 est clair que l'on obtiendrait les projections des intersections des méridiens et des parallèles en transformant les coordonnées géographiques en coordonnées azimutales. Lorsque le point de vue est reculé jusque sur la surface de la sphère, ce système change de nom ; il devient la projection stéréographique et jouit alors d'une propriété fort importante, c'est qu'un angle quelconque

Fig. 2. — Projection stéréographique sur l'horizon de Pans.

tracé à la surface de la sphère, sera représenté en vraie grandeur, d'où il suit qu'un cercle quelconque de la sphère, si son plan ne contient pas l'axe optique, aura pour projection stéréographique un cercle. On peut diviser les projections stéréographiques en deux catégories : celles dont l'axe optique est un rayon quelconque de la sphère et celles dont l'axe optique coïncide avec la ligne des pôles. Dans les premières (fig. 2), les méridiens et les

parallèles sont représentés par des cercles, puisque ces courbes sont des cercles sur la sphère et que leurs plans ne contiennent pas la verticale. Seule la projection du méridien local sera une droite.

Il faut classer dans cette catégorie les projections stéréographiques inverses de celles-ci, c.-à-d. effectuées sur un plan méridien donné, en plaçant le point de vue dans l'équateur. Un des méridiens et l'équateur sont représentés par deux droites, parce que leurs plans contiennent l'axe optique, et ces droites sont rectangulaires. Les parallèles et les autres méridiens se projettent suivant

Pôle Nord

Fig. 3. -- Projection stéréographique sur le méridien de 900 (Je longitude.

des cercles (fig. 3). Ce système est très employé pour représenter la surface totale de la terre. On choisit généralement dans ce cas, comme plan de projection, le méridien qui coupe les océans sans rencontrer les régions habitées les plus importantes de la terre, et l'on effectue deux projections distinctes sur le même méridien, en disposant un point de vue à chaque extrémité du diamètre perpendiculaire à ce plan. Enfin dans la dernière catégorie de projections stéréographiques, le point de vue est transporté en l'un des pôles terrestres, et le plan de projection coïncide avec l'équateur ou lui est parallèle. Les méridiens sont alors figurés par des droites formant des angles égaux, les parallèles par des cercles concentriques. Ce système est quelquefois employé avantageusement pour représenter les régions polaires.

L'invention de la projection stéréographique est souvent rapportée à Ptolémée (128 à 168), parce que dans sa Syntaxe il en fait connaître la théorie presque complète, à propos de la construction d'un planisphère céleste. Ptolémée, en effet, donne une démonstration géométrique très longue de la projection circulaire de l'écliptique, mais il ne paraît pas avoir eu connaissance de la généralité du théorème. Ptolémée ne cite nulle part Hipparque et cependant Hipparque paraît bien être le véritable inventeur de la projection stéréographique. « Ceci nous est attesté par Synesius et Proclus Diadochus , écrit Deiambre. Le premier dit expressément que le vieil Hipparque se servit le premier de cette explication (?) au sujet du problème dans lequel on se propose de représenter sur un plan une surface sphérique. Il ajoute qu'Hipparque a parlé en termes obscurs et que la gloire d'avoir perfectionné la solution lui appartient en propre à lui Synesius, « car dans ce grand intervalle qui s'est écoulé depuis Hipparque jusqu'à nos jours, personne ne s'était occupé sérieusement de ces recherches. Le grand Ptolémée et ses successeurs dans la divine école d'Alexandrie,

CANEVAS

s'étaient contentés d'employer le planisphère à connaître les heures de la nuit, service qu'on tire aisément des seize étoiles figurées sur le planisphère d'Hipparque ». On ne voit pas ce qu'on pourrait dire pour infirmer un témoignage aussi positif et détaillé. Synésius était élève de la célèbre Hypatia, fille de Théon, commentateur de la syntaxe mathématique. Il pouvait savoir par une tradition certaine, ou par quelque ouvrage existant alors et perdu pour nous, quel était l'auteur de cette découverte, et s'il en fait honneur à Hipparque, il faut l'en croire, car il ne paraît pas disposé à flatter celui qu'il désigne par l'épithète de tout vieux (7ua[X7uaXaioç) et à qui il reproche son obscurité, tandis qu'il donne à Ptolémée le nom de grand et celui de divine à l'école d'Alexandrie. Il était élève de cette école, et, d'après ses expressions, on peut croire qu'on y était un peu jaloux de la gloire d'Hipparque, qui était de l'école de Rhodes. » Quelques lignes plus loin, Delambre cite le passage suivant de Proclus Diadochus : « Nous allons expliquer'ce que publièrent jadis Ptolémée après Hipparque, et depuis, Ammonius, Proclus, Philoponus et Nicéphore dont les écrits ont besoin d'être éclaircis. » Ce passage, ajoute Delambre, donne à penser que l'ouvrage de Ptolémée pourrait bien être une nouvelle édition de l'ouvrage d'Hipparque, avec quelques modifications légères. Proclus, comme on le voit, nomme Hipparque comme le premier qui ait traité du planisphère; mais en lui rendant cette justice, il lui reproche son obscurité, comme avait déjà fait Synésius auquel ce Proclus Diadochus est postérieur d'une centaine d'années. Remarquons qu'il ne cite nullement Synésius au nombre des auteurs qui ont écrit sur le planisphère.

Dans son traité sur la géographie, Ptolémée voulant construire une carte ne fait pas usage de la projection stéréographique. Il parle d'une carte de Marin de Tyr qu'il se propose de rectifier. « La partie connue de la t erre étant plus étendue de l'ouest à Test, cette direction a reçu le nom de longitude ou longueur, la direction sud-nord, le nom de largeur ou latitude ». Ces expressions sont synonymes en grec. Remarquons encore que c'est Hipparque qui le premier a imaginé de fixer la position d'un lieu par sa latitude et sa longitude, c.-à-d. par un arc d'équateur et par la perpendiculaire à ce grand cercle. Après une critique malheureusement trop fondée des déterminations géographiques de ses devanciers, sur lesquelles reposaient la carte de Marin, 'Ptolémée parle des conditions auxquelles doit être assujettie la description de la terre sur un plan. « Il est bon que les méridiens soient représentés par des lignes droites ; que les lignes destinées à représenter les parallèles soient des arcs de cercles concentriques. Ce centre commun tiendra lieu de pôle où tous les méridiens se réunissent. Pour conserver toute la ressemblance possible avec la surface sphérique, il convient que tous les méridiens coupent à angle droit les parallèles, mais il sera impossible de conserver aux arcs de parallèles leurs rapports exacts avec les arcs du méridien, il suflSra du moins de conserver ce rapport à l'équateur et au parallèle extrême qui est celui de Tliulé. Quant aux longitudes, il sera bon que le parallèle de Rhodes, qui tient le milieu entre tous les autres, soit divisé suivant le rapport exact, ainsi que l'a pratiqué Marin, c.-à-d. que le rapport soit -^ à peu près, afin que la partie la mieux connue de la terre conserve ses véritables proportions. »

Si le point de vue est reculé à l'infini, tous les rayons deviennent parallèles et perpendiculaires au plan de projection : on obtient ainsi une projection orthogonale connue sous le nom de projection orthographique ; tel est le s}stème décrit par Ptolémée dans son Analemme. Delambre termine son étude sur la Géographie par cette ingénieuse remarque. « Ce qu'il y a de singulier, c'est que Ptolémée ne fasse aucune mention des deux projections dont il a fait la matière de deux traités particuliers. Celles qu'il leur substitue peuvent avoir quelques avan-

tages, mais elles sont peu géométriques. » Puis vient l'exposé du système de canevas adopté par Ptolémée. << On a cru y trouver, dit encore Delambre, la première idée des cartes dç Mercator. Mais, dans la première construction, les arcs de méridien sont des lignes droites dont tous les degrés sont égaux ; ils sont tous inégaux dans la carte de Mercator. Dans celle-ci, tous les degrés de parallèles sont égaux et ils sont en ligne droite; ils sont des arcs de cercle dans la carte de Ptolémée. Il n'y a donc aucune ressemblance. Dans la carte de Marin les méridiens et les parallèles étaient des lignes droites formant des angles droits, voilà une ressemblance, mais la proportionalité n'était gardée que pour le trente-sixième parallèle, elle était violée dans tout le reste. Il est donc bien certain qu'aucune des projections anciennes ne contient le germe de celle de Mercator. L'idée de conserver partout le rapport exact entre les arcs du méridien et ceux des parallèles a dû se présenter à tous les auteurs. Marin n'y a que fort mal réussi, Ptolémée moins mal, Mercator parfaitement. Remarquons de plus que les cartes de Mercator, excellentes pour la navigation moderne, n'auraient été d'aucun usage pour les anciens qui ne s'assujettissaient pas à couper les méridiens sous un angle toujours le même, et qu'ainsi leurs géographes n'avaient pas à résoudre le problème qiie Mercator s'était proposé, qu'ils n'avaient pas les données nécessaires pour la solution de ce problème ; qu'ils ne l'ont pas résolu, que cette solution était tout à fait inutile et qu'ils n'ont pu ni dû s'en occuper. Ainsi tout le mérite de l'invention reste à Mercator, » Ptolémée, vers la fin du livre VII, revient encore sur ce sujet; il se propose de représenter sur un plan la sphère armillaire et la partie connue de la terre. « La plupart des auteurs, dit-il, se sont occupés de ce problème, mais leurs constructions nous paraissent très peu raisonnables. » La construction de Ptolémée est très obscure; on croit communément que le texte en est altéré. Il existe un autre système de projection des cartes, dont le principe tout différent dérive de cette remarque que la portion de surface à représenter ne serait pas altérée si on pouvait l'appliquer sur une surface développable. Les surfaces développables sont celles du cône et du cylindre. On emploie le cône tangent à la sphère suivant le parallèle moyen de la région occupée par la carte, et l'on trace sur le développement de ce cône les méridiens et les parallèles, suivant une loi qui donnera la plus grande analogie possible entre les surfaces terrestres et leurs représentations (fig. 4). Si l'on imagine les plans

Fig. 4.

des différents parallèles prolongés, ainsi que les plans des différents méridiens, on voit que les plans des parallèles couperont la surface conique suivant des circonférences et les méridiens rencontreront cette surface suivant des génératrices. Lorsque l'on développera ce cône, les quadrilatères curvilignes de la sphère seront figurés par des trapèzes mixtes rectangles, comme sur la sphère, ayant pour bases des éléments de circonférences, et pour côtés des droites convergentes. l\ résulte de cette construction que des différences égales de latitude, correspondant à une même zone et par conséquent constantes sur la sphère

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sont représentées par des longueurs qui vont en décroissant vers le pôle, à partir du parallèle moyen et en croissant vers Téquateur. De plus, les distances des génératrices correspondent sur le cône à des différences de longitudes plus petites, puisque ce sont des arcs semblables de circonférences dont les rayons sont toujours plus grands. Pour obvier à ce double inconvénient on a imaginé de porter sur la génératrice du cône figurant le

développement du méridien central, à partir du développement du parallèle moyen , des longueurs égales aux Ma et Mb, longueurs du degré de méridien pour les latitudes considérées (fig. o). Puis on a représenté les parallèles par des arcs de cercle ayant pour rayon Ja et Je.

On a détruit par cet artifice l'erreur en latitude, et atténué l'erreur en longitude, puisqu'on a substitué aux arcs A A' , BB^, des arcs aa^ et bb^ de rayons plus petits.

Telle est la projection conique, qui est bien réellement due à Ptoléraée, ainsi qu'on l'a vu par l'extrait de sa géographie cité plus haut.

Son extrême avantage consiste dans la simplicité du tracé du canevas, et dans la conservation de l'orthogonalité des méridiens et des parallèles. Néanmoins elle n'est pas employée parce qu'elle offre le désavantage d'altérer beaucoup les distances comptées dans le sens du parallèle. Elle a été modifiée par Bonne, géographe français, qui imagina de porter, sur chacun des parallèles développés, des longueurs égales au degré du parallèle correspondant. Les méridiens sont alors représentés par des courbes. On remarquera que la surface d'un quadrilatère limité par deux méridiens consécutifs est constante pour une même zone, ainsi que cela a lieu sur la sphère; mais à mesure que l'on s'éloigne ïlu méridien central, ces quadrilatères se dilatent dans le sens de l'une des diagonales et se rétrécissent dans l'autre. La projection de Bonne (V. ce nom) a été adoptée dès 1803 par le Dépôt de la guerre ; c'est elle qui a été employée pour le tracé du canevas de la grande carte de France au gôlôô dJ^® carte d'état-major, et plus récemment pour la carte d'Algérie au êôIôô* ^^ figure ci-dessous montre la

Fig. 5.

Fig. 6. — Projection de Bonne.

projection de Bonne appliquée à la représentation d'un hémisphère, bien qu'elle ne doive pas être employée à ce but; on saisira immédiatement les avantages de ce canevas pour les régions voisines du méridien central et du parallèle

moyen, ainsi que son inconvénient pour les régions qui en sont éloignées (fig. 6). On peut d'ailleurs déterminer l'altération que subissent les angles, dans ce mode de projection. Il suffira, pour cela, de calculer de combien les angles sous lesquels les méridiens coupent les parallèles ditlèrent d'un droit. On trouve ainsi, que pour les régions les plus déformées de la carte de France, c.-à-d. les plus défavorablement situées, cette altération atteint à peine 18^ 15^''. Si l'on cherche la limite de l'altération en longueur, on trouve que celle-ci, nulle dans le sens des parallèles, ne dépasse pas, dans le sens des méridiens ;~Q pour les mêmes régions. Le maximum d'altération linéaire a lieu dans une direction voisine de la bissectrice de l'angle des méridiens et des parallèles ; elle atteint ^. Ces altérations auraient été réduites à 10^ pour les angles et ~ pour le maximum d'altération linéaire, suivant une remarque de M. Tissot, si l'on avait employé comme parallèle moyen le parallèle correspondant réellement à la moyenne des latitudes extrêmes, et non le parallèle de 45<*. Si l'on se représente que les topographes ne mesurent que des angles dont la précision ne dépasse guère I de degré, et qu'ils n'opèrent jamais que sur des distantes très petites, on voit que leurs levés pourront se reporter graphiquement sur le canevas, sans erreur appréciable. « D'ailleurs, ainsi que le remarque Puissant, les erreurs au lieu de s'accumuler et de s'accroître sans cesse, s'arrêtent au contraire à tous les sommets géodésiques des triangles qui servent de points de raccordement et qui ont été projetés exactement sur les minutes. » Comme on ne peut, dans la pratique, décrire les circonférences qui auraient pour rayons les longueurs 3a et Jô du développement, même à l'échelle de la carte, on place sur les feuilles de projection les intersections des méridiens et des parallèles, au moyen des coordonnées rectangulaires de ces points, rapportées à deux axes dont l'un est le méridien initial et l'autre la perpendiculaire à cette droite, au point où elle coupe le parallèle moyen ; on joint ensuite deux à deux par des lignes droites les intersections correspondant à un même méridien, puis celles qui caractérisent un même parallèle.

Afin de donner à ce canevas toute l'exactitude dont il est susceptible, on substitue à la sphère un ellipsoïde de révolution. On calcule la longueur des degrés de méridien par la formule

s = a (i—e^) (1— e^ cos^ X)-l scoo

dans laquelle a représente le demi-grand axe, e l'excentricité, X la colatitude. La longueur d'un degré de longitude, pour le parallèle de colatitude a par l'expression

3^ (a — e^ cos^ X) sin X. Le canevas de la carte de France a été construit avec les éléments suivants de rellipsoïde terrestre :

demi-grand axe a = 6.376.989 aplatissement a =: ^ demi-petit axe b =z 6.336.323

Le canevas de la nouvelle carte d'Algérie résulte des éléments de Clarke( 1880)

a== 6378249 «===2ïïAïï5

Projection de Flamsteed ou Projection sinusoïdale de Sanson. Si l'on considère le cône tangent à la sphère suivant l'équateur, le sommet se trouve reculé à l'infini ; l'équateur et les parallèles se développeront suivant des droites parallèles, perpendiculaires à la génératrice figurant le méridien central (fig. 7). Ces droites parallèles seront menées à des distances égales aux longueurs des degrés méridiens, et l'on porte sur chacune d'elles, comme dans la projection de Bonne, des longueurs égales au degré de longitude pour la latitude considérée. Dans ce système les surfaces sont encore conservées mais l'altération devient intolérable dès que l'on s'éloigne du centre de la carte. M. Paye calcule qu'appliquée à îa carte de France, elle donnerait à Brest une altération angulaire de 5^^ 14'.

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Projection de Cassinù Le canevas de Cassini se compose de deux axes rectangulaires figurant le méridien central et le parallèle moyen ; on reportait la position des

différents points par leurs distances à ces deux grands cercles, telles qu'elles auraient été mesurées sur la sphère. Cassini ne traçait pas de canevas ; on voit que les parai-

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