TENSIONS EN ATMOSPHÈRES
TEMPERATURES
iO«
zéro
Faraday.
Mareska et DonDj.
Acide carbonique solide. D'après ce tableau, lorsque le récipient de l'appareil Thilorier est rempli aux deux tiers d'acide liquide, il possède une atmosphère gazeuse, vers 15**, d'une cinquantaine d'atmosphères; sous l'influence de cette énorme pression, le liquide est violemment projeté au dehors lorsqu'on ouvre le robinet de ce récipient; il y a une détente brusque, par suite un grand abaissement de température et le courant gazeux produit un nuage blanc sur son passage, constitué par de l'acide carbonique solide. En dirigeant le jet dans un flacon, ou mieux dans une boîte métallique très mince, une partie de l'anhydride se volatilise, en absorbant la chaleur nécessaire à son changement d'état ; la portion restée liquide tombe au-dessous de — 10^ et se condense sous forme d'une neige blanche, floconneuse. Le gaz peut même être conservé sous cette forme neigeuse plus aisément qu'à l'état liquide, car l'évaporation est très lente, à cause de la mauvaise conductibihté du produit. Un thermomètre à air, enveloppé de cette neige qui s'évapore lentement à l'air, descend à — 78*^, on peut même prendre la neige dans la main sans éprouver une sensation de froid très considérable, mais à la condition de ne pas exercer sur la main de compression ; dans ce dernier cas, on éprouve une véritable sensation de brûlure, par suite de la désorganisation de la peau. En versant sur l'acide carbonique solide un liquide qui ne se combine pas chimiquement avec lui, et qui se congèle à basse température, l'évaporation devient plus rapide, parce que les] molécules liquides augmentent la conductibilité ; il se produit un mélange réfrigérant extrêmement énergique, qui refroidit rapidement les corps qu'on y plonge ; sous la machine pneumatique, l'évaporation est activée dès qu'on fait le vide et la température descend à 100^ au-dessous de zéro. Avec l'éther, par exemple, la pâte frigorifique fait congeler un kilog. de mercure en quelques minutes ; en y plongeant un tube fermé, contenant de l'acide carbonique liquide, celui-ci se prend rapidement en une masse vitreuse d'une transparence parfaite.
Le gaz carbonique sert à la préparation des eaux ga-
GRANDK EVnVCT.OPÉDîK. — IX.
zeuses et des vins mousseux ; on l'applique à divers usages industriels, notamment à la préparation des carbonates et des bicarbonates, à celle du blanc de céruse dans le procédé dit de Clicliy, à la décomposition du sucrate de chaux dans la fabrication du sucre, des hypochlorites dans le blanchiment. Noël a utilisé celui qui se dégage des cuves à fermentation pour obtenir le bicarbonate de soude, etc. Ed. Bourgoin.
II. Physiologie et Thérapeutique. — Poison violent et redoutable, l'acide carbonique est en même temps un élément essentiel à la vie. Si l'acide carbonique venait à disparaître de l'air qui nous baigne, la vie s'éteindrait sans retard. Les végétaux ne pouvant plus puiser dans l'air le carbone qu'ils prennent à l'acide carbonique, dépériraient, et leur mort entraînerait celle des animaux, nécessairement. Il est curieux de noter que l'un des poisons du milieu qui nous entoure se trouve être indispensable à la vie, alors que l'oxygène, l'agent par excellence de la vie, semble-t-ii, devient à son tour un poison redoutable, une fois qu'il se trouve en certaines proportions dans l'air. J'ai hâte d'ajouter que, pour curieux qu'il soit, le contraste n'a rien d'exceptionnel, et que la physiologie en présente de nombreux exemples. La vie, telle qu'elle existe actuellement sur notre globe, n'a été possible qu'à partir du moment oii l'acide carbonique a existé dans l'atmosphère, et actuellement il semble que cet élément tend à diminuer. 11 s'en produit énormément par le fait de la respiration des animaux (l'homme en produit en moyenne 17 litres par heure, le cheval 219, le taureau 271; la peau en excrète aussi, mais une quantité faible : quarante fois moins que le poumon d'après Scharling et Hannover) ; par le fait des décompositions des matières organiques : Du Mesnil et Fauvel l'ont trouvé en abondance dans le sol des cimetières ; par le fait des combustions industrielles, etc., et Boussingault a pu évaluer que si la ville de Paris produit environ 3 millions de mètres cubes d'acide carbonique par 24 heures, plus de 2 millions et demi de litres proviennent de ces combustions. Ajoutons que nombre de sources thermales ont un débit considérable de ce gaz. D'autre part, les végétaux absorbent une quantité immense de carbone : un champ de betteraves qui donne 40,000 kilogr. de racines a pris à l'air plus de iS.OOO kilogr. de C0% ce qui représente la quantité contenue dans 30 millions de mètres cubes d'air; et les coralliaires consomment beaucoup de CO^, sous forme de carbonate de chaux, pour construire leur sguelette. Bien que ce gaz soit constamment formé et détruit, il se présente toujours en quantité sensiblement constante dans Fair. Cela tient à ce que la mer joue un rôle très intéressant et curieux, bien mis en lumière par M. Schlœsing, un rôle de régulateur qui absorbe le CO^ de l'air quand il devient trop abondant, et le lui restitue quand il y devient plus rare. Mais nous ne saurions insister plus longuement sur cette intéressante question de la circulation de l'acide carbonique, question où le chimiste, le géologue, le physicien, le physiologiste et Tagriculteur doivent successivement prendre la parole pour exposer entièrement sa singulière histoire.
L'acide carbonique est un poison ; une fois qu'il se trouve en une certaine proportion dans l'air, il détruit la vie, ou encore — et c'est le cas pour les microbes déterminant la fermentation — il oblige la matière vivante à fonctionner d'une façon tout à fait particulière. Nous n*avons pas à considérer ici ce dernier cas : nous renvoyons le lecteur au moi fermentation. Avant de détruire la vie, il la modifie et provoque des symptômes variables. En application locale^ de courte durée, il est excitant et stimulant ; si l'application est de plus longue durée, il est à la fois stupéfiant et excitant, mais à Texcitalion succède, s'il n'est remédié à l'état des choses, une phase de paralysie, d'intoxication. L'effet ultime de l'empoisonnement carbonique par la peau, comme par les poumons, p'Ast t'asphyxie ; il survient plus ou moins vite, mais il
c'est '
CARBONIQUE
est constant, du moment oU Tacide carbonique est trop abondamment retenu dans l'organisme. Voyons comment il agit sur les différentes parties de l'organisme.
Peau. Un bain court d'acide carbonique — bain où la tête ne doit point plonger, bien entendu — détermine une sensation de chaleur, d'abord agréable, puis formicante; s'il dure plus longtemps, il survient une sensation de cuisson, en même temps qu'une sudation abondante, et cellesci font place à une anesihésie locale prononcée, telle que l'on peut inciser la peau sans déterminer de douleur; enfin, si l'absorption de GO^ est grande, si le bain est général et prolongé, il y a intoxication et asphyxie. Nous reviendrons plus loin sur l'anesthésie et l'asphyxie. La sensation de chaleur déterminée par CO'^ n'est pas expliquée; elle est vive, et quand le bain porte sur le tronc et les parties génitales, il détermine une excitation sexuelle notable (observations de Rotureau, etc.). Dans la bouche, dans les narines, sur les yeux, CO^ détermine de l'irritation et des picotements; dans l'oreille, des bourdonnements, de la chaleur, de la rougeur.
Digestion, Sensation de cbaleur, stimulation de l'appétit, mais parfois vertiges et ivresse véritables.
Circulation. Après une légère accélération, il y a un ralentissement marqué, proportionnel au degré de l'intoxication du sang ; localement, il y a turgescence vasculaire, afflux sanguin considérable. Une expérience très simple d'ailleurs, de Bichat, montre bien l'effet de Tacide carbonique dans le sang. Bichat injecte, dans l'artère carotide ou fémorale d'un chien, du sang veineux pris au même animal. Ce sang, chargé d'acide carbonique, détermine de la paralysie avec anesthésie, ou des phénomènes d'excitation respiratoire très violents, selon le siège de l'injection. Cl. Bernard, d'autre part, a pu injecter 32 centim, cubes d'acide carbonique à un chien, sans inconvénients, par la jugulaire ; mais le sang chargé de cet acide passe par les poumons avant de gagner l'économie, et il y perd une grande partie de sa toxicité. Cette dernière, dit Brovyn- Séquard, n'est due qu'à l'acide carbonique , car du sang rouge, artériel, chargé d'acide carbonique, devient aussi nuisible que le sang veineux (Comptes rendus^ 1857, p. 815). Il y a pourtant une tendance à revenir sur cette opinion. Pour les uns, le sang veineux renferme autre chose que du CO^ (Zuntz et Geppert, Lehmann, etc. : V. Respiration et Sang) ; pour d'autres, CO'^ agit, non d'une façon spécifique, mais seulement en tant qu'acide.
Respiration, Chez l'animal qui respire un air chargé de 10 ou 20 % de CO^, il y a oppression, spasme glottique, arrêt respiratoire et asphyxie : mais le degré de résistance varie selon la durée de l'expérience et selon ranimai. Dans de l'air à 5 ou 6 Vo de GO^, la respiration est déjà pénible pour les animaux supérieurs. Le spasme et les picotements sont dus à l'action irritante du gaz.
Sécrétions. CO^ est un stimulant de la sécrétion urinaire (Herpin, ftuincke).
Système musculaire. Le muscle cardiaque, comme les autres, striés ou lisses, sont excités à la contraction : mouvements des fibres intestinales, après la mort (Brown- Séquard), cœur de grenouille battant de 40 à 60 fois par minute, dans l'acide carbonique, au lieu de 25 ou 30 fois à Tair pur (Brown-Séquard) ; contractions de l'utérus, des fibres pulmonaires, en présence de CO^ (Brown-Séquard, Scanzoni).
Organes sexuels. Excitation, chaleur, congestion, contraction, parfois hémorragie, le tout dû à l'action irritante de G0^
Système nerveux. D'abord de l'analgésie. Pline le naturaliste savait qu'en exposant une partie de la peau à Faction des vapeurs formées par l'action du vinaigre (acide acétique) sur le marbre, l'on détermine de l'analgésie : les cataplasmes de drèche, de levure, de levain, agissent de même. Percival, ïngenhousz, Beddœs, Vernier (V. l'ouvrage de Herpin, de Metz), le comte Ghaptal, ont vérifié le fait sur la peau saine ou ulcérée. Si l'absorption, cata-
tanée ou pulmonaire, est poussée plus loin, il y a anesthésie générale : celle-ci a été bien étudiée par Lallemand, Perrin et Duroy, par Ozanam et par Brown-Séquard. Ozanam a reconnu une phase prodromique, suivie de phases d'excitation, puis d'anesthésie vraie et profonde, et enfin de réveil. Il importe de bien graduer l'administration du gaz, sans quoi l'asphyxie survient. Enfin, si le gaz est doimé en abondance, il y a asphyxie, et la mort vient par suite de l'impossibilité où se trouve le sang d'expulser le CO^ dont il s'est chargé. Celle-ci est lente et facile, ou bien rapide et pénible, selon qu'elle a été ou non précédée d'anesthésie. Des soldats à demi asphyxiés par un brasier à Bilbao, un malade observé par Graefe, malade qui fut en partie asphyxié dans la grotte de Pyrmont, et Hermbstaedt, qui fut victime d'un accident analogue, disent avoir éprouvé des sensations fort agréables pendant leur asphyxie, avant la période d'inconscience : sensation de bien-être, sons déUcieux, lumière éclatante, etc. D'autres fois, quand l'invasion de GO'^ dans l'organisme est rapide, brutale, il y a des convulsions et de l'agonie. Du reste, l'aspect des cadavres d'asphyxiés indique bien si l'asphyxie a été lente ou rapide : dans un cas, l'aspect est calme comme celui d'un dormeur, dans l'autre, il est convulsé et présente les signes de la douleUr et de l'agonie ; les convulsions finales sont dues à l'action excitante de CO^ sur les centres médullaires qu'il stimule, le centre respiratoire surtout, pour amener l'expulsion du poison. Encore faut-il, d'après Brown-Séquard, qu'il reste assez d'oxygène dans le sang pour assurer la vie des éléments nerveux, sans quoi les convulsions font défaut, les éléments en question étant morts déjà [Soc, Mol,, 11 cet. 1884, p. 556 seq.). C'est en partie à l'acide carbonique, agissant sur les fibres de l'utérus, que nous devons d'entrer au monde ; c'est l'acide carbonique, qui, en permettant la vie des végétaux et, par suite des animaux, entretient indirectement notre existence; c'est aussi par lui que nous mourons le plus souvent. L'asphyxie est en effet le mode de mort le plus répandu : c'est elle qui détermine l'agonie et la mort dans la plupart des cas, c'est à elle qu'est due la respiration haletante de la fin des maladies de poitrine, de cœur, etc., l'agitation inconsciente des mains, les derniers hoquets, et les contractions musculaires du visage et des bras qui suivent le dernier soupir. Notre mort est presque toujours le fait de l'asphyxie, violente ou douce, rapide ou lente, et c'est une des raisons qui doivent faire penser que la mort est le plus souvent peu douloureuse. L'organisme s'anesthésie, en effet, d'une façon graduelle, et la mort envahit un corps que l'acide carbonique, ici bienfaisant, a privé de la conscience et de la sensibilité, avant de lui enlever la vie.
Usages thérapeutiques. Malgré la variété et le nombre de ses actions physiologiques, l'acide carbonique est à peine utilisé en thérapeutique, sauf comme ayialgésigne, en applications locales. Depuis quelque temps on cherche à l'employer contre diverses maladies pulmonaires, la tuberculose en particulier ; mais on n'est guère fixé sur son efficacité. Pour les autres applications, je renvoie au plaidoyer très convaincu et complet de Herpin, De V acide carbonique et de ses applications thérapeutiques (Paris, 1864). D"^ H. de Varigny.
III. Toxicologie. — Un séjour suflSsarament prolongé dans une atmosphère d'acide carbonique, ou mieux d'anhydride carbonique, est rapidement mortel. D'après James, les chiens meurent en trois minutes dans les célèbres grottes de Pouzzoles, près de Naples, les chats au bout de quatre minutes, et l'homme ne peut guère résister plus de dix minutes. Les auteurs anciens rapportent que les grottes carboniques ont^ leurs parois couvertes de papillons et autres petits insectes, que les oiseaux qui s'aventurent dans la vallée volcanique de Java succombent presque tous ; l'histoire rapporte de nombreux exemples d'accidents mortels survenus dans
CAHBONIQUE - CARBONNE
les caves, dans les fours à chaux, dans les caveaux des cimetières, dans les cuves à drèche, etc. Le sujet éprouve d'abord une sensation d'étouffement , une constriction spasmodique de la glotte, à laquelle succèdent un ralentissement de la respiration, un abaissement de température, une dilatation de la pupille. Cependant, suivant Nysten, Bichat, Regnault et Reiset, le gaz carbonique est inerte, simplement irrespirable, à la manière de Fazote et de l'hydrogène, mais en réalité c'est un gaz toxique, d'après les expériences de Collard de Martigny, de P. Bert, de Brown-Séquard, etc. En effet, lorsqu'on plonge un animal dans une atmosphère d'acide carbonique, la tête étant en dehors, on observe un abattement général; s'il s'agit d'oiseaux, ils meurent bientôt frappés de paralysie ; dans des conditions analogues, des grenouilles meurent plus vite que lorsqu'elles sont plongées dans une atmosphère d*oxyde de carbone ; d'après Landriani, si on fait respirer de l'acide carbonique aux tortues, par l'une de leurs trachées, et de l'air par l'autre, on les voit succomber, alors qu'elles continuent de vivre après la ligature de la première trachée. On sait d'ailleurs que beaucoup de ferments sont stérilisés dans l'acide carbonique et que ce gaz arrête les fermentations. Bert a démontré que de très jeunes rats meurent en deux minutes par arrêt du cœur dans le gaz carbonique, tandis qu'ils résistent quinze à vingt minutes dans l'azote ou dans l'hydrogène. La pression exerce aussi une influence caractéristique : les animaux qui vivent en vase clos, dans des conditions où l'oxygène ne leur fart pas défaut, y périssent après avoir formé une quantité d'acide carbonique telle que, multipliée par la valeur de la pression, elle forme un chiffre constant, égal à 24 pour les petits oiseaux ; à 6 atmosphères, ces derniers périssent dans un air contenant seulement 4 % de gaz ; à 3 at. il en faut 8 %, à 2 at. 12 ^/o, etc. Dans ces conditions, la mort est due à ce que l'anhydride, formé dans le sang, ne peut plus se dégager assez vite à l'extérieur, et ce résultat est atteint lorsque le liquide sanguin renferme plus de son volume de gaz délétère. Fait-on respirer brusquement à un animal de l'oxygène contenant 75 % d'acide carbonique, la mort survient rapidement, avant que le sang artériel ait pu se charger d'une aussi grande quantité de gaz ; le cœur cesse de battre, et les mouvements respiratoires sont supprimés. Dans la strangulation et dans la submersion, on ne trouve guère dans le sang que 70 % d'anhydride, mais ici là mort résulte d'une privation d'oxygène. 11 résulte de ce qui précède que l'acide carbonique est non seulement un gaz irrespirable, mais encore un agent toxique lorsqu'il s'est emmagasiné dans l'économie en quantité suffisante. Comment agit ce poison ? ce n'est pas en se fixant sur les globules du sang, à la manière de l'oxyde de carbone. Après l'ingestion d'une eau fortement gazeuse, on éprouve une surexcitation passagère, à laquelle succèdent des symptômes aneslhésiques ; avec les grenouilles, les muscles cessent de se contracter sous l'influence des excitants directs, et le gaz abolit à la fois les fonctions des nerfs et des muscles, puis la mort survient rapidement ; chose curieuse, le cadavre se conserve assez longtemps, comme dans le cas de l'oxyde de carbone, et la putréfaction ne s'établit que lentement.
Dans l'empoisonnement par l'acide carbonique, le remède est tout indiqué : il faut faire respirer de Toxygène, ou, à son défaut, un air aussi pur que possible, comme s'il s'agissait d'une intoxication par les gaz d'éclairage, les fosses d'aisance, les caveaux des cimetières, les cuves à fermentation, etc. ; on peut aussi, avec avantage, recourir aux courants ascendants, comme dans l'intoxication par le chloroforme. Pour rechercher le poison et définir la cause de la mort,* il faut déterminer la composition du milieu où l'accident s'est produit. Pour cela, on dose l'acide carbonique en faisant passer l'air à travers une solution de baryte ; le carbonate de baryum
est recueilli, lavé et séché. Pettenkofer a conseillé l'emploi d'une solution titrée de baryte. On peut aussi plus simplement faire passer, à l'aide d'un aspirateur, dans un tube à boules contenant de la potasse caustique, l'air préalablement privé de vapeur d'eau sur la ponce sulfurique, le dosage de racide s'effectuant comme dans l'analyse élémentaire des matières organiques. Ed. Bourgoin. CARBONISATION. Carbonisation du Bois (V. Charbon
DE bois).
Carbonisation de la Houille (V. Coke).
Carbonisation des Os (V. Nom animal).
Carbonisation de la Tourbe (V. Charbon de tourbe).
Carbonisation des Traverses (Chem. de fer). La carbonisation superficielle des bois a été de tout temps employée pour les préserver de la pourriture. Ce procédé a été appliqué en grand pour la première fois par M. de Lapparent, directeur des constructions navales, pour la conservation des coques des navires ; il consistait à flamber le bois au moyen d'un jet de gaz que l'on promenait sur sa surface. Il a été pertèctionné depuis et se pratique maintenant au moyen de l'appareil Hugon, qui consiste dans un générateur de flamme forcée, obtenue au moyen d'un chalumeau à la houille ; cet appareil est muni des accessoires nécessaires pour que le jet de flamme puisse être dirigé à volonté sur toutes les parties où son action est nécessaire. Quelle que soit la manière dont on la produit, la carbonisation des traverses n'exerce qu'une action superficielle et ne pénètre pas à l'intérieur du bois ; elle donne lieu à une combustion de la surface sur une très minime épaisseur et elle entoure la traverse d'une enveloppe inattaquable aux agents extérieurs de décomposition, d'une véritable cuirasse qui la protège contre l'action des agents atmosphériques. Ce procédé est, par conséquent, tout diflérent de ceux qui consistent *à injecter les traverses de liquides préservateurs qui, en se substituant à la sève jusque dans le cœur même du bois, empêchent absolument celui-ci de se décomposer. La carbonisation ne s'applique guère qu'aux traverses en chêne que, par par suite de leur nature de bois extrêmement serré, il est à peu près impossible de traiter par les injections ; elle serait tout à fait insulfîsante pour les bois blancs comme le hêtre et le pin.
La carbonisation d'une traverse coûte environ 30 cent. On ne possède pas de données bien exactes sur le supplément de durée que peut procurer à une traverse l'opération de la carbonisation : on admet assez généralement qu'une traverse en chêne naturel dure quatorze à seize ans et que, lorsqu'elle est bien préparée, elle peut durer vingt à vingt-cinq ans. G. Humbert.
CARBON ITE (Miner.). La carbonite ou diamant noir est aiguë, moins fragile que le diamapt cristallisé ; elle est combustible au chalumeau. Sa cassure est généralement d'un gris foncé, mais parfois elle passe au noir ; dans certains échantillons, le centre est cristallin. Cette variété a été trouvée pour la première fois en 4843, à Bahia (Brésil); elle se vend de 5 à 7 fr. le carat et sert pour percer les trous de mine, pour effectuer les sondages ou pour tailler les diamants. L. K.
CARBONNE (Carbona), Ch.-l. de cant. du dép. de la Haute-Garonne, arr. de Muret, sur la rive gauche de la Garonne, station de la ligne de Toulouse à Saint-Gaudens ; 2,548 hab. Bastide fondée en 4256 par Alphonse de Poitiers, comte de Toulouse, à la prière et sur un domaine de l'abbé cistercien de Bonnelont. Les coutumes accordées par le comte l'année suivante (4257), stipulent suivant l'usage des libertés civiles, mais à peu près aucune liberté politique. La ville de Carbonne se développa rapidement ; elle était le centre de foires, dont le revenu fut donné à Pons de Villemur, seigneur du comté de Foix, en 4340. En 4355, elle fut brûlée par le prince Noir au retour de son expédition sous Narbonne, relevée et fortifiée l'année suivante par les habitants, aidés dans cette tâche par l'autorité royale. Carbonne était dans
CARBONNE - CARBOPYRROLIQUES
la jugerie et le diocèse religieux et civil de Rieux. — * Eglise du xiv® siècle.
BiBL. : D. Vaissète, Hist. générale du Languedoc, pasteim. — Curie-Seimbres, Essai sui^ les Bastides, pp. 344-345. ,. . r • X
CARBONNEAU (Achille), homme politique français, né à Lectoure en 1803, mort le 45 juin 1865. Il était avocat au barreau de sa ville natale et conseiller général du canton, lorsqu'il fut nommé, au lendemain de la révolution du 24 l'évr. ^1848, sous-commissaire de la République à l.ectoure. Le dép. du Gers l'envoya au mois d'août suivant pour le représenter à l'Assemblée constituante ; il avait obtenu 28,636 suflrages. Il fit partie du groupe républicain et combattit vigoureusement la politique du prince-président, Louis-Napoléon Bonaparte. Réélu à la Législative, il continua la même opposition et, après le coup 'd'Etat du 2 déc. 1851, contre lequel il protesta, n'ayant pas été compris dans la lisle des proscrits, il revint prendre sa place au barreau de Lectoure et y resta jusqu'à sa mort. ,, . . ^ ^ ^* ^"' •
CAR BONN EAUX (Auguste- Jean-Marie), fondeur et ciseleur né à Paris en 1789. Il a coulé en bronze une partie des statues érigées à Paris et en France, dans les premières années de notre siècle. Il fut choisi par Bosio pour jeter en métal ses œuvres principales. Ce furent d'abord le groupe d'Hercule et d'Achélous (1814), qui est dans le jardin des Tuileries, et la statue équestre de Louis XIV, pour la place des Victoires. Il traduisit en bronze d'a[)rès De Bay , un groupe représentant Argus tué var Mercure (1822) ; une statue de ^^wri / >^ pour Nérac ; une autre de Charles Xlil pour la ville de Slorkholm, et entin une statue équestre de Louis XIV, pour la place du Pevrou à Montpellier. Carbonneaux lit en 1833, après la mort de sa femme, une vente comprenant la majeure partie des bronzes garnissant ses ateliers, dont le catalogue donne de nombreux détails sur les travaux de toute sorte qu'il avait exécutés . De Champeâux.
RiRL • JVohce des bronzes provenant des ateliers de Carbonneaux. — De Champeâux, Dictionnaire des fondeurs ciseleurs. ,,.„,. . >*
CARBONNELL (Pedre Miquel) chroniqueur et poète catalan, né à Barcelone le 8 févr. 1434, mort à Barcelone le 2 avr. 1517. On ne sait rien sur les vingtquatre premières années de sa vie, mais on voit qu'il avait fait des études sérieuses en divers genres. Il obtint une charge de notaire public en 1458 ; son intelligence, la beauté de son écriture aidant, le firent choisir par D. Juan II comme archiviste du Real archive d'Aragon, eiî 1476. Il montra dans ces fonctions beaucoup de zèle et d'activité pendant quarante années, et les registres conservés dans l'importante collection qui lui était confiée sont remplis de notes savantes et précises de sa main. En même temps il se créait une très belle bibhothèque, entretenait une correspondance suivie avec de nombreux et hauts personnages, écrivait de nombreux ouvrages en prose et en vers, vraiment remarquables. Citons en premier lieu les : Chroniques d'Espany a fins aci no divulqadas : que tracta dels nobles e invictissims Reys dels Gots : y gestes de acquells : y dels contes de Barcelona : e Beys de Arago : ab imites coses dignes de perpétua memoria (Barcelone, 1547, in-tol.)j (c'est probablement à tort que Antonio indique une édition de 1536, car on n'en connaît aucun exemplaire). La chronique, malgré son titre, n'est pas une chronique d'Espagne; après un aperçu très court sur la période gothique et la généalogie des rois de Navarre, elle ne traite plus guère que de l'Araaon et parle très peu de la Castille et de Léon ; on y trouve insérés intégralement les six livres de Mémoires du roi Pierre IV, et elle s'arrête à l'année 1488. L'ouvraee manque de vie et de style, mais on y trouve une foule de renseignements. — Le même genre de mérite se trouve dans deux autres écrits de Carbonnell : Episcoporum Barcinonensium, etc., ordo et numerus, enlatm, publié par Florez dans le t. XXIX delà Espana Sagrada
et De la Conservatio e duratio de la clutat de Barcelona, publiée par Bofarull y Mascaro dans l'introduction à Los Condes de Barcelona vindicados. — Des opuscules historiques de moindre importance, en catalan et en latin, des lettres, des poésies en catalan et en castillan, notamment une traduction de la Danse des morts, ont été publiés par D. Manuel de Bofarull y de Sartorio, en 2 vol. in-8 (Barcelone, 1864, t. XXVII et XXXII de la Coleccion de documentos ineditos delarchivo gênerai de la Corona de Aragon), E. Cat.
CARBON NET le la Mothe (Jeanne de), religieuse à Bourg-en- Bresse, sous le nom de mère Jeanne de Sainte- Ursule ; elle a écrit, sous la direction du jésuite Groset, un ouvrage ayant pour litre Journal des illustres religieuses de f ordre de Sainte-Ursule, avec leurs maximes et pratiques spirituelles, tiré des chroniques de l'ordre et autres mémoires de leurs vies (Bourg, 1684-1690, 4 vol. in-4). Ce journal concerne sept cent soixante-cinq ursulines et trente bienfaiteurs de l'ordre. CARBONYLE (V. Carbone [Oxyde de]).
CARBONYLES (V. Camphre).
CARBOPYRROLIQUES (Acides).
v.rrr. i Equiv... C^oRSAxO^.
^^^™* l Atom... C^H^AzO^ On connaît deux isomères répondant à cette formule, les acides a et p. Le premier a été obtenu en 1860 par Schwanert, qui a pris pour point de départ l'acide qui se forme dans la distillation sèche du mucate d'ammonium (bipyromucamide de Malaguti). Sous l'intluence des alcalis, ce corps azoté se décompose en ammoniaque et en acide a-carbopyrrolique :
C^^H^Az^O^ + H^O^ =: AzlF -+-Ci4PAzO^ Les deux isomères jouissent d'une propriété caractéristique : ils se dédoublent par la chaleur en acide carbonique et en pyrrol :
C^^H^AzO^ = C^O* + C^H^Az.
L Acide a-PYRROLCARBONiQUE. — Il a été préparé par Bell et Lapper en attaquant le pyrocolle, C'^^H^Az^O^, par la potasse bouillante :
C20H6Az204 + 2B202 + 2CiOH5Az04.
Ciamician et Silber l'ont obtenu synthétiquement en chauffant pendant 24 heures, au bain-raarie, 5 p. de pyrrol, 15 p. de tétrachlorure de carbone et 25 p. d'une lessive très concentrée de potasse caustique, le tout dissous dans 200 p. d'alcool. La réaction est la suivante : C8H^Az + C2Cl^+5KH0^^ =: 4KCI + dn^O' + C^oR^KAzO^ On peut aussi faire réagir l'anhydride carbonique sur le pyrrol-potassium en fusion :
C^H^KAz +C20^ ^rC^oR^KAzO^.
Pour le préparer facilement, on distille dans de petites cornues, par portions de 20 gr., le mucate d'ammonium, à une température de 300^, ce qui fournit du carbopyrrolamide qu'on saponifie par la baryte caustique. On transforme l'acide en sel de potassium, qu'on décompose par une quantité calculée d'acide sulfurique ; on épuise le liquide acide par l'éther et ce dernier abandonne l'acide pur à l'évaporation spontanée. On peut encore chauffer pendant 7 à 8 heures, vers 140*>, 2 p. de pyrrol avec 8 p. de carbonate d'ammonium dissous dans 10 p. d'eau; on chauffe ensuite avec de l'eau pour chasser le pyrrol et l'excès de sel, on épuise par l'éther et on purifie le résidu de l'évaporation par des cristallisations répétées dans ralcool étendu.
L'acide a-pyrrolcarbonique cristallise en prismes clinorhombiques, fusibles à 191^5, mais en se décomposant partiellement ; au-dessus de cette température, il se scinde en ses deux générateurs, pyrrol et acide carbonique. Il est peu soluble dans l'éther et dans l'eau, dernier véhicule qui le laisse déposer en courtes colonnes, tandis que l'alcool, qui le dissout mieux, l'abandonne sous forme
CARBOPYRROLÎQUES — CARBURATEUR
de petits prismes. Les acides minéraux le transforment en 7vuge de pyrrol. Le sel d^ ammonium, C*0H^(AzH*) AzO*, est en croûtes cristallines, formées de prismes déliés. Le sel de baryum, C^^H'*BaAzO^ , cristallise en lamelles soyeuses, et celui de calcium en écailles blanches, assez solubles dans Feau. Le sel d'argent, C^^H'*AgAzO^, se précipite sous forme d'une poudre blanche lorsqu'on ajoute du nitrate d'arijent dans une dissolution du sel de baryum. Uétherméthylique,C'^R^(C^^\i^AzO*),qnon prépare en attaquant ce dernier sel par l'iodure de méthyle, cristallise en longues aiguilles, fusibles à 73**, douées d'une odeur agréable. Véther éthylique, Cm^C^W^AiO^) fond à 39** et bout à 231 <*. V anhydride carbopyrrolique au pyrocolle se rencontre parmi les produits de la distillation sèche de la gélatine (V. ce mot).
II. Acide [B-pyrrolc\rbonique. — Préparé par Ciamician en chauffant le pyrrol-potassé dans un courant de gaz carbonique, à une température comprise entre 200 et 230'^ ; on acidulé le produit de la réaction avec de l'acide sulfurique et on agite avec de l'éther. On le purifie en passant par le sel plombique, qu'on décompose par l'hydrogène sulfuré, puis on achève de le purifier par cristallisation dans l'éther. Il cristallise en aiguilles fines, fondant à 161-162^ en se décomposant partiellement; il est peu stable, car il s'altère à l'air et sa solution aqueuse, à l'ébullition, reproduit ses générateurs. Le sel de baryum, Ci^H^BrAzO*, cristallise en aiguilles brillantes. Le sel de plomb est insoluble dans l'eau, tandis que celui de l'isomère est soluble dans le véhicule. Ed. Bourgoin.
BiRL. : A. Bell, Sur le Pyrrol et ses dérivés {Soc. ch. t. XXXII, 409). — CiAMiciAN, Combinaison de la série du pyrrol (id., t. XXXVI, 34, 6^22). — Ciamician et Denns- TEDT, Rech. sur la série du pyrrol (id., t. XLVIIl, 294). — CiAMiciAN et SiLBER, Acide (/.-carbopyrrolique (id., t. 464). — CrAMiciAN < t Wedel, Rech. sur les dérivés du goudron animal {id., t. XXXIV, 383). — Sghwanert, Décomposition de l aride mucique (Répert, de chim. pure, 328 [1860]; 334 [1861])
CARBOTHIALDINE (Chimie).
^^^^' \ Atom... C^H^oAz^S^ Dérivé azoto-sulfuré découvert par Redtenbacher et Liebig en ajoutant du sulfure de carbone dans une dissolution alcoolique d'aldéhydate d'ammoniaque :
^cmwAin^ + C2S4 — m^œ + ci^i^^Az^s^
Le mélange s'échauffe, perd sa réaction alcaline et laisse déposer, au bout de quelques minutes, des cristaux incolores, qu'on lave avec un peu d'alcool. Mulder a obtenu le même corps en traitant le tbiosulfocarbamate d'ammonium par l'aldéhyde acétique ; il lui donne le nom de sulfocarbamate de diéthylidéne-ammoninm, La carbothialdine est à peu près insoluble à froid dans l'eau et dans J'éther, soluble dans l'alcool bouillant et l'acide chlorhydrique; elle est précipitée de cette dernière solution sans altération par l'ammoniaque et les alcalis ; mais soumise à l'ébullition, en présence d'un excès d'acide chlorhydrique, elle se scinde en sel d'ammoniac, aldéhyde et sulfure de carbone. Sa solution alcoolique, additionnée d'acide oxalique, puis d'éther, fournit de l'oxalate d'ammonium. Cette solution donne avec les sels de cuivre un précipité vert ; avec le nitrate d'argent, un précipité verdâtre, qui se change rapidement en sulfure d'argent ; avec le sublimé, un précipité jaunâtre. Oxydée par le permanganate de potassiuna, la carbothialdine engendre de l'aldéhyde, de l'acide acétique, de l'acide cyanhydrique, de l'acide sulfurique, de l'anhydride carbonique (Guareschi). Avec le chlorure ferrique, à une douce température, on obtient du sulfoeyanate de fer, et, à l'ébullition, du sulfate de fer ; traitée par ce réactif en solution chlorhydrique, ou par le chlore, elle se change en disulfure suif ocar bonique on hydranzothine de Zeise, sans production de dérivé sultoné. Ed. Bourgoin.
BiBL.: Guareschi, Oxydation de la carbothialdine (Gazzilta chim. ital..^ t. VIII, 246). — Liebig et Redtenbacher,
Sur la Carbothialdine {Ann. der Chem, und. Pharm., t. LXV, 43). — Mulder, Sur l'Acide sulfocarbamique et quelques sulfocarbamat.es (Soc. ch., t. XI, 58).
CARBOTRIAMINE (Chimie) (V. GuANmiNE).
CARBUCCIA. Com. du dép. de la Corse, arr. d'Ajaccio, cant. de Bocognano ; 557 hab.
CARBUCCIA (Jean-Luc-Sébastien), général français, né à Baslia (Corse) en 1807, mort en 1854 Fils d'un officier supérieur, il entra au prytanée de la Flèche, puis à Saint-Cyr et fut, comme ofTnier, presque constamment employé en Algérie, où il obtint un avancement rapide. Il prit part à de nombreuses expéditions, notamment à celle contre Z^aatcha en .1849, comme colonel de la légion étrangère. Devenu général de brigade en 1852, il ne tarda pas à être envoyé à l'armée de Crimée, mais mourut du choléra peu de temps après être débarqué à Gallipoli. Doué d'une réelle instruction, il avait mis à profit son séjour en Algérie pour y étudier les antiquités romaines, et avait adressé à l'Académie des inscriptions et belles-lettres plusieurs mémoires qui lui avaient valu le titre de membre correspondant de l'Institut. A. CoRAzzr.
CARBULA. Ville de la Bétique (Espagne ancienne), paraît avoir été importante dans l'antiquité, car son nom figure sur de nombreuses médailles et Pline l'indique comme voisine de Cordoueet sur la même rive du fleuve. Une inscription de Fan 74 ap. J.-C, mentionnant les payant pagi Carbulensis, a été trouvée à Almodovar del rio ; elle semble prouver que là était située la ville antique et que, au temps de Vespasien, elle était peutêtre déjà ruinée et réduite au rang de simple pagus,
CARBURATEUR. Le principe des carburateurs (c'est ainsi qu'on nomme les appareils destinés à opérer la saturation du gaz ou de l'air par les hydrocarbures volatils) est toujours le môme ; le gaz s'introduit dans un récipient métalliq'ie d'où le liquide est divisé sur une surface d'évaporation formée soit de mèches, soit de tout autre matière, de nature à augmenter le plus possible le contact du gaz avec l'huile volatile. Les carburateurs Levêque, Lenoir, le carburateur universel et tous les autres systèmes tour à tour essayés par de nombreux inventeurs, reposent tous sur le même principe et ne différent que par les dispositions plus ou moins ingénieuses imaginées pour le réaliser. Mais, quel que soit le système d'appareils employé, la carburation du gaz présente, à côté de ses avantages, certains défauts inhérents à la nature même de l'opération (V. Carburation). M. Wisenegg construit pour les laboratoires des appareils destinés à fabriquer du gaz, par la carburation de l'air légèrement comprimé, au moyen d'un ventilateur, d'un souffleur, d'un gazomètre chargé de poids ou d'une trompe et mis en contact avec de grandes surf.ices imprégnées d'essence légère de pétrole, d'une densité de 650 à 660 grammes. Le gaz fabriqué par ce procédé est riche et brûlé sous une pression de 5 à 6 centira. d'eau. Le ventilateur hydraulique ressemble à un compteur à gaz, dans lequel on imprime à l'arbre de l'hélice un mouvement produit par une force mécanique extérieure, contrepoids ou ressort. La pose de cet appareil, toutefois, diffère de celle d'un compteur ordinaire, en ce qu'il faut le fixer plus solidement à un sol parfaitement nivelé ; la durée du travail produit est en rapport avec la longueur de la corde que l'on peut, d'ailleur?, moufler plusieurs fois. Il convient de vérifier fréquemment le niveau de l'eau, afin de remplacer celle qui pourrait être entraînée soit par la vitesse d'écoulement du gaz ou de l'air émis, soit par évaporation ; c'est précisément afin que cette eau ne se répande pas dans la canalisation intérieure qu'on ménage dans celle-ci des iniîlmaisnns munies de siphons, d'une facile surveillance. Le ventilateur hydraulique est accompagné d'une bâche en métal, dans laquelle est placé le carburateur proprement dit. Pour pouvoir utiliser également les essences de densités un peu différentes et à des terapérajtures variables, on plonge le carburateur dans un bain-marie de très