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CARINTHIE — CARISSIMI

ne put conserver la Carinthie, et Tempereur Louis de Bavière la donna aux ducs Albert et Otton d'Autriche et de Styrie. Depuis lors, la Carinthie n'est plus sortie de la maison d'Autriche, sauf pendant les cinq années où le cercle de Villach fit partie du royaume d'Illyrie (1809- 4814). Elle forma, de 1816 à 1849, les cercles de Villach et de Klagenfurt du gouvernement de Laibach et fut organisée à part en 1849.

BiBL. : HocK, Statistiches Handbuch fur Kœrnthen ; Klagenfurt, 1886. — ^lschker, Geschichte Ksernthens ; Klagenfurt, 1882-1885. — ^lschker et Palla, Heimatskunde von Kœrnthen; Klagenfurt, 1886.

CARINUS (Marcus-Aurelius) (V. Carin).

CARIO (Johann-Heinrich), célèbre trompettiste du siècle dernier, né à Eckernfôrde (Holstein) en 1736. Il habiîa d'abord Hambourg, y l'ut même veilleur de la tour de l'église Sainte-Catherine. II étudia la musique avec Teleman, Ch.-?h.-E. Bach et Schwenke. II acquit sur la trompette une agilité, une égalité de son qui en firent un virtuose extraordinaire. Il se confectionna une trompette à clef, avec laquelle, dans tous les tons, il exécutait des difficultés inouïes. On sait qu'il vivait encore en 1800.

CARIOCA. Montagnes à l'O. de la ville de Rio de Janeiro, où se trouve la source de la rivière de ce nom, près du sommet du Coreovado (712 m. d'alt.). Cette rivière se jetait autrefois dans la baie, à Catete. Elle a été canalisée et conduite au centre de la ville par le magnifique aqueduc de Carioca. Les natifs de Rio sont souvent désignés sous le nom de Cariocas,

CARION (Antoine- Jules), homme politique français, né à Dijon en 1815, mort à Bruxelles le 27 juin 1875. Pendant le règne de Louis-Philippe, étant à la tête d'une importante maison de commerce, il fit une vive opposition républicaine au gouvernement, seconda Ledra-Rollin dans la campagne des banquets révisionnistes. Après la révolution du 24 févr. 1848, il fut nommé sous-commissaire de la République et, trois mois plus tard, préfet de la Haute-Saône ; mais, à la suite des journées de juin 1848, il donna sa démission et redevint simple particulier : il se reprit à faire de la propagande républicaine dans la Côte-d'Or. Au coup d'Etat du 2 déc. 1851, il fut contraint de se réfugier à Bruxelles, où il fonda une nouvelle maison de commerce. II ne voulut point profiter des deux amnisties qui eurent lieu pendant le règne de Napoléon III. Les électeurs de la Côte-d'Or le nommèrent néanmoins représentant du peuple à l'Assemblée nationale aux élections générales du 8 févr. 1871. Il vota toutes les lois à tendances républicaines, s'opposa au septennat et combattit de toutes ses forces le gouvernement du maréchal de Mac-Mahon. L. Lu.

CARION NisAS (V. Carrion-^Nisas).

CARIPE (Ichtyol.). Nom donné par les Indiens riverains de l'Orénoque à un petit Poisson osseux (Téléostéens), de l'ordre des Phy$ostoraes, de la famille des Characinidœ (V. ces mots), et constituant le genre Serrasalmo, remarquable par la voracité de plusieurs formes, très redoutées des baigneurs ; l'homme et les animaux surtout qui, pour une cause quelconque, descendent dans les eaux habitées par ces poissons, sont attaqués par eux et souvent mis en pièces dans un très court espace de temps, grâce au nombre de ces petits animaux armés de dents comprimées et tranchantes comme des lancettes. Nous étudierons le type au rang qu'il doit occuper, c.-à-d. au genre Serrasalmo. RoGHBR.

BiBL. : GvNTiiEK, s tudy of Fishes, — Valenciennes, Hist, nat. générale des Poissons»

CARIS (ZooL). Genre créé par Latreille(1802) pour des Acariens à six pattes qui sont, par conséquent, des larves d'autres espèces, probablement des genres Argas et Pteroptus (V. ces mots).

CARISBROGK. Paroisse de l'île de Wight (Angleterre); 8,198 hab., dominée par la vieille forteresse où Charles \^^ fut enfermé pendant treize mois; ancienne capitale de nie. Puits très profond.

CARIS ES. Première capitale des Âulerci Dîablintes^ qui fut détruite par César et remplacée par Nœodumim. Les archéologues en fixent l'emplacement k Jublains (Mayenne) (V. Jublains).

CARISEY. Com. du dép. de l'Yonne, arr. de Tonnerre, cant. de Flogny; 435 hab.

CARISIO (Egidio), cardinal, poète italien du xv« siècle, natif de Viterbe. II est l'auteur d'un petit poème en cinquante-deux stances intitulé Caceia d'Amore, con un capitolo d'un giovane inamorato che consigliato di lassar la sua Dama e lui di lassarla si lamenta esser vinto dal crudo e flero amore (Pérouse, 1525, in-8), réimprimé sans lieu, vers 1550, in-8, avec adjonction de Due stanze transmutate de VAriosto, cosafar crepare délie visa e morir délia famé. On le trouve encore, entre autres rééditions, dans les œuvres de Beniveni : Amori di Hieronimo Beniveni e una Caceia de Amore (Vense, 1523, 1526, 1530, etc., in-8), mais il n'est ni de Beniveni, ni de Cartolari auxquels il fut tour à tour attribué ; il faut, avec Melzi, le restituer au cardinal Carisio.

BiBL. : Gaet. Melzi, Dizionario di opère anonime e pseudonime di scrittori italiani; Milan, 1848-1859, 8 vol. gr. in-8.

CARISSA. Ville de Bétique (Espagne ancienne), mentionnée par Ptolémée dans la Turdetanie; Pline, qui l'appelle Carissa cognomine Aurélia^ nous apprend qu'elle jouissait du latium vêtus et relevait du conventus de Cadix. Elle avait le privilège de frapper monnaie, comme le prouve le grand nombre de médailles qu'on a trouvées avec l'inscription Carisa ou Carissa, On croit retrouver son emplacement et ses ruines dans le despoblado de Carixa.

CARISSA (Carissa L.). Genre de plantes de la famille des Apocynacées, qui a donné son nom au groupe des Carissées. Ce sont des arbustes à suc laiteux, souvent armés d'épines simples ou rameuses, à feuilles opposées, coriaces, accompagnées à leur base de petites soies glanduleuses tenant la place de stipules. Les fleurs, hermaphrodites, sont pentamères, avec un calice quinquépartit, une corolle infundibuliforme ou hypocratérimorphe, de couleur blanche et cinq étamines incluses. L'ovaire, uniloculaire, devient à la maturité une baie globuleuse, renfermant une ou plusieurs graines pourvues d'un albumen charnu. — Les Carissa habitent, au nombre d'une vingtaine d'espèces, les régions tropicales de l'Asie, de l'Afrique et de l'Australie. Quelques-unes, comme le 6'. êdulis Vahl, de la Nubie et de l'Abyssinie, et le C. carandas L., des Indes Orientales, ont des baies comestibles, avec (lesquelles on fait des confitures, des conserves, etc. Le C. xylopricon Dup.-Th., connu sous les noms vulgaires de Bois amer^ B. d'absinthe, croît sur les montagnes à Maurice et à Bourbon. Son bois, dont l'amertume est comparable à celle du Quassia amara L., sert à préparer des boissons toniques, digestives et fébrifuges. Une autre espèce, rapportée des Çomalis par M. G. Révoil et décrite récemment par M. J. Poisson sous le nom de C, Ouabaïo, a un suc laiteux extrêmement vénéneux dont les naturels se servent pour empoisonner leurs flèches. Ed. Lef.

CARISSIMI (Giacomo), compositeur italien, né à Marine vers 1604, mort à Rome en 1674. Il fut depuis 1628 jusqu'à sa mort maître de chapelle de l'église Saint- Apollinaire, à Rome. (îuoique n'ayant jamais écrit pour le théâtre, Carissimi est un des musiciens qui ont le plus contribué au développement du style expressif et dramatique moderne, dont Péri, Caccini et Monteverde avaient fait les premiers essais. Ses compositions exercèrent une grande influence, et on peut en suivre l'effet jusque chez Haendel. On n'en connaît plus qu'une partie. Carissimi les avait écrites pour l'église dont il était maître de chapelle ; lors de la suppression de l'ordre des jésuites, la musique existant à Saint-Apollinaire fut vendue au poids du papier ; le nombre d'œuvres de Carissimi ainsi anéanties

est inconnu. On possède de lai aujourd'hui : Concerti sacri a S, 3, 4 et 5 voci (Rome, 1664 et 1667) ; Missœ a quinque et a novem, cum sélect is quibusdam caniionibus, etc. (Cologne, 1665) ; Arie da Caméra col basso continuo (Rome, 1667). La Bibliothèque nationale possède en manuscrits plusieurs oratorios de Carissimi (Job, Ezéchias, Balthazar, Jephté, la « plainte des damnés », etc.), et la bibliothèque du Conservatoire, deux vol. ms de motets et cantates diverses du môme musicien. D'autres manuscrits analogues existent à Rome, à Oxford, au British Muséum de Londres et à Hambourg. M. Chrysander a édité les partitions de quelques oratorios de Carissimi ; Fun d'eux, Jonas, a été exécuté à Cologne en 1876 avec une nouvelle instrumentation de F. Hiller. Un petit traité de chant de Carissimi, Ars cantandi, dont le texte original italien est perdu, a eu plusieurs éditions allemandes de 1692 à 1753. Michel Brenet.

CARISTL Peuple de l'Espagne ancienne, mentionné par Ptolémée comme habitant dans le bassin supérieur de TEbre un territoire compris entre ce fleuve et les Pyrénées. C'est très probablement les Carietes que Pline indique comme relevant du conventus Cluniensis et qui semblent avoir occupé une civitas voisine de FÀlava.

CARISTIE. Famille d'architectes français des xviii® et xix® siècles.

Michel" Ange Caristie, le plus anciennement connu, était d'origine italienne et fut chargé, en 1709, par les jésuites, de la construction du collège d'Autun, vaste éditice qui, avec l'église Notre-Dame érigée cinquante ans plus tard mais sur un même plan d'ensemble, forme trois côtés d'une belle cour s'ouvrant à l'extrémité du Champ de^Mars d'Autun. Appelé à Amiens, Michel-Ange Caristie y reconstruisit, de 17!26 à 1732, l'église des Célestins dont il conçut le portail en s'inspirant de celui de l'église Saint-Gervais de Paris; mais cette église, convertie pendant la Révolution en palais de justice, a été détruite, il y a quinze ans, lors de l'inauguration du nouveau palais de justice d'Amiens.

Un second Caristie^ fils du précédent, était architecte à Dijon vers la fin du xviii® siècle et y construisait les maisons des chanoines du chapitre, lorsqu'il fut appelé vers 1770, à Sergines, où il visita l'église dont la nef menaçait ruine et ensuite à Avallon où il se fixa et où il construisit l'Hôtel de ville et fit divers projets et devis pour la restauration de l'église collégiale de Saint- Lazare et de l'église paroissiale de Saint-Pierre, aujourd'hui annexée à la première.

Auguste-Nicolas Caristie, fils et petit-fils des précédents, né à Avallon le 6 déc. 1783, mort à Paris le 5 déc. 1862. D'abord élève de son père, Auguste Caristie fut, de 1804 à 1807, attaché comme conducteur aux travaux du pont de l'Archevôché et du quai de la Baleine à Lyon, puis vint à Paris où il fut élève de Vaudoyer et de Percieret de l'Académie, suivit de 1811 à 1813, comme sous-inspecteur, les travaux de construction de l'Hôtel des postes (plus tard le ministère des finances, rue de Rivoli) ; il obtint en 1812 le prix départemental et, en 1813, le premier grand-prix sur un projet d'hôtel de ville pour une capitale. Pendant les sept années qu'il passa en Italie, de 1813 à 1820, Caristie dessina le Forum romain, la Voie sacrée et leurs monuments, entre autres le temple dit de Jupiter Stator ; le Panthéon, les ruines de Pompéi et le fameux temple de Sérapis à Pouzzoles, édifice dont il étudia la restauration en 47 feuilles de dessin, accompagnées d'un mémoire. De retour à Paris, il fut attaché comme inspecteur aux travaux de la Bourse, fit divers projets: fontaine monumentale pour la place de Breteuil, église paroissiale pour Paris, presbytère pour la Madeleine (projet suivi d'exécution) et hôtel de préfecture pour Nevers ; il fut chargé par le gouvernement de la restauration de l'arc antique d'Orange et de la construction du mausolée et de la chapelle de Quiberon en souvenir des victimes de l'expédition de

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Pan IV. Ort doit encore à Caristie le palais de justice, la caserne de gendarmerie et la prison de Reims, ainsi que la restauration, pour le comte de Car aman, du portail d'entrée et de la chapelle du château d'Anet. — Appelé en 1829 au conseil des Bâtiments civils comme inspecteur général, Caristie fut vice-président de ce conseil depuis 1846 jusqu'à sa mort et devint, en 1848, membre et plus tard vice-président du comité des Monuments historiques. Il avait été élu en 1840 membre de l'Institut, en remplacement de Huyot, et en 1842, membre honoraire de rinstitut royal des architectes britanniques. Caristie, qui avait obtenu plusieurs médailles au Salon et à l'Exposition universelle de 1855, avait été nommé chevalier de la Légion d'honneur dès 1829 et promu officier en 1852 ; en outre, il a\ait été appelé en 1859 à faire partie du conseil municipal de Paris. Mais une des fonctions qui lui tenait le plus à cœur était celle de membre du jury d'architecture de l'Ecole des beaux-arts, fonction à laquelle;il avait été appelé en 1835, et, dès cette époque, il indiquait la nécessité de créer un enseignement commun aux trois arts : ainsi, disait-il, « les artistes peintres et sculpteurs sauraient assez d'architecture et les architectes sauraient dessiner et modeler ; ils auraient tous une langue commune », idée féconde qui, reprise par MM, Eug. Guillaume et Paul Dubois, ne fut guère réalisée que dans ces dernières années. On doit à Caristie les ouvrages suivants : Plan et Coupe dune partie du Forum romain et des Monuments de la Voie Sacrée (Paris, 1821, in-foL); Monument destiné à honorer les Victimes de Quiberon (Paris, 1824, in-4); Notice sur Vétat actuel de l'arc d'Orange et des théâtres antiques d'Arles et d'Orange (Paris, 1829, in-4) ; Monuments antiques à Orange, arc de triomphe et théâtre (Paris, 1856, gr. in-fol., 55 pi.). Charles Lucas, BiBL.: CÉSAR Daly, a, N. Caristie, dans la Revue gén, de TA ro/iifecfure; Paris, 1863, in-4. —Victor Baltard, Institut de France, Notice sur Caristie ; Paris, 1863, in-4.

CARITAT DE CoxNDOROET (V. Condorcet).

CARITEO, poète italien, né à Barcelone, mort un peu avant 1515. Ayant appris dans sa ville natale Pitalien, alors fort étudié en Catalogne, il passa de bonne heure à Naples, sans doute vers 1465, tout jeune encore. Bien accueilli, comme on le voit dans ses vers, loué et récompensé par le roi lui-même, il fit de Naples sa seconde patrie,

Seconda Patria mia, doice Sirena Partenope gentil.

Ses RimCf çà et là, sont assez autobiographiques. Luimême nous apprend gue le nom de Carileo est le nom de son choix (le vrai était Garretto ou Garretta) ; il Ta pris par allusion aux Grâces dont il fut le chéri. Délie Carite, ond'ei fa Cariteo.

11 mit ce déguisement pour entrer à l'Académie pontanienne et la postérité le lui a conservé, selon son désir. Naples, avec la faveur, lui donna des encouragements matériels ; il fut nommé par Ferdinand secrétaire royal et trésorier du sceau de la chambre royale (regio Sert" vano e Percettore del sigillo délia régla Caméra) et dans la suite devint secrétaire particulier du roi. Ses vers montrent, en maints passages, que le poète fut reconnaissant; les rois qui le protègent sont des rois d'un haut esprit (d'alto intelletto). Une partie de ses poèmes d'amour célèbrent, sous le nom de la Lune, lui-même caché sous le nom d'Endymion, Jeanne d'Aragon, seconde femme de Ferdinand, amours que brisa et que désespéra, en 1499, le départ pour l'Espagne de la reine devenue veuve . Cariteo est l'un des poètes que M. d'Ancona a placés parmi les « gongoristes anticipés du xv« siècle » ; on peut même dire qu'en unissant en lui les tendances de la préciosité provençale et de la redondance espagnole, Cariteo fut un vrai chef d'école, d'une mauvaise école, encore que curieuse à étudier et point vulgaire. La première édition des vers de Cariteo est de Naples (1506, in-4) ;

CARITEO — CARLADEZ

la suivante est plus complète : Libro di sonetti e can- X'Oni intitulato Endimione^ quattro cantici in terze rime intitulait Metamorfosei, etc. (Naples, 1509, in-4); après sa mort, on publia : Opéra nova e amorosa composta in laude délia sua amanite; cioè sonetti, canxone e strambotti (Naples, 4519, in-8). R. de Gourmont. BiBL. : Bartoloraeo Capasso, Del vero cognome del CariteOi antico Pontoniano^ memoria letta alVAcademia Pontoniana; Naples, mars 1857. — Minieri-Hiccio, iizografia degli Accademici Alfomsini dal IkkQ. al 15^3 ; Naples, 1880. — Tallarigo, Giovanni Pontano ; Naples, 1874. — Alessandro d'Ancona, il Secentismo nel quattrocento (dans Studi sulla Letteratura italiana de' pinmi secoli ; Ancône, 1884).

CARITH (Géogr. anc.) (Y. Karith).

CARJAT (Etienne), caricaturiste, littérateur et photographe français contemporain, né à Fareins (Ain) en 4828. Cet artiste, au fin crayon, à la verve mordante, commença par être un simple dessinateur de fabrique ; mais il employait toutes ses heures de loisir à des études sérieuses, et lorsqu'il se décida, à l'âge de vingt-six ans, à quitter les ateliers industriels pour se livrer à des travaux plus artistiques, il se classa, dès son début, parmi les meilleurs humoristes de l'époque. Sa première série de charges lithographiées, le Théâtre à la ville, eut beaucoup de succès ; les artistes des grandes et petites scènes parisiennes y figuraient, croqués sur le vif avec infiniment d'esprit. Deux ans après, il continua dans le Diogène, journal illustré qu'il fonda avec Amédée Roland et Ch. Bataille, sa galerie drolatique contemporaine ; les célébrités de la science et de la littérature y prirent place, cette fois, à côté de celles de la rampe. Ce fut à qui figurerait dans le panthéon grotesque de Carjat et l'artiste utilisa cet engouement en faisant de véritables tournées de charges en province ; les hommes en vue, dans la plupart des grandes villes, vinrent s'ajouter à la collection parisienne. — Ses succès de caricaturiste ne suffisaient pas à M. Carjat ; il avait abordé le journalisme de bonne heure dans la t^resse théâtrale, il donna ensuite à la Gazette de Paris et au Figaro des articles très remarqués. En 4862, il fonda un organe plus directement en rapport avec son tour d'esprit personnel. Le Boulevard^ comme son titre l'indiquait, était une publication essentiellement parisienne ; elle groupait dans sa rédaction une élite de jeunes et gais chroniqueurs. Malgré la faveur qui l'avait accueilli tout d'abord, le Boulevard disparut, après dix-huit mois d'existence. M. Carjat se consacra dès lors uniquement à la direction de la maison de photographie qu'il avait fondée en 4860 ; après avoir fait la caricature des contemporains illustres, il fit leurs portraits-cartes. Ad. Thiers.

CARKETT (Robert), maria anglais, mort le 5 oct. 4780. Entré dans la marine en 4734, lieutenant en 4744, il prit part aux guerres maritimes contre la France, s'y distingua et notamment s'empara en 4758, devant Carthagène, du vaisseau français le Foudroyant. 11 servit ensuite aux Indes et fut fait prisonnier en 4762 à Saint-Domingue. Nommé en nov. 4778 commandant du Stirling castle, il prit part à l'action tentée le 47 avr. 4780 par le commodore Rodney sous le vent de la Martinique et la fit échouer en n'exécutant pas les ordres donnés. 11 périt quelques mois plus tard dans un naufrage au N. du cap Français (Saint-Domingue).

CARL, rois de Suède et Norvège (V. Charles). CARL (Anton -Joseph), médecin allemand, né à Edenlîof (Bavière) le 3 août 4725, mort à ïngolstadt le 21 mars 4799. Après un séjour prolongé à Strasbourg et à Paris, il fut appelé en 4754 à professer la chimie, la botanique et la ttiérapeutique à l'Université d' Ïngolstadt ; plus tard il obtint, en outre, la chaire d'accouchements. On lui doit : Diss, de ignis gravitate (Ïngolstadt, 4749, in-4) ; Diss, sist, zymotechniam vindicatam et applicatam (ïngolstadt, 4759, in-4) ; Diss, de palingenesia (ïngolstadt, 4759, in-4) ; Diss. de oleis (Ïngolstadt, 1760, in-4) ; Botan.-medic, Garten, worin die

Kràuler, etc. (ïngolstadt, 4670, in-4) ; Catalogus plantarum secundum sysiema Linnœanum, etc. (ïngolstadt, 4788, in-8) ; Diss, de igné et gravitate calcis metallicœ (ïngolstadt, 1772, in-4). D^ L. Hn.

CARL (Karl) (V. Bernbrunn [Karl von]).

CARL (Adolph), paysagiste de l'école allemande, né à Cassel en 4813, mort à Rome en 4845 où il s'était fixé, et où il a peint des paysages inspirés par la nature italienne, bien composés, mais d'une exécution un peu froide et un peu sèche. Le musée de Hambourg possède de lui une Vue des montagnes de la Sabine, E. M.

GARL-Bernhard, pseudonyme de A. N. de Saint- AuBÂiN (V. ce nom).

CARL-JoNssoN (V. Carolus Jon^us).

CARLA-Bayle (Carliagum), Com. du dép. de l'Ariège, cant. du Fossat ; 4,023 hab. Cité pour la première fois dans le testament du comte de Rouergue, Raimond, vers 960, il fut donné par ce prince à Roger, comte de Carcassonne, alors maître du pays de Foix. Il parait être toujours resté aux mairs des comtes de Foix et n'avoir jamais été aliéné. En 4204, 4287 et 4300, ces comtes accordent des chartes de coutumes aux habitants, coutumes qui furent vérifiées après enquête en 4470 (Arch. des Basses-Pyrénées, E. 470.). Caria était chef-lieu d'une châtellenie comtale comprenant : Castex, Meras, Loubaut, Sieuras, Le Fossat, etc., en un mot les domaines du comte de Foix dans la vallée de la Lèze. Au xvi« siècle, les habitants de Caria embrassèrent presque tous la Réforme; ils donnèrent asile aux prolestants de Pamiers chassés en 4566, et cette place servit de boulevard à la Réforme dans le comté de Foix après la Saint-Bartbéleray ; après avoir été plusieurs fois prise et reprise, elle perdit ses remparts, démolis en 4629 par ordre de Louis XUl, et le temple protestant fut détruit en 4685. Ruines du château; grenier où Bayle étudia longtemps. Caria, qui s'appelait auparavant Carla-le-Comte, a pris depuis quelques années le nom de Carla-Bayle. Auprès du village, le défilé du Jambonnet, où l'on place le combat héroïque de sept protestants contre l'armée de Thémines. Avant la Révolution, l'église de Caria était du diocèse de Rieux et chef-lieu d'un archiprêtré. A. Molinier.

CARLA- DE -Roquefort, Com. du dép. de l'Ariège. arr. de Foix, cant. de Lavelanet ; 340 hab., sur la Douctouire, afll. de l'Hers. Cette localité, dont le nom est rarement cité dans les anciens documents (à moins qu'on ne lui applique quelques-uns des textes qui parlent, croiton, de Carla-le-Comte), doit dater au moins duxiv^siècle, à en juger d'après les ruines du château ; elle n'est point citée dans le dénombrement du comté de Foix de 4272, où figure d'ailleurs le lieu voisin de Roquefixade. Il fut peut-être élevé par les sires de Mirepoix pour défendre leurs domaines, que menaçait de ce côté le château de Roquefixade, aux mains des rois de France depuis environ 4275. Les murailles de la forteresse entourent encore aujourd'hui l'église et une partie du village. Au-dessous, sur les bords du cours d'eau, on trouve diverses usines : forges, scieries, corderies, empruntant leur force motrice aux eaux de la Douctouire. Carla-de-Roquefort, occupé par les protestants, fut assiégé et pris par les catholiques en 4569. A. Molinier.

CARLA (Victor), homme politique français, né à Cahors (Lot) en 4804, mort à Cahors en 4865. Ne parut dans la vie politique que lors des élections à l'Assemblée constituante en 4848. Il avait la réputation d'être royaliste, aussi ce fut une surprise lorsqu'il fit une profession de foi républicaine, modérée, à la vérité. 11 fut élu par 39,000 voix, le quatrième sur neuf et siégea au centre gauche. Il ne fut point réélu à la Législative. L. Lu.

CARLADEZ. Petit pays de l'ancienne Haute-Auvergne qui avait le titre de vicomte et demeura longtemps sous la suzeraineté des comtes de Rodez. Il tirait son nom du château de Cariât (V. ce nom), mais sa capitale était Vic-en-Carladez, aujourd'hui Vic-sur-Cère. Le Garladez est

CARLADEZ — CARLE

maintenant compris en entier dans le canton de Vic-sur- Cère (arr. d'Aurillac et dép. du Cantal) dont il forme plusieurs communes. L. F.

BiBL. : DÉRiBiER DU Chatelet, Dict. staUstique du Cantal ; Auriliac, in-S.

CARLANDER (Christoffer), médecin suédois, né à Yllesiâd le 30 juil. 1759, mort à Stockholm le 8 mai i848. Après avoir servi dans la marine et à l'armée, enseigné les accouchements à Stockholm, puis exercé la médecine avec un énorme succès à Gœteborg (1793-1814), il s'établit à Stockholm, où il était consulté dans les cas désespérés, ce qui le fit appeler docteur de la mort. Il réussissait surtout dans les maladies des femmes et des enfants ; il fut zélé propagateur de la vaccine, et fut le premier à vulgariser dans son pays la découverte de Laënnec, Tauscullation. Fort lettré, membre de beaucoup de sociétés savantes, secrétaire (1817) de la Société des médecins suédois, dont il avait été l'un des fondateurs (1792), il rie publia que quelques mémoires dans des recueils, mais il laissa en manuscrit 12 vol. in-fol. d'observations cliniques relatives à plus de vingt-cinq mille cas et recueillies à Gœteborg. B-s.

BiBL, ; Biogr. par P. -H. Malmsten, 1849, et par C-.G. Santesson, 1877.

CAR LAN! (Carlo), chanteur dramatique italien, né à Bologne en 4738. Elève de son compatriote Antonio Bernacchi, le sopraniste fameux qu'on appelait « le roi des chanteurs », il devint, grâce à ses leçons et à son goût naturel, l'un des meilleurs et des plus célèbres ténors de l'Italie. Il était au plus fort de ses succès et de sa renommée en 1780.

CARLARET (Le). Com. du dép. de l'Ariège, arr. et cant. de Pamiers ; 217 hab.

CARLAT (Carliliatum), Com. du dép, du Cantal, arr. d' Auriliac, cant. de Vic-sur-Cère ; 932 hab. Les seigneurs de Cariât, qui remonteraient au temps de saint Geraud (ix« siècle), achetèrent le comté de Rodez d'Alphonse l^^', roi d'Aragon, en 4147, et gardèrent Cariât jusqu'en 4296. La seigneurie « passa ensuite à la maison de Pons, et fut vendue par elle à Jean, duc de Berry, en 4386, qui la vendit à son tour aux comtes d'Armagnac. Cette terre fut confisquée par Louis XI en 4477. Ce roi la donna au sénéchal de Normandie, et, après diverses successions, elle revint à la maison de France. Louis XIII la céda au prince de Monaco, en 1642, par indemnité ». Le château de Cariât était célèbre. Pris et repris pendant les guerres des Anglais, il résista victorieusement pendant dix-huit mois sous Jacques d'Armagnac, duc de Nemours, en 4469, fut pris par les huguenots en 1583 et servit de prison à Marguerite de Navarre en 4586. Pris par le duc de Noailles en 4602, il fut rasé en 4603 et il n'en reste plus que les fondations. Eglise du xvi® siècle bâtie par Anne de France, vicomtesse de Cariât, avec une inscription relative à la destruction du château. Dans les environs, vieux châteaux de Cabannes, de Celles et de Lachaud-Menhir de la Peyro Ficade ; monuments préhistoriques du plateau de Dat-Soubeyrols. L. F.

CARLBERG. Famille suédoise, originaire de la ville de Carlstad dont elle prit le nom. Parmi ses membres on remarque : 4« Johan Carlberg, né à Carlstad le 22 sept. 4638, mort le 45 juil. 4704. Premier prédicateur de la reine Ulrika-Eleonora (4687), il osa parler avec franchise devant le roi Cari XI qui ne laissa pas de le nommer évéque de Gœteborg (4689). Il publia deux dissertations en latin. 2^ Son frère, Birger Carlberg, né !e 23 mars 4640, mort à Gœteborg en 4683. Il fut à la fois pasteur de Chrislinehamn (4670) et d'OElmehserad (4674). Etant demandeur dans un procès de supposition d'enfant, il fut condamné à mort, mais gracié moyennant une amende, puis réhabilité et nommé pasteur de Gœteborg ; mais il mourut avant d'avoir reçu les lettres d'abolition. C'est dans ces circonstances qu'il composa un beau psaume (n^* 238 et 293 des Psautiers de 4695 et 4849), où il fait allusion à sa détresse. II avait publié deux disserta-

tions en latin. 3^ Johan-Eberhard Carlberg, fils de Johan, né à Gœteborg en 4683, mort en 1773. Il fut capitaine au corps des ingénieurs militaires, puis architecte delà ville de Stockholm (1727-1773), où il restaura

I église de Saint^Nicolas et construisit beaucoup d'édifices.

II publia un manuel d'architecture (1740). 4o Le frère du précédent, Bengt-Vilhelm Carlberg, né à Gœteborg en 4696, mort en 4778. 11 tut lieutenant (4748), capitaine (4733), colonel (4762-64) au corps des ingénieurs militaires, en même temps qu'architecte de la ville de Gœteborg (1727-1775). Il traça le plan de la ville et des fabriques d'Almgsâs et éleva à Gœteborg la coupole de l'ancienne cathédrale, l'entrepôt, le pont du Lion et l'hôtel de la Compagnie des Indes orientales. Son rapport sur la translation du cadavre de Cari XII (dans Handlingar rœrande Skandimviens historia, t. î, pp. 477-490; II, 434-152), avait donné à supposer que ce prince avait été assassiné. 5<> Carl-Vilhelm Carlberg, fils du précédent, né à Gœteborg en 1745, mort en 4814. II fut d'abord ingénieur militaire, passa sept ans à Rome et succéda à son père comme architecte de la ville de Gœteborg. Il acheva, avec Weinberg, la reconstruction de l'Hôtel de ville; la nouvelle cathédrale, qui est le plus grand édifice suédois élevé dans notre siècle, fut construite d'après ses dessins et en partie sous sa direction (4804- 4842); mais l'âge et la maladie l'empêchèrent de terminer l'entreprise; le clocher et la coupole lui font honneur. Il publia : Idées sur la manière de bâtir à Gœteborg

CARLE (Pierre), ingénieur militaire, né à Valleraugue (Gard) vers 4666, mort à Londres le 7 oct. 4730. Forcé de quitter la France à la suite de la révocation de Pédit de Nantes, il passa en Suisse, puis en Hollande et en Angleterre. Nommé ingénieur militaire, il prit part à la bataille de la Boyne (4688), puis fit les campagnes de Flandres. Promu ingénieur du Royaume Uni, il se fit naturaliser Anglais en 1693. Il fit avec l'armée anglaise les campagnes de Portugal et d'Espagne et se distingua fort aux sièges d'Aicantara, de Salamanque, de Madrid, de Barcelone et à la retraite d'Andalousie. Nommé maréchal de camp dans l'armée portugaise, puis lieutenant général et ingénieur en chef, il revint à Londres en 4720 et rentra alors dans la vie privée.

BiBL.: Haag, la France protestante ; Paris, 1852, t. îlî,

CARLE (Pierre-Henri-Louis), publiciste français, né à Montât, près Cahors, en 4822, mort en déc. 4884. Professeur de l'enseignement libre, il est connu par la part qu'il prit au mouvement socialiste provoqué par Pierre Leroux et Cabet. Il prêcha lui-même la rénovation religieuse et fonda V Alliance religieuse universelle et la Libre conscience pour vulgariser ses idées. Carie a publié : Crise de croyances: M. Renan et V esprit de système, Henri Martin, Jean Beynaud et la Tradition (Paris, 4864, in-42) ; Etude comparée des doctrines de Borne et du théisme contemporain, Béponse à M, Dupanloup sur Vathéisme et le péril social (4867, in-8). Il a écrit : 1 introduction de l'ouvrage de Chemin intitulé : Qu'est-ce que la théophilanthopie ?

CARLE (Gaston), conseiller municipal de Paris, né à Laon (Aisne) le 25 mars 4843. Après avoir terminé ses études dans sa ville natale, il vint à Paris, où après avoir été maître répétiteur, il vécut en donnant des leçons particulières et en collaborant aux journaux de l'opposition jusqu'à la déclaration de la guerre franco-prussionne en 4870. A ce moment il s'engagea dans un régiment de ligne et au cours de la campagne il fut nommé officier. Démissionnaire en 4874, il rentra à Paris. M. Thiers, chef du pouvoir exécutif, le chargea d'adresser des correspondances à certains journaux étrangers. 11 collabora en même temps à V Evénement, au Courrier de France, au Bulletin des Conseils municipaux, qu'il avait fondé. Nommé sous-préfet de Lectoure en 4876, il fut relevé de

CARIE — CARLÉN

ses fonctions lors du coup d'Etat du 16 mail877. Il fonda à Rennes le Petit Breton qui soutint les candidatures républicaines contre les candidatures ofiicielles du gouvernement de M. le maréchal de Mac-Mahon, lors des élections du 14 oct. 1877, qui suivirent la dissolution de la Chambre des députés. Revenu à Paris, il entra au Temps, comme secrétaire de la rédaction, et le 16 mai 1879, il fonda le journal la Paix àoniil garda la direction politique jusqu'en 1888. La Paix était généralement considérée comme recevant des inspirations de M. Jules Grévy, pendant qu'il était président de la République. M. Carie est entré au conseil municipal pour représenter le quartier du Val-de-Gràce (V^ arrondissement), élu en remplacement de M. Aristide Rey, le 7 févr. 1886. Il a été réélu dans le même quartier, aux élections générales du 15 mai 1887. M. Gaston Carie, qui appartenait à la fraction républicaine modérée du conseil municipal dont il a été plusieurs fois élu secrétaire, a été nomiué préfet du Cher, dans le courant de l'amiée 1889. Louis Lucipia.

CAR LE (Giuseppe), publiciste italien contemporain, né à Chiusa (prov. de Coni) en 1847, professeur de philosophie du droit à l'Université de Turin. Il a écrit plusieurs ouvrages de droit et de législation, parmi lesquels nous citerons : Dell" Autorità délie leggi penali in ordine ai luoghi e aile persone (Turin, 1867); plusieurs ouvrages relatifs à la faillite, dont le plus important est la Dottrina giuridica del fallimento nel diritto privato internazionale (Turin, 1873), ouvrage traduit et annoté par M. E. Dubois (Paris, 1875); La vita del diriiio nei suoi rapporti colla vita sociale (Turin, 1880) ; le Origine del diritto romano (Turin, 1888). . A.-M. B.

CARLELL (Ludowick), auteur dramatique anglais du xvii« siècle. On le trouve à la cour de Charles I«^ puis à celle de Charles II, sans qu'on ait aucun détail sur sa vie. On lui attribue neuf pièces, dont une, tlie Spartan Ladies, n'a pas été imprimée et s'est perdue. Les autres sont intitulées the Deserving Favourite; Ârviragus and Philicia, tragi-comédie en deux parties; the Passionate Lover, en deux parties également ; the Pool would he a Favourite, or the Discreet Lover; Osmônd, the Great Turk, et Heraclins, emperor of the East, tragédie traduite de P. Corneille. Carlell manque d'invention et emprunte presque toujours son intrigue ; mais il a de la force dans la peinture des caractères, sait charpenter une pièce et possède un vrai talent d'écrivain. B.-H. G.

CARLEMIGELLI (Aspasie) (V. Aspasie).

CARLÉN (Emilie Smith, dame Flygare, puis), féconde et habile romancière suédoise, née le 8 août 1807 à Strœmstad. Fille d'un commerçant, elle vécut sur le littoral du Bohus lœn jusqu'à son mariage (1827) avec le docteur A. Flygare, médecin du laen de Kronoberg. Devenue veuve (1835), elle retourna dans son pays natal qu'elle a si bien peint dans six de ses romans. Après avoir débuté par Valdemar Klein (Stockholm, 1838), elle alla s'établira Stockholm (1839), et se remaria le 20 janv. 1841 avec J.-G. Carlén. Pendant chacune des quatorze années suivantes, elle publia régulièrement un ou deux romans : en 1839, le Représentant ei Gustaf Lindorm ; en 1840, le Professeur et ses protégés ; les Frères de lait; la Dédicace de l'église de Hammarby; en 1841, le Petit Postillon; en 1842, la Rose de Tistelœn; le Comptable Las!<man; en 1843, Jusqu'à la mort (dans Nordstjernan) ; en 1844, le Fidéicommis ; Pal Vœrning; en 1845, les Mansardes; la Fiancée sur l'Omberg; en 1846, VErmitedu Johnnnisskœr ; une Année; en 1847, une Nuit près du Bullarsjœ; en 1848, la Tour de la jeune fille ; une Femme capricieuse ; en 1849, VEéroïne de rcman ; la Famille de la vallée; en 1850, un Nom ; en 1851, le Tuteur; un Bon Parti; en 1853, Dans six semaines. Cette fécondité fut subitement tarie par le chagrin que lui causa la perte de son fils, Carl-Vilhelm-'Edvard Flygare (1829-24 déc

1852), jeune homme fort bien doué, auteur de trois nouvelles : Veiigeance manquée (iS^O), un Homme blasé (1851) et Au loin et au foyer (1860).

Elle fut six ans sans rien publier, jusqu'en 1859, oii elle donna en feuilleton, dans Aftonbladet, une Maison de commerce dans les récifs (Stockholm, 1860), qui est une de ses meilleures œuvres. Toutefois, l'imagination fit place à la mémoire dans les Ombres, scènes du temps passé et esquisses de jeunesse (dans ^//ow^/arf^i, 1862, et à part, 1865), et dans ses intéressants Souvenirs de la vie littéraire en Suède de 1840 à 1860 (1878). Malgré son grand âge, elle a encore donné : Un Secret pour le monde (1876), Récits de la campagne (1877); Estrid (1877) ; les Jeunes Seigneurs et le Vieux Gentilhomme (1877); l'Héritier et son adversaire (1884) ; Glanures d'un écrivain octogénaire : récits et nouvelles (1887). De 1882 à 1887, dix-huit de ses anciens romans ont été réédités pour la deuxième ou la troisième fois ; tous ont été traduits en allemand, en anglais, en danois, quelques-uns en français, en hollandais, en italien. Ses récits attachants se distinguent plutôt par l'observation de la nature, la fraîcheur et la vérité des peintures que par l'intrigue et la profondeur psychologique. Avec son expérience de la vie et sa riche imagination, elle a été comparée à George Sand, quoiqu'elle n'ait rien produit dans le genre des idylles berrichonnes. Elle a donné 10,000 couronnes pour une fondation portant le nom de son père, Rutger Smith, en faveur des pauvres pêcheurs du Bohus Isen septentrional (1860) ; autant, en souvenir de son fils, pour les étudiants pauvres de la même contrée inscrits à l'Université d'Upsala; enfin, elle a fait une donation à la haute école de Skara, en l'honneur de son mari, J.G. Carlén, qui y avait étudié. B.-s.

BiBL. : B. ScHŒLDSTRŒM, E. Flygave-Carlén, avec 2 portr. ', Stockholm, 1888, in-8.

CARLÉN (Johan-Gabriel), littérateur suédois, né le 9 juil. 1814 à Hasslekœrr (Skarahorgs laen), mort à Stockholm le 6 juil. 1875. Après avoir été employé dans l'administration et les tribunaux, il s'occupa plus spécialement de littérature ; à la suite de son mariage avec Mme Flygare, son salon devint le rendez-vous des écrivains et des artistes de Stockholm, qu'il réunissait en outre dans la Chambre verte (Grœna stugan)^ club fondé par lui (1855-62). n publia : Pièces devers (Stockholm, 1838) ; Chansons et contes pour les enfants (1841) ; Romances et Recueil de poésies (1870), où il y a de jolis morceaux dont quelques-uns ont été mis en musique par M°^® Matilda Montgommery-Cederhjelm, J. Wikmansson, Traugott- Grahl, N.-J. Ahlstrœm, etc. Il donna en outre de nombreuses éditions : le Code suédois (1841) ; la Constitution (iSM); Manuel de jurisprudence (1843-1855); le Livre des familles suédoises (1850-52, 4 vol. in-4); Lectures du foyer (1860-61); Essais poétiques de M^^ Lenngren (1856-57); Recueil des œuvres de Bell" man (1856-61, 6 vol. in-8); le Psautier suédois (1864- 66) ; Ecrits de Wadman (1869, 6« éd., 1884), et quelques calendriers littéraires. — Sa sœur Maria-Octavia Carlén, née à Skara le 22 nov. 1828, morte le 30 janv. 1881, a beaucoup écrit sur les antiquités, les monuments, l'histoire des villes : Notice sur les collections royales d'armes et de costumes (Stockholm, 1859); Droitningholm (1861, 3« éd., 1879) ; Gotland (1862); Gripsholm (1862; 2« éd., 1877); Ulriksdal (1863); les Eglises de Stockholm (i 864) ; la Ville de Stockholm et ses environs (1866); le Château de Stockholm (1866, 3« éd., 1875); Djurgârden ou le Parc zoologique de Stockholm (1867); Gœteborg (1869); Skokloster (1870); le Château de Tullgarn (1871) ; Waxholm (1879). On lui doit aussi des poésies et des nouvelles : De temps h aw^rg (1859); le Vœu de Birger Ulfsson (1860); le Festin du roi Erik (1863), recueillies dans Skiftande blad (Feuilles variées, 1877), et Poèmes et Nouvelles (1879). B-s.

CAR LÉ N (Richard), juriste et homme politique suédois, né le 47 mai 4821 à Hasslekœrr, mort à Stockholm le 34 déc. 4873. Frère de J.-G. Carlén, il était juge depuis 4857, lorsqu'il fut nommé représentant de la bourgeoisie de Christinehamn, à la diète de 4862. 11 fut réélu en 486o; en 4870, la capitale le fit entrer dans son conseil et à la seconde Chambre du parlement, mandat trois fois renouvelé. Etant un des principaux membres du centre, il prit une part active à la réforme de la Constitution et du Code pénal, et à la confection de plusieurs lois. Il publia un commentaire sur la loi pénale (4866). Il avait épousé, en 4856, Rosaura-Catarina Bâgenholm, née le 9 mai 4836, à Hœgaester (Dalsland), morte à Onfôn le 42 févr. 4882. Elle légua presque toute sa grande fortune à l'asile des pauvres honteux de Stockholm. S'étant formée à la lecture des romans anglais, malgré la répugnance qu'elle ressentait d'abord pour ce genre, elle publia en 4864 une nouvelle anonyme, Agnès Tell, qui eut beaucoup de succès. Depuis, elle donna sous le pseudonyme à Auteur d'Agnès Tell : Tuva (1862), la Noce àBrœnna(iS63); Hélène (iSQ'd) ; Trois A7îs et trois jours (1864) ; te Fils des Bohémiens (4866) ; la Vie à la Campagne (4866), romans où les caractères sont un peu outrés, mais où il y a de vives descriptions et des scènes peintes avec finesse ; ils ont pour la plupart été traduits en allemand. B-s.

CARLENCAS-et-Levas. Com. du dép. de l'Hérault, arr. de Béziers, cant. de Bédarieux ; 434 hab.

CARLENCAS (Félix de Juvenel de), littérateur français, né à Pézenas en 4679, mort à Pézenas le 42 avr. 4760. Son principal ouvrage: Essais sur l'histoire des belles-lettres, des sciences et des arts (Lyon, 4740 , in-42), a eu de nombreuses éditions (entre autres, Lyon, 4757, 4 vol. in~8). On peut encore citer se» Principes de l'histoire (Paris, 4733, in-42).

Son aïeul Félix avait publié : Doîî Pelage ou l'entrée des Maures en Espagne (1645, 2 vol. in-8) ; Portrait de la coquette (Paris, 4659, in-42), et son père Henri est Fauteur de trois romans historiques : le Comte de Richement (Amsterdam, 4680, in-42) ; Edgard, histoire d'Angleterre (Paris, 4695, 2 vol. in-42) et la Hardie MeS" sinoise (1697, in-42).

CARLEPONT. Com. du dép. de l'Oise, arr. de Compiègne, cant. de Ribécourt; 4.230 hab. Cet important village était le lieu de villégiature des évéques do Noyon qui y bâtirent un château en 4200. Il tut reconstruit au XVI® siècle, puis remanié en 4750 tel qu'on le voit encore. Il appartient maintenant à M. le baron de Villars. Le chœur de l'église est du xv® siècle et le clocher du xu®. Oa y remarque un bel autel. — On fabrique à Carlepont des calicots, de la bonneterie et des étoffes de coton.

CARIES (Lancelot de), littérateur français, né à Bordeaux au commencement du xvi® siècle, mort à Paris en juil. 4568. Evêque de Riez. Il fut très lié avec Ronsard et du Bellay qui lui adressèrent beaucoup de vers et d'éloges. 11 a écrit : Epistre contenant le procès criminel faict à rencontre de la royne Anne Boullant d'Angleterre (Lyon, 4545, pet. in-8) ; Lanceloti Carlœi ad fratris filium sermo, versibus latinis et gallicis (Paris, 4560, in4); les Cantiques de la Bible mis en vers français (Paris, 4560, in-8) ; Exhortation ou Parenèse à Jean de Carie son nepveu (Paris, 1560, m-8) ; Eloge ou Tesmoignage d'honneur du roy Henri II de France (Paris, 4560, in-foL); l' Ecclésiaste de Salomon paraphrasé (Lyon, 4561, in-8); Lettre au roy Charles IX contenant les actions et propos du duc de Guyse depuis sa blessure jusques à son trépas (Paris. 4563, in-8).

CARLESON (Cari Carlsson, anobli en 4743 sous le nom de), écrivain et économiste suédois, né le 44 mai 4703 à Stockholm, mort à Stockholm le 22 mars 4761. Entré à la chancellerie en 4725, il y devint secrétaire (4746), puis juge du Kalmar laen(1747) et du Sœder-

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manland (4750), enfin secrétaire d'Etat pour les affaires militaires (4757). Après avoir débuté par une dissertation en latin (Upsala, 4724), il fonda le Mercure moral (Stockholm, 4730-34, in-4), journal hebdomadaire, le premier de ce genre en Suède ; puis il écrivit dans l'Argus suédois de son ami Dalin (4733-34), et publia le Con-seiller d'économie domestique (Stockholm, 4734-35), où il proposa beaucoup de réformes qui eurent lieu. Il donna aussi un Dictionnaire d'économie domestique (Stockholm, 4755, in-S ; 2« éd., 4769), des Eloges àd^m les Mémoires de l'Académie des sciences de Stockholm, dont il était membie (1755, président en 4759); des traductions du latin, de l'allemand, de l'anglais; une brève Explication du bâton ou calendrier runique (Upsala, 4742; 3^ éd. augm. par M. Strœmer, 4748, in-42) ; un Essai sur les fausses déductions des librespenseurs (Stockholm, 4760, in-8). Le seul de ses ouvrages qui mérite encore d'être consulté est le Recueil de 'fjoésies suédoises (Stockholm, 1737-38, 2 vol. in-8), choix de pièces en partie inédites, dont quelques-unes ne se trouvent pas ailleurs, mais qu'il eut le tort de retoucher.— Son petit-fils, Edvard-HenrikCdxh^Qw^jié à Valstad (OEstergœtland) le 16 nov. 4820, fut assesseur à la cour de Svea (4850), et ministre de la justice (4874-75). Après avoir pris part aux diètes comme membre de la chevalerie, il représenta le Kalmar lœn à la première chambre dont il fut vice-président en 4878. B-s.

CARLESON (Edvard), voyageur, diplomate et économiste suédois, né à Stockholm le 7 nov. 4704, mort le 26 févr. 4767. Entré au ministère du commerce en 4725, il lui communiqua et publia en partie dans le Mercure moral de son frère Cari Carleson les renseignements (ju'il avait recueillis sur la situation du commerce et de rindustrie dans un voyage en Hollande, en Angleterre et en France (4726-4730), et montra la Possibilité d'établir en Suède des fabriques et des manufactures (Stockholm, 4731). En 4732, il accompagna C.-F. von Hœpken dans une mission commerciale au Levant; jusqu'en 4734, ils visitèrent Etat vénitien, l'Albanie, la Morée, Chypre, l'Egypte, la Syrie, l'Asie Mineure, la Turquie d'Europe. Ils devinrent chargés d'affaires à Constantinople (4734), puis envoyés (4738), conclurent avec la Porte un traité de commerce (4737) et d'alliance défensive (4746), et obtinrent une réduction notable de la dette de Charles XII (4738). A son retour (1746), il fut admis à la Chambre des seigneurs comme anobli (4743), prit une part active aux travaux des diètes et fut l'un des chefs du parti des Chapeaux. La cour de Saint-James ne l'ayant pas agréé comme ministre de Suède (4748), il devint conseiller de chancellerie (4752), secrétaire d'Etat pour les affaires étrangères (1757), chancelier de la cour (1758), président du collège de commerce (1758). Il fonda la compagnie des pêcheries maritimes (1748), et fit venir un paysan de Bulgarie pour enseigner aux Suédois le dépiquage oriental, qu'il décrivit dans'les Mémoires de l'Académie des sciences de Stockholm (1751), dont il était membre (1746, président 4749) ; il publia en outre dans ce recueil un discours et des éloges. La Relation des voyages de deux grands seigneurs suédois en Chypre, en Asie, à Jérusalem, par Lars Rebrén, a paru à Stockholm (4768, in-8 ; 3« éd., Œrebro, 4787) ; celles des audiences que leur accorda le sultan sont disséminées dans divers recueils. B-s.

CARLET (Louis-François), marquis de la Roz [ère, écrivain militairefrançais, né en4733 à Pont-de l'Arche (Eure), mort à Lisbonne en 4808. Il prit du service, comme volontaire, dans le régiment de Conti, en 4745. Après avoir combattu en Italie, puis en Flandre, il accompagna, comme ingénieur, Lacaille aux Indes, en 4752. Rentré en France, il prit part àla bataille de Rosbach, se distingua dans plusieurs rencontres, et fut fait lieutenant-colonel de dragons du régiment du roi. Prisonnier des Prussiens, il fut l'objet des plus grands égards de la part du grand Frédéric. Carlet

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