‹ La Grande encyclopédieChapitre 142 sur 397 · CARLETON - CARLIER · texte numérisé non relu

CARLETON - CARLIER

1787j in-4. — Tipaldo, Biografia degli Italiani illustri,

CAR LI-RuBBi (Giovanni-Rinaldo, comte), antiquaire italien, né à Capo-d'Istria le 11 avr. 1720, mort le 22 févr. 1795. Dès l'âge de dix-huit ans, il publia une dissertation sur Faurore boréale et fit quelques poésies, en même temps qu'il se livrait à l'étude approfondie des langues classiques ; à vingt ans, il fut reçu membre de TAcadéraie des Ricovrati, et, à vingt-quatre ans, nommé à Venise professeur d'astronomie et de science nautique. Lié d'amitié avec Maffei, il entreprit avec lui, contre quelques théologiens, notamment l'abbé Tartarotti, une querelle qui dura bien dix ans, pour prouver l'inanité et la supercherie des fées et des sorciers. Dans le même temps il écrivait une étude philosophique et sociale intitulée Antropologia ou delta Società, En 1751, ayant visité ristrie, il publia le résultat de ses recherches sur Tamphithéâtre de Pola. Son principal ouvrage est son traité des monnaies, dont Je premier volume parut en 1754 et le troisième en 1768; il a pour titre: Délie Monete e deWistituzione délie zecche dltalia, delV antico e présente sistema di esse e del loro intrinseco valore e rapporto colla présente moneta. Nommé président du conseil suprême du commerce à Milan, ses étiides se tournèrent du côté de l'économie politique, et on lui doit dans ce genre : Essai politique et éco7iomique sur la Toscane (1757) ; VHomme libre {illi); Lettres américaines (1780-81, 2 vol.). En même temps, Carli préparait un recueil général des antiquités de l'Italie, dont cinq volumes ont paru : DeW Antichità Italiche (Milan, 1788 à 1791, 5 vol. in-4 ; 2^ édit. en 1793-1795, 4 vol.) ; ce recueil important, quoique indigeste et sans critique, comprend des antiquités de toute nature, depuis les peuples italiotes jusqu'au xiv^ siècle de notre ère. Carli a publié lui-même un recueil général de ses œuvres intitulé Délie Opère del sig. commend. D, Gian Rinaldo conte Carli, etc. (Milan, 1784 à 1794, 19 vol. in-8); l'ouvrage Délie Monete et celui DeW Antichità italiche ne figurent pas dans ce recueil. On lui doit encore, entre autres : Storia di Verona flno al 1517 (Vérone, 1796, 7 vol. i^'ï-S)- ^ E. R.

CARLIER (l'abbé Claude), antiquaire français né à Verberie en 1725, mort prieur d'Andrezy (Seine-et-Oise; le 23 avr. n87. 11 s'occupa d'archéologie, mais surtout de l'élevage des moutons et d'économie rurale. On a de lui : Dissertation sur l'étendue du Belgium et sur l'ancienne Picardie (1753, in-12) ; Mémoires sur les laines (1755, in-12) ; Considérations sur les moyens de rétablir en France les bonnes espèces de bêtes à laine(il6% in-12) ; Histoire du duché de Valois, contenant ce qui est arrivé dans ce pays depuis le temps des Gaulois jusqu'en 170S (1764, 3 vol. in-4) ; Instruction sur la manière d'élever et de perfectionner la bonne espèce de bêtes à laine en Flandre(il63, in-12); Traité des bêtes à laine ou méthode d'élever et de gouverner les troupeaux aux champs et à la bergerie (1770, 2 vol. in-4); Traité sur les manufactures de lainerie (^ vol. in-12); Observations pour servir de conclusions à l'histoire du diocèse de Paris, insérée à la fin du t. XV de l'ouvrage de l'abbé Lebeuf. E. R. CARLIER (Prosper-Hyacinthe), membre de l'Assemblée nationale législative, né à Coucy-le-Château (Aisne) le 12 août 1755, mort après 1815. Au moment où la Révolution commença, il exerçait les fonctions de lieutenant général au bailhage de sa ville natale. Lors de la nouvelle organisation judiciaire, il fut nommé président du tribunal civil. Le dép. de l'Aisne Fenvoya siéger, comme député, à l'Assemblée législative où il vota constamment dans un sens modéré. Défenseur des principes constitutionnels de la monarchie, il fut néanmoins peu inquiété par la suite et passa sans encombre la période de la Terreur. Il reparut sur la scène politique en l'an V et occupa les fonctions de président de l'administration

GARLIER — CARLIN

centrale de son département. Destitué au 18 Fructidor, il devint, après le 48 Brumaire, secrétaire général de l'Aisne, remplit plusieurs fois les fonctions de préfet par intérim et acquit la réputation d'un habile administrateur.

BinL. : Biographie moderne, 2« édit. — Le Moniteur général, 1792, pp. 82 et 210.

CAR LIER (François-Joseph), facteur d'orgues, né à Saint-Amand-les-Eaux, près Tournai, le 2 avr. 1787. 11 acquit une certaine célébrité dans le nord de la France et en Belgique. Fixé à Douai, il répara et installa, à l'église Saint-Pierre, l'orgue de l'abbaye d'Anchin, chef-d'œuvre de Dallery, d'Amiens. Il a restauré plus de soixante grandes orgues, et construit plusieurs ouvrages neufs, parmi lesquels le grand orgue de la cathédrale d'Arras (5 claviers et 58 registres). A. E.

CAR LIER (Marie-Jean- François-Philibert le), homme politique français (V. Le Carlier).

CARLIER (Pierre-Charles-Joseph), homme politique français, né à Sens (Yonne) en 1799, mort à Sens le 28 mars 1858. Il fit ses débuts dans une maison de commerce de Rouen, puis fut agent de change à Lyon, et, ayant résigné sa charge, il devint, en 1829, commissaire de police à Paris. De 1831 à 1833, il fut chargé par le préfet de police Gisquet des fonctions de chef de la police municipale. Puis il donna sa démission et revint à Lyon employé dans une compagnie d'assurance contre l'incendie. En 4848, après son élection à la présidence, le prince Louis-Napoléon Bonaparte le nomma de nouveau chef de la police municipale, et l'année suivante le plaça à la tête de la préfecture de police. Ce fut lui qui réorganisa le corps des sergents de ville et se fit l'exécuteur des mesures de violences prescrites par le prince-président. Il résigna ses fonctions de préfet de police quelques jours avant le coup d'Etat du 2 décembre, cédant la place à M. de Maupas. Après la proclamation de l'empire, M. Carlier fut nommé conseiller d'Etat. L. Lucipia.

CARLIER (Emile- Joseph-Nestor), sculpteur français, né le 3 janv. 1849 à Cambrai (Nord), élève de Jouffroy et de Hiolle. Il exposa pour la première lois au Salon de 1874 ; ses principales œuvres exposées sont : la statue en plâtre d'Enguerrand de J\k)nstrelet, chroniqueur français, exécutée pour la ville de Cambrai (1876); Gilliatt et lapieuvre, statue en plâtre (1879), placée au musée de Yalenciennes, et dont la reproduction en bronze, commandée par la ville de Cambrai, fut exposée au Salon de 1880; Avant l'âge de pierre, groupe en plâtre (1881) ; Fraternité ou l'Aveugle et le Paralytique, groupe en j>lâtre (1883). La même année, les sculpteurs Turcan et Gustave-Frédéric-Michel avaient choisi le même sujet pour leur envoi au Salon, ce qui constituait une sorte de concours particulier entre ces trois artistes. En 1884, le groupe de Carlier reparut en bronze, au Salon. Cet artiste a obtenu une médaille de i^^ classe en 1883, il est chevalier de la Légion d'honneur depuis 1886.

CARLILE (Richard), publirisle anglais, né à Ashburton (Devonshire) le 8 déc. 1790, mort à Londres le 10 fév. 1843. Après une jeunesse malheureuse et très agitée, tour à tour apprenti, peintre, employé de commerce, ouvrier, il commença en 1817 à entreprendre ur.e courageuse campagne en faveur de la liberté de la presse. Les journaux étaient alors surveillés de très près et exposés à des pénalités formidables, Carlile se mit à colporter lui-même le Black Dwarf de Wooler, imprima et vendit le Wat Tyler de Souihey qui avait été supprimé, écrivit lui-môme une série de pamphlets qui lui valurent plusieurs mois d'emprisonnement. A peine libéré, il publia les œuvres religieuses et politiques de Paine et autres écrits de même nature. Condamné à 1,500 livres d'amende et à trois ans de prison, il fut enfermé à Dorchester où il fut traité très durement. Dans sa cellule il rédigea un journal The Bepublican (1819-1826, 14 vol.), que sa temme fit imprimer. Elle fut condamnée pour ce fait à deux ans de prison. Carlile ne perdit pas courage. Il

trouva moyen.de faire paraître d autres publications, parmi lesquelles ISew Year's address io the Beformers of Great Britain (1821). Le gouvernement poursuivit ses complices, condamna sa sœur à douze mois de prison, le garda lui-même à Dorchester six ans au lieu de trois et finit par se lasser de ces poursuites qui ne servaient à rien. Mis en liberté, Carlile fonda plusieurs journaux politiques, The Gorgon et The Lion entre autres. Il revendiqua avec succès la liberté de parole (1828-1830). Mais il eut encore maille à partir avec l'Eglise et le gouvernement et subit de nouveau trois ans et quatre mois de prison. Sa conviction profonde et ses généreux efforts pour conquérir la liberté de la presse politique lui avaient attiré l'admiration de ses compatriotes qui plusieurs fois payèrent par souscription ses amendes et les frais de ses innombrables procès. R. S.

BiBL. : Leslie Stephen , National Biography ; Londres, t. IX, 1887. On y trouvera la liste des pamphlets de Carlile et de ses autres écrits, ainsi que des détails jusque-là inédits sur sa vie et sa famille.

CARLIN. L Numismatique. — Monnaie frappée pour la première fois dans le royaume de Naples par Charles 1®^ d'Anjou, et que certains numismatistes nomment, à cause du type figuré au revers, salut. Mais dans les textes officiels, celte pièce est appelée en latin carolensis ou carolinus et en français, carlin. La première émission de carlins d'or eut lieu en 1278, au château Capouan de Naples, sous la direction de François Formica de Florence. Voici l'image et la description de cette monnaie : KAROL. Dhï GlU lERLM. S CILIE REX. Eco mi-parti de Jérusalem et de France, surmonté d'un croissant entre deux étoiles, et accosté de deux roses entre deux étoiles, ï^ AVE GRACIA PLENA DOMINUS TECUM. Salutation angélique.

Carlin d'or.

Ce carlin valait, comme Yaugudale ou réale qu'il remplaça, le quart de l'once. Le poids moyen est de 4gr. 40. M. Blancard fixe à 14 fr. 77 la valeur intrinsèque du carlin d'or en monnaie moderne. Les carlins d'or au salut ne furent frappés que sous les règnes de Charles ¥^ et de Charles IL On a frappé aussi des demi-carlins d'or. Charles F** émit des carlins d'argent et des demi-carlins au même type de la salutation angélique. Ils ont le même revers que les carlins d'or. Au droit, la légende est : KA- ROL' lERL' ET SICIL' REX; dans le champ, un écu parti de Jérusalem et de France. Le poids légal du carlin d'argent était, exprimé à la façon moderne, de 3 gr. 27. Le poids du carlin n'a pas varié sous les règnes de Charles I«^ et de Charles II, mais il en a été autrement de son titre, et, par suite, de son rapport avec la monnaie d'or. En 1278, cinquante carlins valaient une once ; en 1300, on demandait soixante-six carlins, et peu après, quatrevmgts carlins pour une once. Une ordonnance da 19 sept. 4301 releva le titre du carlin qui fut légalement la soixantième partie de l'once. La dernière émission de carlins au salut eut lieu en 1302. Vers 1303 lurent frappés les gillals ou carlins de majesté, ainsi nommés parce que le roi y était représenté assis sur le trône.

Le carlin de\int une monnaie de compte. Dans le royaume de Naples, à partir du xvi« siècle, le ducat royal se divisait en dix carhns, le carlin en dix grains, et le grain en douze cavalli. Barrême, dans le Grand banquier de 1696, fixe à 6 sols 8 deniers tournois la valeur du carlin napolitain. A Malte, le carlin était une monnaie

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