‹ La Grande encyclopédieChapitre 120 sur 397 · CARBURATEUR — CARBURATION · texte numérisé non relu

CARBURATEUR — CARBURATION

petites dimensions, à Taide duquel on peut, l'hiver, chauffer légèrement des essences à 0,660 et refroidir, Tété, celles d'une densité moindre, selon les besoins. Pour que le liquide subisse rapidement l'influence de ces variations de température, l'appareil est simplement composé d'une grossière étoflé de laine, enfoncée entre deux lames de métal, le tout roulé en spirale et plongé dans le bainmarie. Ce dernier, d'une contenance de 5 litres d'eau environ, se chauffe au moyen d'un thermo-siphon, sous lequel est placé un petit brûleur à gaz. La vapeur d'essence, emmagasinée dans le carburateur, suffît à alimenter ce brûleur jusqu'à ce que la température propre de l'appareil soit assez élevée pour dégager d'autres vapeurs destinées aux appareils de laboratoire. Cette disposition permet d'utiliser dans une pièce très froide de l'essence à 0,665. Il est avantageux de consommer l'air carburé dans le proche voisinage de sa saturation et dans des pièces dont la température ne puisse descendre au-dessous de +15 à 18^ centigrades. Il est bon aussi de réserver dans la canalisation des inclinaisons terminées par des siphons ou des flacons destinés à recevoir les produits de la condensation ; enfin, d'isoler ces conduits des murs, en les enveloppant de laine ou de tout autre corps mauvais conducteur de la chaleur. Pour une marche tout à fait régulière, il convient de recevoir le gaz dans un gazomètre d'une contenance égale à la dépense quotidienne.

Le système Faignot-Chavée, au point de vue de la commodité de son installation, de son prix assez modéré et de la sécurité contre les explosions, paraît également satisfaire aux conditions requises. L'appareil se compose de plU"^ieurs carburateurs et d'une cloche régulatrice qui emmagasine l'air et le distribue, au fur et à mesure des besoins, soit dans un carburateur, soit dans plusieurs à la fois. L'appareil fonctionne en remplissant les carburateurs avec de la gazoline ou essence de pétrole à 0,650 de densité, jusqu'au niveau indiqué par un robinet de jauge, en remontant un contrepoids et ouvrant le robinet de l'aspirateur ; ce dernier se ferme lorsqu'on veut cesser de fonctionner. Cet appareil offre un certain avantage, en ce qu'il ne fabrique du gaz qu'à mesure qu'on le brûle et, par conséquent, n'offre point les dangers d'un réservoir à gaz placé dans un laboratoire. Il fonctionne dans plusieurs usines de Belgique et s'est propagé en France depuis quelques années. L. Knab.

CARBURATION. On désigne sous le nom de carburation l'opération qui consiste à saturer au moyen de vapeurs d'hydrocarbures volatils, soit le gaz destiné à l'éclairage, afin d'augmenter son pouvoir éclairant, soit l'air lui-même, pour lui donner la propriété de produire, en raison des vapeurs inflammables dont il est chargé, une flamme brillante à Torifice d'un bec de gaz ordinaire. Partant de ce principe qu'une flamme est d'autant plus éclairante qu'elle contient plus de molécules de carbone en ignition, il suffit de mélanger avec le gaz courant, même quand ce gaz est de qualité inférieure, une certaine proportion de vapeurs combustibles, d'un hydrocarbure léger, et si les conditions de la combustion sont réglées de façon que la quantité de carbone soit en rapport avec l'activité du foyer, et n'excède pas la proportion qui peut être introduite dans la flamme sans la rendre fuligineuse, on atteindra par ce moyen une notable augmentation du pouvoir éclairant. On nomme le procédé carburation^ comme nous l'avons dit, et les di^psireils carburateurs. Comme liquide de carburation, on employait précédemment h partie la plus légère des huiles goudronneuses de houille, la benzine ou le naphte ; seulement, la benzine provenant des houilles boghead, qui contenait réellement des huiles d'un point d'ébullition assez bas et avait un grand contenu de carbone, était d'un prix trop élevé, et la benzine provenant du goudron ordinaire de houille contenait trop peu d'huiles. Il en résulta donc naturellement aussi qu'on obtint de mauvais résultats avec la carburation. Pour les introduire et rendre leurs avantages plausibles aux consommateurs , on avait beaucoup employé le subterfuge ,

consistant à faire les expériences d'essai avec de la bonne et fraîche benzine de boghead et avec une flamme directement adaptée au carburateur : l'effet produit avait naturellement été éblouissant. Lorsque ensuite, cependant, le consommateur remplissait l'appareil acheté avec de la benzine, telle qu'il pouvait se la procurer dans le commerce au prix ordinaire, alors l'effet était encore passablement favorable, au plus pendant un court espace de temps ; d'un soir à l'autre le pouvoir éclairant diminuait, et lorsque le faible contenu d'huiles réellement légères et volatilisées était consumé, la carburation cessait, quoiqu'il y eût encore une certaine quantité de liquide dans l'appareil ; l'état de l'éclairage était alors bien plus mauvais que précédemment, car on avait adapté pour le gaz carburé des becs plus étroits, qui étaient naturellement insuffisants pour le gaz ordinaire. Des essais faits sur une grande échelle, comme par exemple à Londres, sur 4,700 réverbères, ne donnèrent pas de résultats satisfaisants. Le procédé de la carburation est peu applicable à l'éclairage des maisons particulières, en raison des odeurs qu'on évite difficilement et des dangers d'incendie, surtout quand les huiles essentielles doivent être chauffées. C'est principalement pour ces motifs qu'à Londres on se décida à faire porter les essais uniquement sur la carburation sans chauffage de gaz des réverbères dans les rues.

On obtint d'autres liquides de carburation que la benzine, et même en quantité plus importante, par la naissance de l'industrie des goudrons de lignites et notamment de l'industrie du pétrole. Les parties constituantes les plus légères du pétrole brut ou du goudron de lignite, qui se présentent dans le commerce sous différents noms et en qualités très diverses (benzine, naphte, esprit de pétrole, éther de pétrole, ligroin, etc.), fournissent des liquides de carburation facilement volatilisables. Seulement, il faut remarquer que pour la valeur d'un liquide carburateur le faible point d'ébullition, c.-àdire la propriété de s'évaporer facilement, n'est pas seul important ; la nature de vapeurs et notamment le contenu en carbone ont aussi leur valeur. Letheby a fait une grande série d'expériences qui donnent à ce sujet de plus amples renseignements :

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