CARMAGNOLA — CARMAGNOLE
et de rendre à Carœagnola sa famille et ses biens. La guerre ayant recommencé peu de temps après, Carmagnola subit une défaite qui ne lui fut pas pardonnée. Le conseil des Dix le suspectant de vouloir se réconcilier avec son beau-père, en trahissant les intérêts de Venise, le sépara habilement de ses compagnons d'armes, en le comblant de flatteries, puis le fit mettre à la torture et décapiter. Il lut exécuté entre les deux colonnes de la Piazetta, Carmagnola est un des types les plus curieux de ces condottieri du xv® siècle qui servaient toutes les causes, n'ayant d'autre mobile que leur propre intérêt et qui contribuaient à maintenir l'équilibre dans la péninsule en défaisant de leurs mains la grandeur des princes qu'ils avaient le plus contribué à élever. H. Vast.
BiBL. : Sanuto, Vite de' duchi di Venezia,. — Nava- GERO, Storia Veneziana. — Sismondi, Hist, des républ. italiennes^ t. VIII.
CARMAGNOLE. Vêtement qui fut très à la mode dans les classes populaires pendant la Révolution française. C'était une veste à grand collet, à basques très courtes, ornée de plusieurs rangées de boutons de métal. Ce costume tut probablement apporté du Midi et emprunté par les Parisiens aux fédérés marseillais qui se distinguèrent au 10 Août. Ils le devaient peut-être aux Piémontais de Carmagnola, et de là viendraient son nom et celui de la célèbre chanson révolutionnaire qui reçut le nom du costume classique des Montagnards. Peu à peu, d'ailleurs, la carmagnole se modifia et ce nom fut appliqué à l'ensemble du costume adopté par les Jacobins : large pantalon de laine noire, gilet rouge ou tricolore, veste noire, bonnet rouge. La mode variait l'élégance de l'étoffe et de la coupe des carmagnoles qui furent abandonnées après 1794. CARMAGNOLE (Chant et danse). Chanson et ronde populaires, remontant à 1792, dont l'origine véritable demeure fort controversée et qui s'est profondément modifiée à travers les différentes périodes révolutionnaires de notre histoire. C'est à tort que, dans certains dictionnaires encyclopédiques, on a voulu faire remonter la date de l'apparition de la Carmagnole à la prise de Carmagnola par les troupes françaises. En réalité, Carmagnola ne fut prise qu'en 1796, et la chanson connue sous le nom de Carmagnole àsiie manifestement de 1792. Elle fut très vraisemblablement composée après la prise du château des Tuileries (10 août 1792). L'auteur, ou pour parler plus exactement, les auteurs de cette ronde populaire sont restés inconnus.
Voici les couplets de la Carmagnole telle qu'elle se chantait en 1792 :
!«'■ Couplet.
Monsieur Veto avait promis (bis) D'être fidèle à sa patrie (bis); Mais il y a manqué.
Ne faisons plus quartié !
Refrain.
Dansons la Carnfiagnole !
Vive le son {bis].,^i Dansons la Carmagnole !
Vive le son Du canon !
2^ Couplet.
Antoinette avait résolu (bis) De nous fair' tomber sur le eu (bis);
Mais son coup a manqué;
Elle a le nez cassé.
3<^ Couplet.
Son mari se croyant vainqueur (bis), Connaissait peu'notre valeur (bis).
Va Louis, gros paour,
Du Temple dans la tour.
4« Couplet. Les Suisses avaient promis (bis) Qu'ils feraient feu sur nos amis (bis) ;
Mais comme ils ont sauté!
Comme ils ont tous dansé!
5e Couplet.
Quand Antoinette vit la tour (bis)^ EU' voulut faire demi-lour (bis) ;
Elle avait mal au cœur
De se V oir sans honneur.
6« Couplet.
La gendarm'rie avait promis (bis) Qu'elle soutiendrait la patrie (bis) ;
Mais ils n'ont pas manqué
Au son du canonié.
7« Couplet.
Amis, restons toujours unis (bis).
Ne craignons pas nos ennemis (bis).
S'il' vienn' nous attaquer,
Nous les ferons sauter.
8« Couplet.
Oui, }Q suis sans-culotte, moi (bis), En dépit des amis du roi (bis).
Vivent les Marseilloisl
Les Bretons et nos lois !
9« Couplet.
Le patriote a pour amis (bis) Tous les bonnes gens du pays (bis) ;
Mais ils le soutiendront
Tous au son du canon î 10« Couplet.
L'aristocrate a pour amis (bis) Les royalistes de Paris fèisj.
Ils vous le soutiendront
Tout comm' de vrais poltrons.
ll« Couplet.
Oui, nous nous souviendrons toujours (bis) Des sans-culottes des faubourgs (bis),
A leur santé, buvons !
Vivent ces bons lurons !
11 est facile, on le voit, rien qu'en relisant les couplets, de se rendre compte que la Carmagnole remonte à la fameuse journée du dO août 1792. 11 paraît également certain qu'elle ne fut pas composée d'une seule pièce. Les couplets vinrent, pour ainsi dire, s'ajouter les uns aux autres, suivant le goût, les émotions, les tendances du jour. C'est ainsi que le couplet que nous donnons ci-dessous comme spécimen musical de la Carmagnole ne fut ajouté que plus tard, seulement après l'exécution de la reine Marie-Antoinette.
Voici ce couplet :
dam' Ve-to a - vait pro - mis de
fair' é - £01- - ger tout Pa-ris De fair' é - gor-
4" J-J i'iJ.llr.r-N ^j^^'
tout Ta - ris,
I (is le couj) a
sons la Car - ma - guo - le! Vi - ve le
iO,i Vi - ve le son Dan - s ns la Car - n a-
^^ ^ i' r r r I J . i j IJ ■ Il
gno - le, Vi - \e le sou Du ca -
Ce sont, du reste, ces modifications constantes, conti-