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CARDINAL

quatre à six œufs d'un blanc sale, tachetés d'un brun olivâtre. Pendant que la femelle couve, le mâle fait en*tendre un chant harmonieux que les ornithologistes ont comparé, peut-être avec quelque exagération, au chant du Rossignol. Depuis quelques années on voit fréquemment des Cardinaux de Virginie chez les marchands d'oiseaux des grandes villes de l'Europe. Ces Fringillidés supportent en effet assez bien la captivité et ne sont pas difficiles à nourrir ; mais si les mâles sont l'ornement d'une volière par la beauté de leur plumage, ils ont le grand

Cardinal (Cardinalis virginianus L.).

défaut, dit-on, d'avoir l'humeur querelleuse et d'être toujours disposés à troubler les autres oiseaux qui couvent dans leur voisinage. E. Oustalet.

BiBL. : 1» Droit Canon et hiérarchie catholique. — A. AuBERY, Histoire générale des Cardinaux ; Paris, 1642- 1649, 5 vol. in-4. — Durand de Maillane, Dictionnaire de droit canonique et de pratique bénéficiale ; Lyon, 1787, 6 vol. in-8. — Barbier de Montault, l'Année litur^ glque à Rome, édition de 1870. — Du même, Traité du costume ecclésiastique, — André (d'Avallon) et Condis, Dictionnaire de droit canonique; Paris, 1888.

2° Ornithologie. — J.-J. Audubon, B. Amer», pi. 159 et Orn. bioôfr., t. II, p. 336. — D.- G. Elliot, B. N.Amer.^ pi. 4. — ScLATER et Salvin, Exot. Ornith., pi. 63. -- R.-B. SHARPE,Caf. B. Brit. Mus. 1880, t. XII, Fringillidse.^Am. CARDINAL (Peire), célèbre troubadour, né au Puy-en- Velay, qui florissait à la fin du xii^ siècle et au commencement du XIII®. Sa biographie a été écrite brièvement par un troubadour postérieur, Michel de la Tour, de Clermont en Auvergne. Le biographe nous apprend que Cardinal appartenait à une famille noble et qu'il fut placé tout petit, en qualité de chanoine» à la cathédrale de sa ville natale, où il acquit une solide instruction. Mais « épris de la vanité de ce monde en se sentant gai, beau et jeune », il quitta sa chanoinie pour courir le monde, composant des sirventés et menant avec lui un jongleur pour les chanter. INous avons d'ailleurs fort peu de détails sur sa vie aventureuse : son biographe se borne à dire qu'il fut très bien accueilli par le roi d'Aragon (Jacques P"^), 'et qu'il mourut âgé d'environ cent ans. L'œuvre poétique de Peire Cardinal est considérable : nous possédons de lui environ soixante-dix pièces, parmi lesquelles les sirventés dominent. Peire Cardinal est le maître du sirventés de mœurs, comme Bertran de Born du sirventés politique. Ce rapprochement n'est pas arbitraire : P. Cardinal a imité plus d'une fois le rythme de son devancier, et l'on sent qu'il l'a beaucoup étudié. Peut-être lui est-il même supérieur, sinon par la vigueur, du moins par le fini du style. P. Cardinal est un chaud partisan de Raimon VU, comte de Toulouse : il suit anxieusement les

CARDINAL — CARDINIA

progrès de la Croisade contre les Albigeois et se réjouit de tout ce qui arrive de fâcheux aux croisés. L'Eglise, les cardinaux, le pape lui-même sont fort malmenés dans ses vers. Il se vante d'aimer le bien, de détester le mal, et il se soucie peu de se faire des ennemis. Il y a évidemment beaucoup de passion dans les attaques du poète contre la société de son temps et en particulier contre TEglise ; mais cette passion même est ce qui donne la vie à ses poésies, et Ton doit reconnaître que chez lui le caractère est à la hauteur du talent poétique.

Les œuvres de P. Cardinal sont dispersées dans les recueils ; plusieurs même sont encore inédites. Une édition complète serait fort désirable ; nous Taurons sans doute un de ces jours, d'Allemagne, probablement. Ant. Thomas.

BiBL. : Fauriel, Hist, de la litt. provençale,

CARDINALE (Guerre [4565]). — Ce curieux épisode de Thistoire du xvi« siècle montre bien les tendances anti- Irançaises des Guises. On sait que la ville de Metz avait été réunie à la France par Henri II, en même temps que Verdun et Toul. Or, au printemps de 1565, son « administrateur du temporel », le cardinal Charles de Lorraine, oncle du jeune duc Henri de Guise, eut l'audace de réclamer à ce titre auprès de l'empereur d'Allemagne Maximilien II, la qualité de « prince et client du Saint Empire » et de se mettre sous sa protection. Naturellement, Maximilien n'eut ^arde de rejeter la requête. Ayant reçu à ce sujet, en juin, des lettres impériales lui donnant gain de cause, le cardinal s'apprêtait à les taire promulguer dans le diocèse de Metz. Suivant toute apparence, il méditait de faire ériger celui-ci en « fief régalien » à son profit sous la suzeraineté de Maximilien. Déjà, il faisait publier par des libellistes à ses gages que « les évêchés de Metz, Toul et Verdun étoient de la souveraineté de l'Empire, et en étoient tenus à foi et hommage, et que les roys de France l'avoient ainsi reconnus du règne de Charles Quint, Ferdinand et Maximilien l^^' ». Le gouverneur de Marsal pour le roi, Pierre Salcède, coupa court à ce manège en faisant mettre en état de défense les citadelles de Vie et d'Albestroff. Une guerre éclata. Mais, quoique vainqueur, le cardinal craignit, tant la lutte était ardente et l'attention éveillée, de se brouiller à tout jamais avec la cour de France, et abandonna ses prétentions. LéonMARLET.

BiBL. : R. DE Bouille, Hist. des ducs de Guisey t. II, liv. IV, chap. I".

CARDINALE Bleue (Bot.). Nom vulgaire du Lobelia syphilitica L., plante de la famille des Lobéliacées. — £a C. rouge est le Lobelia cardinaiis L. (V. Lobélie).

CARDINALES (Humeurs). La doctrine des quatre humeurs cardinales se trouve exposée pour la première fois dans le livre hippocratiqùe : De natura hominiSy où ces quatre humeurs sont présentées dans leurs rapports avec les quatre éléments, le feu, la terre, l'air et l'eau. Ce sont le sang^ chaud et humide ; la pituite^ froide et humide ; la bile jaune, chaude et sèche ; la bile noire ou atrabile, froide et sèche. Cette doctrine subit diverses modifications entre les mains de Platon, d'Aristote, de Galien, et elle ne fut sérieusement ébranlée, au sortir du moyen âge, que par Paracelse, enfin définitivement détruite par Lavoisier (V. Humorisme;. D*^ L. Hn.

CARDINALES (Vertus) (V. Vertus).

CARDINALI (Clément), archéologue italien, né à Velletri en mars 1789, mort le 22 nov. 1839. Après avoir suivi la carrière administrative, il se retira dans sa ville natale où il fonda une bibliothèque publique et se livra exclusivement à des recherches archéologiques. On lui doit divers mémoires insérés dans le Journal encyclopédique de Naples, puis : Recueil (Sylloge) de 500 inscriptions (Bologne, 1816; réimp. en 1827) ; Traité des cohortes auxiliaires chez les anciens Romains (Rome, 1827); Diplômes impériaux accordant des privilèges à des soldats (Rome, 1835) ; Inscriptions antiques de Velletri (Rome, 1823, in-4). E. B.

Cardinalia virgata Gmel.

CARDINALIA (Malac). Genre de MoIIusques-Gastéropodes-Prosobranches, du groupe des Scutibranches, établi par Gray, en 1847, aux dépens du grand genre Trochus de Linné et différencié par une coquille épaisse, solide, peu brillante , ordinairement sillonnée, à sillons coupés par des stries longitudinales, de forme conique, non ombiliquée, à tours nombreux, le dernier à peine plus grand que l'avant-dernier. Ouverture oblique, peu développée , à bord externe sinueux; columelle simple à son origine , légèrement tordue et se terminant en pointe. Les Cardinalia sont répandus dans toutes les mers; Chine, Océanie, mer Rouge, Inde, etc. ; ils manquent dans les mers froides et tempérées.

CARDINALIS. Deux canonistes sont cités sous ce nom : Le premier, glossateur du Décret, serait suivant Maassen le cardinal Grati en, qui fut professeur à Bologne; en 1168, il était notaire de la sainte Eglise romaine. — Le second, auteur de commentaires sur les Décrétales, est Jean Zabarelia (V. ce mot).

CARDINAL-LEMOINE (Collège du) à Paris. H fut fondé en 1302 par Jean Lemoine (V.ce nom), qui, avant d'être élevé au cardinalat, avait été chanoine de la cathédrale de Paris, puis doyen de celle de Bayeux. Cet établissement resta pendant le moyen âge et jusqu'à sa suppression (par décret du 15 sept. 1793) l'un des meilleurs collèges de Paris ; il eut l'honneur de compter parmi ses professeurs Lhomond et l'abbé Hauy. Ses bâtiments furent démolis peu d'années après la suppression ; ils étaient situés en façade sur la rue Saint- Victor et couvraient une partie des terrains compris entre la rue de Poissy et celle du Cardinal-Lemoine. F. B.

BiBL. : Ch. Jourdain, le Collège du Car^dinal-Lemoine, dans les Mémoires de la Soc. de l'Hist. de Pans. t. III, pp. 42-81.

CARDINAUX (Points) (Astron.). Points de rencontre de la méridienne d'un lieu et de l'horizontale perpendiculaire à cette ligne avec l'horizon apparent. Dans l'hémisphère Nord, la direction de l'ombre d'un style vertical à midi, ou la méridienne, étant prolongée depuis le style jusqu'à l'horizon, donne le point cardinal appelé Nord ou Septentrion, L'extrémité opposée de cette ligne est le Sud ou le Midi. Si l'on se place de manière à voir le Nord devant soi, VEst, le Levant ou VOrient est à droite; V Ouest, le Couchant ou \ Occident, se trouve à gauche. Les points ou signes cardinaux du zodiaque sont les extrémités de la ligne des équinoxes et de celle des solstices, c.-à-d. l'origine des signes dans lesquels paraît entrer le soleil au commencement de chaque saison ; ce sont donc : le Bélier, le Cancer, la Balance et le Capricorne, L. Barré.

CARDINGTON. Bourg d'Angleterre, comté de Bedford, 545 hab. et 13,580 avec la commune, sur l'Ouse, au milieu d'un territoire profondément modifié par les travaux de drainage et d'amendement du sol.

CARDINIA (Paléont.). Genre de Mollusques-Lamellibranches fossiles, créé par Agassiz et devenu pour Zittel le type d'une famille éteinte qu'il caractérise ainsi : coquilles allongées, transverses ou ovales, lisses ou à stries concentriques. Ligament externe, assez allongé. Dents cardinales peu saillantes, parfois atrophiées ; dents latérales plus ou moins développées, souvent fortes; impressions musculaires profondes, simples. Les genres

CARDINIA — CARDIÔLA

fossiles que Ton place dans cette famille se rapprochent beaucoup des Unio ou Myadides qui habitent actuellement les eaux douces, tandis que les Cardiniidœ sont propres aux couches marines ou d*eau saumâtre ; Pohlig les considère comme les ancêtres des Unio, et diaprés Zittel ils présentent aussi de grandes affinités avec les g. Astarte et Cypridina (V. ces mots). — Les genres sont Anthracosia (V. ce mot), Carbonicola (M*Coy), dévonien et carbonifère, Anoplophora (Sandberger), du trias et du rhétien, comprenant les Myacites triasiques des anciens auteurs ; Trigonodus (Sandb.), du trias et surtout du Keuper ligniteux, et enfin Cardiniay type de la famille, du trias alpin et du lias inférieur, plus rare dans le jurassique. Nous citerons Cardinia concinna (Sowerby), de rinfra-lias de Seraur (Côte-d'Or). — Tous ces Mollusques ont plus ou moins la forme des Anodontes et des Unios avec lesquels les anciens géologues les avaient confondus (V. Mulette). E. Trouessart.

CARDIOCARIS (Paléont.) (V. Pbyllocarida, Cera- TiocARis et Nebalia).

CARDIOCARPUS (Paléont. végét.). On a désigné sous ce nom des graines fossiles du terrain houiller dont la structure conservée par la transformation en silice a pu être étudiée par Ad. Brongniart et B. Renault. On avait cru voir dans ces fossiles des capsules de Lycopodiacées, mais, en montrant que ces graines étalent constituées sur

Cardiocarpus : 1. C. cornutus Daws ; 2. C. Gutbieri Gein. 3. C. Kûnssbergii Gutb,

le même plan que celles du Ginkgo actuel, Brongniart et Renault sont arrivés à admettre qu'elles ont dû appartenir à l'un des genres de Fancienne famille des Coraaitées (V. ce mot), dont l'organisation est voisine de celle des Ginkgo. Les Cardiocarpus étaient, en effet, composés d'une enveloppe extérieure épaisse souvent détruite , ouverte au sommet à l'endroit du micropyle, recouvrant un nucelle à la partie supérieure duquel était creusée une chambre pollinique. Sous cette chambre, se trouvaient dans le nucelle deux corpuscules ou appareils femelles que fécondait le pollen qui avait pénétré par le micropyle dans la chambre pollinique où il germait. P. Maury. BiBL. : Gœppert et Berg, De Fruct. et Sem.^ p. 24. -— ScHiMPER, Traité de Paléont. végét., II, p. 221,111, p. 567, t. ex. — Dawson, Coal Form, dans Quart. J. geoL, Soc. Lond., t. XXII, p. 165, XII. — E. Weiss, Foss. FI. de jungst. Steirikohl., p. 209. — Ad. Brongniart, Etude 8ur les graines silicifiées .

CARDIOCÈLE (Térat.). Hernie du cœur (V. Ectopie Di^ cœur).

CARDIODONTA (Paléont.). Ce nom est synonyme d'ANisocARDiA (V. Cyprin a).

CARDIOGRAPHE. Le cardiographe est un instrument destiné à l'observation et à l'enregistrement des mouvements du cœur, et de la pression du sang qu'il renferme. Le myographe simple a été parfois utilisé dans ce but» mais on emploie surtout le cardiographe de Chauveau et

Cardiographe de Chauveau et Marey.

Marey, consistant en des sondes terminées par des ampoules élastiques, pleines d'air, qu'on introduit par les vaisseaux dans le cœur des animaux ; ces sondes sont en communication avec des tambours de Marey et permettent d'enregistrer très bien les variations de pression du sang des diverses cavités cardiaques. Un autre appareil est employé pour l'homme, chez qui on ne saurait pratiquer les opérations permises sur l'animal ; on emploie une ampoule élastique terminée par un bouton dur que l'on pose sur la poitrine au point où bat le cœur, l'aorte, etc. Le choc de ceux-ci sur le bouton fait varier la pression de l'air dans l'appareil ; l'enregistrement se fait encore par le tambour de Marey. D^ H. de V. BiBL. : GscHEïDELN, Physiologiscfie Methodik, CARDIOÏDE. On appelle ainsi la conchoide du cercle qui a pour équation en coordonnées polaires r =: R + 2a cos 6, a désignant le rayon du cercle et R la quantité dont on prolonge les rayons vecteurs (V. Gonchoïde).

CARDIOLA (Paléont.). Genre de Mollusques-Lamellibranches fossiles, créé par Broderip et présentant les caractères suivants : coquille très convexe, transverse, ovoïde, ; mince, à crochets renflés et contournés en avant du centre. Surface à côtes rayonnantes, striées ou sillonnées. Aire ligamentaire assez haute, striée horizontalement ; ligne cardinale droite portant (vraisemblablement) de nombreuses petites dents obliques. L'aréa triangulaire élevée de ces coquilles les classe dans la famille des Arcidœ. Hoernes en fait une famille à part (Cardîolidœ), Le type {C, interrupta Broderip), est très commun dans le grès de Ludlow qui appartient au silurien et dans les couches contemporaines du continent, notamment en Bohême. D'autres espèces sont dévoniennes. Barrande a décrit et figuré soixantetreize espèces de ce genre provenant toutes de Bohême. Nous figurons C. comucopiœ (Goldfuss), du calcaire à Clyménies (dévonien), d'Allemagne (V. Arca). E. Trouessart.

Cardiola cornucopicTeGoldf.

CARDIOMORPHA — CARDIUM

Cardiophorus bigattatus Fabr. (grossi).

CARDIOMORPHA (Paléont.). Genre de Mollusques- Lamellibranches fossiles, dont les affinités sont douteuses et que l'on a rapproché provisoirement des Granonysia (V. ce mot). Koninck (1885) y réunit trente espèces décrites précédemment comme Isûcardia ou Sanguinolaria, et caractérise ainsi le genre : coquille ovale, cordiforme, rentlée, mince. Crochets presque terminaux, très saillants, très rapprochés, recourbés en avant. — Ces bivalves sont du silurien et du carbonifère. Le type est C. oblonga (Sowerby). E. Trt.

CARDIOPHORE {Cardiophorus Ëschsh.) (Entom.). Genre d'Insectes-Coléoptères, de la famille des Elatérides. Ce sont de petits Taupins nettement caractérisés, dans le groupe des Elatérites, par l'écusson régulièrement cordiforme, la saillie prosternale très courte'et épaisse, le prothorax très convexe, légèrement arrondi sur les côtés, les antennes grêles, assez allongées, les ély très faiblement élargies vers le milieu, et les articles des tarses décroissant peu à peu de longueur du premier au quatrième. On en connaît un assez grand nombre d'espèces disséminées dans presque toutes les régions du globe.

Les uns se trouvent sur les fleurs ou sous les écorces, d'autres dans des endroits sablonneux, quelques-uns sous les pierres.

M. Abeille de Perrin a fait connaître les mœurs du C. exaraius Erichs., espèce du midi de la France (V. Ann. Soc, ent. de France, 1867, p. 65). Nous figurons le C. biguttatus Fabr., du midi de la France, qui est long de 6 à 7 millim., d'un noir brillant, couvert d'une fine pubescence dorée, avec une tache rouge vers le milieu de chaque élytre. Ed. Lef.

CARDIOPUNCTURE (V. Cardioscope).

CARDIOSCOPE. On donne ce nom à différents appareils destinés à faciliter l'observation des mouvements du cœur. On se sert tantôt d'aiguilles enfoncées dans cet organe, de leviers reposant sur lui, tantôt d'appareils très variés, bien que fort simples, et dont le but est d'amplifier beaucoup chaque différence dans les dimensions du cœur aux différentes phases de sa révolution. On trouvera dans la Physiologische Methodik de Gscheideln tous les détails nécessaires : ils sont trop longs pour être rapportés ici. D"^ H. de V.

CARDIOSPERME {Cardiospermum L.) (Bot.). Genre de plantes de la famille des Sapindacées et du groupe (les Pancoviées (V. H. Bâillon, Hist, des PL, V, p. 363), composé d'herbes très frutescentes à la base, rameuses, pourvues de cirrhes, au moyen desquelles elles s'accrochent aux plantes voisines. Les feuilles sont alternes et les fleurs réunies en grappes axillaires. Ces fleurs sont polygames-dioïques avec un calice de cinq sépales inégaux, une corolle de quatre pétales, presque cohérents à la base et munis intérieurement d'appendices inégaux, et un androcée formé de huit étamines. Le fruit est une capsule globuleuse, renflée-membraneuse, divisée intérieurement en trois loges, renfermant chacune une ou deux graines pisiformes, dépourvues d'albumen. — L'espèce type, C. halicacabum L., originaire des Indes Orientales, est fréquemment cultivée en Europe et en Amérique comme plante d'ornement. On l'appelle vulgairement Corinde, Pois de cœur. Pois de merveille . Ses fruits servent, dit-on, aux Antilles, pour faire une décoction employée contre les douleurs arthritiques. On fait avec, ses graines des colliers et des bracelets. Ed. Lef. CARDISCO (Marco), dit Calabrese, peintre italien du XVI® siècle, mort en 1542. Il passe pour un élève de Caravage; il vécut à Naples, et c'est dans cette ville et dans les environs que se trouvent ses tableaux, notamment dans Péglise San Lorenzo Maggiore. Il a peint à

Cardita calyculata Bru^.

fresque avec succès, à une époque oîi cet art était en pleine décadence ; il a laissé aussi de nombreux tableaux à l'huile.

CARDITA (Malac). Genre de Mollusques-Gastéropodes- Lamellibranches, de l'ordre des Lucinacés, institué par Bruguière, en 4789, réformé par Lamarck, en 1799 et comprenant actuellement des Mollusques possédant pour caractères :

une coquille ovaletransverse, allongée, solide, ordinairement fort inéqui latérale , couvertes de côtes saillantes, ornées d'écaillés plus ou moins nombreuses, sinueuse à son bord ventral et parfois brillante.

Lunule déprimée.

Ligament externe allongé; charnière oblique, composée sur la valve droite d'une dent latérale antérieure, peu apparente, de deux cardinales postérieures allongées, lamelliformes et parallèles; sur la valve gauche existent une dent cardinale antérieure très courte, une dent cardinale postérieure allongée et une latérale postérieure petite. Animal muni d'un pied court, et d'un byssus à filaments nombreux et fins. Sections : 1^ Cardita^ sensu stricto, type : C, calyculata Bruguière ; 2^ Glans Megerle von Mûhlfeldt, 1811.

Coquille trapéziforme à côtes crénelées {C. trapeziahmné) , Les Cardita sont de jolies coquilles vivant à d'assez faibles profondeurs dans la Méditerranée, l'océan Pacifique et l'Atlantique. J. Mabille,

CARDITA (Paléont.) (V. Astarte).

CARDITE (Pathol.) (V, Cœur).

CARDITELLA (Malac). Genre de Mollusques-Lamellibranches, de l'ordre des Lucinacés, créé par E. Smith, en 1881, caractérisé par une coquille de forme plus ou moins triangulaire, équilatérale, charnière composée sur la valve droite d'une dent cardinale, de deux sur la valve gauche et de deux dents latérales sur chaque valve, dont l'une est extérieure et marginale et l'autre un peu écartée du bord ; le ligament est externe, très faible, ligne palléale simple. Type : C. pallida Smith, qui habite les mers froides de l'Amérique méridionale.

CARDIUM. L Malacologie. —Genre de Mollusques-Lamellibranches, de l'ordre des Vénéracés, institué par Linné (Syst, nat.J^ en 1758, pour une coquille globuleuse, souvent épaisse, quelquefois mince, ventrue, presque équilatérale, ordinairement non brillante, à bords généralement dentelés; valves ornées de côtes rayonnantes plus ou moins fortes et épaisses, saillantes, parfois carénées, ordinairement ornées d'aspérités ou de squammes, dentelées au bord ventral. Charnière composée : sur la valve droite, de une à deux dents cardinales, de deux dents latérales antérieures et de une à deux latérales postérieures, écartées ; sur la valve gauche, de deux dents cardinales, d'une dent latérale antérieure et d'une postérieure. Le ligament est externe, il est porté par une nymphe située en arrière des crochets ; les sommets (cro-

Cardita trapezia L.

CARDIUM — CARDON

chets) chez les Cardîum sont saillants, faiblement enroulés et dirigés en avant. L'animal est muni d'un manteau

Cardium ringens Chemn.

Cardium hians L.

couvert de papilles et ouvert en avant; les siphons sont courts, papilleux, réunis à la base ; les palpes longs, triangulaires ; les branchies très inégales ; le pied est grand, conique ; il est muni d'un orifice court, destiné au passage du byssus qui n'est pas constant et se trouve généralement représenté par un seul filament. Le genre Cardium comprend les sections suivantes, caractérisées par le mode de sculpture de la surface des valves : 1^^ Cardium, sensu Uricto, type C, costatum L. ; 2^ Trachy cardium Môrch, 1853. Coquille oblongue , côtes rayonnantes garnies de petites écailles, entre-bâillement postérieur étroit et garni de petites dents (C, mûricatum Linné) ; d^ Ringicardium Fischer, 1887, Coquille globuleuse, solide, côtes presque lisses, garnies d'écaillés espacées et peu saillantes seulement au bord ventral (C, rin* gem Chemnitz). Le genre Bucardium Gray (teste Âdams)

est Synonyme; 4*^ Parvicardium Monterozato,1884.

Coquille petite, déprimée, côtes peu saillantes, à écailles Ï9iMe^{C.parvum Philippe) ; 5** Ceratoderma Poli, 1795. Coquille subcordiforme, arrondie en arrière; valves closes, lisses, ou presque lisses en arrière; dents cardinales très développées {C. edule Linné). Le genre Cardium^ l'un des plus importants par le nombre de ses espèces, a des représentants dans toutes les mers ; ils vivent presque tous à une faible profondeur, à moitié enterrés dans le sable. Ces Mollusques ont été observés sur les côtes d'Europe, dans la Méditerranée, en Afrique, en Asie, dans l'Océanie, etc. J. Mabille.

IL Paléontologie. — Les Cardiidœ apparaissent à l'époque silurienne, mais restent rares dans les couches

Cardium edule L.

primaires. Plus nombreux dans le trias, le jurassique et le crétacé, ils atteignent leur entier développement dans le tertiaire et à l'époque actuelle. — Le genre type (Cardium) a de trois à quatre cents espèces fossiles, près du double des espèces vivantes. Les sous-genres ProtO' cardia (jurassique et crétacé), JSemocardium (tertiaire), etc., passent insensiblement aux types modernes. — Le G. Conocardium (Brov^n), plus distinct par sa coquille allongée, transverse, trigonale, à côtes rayonnantes, à longue ligne cardinale droite, etc., est du silurien et du carbonifère d'Europe et d'Amérique {Con, alceforme Sowerby, du carbonifère de Belgique). — Cardiopsis est de la même époque dans TAmérique du Nord ; Adacna (Eichv^ald), encore vivant dans les eaux sauraâtres, est très commun dans les couches à Congéries du bassin de Vienne et du sud de la Russie (A, conjungens), E. Trouessart.

CARDOL (Chimie). Form. | j^^^^ q>Z'Z.

Liquide huileux trouvé par Stsedler, en Jnême temps que l'acide anacardique, dans le péricarpe des noix d'acajou (Anacardium occidentale). Pour le préparer, on épuise par l'éther ce péricarpe, on chasse I éther et on traite par Peau le résidu, pour enlever une petite quantité de tannin : on reprend la masse par quinze à vingt fois son poids d'alcool et on fait digérer le soluté avec de l'oxyde dé plomb, récemment précipité. On sépare ainsi l'anacardate de plomb, le cardol restant dissous. On chasse en grande partie l'alcool, puis on ajoute de l'eau au résidu, jusqu'à ce qu'il commence à se troubler ; on ajoute, par petites portions, du sous*acétate de plomb jusqu'à décoloration, on fait passer un courant d'hydrogène sulfuré pour enlever l'excès de réactif et on évapore.

Le cardol est un liquide jaune, oléagineux, neutre, aux réactifs colorés, très altérable ; il est insoluble dans l'eau, soluble dans l'alcool et dans l'éther ; il n*est pas volatil et se décompose sous l'influence de la chaleur. L'acide sulfurique concentré le dissout également, tandis qu'il est vivement attaqué par l'acide nitrique. C'est un caustique qui désorganise la peau en déterminant une véritable vésication. Sa formule n'est pas connue avec certitude. Ed. Bourgoin.

CARDON. L Botanique. — Nom vulgaire du Cynara cardunculus L., plante de la famille des Composées (V. Cynara).

ÎL HoRTtcULTURE. — Le Cardon est cultivé pour ses feuilles dont les côtes longues et grosses appelées cardes sont un légume apprécié. Ses capitules durs, coriaces, épineux et relativement petits, ne sont pas utilisés aujourd'hui comme aliment, mais, d'après M. Alph. de Cartdolle, les Romains en mangeaient le réceptacle et les Italiens le mangent aussi sous Te nom de girello. Par la culture, le Cardon a fourni des variétés recommandables par le volume des côtes ou, à la fois, par des côtes épaisses et succulentes et des feuilles sans épines. Les épines, très offensives, ne sont pas sans inconvénient pour la culture de ces plantes; cependant, comme on recherche avant tout des côtes charnues et bien pleines, on passe sur cet inconvénient. On cultive souvent le Cardon de Tours, variété épineuse à côtes épaisses et pleines, et parmi les formes inermes ou presque inermes, le Cardon d'Espagne, à côtes plates et un peu creuses ; le Cardon à feuilles d'artichaut ou Cardon Puvis, à côtes très larges à moitié pleines ; le Cardon plein inerme, qui ne mérite pas toujours ses épithètes. — C'est par ses achaines qu'on multiplie le Cardon. On les sème sur couche en mars ou avril, en pépinière ou directement en place en avril ou mai, selon le climat. Le serais en place évite l'inconvénient de la transplantation que les Cardons supportent assez mal ; par contre, il est vrai, la germination se fait attendre quelquefois un mois et le sol reste improductif. Durant leur premier âge, ces plantes se développent len-

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