CARLET — CARLETON
de la Rozière employa les loisirs de la paix, jusqu'à la Révolution, en travaux et écrits militaires estimés. En 4791, ilémigra, servit dans l'armée de Condé et passa, en 4797, à Lisbonne où le gouvernement lui confia d'importantes fonctions militaires, et où il mourut. Ses principaux ouvrages sont : Stratagèmes de guerre (il 06} ; Campagne du maréchal de Créqui en Lorraine et en Alsace (4764) ; Traité des armes en général (1764) ; Campagne de Louis, prince de Condé, en Flandre (4765). On a aussi de lui plusieurs cartes, entre autres celle des Pays-Bas catholiques, et une grande carte de la Hesse (1761).
CARLET (Joseph-Antoine), homme politique français, né à Rives (Isère) le 18 juin 1741, mort près de Vienne (Isère) en 1825. D'abord secrétaire de M. de Balincourt, doyen des maréchaux de France (1763-1771), puis consul delà Côte Saint-André, il fut envoyé à l'assemblée de Romans par cette commune (1788), puis aux Etats généraux (1789). En l'an Vil il fut élu député de l'Isère au Conseil des Cinq-Cents. Il a écrit : Recueil de maximes et de réflexions morales qui peuvent contribuer à la rectitude de nos actions (Paris, 1823, in-12).
CARLETON (George), théologien anglais, évoque de Chicbester, né en 1559, mort en 1628. 11 fit ses études à Oxford et s'y distingua, à la fois, comme dialecticien, orateur et poète. D'abord ministre à Mayfield (Sussex), il fut nommé évêque de Liandaff en 1618. La même année, il représenta l'Eglise anglicane au synode de Dordrecht. 11 y défendit avec une grande fermeté de principes, mais sur un ton modéré, la doctrine de la succession apostolique et l'institution de l'épiscopat contre la majorité, qui déclarait ne reconnaître d'autre autorité que celle de Jésus- Christ, seul évêque universel et chef de PEplise. A son retour de Dordrecht, Carleton fut promu au siège de Chicbester, en reconnaissance du service qu'il avait rendu à la cause de l'épiscopat. Dans le domaine de la théologie spéculative, notamment sur les c[ues lions de k prédestination et de la grâce, Carleton était calviniste. — Carleton a beaucoup écrit et a laissé un grand nombre d'ouvrages. Les principaux sont : Heroici Characteres (Oxford, 1603) ; Consensus ecclesiœ catholicce contra tridentinos, de scriptwis^ etc. (Londres, 1613) ; Tithes examinedand proved to he due to theclergie by a divine right (\606 et 1611) ; Jurisdictionregall^ episcopall, papall (1610); Oration made at the Hague before the prince of Orange and the states gênerai of the united provinces (1619) ; Astrologomania or the madnesse of astrologers, etc. (Londres, 1624) ; A thankful Remembrance of God's mercyin.,, the great and merciful deliverances ofhis church, etc., from the beginning of Queen Elisabeth (Londres, 1624); Vita Bernardi Gilpini apud Anglos Aquilonares celeberrimi (1628) ; Thirteen Sermons (1736). G. Q.
BiBL, : Leslie Stephen , Dictionary of National Biography; Londres, 1887.
CARLETON (Sir Dudley), vicomte Dorchester, homme d'Etat anglais, né en 1573, mort en 1632. Après de fortes études et'un voyage de cinq ans à travers l'Europe, il fut attaché en qualité de secrétaire à sir Thomas Parry, lors de son ambassade en France (1602). Il ne garda pas longtemps ce poste, mais se fit envoyer au Parlement par le bourg de Saint-Mawes (1603). Tour à tour secrétaire du comte de Northumberland et compagnon de lord Norris en Espagne, il se trouva ensuite impliqué dans la conspiration des Poudres et ne se justifia qu'après quelque temps de détention. La faveur de lord Salisbury le mit bientôt en vue, et le roi l'envoya comme ambassadeur à Venise avec le titre de chevalier (1610). A partir de ce moment, sa réputation de diplomate ne fit que grandir. Négociateur du traité d'Asti, ambassadeur à La Haye (16i 5), où il joua un rôle très important, chargé avec le comte de Rolland d'une mission extraordinaire auprès de Richelieu, laquelle, d'ailleurs, avorta, membre du Parlement pour Hastings,
et, à ce titre, défenseur ardent et reconnaissant cfe Buckingham, il fut élevé à la pairie sous le nom de lord Carleton d'Imbercourt, en 1626. Une nouvelle mission diplomatique le retint en Hollande jusqu'en 4628 et, à son retour, il fut créé vicomte Dorchester. A la fin de la même année, Charles P^ le chargea des fonctions de premier ministre, qu'il garda jusqu'à sa mort. Il a son caveau dans l'abbaye de Westminster. Carleton avait épousé en premières noces la' fille de sir Henry Saville, le savant éditeur des œuvres de Chrysostomo et le fondateur, à Oxford, d'une chaire qui porte son nom. Il aida plus d'une fois son beau-père dans ses travaux d'helléniste. Il a laissé une correspond ancQ et des- dépêches diplomatiques qui formeraient de nombreux volumes, et qui témoignent d'une abondance et d'une clarté peu ordinaires. Une partie, celle qui concerne sa première ambassade en Hollande, a été publiée par lord Hardwicke [Letters; Londres, 4757, 1 775, 4780, in-4). Les dépêches de sa seconde mission (4627) ont été imprimées par les soins de sir Thomas Phillips {Stat letters, 4842). Les recueils du temps contiennent aussi un certain nombre de ses lettres publiques et privées. B.-H, G.
BiBL.:Lord Hardwicke, ifisioricai Préface to Carieton's Letters, 1780. — Horace Walpole, Noble Authoy^s ofEngland. — Moixey, Life and death of John of Barneveld, 1874. — Leslie Stephen, Dict. of National Biography,
CARLETON (Hugh, vicomte), magistrat an2,Iais, né le 44 sept. 4739, morten 4826. Après avoir fait ses études au Trinity Collège de Dublin, il fut inscrit au barreau irlandais et fut nommé en 4779 soliciter général, puis lord chief justice des plaids communs en 4 787. Créé baron Carleton d'Amer en 4789, puis vicomte Carleton de Clare, il devint lord chief justice d'Irlande en 4800 et fut envoyé la même année à la Chambre des lords comme pair électif.
CARLETON (Guy), P^ lord Dorchester, gouverneur de Québec, né à Strabane le 3 sept. 4794, mort à Stubbings, près Maidenhead (Angleterre), le 40 nov. 4808. W servit en Amérique pendant la guerre de Sept ons, blessé à la prise de Québec, 45 sept. 4759, à l'attaque de Santander, 8 avr. 4764, à celle de la Havane, 22 juil. 4762, il fut nommé le 24 sept. 4766 lieutenant gouverneur de Québec. Il contribua à faire accorder aux catholiques le libre exercice de leur culte. Nommé gouverneur en 4775, il défendit énergiquement Québec contre les Américains et les força à évacuer le Canada. En 4777 on lui préfera Burgoyne pour commander l'armée qui, du Canada, pénétra dans les territoires soulevés. Rappelé en Angleterre (juil. 4778) il fut renvoyé en 4782 comme commandant en chef de l'armée d'Amérique, et mit un terme aux hostilités. En 4786, il fut nommé de nouveau gouverneur de Québec et créé baron Rochester. H divisa le Canada en deux provinces. Sa politique fut prudente et modérée ; il quitta définitivement l'Amérique en 4796. Il était, comme soldat et administrateur, très lerme, très perspicace, aussi humain que le permettaient les circonstances. — Le titre de baron de Dorchester a passé depuis lui à une branche collatérale. L. Bougier.
CARLETON (William), romancier irlandais, né en 4798 à Prillisk, comté de Tyrone, mort à Dublin le 30 janv. 1869. Fils d'un petit fermier, il se destina d'abord à l'église, mais ayant entrepris, à dix-neuf ans, un de ces pèlerinages religieux alors si communs en Irlande, il en revint dégoûté de l'ignorance et du grossier charlatanisme du clergé irlandais. La lecture de Gil Blas, tombé par hasard entre ses mains, l'engagea à tenter la fortune à la manière du héros de Le Sage. D'abord précepteur des enfants d'un riche fermier, il se lassa bientôt de ce métier et partit pour Dublin oii il arriva avec deux shillings et neuf pence dans sa poche. Sentant ses idées fermenter, il écrivit quelques articles pour le Christian Examiner dont l'un, the Lough Derg Pilgrim, attira sur lui l'attention. Dès lors, sa voie était tracée, il se livra tout entier à la littérature. En 4830, parut la première série de Traits and Stories of the Irish Pea-
santry qui le plaça au premier rang -des romanciers. Une seconde série publiée en 4832 fut également bien accueillie en Angleterre et en Irlande. 11 y décrit avec une merveilleuse exactitude la vie du paysan irlandais, la poésie des campagnes de la verte Erin, les intérieurs, les scènes familiales, mais aussi les sombres côtés d'une éducation livrée tout entière à un clergé fanatique et ignorant. Son style est clair, coulant, .agréable, et bien que ses romans manquent de ce qu'on appelle aujourd'hui Vactiorif ils sont bien construits et d'une lecture facile. En voici les principaux: Fardarougha ihe miser, qui passe pour le meilleur; tke Tithe Proctor; Valentine Mac-Clutchy ; ihe Black PropEet; the Emigrants of Ahadarra ; the Squanders of Castle Squander, Après avoir passé plusieurs années en Amérique, il revint se fixer définitivement à Dublin, mais il est probable que ses nombreuses publications n'avaient enrichi que ses éditeurs, car la couronne lui faisait depuis longtemps une pension de 200 livres sterling. Hector France.
CA BLETTI (François-Xavier, comte), diplomate florentin, né à Montepulcianovers 1730, mort le 11 août 1803. 11 se fit toujours remarquer par son esprit libéral et son admiration pour la philosop,hie française. En 1795, il fut chargé par le grand-duc de Toscane de signer un traité avec la République française : nul prince ne l'avait encore reconnue. Le discours prononcé par Carletti à l'occasion de la signature du traité devant la Convention excita l'enthousiasme universel. Le président Thibaudeau lui donna l'accolade au nom de l'assemblée. Mais, malgré ses sympathies pour les républicains, Carletti, en vrai courtisan du xvni® siècle, restait lié avec toute la société de l'ancien régime. Ayant sollicité du ministre de l'intérieur la permission d'aller rendre visite à la fille de Louis XVI, qui devait être translérée en Autriche, il fut menacé d'être expulsé du territoire français. Carletti se retira en Suisse, fut désavoué par le grand-duc Ferdinand de Toscane, qui tenait à maintenir ses bonnes relations avec la République française. Il mourut dans une demi-disgrâce, adoucie par la pension qu'il continuait à recevoir de son maître. H. Vast.
CARLEVARIIS (Luca de), paysagisleetgraveurde l'école vénitienne, né à Udine en 1665, mort vers 1731 à Venise. Il étudia à Rome et fut protégé par la famille Zenobrio, d'où il reçut le nom de Luca d'i Cii Zenobrio, Ses tableaux, qui représentent généralement des Vues de Venise ou des villes de la région, se trouvent pour la plupart dans des palais de Venise; avec un peu plus de rudesse, ils rappellent ceux de Canaletto dont il peut être considéré comme le précurseur. Le musée de Vicence, ceux de Berlin et de Dresde possèdent aussi de ses œuvres. 11 a également gravé une centaine de Vues de Venise (le Fabriohe e vedute di VeneHa;\Gr\hey 1703-4, in-foL), et dont l'exécution est remarquable par l'aisance et la netteté du travail. E. M.
CARL-FILIP, prince suédois et tsar de Russie (V. Charles-Philippe).
CARLI (Giovanni-Geronimo), littérateur et antiquaire italien, né à Acanjano, aux environs de Sienne, en 1719, mort à Mantoue le 29 sept. 1786. 11 professa l'éloquence à Colle, en Toscane, puis à Gubbio dans les Etats de l'Eglise, revint à Sienne après plus de vingt ans d'absence et alla finir ses jours à Mantoue, secrétaire perpétuel de l'Académie de cette ville qui lui doit sa bibliothèque et son musée. Il laissa, entre autres travaux: Scritture intorno a varie opérette del Giov. P. S, Blanchi di Rimini (Florence, 1749, in-8) ; Dissertazioni due (Mantoue, 1785, in-8) ; Annotaûoni alla scelta di elegie di TibuUo tradotte in terza rima da Francesco Carretti (Venise, 1751, in-8) ; Annotazioni al discorso di Celso Cittadini (Lucques, 1741, in-8). Tipaido donne la liste assez longue des ouvrages de Carli demeurés manuscrits et conservés à la bibliothèque de Sienne. R. G. BiBL.: Matteo Borsa, Elogio di G.-G. Cai^li ; Mantoue,