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CARDINAL

Cardinales, id est, Cardines orbis, fraire$, fafniliares aut filii papœ, cardinales divini, lumina ecclesiœy lucernœ ardentes, columnœ EcclesicB, regibus simites; cardinaliumque collegio reges locum cedunt.

Les Tiécessités d'une administration dont le domaine et les attributions s'étendaient d'année en année, le désir de s'assurer une clientèle dévouée chez le clergé des diverses nations, au moyen de la collation ou de l'espérance d'une dignité partout ambitionnée, induisirent les papes à augmenter le nombre des cardinaux. Comme cette dignité devait être attachée à un titre, ils dénommèrent les nouveaux cardinaux, non seulement a templis parochialibus, mais aussi a basilicis et tumulis martyrum et ab aliis locis. Tant que le nombre est resté illimité, il a varié d'époque en époque, suivant la politique des différents papes. En 4586, Sixte V le fixa à soixante-dix, le divisant en trois ordres : six cardinaux-évêques, cinquante cardinaux-prêtres, quat'oru cardinaux-diacres. Voici, d'après la Guerarchia cattolica de 1887, la liste des titres : Eglises cathédkales des cardinaux-évêques (Evêehés suburbicaires) : Ostie et Velietri, Porto et Sainte-RufiQne, Albano, Frascati, Palestrina, Sabine. TiïRÈs DE cAUDiNAux-PRÊTREs .' Salut-Laureut in Lucina, Sainte-Agnès hors les Murs, Saint-Augustin, Saint- Alexis, Sainte-Anastâsie, Saint-André et Saint-Grégoire au mont Cœlius, les Douze Saints-Apôtres, Sainte-Balbine, Saint- Barthélemy-en-l'lsle, Saint-Bernard-aux-Thermes de Dioclétien, Saint-Calixte, Sainte-Cécile, Saint-Clément, Saint - Chrysogone, Sainte-Croix-en-Jérusalem, Saint- Eusèbe, Saint-Jean-à-la-Porte-Latine, Saints- Jean- et-Paul, Saint-Jérôme-des-Esclavons, Saint-Laurent in Damaso, Saint-Laurent in Panis])erma, Saints-Marcellin et Pierre, Saint-Marcel, Saint-Marc, Sainte-Marie-des- Anges, Sainte-Marie~de-la-Paix , Sainte-Marie-de-Ja- Victoire, Sainte-Marie-du-Peuple, Sainte-Marie in Ara Cœli, Sainte-Marie in Traspontina, Sainte-Marie in Trastevere, Sainte-Marie in Via, Sainte-Marie-sur- Minerve, Saints-Nérée et Achillée, Saint-Onu phe, Saint- Pancrace, Saint-Pierre in Montorio, Saint-Pierre-ès- Liens, Saint-Praxède, Sainte-Prisque, Sainte-Prudentienne, les Quatre-Saints-Couronnés, Saint-Quirice et Sainte-Juliette, Sainte-Sabine, Saints-Sylvestre et Martin-aux-Monts, Saint-Sylvestre in Capife, Saint-Sixte, Saint-Etienne au mont Cœlius, Sainte-Suzanne, Saint- Thomas in Parione, Sainte -Trinité au mont Pincio, Saints-Vital, Gervais et Protais. Diaconies : Sainte-Marie in via Ma, Saint-Adrien au forum romain, Sainte-Agathe alla Suburra, Saint-Ange in Peschiera, Saint-Césaire, Saints-Come-et-Damien , Saint-Eustache , Saint-Georges in Velabro, Sainte -Marie -des -Martyrs, Sainte-Marie délia Scala, Sainte-Marie in Aquiro, Sainte -Marie in Cosmedin, Sainte-Marie in Dominica, Sainte-Marie in Portiôo, Saint -Nicolas in Carcere, Saints-Vité et Modeste. Cette liste présente lîn total de soixantequatorze titres ; mais, comme ils ne sont jamais tous pourvus, la limite fixée par Sixte V n'est jamais dépassée. A la mort d'un cardinal, le titre qu'il laisse vacant peut être pris par un autre, qui abandonne le sien. Cette option est facultative ; mais elle n'est accordée qu'aux cardinaux qui habitent Rome ou n'en sont point éloignés de plus de deux journées ; elle ne peut être faite que pour l'ordre immédiatement supérieur.

Comme il n'y a que les cardinaux qui élisent le pape, il n'y a quelepapequi crée les cardinaux -.telle estla maxime formulée par tous les canonistes. De plus, les canonistes Ultramontains insistent sur ce point, que le pape crée tous les cardinaux motu proprio; mais c est un usage établi, qu'il ne procède à cette création que dans plusieurs consistoires successifs, de l'avis ou du gré du Sacré-Coliège. Néanmoins, ir arrive quelquefois que le pape n'indique point les noms de tous les cardinaux qu'il comprend dans une création, se réservant de les faire connaître plus tard : In peùtore reservamus arbitrio nostro quandocumque

declarûndos. Une création de ce genre est dite faîte in petto. Ceux qui y sont compris prennent rang d'ancienneté du jour de cette création, quoique leurs noms ne soient publiés et qu'eux-mêmes ne soient installés que plus tard. Si le pape qui les a créés meurt avant qu'ils soient proclamés, le pape successeur les agrée ordinairement ; mais il n'y est pas obligé. — Certaines puissances catholiques avaient autrefois le droit de nommer ou de présenter à la nomination du pape un certain nombre de cardinaux, qu'on appelait en conséquence Cardinaux de LA Couronné, assimilés en tout aux autres cardinaux et représentant leur souverain dans les élections papales. La Cour de Rome considère cette faculté comme abolie en droit, à cause des révolutions qui ont modifié ses rapports avec les Etats. Mais, en fait, la France et TAutriche jouissent encore du privilège de désigner des cardinaux. Avant la Révolution, la France en a eu jusqu'à dix, elle en a six aujourd'hui, qui sont présentés par le chef de l'Etat et qui appartiennent à Tarchiépiscopat. L'Espagne et le Portugal ont aussi un cardinal. Pour le Portugal, c'est toujours le patriarche de Lisbonne, en vertu d'un privilège attaché à son siège, —Le concile de Trente (Sess. XXIV, c. 1, De Beform.) recommande au pape de ne faire cardinaux que ceux qui seraient dignes d'être évêques et de les prendre de diverses nations, ex omnibus Christianitatis nationibus, quantum commodo fleri poterit. Quant aux incapacités, il nous parait inutile de les énumérer, le pape ayant toujours, de plenitudine potestatîs, le droit d'en dispenser.

Aux mots Congrégations romaines. Cour de Rome, Curie, on trouvera des renseignements sur le fonctionnement des cardinaux pour le gouvernement, l'administration et la juridiction de l'Etat pontifical et de l'Eglise catholique. Nous nous bornons ici à indiquer, avec quelques explications ou renvois, les principales charges cardinalices : — Cardinal doyen du Sacré-Collège, le plus ancien des cardinaux-évêques présents à Rome. Ce doyen est ordinairement l'évêque d'Ostie, qui a le droit de consacrer le pape, si celui-ci n'est point évêque lors de sa nomination ; il porte le pallium. Comme il représente le Sacré-Collège, il précède les rois et les autres souverains. C'est à lui et au cardinal secrétaire d'Etat, que les ambassadeurs rendent leurs premières visites. — Cardinal premier-diacre ; il a le privilège de proclamer et de couronner le pape et, comme le cardinal doyen, de recevoir au conclave les visites des ambassadeurs. — Cardinal camerlingue de la Sainte Eglise Romaine (V. ce mot) . — Cardinal camerlingue du Sacré-Collège (V. ce mol). —• Cardinal grand-pénitencier (\ , Pénitencerie). — Cardinal vice chancelier de la Sainte-Eglise Romaine (V. Chancellerie). — Quatre cardinaux palatins, savoir le secrétaire des Brefs mntificaux, le prodataire (V. Da- TERiE), k secrétaire des Mémoriaux, le secrétaire d' Etat ^ qui exerce des fonctions analogues à celles de nos minis* très des affaires étrangères. — Cardinal bibliothécaire de la Sainte-Eglise Romaine, conservateur de la bibliothèque du Vatican. — ■ Cardinaux protecteurs : les instituts religieux d'hommes ou de femmes, les villes et les communes des Etats de l'Eglise, les églises nationales, les hôpitaux et établissements pieux, les universités et collèges, les archiconfréries, etc., ont chacun un cardinal protecteur. — Cardinal vicaire, il représente le pape pour l'administration diocésaine de l'égHse de Rome et la collation des ordres sacrés. — Car dinaux-^Archiprê très, chargés des basiliques patriarchales, avec l'assistance d'un vicaire.

Les INSIGNES cardinalices sont la pourpre, la calotte, la barrette (V. ce mot et Ablégat), le chapeau, l'anneau, Vombrellino, le baldaquin ou trône et les armoiries. — Pourpre est ici un terme suranné, car depuis plusieurs siècles tous les vêtements des cardinaux sont uniquement teints en écarlate. — La calotte est hémisphérique, en drap l'hiver, en soie l'été. Les cardinaux ne peuvent la

porter qu'après Tavoir reçue du pape immédiatement ou médiatement. — Le chapeau cardinalice ou pontifical est en drap doublé de soie, avec des glands et des cor*dons de soie, le tout en couleur rouge. 11 est rond, plat, à larges bords et presque sans fond, de sorte qu'il ne peut être mis sur la tête. De chaque côté et en dessous pendent quatre ou cinq rangs de houppes en effilé comme dans les armoiries. Il ne sert guère qu'à la mort du cardinal, déposé à ses pieds sur son lit funèbre, et à l'église à la partie antérieure de la bière. Chaque cardinal le reçoit, dans un consistoire public, des mains du pape qui le lui pose sur la tête en disant : « Reçois ce chapeau rouge ; il signifie (per quoi designatur) que jusqu'à la mort et l'effusion de sang inclusivement tu dois te montrer intrépide pour l'exaltation de la sainte foi, la paix et le repos du peuple chrétien, l'accroissement et le maintien de la Sainte Eglise Romaine. » A la différence de la barrette, qui peut être remise hors de Rome par un ablégat, le chapeau cardinalice doit, saul des exceptions très rares, être reçu à Rome et des mains mêmes du pape.— VanneauQsi mis par le pape lui-même, en consistoire, au doigt du cardinal auquel il assigne un titre. — Vombi^ellino a la forme d'un parasol recouvert de damas rouge ou violet, suivant le temps. Les cardinaux le font porter sur leur carrosse, quand ils sortent en ville, et suspendre dans leur première antichambre, lorsqu'ils sont rentrés. — Ils ont droit au trône^ dans leur palais et dans leur église titulaire. — Ils sont tenus d'avoir un écusson contenant soit des armoiries adoptées par eux, soit celles de leur famille. Leur blason ne doit être surmonté que du seul chapeau cardinalice. E.-H. Vollet.

III. Ornithologie. — L'oiseau que Brisson (Ornith.y 4760, t. III, p. 253) et Buffon (Hist. Nat., Oiseaux, 1775, t. m, p. 458 et PL EnL, t. lY, pi. 37) ont décrit et figuré sous les noms de Gros bec de Virginie et de Cardinal hupë (sic) a été pris par Ch.-L. Bonaparte (Proceed, zooL Soc. Lond., 1837, p. 3) comme type du genre Cardinalis, qui maintenant comprend en outre d'autres espèces américaines, telles que Cardinalis igneusEdlrà, delaBasse-Calitornie, C, phœniceus Gould, du Venezuela et de la Colombie et C, sinuatus Bp., du Texas. Ces Passereaux, de la taille d'un Bouvreuil, ont le corps allongé, les ailes courtes et arrondies, la queue relativement bien développée, les tarses assez élevés, le bec fortement renflé, bombé en dessus avec les bords et la mandibule supérieure légèrement sinueuse, les narines situées près du front et de forme arrondie, et les plumes de la tête prolongées de manière à constituer une huppe que l'oiseau redresse à volonté. Quant aux couleurs du plumage, elles varient beaucoup d'un sexe à l'autre, comme chez la plupart des oiseaux, mais, contrairement à ce qu'on observe d'ordinaire, ce sont les femelles qui fournissent des caractères spécifiques grâce aux dispositions diverses des teintes brunes, jaunâtres, rougeàtres et verdâtres de leur livrée, tandis que les mâles adultes portent tous le même costume rouge, rehaussé par un plastron de couleur noire.

Le cardinal de Virginie (Cardinalis virginianus L.) habite non seulement l'Etat de ce nom, mais d'autres parties des Etats-Unis et certaines provinces du Mexique. Quand l'hiver n'est pas rigoureux, il séjourne constamment dans les mêmes localités, mais s'il en est autrement il émigré vers des climats plus doux. Pendant la mauvaise saison, de petites bandes d'oiseaux de cette espèce parcourent la campagne et s'approchent des granges en compagnie des Moineaux et des Bruants, pour chercher les graines nécessaires à leur existence, et même pendant l'été il n'est pas rare de voir dans les jardins de l'intérieur des villes quelques couples de ces Passereaux qui nichent non seulement dans les forêts, mais jusque dans le voisinage immédiat des habitations. Leur nid, formé de feuilles sèches et de brindilles épineuses entrelacées souvent dans les vrilles de la \igne sauvage, renferme de

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