‹ La Grande encyclopédieChapitre 124 sur 397 · CARDON — CARDONA · texte numérisé non relu

CARDON — CARDONA

tement et entre elles on cultive d'autres légumes, en attendant que leurs feuilles recouvrent le terrain. Transplantés ou semés directement en place, les pieds de Cardon doivent être espacés de 1 m. en tous sens. Quelques binages et de copieux arrosages sont nécessaires pour obtenir le maximum de rendement. En septembre, les feuilles sont ordinairement assez développées et pour les rendre comestibles et agréables au goût, on les fait étioler ou blanchir.

Pour y réussir, on relève les feuilles en gerbe qu'on serre modérément, puis la plante est entourée de paille maintenue par des liens. Un autre procédé consiste à remplacer la paille par de la terre ; c'est un simple buttage pratiqué surtout quand la terre n'est ni forte ni humide.

Dans ce cas, en effet, le buttage expose les Cardons à se rouiller ou à pourrir. L'air doit avoir accès dans la gerbe et il convient toujours de laisser libres les extrémités des feuilles au sommet de la butte ou de la botte de paille. On blanchit encore les cardons en les plaçant en mottes dans une cave saine.

Cardon blanchi. Quinze jours ou trois semaines suffisent pour étioler et blanchir les cardes. Elles ne se conservent guère et doivent être consommées sur-le-champ, aussi a-t-on soin d'échelonner les opérations du blanchiment de manière à pouvoir prolonger la consommation. Les achaines du Cardon se récoltent la seconde année, vers le mois de septembre; sur les pieds réservés pour porte-graines et qu'on a protégés par un buttage contre les froids de l'hiver. G. Boyer.

III. Art culinaire. — Cardons au consommé. Après avoir épluché les cardons en rejetant les feuilles vertes, on les coupe à peu près de la même longueur et on les fait blanchir dans de l'eau bouillante additionnée de sel. Lorsque la pellicule ou limon qui les recouvre se détache facilement, on achève de limoner les cardons que Ton jette dans de l'eau froide. On les égoutte, puis on les met dans une casserole avec du beurre, du sel, une cuillerée de farine, une carotte, un oignon, de la graisse de rognons de veau, deux clous de girofle, du persil en branche, du thym, du laurier et quantité d'eau suffisante pour recouvrir le tout. Après trois quarts d'heure de cuisson, on les égoutte et on les fait mijoter dans un consommé jusqu'à cuisson parfaite. Puis on les dresse sur un plat et on les arrose du consommé que l'on a fait réduire.

On apprête aussi les cardons à la moelle^ à la béchamel (V. ce mot), au velouté^ à la poulette^ en opérant comme ci-dessus et en remplaçant le consommé par la sauce dont ils emprunteront le nom.

CARDON (Antoine-Alexandre-Joseph), dit le Vieux, graveur belge, né à Bruxelles le 7 déc. 1739, mort dans la même ville le 10 sept. 1832. Elève de La Pena, il l'accompagna en Italie, où il fit un long séjour ; il y grava, d'après Accari, une série d'eaux-for les représentant des Vues de JSaples et contribua pour une large part aux planches du célèbre ouvrage de d'Hancarville : Antiquités étrusques^ grecques et romaines (1766, 4 vol. in-fol.). De retour dans sa patrie. Cardon exécuta de nombreux portraits et diverses estampes d'après Rubens, Wouwerman et Watteau. Le Bain rustiqtie et la Signature du contrat de ce dernier maître, dont les originaux

appartiennent à la galerie d'Arenberg à Bruxelles, sont particulièrement estimés. M. Tx.

BiBL. : Biographie nationale belge.

CARDON (Antoine dit Antony ou le Jeune), fils du précédent, graveur belge, né à Bruxelles le 15 mai 1772, mort à Londres le 16 avr. 1813. Elève de son père, il se fixa de bonne heure en Angleterre, bien que le climat ne convînt point à sa santé débile, et s'y fit rapidement connaître par diverses planches d'après Stothard, entre autres la Présentation de Catherine de France a Henri V d' Angleterre^ une série intitulée les Cris de Londres, d'après Whealley, les Batailles d'Alexandrie (Egypte) et de Maïda (Portugal) , d'après Loutherbourg, ainsi que par de nombreux portraits au pointillé ou en manière noire, parmi lesquels on cite ceux de Victor Moreau, de l'abbé Delille, d'après Lemonnier, de Sidney Smith, de David Collins, de George lll et à' Alexandre I^'' de Bussie. M. Tx.

BiBL. : Biographie nationale belge.

CARDON (Johan-Elias), lithographe suédois né à Stockholm le 17 oct. 1802, mort le 3 juil. 1878. Après avoir travaillé dans les ateliers de gravure de Forssell et étudié la lithographie à l'étranger (1829-1834), surtout à Paris, et à Munich, il fonda dans sa ville natale, avec A.-M. Spong, un établissement lithographique d'où sortirent entre autres six planches représentant des statues de Bystrœm. On cite parmi ses œuvres : Une Auberge à Borné; r Ensevelissement du Christ; Fugitifs espagnols, il fut agréé (1835), puis membre (1843) de l'Académie des beaux-arts de Stockholm. Son frère Carl-Oscar Cardon, né en 1812, s'est aussi distingué comme lithographe ; et sa fille, Matilda-Christina Cardon, née en 1845, cultive la peinture. B-s.

CARDONA. Ville d'Espagne, prov. de Barcelone, district de Berga, à 436 m. d'alt., entourée par les replis du Cardoner (affluent du Llobregat), a de hautes et antiques murailles et est dominée par un château presque inaccessible, très fortement armé. Fabriques de tissus et de couteaux ; 4,460 hab. Près de là est une montagne de sel très remarquable, traversée par de grandes cavernes et des couloirs, et dont on évalue la contenance à 300 millions de m. c. On en fait une exploitation active. E. Cat.

CARDONA (Ramon de), condottiere du xiv® siècle. Cet aventurier, qui paraît d'origine catalane, a été à plusieurs reprises général du parti des guelfes et général ordinairement malheureux. Après s'être distingué au siège de Gênes, il fut choisi en 1320 pour général de l'armée pontificale qui, avec celle de Robert, roi de Naples, cherchait à conquérir le nord de l'Italie, fut battu le 6 juill. 1322 par Marco Visconti, au pont de Basignano, mais put refaire son armée avec l'aide des Florentins, prit Cortone, Alexandrie et assiégea même Milan, IVlarco Visconti accourut, battit Ramon àe Cardona, à Nauri, surl'Adda, le 28 févr. 1324, et le fit prisonnier, ainsi que bon nombre de ses officiers. On lui laissa la liberté sous la condition qu'il négocierait près du Saint-Siège en faveur des gibelins et qu'il ne porterait plus les armes contre eux ; le pape Jean XXII le releva de son serment et lui permit, ou même lui donna l'ordre d'aller se mettre à la tête des guelfes florentins, menacés par le vaillant Lucquois Castruccio Castracani (3 déc. 1324). Pour ses débuts, comme capitaine de la République, Ramon de Cardona prit et rasa le château d'Artimino près Pistoia ; on lui donna alors l'armée la plus belle que les Florentins eussent jamais levée ; 15,000 fantassins et 4,000 cavaliers, et avec elle il eut quelques succès partiels et déconcerta un moment Castruccio ; le 29 juil. 1325, il prit Montefalcone ; perdit un temps précieux pour s'emparer d'Altopascio, laissa à Castruccio le temps de recevoir des secours de Azzo Visconti et se fit battre complètement au pont de Cappiano (23 sept. 1325). Il fut fait prisonnier avec son fils, et Florence, qui racheta les autres captifs, ne voulut point payer sa rançon ; il demeura captif jusqu'à la mort de Castruccio, en 1328,

Page 1