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CARDONA — CARDONNEL

« Ramon de Cardona, dit M. Perrens, à partir de ce moment, disparaît de l'histoire. » E. Cat.

CARDONA ou CARDONNE (don Ramon de), général espagnol du xvi® siècle. Très aimé de Ferdinand le Catholique, dont il passait pour être le fils, il fut nommé en 1509 vice-roi de Naples. En 1510, il eut à caloier une sédition excitée en ce royaume par une tentative pour y établir l'Inquisition et fit abandonner ce projet par le roi. En 1511, il fut nommé généralissime de Farmée de la sainte Ligue et alla d'abord assiéger Bologne qu'occupaient les Français (janv. 1512) ; mais Gaston de Foix accourut avec une armée de renfort et pénétra dans la place (5 fév.) ; suivant quelques auteurs, le général espagnol aurait livré passage aux Français moyennant 30,000 écus. R. de Cardonnc forcé de battre en retraite reçut de Ferdinand l'ordre de ne point livrer de bataille à l'habile général français, mais n'en tenant aucun compte, il quitta une forte position qu'il occupait et se rencontra avec Gaston de Foix à Ravenne (12 avr.). Après une lutte sanglante, Tarmée espagnole fut enfoncée, et selon la tradition, Cardonne aurait fui du champ de bataille, avant la fin du combat. La mort de Gaston de Foix au milieu de sa victoire permit cependant au viceroi de reprendre ensuite l'avantage ; sous prétexte d'expulser les Français des forteresses, il mena vivre ses troupes dans les riches cantons de la Lombardie. Chemin faisant, il mit à sac Prato (30 août) où 3,000 individus furent impitoyablement égorgés, n'épargna Florence que moyennant une forte somme d'argent, pilla Crémone, Brescia, Bergame et parcourut tout le pays jusqu'à Padoue, ne laissant que des ruines. Il s'empara même de Padoue en 1513 malgré les efforts d'Alviano, arriva en vue de Venise et bombarda la grande cité, puis se retira avec 1,500 chariots chargés des dépouilles de la Vénétie. Alviano le poursuivit et l'attaqua à Vicence (7 oct. 1513), mais l'infanterie espagnole remporta une victoire complète ; elle passa l'hiver dans les cantons du voisinage et se tint sur la défense pendant toute Tannée 1514. En 1515, Cardonne devait s'unir aux Suisses et à l'armée du pape pour arrêter François I^^; mais il ne s'accorda point avec les généraux ennemis, laissa les Suisses livrer seuls la bataille de Marignan et dut se retirer précipitamment dans le royaume de Naples. Il fut maintenu à la tête de ce royaume par Charles-Quint et remplacé par Ch. de Laiinoy. E. Cat. CARDONA (Juan-Bautista), antiquaire et bibliographe espagnol, né à Valence au commencement du xvi® siècle, mort le 30 déc. 1589. Il fut chanoine de sa ville natale, inquisiteur, puis successivement évêque de Perpignan, de Vich (Catalogne), et de Tortose. On lui doit : Oratio de sancto Stephano (Rome, 1575) ; De expungendis hœreticorum propriis nominibus (Rome, 1576, in-8) ; De regiasancti Laurentii Scorialensis Bibliotheca libellus, sive consilium cogendi omnis generis utiles libros (Tarragone, 1587, in-4) ; ce dernier ouvrage contient des dissertations sur les bibliothèques et sur les diptyques.

CARDON E (Vincenzo), poète italien, né à Atessa (Abruzze . Citérieure) vers 1593, mort vers 1618. Il cultiva un genre de littérature aussi intelligent que le rébus ou le mot carré syllabique, écrivit un poème entier sans se servir une seule fois de la lettre R. Le titre en est triomphant : VR bannie, la R Sbandita, ovvero Sopra la Potenza d'Amore (Naples, 1614, in-8). Il publia ce volume sous le nom de Jean-Nicolas Ciminelli-Cardone, qu'il venait d'abandonner pour entrer dans l'ordre des Dominicains. Mis en goût par ce premier succès, il allait faire subir le même traitement à toutes les lettres de l'alphabet successivement, lorsque la mort prématurée du poète les sauva ; VAlfabetto distrutto est resté en projet ou en manuscrit. Pourquoi ne pas ajouter, à titre de curiosité, que le nombre est assez grand des ingénieux esprits qui ont cultivé cet amusement depuis le Grec Lasus, cité par Elien, jusqu'à Lope de Vega, accusé de s'y être

diverti. Ce genre de composition s'appelle pour les érudits

vers lipogrammatiques, mot formé du grec, comme il

convient. R. de Gourmont.

BiBL. : Ludovic Lalanne, Curiosités littéraires; Paris, 1845, in-16.

CARDONNE (Don Ramon de) (V. Cardonâ).

CARDONNE (Denis-Dominique), orientaliste français, né à Paris en 1720, mort le 25 déc. 1783. Conduit dès l'âge de neuf ans à Constantinople, il ne revint en France que près de vingt ans plus tard, après avoir fait une étude approfondie de l'arabe, du turc, des littératures et de la civilisation des peuples musulmans. Il fut nommé successivement professeur de langues turque et persane au Collège de France, en 1750, secrétaire interprète du roi, censeur royal et garde de la bibliothèque du roi. On a de lui : 1*^ Histoire de l'Afrique et de V Espagne sous la domination des Arabes (Paris, 1765, 3 vol, in-12), ouvrage traduit en allemand par Murr (Nuremberg, 1768-70, 3 vol. in-8) et par Fœsi (Zurich, 1770, in-8) ; 2^ Mélanges de littérature orientale, traduits de différents manuscrits turcs, arabes et persans de la bibliothèque du roy (Paris, 1770, 2 vol. in-12), dont une contrefaçon parut à La Haye en 1771, suivie des Bons Mots des Orientaux, par Galland ; 3» Contes et Fables indiennes (Paris, 1778, 3 vol. in-12), traduction commencée par Galland. On doit encore à Cardonne les extraits d'auteurs orientaux qui accompagnent V Histoire de saint L6>wwparle sire de Joinville, édition de 1741 , et des Nouveaux Mélanges de littérature orientale, publiés après sa mort en 1796 (2 vol. in-12), mais qui ne sont que la réimpression de ses premiers Mélanges sous un titre nouveau. Enfin Cardonne collabora à la Bibliothèque des romans du marquis de Paulmy (années 1775-1780), fournissant nombre d'extraits des prinpaux contes de l'Orient. P. Ravaisse.

CARDONNEL (Adam de), homme politique anglais, mort à Westminster le 22 fév. 1719. Fils d'un protestant français qui exerça l'emploi de collecteur des douanes du port de Southampton, il entra jeune dans Tadministration centrale du ministère de la guerre, et s'éleva rapidement aux emplois supérieurs. Secrétaire de Marlborough en 1692, il l'accompagna dans plusieurs de ses campagnes. Sur la recommandation du duc il fut nommé en janv. 1710 au poste important de secrétaire de la guerre où il succédait à V^alpole. Mais peu après (oct. 1710), des intrigues politiques lui enlevèrent cette charge. Elu à la chambre des communes par Southampton en nov. 1701, il fut expulsé du Parlement en fév. 1712 pour avoir reçu des pots de vins d'un fournisseur de l'armée. Il rentra alors dans la vie privée. Sa correspondance, qui ne manque pas d'intérêt, existe en mss. au British Muséum. CARDONNEL (Pierre-Salvi-Félix de), homme poHtique français, né auMonestiés (Tarn) en 1770, mort le 11 juil. 1829. Avocat, puis juge au tribunal civil d'Albi, il fut envoyé au conseil des Cinq-Cents par le dép. du Tarn en 1795. Il s'y lit remarquer par son opposition systématique à la politique républicaine. 11 réclama la suspension du divorce pour incompatibilité d'humeur, se prononça contre l'aliénation des presbytères, contre le rachat des rentes foncières provenant de baux à culture perpétuelle. Il se plaignit aussi, et non sans raison, de l'incapacité des notaires de campagne, signala les abus qu'ils commettaient et proposa des mesures de répression. Le 29 janv. 1792, il lançait contre la municipalité de Toulouse l'accusation de favoriser les Jacobins et annonça qu'il fournirait làdessus des preuves irréfutables ; mais il oublia sa promesse. Enfin, il proposa en 1797 d'excepter des lois contre les émigrés tous ceux qui prouveraient par certificat des conseils de leurs communes avoir cultivé les sciences et les arts en pays étranger. Ce projet fut repoussé grâce à l'énergique intervention de Guillemardet, qui démontra que c'était un moyen détourné de faire rentrer en France tous les émigrés. Sorti du conseil en

CARDONNEL — CARDUCCÏ

mai 1798, Cardonnel revint à AIbi où il fut de nouveau juge au tribunal civil jusqu'en 1814. Nommé alors par son département membre du Corps législatif, il y continua son opposition au gouvernement. Il siégea à la Chambre des députés de 1814, y vota contre la liberté de la presse et proposa de restituer leurs biens aux émigrés. De nouveau député en 1815, élu secrétaire de la Chambre le 9 janv. 4816, il se prononça en faveur de toutes les mesures de répression. Réélu député en sept. 1816 et en 4849, il combattit le projet de loi sur les élections qu'il trouvait trop démocratique, et le projet de loi sur le recrutement de l'armée, comme inconstitutionnel, et il s'opposa à l'abolition de la loi répressive des écrits séditieux. Il fit enfin partie de la Chambre septennale de 4824, où il siégea toujours à l'extrême droite et se fit remarquer par son zèle ministériel. Anobli en 4815, président de chambre à la cour de Toulouse en 1816, Cardonnel fut encore nommé conseiller à la cour de cassation en 1821.

CARDONNEL-Lawson (Adam-Mansfeldt de), archéologue anglais, petit -fils d'Adam, mort en juin 1820. Il pratiqua quelque temps la médecine, puis l'abandonna complètement pour la numismatique et l'archéologie. Membre de la Société des antiquaires d'Ecosse, en déc. 4780, il a publié : Description of certain roman Ruins discovered at Inveresk, dans le tome lï à' Archœologia Scotlca; Numismata Scotiœ or a Séries of the Scottish coinage, from the reign of William the Lion to the union (Edimbourg, 1786, in-4) ; Picturesque Antiquities of Scotland (Londres, 1788-1793, 4 vol. in-8 et in-4).

CARDONNETTE. Corn, du dép. de la Somme, arr. d'Amiens, cant. de Villers-Bocage ; 288 hab.

CARDON NOIS (Le). Com. du dép. de la Somme, arr. et cant. de Montdidier; 82 hab.

CARDONVILLE. Com. du dép. du Calvados, arr. de Bayeux, cant d'Isigny ; 168 hab.

CAR DO PATI U IVI {Cardopatium Juss). Genre de plantes de la famille des Composées et du groupe des Cynarées, dont les représentants sont des herbes à port de Chardons, originaires de l'Orient et du nord de l'Afrique. La plus importante, C, orientale Spach (Carthamus corymoo§us L.) était connue des anciens sous le nom de Chamœléon noir. M, Lef.

CARDOSO (Fernando), médecin portugais du xvii^ siècle, né à Celarico. Reçu physico mayor à Madrid, il quitta la péninsule ibérique en 1640 pour aller se fixer à Venise. Il embrassa le judaïsme et porta dès lors le nom d'Isaac. Médecin habile, il a laissé deux ouvrages de médecine très recherchés : De los Utilidades del agua y de lanieve; del bever frio y caliente (Madrid, 1637, in-4) ; De Febri syncopali (Madrid, 1634, in-4). Poète, littérateur, philosophe, il a en outre publié : Discorso sobre el monte Vesuvio insigne per sus ruinas, etc. (Madrid, 1632, in4) ; Panegyrico y excellencias del color verde, etc. (Madrid, 1635, in-8); Oracion funèbre en la muer te de Lopede Vega^ etc. (Madrid, 1635, in-8); Philosophia libéra in septem libros distributa, etc. (Venise, 1673, in-fol.) ; Excellencias y calumnias de los Hebreos (Amsterdam, 1679, in-4). D"^ L. Hn.

CARDOSO DE Carvalho (Licinio-Fausto), auteur dramatique portugais , né à Ovar (district d'Aveiro) le 43 janv. 4827, mort le 12 oct. 1854 à Porto où il exerçait les fonctions d'ingénieur du gouvernement. On lui doit : Os dous Proscriptos^ ou a jugo de Castella, drama historico (Porto, 4854) et 0 Rajah de Bounsolo^ drama heroico (Porto, 4855) , ouvrage précédé d'une histoire des origines de l'art dramatique. G. P-i.

CARDOSO DE MoRAES (José-Francisco), poète épique brésilien, né à Bahia en 4764, mort en 1844. Professeur d'humanités dans sa ville natale et latiniste éminent, il composa de nombreuses pièces de vers en latin, entre autres un poème épique sur l'expédition de Donald Camp-

bell contre le dey de Tripoli, poème qui eut l'honneur d'être traduit en portugais par le célèbre Barbosa du Bocage, et en français par l'abbé Souquet de la Tour : Guerre de Tripoli.,, avec une notice sur la vie de raideur (Paris, 1847, in-8). G. P-i.

BiBL. : Pereira da Stlva, Os Varôes illustres do Brazit, t. II. •— I.-Fr. DA Silva et Brito Aranha, Dicc. bibliogr. portug.j t. IV et XII:

CARDROC. Com. du dép. d'Ille-et-Vilaine, arr. de Montfort-sur-Meu, cant. de Bécherel ; 782 hab.

CARDROSS. Petit port d'Ecosse, comté de Dumbarton, sur l'estuaire de la Clyde; 300 hab. environ et plus de 7,000 avec la paroisse ; Robert Bruce y mourut en 1329.

CARDUACÉES [Carduaceœ Neck) (Bot.). Tribu de la famille des Composées, renfermant principalement les genres : Carduus L., Cirsium Tourn., Silybum Vent., Cnicus\mt,, Cynara \ent,^ OnopordonL., CarlinaL,, Centaurea L., etc. (V. Composées).

CARDUCCl ou GAROUCHO (Bartolommeo), peintre italien, né à Florence en 4560, mort en Espagne, au Pardo, en 1608. C'est le même que les biographes espagnols désignent sous le nom de Bartolome Carducho. 11 était élève, pour la sculpture et l'architecture, de l'Ammannato, puis de Federigo Zuccheri pour la peinture. Jusqu'en 4585,11 seconda ce maître dans ses grands travaux à Rome et à Florence; à cette date, Zuccheri, séduit par les offres brillantes de l'ambassadeur de Philippe 11, consentit à passer en Espagne et il emmena avec lai ses deux élèves ou aides : Antonio Ricci et BartolouimeoCarducci. Après avoir exécuté pour les autels et les cloîtres de TEscurial d'importantes décorations à fresque, Zuccheri voyant quel accueil glacial Philippe II faisait à ses productions, comprit vite que sou talent n'était rien moins que sympathique au monarque. 11 demanda la rupture de son contrat et repartit pour l'Italie. Ou crut d'abord que ses élèves l'y suivraient ; car Bartolommeo fut à ce moment vivement pressé par l'ambassadeur d'Henri IV dépasser en France ; mais Philippe II, qui appréciait le caractère digne et grave et les sérieuses qualités d'artiste de Bartolommeo l'attacha alors tout à fait à son service. Un salaire annuel de cinquante mille maravédis, assigné par ses ordres à Bartolommeo, le lia par la reconnaissance et le fixa définitivement en Espagne. Indépendamment de la participation que Carducci avait prise dans les travaux de Zuccheri, ses ouvrages personnels à l'Escurial consistent en huit peintures dont les sujets sont empruntés à la vie de saint Laurent et qui occupent les angles du petit cloître, en différentes représentations de saints personnages sur des portes de reliquaires, ainsi que sur des panneaux formant retables, et principalement en neuf grandes compositions exécutées à fresque dans la bibliothèque du monastère. Placée au-dessous du plafond peint par Pellegrino Tibaldi et formant frise, cette décoration qui s'inspire du thème traité par Tibaldi, les Arts libéraux, en est comme la paraphrase. Traitées dans un ton clair et lumineux, savamment composées, ces fresques de Bartolommeo sont les plus belles et les plus importantes de ses productions dans le genre décoratif. Un peu avant la mort de Philippe II Bartolommeo fut chargé dépeindre le grand retable de l'église San Felipe el Real ; aidé de son élève Francisco Lopez, il fit pour cette même église divers autres ouvrages qui périrent dans l'incendie de 4748; un seul tableau, une Descente de Croix, conservée aujourd'hui au musée du Prado, est tout ce qui subsiste de ses travaux à San Felipe. C'est, comme peinture, celle des œuvres de l'artiste qui donne le mieux la note de son talent appliqué, consciencieux, sobre dans son arrangement et sa coloration jusqu'à la froideur, mais correct et ne manquant pas d'une certaine grandeur dans son extrême simplicité. Une Cène, provenant du palais du Buen Retiro, et qui se trouve également au musée du Prado, possède les mêmes qualités de style ; le dessin en est superbe ; mais le coloris plus froid encore que dans la Descente de Croix et maintenu

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