C10H13AZ 4- C^S^ = C22H26A22SS
corps que l'acide cblorhydrique transforme en acide amylsulfocarbonique, lequel, au contact de l'amylamine, régénère le composé primitif ; il en est de môme avec l'amylamine (Hofmann),
Au contact de l'amidure de sodium, le sulfure de carbone, à une douce chaleur, donne naissance à de l'hydrogène sulfuré et à du sulfocyanate d'ammonium (Beilstein). Il s'unit intégralement à certaines bases artificielles ; avec le triéthylphosphine, par exemple, il engendre le composé
Ph(C2H5)3.C3SS
gui cristallise en prismes rouges, volatils, fusibles à 75^, insolubles dans l'eau.
Usages. Bien que l'emploi du sulfure de carbone ne soit pas exempt d'inconvénients, soit au point de vue de la santé des ouvriers, soit comme matière très inflammable, ce liquide a été appliqué à une foule d'usages, en raison de ses propriétés dissolvantes spéciales et de ses propriétés insecticides, signalées par Doyère et par Cloëz. FI sert à vulcaniser le caoutchouc, à enlever les traces de phosphore contenues dans le phosphore amorphe ; à extraire les graisses et les huiles des tourteaux d'huile, des os gras, des chiffons ayant servi au graissage des machines ; Millon l'a proposé pour extraire des plantes, les essences et les parfums, mais dans ce dernier cas, il faut le purifier. Il en est de môme lorsqu'on l'emploie en pharmacie pour la préparation des extraits sulfocarbonés. Il sert à enlever les matières grasses des tourteaux de farines de lin et de moutarde ; contenant du caoutchouc en dissolution, il sert à fixer cette dernière sur des feuilles de papier, préparation qui constitue le papiermoutarde ou sinapisme extemporané. Il a été préconisé par Dumas contre le phylloxéra sous forme de sulfocarbonate de potassium : les sulfocarbonates se décomposent lentement dans le sol et constituent une source régulière de vapeurs qui détruisent l'insecte fixé sur les racines. Pour éviter la formation des sulfocarbonates, on a imaginé de solidifier mécaniquement, pour ainsi dire, le sulfure de carbone, soit au moyen d'une solution aqueuse de gélatine, soit avec un mélange formé de chlorure de soufre et d'huile de lin ; la masse, qui peut en contenir jusqu'à 75 % de son poids, perd alors trop rapidement ses propriétés lorsqu'on le mélange avec le sol.
En brûlant dans une atmosphère de bioxyde d'azote, la flamme du sulfure de carbone jouit d'une propriété photogénique considérable, supérieure à celle du magnésium ; aussi, se basant sur ce principe, on a construit des lampes qui fournissent une flamme continue et qui trouvent leur emploi dans la photographie. Le spectre de la flamme du sulfure de carbone a été étudié par Vogel.
Si le sulfure de carbone rend de grands services dans l'industrie, par contre, il est nuisible dans certains cas et on doit procéder à son élimination, par exemple, lorsqu'on le rencontre dans le gaz d'éclairage. Pour constater directement sa présence, Vogel fait passer le gaz dans une boule de verre, contenant des bandes de cuivre, qu'on chauffe fortement: la surface du métal prend une teinte irisée, caractéristique, par suite de la formation d'un peu de sulfure de cuivre. Pour doser le sulfure de carbone, on le transforme en xanthate de potassium, qu'on titre avec une solution au ~ de sulfate de cuivre.
Ed. BOURGOIN.
II. Industrie. — Le sulfure de carbone, malgré ses propriétés toxiques et sa facile inflammabilité, est de plus en plus utilisé dans l'industrie du caoutchouc, des
huiles et des antiseptiques. La fabrication, toute secondaire il y a encore quelques années, a en conséquence pris aujourd'hui un grand développement, et les appareils primitifs, qui étaient en usage pour une petite exploitation, ont été remplacés par d'autres, donnant à raeil- /eur compte un rendement supérieur. Deux méthodes sont surtout employées actuellement : i° la distillation de la vapeur de soutre sur du charbon de bois ou de k braise, chauffé au rouge modéré; 2^ la distillation des pyrites avec du charbon.
Méthode PerronceL C'est à M. Perroncel que Ton doit, en France, la première installation industrielle de préparation du sulfure de carbone au moyen du coke. Son appareil se composait essentiellement d'un cylindre en fonte de 2 m. de hauteur et de 30 centim. de diamètre intérieur ; la partie supérieure était percée de deux ouvertures : par Tune, descendait jusqu'au bas du cylindre un tube, également en fonte, et qui servait à Fintroduction du souffe ; par Tautre, les vapeurs produites se rendaient par un tube adducteur dans une tourie en grès, refroidie par un courant d'eau, oii elles se condensaient en grande partie. Le liquide tormé était recueilli dans un vase inférieur ; le reste des vapeurs se condensait dans un serpentin placé à la suite de la tourie.
Appareil Gérard. A Grenelle, MM. Gérard et Aubert emploient également des cylindres en fonte, d'une forme elliptique. L introduction du soufre se fait par un ajutage latéral, placé à la partie inférieure de la cornue, l'appareil est chargé de braise, par la partie supérieure, au moyen d'une hausse en tonte fermée par un tampon en tonte. Cette hausse porte un tube à dégagement incliné, communiquant avec un récipient, les vapeurs se rendent dans un réfrigérant, constamment entouré d'eau froide, et composé de trois chambres cylindriques superposées, les vapeurs condensées sont recueillies dans un vase, en communication avec le réfrigérant par un tube à robinet; un autre tube, servant à laisser échauffer les gaz, non condensables, surmonte le réfrigérant. Un appareil donne par vingt-quatre heures 2o8 kilogr. de sulfure de carbone, pour 217 kilogr. de soutre utilisé, et 110 kilog. de braise employés.
Appareil Déiss, M. Déiss, dans son usine de Pantin, a substitué aux cylindres en fonte des cornues en terre réfractaire, analogues aux cornues à gaz ; seulement la surface intérieure est vernissée, pour empêcher la diffusion des vapeurs. Les cornues de forme cylindrique ont i'^SO de hauteur et 0^50 de diamètre, le bas de chaque cylindre porte une grille, à 15 centim. du fond ; c'est dans cette petite chambre que l'on fait arriver le soufre au moyen d'un tube en argile, débouchant à la partie supérieure. Celle-ci porte encore deux ouvertures, l'une de 15 centim. de diamètre, servant à l'introduction du charbon, l'autre de 8 centim., à laquelle est ajusté un tube de dégagement, conduisant les vapeurs dans le réfrigérant. Ordinairement, quatre cylindres sont chauffés par le même fourneau. Le rétrigérant est formé de dix-huit vases en tôle ou en zinc, de 0'"66 de diamètre, des tubes recourbés font communiquer les vases entre eux. Chaque vase forme une petite cloche, dont le bord inférieur écbancré repose dans un petit bassin contenant de l'eau. Les vapeurs arrivant par la partie supérieure se condensent et tombent au fond des vases, où on les recueille au moyen d'un petit siphon. Pour aider à la condensation, la partie supérieure des cloches forme un récipient ouvert de 10 centim. de hauteur, dans lequel circule constamment de l'eau froide. Les gaz non condensés sont débarrassés de l'acide sulfurique qu'ils contiennent par un passage sur de la chaux, puis envoyés dans la cheminée de l'usine. Chaque four transforme environ par jour 500 kilogr. de soufre en sulfure de carbone. Le soufre s'introduit dans le cylindre par petites portions de 156 à 157 gr. à la fois.
Appareil Galy-Gaialat, MM. Galy-Gazalat et Hui-
Ihard emploient également des cornues en terre réfractaire, seulement la partie supérieure est voûtée et surmontée d'une cheminée, autour de laquelle se trouve un réservoir annulaire, où Ion place le soufre. Celui-ci tond à la faveur de la chaleur de la cheminée, et lorsque le four contenant le charbon est à une température suflâsante, on fait couler le soufre fondu dans l'intérieur de la cornue, au moyen d'un robinet.
Appareil Labois» La fabrication du sulfure de carbone au moyen des pyrites a été brevetée par MM. E. et L. Labois. Leur procédé consiste à mélanger, en proportion convenable, des pyrites et du charbon de bois. Le mélange est chauffé dans une cornue en fonte, tant qu'il se dégage des vapeurs de sulfure de carbone. Comme beaucoup de soufre ne serait pas transformé et distillerait, on fait passer les vapeurs, sortant de la cornue, dans un tube en fonte, rempli de charbon et porté au rouge sombre, la réaction s'achève, et les vapeurs se rendent dans les appareils de condensation ordinaire.
Rectification de sulfure de carbone. Le sulfure de carbone obtenu au moyen des méthodes précédentes, est très impur ; il contient surtout du soufre en dissolution (8 à 12 %), de l'acide suif hydrique, des sulfures volatils à odeur forte et désagréable, et du protosulfure de carbone. La rectification se fait en distillant dans des alambics à large surface, et au moyen de la vapeur d'eau, le sulfure de carbone brut, mélangé à une petite quantité de chlorure de chaux. Pour l'obtenir absolument pur, il est nécessaire de l'agiter pendant vingt-quatre heures avec 5^ de son poids de sublimé corrosif, et de le distiller ensuite en présence de ~ d'un corps gras inodore (Cloëz). Les plus grandes précautions sont à prendre pour l'emmagasinement et la vente du sulture de carbone, en raison de sa grande volatilité, de la facile inflammabilité de ses vapeurs et ses propriétés toxiques. Le sulfure de carbone est ordinairement expédié dans des fûts en tôle ou en zinc, ayant 65 centim. de hauteur et 60 centim. de diamètre. Les fûts sont remplis au moyen d'un procédé évitant tout danger d'incendie et d'intoxication.
Rendement, D'après Payen, 100 kilogr. de sulfure de carbone reviennent à 44 fr. 25. La perte de carbone serait de 52 ^/o, et la perte de soufre de 17,6 <»/o. Ch. Girard.
CARBONE (Lodovico), littérateur italien, né à Ferrare vers 1436, mort en 1482. 11 fut professeur d'éloquence et de poésie, acquit en ces deux genres une réputation qui semble assez surfaite. Plus curieuses sont ses nouvelles et ses facéties; demeurées manuscrites, elles ont été publiées pour la première fois en ce siècle : Saggio délie Novelle 0 facezie di Lodovico Carbone traite dal Ms, H. 6 délia comunale di Perugia (Pérouse, 1861, in-8); Tre facezie di Dante Alighieri raccontate da Lodovico Carbone scrittore Ferrarese del secolo xv (Pérouse, 1865, in-8) ; deux autres Facéties dans Collanetta di narrazioni inédite j per cura di Giulio Piccini (Pérouse, 1866). Le manuscrit de Pérouse, d'où sont tirés ces écrits de Carbone, est autographe, selon M. Piccini ; selon d'autres, il ne remonterait qu'aux premières années du xvi® siècle. R. G.
BiBL. : Giambattista Passano, I Novellieri italiani in prosa; Turin, 18/8, in-8, t. H.
CARBONE (Lodovico\ peintre, né à Marcianisi, qui vivait à Naples vers 1600. 11 étudia dans l'atelier de Paul Bril et a peint de nombreux paysages animés de figures bien dessinées et représentant généralement des tempêtes.
CARBONE (Giovanni), peintre d'histoire, né à San Séverine, mort en 1675. Elève d'A. Camassei, il acquit à R )me un renom honorable et fut reçu membre de l'Académie de Saint-Luc en 1666.
CARBONE (Giovanni-Bernardo), peintre, né à Albaro en 1614, mort à Gênes en 1683. il passa pour un des imitateurs les plus habiles de la manière de van Dyck, dont les peintures eurent une grande influence sur les
CARBONE — CARBONIEN
artistes génois de celte époque. Carbone avait d'abord étudié dans Fatelier de Giov .-Andréa de Ferrari. On a de lui d'excellents portraits, ceux d'Alessandro Spinola, de Maria Colonna, au musée de Turin, le Portrait d'une dame, au palais Brignole, à Gênes, et, parmi les tableaux, Saint Louis adorant la croix dans Féglise deir Annunziata, à Gênes; saint Roch et ^aint Jean-Baptiste dans Féglise d*Albaro, etc.
BiBL. : Nagler, Kûnstler-Lexicon. -~ Ch. Blanc, Histoire des peintres.
CARBONE (Francesco), peintre d'histoire, vivait à Bologne vers 1660. Bien qu'il fût élève d'AIessandro Tiarini, il prit la manière du Guide, son maître préféré, que rappellent les quelques tableaux de lui qu'on voit à Bologne. CARBONE (Domenico), poète italien, né à Carbonara- Scrivia, près de Tortona, dans le Piémont, en 1823. Il se fit connaître par quelques satires politiques : // Re Tentenna^ contre Charles-Albert ; Gaetamino, contre le barbier de Grégoire XVI. Par la suite, il publia quelques éditions de poètes classiques, entre autres un volume de Rime inédite de Francesco Petrarca (ïnTÎn, 1874), et fut nommé président du lycée Dante, à Florence. Il osa mettre lui-même à l'adresse du roi son Re Tentenna, qui courut bientôt manuscrit dans toute la ville de Turin. M. Bersezio a reproduit cette spirituelle et mordante satire au t. II de l'ouvrage que nous citons plus bas. R. G. BiBL.: Vittorie Bersezio, iZ Regno di Vittorio Emanuele U, Trent'anni di vita letteraria, ', Turin, 1878-1881, 3 vol. in-S, t. II, pp. 407 et 447.
CARBONEAR ou CARBON 1ÈRE. Petite ville de l'île de Terre-Neuve, dans la baie de Conception; 5,000 hab. qui vivent de la pêche.
CARBON EL (Bertran), troubadour, qui vivait à Marseille dans la seconde moitié du xiu® siècle. On ne sait rien de sa biographie. On voit, par les noms propres qui figurent dans ses poésies, qu'il eut pour protecteurs le roi de Castille Alphonse X, le comte de Rodez Henri II (1274-1502) et Bertran de Baux, prince d'Orange et comte d'Avellino (1282-d335). On possède de Bertran Carbonel dix-huit poésies lyriques, et soixante-onze de ces couplets détachés auxquels on donne le nom de coblas esparsas. Plusieurs de ses sirventés, et non les moins violents, sont dirigés contre le clergé. M. Paul Meyer apprécie en ces termes l'œuvre de Carbonel. « Ses coblas esparsas sont des lieux communs de morale. Ses chansons amoureuses ne s'élèvent pas au-dessus de la médiocrité. Ses sirventés, plus intéressants par le sujet, ne sortent point de la voie que parcourait, avec bien autrement de force et de poésie, Peire Cardinal. Il paraît même avoir pris pour modèle son illustre devancier ; non seulement il le cite, mais même il l'imite parfois. » Outre les chansons, les sirventés et les coblas esparsas, on a de Carbonel deux tensons assez originales par le sujet : ce sont des dialogues entre le poète et son roncin. La plupart de ses poésies ont été publiées par Bartsch dans ses Denkmœler der provenzalischen Literatur (Stuttgart, 1856) et par M. Paul Meyer dans l'ouvrage cité cidessous. Ant. Thomas.
BiBL. : Histoire littéraire de la France, t. XX, p. 559. — P. Meyer, les Derniers Troubadours de la Provence ; Paris, 1871, pp. 56-66.
CARBONEL (Alonso), sculpteur et architecte espagnol, dont on ignore le lieu et la date de naissance. Vers 1620, il résidait à Madrid, où il passait, en société avec le peintre Eugénio Caxés, un contrat notarié s'obligeant envers les PP. du couvent de la Merced cahada à construire et à décorer de sculptures et de peintures le maître-autel et les autels collatéraux de leur église. Ce travail, qui fut payé douze mille ducats aux deux artistes, était terminé en 1624. Un siècle plus tard, les moines firent substituer à ces retables, dont l'architecture n'était plus au goût du jour, de monstrueuses constructions du style churrigueresque le plus eflréné. Toutefois, les peintures que Caxés avait laites furent conservées dans d'autres parties du
couvent. En 1627, le roi nomma Carbonel aparejador des travaux qui se poursuivaient, tant à l'alcazar de Madrid, qu'aux résidences royales du Pardo et de la Casa del Campo ; un traitement annuel de 350 ducats était alloué à Carbonel. En 1633, il était chargé de la direction des constructions du palais dy Buen Retire et en pleine possession de la faveur de Philippe IV et de son puissant ministre le comte-duc d'OIivarès. Ce fut sur les dessins de Carbonel que s'exécutèrent l'entrée, l'escalier, l'autel et le pavement du Panthéon des rois au monastère de l'Escurial. On croit aussi généralement qu'il fut appelé à fournir les plans d'après lesquels fut élevé le palais de VAyuntamientOy à Madrid, commencé en 1644. Nommé en 1648 maestro mayor de tous les travaux d'architecture et de construction delà couronne, Carbonel mourut en 1660 à Madrid. De son mariage avec Ana de Seseiia, il avait eu un fils, Ginés Carbonel, qui fut peintre et doreur et travailla avec son père aux retables du couvent de la Merced. " P. L.
BîBL. : Cean Bermudez, Diccionario de los mas ilustres profesores ; Madrid, 1800.
CARBONEL (Josef-François-Narcisse) , musicien français, né en 1773, mort en 1855. 11 était fils d'un joueur de tambourin et galoubet provençal, qui a publié une méthode pour ces deux instruments. Carbonel se fit connaître par des sonates et des romances, eut le titre de directeur de la musique de la reine Hortense, et fut professeur de chant à Paris.
CARBONIEN (Edit). L'édit carbonien a été introduit dans le droit romain, comme son nom même l'indique, par le préteur Cnéius Papirius Carbo, magistrat d'une haute autorité, qui vivait vers le milieu du vu® siècle de Rome. Cet édit concernait le cas suivant. Un impubère se présente à la succession d'un défunt en qualité de descendant ; il demande à cet effet une bonorum possessio au préteur, c.-à-d. la qualité d'héritier prétorien, ordinairement la bonorum possessio contra tabulas^ s'il s'agit d'une succession ab intestat ; les personnes qui auraient hérité à son défaut lui contestent cette qualité de fils, ou bien, tout en lui reconnaissant ce titre, soulèvent cependant une question d'état qui doit avoir pour effet de l'écarter de la succession, et par exemple ils soutiennent qu'il est enfant naturel, né de concubinat, et non enfant légitime, ou bien encore ils reconnaissent qu'il est né de justes noces, mais ils ajoutent qu'il est actuellement placé sous la puissance d'un père adoptif. Dans tous ces cas, on conteste à la fois à l'impubère son état et sa vocation à l'hérédité. Les questions de cette nature présentant un degré tout particulier de gravité, il pourrait être dangereux de les juger tout de suite, c.-à-d. pendant que l'entant est encore impubère, et par cela même incapable de se défendre en personne. Pour ne pas abandonner un procès si important aux soins de certains tiers, par exemple d'un tuteur, redoutant d'ailleurs la mauvaise foi de ceux qui soulèvent cette difficulté, le préteur, dans l'édit carbonien, décide que la question d'état restera ajournée jusqu'à la puberté, et que provisoire- " ment l'impubère sera traité comme si on ne lui contestait pas sa qualité de descendant appelé à la succession. L'impubère obtient donc provisoirement l'hérédité, comme si sa qualité n'était pas discutée, et il s'en fait mettre provisoirement en possession par le préteur qui lui accorde à cet effet la bonorum possessio ex edicto Carboniano.
E. Glasson.
Sources et bibliographie. — l» Sou7'ces. Paul, Sentences, liv. III, tit. !««•. — Code Théodosien, De Carboniano edictOf IV, 3. — Digeste, De Carboniano edictp^ XXXVII, 10. ~ Code Justinien, De Carboniano edicto, VII, 17. —-Basiliques, IleplTOU KapSwvtavciou Tuapay^A- {jLaT0ç,XL,6.
2° Bibliographie. Forster, De Bonorum possessione conlra tabulas^ pp. 202 et suiv. — Bachofen, Pfandrecht, t. I, p. 334. ~ Leist, Bonorum possessio. — Vange- RO\y, Lehrbuch der Pandekten, t. Il, § 512. ~ Glasson, De la Bonorum possessio établie par l* édit carbonien ;
CARBOMEN — CARBONI(iUE
paris, 1866, broch. in-8 (compt. r. Revue hisiorique de droit français et étranger, n« de juillet-août 1886). CARBONIFÈRE (Terrain) (V. Permo-Cakbonifère). CARBONIQUE (Acide). I. Chimie.
Pnnm SEquiv. CW.
^^^^- Ulorn . CO^.
L'acide carbonique libre est l'anhydride d'un acidealcool qui existe peut-être à l'état de dissolution dans Peau :
C'est le ga% sylvestre des alchimistes du siècle dernier, Lavoisier le premier a établi sa véritable nature chimique; Dumas et Stas ont déterminé rigoureusement sa composition. Il joue dans la nature un rôle capital : sans cesse produit par les végétaux, il est constamment absorbé par eux et leur apporte le carbone nécessaire à leur développement. Il se forme non seulement dans l'acte de la respiration, mais encore dans une foule de circonstances : dans la combustion du carbone, dans la fermentation des liquides sucrés, dans la destruction lente des matières organiques, ainsi que dans une multitude de réactions chimiques ; les volcans en rejettent constamment dans l'atmosphère ; c'est lui qui rend gazeuses un grand nombre d'eaux minéralesnaturelles, etc.; combiné aux bases, notamment à la chaux, il constitue des bancs d'une immense étendue, comme celui qui entoure le bassin parisien. Malgré ces causes nombreuses de production, il n'existe toujours qu'en faible proportion dans l'air, qui n'en contient en moyenne que jô|ôô
Pour l'obtenir en aussi grande quantité que l'on veut, on attaque par un acide fort le carbonate de chaux, si commun dans la nature. A cet effet, on met des fragments de marbre dans un flacon à deux tubulures (fig. 1) et une quantité d'eau suffisante pour recouvrir le tout.
Fig. 1.
A l'une des tubulures, on adapte un tube droit, plongeant dans l'eau et muni d'un entonnoir, de manière à pouvoir introduire dans le flacon de l'acide cblorhydrique ; dès que ce dernier arrive au contact du marbre, il se fait une vive efiervescence et le gaz s'échappe par un tube adducteur qui vient déboucher sous une cloche remplie d'eau ou de mercure. La réaction, qui est très simple, donne lieu la formation d'eau et de chlorure de calcium :
C^Ca^oe -h 2HG1 =: H^O^ + 2GaGl + G^O*.
Pour obtenir un produit pur, il est nécessaire de laisser perdre une notable portion du gaz, afin que celuici puisse chasser l'air renfermé dans l'appareil. Cd résultat est atteint lorsque le gaz est complètement absorbable par une lessive alcaline. 11 convient d'ajouter l'acide par petites portions, et seulement chaque fois que l'effervescence produite par la portion versée précédemment s'affaiblit. On peut remplacer l'acide cblorhydrique
par l'acide sulfurique; mais il se dépose du sulfate de chaux, sel peu soluble qui ne tarde pas à recouvrir les fragments de marbre, et, par suite, à entraver la réaction. Dans l'industrie, on opère la décomposition du carbonate de chaux dans de grands cylindres pour la fabrication des eaux gazeuses ; on utilise les dégagements gazeux naturels soit pour la préparation de la céruse, soit pour celle des bicarbonates; c'est ainsi qu'à Vichy, on prépare le bicarbonate de soude à l'aide du gaz provenant des sources de la localité.
L'acide carbonique est un gaz incolore, à peu près inodore ; il communique à l'eau une saveur aigrelette. Sa densité à zéro, sous la pression normale, est de 4,529 ; un litre de gaz pèse dans les mêmes circonstances 1 gr. 977. Comme cette densité est beaucoup plus grande que celle de l'air, on peut transvaser le gaz d'une cloche dans une autre, au milieu de l'air, comme on le ferait pour un liquide, en évitant toutefois l'agitation de l'air
Fig. 2.
ambiant. Pour réaliser cette expérience, on remplit une cloche d'acide carbonique sur la cuve à eau, on ferme l'ouverture avec la main et on la place au-dessus d'une autre cloche de môme capacité, comme l'indique la fig. 2.
On reconnaît d'ailleurs que l'opération a réussi lorsqu'une allumette enflammée continue à brûler dans la cloche A, tandis qu'elle s'éteint dans la cloche B. Le coefficient de dilatation entre zéro et 100<* est égal à 0,3719 suivant Regnault, à 0,366 suivant Magnus ; la loi de Mariette n'est applicable que sous faible pression. D'après Dulong, le pouvoir léfringent est de 1,526. L'acide carbonique est soluble dans l'eau, qui en dissout sensiblement son volume. D'après Bunsen, les coefficients d'absorption, dans les conditions normales, c.-à-d. à zéro et à la pression de 0"^76, sont les suivants pour l'eau et l'alcool :
Température.
Zéro
Eau. Alcool.
D'ailleurs, quelle que soit la densité du gaz, l'eau en dissout sensiblement son volume ; par conséquent, le poids du gaz absorbé croit proportionnellement à la pression ; toutefois, cette loi n'est qu'approximative, car JRegnault a démontré que le volume gazeux ne varie pas régulièrement en raison inverse de la pression : sous une près-
CARBONiaUE
sion donnée, le volume absorbé diminue avec l'élévation de la température. A la température de Tébullition, tout Tacide carbonique abandonne sa solution aqueuse; aussi, Teau qui tient en dissolution un carbonate ferreux, à îa faveur d'un excès d'acide, laisse-t-elle déposer ce carbonate à TébuUiiion ; on explique de la même manière les dépôts de carbonate de chaux contre les parois des machines à vapeur. Les diverses boissons gazeuses, dans lesquelles on a comprimé mécaniquement le gaz carbonique, font une vive effervescence dès que la pression diminue ; dans le Champagne, la bière, le cidre, par exemple, conservés dans des bouteilles, l'acide carbonique se produit lentement par fermentation et rend ces liquides mousseux. L'acide carbonique en se dissolvant dans l'eau dégage de la chaleur, 5^^^600 pour C^O^ =r 44, L'acide carbonique sec n'a pas d'action sur le papier de tournesol ; dissous dans l'eau, il lui communique une couleur vineuse, à la manière des acides faibles ; mais s'il est fortement comprimé, la teinte est pelure d'oignon (Malaguti). 11 est facilement absorbé par les lessives alcalines; il trouble l'eau de chaux, avec formation de carbonate de chaux ; toutefois, d'après Kolbe, il est sans action sur les alcalis anhydres, ou môme à l'état d'hydrates définis. Sous l'influence d'une température élevée, vers 1,300*^, il se dissocie lorsqu'on l'oblige à traverser au tube rempli de fragments de porcelaine (H. Sainte-Claire Deville). Il n'est pas inflammable et n'entretient ni la combustion, ni la respiration; aussi, bien qu'il ne soit pas vénéneux, il produit rapidement l'asphyxie des animaux lorsque Tair en contient le tiers de son volume. Sa grande densité explique quelques particularités au sujet de sa propriété asphyxiante ; c'est ainsi que dans la grotte du chien, près de Naples, les voyageurs peuvent y pénétrer impunément, tandis que les animaux de petite taille y périssent rapidement : l'atmosphère, à sa partie inférieure seulement, contient beaucoup d'acide carbonique, qui se dégage des fissures du sol, de telle sorte que l'homme n'y court aucun danger tant qu'il reste debout. Pour reproduire en petit ce phénomène, on introduit à moitié dans une éprouvette remplie de gaz carbonique un cylindre plein, de manière à faire sortir la moitié du gaz; en retirant le cylindre avec précaution, il se trouve remplacé par un égal volume d'air, l'acide carbonique occupant seulement la moitié intérieure de l'éprouvette : si alors, à l'aide d'un fil de fer, on fait descendre très lentement une petite bougie allumée, elle continue à brûler jusque dans la moitié de l'appareil ; au delà de cette limite, elle s'éteint. On conçoit dès lors comment des personnes ont pu être asphyxiées par de véritables inondations de gaz carbonique. Supposons une chambre communiquant avec une autre plus élevée où se produit une fermentation active, comme celle d'un jus sucré : le gaz, par suite d'un détaut de ventilation, pourra s'accumuler librement dans la chambre inférieure . Voici la composition de deux atmosphères asphyxiantes, viciées l'une par la combustion du charbon, l'autre par l'introduction de l'acide carbonique dans l'air atmosphérique :