‹ La Grande encyclopédieChapitre 16 sur 397 · V. Verrerie (V. Bouteille · texte numérisé non relu

V. Verrerie (V. Bouteille

VI. Métrologie. — Le nom de canne est l'expression traduite d'un mot sémitique hébreu, Qanéh, assyrien QanU, qui signifie roseau. Ce mot désigna d'abord la perche {}2Xm pertlca) et, comme tel, il figure dans Ezéchiel (ch. xl, 5). Cette perche ou canne avait six coudées de long; mais, dit le prophète, chaque coudée avait un palme de plus que la coudée ordinaire. Nous retrouvons dans les mesures assyriennes également la canne composée de six demi-coudées, deux cannes forment une toise assyrienne. En dehors de celte canne, composée de six demi-coudées, on se servait à Babylone, en Chaldée, d'une canne superficiaire, qui avait 7 aunes de 24 pouces chacune, de sorte que la canne entière équivalait à 168 pouces. On comptait, non pas par des carrés de pouces et d'aunes, mais par des carrés de cannes seulement ; les subdivisions de cette canne carrée étaient des rectangles formés par l'aune et la canne, le pouce et la canne. Ainsi le pouce superficiaire équivalait à 168 pouces carrés, Taune superficiaire à 4,032 pouces carrés, et la canne superficiaire à 28,224 pouces carrés. Nous trouvons ces évaluations employées dans les textes juridiques babyloniens, où les surfaces sont calculées avec une précision et un art vraiment surprenants ; on se demande comment les Babyloniens pouvaient calculer avec une pareille exactitude les nombres composés de sept chiffres. Deux cannes superficiaires formaient le rectangle fondamental, d'après lequel se réglaient les comptes d'argent; cette double canne s'appelait également toise superficiaire. En arabe la canne s'appelait cassabah et se composait de six coudées (deraga) (V. Métrologie). J. Oppert.

La canne est une mesure de longueur usitée à Marseille, qui vaut 2 m. 013; à Naples la canne est de 2 m. 108; à Rome, de 2 m. 090.

VII. Botanique. — Nom vulgaire de plusieurs plantes utiles appartenant à des familles différentes. Ainsi on appelle :C. AROMATIQUE, VAcorus calamus L., delà famille des Aroïdées ; mais la véritable canne aromatique (Calamus aromaticuSy Calamus verus des anciennes pharmacopées), celle qui entrait dans la confection de la thériaque, serait, d'après Guibourt, une Gentianacée de l'Inde, voisine de VOphella chirayta Griseb. (V. Acore) ; C. bam- BOCHE, le Bambusa arundinacea Retz (V. Bambou) ; C. de Batavia, le Saccharum violaceum Tuss., qui n'est qu'une variété du S, officinarum L. (V. ci-dessous Canne à sucre) ; C. Congo ou C. de l'Inde, le Canna indica L. et autres espèces du même genre (V. Balisier) ; C. dTnde, le Costus speciosus Willd., de la famille des Zingibéracées (V. Costus) ; C. de Madère, une Aroïdée, le Colocasia esculenta Schott ou Chou caraïbe (V. Colocase) ; C. DE Provence, ÏArundo donax L. ou Roseau à quenouilles (V. Roseau) ; C. de rivière, le Costus spicatus

CANNE ~ CANNEL-COAL

Willd. (V. CosTUs) ; C. de Tabago,, un Palmier du groupe des Cocoïnées, le Badris minor Jacq. (V. Bactris) ; C. DE VIPÈRE, le Kunthia montana H, B., Palmier américain, dont le suc est préconisé comme antidote contre la morsure des reptiles ; C. maroke, aux Antilles, le Dieffenbachia seguina Schott, de la famille des Aroïdées ; à Bourbon et à Maurice, le Scirpus iridifolias L., de la famille des Cypéracées ; C. royale, VArundo variegata L. ou Roseau à rubans (V. Roseau). Ed. Lef.

Canne à mcre. Nom vulgaire du Saccharum offloinarum L., plante de la famille des Graminées et du groupe des Andropogonées. C'est une grande herbe vivace, dont le rhizome donne naissance à des tiges dressées, cylindriques, noueuses, de 2 à 5 m. de hauteur, de couleur jaune, rougeâtre, violacée ou tachetée, suivant les variétés ; ces tiges sont pleines et charnues dans l'intervalle des nœuds, qui sont peu saillants et d'autant plus distants les uns des autres que la croissance de la plante a été plus rapide. Les feuilles, rapprochées et distiques, se détruisent de bonne heure de bas en haut à partir du sol ; elles sont formées d'une longue gaine largement ouverte, d'une ligule très courte, entière et arquée et d'un limbe étalé, très long, atténué et aigu au sommet, très finement serrulé sur les bords. L'inflorescence est une grande panicule terminale dressée, dont les rameaux alternes portent un grand nombre d'épillets, tous fertiles, rapprochés deux à deux, l'un sessile, l'autre pédicellé, et garnis à leur base d'une couronne épaisse de longs poils blancs et soyeux. Chaque épillet est formé de deux fleurs, dont l'inférieure est neutre et pourvue d'une seule glumelle, la supérieure, hermaphrodite et à deux glumelles. L'androcée se compose de trois étamines dont les filets grêles et allongés portent des anthères versatiles, biloculaires, introrses, déhiscentes par deux fentes longitudinales. L'ovaire est ovoïde, lisse, et surmonté de deux longs styles de couleur rouge, à extrémités stigmatiques munies de poils simples, dentés. Le fruit est un caryopse lisse, renfermant une seule graine à albumen féculent.

La Canne à sucre paraît originaire du Bengale, de l'ïndo-Chine et des îles de l'archipel malais. Sa culture était déjà répandue, du temps de Pline, en Egypte et dans l'Ethiopie. Au moyen âge, les Arabes l'introduisirent en Sicile, puis dans le midi de l'Espagne, où il existe encore des moulins à sucre à Malaga, à Alicante et à Valencia. Transportée à Madère en 1420, à Saint- Domingue en 1494 et dans les Canaries en 1503, elle fut introduite au Brésil dans le commencement du XVI® siècle, puis au Mexique vers 1520, à la Guyane vers 1600, à la Guadeloupe en 1644, à la Martinique en 1650, à nie Maurice vers 1750, enfin dans le Natal et à la Nouvelle-Galles du Sud en 1852. (V. A. De Candolle, De Vorigine des plantes cultivées^ 1883, p. 122.) De nos jours, la canne à sucre est cultivée dans toutes les contrées du globe où la température moyenne ne descend pas au-dessous de 20**. Elle présente un grand nombre de variétés parmi lesquelles nous signalerons notamment : 1° la Canne de Batavia ou Canne noire de Java {Canna morada des indigènes), qui est le Saccharum violaceum Tuss. ; 2° la Canne de Bourbon, de Singapore ou d'Otaïti; 3° la Canne à rubans ou C. transparente ; ^^ la Canne du Bengale ou C. rouge de Calcutta; 5° la Canne de Salangore; 6° enfin la Canne de la Chine^ qui est le Saccharum sinense de Roxburgh. (Pour l'exploitation et le traitement de la canne à sucre, V. Sucre.) Ed. Lef.

BiBL. : GÉNÉRALITÉS. — QuiCHERAT, Histoive du costume. — Paul Lacroix, le xyiii^ Siècle, institutions, usages et coutumes. — Maze-Sencier, Histoire des cannes. — Hartog, les Acessoit'es du vêtement.

CANNE (La). Rivière du dép. de la Nièvre, sort des Etangs de Saint-Saulge, passe à Fleury, Crécy, Saint- Cyr, où elle reçoit leTramboulin, arrose Montigny, coupe le canal du Nivernais, et se jette dans l'Aron, affluent de la Loire, à Cercy-la-Tour, après un cou»'*' de 45 kil.

CANNE (John), imprimeur et théologien anglais de la secte des bajjtistes, mort vers 1667. On le trouve à Londres, catéchisant, vers 1622, puis à Amsterdam, où il fut, pendant dix-sept ans, le pasteur de la congrégation des Indépendants anglais. En même temps, il écrivait des ouvrages de théologie et de polémique qu'il imprimait luimême. Le plus important de ces livres a pour titre : A NecessUieof Séparation from the Church of England, proved by the mnconformists' Principles (1634). 11 a été réimprimé en 1849 pour la « Hansard Knollys Society » par les soins de Charles Stovel. Canne revient à Londres en 1640, est, en 1650, chapelain du gouverneur de Hull, le colonel Robert Overton, et acquiert une immense popularité parmi les soldats, mais il s'attire l'inimitié de John Shawe. Dénoncé comme conspirateur, il est banni de Hull, arrêté à Londres et bientôt relâché (1658). En 1664, on le retrouve à Amsterdam, où il mourut probablement trois ans plus tard. Les livres et brochures qu'il ne cessa de publier sur les questions religieuses de son temps sont aujourd'hui profondément oubliés. Citons cependant son édition de la Bible avec notes originales, pour laquelle il obtint un privilège en 1653. B.-H. G. BiBL. : Dexter, Congregationalism of last Three Hundred Tears, 1880. — Memoirs ofMaster John Shawe; Hull, \8n, élit. J.-R. Boyle. — Wilson, History of Dissenting Churches. — Brook, Ltues of the Purit'ans. — Leslie Stephen, Dict. of National Biography.

CANNEBERGE (Bot.). Nom vulgaire de VOxycoccos palustris Pers. (Vaccinium Oxycoccos L.), plante de la famille des Ericacées et du groupe des Vacciniées, que l'on appelle également Coussinette. C'est un sous-arbrisseau rampant, dont les tiges fihformes, couchées-radicantes, portent des petites feuilles persistantes, glabres, d'un vert toncé en dessus, d'un blanc glauque en dessous, à bords roulés en dessous. Les fleurs, de couleur rose, sont solitaires et penchées à l'extrémité de pédoncules disposés 1-3 au sommet de la tige et des rameaux. La Canneberge croit exclusivement dans les marais tourbeux à Sphagnum, en Europe et dans l'Amérique du Nord. Ses baies globuleuses, rouges, d'abord âpres et acides, puis légèrement sucrées et acidulés, servent à faire des confitures et un sirop rafraîchissant. — La C. de Tasmanie est ÏAstroloma humifusum R. Br., arbrisseau de la famille des Epacridacées, dont le fruit renferme une pulpe visqueuse à odeur de pomme. Ed. Lef.

CANNECTANCOURT. Corn, du dép. de l'Oise, arr. de Compiègne, cant. de Lassigny ; 320 hab.

CANNEGIETER (Henri), antiquaire hollandais, né à Steinfurt (Westphalie) en 1691, mort en 1770. 11 fut recteur du gymnase d'Arnheim et historiographe des Etats de Gueldre, On lui doit : Flavii Aviani fabulœ (Amsterdam, 1731, in-8); Dissertatio de Brittenburgo, matribus Brittis, Britannica herba, Brittia Procopio memorata (La Haye, 1734, in-4, ûg.); DeMutata Rotnanorum nominum sub pri^icipibus Ratione liber singularis (Utrecht, 1758, in-4), dissertation suivie d'une histoire de l'empereur Postume et de l'explication de ses monnaies ; De Gemma Bentinckiana, item de Iside ad Turnacum inventa, necnon de Dca Buronina (Utrecht, 1764, in-8) ; E'pistola de ara ad ISoviomagum reperta (Arnheim, 1766, in-8); les Tristes de Henri Harius (tienrik ter Eaer) (Arnheim, 1766, in-4). Cannegieter mourut avant d'avoir publié une édition de Festus, ainsi que ses études sur les antiquités de Dombourg et de la Batavie romaine, travaux qu'il avait longuement élaborés.

CANNEHAN. Com. du dép. de la Seine-Inférieure, arr. de Dieppe, cant. d'Eu ; 310 hab.

CANNEL-COAL (Mines). La variété de houille anglaise connue sous le nom de cannel-coal ou candel-coal, et qu'on rencontre souvent en veines parallèles au milieu de la houille bitumineuse, est ordinairement considérée comme appartenant à ce genre de houille. Elle est noire ou brunâtre, dure, compacte, d'un éclat foncé, ne tache pas les doigts et n'a pas une cassure conchoïde pronon-

CANNEL-COAL — CANNELLE

cée ; sa texture n'est pas lamelleuse comme celle de la houille ordinaire et présente les caractères du jayet. Enfin elle renferme souvent des dents et des écailles de poissons et, suivant l'opinion des naturalistes habitués à manier le microscope, se distingue facilement par l'absence complète de toute structure végétale. Son nom, dérivé de cannyl, candie (lumière), lui a été donné en raison de la facilité avec laquelle elle brûle et donne une flamme persistante et blanche. Les combustibles appelés en Ecosse Parrot-coal, et dans le Yorkshire Rattlers, sont des variétés inférieures du cannel-coal, qui décrépitent lortement au feu ; c'est par suite du bruit qu'elles font en brûlant que ces désignations de parrot (perroquet), rattlers (cris), ont été données à ces houilles. Le cannel-coal, dont le gisement principal est dans le comté de Warwick (Angleterre), est employé pour la fabrication du gaz et pour les usages domestiques, mais comme il est susceptible de prendre le poli, on peut le travailler au tour pour faire des encriers et de petits objets d'ornement. La densité du cannel-coal est de 1,30; il renferme pur, 85 o/o de carbone, 5,70 d'hydrogène et 9,3 d'oxygène et d'azote ; il donne par 100 kilogr. 35 m. c. de gaz offrant une quantité de lumière double de celle que présentent les 23 m. c. de gaz obtenus de 100 kilogr. de houille de Mons; ainsi 100 kilogr. de cannel-coal fournissent la même quantité de lumière que 200 kilogr. de houille de Mons ou de Commentry. On peut s'en servir avec avantage, quoique son prix soit plus élevé, lorsqu'il s'agit d'augmenter la quantité de lumière à fournir, sans accroître le matériel des fours et des cornues. Le coke de cannel-coal, moins volumineux que celui des houilles à gaz, peut, sans inconvénient, demeurer mêlé avec ce dernier.

La découverte du cannel-coal eut lieu dans les circonstances suivantes : vers 1851, l'importation en Angleterre d'une assez grande quantité de pétrole de Rangoun vint donner une active impulsion à l'industrie naissante des huiles minérales destinées à l'éclairage. Un autre fait qui contribua à donner de l'importance à la question fut la découverte, près de Bathgate, en Ecosse, d'une nouvelle substance minérale, le bogkead, qui fournissait beaucoup plus de produits huileux que toutes les substances minérales connues. Le charbon de boghead et le pétrole de Rangoun furent donc, jusqu'à la découverte du pétrole en Amérique, les principales sources d'où le commerce de l'Angleterre tira son huile minérale. L'excellence des produits fournis par le boghead d'Ecosse excita la fièvre des recherches ; bien des essais furent tentés qui ne donnèrent d'abord que de médiocres résultats, lorsque vers 1856, on annonça à Leeswood-Green, dans le Flintshire, la découverte d'un rival du boghead. Il existe dans ce comté un gisement de houille, dont la tradition et certains documents authentiques font remonter la découverte jusqu'au règne d'Edouard III ; l'étendue en est limitée et n'a, d'après les estimations, qu'une superficie de 24,280 hect. Les couches ne sont pas situées à une très grande profondeur, car la plus importante, c.-à-d. celle dont l'exploitation se faisait au niveau le plus bas avant la découverte dont nous allons parler, ne se trouve qu*à 114""25 de la surface du sol. Comme il arrive souvent en pareil cas, ce fut le hasard qui amena la découverte ; en poussant une petite galerie de reconnaissance dans les vieux travaux et en un point où existait une dislocation des couches, on constata une véritable faille ou rejet des couches, et l'on découvrit à l'extrémité de la galerie une espèce de schiste, que des recherches habilement dirigées firent reconnaître pour être le toit d'une couche de véritable houille dite canneL Cette couche, qui se compose de plusieurs veines, est d'une notable épaisseur et fournit un combustible d'une richesse remarquable. La houille cannel fournit à la distillation des hydrocarbures liquides d'une abondance et d'une quaHté au moins égales à celles du boghead d'Ecosse et, de plus, un coke compact

d'excellente qualité. Ce qui constitue le principal caractère du combustible de Lesswood, c'est son extrême richesse en bitume ; un petit morceau jeté dans le feu s'enflamme instantanément et brûle avec une flamme blanche très vive, en déposant en même temps une très grande quantité de carbone ; distillé, au contraire, à une température convenable, il fournit un gaz très abondant, à pouvoir lumineux très élevé. La couche, découverte sur une épaisseur totale de 1"^80, comprend quatre veines de charbon de difi'érentes qualités, mais toutes plus ou moins riches en hydrocarbures liquides. La première, celle du dessus, est la moins riche ; elle se compose d'un charbon schisteux qui, distillé à basse température, fournit, par tonne, 145 à 160 litres d'huile brute. La seconde, désignée sous le nom de smooth-camiel, donne de 180 à 200 litres d'huile et laisse un coke excellent, remarquable par sa ressemblance avec le charbon végétal provenant d'un bois très dur. La troisième est regardée comme la plus riche; son charbon, appelé curly-coal, en raison des lignes tourmentées que présente sa cassure, produit par tonne de 340 à 360 litres d'huile. La quatrième, enfin, dite la veine du fond (bottom-cannel), ressemble beaucoup à la seconde, mais elle en diffère cependant par l'infériorité de qualité de son coke. Telle est la composisition de cette importante et précieuse couche de charbon, qui se trouve à 183 m. de profondeur et qui offre en outre l'avantage de reposer sur un banc de minerai de fer. Sa découverte a été précieuse au point de vue de la fabrication du gaz et, bien gue l'extraction en soit assez limitée, il n'en est pas moins vrai qu'elle a eu pour le commerce et les consommateurs l'avantage de faire cesser le monopole créé par le boghead d'Ecosse. L. Knab.

CAN N ELÉ. I. On donne ce nom à tous les tissus qui présentent à leur surface d'endroit de petites côtes saillantes, séparées les unes des autres par des sillons plus ou moins profonds, et qui régnent en ligne droite, soit longitudinalement, soit transversalement, c.-à-d. dans le sens des fils de la chaîne, ou dans celui des duites de trame. Ces effets sont obtenus par des brides de trame ou de chaîne que l'on fait flotter sur plusieurs fils ou plusieurs duites, puis lier dans les parties voisines; on peut les rendre plus saillantes en faisant alterner de gros fils pour soutenir les côtes avec des fils plus fins pour creuser les sillons (V, Reps). On étabht de même des velours à côtes ou velours cannelés, principalement en coton, pour la confection de vêtements de travail ou de chasse pour hommes (V. Velours).

IL Nom donné en filature aux cylindres munis de cannelures parallèles à leur axe, qui déterminent l'entraînement des rubans ou des mèches dans les bancs d'étirage, bancs à broches, métiers à filer, etc. P. Goguel.

CANNELIN (Gustaf), linguiste finnois, né le 26 août 1815 à Pyhœjoki. Après avoir été lecteur en grec au gymnase de Vasa (1844), il devint pasteur de Saeaeksmseki (1860) et de Mustasaari (1873). Il a publié une historiette : Matti de Maunula (Helsingfors, 1855; 3^ édit. , d884, in-16); une Grammaire grecque (1863); un Cxlossaire de T Anabase de Xénophoîi (iS6S) , et traduit en finnois le Code suédois de 1884- (1865 ; 3« éd. 1877); les Manuels de droit de Svanliung et de Trapp, et quelques ouvrages scolaires. B-s.

CANNELLE. L Botanique. — On emploie en médecine sous ce nom deux sortes bien distinctes d'écorces : la première est constituée par les produits de divers Cinna-^ momum : c'est la véritable cannelle, la plus employée de beaucoup et celle à laquelle sera consacré cet article ; la seconde, désignée sous le nom de cannelle blanche, Costus doux ou fausse écorce de Winter, est le produit d'une plante très difî'érente, appartenant à un tout autre groupe, le Canella alba, de la famille des Magnoliacées. Cette dernière écorce a été introduite en Europe depuis un siècle, comme substitution de la véritable écorce de Winter, venant du Drjjmis Winteri, plante de la même

famille, croissant dans les mêmes régions et devenue introuvable : elle jouit d'ailleurs des mêmes propriétés que celle-ci, mais moins accusées ; c'est un stimulant stomachique et tonique, antiscorbutique, etc., qui est inscrit aujourd'hui au Codex et que l'on substitue à l'écorce de Winter dans la préparation du vin diurétique amer de la Charité ; elle faisait, en outre, partie de quelques préparations anciennes, telles que le vin d'aloès, le vin de gentiane composé, etc.

Les véritables cannelles, celles des Cinnamomum, se divisent en plusieurs catégories : les Cannelles de Ceylan^ la Cannelle de Chine, les écorces de Cassia lignea et les écorces de Culilawan, Les deux premières seules intéressent le commerce français. Les écorces de Culilawan (Culilawan rouge, Ecorce de Sintoc, Culilawan des Papous) ne se rencontrent en France que dans quelques musées : elles se reconnaissent à leur odeur de girofle et à leur saveur acre. On les rattache aux Cinnamomum Culilawan Blum., C. Sintoc Blum., C, Javanicum Blum., C. xanthoneuron Blum. — Les écorces de Cassia lignea, dénomination employée dans le commerce anglais, se confondent en réalité avec les Cannelles de Chine ; dans bien des cas d'ailleurs, il s'agit du produit de la même plante. Néanmoins, le nom de Cassia lignea est plutôt réservé aux sortes inférieures, à odeur plus faible, qui n'arrivent en France que par fraude et mêlées à la Cannelle de Ceylan; elles sont fournies par le Cinnamomum Cassia Blum,, et probablement aussi par les C. Tamala Nées., C. iners Reinw., C, parviflorum Nées et C, obtusifolium Nées.

L'écorce de Cannelle de Chine est aussi produite par ce Ciimamomum CassiaBhxm, (Caromatlcuml^Qes., Lanrus Cassia Ait.), et nous arrive de la côte de Bîalabar, de Calcutta, des Philippines, de Sumatra, de Java et surtout de Chine, où elle possède, selon Hanbury, des qualités supérieures. Elle se présente en tubes de l'épaisseur du doigt, ou en plaques cintrées, peu volumineuses, à parois épaisses de 2 à 5 millim. : elle est recouverte d'un suber grisâtre et mince, enlevé en partie dans quelques sortes, mais dont on retrouve toujours des traces ; la couleur est ocreuse ; la structure de l'écorce est compacte, la cassure brièvement esquilleuse. L'odeur est forte, voisine de celle de la coriandre (odeur de punaise) : la saveur est chaude, aromatique, légèrement sucrée, avec une pointe d'âcreté se développant secondairement.

Les écorces de Cannelle de Ceylan sont produites par le Cinnamomum Zeylanicum ; ce sont les plus estimées de toutes, mais aussi les plus coûteuses, aussi la cannelle de Chine lui est-elle trop souvent substituée. Il en vient aujourd'hui non seulement de Ceylan, mais d'autres régions dans lesquelles ce cannelier est cultivé, des Indes (Cannelle de Tellichery, Cannelle de Malabar), de Cayenne, du Brésil, des Antilles, etc.; mais l'odeur de ces dernières sortes est loin d'être aussi fine que celle de la vraie Cannelle de Ceylan, qui devra .toujours être préférée. On cultive la plante, à Ceylan, dans de véritables champs qui, en ce moment même, prennent une plus grande étendue encore, les Cinghalais renonçant à la culture du quinquina, devenue trop peu lucrative, pour couvrir l'île de cannelliers. L'arbre est taillé comme nos osiers, de façon à lui faire produire le plus grand nombre possible de rameaux ; la récolte a lieu deux fois par an, en mai et en décembre. Les rameaux âgés d'un an et demi à deux ans, sur lesquels commence à se développer un suber grisâtre, sont seuls recueillis : on les coupe en tronçons de 30 centim. environ, que l'on roule d'abord entre les mains et que l'on fend ensuite sur le côté à l'aide d'un couteau spécial, pour en détacher aisément l'écorce : après vingt-quatre heures d'une légère dessiccation, le suber est râelé avec soin ; les écorces sont emboîtées les unes dans les autres, suivant leur taille, comme les tubes d'une lorgnette, et mises à sécher à Fombre sur une claie d'osier. Elles nous arrivent dans le commerce en rouleaux atteignant

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