CARLOS
t. II, m, IV. — Lesur, Annuaire historique, 1833 à 1840, etc.
CÂRLOS (Don Cârlos-Luis-Maria-Fernando de Bourbon, comte de Montemolin, dit don), infant d'Espagne, fils aîné du précédent, né le 31 janv. 1818, mort à Trieste le 13 janv. 1861. Son père, interné en France, ayant renoncé en sa faveur (1844) à ses prétentions, ce prince, connu sous le nom de comte de Montemolin, revendiqua pour son compte la couronne d'Espagne. Le projet de lui faire épouser Isabelle II et de clore ainsi une querelle de succession depuis trop longtemps ouverte fut plusieurs fois mis en avant. Mais à partir de 1846, il ne pouvait plus en être question, la reine étant mariée. Don Cârlos n'avait pas, du reste, attendu jusque-là pour pousser ses partisans à reprendre les armes. Dès 1845, des bandes carlistes s'étaient de nouveau montrées dans la péninsule, sous Cabrera. Cet essai d'insurrection échoua misérablement. Deux autres tentatives du même genre, l'une en 1849, l'autre en 1860, n'eurent pas plus de succès. A la suite de cette dernière, le comte de Montemolin fut fait prisonnier et ne cessa de l'être qu'au prix d'une abdication en bonne forme. Il est vrai qu'aussitôt libre il rétracta sa renonciation. Mais il mourut fort peu après, léguant ses droits (ou ce qu'il appelait ainsi) à son frère don Juan, qui devait, en 1868, les transmettre à son propre fils don Cârlos (V. ci-dessous). A. Debidour.
CÂRLOS (Cârlos-Maria de las Dolores-Juan-Isidro- José - Francisco-Quirino- Antonio-Miguel-Gabriel - Rafaël de Bourbon, dit don), fils de l'infant D. Juan (deuxième fils de Cârlos-Maria-lsidro, mort à Brighton le 22 nov. 1887), et de Maria-Beatrix de Modène, né à Laybach le 30 mars 1848. Son père qui, en 1860 après l'abdication de^ Cârlos-Luis-Maria-Fernando, avait revendiqué ses droits à la couronne, abdique en sa faveur en 1868. Le jeune prince, qu'on appelait jusqu'alors duc de Madrid, fut salué par les carlistes du nom de Charles VIL Le 4 févr. 1867, il avait épousé à Frohsdorf Marguerite de Parme, nièce du comte de Chambord, dont il a quatre filles et un fils, Jacques de Bourbon (né le 27 juin 1870). Jusqu'en 1872, les prétentions de don Cârlos ne se manifestèrent que par des proclamations adressées à ses fidèles, mais en cette année son rôle devint plus actif. Il entra en Espagne, pour chasser l'étranger (Araédée), disait-il, et souleva les provinces du N. ; quoique battu par Moriones à Oroquiela, le 16 juil. 1872, il put se maintenir dans le pays quelque temps, puis passa en France, tandis que les bandes qui combattaient en son nom commettaient toutes sortes d'atrocités; le curé Santa-Cruz, un de leurs chefs, est par là demeuré fameux. Le 15 juil. 1873, don Cârlos repassa la frontière, rejoignit Valdespina et Lizarraga et s'empara d'Estella qui devint son quartier général. Ces succès ranimèrent l'ardeur des partisans et la guerre s'étendit presque sur tout le nord de l'Espagrre. Les réguliers éprouvèrent môme pendant l'automne plusieurs échecs assez graves. En même temps, le coup d'Etat de Pavia et de Serrano venait affaiblir le gouvernement ; Don Cârlos put se rendre maître de Portugalète, battre Moriones (2i et 25 fév. 1874) et assiéger Bilbao. Devant cette place, il avait même constitué son ministère, se croyant assuré de l'avenir. Mais Serrano et Coucha marchèrent contre lui, débloquèrent Bilbao (1^^^ mai). Don Cârlos, dès avant la bataille, s'était mis en sûreté à Durango. La mort du général Coucha devant Estella (26 juin 1874) rendit au prétendant quelque espoir et il publia manifestes sur manifestes ; à ce moment, le gouvernement du roi Alphonse, s'étant consolidé, put prendre des mesures énergiques. Quesada, envoyé contre les carlistes, les battit en plusieurs rencontres et prit la Seu d'Urgel ; Cabrera abandonna le parti du prétendant pour se rallier au fils d'Isabelle; Estella, quartier général de don Cârlos, se rendit; Tolosa fut prise par Moriones, et le prétendant dut s'enfuir (fév. 1876), après avoir troublé son pays pendant quatre années et l'avoir en partie ruiné. Sa cause paraissait à
CARLOS - CARLSEN
jamais perdue. Il commença alors de longues courses à l'étranger, à Paris, en Angleterre, au Mexique, aux Etats-Unis, en Russie. En 1878, il parut se rapprocher d'Isabelle et intrigua contre Alphonse, ce qui le fit inviter à sortir de France; il alla à Frohsdorf, à Venise, et en 4881, se fit encore presque expulser de notre pays pour avoir, dans une messe en l'honneur du comte de Chambord, voulu Jouer le rôle de prétendant à la couronne de France. Il reprit ses voyages, en Suède, Norvège, Algérie, Tunisie. Inde, Italie, reçut à Venise les hommages de quelques légitimistes français qui le considèrent comme le véritable héritier de nos rois, et en 1888 adressa un manifeste assez libéral aux Espagnols. E. Cat.
CARLOSAMA. Rivière de l'Amérique du Sud, Colombie, sur les rives de laquelle campe une peuplade indienne du même nom.
CARLOSTADT (A. Rodenste[n) (V. Carlstadt).
CAR LOVA (Vasile), poète roumain, né en 1809 à Tîrgoviste, mort en 1831. Il fit ses études dans son pays natal. Dès l'âge de dix-huit ans, il débuta par des poésies remarquables et pleines de feu. 11 entra dans l'armée en 1831, à l'âge de vingt-deux ans, et y mourut au bout d'une courte maladie. Quoiqu'il ait peu écrit, ses œuvres indiquent une tendance nouvelle et originale. C'est sous son influence que commencèrent àécrireNegruzziet Chrisoverghi, qui l'imita jusque dans le choix des sujets. « Une imagination ardente, des sentiments passionnés, des expressions simples et vigoureuses, un style doux et enchanteur, une langue qui coule comme un ruisseau limpide », tels sont, au dire des critiques roumains, les caractères principaux du talent de notre poète. Ses principales poésies, sont le Pasteur affligé (18^7) ; les Ruines de Tîrgoviste (1828) ; le Son d'une fliUe, la Brune ^ la Prière, Ode à V armée roumaine, etc. (1830) ; la Marche des Roumains^ Héro et Léandre et ja traduction d'un acte de Zaïre de Voltaire. J.Monnier.
BiBL. : Ar. Densusianu, Isioria limbei si literaturei romane; lassi, 1885, in-8,
CARLOVINGIENS (V. Carolingiens).
CARLOWou CATHERLOUGH. 1. Coratedelaprov.de Leinster (Irlande), 896 kil. q., 46,S68 hab. Fertile et bien arrosé par la Rarrow et la Slaney, il a pour principale industrie l'agriculture, l'élevage, quelques mines de fer et de houille.
IL Capitale du comté, sur la rive gauche de la Rarrow, qui est navigable et reçoit le Burren, ville bien bâtie et grand marché agricole, siège de Tévêque catholique de Kildare, grand collège ; garnison importante. Ruines du château-tort de Jean sans Terre ; a joué un rôle brillant dans l'histoire parlementaire et militaire de l'île. Pop. : 7,778 hab. L. Bougier.
CARLOWITZ (V. Karlowitz).
CARLOWITZ. Famille allemande établie en Saxe depuis le xiv® siècle, dont les descendants se trouvent aussi en Autriche et en Prusse; ses principaux représentants furent :
Christoph von Carlowitz, né à Hermsdorf le 13 déc. 1507, mort à Rothenhaus (Bohème) le 8 juin 1578. Conseiller des ducs Georges, Maurice et Auguste de Saxe, cet homme d'une haute culture joua un rôle important dans l'histoire de la Réforme. 11 négocia successivement l'entente de Maurice et de Charlcs-fiuint, puis le traité de Passau (1552).
Hans-Georgj né à Grosshartmannsdorf (près Freiberg) le 11 déc. 1772, mort le 18 mars 1840, présida à la conclusion de l'union douanière de l'Allemagne centrale et fut ministre du roi de Saxe à partir de 1831.
Albert, fils du précédent, né à Freiberg le l^'' avr. 1802, mort à Kœtzschenbroda le 9 août 1874, député au Parlement saxon depuis 1830, élu président de la Chambre haute (1845), ministre de 1846 à 1848, défendit l'alliance prussienne en 1849; passa en 1853 à la Chambre des députés de Prusse et y vota avec les libéraux; il se retira en 1862.
CARLSBAD (V. Karlsbad).
CARLSBERG-FoNDET. Fondation de Carlsberg, à Valby, paroisse de Hvidœvre, près Copenhague. C'était originairement une brasserie de bière bavaroise, où son propriétaire, le célèbre mécène Jac. Chr. Jacobsen, établit un laboratoire de chimie et de physique pour l'analyse du malt (1875). En 1876, il en fit don à la Société des sciences de Copenhague, en y ajoutant un million de couronnes (1,400,000 fr.), dont la rente est partagée entre des missions scientifiques et le musée historique de Frederiksborg, pour la fondation duquel il avait donné 200,000 cour., plus 400,000 pour la restauration du château (1 877-80). Enfin, il disposa qu'après la mort de sa femme et de son fils, l'hôtel de Gamle (vieux) Carlsberg servirait de logement à un Danois méritant désigné par la Société des sciences ; que les deux brasseries de même nom seraient exploitées sous l'inspection de cette Société, de manière à devenir des établissements modèles; que 110,000 cour, seraient annuellement prélevées sur les revenus et partagées entre les trois catégories de subventions, et que le reste accroîtrait le capital de fondation jusqu'à concurrence de trois millions de couronnes au moins. Cette générosité d'un simple particulier a déjà rendu de grands services à la science, aux lettres et à l'industrie. Tout près de là, à Ny (nouveau) Carlsberg, C. Jacobsen fils, et sa femme Ottilie Jacobsen, ont fondé en 1882 une glyptothèque où sont réunies de nombreuses sculptures et des moulages, le tout formant un important musée offert gratuitement à l'Etat et à la ville de Copenhague en 1889 ; de plus, ils ont donné, en 1883, 250,000 cour, pour l'acquisition d'œuvres d'art, autant pour l'acquisition d'objets d'architecture et d'industrie artistique; enfin pareille somme pour subvention aux ouvriers. Beauvois.
CARLSBURG (Autriche-Hongrie) (V. Karlsburg).
CARLSCRONA ou KARLSKRONA. Province et ville de Suède. Le Isen de ce nom, qui comprend 141,000 hab. sur 3,011 kil. q., correspond à la province de Blekinge, située sur la Rallique, à TE. de la Scanie, dans la partie méridionale du royaume. On l'appelle le paradis de la Suède, dont sa population est une des plus belles et des plus hospitalières. Le ch.-I. Carlscrona, établi sur cinq skères ou îlots par Charles XI, en 1680, est le grand port militaire de la Suède. Ses docks, taillés dans le granit, sont un chef-d'œuvre. Il y a des chantiers, un arsenal, le collège de l'amirauté et une école de navigation. La ville compte aujourd'hui 20,000 hab. Ses rues sont larges et très propres, ainsi que les maisons, pourtant construites en bois pour la plupart. Un hôtel de ville moderne et l'église principale, des tours de laquelle la vue embrasse tout le port, uni comme la surface d'un étang, avec ses fortifications, embellissent la place du marché. Ch. Vogel.
CARLSEN (Hans Rasmussen), homme politique danois, né le 28 oct. 1810, mort le 2 juill. 1887. Quoique fondateur du fidéicommis de Gainmel-Kjœgegaard (I8i5), il fut le plus libéral des seigneurs à la diète des îles (1842-46). Désigné par le roi pour faire partie du Rigsraad (1854-1864), il fut ministre de l'intérieur de mai à juil. 1864. Après avoir été l'un des principaux membres du parti des paysans au Landsthing (1859-66) et chef de la gauche nationale au Folketing (1866-69), il fut, comme membre à vie du Landsthing à partir de 1870, un des adversaires les plus prononcés du parlementarisme cher à la majorité de cette assemblée. B-s,
CARLSEN (Elling), navigateur norvégien, né à Tromsœ le 8 sept. 1819. Il fit, comme baleinier, beaucoup de voyages dans l'océan Glacial. Il fut le premier à faire le tour du Spilzberg (1863) et il trouva à la Nouvelle- Zemble (1871) des vestiges de l'hivernage de Barendsz (1596-97). Il prit part à la découverte du Pays de François-Joseph, comme membre de l'expédition polaire de Payer et Weyprecht (1872-74), sur laquelle il a publié des Notes (Tromsœ, 1875, in-8). Depuis 1879, il est
garde-phare à Skraaven dans le groupe de Lofoten. Ses observations physiques, météorologiques et géographiques en partie publiées dans divers recueils, n ont pas peu contribué à nous faire connaître les régions polaires. B-s.
CARLSHAMN ou KARLSHAMN. Ville de Suède, province de Blekinge, à l'O. de Carlscrona, avec un port très sur, défendu par un fort ; construite en bois sur les rochers de la côte; 6,000 hab. L'industrie et la navigation l'ont rendue prospère.
CARLSON (FredriK-Ferdinand), célèbre historien et homme d'Etat suédois, né à Kungshamn (Upland) le 13 juia 1811, mort à Stockholm le 18 mars 1887. Docent en histoire (1835), puis adjoint (1844) à l'Université d'Upsala, il fut, de 1837 à 1846, l'un des précepteurs des princes Cari (XV), Gustaf et Oskar (11), devint professeur extraordinaire en 1846, succéda à Geijer comme professeur ordinaire en 1849, fut recteur (1860-61), et prit sa retraite en 1877. Après avoir représenté l'Université d'Upsala, puis l'Académie des sciences de Stockholm aux six dernières diètes (1850-1865), et le laîn de Get'leborg à la première chambre depuis 1873, il fut deux fois chef du département ecclésiastique (1863-1870 et 1875- 1880). Comme député, membre des comités législatifs, ministre, recteur, il contribua à la réforme et aux progrès de l'enseignement primaire, technique, supérieur; à l'organisation du bureau central de statistique ; à Taugmcntation du traitement des maîtres et professeurs ; aux mesures pour la protection des écoliers, des jeunes ouvriers et des monuments nationaux. Aussi fut-il comblé d'honneurs ; il était l'un des Dix-Huit de l'Académie suédoise (1859), et un des rares chevaliers de l'ordre des Sérapbins (1882). il fut l'un des fondateurs et le premier président (1880-83) de la Société historique suédoise, dont le recueil s'ouvre par un article de lui sur la Première année du règne de Charles XIL Son principal ouvrage est V Histoire de Suède sous les rois' de la maison Palatine (Stockholm, 1855-1885, 7 vol. in-8 ; en allemand dans la collection de Heeren et Ukert), qui fait suite à celle de Geijer, son maître, mais qui est malheureusement inachevée. Elle s'arrête à la paix d'Alt- Ranstaedt (1706). A ce sujet se rattache la Campagne de Charles Xll contre les Russes, qu'il a traitée dans les Mémoires de r Académie suédoise (t. LXl, 1885). Il a en outre pubhé en latin, De Hemmingii Gaddei in patriam meritis (Upsala, 1834); De Albis et Mgris, factionibus florentinis (1837); Quœ a Carolo Xll post pugnam PuUavensem de pace acta sint (1848) ; en suédois : Sur les Négociations des années 1109iliS (Stockholm, 1857); les Réformes administratives de Charles XI (1860) ; la Diète de Î680 (1860) ; De l'influence suédoise dans V élection du roi de Pologne en i704 (1861); Discours sur la situation de la femme dans la société a différentes époques (1852) ; des notices sur Frans-Gustaf -Oskar, duc d' Upland (1 853); sur Oskar f, sur la Reine Louise, sur CharlesXV; les Eloges d'Agardh (1861) et de G.-O. Stenbock (1873). Quoiqu'il ne fît pas étalage de son érudition, mais se bornât à un exposé clair, impartial et parfois éloquent, il travaillait d'après les sources qu'il avait lui-même consultées dans les archives, à Stockholm, à Copenhague, à Londres, à la Haye, à Paris. Son fils, Ernst Carlson, né en 1854, lecteur à l'école professionnelle de Gœteborg (1883), a écrit sur le Séjour de Charles Xll en Saxe, i706-7 (1877) ; la Suède et la Prusse de I70i à i709 (dans Bibliothèque historique de Silfverstolpe, 1881) : /^ Règne de Christine, dans V Histoire de Suède (fasc. 5-6 du t. IV, pp. 257-360 ; Stockholm, 1880, in-8). JBeauvois.
CARLSRUHE (V. Kârlsruhe).
CARLSSON (Gu.taf), général suédois, né à Stockholm en 1647, mort à Ter Hoorne (Frise) le d®»* janv. 1708. Fils du roi Cari X Gustaf et de Brita Al'eris, il reçut les seigneuries de Bœrringe et de Lindholm (Skanie), plus tard érigées en comté (1674). 11 était au service de la
^ — CARLSEN — CARLSTADT
France, lorsque Charles XI le nomma colonel du régiment d'infanterie d'Upland (1675), à la tête duquel il se signala par sa bravoure et sa prudence dans la guerre de Poraéranie. De dépit de n'avoir pas été nommé membre du Riksrâd, il passa en Hollande, devint lieutenant général, suivit en Angleterre Guillaume d'Orange (1688), et fit avec lui la première campagne d'Irlande (1690). Ami des lettres et des sciences, il laissa une précieuse bibliothèque. B-s.
CARLSSON (Johan-Gustaf von), ornithologiste suédois, né le 15 nov. 1743 à Vârdinge (Sœdermanland), mort à Stockholm le 10 déc. 1801. Entré à la chancellerie en 1762, il devint premier secrétaire d'expédition (1773), archiviste des ordres royaux (1776), secrétaire d'Etat pour les aflfaircs militaires (1781), président de la cour de Vasa (1792-94). Comme membre (1787) et deux fois président (1789, 1798) de l'Académie des sciences de Stockholm, il prononça des discours sur l'ornithologie et légua à cette société sa belle collection d'oiseaux, dont les plus rares sont représentés dans Muséum Carlsonianum (1786-89, 3 fasc). B-s.
CARLSSON (Per) (V. Caroli [Petrus]).
CARLSSON (Yilhelm), écrivain finnois, né le 13 août 1834 à Hvittis (Abo laen), mort à Nastola en 1875. Successivement adjoint à Pirkkala, chapelain à Jsemijaervi (1865) et pasteur à Nastola (1875), il fonda des écoles et des bibliothèques populaires et, au milieu de ses pénibles fonctions, il trouva le temps de publier une trentaine d'ouvrages ; la plupart, à la vérité, sont des traductions de livres de piété, de traités agricoles et économiques ; nous n'avons à citer que : la ^Bible avec explications (Abo, 1874-76, 4 vol. ir.-8); et deux excellentes Histoires des paroisses de Pirkkala (Helsingtors, 1869, in-8) et de Vieil- Ikalinen (1871). B-s.
CARLSTAD ou KARLSTAD.ProvinceetvilledeSuède.Le laîn suédois de ce nom, avec une population de259,000 hab. sur 19,314 kil. q., correspond au Vermeland, limitrophe de la Norvège, au N. du Dalsland et du lac Wenern. C'est la Suisse suédoise, avec sa longue vallée d'Elfvedalen, que la Clara-elf parcourt en cascadant, et celle de Frykdalen où brillent trois lacs, ainsi que la province la plus riche en mines et usines de fer. Le ch.-l., Carlstad, ville de 8,000 hab., fondée par Charles IX en 1548 et siège d'un évêché, est situé dans l'Ile de Tingvalla, jointe au bord septentrional du lac Wenern, près de l'embouchure de la Clar-elf, par deux ponts, dont l'un compte parmi les plus beaux et les plus longs de la Suède. C'est un des ports et marchés intérieurs du royaume les plus animés, ou il se tient annuellement une foire célèbre. Il y a une belle cathédrale, un gymnase, un observatoire et un théâtre, Ch. Vogel.
CARLSTADT (Autriche-Hongrie) (V. Karlstadt).
CARLSTADT ou CAR LOSTADT (Andréas Bodenstein), théologien allemand, né à Carlstadt (Franconie) avant 1483, mort à Bàle en 1541. Il fit ses études théologiques à Wittemberg où il devint docteur en théologie en 1510, et professeur en 1515, et, s'étant rallié à Luther en 1517, il soutint, à Leipzig, mais avec une infériorité marquée, une discussion publique contre le D^'Eck, en faveur de l'augustinianisme le plus strict. Pendant le séjour de Luther à Wartbourg, il se laissa emporter par son zèle iconoclaste et entraîner par les prophètes de Zwikau, et jeta un trouble profond dans l'église de Wittemberg. Luther remit tout en ordre par l'autorité de sa parole (V. Luther). En 1523, Carlstadt recommença les mêmes agitations àOrlamunde, et se déclara, de plus, contre la doctrine de Luther sur la présence réelle, devenant ainsi le premier auteur de la querelle sacramentaire. Compromis dans la guerre des Paysans, il fut généreusement recueilli par Luther et vécut pendant quelques années dans la retraite. Mais, ayant repris ses agitations, en 1528, il dut fuir en Suisse, fut successivement pasteur à Altstetten, à Zurich et professeur de théologie à Bâle, où il mourut de la