L. Barré
BiBL. : Encyclopédie méthodique ; Padoue, 1787.
CANIDÉS (V. Chien).
CANIDIA (Malac). Genre de Mollusques-Gastéropodes- Prosobranches, du groupe des Pectinibranches, institué, en 1861, par H. et A. Adams, caractérisé par une coquille bucciniforme, solide, couverte d'un épiderme plus ou moins caduc; ouverture ovale, terminée par un canal court et ouvert ; bord externe simple ; columelle arquée, non calleuse. L*opercule est de forme rhomboïdale, un peu arqué et à nucléus apical. L'animal est pourvu d'yeux placés un peu en dehors de la base des tentacules ; le siphon, très développé, é^ale environ la moitié de la longueur de la coquille ; le pied est acuminé en arrière. Le type du genre est le Canidia Jullieni Deshayes, coquille ovale, complètement cancellée, de couleur brune avec deux bandes plus clair. Les Canidia sont des coquilles fluviatiles vivant dans les eaux douces de l'Indo-Chine, de l'Inde et des îles de Bornéo et de Java. Pendant long- ,
temps les premières espèces décrites ont été considérées, en raison de leur habitat, comme appartenant aux Mélaniens et classées dans les genres Melania et Semisinus (Hemisinus), Sections : 1** Canidia^ sensu stricto. Bord externe non sinueux en avant (C, Jullieni); 2^ Clea A. Adams, 1855. Bord externe non sinueux, régulièrement arqué (C.nigricansk, Adams). Un troisième groupe a été proposé par H. Adams, le Nassodonta, dont le type est le N, insignis Adams, différencié par une columelle calleuse, plissée en avant, un bord externe orné intérieurement de plis et muni de denticulations antérieures. Ces caractères semblent devoir rattacher les Nassodonta au genre Nassa (V. ce mot). J. Mabille.
CANIDIA, courtisane et sorcière à qui Horace a donné une triste immortalité par ses diatribes violentes {Epodes, 5 et 17, Satires^ f, 8). La palinodie de VOde I, xiv, a peut-être trait au même personnage. Suivant les scholiastes, le vrai nom de Canidie aurait été Gratidia ; elle aurait exercé le métier de parfumeuse à Naples. A. W.
CANIDIUSCrâssus(P.), consul suffectus en 40av. J.-C. 11 avait auparavant servi sous Lépide en Gaule (43). Plus tard il fut lieutenant d'Antoine; après l'expédition de Tan 38 contre les Parthes, il resta en Arménie, battit les Arméniens, ainsi que les rois des Ibères et des Albaniens. Dans l'expédition de 36 contre les Parthes, il ne fut pas plus heureux que les autres chefs. A la bataille d'Actium, il commanda le corps de troupes qui assista du rivage à l'engagement ; il s'enfuit après la défaite et se rendit à Alexandrie où il annonça à Antoine le résultat de la journée. Après la mort de ce dernier, il fut tué par ordre d'Octave et suivant Velleius, ne sut pas mourir avec courage. (V. Plutarque, Antoine, 34. 56, 63, 65, 68, 71. VelLPat., II, 87.) A. W.
CANIF (V. Coutellerie).
CANIGOU (Montagne). Le Canigou (en catalan Canigô), à 12 kil. environ au S. de Prades, est l'un des sommets de la chaîne qui se détache, au-dessus de la Preste, du massif des Pyrénées et qui sépare les deux bassins du Tech, au S., et de la Tet, au N. Le Canigou mesure 2,785 m. de hauteur ; sa masse puissante domine tout le Roussillon ; son isolement, sa situation au premier plan par rapport à la mer et à la plaine, l'escarpement de ses pentes, contribuent à lui donner un aspect incomparablement grandiose ; il a longtemps passé pour le mont le plus élevé des Pyrénées. Le Canigou est facilement accessible ; on l'escalade généralement du côté du N., en partant du Vernet ou de Casteil. Les mines de fer de ce massif ont fait au moyen âge l'objet de concessions nombreuses. A. Brutails.
Mines du Canigou. — Les mines du Canigou (Pyrénées-Orientales) occupent à 1,500 ou 1,600 m. d'alt. au-dessus de la mer une zone ellipsoïdale mesurant, autour de la masse granitoïde qui a percé les terrains stratifiés, près de 16 kil. de diamètre. Elles sont dispersées dans un calcaire blanc saccharoïde quelquefois très ferrugineux, reposant sur les granits ou enclavées dans cette roche qui passe alors au micaschiste ou au talc vert argileux qui pénètre ainsi dans la masse minérale, ou bien ce sont des minerais qui fusent, à leur tour, en ramifications plus ou moins développées, à travers les granits ; mais ils sont plus particulièrement renfermés dans les calcaires compacts ou schistoïdes, au contact des roches cristallines, soit en stratifications parallèles à la stratification de ceux-là, ou en amas enclavés dans celles-ci. Les gîtes du Canigou obéissent tous à la même loi d'origine et de formation ; ils se divisent en deux groupes distincts, naturellement indiqués par leurs points d'accès. Ici, le groupe de Batère, au midi, caractérisé par les mines de Las Indis, de la Pinouse, du Boulet, de la Droguère, etc., venant déboucher dans la vallée d'Arles ou du Tech. Là, au N., le groupe de Villetranche ou du Vernet, comprenant les mines d'Ayuta, de Torren, à'Escarro, de Sahore, de Fillols, etc., qui aboutissent à la vallée de Prades ou de la Têt. Les minerais de ces deux régions,
CANIGOU - CANINI
particulièrement ceux de la première, se distinguent à la ibis par leur grande pureté, leur titre élevé et leur richesse en manganèse à l'état libre ou combiné. A leurs excellentes qualités se trouve réunie la plus grande variété ; ils consistent en fer oxydé, fer hydraté, fer spathique cristallisé et décomposé (mine douce), fer oligiste terreux, lithoïde ou spéculaire, ou oxydulé magnétique ; en hématites brunes et rouges, enfin en hydroxydes manganésifères, compacts, terreux ou en poussière. Peu de gîtes offrent, en effet, d'aussi grandes ressources, et, bien qu'exploités depuis les xiii® et xiv® siècles, ils peuvent suffire pendant longtemps encore à la plus large extraction. L,K.
CANIHUEL. Com. du dép. des Côtes-du-Nord, arr. de Guingamp, cant. de Saint-NicoIas-du-Peîem, sur un affluent du Blavet ; 4,588 hab.
CANILHAC. Com. du dép. de la Lozère, arr. de Marvejols, cant. de la Canourgue; 314 hab.
CANILLAC (Familles de). Il y a eu plusieurs familles de ce nom en Auvergne ou dans les pays avoisinants. La première tire son nom d'une terre située au diocèse de Mende, la seconde des baronnies du Gévaudan donnant entrée aux Etats du Languedoc. Elle fut portée en 4345 à Guillaume de Rogier, comte de Beaufort, frère du pape Clément VI, par sa femme Guérine de Canillac. Parmi ses membres on cite : Astorg de Canillac, abbé de Saint- Victor de Marseille en 4180, mort en 4490; Déodat de Canillac, archevêque de Toulouse (4345), cardinal (4350), chargé de diverses négociations diplomatiques, mort en 4373. Ces Canillac portaient : d'azur au lévrier ram" pant de sable, colleté d'or. D'autres Canillac étaient seigneurs de Lavort, de La Tronchère et du Fau, élection d'Jssoire; ils portaient d'azur au lévrier rampant d'ar^ gentf armé et colleté de gueules, surmonté d*un croissant d'argent ; à la bordure billetée d'or. Une dernière famille enfin tirait son nom de la terre de la Mothe- Canillac, située près de Brioude (Haute-Loire). L. F. BiBL. : Le P. Anselme, Hist. généalogique, passim. — La Chesnaye des Bois, Dict, de la noblesse, — J.-B. BouiLLET, Nobiliaire d'Auvergne; Clermont, in-8. •— A. Tardieu, les Anciennes Familles de V Auvergne ; Moulins, in-4.
CANILLAC (Raimond de), cardinal français, mort à Avignon le 20 juin 4373. Il était fils du seigneur de Canillac (arr. de Marvejols). II fut d'abord chanoine régulier de l'ordre de Saint-Augustin, docteur en droit civil et canon, prévôt de l'église de Maguelonne (Hérault), abbé de l'abbaye de Conques, au diocèse de Rodez et évêque de Saint-Flour. Clément VI le nomma, en 1345, archevêque de Toulouse, puis cardinal au titre de Sainte-Croix de Jérusalem, le 17 déc. 4350. Innocent VI le chargea, en 4360, de recueillir les deniers delà dîme biennale accordée au roi de France, Jean II, pour contribuer au paiement de sa rançon. Ce pontife lui donna^ en 4364, l'évêché de Palestrina (non loin de Rome). Après la mort d'Innocent VI, R. de Canillac faillit être élu pape. Il fut inhumé dans l'église des Cordeliers d'Avignon, mais son corps fut ensuite transporté dans l'église de Maguelonne. Il avait composé en latin un livre des Recollections. E. Cosneau.
BiBL. : P. Frizon, GalUa purpurata; Paris, 1638, in-fol., p. 350. — François Duchesne, Hîst. des Cardinaux français; Paris, 1660, I, 515-516, II, 339. ~ Gallia christ,, 11,424, XI IL 40. •— L'abbé Tessier, Hist. des papes qui ont siégé dans Avignon; Avignon, 1774, in-4, p. 201. — Gams, Séries episcoporum; Hatisbonne, 1873, in-4, pp. 617, 638.
CANILLÉE. Nom vulgaire des Lemna ou Lentilles d'eau (V. Lemna).
CANINA (Luigi), architecte et antiquaire italien, né à Casale (Piémont) le 23 oct. 4795, mort à Florence le 47 oct. 4856. Chargé, vers 1826, par le prince Camille Borgbèse, d'importants travaux de restauration et d'agrandjssement de la fameuse villa Borghèse, construite deux siècles auparavant par le pape Paul V, Luigi Canina eut, un peu plus tard, à diriger les fouilles ordonnées par les papes Léon Xlï, Pie Vllï et Grégoire XVf , sur les emplacements du
forum romain et de la voie Appienne, ainsi que sur divers points de la campagne de Rome, et c'est dans les études archéologiques qui accompagnèrent ces fouilles que Canina puisa le goût des monuments d'architecture de l'antiquité et une connaissance, alors encore bien rare, de leurs principales données. Il professa en outre l'architecture à l'Académie de Turin; mais on doit surtout à Canina de nombreux et importants ouvrages, édités pour la plupart avec grand luxe et consacrés à l'architecture antique ou à l'archéologie étrusque et romaine. Les plus importants de ces ouvrages sont : i^ V Archiiettura antica, descritta e dimostrata coi monumenti, ouvrage divisé en trois parties relatives à l'histoire, à la théorie et à la pratique des architectures égyptienne, grecque, romaine (texte, 9 vol. in-S ; pi., 3 vol. in-fol., Rome, 4839-46; ouvrage dont une première édition en 6 vol. in-fol. avait paru à Rome de 4830 à 4844 ; l'ouvrage Ricerche suW archiiettura più propria dei Tempj cristiani [4843 ou 4846J lui sert de complément) ; 2o Gli Edifîzii di Roma antica, cogniti per alcune reliquie (Rome, 4848-56, 6 in-fol.) ; 3^ Descrizione storica del Foro romano e sue adjacenze (Rome, 4834, in-8, ouvrage réédité avec planches en 4845) ; 4» Antica Etruria maritima (Rome, 4846-51, 2 in-foL, pi.) ; 5° Fianta topografica di Roma antica, etc. (plan en 45 feuilles commencé en 4832, terminé en 4850 et donnant ainsi le résultat des découvertes faites pendant dix-huit années [Rome, 4850, in-8]); 6« Storia e topografla di Roma antica (Rome, 4839-4848, 6 vol. gr. in-8 ; 4856, t. 1 à III) ; 7^ l' Archiiettura domestica di svelte forme dei più rinomati papoli anticchi ed applicazione aile opère moderne (Rome, 4852, in-fol.). Il faudrait encore citer des descriptions avec planches des cités antiques de Céré (4838), de Tusculum (4841), de Veïes (1847), et des monuments de la voie Appienne (1854-53, 2 vol. gr. in-4), des recherches sur l'architecture des Juifs (4845, in-fol.), etc. Luigi Canina avait été élu membre associé de l'Institut de France en 4843. Charles Lucas.
BiBL. : Raggi, Délia Vita e délie opère di Luiqi C; Casal-Monferrato, 1857.
CANIN DÉ. I. Rivière du Brésil, affluent de la rive droite du Paranahyba, prov. de Piauhy. — II. Rivière du Brésil, affluent du Curu, prov. de Ceara. •— III. Ville du Brésil, sur la rive gauche de cette dernière rivière.
CANIN EPATES, CANNENUFATES. Peuple germain, dont le territoire, vers le commencement de notre ère, s'étendait près des embouchures du Rhin, probablement sur la région de la rive droite. Vers l'an 69 ap. J.-G., nous les trouvons dans l'île des Bataves, dont ils occupaient sans doute la partie du N.-O. A cette époque éclata la révolte du Batave Claudius Civilis, à laquelle ils prirent part sous la conduite de leur chef Brinnon. Velléius Paterculus les mentionne comme peuple germain ; Pline les range parmi les peuples germains qui dépendaient des Romains et Tacite dit en parlant d'eux : « Origine, langue, valeur, ils ont tout des Bataves, excepté le nombre. » Ptolémée déjà ne connaît plus leur nom ; on admet que de son temps ils étaient complètement fondus dans la nation des Bataves. L, W.
BiBL. : Velléius Paterculus, II, 105. — Pline l'Ancien, Hisi. nat., IV, XV, 29. — Tacite, Hisi., IV, 15-16, 32,56,79.
CANIN! (Marco-Antonio), sculpteur et graveur italien du xvii« siècle, né à Rome. Il fut le continuateur de l'œuvre que son fils Giovanni-Angelo Canini, peintre de la reine Christine de Suède, avait entrepris sur l'iconographie des hommes illustres et des divinités païennes, d'après des pierres gravées et des sculptures, et le publia sous le titre de Iconographia, avec les planches gravées par Etienne Picart, Guillaume Valet et autres (Rome, 4669, in-fol). M. de Chevrières a lait la traduction de ce recueil : Images des héros et des grands hommes de r antiquité (Am^terdaim , 4734, in-4, avec 500 fig.).
CANINi — CÂNISIUS
CANINI (Giovanni-Ângelo), peintre et graveur, né à Rome en 4617, mort à Paris d'après Mttller, à Rome d'après Boni, en 1666, fils du précédent. Il fut l'élève du Dominiquin et de Barbalunga. Ayant accompagné le cardinal Chigi en France, il y fut présenté à Colbert, puis à Louis XIV. Il obtint le titre de peintre de la reine de Suède. Malgré son talent comme peintre, il s'adonna surtout à la gravure et à l'étude des antiquités. Son père, Marc-Antoine, publia après sa mort son Iconografia cioè disegni d' imagini de' famosissimi MonarchU R^gU Filosofi, Poeti ed Oratori delV Antichità (Rome, 1669, édition française, Amsterdam, 1731).
CANINI (Marco-Antonio), littérateur et patriote italien, né à Venise en 1822. Il collabora au Gondolier e de Carrer. Après quelques démêlés avec la police, il se réfugia en Toscane, publia sous le titre de Pio IX e Vltalia un recueil de prose et de vers qui le posa en manière de Tyrtée et lui valut les chaleureux éloges de Tommaseo. En 1848, il fut quelque temps secrétaire particulier du secrétaire du gouvernement vénitien, puis, accusé de socialisme et de propagation de mauvaises doctrines par son journal // Tribuno, il fut emprisonné. Remis en liberté, il partit pour Rome où il devint membre de la commission des barricades. Plus tard, il voyagea en Orient, publia à Athènes un volume de vers intitulé Mente^ Fantasia e Cuore (1852). Il se fit expulser de Bucharest en 1859, pour un violent article contre Napoléon III ; rentra en Italie après Villafranca et reçut, en 1862, de Rattazzi, une mission secrète dans les pays où il venait de passer plus de dix ans. En 1865, parut son livre écrit en français, Vingt ans d'exil, et, en 1866, une étude d'un genre tout différent, Eiimologico dei vocaboli italiani derivati del greco, La même année, on le voit commissaire des guerres dans l'armée de Garibaldi et peu après passer en France où il demeura jusqu'en 1873. Depuis cette époque, il n'a plus guère fait parler de lui que par des publications purement littéraires. En ses voyages, Canini apprit à peu près toutes les langues de l'Europe, et cette érudition lui a servi, du moins, à donner de la vraisemblance aux nombreuses citations dont il surcharge ses pages. On l'avait surnommé jadis, à Paris, VExilé cosmopolite. Comme littérateur, ce qui domine dans ses ouvrages c'est le sentimentalisme d'un esprit éternellement jeune et la culture d'indéracinables illusions; son style a de la chaleur, et ses vers, trop faciles, de la grâce. Signalons parmi ses écrits, outre les volumes déjà cités : Traduzione di alcuni frammenti del Mahâbhârata (Paris, 1868); Fragment du Parthénée d'Alcman, restauré, interprété, commenté (Paris, 1870); Parigi net maggiodel iSli, odi safflche (Paris, 1872, avec la trad. en franc.); Studii istorice asupra originei natiunii rumâne (Bucharest, 1858); il Ministero delV assassinio e le notti di Torino (Lugano,1864); Spropositi del prof, L Ascoli et Appendice agli Spropositi (Turin, 1865); To 'Ava- To).r/ov Ç7iTr][xa (Athènes, 1863); la Questions delV Epiro (Rome, 1879) ; la Vérité sur la question israélite en Roumanie (Paris, 1879); îtalia e Grecia (Rome, 1881); ïl Sonettiere italiano (Turin, 1880); Amore e Dolore, versi (Turin, 1882); il Libro deW Amore, curieux répertoire de poésies relatives à l'amour, traduites de près de cent cinquante langues ou dialectes différents. Les deux premiers volumes ont paru à Venise en 1886 et 1887. R. G.
BiBL. : Maineri, Nota biografica sul Canini (dans Strenna délia Giovinezza)\ Rome, 1888. — La Gazzetta Piemontese du 30 oct. 1880.— Enrico Panzacchi, Sin/bnia d'amore (étude sur II Libro delV Amorce, ûânsNuova Antologia, 15 nov. 1886) .
CkH\H\k(Gens), Famille romaine plébéienne qui comprenait plusieurs branches, entre autres les Rebili et les Galli. Les principaux membres sont les suivants :
1* Caninius Rebilus, lieutenant de Jules César en Gaule (52-51 av. J.-C). En 49, il accompagna G. Curion en Afrique et échappa avec un petit nombre de Romains à la
/ défaite que leur infligea le roi Juba. En 46, il pritThapsus après la victoire de Scipion. Il fut consul pendant quelques heures. Qu. Fabius étant mort subitement le 25 déc, César nomma Rebilus consul pour le reste du jour ; ce qui fit dire à Cicéron, entre autres plaisanteries, que ce consul vigilant n'avait jamais dormi pendant qu'il était en charge (Cic, Ad Fam„ Vil, 30).
2^ Caninius Rebilus, sans doute fils du précédent, consul suftectus en 12 après J.-Ç.
3^ L, Caninius Gallus, tribun du peuple en 56, partisan de Pompée. 11 fut accusé en 55 et détendu par Cicéron sur la demande de Pompée, (iuoiqu'il eût épousé une fille d'Antoine, il ne semble avoir pris aucune part aux guerres civiles ; il mourut en 43.
¥ L, Gallus, fils du précédent, consul en 34 avec M. Agrippa. A. W.
CANINO. Bourg d'Italie à 36 kil. 0. de Viterbe (prov. de Rome). Il fut érigé en principauté en 1814 par le pape Pie VII pour Lucien Bonaparte qui y vivait depuis sa disgrâce. Pop.: 2,104 hab. (1881). A Canino naquit Alexandre Farnese, qui fut pape sous le nom de Paul III (1534-1549).
CANINO (les Bonaparte, princes de) (V. Bonaparte, t. Vil, p. 250).
GANIRAM (Bot.). Nom, au Malabar, du Strychnos nux vomica L. — Le C, à crochets, ou Modira caniram de Rheede, est le Strychnos colubrina h, (V. Strychnos).
CANIS (Corneille de Hondt, dit), compositeur flamand, né à Anvers à la fin du xv« siècle, mort à Prague le 15 févr. 1561. Il fut chapelain-chantre à Notre-Dame d'Anvers, maître des enfants de la chapelle de Charles- (iuint et chapelain de Ferdinand P^. Ses compositions consistent en morceaux sacrés et profanes à plusieurs voix, répandus, au nombre de cinquante-quatre environ, dans des recueils publiés entre 1542 et 1564. M. Br.
CANISIUS (le bienheureux Pierre), en flamand de Hondt, théologien hollandais, né à Nimègue le 8 mai 1524, mort à Fribourg le 21 déc. 1597. A Cologne, o(i il étudiait la philosophie et la théologie, il subit en 1543 l'influence de Pierre Le Fèvre, disciple de Loyola, et entra, le premier en Allemagne, dans la compagnie de Jésus. Il prit part en 1547 aux travaux du concile de Trente en qualité de conseiller théologique du cardinal-évôque Othon d'Augsbourg, puis passa plusieurs mois à Rome, auprès de son général Ignace, acquit à Bologne le grade de docteur en théologie (1549), et devint successivement professeur à Ingolstadt, prédicateur de la cour de Vienne (1549), et provincial de son ordre pour l'Allemagne et l'Autriche (1556). En 1569 il se démit de ses fonctions de provincial pour se vouer aux travaux littéraires dans la maison de son ordre à Dillingen; enfin, en 1580, il se retira en Suisse, dans le collège qu'il avait fondé à Fribourg, et c'est là qu'il mourut. Répandre son ordre en Allemagne par la création de nombreux collèges, consolider la foi catholique dans le peuple, combattre le protestantisme, tel fut le but de sa vie. ïl publia dans cette intention ses Commentarii contra verbi Dei eorruptelas (Dillingen, 1571 et 1577) contre les Centuries de Magdebourg, son ouvrage De Maria virgine incomparabili (Ingolstadt, 1571), des sermons et des traités ascétiques, principalement ses deux catéchismes destinés dans sa pensée à combattre l'influence de ceux de Luther, le plus grand intitulé Summa doctrince christianœ per questîones tradita (1554, anonyme et sans lieu d'impression) ; le nom de l'auteur paraît depuis la seizième édition (Cologne, 1567); l'autre intitulé Parvus Catechismus catholicorum {kmers , 1561). On possède de lui, en outre, des éditions des sermons de Tauler (Cologne, 1543 ; voir mon Histoire du panthéisme populaire au moyen âge et au seizième siècle; Paris, 1875, p. 64), des œuvres de Cyrille d'Alexandrie (Cologne, 1546), des sermons de Léon I»^ (Cologne, 1547), et des épltres de
CANfSlUS - CANITIE
Jérôme (Dillingen, 4565). II fut béatifié par Pie IX le ' 20nov. 4864. A. Jundt.
BiBL. : L'abbé Pelletier, le Grand Caiéchisme du R. P. Canisius ; Paris, 18b6-1858, 7 vol. m-8. •— F. Hiess, Der selige Cnnisius; Fribourg, 1865, in-8. — J.-B. Reiseh, Petrus Canisius als Catechet; Mayence, 1882, in-S. — E. Mar COURT, Der selige Canisius ; Fribourg, 1881, in-8. — Crétin EAU- JoLY, Histoire religieuse, politique et littéraire de ta Compagnie de Jésus; Paris, 1859,6 vol. in-12, 1. 1, II et IV.
CANISIUS (Henri), canoniste, neveu du précédent, né en 4548 à Nimègue, mort en 4640. Il avait fait ses études à Louvain et professa pendant vingt ans le droit canon à Ingolstadt. — OEuvres principales : Summa juris canonici in libres quatuor imtitutionum contracta (Ingolstadt, 4594, 4604, 4645, in-4; Paris, 4659, in-8; Cologne, 1660, in-i2); Commentaria in régulas juris Canonici (Douai, 4630 et suiv.) ; Antiquœ Lectiones (Ingolstadt, 4604-4608, 7 vol. in-4), avantageusement remaniées et mises en ordre parBasnage, sous le tire de Thésaurus monumentorum ecclesiasticorum (Anvers [Amsterdam], 1725, 7 vol. in-4). Tous les ouvrages de Canisius sur le droit canon ont été Iréunis par Andréas Desvelius : Opéra quœ de jure canonico Canisius reliquit : in quinque libros Decretalium ; in titulum de Regulis juris; Summa juris canonici (Louvain, 4644, 4649, in4; Cologne, 4662, in-4). Canisius donna un supplément aux Antiquœ lectiones, sous le titre de Promptuarium. E.-H. V.
CANISY. Chef-lieu de cant. du dép. de la Manche, arr. deSaint-Lô; 786 hab.
CANITIE. On donne, en dermatologie, le nom de canilie (de canus^ blanc) ou poliose (de TtoXioç, gris) à l'état achromique des cheveux et des poils. Mais, comme le font remarquer MM. E. Besnier et Doyon, le terme de canitie s'applique surtout aux cheveux considérés isolément et en dehors de Talbinisme. Le terme de poliose, d'ailleurs peu usité, doit s'entendre surtout de l'achromie générale des poils ou» pour mieux dire, du système pileux pris dans son ensemble. La canitie peut être générale ou partielle, congénitale ou acquise, physiologique ou morbide. — La canitie congénitale a été étudiée déjà à propos de l'albinisme et correspond ordinairement à un état analogue de la peau ; quelquefois cependant on rencontre des cas de canitie congénitale partielle, constitués par des touffes de cheveux gris ou blancs, au milieu d'une chevelure plus ou moins foncée, avec coloration normale des téguments sous-jacents.
Comment la canitie se produit-elle? On sait que la coloration des poils dépend de la présence de granulations pigmentaires dans les cellules de leur écorce. La différence de nuances tient à la quantité et à la distribution de ce pigment. C'est ainsi que les granulations, très nombreuses dans les poils noirs et bruns, sont au contraire clairsemées dans les poils blonds et roux. Le pigment, élaboré par la papille pileuse, passe dans les cellules du bulbe, suit la pousse de la tige, pénètre dans la substance corticale et se transforme peu à peu en tissu corné. — Dans la canitie congénitale les papilles pileuses sont, dès leur formation, privées de la faculté de produire la matière pigmentaire ; dans les formes acquises, les papilles perdent plus ou moins rapidement celte propriété, soit par le fait de l'atrophie sénile des organes, soit à cause de certaines lésions locales, soit enfin à la suite d'une perturbation générale de l'innervation ou des fonctions nutritives. La canitie acquise ne consiste donc pas, comme on le pensait autrefois, dans la décoloration de tissus préalablement pigmentés ; elle résulte de ce fait que les parties de cheveux ou de poils qui poussent à un moment donné sont dépourvues de granulations pigmentaires. Il est ainsi facile de comprendre comment on peut voir, au début du grisonnement, des cheveux et des poils encore foncés à leur extrémité supérieure et déjà décolorés à leur base. Hébra, d'autre part, professe que la canitie tient surtout à ce que, dans le renouvellement continuel de la cheve-
lure» à la place des cheveux colorés qui tombent, il en repousse de nouveaux qui sont ; dépourvus de pigment. Enfin plusieurs auteurs admettent que dans certains cas rares, la décoloration serait due à une boursouflure du cheveu gonflé d'air. — Habituellement l'apport du pigment dans chaque cheveu, ne s'arrête pas tout d'un coup : la tige devient seulement de moins en moins foncée par défaut progressif des granulations colorées.
La suspension de la fonction pigmentaire dans la papille pileuse, à la suite d'une affection générale ou locale, n'est pas toujours définitive. Les cheveux décolorés peuvent parfois recouvrer leur teinte primitive; il peut même se faire que la production pigmentaire devienne intermittente : on trouve alors des cheveux pour ainsi dire striés et présentant des anneaux alternativement bruns et blancs. Gubler a observé plusieurs fois cette zébrure des cheveux chez des malades atteints de névralgie faciale; il a nettement constaté que les cheveux s'accroissaient sans pigment pendant les paroxysmes douloureux, et poussaient, dans l'intervalle, avec leur coloration ordinaire. Même phénomène peut se montrer au début de la canitie sénile : certains follicules donnent naissance à des cheveux présentant des zones brunes et blanches plus ou moins régulières, ce qui prouve que les papilles avant l'arrêt complet de leur production pigmentaire, sont quelquefois capables de fournir encore par séries des granulations colorées (Kaposi). Enfin Duhring et Wilson disent que, chez certains sujets, les cheveux changent de nuance avec les saisons, devenant gris en hiver et retrouvant leur coloration normale en été. La canitie physiologique ou sénile est l'un des premiers signes de la caducité. Elle débute en général vers l'âge de trente-cinq ans chez l'homme, souvent un peu plus tôt chez la femme. C'est d'abord sur les tempes que les cheveux blancs se montrent; puis la décoloration s'étend aux autres régions de la chevelure, pour atteindre en dernier lieu la barbe et le système pileux du corps. 11 est exceptionnel que la canitie de la barbe précède celle des cheveux. C'est à tort qu'on avance que les sujets blonds blanchissent moins vite que les bruns; ce qui est vrai, c'est que les cheveux blancs sont moins visibles dans une mèche blonde que lorsqu'ils sont mêlés à des cheveux foncés. Tous les poils ne sont pas atteints à la fois, et selon que la décoloration est plus ou moins générale, les cheveux et la barbe passent au blanc de neige ou restent gris.
La canitie pathologique peut également s'étendre à la totalité du système pileux ou se montrer sous forme de poliose partielle, soit par tendance héréditaire, soit à la suite d'une maladie acquise. Dans certaines familles, les cheveux et la barbe blanchissent longtemps avant le terme moyen de la canitie ordinaire, souvent même dès qu'arrive l'âge adulte. Dans le nombre des affections acquises locales, pouvant amener la canitie, nous citerons comme exemple la pelade qui donne lieu, dans sa période terminale, à l'apparition de poils follets, minces et peu colorés, souvent même d'un blanc d'argent. Cette atrophie pigmentaire peut aussi s'observer sur les cheveux qui repoussent après être tombés dans le cours d'une maladie générale, telle que l'érysipèle, la fièvre typhoïde, la chlorose (Hebra, Richelot). Waltenber a relaté l'observation d'une scarlatine dans laquelle, après une desquamation intense, les ongles et les poils de toute la surface du corps tombèrent en quelques jours et furent remplacés par une peau d'un blanc mat, recouverte de cheveux blancs comme ceux des albinos (Duhring, 545). Cette canitie prématurée n'est parfois qu'éphémère ; mais elle peut aussi devenir définitive au même titre que la canitie sénile.
Enfin les cheveux peuvent blanchir à la suite d'un ébranlement intense du système nerveux, par le fait de la peur ou d'une violente douleur, soit physique, soit morale. « J'ai vu, dit Alibert, un individu chez lequel les poils de la barbe et du corps s'albifiaient à mesure qu'il était désa-
CANITIE — CANIZÂRES
gréablement affecté. Trois nouvelles lâcheuses l'avaient consterné dans sa vie : la première lui avait blanchi la moitié de la barbe ; la seconde, les cheveux de la moitié latérale de la tête du même côté ; la troisième avait produit le même effet sur une touffe de poils qu'il avait sur Tépaule. » La littérature médicale est passablement riche en faits de canitie rapide ou subite. Thomas Morus, si Ton en croit une chronique, aurait blanchi tout à coup en entendant la sentence qui l'envoyait à l'échafaud. De même, Ludovic Sforza, dans le jour qui suivit sa défaite par Louis Xlï; Guarini (de Vérone), en apprenant la perte de manuscrits précieux ; les Espagnols Didaens et Diego, pendant qu'on les menait au supplice ; Henri IV au moment de la Saint-Barthéleray ; le roi Louis de Bavière, en condamnant sa femme à mort ; la femme Perat- Leclère, en allant déposer devant la Chambre des pairs, dans le procès de Louvel, etc., etc. Le plus connu, mais non le plus authentique des récits de ce genre, est celui qui a trait à la reine Marie-Antoinette, dont les cheveux, dit-on, auraient blanchi dans les derniers instants qu'elle passa à la Conciergerie. A côté de ces faits cjui tiennent plus de la légende' que de l'histoire, il est juste de citer un certain nombre d'observations plus précises, dont l'authenticité semble difficilement contestable. Tel est le cas de Bichat, qui vit un de ses amis blanchir en quelques heures à la suite d'une vive émotion (Anat, Gén., t. IV. p. 815) ; tel est aussi le cas de Parry, observé en 1859 sur un cipaye de l'armée du Bengale et rapporté par Charcot (Gaz. hebd,^ 1861, p. 445) ; tels sont encore les faits signalés par Moleschott (Physiol Skizunbuchf Giessen, 1861), Landois (Virchow^s Arch., avril 1866) et Voigtel (Handb.der path. awaL, Halle, 1864). Si quelques auteurs, parmi lesquels Baërensprung, Hébra et Kaposi, persistent à soutenir que le changement de couleur des poils ne peut avoir lieu que d'une façon progressive, la plupart des médecins pensent, avec E. Wilson, Duhring, Moleschott et Charcot, que la canitie rapide et instantanée n'a rien d'inadmissible. Landois a tenté d'expliquer ce singulier phénomène par la pénétration de bulles d'air dans le cheveu; Pfaff {Henle allg, Anat., Leipz., 1841), considérant l'action du chlore sur les poils, avance que ceux-ci peuvent blanchir tout d'un coup, sous l'influence d'un liquide caustique que la peau sécréterait en certaines circonstances. Ces hypothèses sont peu séduisantes, mais les faitsn'en subsistent pas moins, et Ton peut considérer comme réelle l'existence d'une canitie rapide, liée à une perturbation violente du système nerveux, D' A. Pignot.
CANITZ (Friedrich -Rudolph-Ludwigf, Freiherr von), poète allemand, né Berlin le 27 nov. 1654, mort à Berlin lo 11 août 1699. Il étudia le droit aux Universités de Leyde et de Leipzig (1671-1675), et voyagea ensuite en Italie, en France, en Angleterre et dans les Pays-Bas. Il devint, en 1677, chambellan de la cour de Berlin, puis conseiller de légation (1681), enfin conseiller d'Etat (1697). Dans la dernière année de se vie, il prit part, comme ministre plénipotentiaire, aux négociations pour la succession d'Espagne, à la Haye ; l'état àe sa santé l'obligea à demander son rappel. C'était un homme d'esprit et de goût, de bon conseil dans les choses littéraires, et plein d'urbanité dans les relations mondaines. Il écrivit, à l'imitation de Boileau, des satires, des épîtres, même des fables et des odes ; il aimait à les lire dans un cercle d'amis, mais il ne les destinait pas à la publicité. J. Lange en publia d'abord un choix, sous le titre assez bizarre de Nebenstunden unterschiedener Gedichte (Berlin, 1700) ; J.-U. Kônig en donna un recueil plus complet, précédé d'une biographie : Des Freiherrn von Canitz Gedichte (Berlin et Leipzig, 1727) ; Bodmer en fit une édition nouvelle (Zurich, 1737). Un choix des poésies de Canitz se trouve dans la Bibliothèque des poètes allemands du XVII® siècle, aul4«vol. (Leipzig, 1838). A.B.
BiBL. : Varnhagen yon Ense, Biographische Denkmaie; Berlin, 1824-1845, t. IV.
CANITZ-ET-DALLWITZ (Karl-Wilhelra-Ernst, baron de), général et homme d'Etat prussien, né à Cassel le 17 nov. 1787, mort à Beilin le 25 avr. 1850. Entré au service militaire en 1806, il fit campagne jusqu'en 1815, devint professeur à l'Ecole de guerre de Berlin, entra dans la diplomatie (1828), fut successivement accrédité auprès des cours de Hesse électorale, de Hanovre et d'Autriche, enfin ministre des affaires étrangères de Prusse de 1845 au 18 mars 1848.
CANIVEAU. On donne ce nom à toute conduite, soit creusée dans la pierre ou formée de pavés inclinés, soit résultant de la juxtaposition de pièces de fonte ou de bois et servant surtout à l'écoulement des eaux pluviales, le long d'une chaussée ou d'un bâtiment, à l'intérieur d'une cour ou du passage d'entrée d'une habitation. Les caniveaux sont parfois recouverts de pièces de fonte, de planches de bois ou de dalles de pierre et parfois aussi, comme dans l'aqueduc de Marly, ils reçoivent un revêtement ou garniture de plomb. Les joints des diverses parties du caniveau doivent être faits avec le plus grand soin afin d'éviter toute infiltration. Ch. L.
CANIVET (Charles), publiciste et poète français, né à Valognes le 10 fév. 1839. Secrétaire d'Amédée Thierry, il débuta à Paris dans le Journal de Paris, puis entra au Soleil où il écrit avec distinction une chronique quotidienne sous le pseudonyme de Jean de Nivelle et des articles de critique littéraire. Il a publié : Chants libres (Caen, 1866, in-12, poésies; Jean Bagoury, Scènes du pays basnormand (Paris, 1877, in-12); Croquis et Paysages (1879, in-12), poésies; Constance Giraudel (1880, in- 12); Pauvres Diables {iSS2, in-12) ; le Long de la côte (1883, in-12), poésies; les Colonies perdues (1884, in-12); les Hautemanière (1885, in-12); la Nièce de rorganiste(iSS^, in-12) ; la Ferme des Gohêe (1888, in-12), etc.^
CANIZARES (José de), poète dramatique espagnol, né à Madrid le 4 juill. 1676, mort dans cette ville le 4 sept. 1750. On raconte qu'il montra un talent poétique très précoce, et que c'est à l'âge de quatorze ans qu'il composa sa comédie, las Cuentas del gran Capitan. Il suivit la carrière des armes, devint lieutenant de cuirassiers, et pendant quarante ans fit représenter environ quatre-vingts comédies qui furent très bien accueillies du pubHc. La plupart manquent d'originalité ; pour les plans et les situations, l'auteur a abondamment puisé dans la masse d'éléments dramatiques qu'avaient amassée les Lope de Vega, les Caîderon, les Moreto, et autres dramaturges du xvn® siècle. Ticknor dit avec beaucoup de justesse : « En parcourant les comédies que nous a laissées Canizârès, nous nous rappelons sans cesse les tours et les temples du midi de l'Europe construits durant le moyen âge, avec les ruines et les fragments des édifices plus nobles qui les ont précédés, et prouvant en même temps la magnificence du siècle où ces constructions furent primitivement élevées et la décadence du temps dont de pareilles reliques et de semblables fragments constituent la gloire principale. » En effet, malgré ces défauts, les comédies de Canizârès furent très applaudies de son temps, et on les jouait encore en 1765 au théâtre royal du Buen Retiro. Ses œuvres à grand spectacle, comme el Asombro de la Francia, Marta la Bomorantina, et Anillo de Giges, Don Juan de Espina, ont fait même en ce siècle la joie du peuple et la fortune des entreprises théâtrales. Quelques comédies qui roulent sur des sujets historiques, comme las Cuentas del gran Capitan, Carlos V sobre Tunez^ el Pleito de Hernan Cortez, et Picarillo en Espana, ne manquent pas d'intérêt. Ses œuvres les plus originales et les meilleures appartiennent au genre des comedias de figuron, inauguré peu auparavant par Moreto et Réjas ; elles sont pleines de verve, d'esprit, et si parfois elles tombent un peu dans la caricature, souvent aussi elles atteignent à la haute comédie de caractère. On cite comme chefs-d'œuvre de cette espèce :
CANIZARES — GANNABINEES
La mas ilustre Fregona, el Montanès en^ la corte et surtout el Domine Lucas, peinture satirique de la noblesse déchue et orgueilleuse de ce temps. Par malheur, Canizarès n'a pas su éviter le style métaphorique, recherché et pédantesque qu'on appelait le culto (Y. CiiLiisuE). Bon nombre de ses comédies ont été imprimées de son vivant, et plusieurs fois rééditées depuis. Citons un recueil de trois d'entre elles dans le Teatro hespanol de G. de la Huerta (Madrid, 1785), un autre plus complet sous le titre de Comedias escogidas (Madrid, 1829- 1833, 2 Yol. in-8) ; enfin dans le vol. 49 de la Biblioteca Rivadeneira {Dramaticos posteriores d Lope de VegaytAl, pp. 505-654), il y a sept pièces de notre auteur. Les réimpressions partielles de Domine Lucas et de quelques autres comédies sont en outre très nombreuses. E. Cat. CANLASSl (Guido), dit CagnaccU peintre italien, né en 1601 à Sant Arcangelo, mort à Vienne en 1681. Il fit ses études à Vienne. Elève de Guido Reni, il en fut l'imitateur. Il laissa très peu de ses œuvres en Italie, ayant été appelé de bonne heure à la cour de l'empereur Léopold qui lui commanda beaucoup d'ouvrages pour les musées et les églises. Le musée de Dresde possède de lui une Madeleine repentante ; le musée de Munich, YApo^ théose de sainte madeleine; le belvédère de Vienne, une Mater Dolorosa; Cléopâtre se laissant piquer le bras par un aspic ; à Rome, se conservent ses chefs-d'œuvre, Tnrquin et Lucrèce; Jupiter et Ganymède; une Sibylle, à la villa Borghèse. On remarque en outre Jacob et Laban, dans la galerie Lichtenstein à Vienne ; l'il^sompiion de Madeleine, au palais Pitti, et une autre à l'Ermitage de Saint-Pétersbourg. On trouve des détails sur l'œuvre de Canlassi dans Lanzi, Malvasia et Charles Blanc.
CANLER (Louis), policier français, né à Saint-Oraer le 4avr. 1797, mort à Paris en 1865. Entré très jeune dans l'armée comme enfant de troupe, il devint tambour, puis fut nommé caporal en 1813. Il assista au siège d'Anvers et à la bataille de Waterloo et prit sa retraite en 1818. Il entra dans la police le 25 avr. 1820, tut officier de paix en 1844 et devint chef du service de la sûreté le 3 mars 1849. Il conserva ces fonctions jusqu'en 1851. Il n'est connu que par les Mémoires assez curieux et assez exacts qu'il a publiés (Paris, 1862, in-18 ; Paris, 1882, 2 vol. in-12). La troisième édition de 1862, qui pourtant ne renfermait pas 46 chapitres du manuscrit, publiés depuis, fut saisie en vertu d'une ordonnance de juge d'instruction. Les éditeurs, l'imprimeur et l'auteur étaient inculpés « d'outrages à la morale publique et aux bonnes mœurs et de révélation de secrets confiés à des personnes dépositaires par état ou profession ». L'affaire n'eut pas de suites, les éditeurs s'étant engagés à ne pas publier de nouvelles éditions.
BiBL. : La Police et les policiers^ dans le Livre, mars 1885. — Drujon, Catalogue des ouvrages supprimés ou coadamnés; Paris, 1879, gr. in-8.
CANLERS. Corn, du dép. du Pas-de-Calais, arr. de Montreuil, cant. de Fruges; 226 hab,
CANLY. Com. du dép. de l'Oise, arr. de Compiègne, cant. d'Estrées-Saint-Denis, stat. du chemin de fer du Nord; 534 hab. L'église montre encore quelques parties romanes. Souterrain-refuge.
CANNA (Canna L.). Genre de plantes Monocotylédones, qui a donné son nom à la famille des Caanacées (V. Balisier).
CANNA, CANNAY ou CANA. Ile des Hébrides (Ecosse) ; 130 hab. ; sur la côte N., un rocher de fer magnétique qui a la propriété de déranger de 90<^ l'aiguille aimantée.
CANNABÈNE (Chimie). Form. j f^^^' f^tE'
Le cannabène est un carbure d'hydrogène qui fait partie de l'essence brute du chanvre indien (Cannabis indica, 6\ sativa, Cannabinées). En distillant le chanvre avec de l'eau, on obtient en effet une huile essentielle à odeur
étourdissante, assez fluide, plus légère que l'eau. Soumise à l'action d'un mélange réfrigérant, elle se congèle partiellement, par suite de la formation d'une multitude de petits cristaux. La partie qui reste liquide constitue le cannabène de Personne.
Le cannabène est un liquide incolore, bouillant entre 235 et 240'», sous pression normale, et à 90-95*» dans le vide; la chaleur élève ce point d'ébullition, sans doute par suite d'une polymérisation partielle. Il peut être rectifié sur le sodium ; la potasse caustique l'attaque à peine, mais l'acide sulfurique le dissout avec une couleur rouge, et l'acide chromique l'attaque vivement, avec production d'acides gras, notamment d'acides acétique et valérianique.
L'action physiologique du cannabène semble indiquer que ce corps est le principe enivrant du haschisch, si employé en Orient pour provoquer des rêves fantastiques. En effet, lorsqu'on respire ses vapeurs, ou qu'on le prend à l'intérieur, on éprouve une sorte de formication, un besoin extraordinaire de locomotion suivi d'abattement pouvant aller jusqu'à la syncope ; on éprouve des hallucinations étranges, ordinairement pénibles, dues à l'action du carbure sur les centres nerveux. Ces effets étaient autrefois attribués à la matière résineuse contenue dans le chanvre, la cannabine, dont les effets physiologiques ne sont pas appréciables à la dose de 25 à 50 centigr. (Robiquet). Si la formule C^^H'-^^ est exacte, le cannabène est isomère avec le tétraméthylstilbène, le diéthylstilbène et l'hydrure d'isobutylanthracène. Ed. Bourgoin.
BiBL. : Robiquet, Rapport sur l'analyse du chanvre, présenté au nom de la Société de pharmacie de Pains {Jour. Pharm. et Chim,, t. XXXI, 46 [1857]).
CANNABICH (Christian), violoniste, compositeur et chef d'orchestre allemand, né à Mannheim en 1731, mort à Francfort en 1798. Elève de son père d'abord, de Stamitz ensuite, il travailla avec Jomelli, lorsque rélecteur l'envoya en Italie. En 1765 il entra à l'orchestre de Mannheim ; en 1775 il en était fait chef. En 1778 il alla occuper le même poste à Munich. Son talent de violoniste était très vanté, mais son mérite de chef d'orchestre était plus apprécié encore de ses contemporains. Mozart et Burney lui ont décerné les plus grands éloges. Schubart écrit de lui : « Son forte est un tonnerre, son crescendo une cataracte, son diminuendo un ruisselet cristallin qui murmure tout au lointain, son piano une brise printanière. » Comme professeur, Cannabich a eu de nombreux élèves, qui tous ont rendu justice à la valeur de son enseignement. 11 comprit le génie de Mozart avant la plupart de ses concitoyens et fut un ami dévoué du grand maître. Il a composé beaucoup d'opéras, des ballets, entre autres la Descente d'Hercule aux Enfers, une quantité considérable de symphonies, de quatuors, etc. A. Ernst.
BiBL. : F.-J. FÉTis, Biographie universelle des musiciens ; Paris, 1875, t. II, in-8, 2« éd. — Grove, Dictionary of music and musicians ; Londres, 1879, t. I, in-8. — H. Mendel, M usikalisches Conversations-Lexicon ; Berlin, 1873. t
CANNABICH (Cari), fils du précédent, musicien allemand, né à Mannheim en 1764, mort le 1®^ mars 1806. Il commença à quatre ans l'étude du clavecin et du violon. Très jeune encore, il voyagea avec Auguste Lebrun, hautboïste de mérite ; en 1784, il entra à l'orchestre de la cour à Munich, fit en 1785 le voyage d'Italie, puis dirigea les concerts à Francfort-sur-le-Main (1796), et succéda à son père à Munich (1800). En 1805, le gouvernement bavarois l'envoya à Paris pour y étudier le mode d'enseignement du Conservatoire. A peine de retour à Munich, il fut emporté par une fièvre nerveuse. On lui doit deux opéras, Orphée et Palmer et Amélie ; les airs du ballet de l'opéra Axur; des mélodies allemandes, des variations pour le clavecin, une ouverture pour orchestre, une symphonie et divers morceaux. A. Ernst. CANNABINÉES (Cannabineœ BL). Groupe de Végétaux-Dicotylédones, élevé par quelques auteurs au rang
GANNABINÉES — CANNE
de famille distincte, mais que M. H. Bâillon (Hist, des pL, VI, pp. 459 et 467) considère comme une simple tribu de la famille des Ulmacées, caractérisée ainsi : « fleurs dioïques, isostémonées ; étamines à filets courts et dressés ; calice femelle gamophylle, cupuliforme ; ovule carapylotrope ; fruit sec, induvié et indéhiscent ; graines sans albumen, à embryon recourbé. » Renferme les deux genres Cannabis Tourn. et Humulus L. (V. Chanvre et Houblon). Ed. Lef.
CANNABIS (Cannabis lonvn.). Genre de plantes qui a donné son nom au groupe des Cannabinées (V. Chanvre).
CANNACÉES (Cannacece Agardh). Famille de plantes Monocotylédones, dont les représentants, Toisins des Zingibéracées (V. ce mot), en diffèrent surtout en ce que l'étamine fertile est uniloculaire et que l'albumen corné qui enveloppe l'embryon est simple. Ce sont des herbes vivaces, à rhizome rampant, souvent charnu, qui donne naissance à des racines adventives et à des tiges aériennes portant des feuilles engainantes et terminées par Tinilorescence. Les Cannacées croissent dans les régions chaudes du globe, principalement en Amérique. Elles renferment surtout les deux genres Canna L. et Maranta L. (V. ces mots). Ed. Lef.
CANNAERT (Joseph-Bernard), jurisconsulte belge, né à Gand en 4768, mort à Gand en 4848. Il fut successivement secrétaire de la ville de Gand, procureur du roi et conseiller à la cour de cassation de Bruxelles. Son principal ouvrage est une étude de grande valeur sur le droit criminel flamand, enrichie d'un grand nombre de documents inédits relatifs aux procès d'hérésie et de sorcellerie au XVI® et au xvii^ siècle. Il en existe trois éditions ; les deux premières parurent à Bruxelles en 4826 et 4829, la troisième à Gand en 4835, sous ce titre : Bydragen tôt de Kennis van het oude strafrecht in Vlaenderen, verrykt met vêle tôt dusverre onuitgege-^ vene stukken. En 4847 fut éditée à Gand une traduction abrégée de ce livre : Olim, Procès des sorcières en Belgique sous Philippe II et le gouvernement des archiducs, tirés d'actes judiciaires et de documents inédits, E. H.
CANNART (Antoine), diplomate français du xv® siècle. En juin 4473, il était écuyer, homme d'armes de l'ordonnance du roi et vicomte d'Auge. En janv.-fév. 1474, il fut ambassadeur extraordinaire « devers ceux de la Haute- Ligue d'Allemagne ». Enfin une pièce de 4488 lui donne le titre de vice-amiral de France. L. F.
CANNE. L Généralités. — L'usage du bâton et de la canne remonte à une très haute antiquité ; le bâton de Diogène était aussi célèbre que son tonneau et que sa lanterne. Au temps de Charlemagne, dit M. Quicherat, dans son Histoire du costume, les Francs portaient à la main une canne en bois de pommier, surmontée d'un bec de métal argenté ou doré, mais c'est surtout dans les temps modernes que cet accessoire du costume a pris un rôle important. L'usage de porter une canne se répandit à la cour de Louis XIll ; celle du roi était en ébène surmontée d'une pomme d'ivoire uni ; la canne historique de Louis XIV était d'une grande richesse ; celle du maréchal de Richelieu se distinguait par une splendide ornementation. Le luxe des cannes fut alors poussé 1res loin par les matières précieuses qu'on y employait et le travail artistique dont elles étaient l'objet. Quelques-unes valaient jusqu'à dix mille écus. La longue canne à pomme d'or, dite à la Tronchin, qu'on appela depuis canne à la Voltaire, était portée surtout par les vieillards, les magistrats, les personnages notables. La badine souple et pliante, de toutes longueurs, ne convenait qu'aux jeunes gens, qui couraient en chenille, c.-à-d. en petit habit leste et pimpant, dans les rues, le matin. Les femmes, et les plus jeunes, s'approprièrent alors la longue canne à pomme d'or, qu'elles tenaient par le milieu comme celle d'un suisse de grande maison. Il y eut, à cette occasion, un luxe extraordinaire de cannes en bois des îles, en écaille et en ivoire. Vol-
taire, Rousseau et Frédéric ont illustré les cannes qu'ils avaient coutume de porter et cette illustration a été habilement exploitée par des faiseurs qui, pendant de longues années, ont vendu un bâton sans intérêt pour la canne de l'un de ces trois personnages. Une canne ayant appartenu véritablement à Voltaire a été vendue à Paris au prix de 500 fr.
Paris est, en France, le seul centre important de fabrication pour les cannes. Les bois employés dans la confection de ces articles ont des origines diverses, La France fournit le cornouiller, l'épine, le néflier, le chêne, le frêne, le noisetier, le merisier, le houx, le buis, etc. Tous ces bois sont livrés à l'industrie à l'état de bâtons bruts, valant de 5 à 50 fr. le cent. On tire d'Afrique des espèces très estimées et généralement employées pour des articles de choix ; ce sont l'olivier, le caroubier, l'oranger, le myrte, la côte de palmier, etc. Les prix de ces bois varient de 30 à 1 00 fr. les cent bâtons bruts. Cette contrée nous fournit également la racine de thuya, très recherchée et servant principalement à la fabrication des poignées. L'Inde, la Chine et le Japon nous apportent les joncs, les rotins, les bambous rigides et flexibles, les lauriers, les radjahs, les panuches, etc., dont le prix, pour cent bâtons bruts, varie de 40 à 200 fr. La plupart des bois énumérés ci-dessus ne servent guère qu'à la confection des cannes d'un certain diamètre ; pour les cannes plus minces, on emploie de préférence le rotin, l'acier, la baleine, le cuir, qui forment ce que l'on appelle l'âme de la canne ; cette partie est ensuite recouverte de coton, de fil, de boyaux, de soie, etc. Si grande que paraisse la variété des bois employés pour la fabrication des cannes, celle des différentes matières qui servent à la confection des poignées l'est peut-être plus encore. Nous citerons seulement l'os, les cornes de bélier, de buffle et de rhinocéros, la peau de l'hippopotame, l'écaillé en plaque ou en poudre, l'ivoire, les pierres céramiques de toute espèce, le cristal, le verre, les pierres dures ou tendres, fausses ou vraies, telles que les onix, les cornalines, les agates, les jaspes, les lapis, les labradors, les malachites, les coraux, les marbres, etc., les camées, les coquillages, les métaux simples ou à l'état d'alliages, etc. Quelques spécimens renferment une montre, une tabatière, une boîte à musique, un portrait ; enfin, dans certaines cannes, on dissimule un poignard, une épée. La mise en œuvre de ces matières est variable à l'infini, suivant leur nature. Nos ouvriers parisiens, . façonneurs, ciseleurs, sculpteurs ou autres, dont la prodigieuse activité égale l'imagination féconde et le goût artistique, excellent à en tirer un merveilleux parti. Les différentes transformations auxquelles sont soumises les matières premières s'obtiennent presque en totalité par le travail manuel ; le tressage de l'enveloppe des cannes est la seule opération qui s'exécute mécaniquement. Les principales opérations usitées sont le redressage des bois par la chaleur, le rabotage, le vernissage en étuves, la sculpture, la gravure, la ciselure, le travail varié du bijoutier, l'application de l'écaillé sur la corne de bélier et les bois durs ou durcis, l'agglomération des poudres d'écaillé, etc.
Le nombre des ouvriers, hommes, femmes et enfants, employés à ces différents travaux et se rattachant presque entièrement à l'industrie des cannes, peut être évalué à douze cents. Ce chiSre comprend deux catégories : la première, qui n'occupe que des hommes et représente environ le tiers du chiffre total, travaille dans les ateliers ; la seconde, dans laquelle les hommes et les femmes sont à peu près en nombre égal, est occupée dans ses foyers. La valeur journalière, pour onze heures de travail, peut varier, pour les hommes, de 3 fr. 50 à 7 fr., et pour les femmes, de 2 fr. 50 à 3 fr. 50. Le chiffre de la production annuelle s'élève à environ 5 millions de francs ; les produits sont, en grande partie, expédiés dans les différentes parties du monde, mais principale-
CANiSE — 44 —
ment dans l'Amérique méridionale et dans les Antilles. Quiconque veut une jolie canne la fait venir de Paris. La concurrence étrangère n'est redoutable que pour les articles tout à fait ordinaires ; pour les articles lins, on se contente de copier nos modèles en les dénaturant. L. Knab.
II. Art militaire. — i^ Canne d'officier. Les sergents-majors de bataille (V. Sergent-major) et plus tard les officiers-majors des corps de troupe portaient une canne qui constituait pour eux un attribut d'autorité et servait aussi à châtier les soldats récalcitrants. C'était un souvenir du cep ou sarment de vigne des centurions romains et des tribuns militaires. Lors de la création des adjudants sous-officiers en 1776, on leur donna une canne semblable à celle des officiers. Ils ne devaient tirer l'épée que pour leur défense personnelle et défilaient la canne à la main. Le projet de règlement d'uniforme de 1818 donnait à cette canne un mètre de longueur, pomme et bout compris, ce qui en faisait une mesure métrique. Mais son usage tomba bientôt en désuétude. Sous le premier Empire les sous-officiers de la garde portaient une canne en tenue de ville. La canne est encore en usage pour les officiers dans l'armée espagnole, où elle est la prérogative du commandement. Tous les chefs de corps la portent : c'est le basion de mando,
2*^ Canne de tambour-major. Dès le xvii® siècle', les tambours-généraux (tambours-majors) se servaient d'une canne pour faire les signaux des batteries. Au xvm« siècle, quelques colonels imaginèrent de donner au tambour-major qui portait leur livrée, la canne de leurs coureurs. Cette canne a été conservée et son emploi a été réglementé pour la première fois par le décret de 1791 sur les manœuvres de l'infanterie. C'est un jonc de 1*^15 de longueur, orné à son sommet d'une grosse pomme de cuivre argenté et enlacé du baut en bas de petiles torsades. Les caporaux-tambours ont également une canne. Ces objets font partie des effets de grand équipement,
3<^ Canne d'armes ou Court bâton. C'était une sorte de demi-lance ayant un mètre de longueur, fer compris. Ce fer était ordinairement un marteau d'armes présentant la forme d'un croissant, d'un trident, d'une double croix. Au moyen âge la canne d'armes était employée dans les combats singuliers (et en particulier dans le duel judiciaire) lorsqu'ils avaient lieu entre vilains. La canne d'armes a lait aussi partie de l'armement des Cent-Suisses. E. F.
Ilf. Escrime. — Le maniement de la canne rentre essentiellement dans les exercices gymnastiques. C'est un moyen de défense qui est à la portée de tout le monde. Pour réussir dans cet exercice, il n'est pas nécessaire d'être doué d'une grande force musculaire, qualité, au contraire, qui est indispensable dans la boxe et dans la lutte, où un combattant, quelque adroit qu'il soit, sera tenu en échec, et souvent battu par un adversaire plus grand et plus fort. On a beau, en effet, déployer de l'adresse et de l'agilité contre un mur, le mur résistera toujours par son poids seul. Il n'en est pas de même dans la canne. Tout homme connaissant bien le maniement de cette arme n'aura rien à craindre d'un adversaire plus grand et plus fort que lui : il peut même aisément tenir tête à trois ou quatre adversaires. Des différentes méthodes de canne, la meilleure est celle de Larribeau, l'associé de Leboucher, qui fut lui-même un tireur de canne remarquable (V. Boxe). Cette méthode veut que tous les coups soient développés, c.-à-d. lancés de toute la longueur du bras, de façon à leur donner le plus de force possible. C'est celle qui est enseignée en ce moment à Paris par les professeurs Charlemont et Chauderlot. An. B.
iV. Pêche. — Canne à pêche. Cet engin est ordinairement composé de trois pièces principales, qui sont, en commerçant par l'extrémité la plus fine, le scion, la baguette ou branchette, la canne proprement dite ou branche de
scion. Trois qualités doivent être exigées d'une bonne canne: force, souplesse, élasticité,qualitésquidépendent tout à la fois des matériaux employés et de la manière dont ils sont assemblés entre eux. La canne se fait ordinairement en coudrier, en saule, en roseau ; pour la pêche à la mouche, la meilleure canne est celle en bambou ; le scion se fait en épine noire ou en bambou fendu. La longueur de la canne varie suivant l'étendue de la nappe d'eau où l'on se propose de pêcher et la nature de la pêche ; c'est ainsi que pour la pêche à la mouche en eau douce, la longueur de la canne doit être d'au moins 6 m. ; pour la pêche sédentaire, au brochet, à la perche, avec une grande gaule posée à terre, la longueur est d'environ 8 m., la longueur est de 5 m. pour la pêche de fond à la canne fixe, de 3 m. pour la pêche aux petits poissons, tels que vairon, ablette ; en eau salée, la pêche du saumon à l'embouchure des fleuves exige un porte-canne de 6 m. de long, tandis que la pêche du maquereau, de la daurade, en bateau, se fera avec une canne d'environ 3 m. Il est de règle que la grosseur de la canne doit être proportionnelle aux lignes qu'on y attache. E. Sauvage.