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CAREW - CAREY

vivacité de son esprit et rélégance de ses manières, mais surtout par quantité de vers badins, pièces amoureuses, sonnets adressés aux dames de la cour, recueillis à sa mort en un vol. (1640 ; dern. édit., 1824). Hector France.

CAREW (Ladv Elizabeth) (V. Carey [lady ElizabethJ).

CAREW (John), régicide anglais, exécuté à Gharingcross le 15 août 1660. Il possédait de grandes propriétés dans la Cornouailles et fut choisi pour remplacer dans le Long Parlement les royalistes de Tregony (Cornouailles) ; il sié-^a parmi les juges de Charles 1«% puis aux conseils d'Etal de Cromwell. U s'opposa à la proclamation de celui-ci comme roi. Enfermé, puis relâché par le protecteur, mis à l'amende par le parlement Croupion, il tut excepté de l'amnistie à la restauration et amené prisonnier à Londres. Insulté par la populace, il montra le plus grand courage, refusa de s'évader, et répondit avec la plus grande fermeté à ses juges. Après son exécution, son corps fut dépecé, ses entrailles brûlées. Son frère, par grâce spéciale, put obtenir ses restes sanglants et les inhumer. Sa mémoire est une des plus pures de la Révolution d'Angleterre. . L. BouGier.

CARËW (Ramfylde Moore), aventurier anglais, roi des Gipsies, né en 1693, mort vers 1738. Fils d un clergyman de Devonshire, il fut envoyé à douze ans à 1 école de Tiverton. A la suite d'une faute d'écolier, il s enfuit et se fit admettre dans une troupe de bohémiens. Après des aventures de tout genre, il fut élu chef des Gipsies à la mort de Clause Patch. Transporté au Maryland, il parvint à s'échapper. Sa vie étrange a été racontée par un anonyme du siècle dernier. L. Bougier.

CAREW (sir Benjamin Hallowell), amiral anglais, né au Canada en 1760, mort à Beddington Park le 2 sept. 1834. Il servit d'abord dans la guerre d'Amérique, puis en 1793 fut envoyé à l'escadre de la Méditerranée. Nommé en mai 1798 commandant du Swifsure, il prit une part décisive à la bataille d'Aboukir oU il s'attacha avec YAlexander au vaisseau rOrient qui sauta. Un an plus tard Hallowell fit à Nelson l'étrange cadeau d un cercueil entièrement fabriqué du bois et de la ferraille pris au grand mât de l'Orient. C'était pour lui rappeler qu'il était mortel. Le trait parut fort américain. Fait prisonnier le 24 juin 1801 avec son navire après une belle résistance, Hallowell fut relâché sur parole, et acquitté par un conseil de guerre. Il commanda en 1807 la flotte qui transporta le corps expéditionnaire contre Alexandrie. C'était un colosse d'une énergie peu commune. On raconta longtemps dans la marine anglaise la façon sommaire dont il mit à la raison, à coups de poings, une partie de son équipage révolté. L» Bougier.

CAREW (John-Edward), sculpteur anglais, né à Waterford, en Irlande, en 1785, mort le 30 nov. 1868. Il travailla successivement pour Westmacott, puis entra au service du comte Egremont (1823-1837) ; beaucoup de ses œuvres sont au château de Petworth, chez le comte Egremont. On cite encore une Aréthuse (1837), un Fauconnier endormi (1842), une statue de Kean en Hamlet (à Westminster) , les bas-reliefs du monument de Nslson

CAREX. L BoTANiouE (Carex Mich.). — - Genre de plantes de la famille des Cypéracées (V. Laîche).

II. Paléontologie végétale. — C'est à l'époque tertiaire seulement, surtout à partir de l'oligocène, alors que l'abaissement déjà très grand de la température de l'Europe eut chassé les formes tropicales de la végétation, qu'ont apparu et se sont multipliées diverses espèces du genre Carex. On connaît des feuilles et des fruits dont l'assimilation avec les représentants actuels de ce genre est assez grande pour les considérer comme appartenant à des formes voisines de celles qui vivent actuellement. Dans les gisements d'OEningen, de Monod, de la presqu'île d'Alaska dans l'Amérique du Nord, du bassin de Marseille, de Hohe-Rhonen en Suisse, etc., on a signalé, un assez grand nombre d'espèces de Carex parmi lesquelles le

C. recognita Heer a des fruits analogues à ceux du C. ampullacea Good., actuel; le C. ejfossa Heer, voisîii par ses fruits du C. limosa L.; le C, mucronataUeetf proche du C. heîeonastes ; le C. palœocarpa Sap., rappelant le C. vulplna, etc. P. Maury.

BiBL. : Paléontologie végétale. — O. Heer, FI. Tert. Helo,, t. III, p. 163; FI. fosa, A?as^., t. l,p. 24 ; Mioc. balt. pL, t. IIÎ, p. 28.— Ungbr, Icon. pi. foss.f t. V. — Schimper, Traité de Paléont. végéL, t. IL — De Saporta, Etude sur la Végêt. tert. du S. de la France, t. II, p. 81.

CAREY (Henry, lord Hunsdon), né vers 1523, mort en 1596, gouverneur de Berwick. Il joua un rôle important dans les affaires de Marie Stuart.

CAREY ou CAREW (lady Elizabeth), poète anglais de la fin du xvi« siècle, dont il reste The Tragédie of Mariant^ the faire Queen of Jewry (Londres, 4643), en quatrains rimes. Elle aurait aussi traduit quelques-unes des poésies de Pétrarque, mais rien ne nous en est parvenu. Il a existé deux lady Elizabeth Carey, la mère et la fille, toutes deux passionnées pour les lettres et protégeant les poètes. La seconde épousa sir Thomas Berkeley. II y a lieu de penser, sans qu'on puisse l'affirmer d'ailleurs, que The Tragédie of Mariam est l'œuvre de celle-ci, avant son mariage. B.-H. G.

CAREY (Henry), auteur dramatique et compositeur anglais, né vers 4696, mort à Londres, par suicide, le 4 oct. 4743. Fils naturel de George Saville, marquis d'Halifax. Il fit jouer à Londres un certain nombre de « farces » et de « ballad-opéras » dont il composait souvent les paroles et la musique, notamment the Contri" vances (4745), the Dragon of Wantley, parodie de l'opéra italien, musique de Lampe (4737); Nancy (4739), etc. Ses chansons, ballades et petites cantates sont très nombreuses. Le recueil le plus important en est intitulé : The Musical Century, in one hundred english ballads^ deux volumes (4737), réimprimés en 4740 et 4744. On a regardé Carey comme l'auteur du God save the King^ parce qu'il le chanta lui-même sous son nom en 4739, pea d'années avant que la première édition en fût donnée dans le recueil Harmonia anglicana,

BiBL. : Chrysander, Jahrbûcher fur musihalische Wissenschaft, t. I. — Chappell, Popular Musio in the olden time, t. II.

CAREY (George-Saville), écrivain anglais, né en 4743, mort à Londres en 4807, fils du précédent. D'abord employé de librairie, puis acteur à Covent-Garden, et enfin directeur de théâtre, il a écrit et fait représenter un grand nombre de pièces parmi lesquelles nous citerons : the Inoculator (4766), comédie en 3 actes ; The Cottagers (4766), opéra ; the Old Women weatherwise, intermède joué à Drury-Lane en 4770 ; the Magic Girdle (4770) ; the noble Pedlar (4710) ; Dupes of Fancy, or Every man his Hobby (4792), farce en 2 actes. Dans d'autres genres il a encore publié : Balnea or History of ail the Popular Watering Places of England(il9y, souvent réimprimé) ; the Myrtle and Vine, or complète vocal library (4804), recueil qui comprend des milliers de chansons, etc.

CAREY (William-Paulet), critique d'art anglais, né en Irlande en 4759, mort à Birmingham le 24 mai 4839, frère de Mathew Carey (V. ci-après). D'abord peintre et graveur, il s'est fait connaître par de nombreux travaux de critique qui exercèrent une certaine influence sur le mouvement artistique en Angleterre. Nous citerons : Thoughts on the best mode of checking the préjudices against Brltish works of art (York, 4804 , in-8) ; Cursory thoughts on the présent state of the fine arts (Liverpool, 4840, in-42) ; Patronage of irish Genius (Dublin, 4823, in-8) ; the National Obstacle to the national public styl considered (4825, in-8) ; Brief Remarks on the anti-British effect of inconsiderate criticism on modem art and the exhibitions of the living Brltish artists (Londres, 4831, in-8) ; RidoWs critical letters (Leeds, 4834, puis Nottingham, 4833) ;

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Lorenzd's critical letters (Worcester, 1834-35, in4), etc., etc. Carey a écrit aussi des pamphlets : The Conspiracies of iS06 and iSiS againsi the Princess of Wales et the présent Plot showed by the Past. — Sa fille, Elizabeth Sheridan Carey, est Fauteur d'un volume de poésies : Ivy Leaves (1837).

CAREY (Mathew), libraire anglais, né à Dublin le 28 jànv. 1760, mort en sept. 1839. Apprenti dans une maison de librairie, il publia à dix-sept ans un essai sur le duel et à dix-neuf un pamphlet dans lequel il réclamait l'abolition des pénalités appliquées aux catholiques. Poursuivi pour celte publication, il vint à Paris où il travailla quelque temps chez Didot le jeune. Revenu à Dublin, il publia, en 1783, the Volonteer^s Journal qui obtint un très grand succès. En avr. 1784, il fut poursuivi de nouveau et emprisonné. Il vendit son journal et fut s'établir à Philadelphie. 11 y publia le Pennsylvania Herald(ilS$), fonda the Columbia Magazine (1786) et the American Muséum (1787), et monta une grande maison de librairie. Il édita nombre d'ouvrages importants, entre autres la géographie de Guthrie et YAnimated Nature de Goldsmith, une Bible (1801): les Vindiciœ Hibernicœ on Jreland vindicated (1819), des Essays on Political Economy (1822), des Thoughts on Penitentiaries and Prison discipline (1831), etc., etc. Directeur de la Banque de Pennsylvanie (1802-1805), Carey s'occupa activement des questions d'économie sociale et consacra des sommes considérables à de bonnes œuvres. Il fonda ainsi the Hibernian Society for the relief of Emigrants from Ireland et contribua à l'établissement de la première Sunday School Society d'Amérique (1796).

BiBL. : Notes autobiographiques dans New England Magazine^ Y, Yl et VII. — Leslie Stephen, National Biography ; Londres, t. ÏX, 1887.

CAREY (William), missionnaire et indianiste, né à Paulerspury (Northamptonshire) le 17 août 1761, mort à Serampore le 2 juin 1834. Dès son enfance, il montra un grand talent d'observation. Comme apprenti savetier et plus tard comme patron, il apprit sans autres maîtres que quelques vieux livres, le latin, le hollandais, le grec et, plus tard, l'hébreu et le français. Après avoir traversé une crise religieuse, il s'était joint à la communauté des baptistes. Ses connaissances et ses dons pour l'exhortation le rirent bientôt remarquer. En 1786, il fut consacré pasteur. Dès la première conférence pastorale à laquelle il assista, il proposa comme sujet d'entretien le devoir des chrétiens de propager leur foi dans le monde entier. On le réduisit au silence en le traitant d'exalté, tant la pensée d'évangéliser les païens était alors étrangère à la société protestante de la Grande-Bretagne. Carey rédigea alors une brochure sur ce sujet ; elle fut publiée à Leicester en 1792. C'est le premier appel en langue anglaise en faveur des missions étrangères. La même année, à la suite d'un discours de Carey, demeuré fameux dans l'histoire des missions protestantes, on créa la Particular baptist Society for propagating the Gospel among the heathen, la première société anglaise fondée exclusivement pour la conversion des païens. Presque aussitôt, Carey s'offrit comme premier missionnaire. Son attention avait été attirée sur l'Inde anglaise; mais la Compagnie des Indes, toute-puissante alors, refusa d'accorder un passeport à un missionnaire ; Carey dut s'embarquer sur un navire danois; il débarqua, en 1793, dans la possession danoise de Çirampour, sur le Hougli, à quelques kilomètres au N. de Calcutta. De 1794 à 1799, il eut à traverser une période tourmentée ; il dirigeait une plantation d'indigo. 11 apprit ainsi à fond les langues des indigènes dont il menait la vie, et comprit de suite l'importance du sanscrit dont il aborda aussitôt l'étude. En 1800, il alla rejoindre à Çirampour quatre collaborateurs que la Société des missions baptistes envoyait en Inde.

C'est alors que s' épanouit le talent linguistique de Carey. Dès l'année suivante, grâce à l'intervention de

Buchanan (V. ce mot), il fut nommé professeur de sans crit, de bengali et de mahratti au collège de Fort- William. Il n'existait alors aucun manuel pour l'étude de ces langues. Carey publia, dès 1801, une chrestomathie sanscrite et des textes bengalis. La grammaire sanscrite de Carey parut à Çirampour en 1806 ; sa grammaire bengalie, dont la première édition date de 1804, resta longtemps classique. De 1806 à 1810, Carey imprima, en collaboration avec son collègue Marshman, le texte du Râmâyana, avec traduction et notes explicatives en 3 vol. in-4. Le manuscrit du quatrième volume périt dans l'incendie de l'imprimerie des missions de Çirampour en 1812, et ne fut jamais reconstitué. Aucun étranger n'a plus approfondi la langue du Bengale que Carey ; l'honneur lui revient d'avoir fait du bengali la langue littéraire de plus de 37 millions d'hommes. Son dictionnaire bengali-anglais (Serampore, 1825, 3 vol. in-4) est encore le plus riche répertoire de cette langue. — Carey exerça de plus une profonde influence comme éducateur. Vers 1 820, il créa à Çirampour une institution dans laquelle Hindous et Européens étudiaient ensemble les littératures hindoues elles sciences européennes. Carey indiqua de la sorte la voie la plus rapide et la plus sûre pour régénérer la civilisation déchue de l'extrême Orient. 11 est vrai que le collège de Carey ne subsista que peu d'années ; mais le plan de son fondateur fut imité plus tard ; il fut entièrement réalisé lorsque sir Ch. Aitchison créa en 1882 l'université du Pendjab. Dès le commencement du siècle, Carey avait installé dans sa maison une imprimerie. Il fit fondre sous ses yeux de nombreuses séries d'alphabets orientaux ; son édition classique du Hitopadésa est le premier livre imprimé en caractères métalliques dévanagari. Longtemps le papier que Carey faisait fabriquer à la mission de Çirampour a été le plus répandu aux Indes ; en 1820, il monta, pour cette fabrication, la première machine à vapeur qui ait travaillé dans la presqu'île hindoue. Toute sa vie, Carey demeura fidèle à son gotît pour l'histoire naturelle. 11 avait réuni dans son jardin deux mille plantes curieuses. Dans la nomenclature botanique, son nom distingue trois variétés de myrtacées. Il est le fondateur de la Société d'agriculture et d'horticulture de l'Inde. — Mais au milieu de ces nombreux travaux, Carey fut avant tout missionnaire. Comme le prouvent toutes ses lettres, c'est pour christianiser l'Inde qu'il travaillait à l'instruire et à la civiliser. Il étudiait avec d'autant plus d'ardeur les langues hindoues qu'elles devaient lui servir de moyen pour offrir la Bible aux indigènes. Carey a traduit tout seul la Bible entière en bengali, en hindi, en mahratti et en sanscrit. Sous sa direction, des traductions de la Bible en hindoustani, en persan, en malais et en tamil furent faites par ses collègues et surtout par des indigènes lettrés ; il corrigea lui-même les épreuves de toutes ces versions et de quelques autres en vingt-sept langues différentes qui toutes s'imprimaient à son imprimerie de Çirampour. Les dernières années de la vie de Carey furent obscurcies par de nombreux revers ; la crise financière que l'Inde traversa vers 1830 entraîna la suppression du collège de Fort- William et par conséquent du traitement de Carey. 11 ne s'affligea pas pour lui-même, mais pour son œuvre apostolique à laquelle il consacrait tout ce qu'il gagnait. Il est prouvé que cet homme, qui a débuté comme apprenti savetier, a gagné en Inde plus d'un million, et a tout dépensé pour la civilisation et la christianisation du pays dont il avait fait sa patrie adoptive. F.-Herm. Krùger. BiBL. : Eustache Carey, Memoir oftherev. W. Carey; Londres, 1836, in-l8.

CAREY (David), publiciste anglais, né à Arbroath en 1782, mort à Arbroath le 4 oct. 1824. D'abord employé dans la maison de librairie d'Archibald Constable à Edimbourg, il vint à Londres oii il acquit une certaine réputation en collaborant aux journaux whigs. Une satire îns and outs'or the state of parties by Chrononhotontho-

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logos qu'il écrivit contre le parti tory, le mit tout à fait en lumière. Il dirigea alors (1807) le Journal d'inverness, puis la Gazette de Boston (1812). Il a laissé divers ouvrages et des poésies qui ont été assez goûtées. Nous citerons : The Secrets of the Castle (Londres, 1806) ; Lochield or the Field of Culloden (Londres, 1812), romans; Picturesque Scènes^ or a guide to the Highlands (1811) ; Life in Paris (1822) ; Pleasures of nature or the charms of rural life and other poems (1803) ; the Reign of Fancy, a poem (1803) ; Lyric Taies (1804) ; the Lord of the désert, sketches of scenery; foreign and domestic odes, and other poems (1812), etc., etc.

CAREY (Feîix), missionnaire, indianiste et diplomate, second fils de W. Carey, né à Hackleton (Northaraptonshire) en 1786, mort le 10 nov. 1823. Son père Temmena aux Indes en 1793 ; là Félix apprit rapidement le bengali, le sanscrit et le pâli ; plus tard, il s'adonna surtout à l'étude du birman. En 1807, il fut placé comme missionnaire à Rangoun. C'est grâce à son aide et à son intervention qu'en 18091a mission diplomatique du capitaine Canning auprès du vice-roi de Rangoun réussit. Plus tard, il se rendit à Ava et ne tarda pas à gagner les bonnes grâces du roi ; il fut chargé, en 1814, par le roi de Birmanie d'une mission extraordinaire auprès du gouverneur général des Indes. Il en profita pour faire imprimer à Çirampour (V. Carey [William]) sa Grammar of the burman language (Serampore, 1814). Quand il retourna à Ava, la barque dans laquelle il remontait Tlraouaddi chavira ; sa femme et ses enfants périrent ; en même temps, il perdit le manuscrit d'un grand dictionnaire birman et pâli, fruit de longues années de travail. F.-H. K.

CAREY (Henry-Charles), célèbre économiste américain, né à Philadelphie le 15 déc. 1793, mort à Philadelphie le 16 oct. 1879. Il était le fils de Matthew Carey (V. cidessus). En 1814, Henry-Charles Carey fut associé par son père à son commerce ; en 1821, il lui succéda à la tête de la librairie. Il fit de bonnes affaires et se retira en 1835 pour se consacrer à ses études économiques et aux grandes entreprises industrielles auxquelles il ne cessa d'employer sa fortune. Il fit plusieurs voyages en Europe, notamment en 1857. Bien que les ouvrages de Carey laissent parfois à désirer sous le rapport de la précision et de l'exactitude, l'originalité des idées, la vigueur de la pensée ont, dès les débuts littéraires de l'économiste américain, attiré l'attention sur lui ; chacun de ses grands ouvrages a suscité de vives controverses, et il reste un des premiers économistes du XIX® siècle. Son premier livre important fut: Essay on the rate ofwages (Philadelphie, 1835) ; dans cet « essai sur le taux des salaires », il étudiait la situation des ouvriers dans les divers pays civilisés ; il s'y attac^uait vivement aux théories de Ricardo. Il développa ses idées dans un nouvel ouvrage, Principles of political economy (Philadelphie, 1837-1840, 3 vol.), lequel fit sensation. Il y exposait ses théories de la valeur, de la pondération des intérêts économiques; plus tard, Bastiat devait lui emprunter l'idée de ses Harmonies économiques (1850). Carey écrivit ensuite : The crédit System in France, great Britain and the United States (Philadelphie, 1838); Answer to the questions : what constitutes currency ? what are the causes of uniteadiness of the currency ? and what is the remedy (Philadelphie, 1840). Dans ces études sur la circulation, Fauteur défendait énergiquement le principe de la liberté des banques. Dans un nouvel ouvrage paru, en 1848, à Philadelphie, the Past, the présent and the future, il combattit l'opinion de Ricardo d'après laquelle les hommes auraient d'abord cultivé les meilleures terres, celles que noire agriculture regarde encore comme les plus productives, montrant que le travail agricole devient de plus en plus productif, soit qu'il accroisse le rendement de sols déjà cultivés, soit qu'il mette en valeur des terres restées incultes. Carey fit sensation par son traité sur the Har-

mony of interests (Philadelphie, 1850), où il se fit le champion de la doctrine protectionniste, prenant nettement parti contre les grands libre-échangistes anglais. Il affirmait d'abord l'harmonie des intérêts agricoles, manufacturiers et commerciaux, des producteurs et consommateurs de toute catégorie et, tout en revendiquant la liberté de production dans l'intérieur de chaque pays, H soutenait qu'on avait avantage à le protéger contre la concurrence extérieure qui risquait de troubler l'harmonie et la solidarité entre le développement agricole et industriel. Carey a réuni ses principales théories dans le dernier de ses grands ouvrages, Principles of social science (Philadelphie, 1858-1860, 3vol.,trad. en français par Saint- Germain, Leduc et Planche), abrégé par Mac-Kean en un Manual of social science (Philadelphie, 1864). C'est le plus connu des ouvrages de Carey et c'est d'après celui-là que ses théories ont été, en généj'al, exposées et combattues. Les points qui ont le plus attiré l'attention sont la théorie protectionniste et les essais de réfutation des théories de Ricardo sur la rente, de Malthus sur la population. Sur le premier point, les arguments employés par Carey sont les suivants : l'harmonie des intérêts et la solidarité n'existent pas forcément entre deux pays qui échangent leurs produits ; la division du travail et la spécialisation sont d'une application beaucoup plus dangereuse pour les nations que pour les individus ; un pays doit développer plus ou moins toutes les formes de l'activité humaine ; un pays qui se borne à exploiter son soi et à exporteries produits agricoles épuise bientôt la richesse de ce sol auquel il est nécessaire de restituer après transformation ce qui lui a été emprunté. — Pour combattre Ricardo, Carey s'attache surtout à son hypothèse sur le développement historique de l'agriculture, d'abord appliquée aux meilleurs sols, et néglige ce fait que des sols de qualité inégale fournissent pour un travail égal des rendements différents. Ricardo avait soutenu que l'homme, naturellement, a cultivé d'abord les meilleures terres et que l'accroissement de la population le forçant à mettre en culture les mauvaises, d'abord négligées, la somme de travail croissait plus vite que la somme d'aliments obtenus ; par suite, les propriétaires des bonnes terres, primitivement exploitées, en tiraient un produit dont la valeur relative croissait sans cesse. Carey nie le fait initial ; l'homme, d'après lui, a d'abord cultivé les sols peu encombrés de végétation, légers et peu profonds, et ne s'est attaqué que plus tard aux plaines humides et fertiles ; dès que la civilisation faiblit, elle est obligée d'abandonner ces parties du sol. D'autre part, plus l'homme progresse, plus il augmente le rendement au prix d'un effort moindre, cela est aussi vrai de Tagriculture que du reste ; plus donc on avance, plus le capital ancien se déprécie par rapport au capital nouveau que forme sans cesse le travail. La valeur actuelle de la terre cultivée est bien loin de représenter la somme des capitaux employés pour l'amener à son état actuel. — La réfutation de Ricardo affaiblit la théorie de Malthus, puisque l'accroissement de population cesse d'être aussi dangereux que l'affirme ce dernier ; Carey va plus loin et prouve ce qu'a d'arbitraire le rapport supposé par Malthus entre la progression de la population et celle de la masse des subsistances ; plus la population augmente, plus son champ d'action s'étend ; jamais la terre n'a manqué à l'homme ; les diminutions dans la population entraînent son appauvrissement. Quel que soit le jugement que Ton porte sur le fond des théories de Carey, il est impossible d'en contester la puissance et de nier que ce penseur ait singulièrement renouvelé les questions qu'il a abordées. 11 mérite de prendre rang à côté des grands économistes de la fin du siècle dernier.

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