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CARMAGNOLE

nuelles, dans les paroles de la Carmagnole ^ qui lui donnent son véritable cachet d' œuvre populaire, qui en font réellement une chanson de la rue. Elle reflète les colères, les rancunes, les fureurs, les joies, les espérances de la foule. Que surviennent les grandes luttes militaires de 1793 à 4795, la propagande armée des idées républicaines à travers l'Europe, il se rencontrera un anonyme, un soldat inconnu, un citoyen quelconque, qui ajoutera ce couplet à la Carmagnole :

Ah! s'ils avaient le sens commun, Tous les peuples n'en feraient qu'un.

Loin de s'entr'égorger.

Ils viendraient tous manger A la même gamelle !

Vive le son Du canon!

Que Robespierre monte sur Téchafaud ; que le régime terroriste prenne fin ; qu'une intense réaction se manifeste contre la politique jacobine et voici qu'on chante aussitôt la Carmagnole de Foiiquier-Tinville :

Fouquier-Tinville avait promis De guillotiner tout Paris.

Mais il en a menti,

Car il est raccourci.

Vive la guillotine !

Pour ces bourreaux Vils fléaux !

Sans acte d'accusation, Avec précipitation,

Il ht verser le sang

De plus d'un innocent.

Vive la guillotine !

Pour ces bourreaux Vils fléaux !

La Carmagnole, sorte de ronde immense, se dansait en même temps qu'elle se chantait. On tournait très lentement pendant le couplet, en frappant fortement du pied la terre ; puis, au refrain, on accélérait le mouvement de ronde aussi vite que possible. La Carmagnole obtint une incroyable vogue. Dès le mois de nov. 1792, Dorvigny faisait jouer, au théâtre Montausier, une pièce en trois actes intitulée la Carmagnole à Chambéry. Dans les musiques de régiment, on orchestrait la chanson nouvelle, sous forme de pas redoublé.

Le nom de Carmagnole était également donné à certains discours, à certaines proclamations nettement révolutionnaires. C'est ainsi qu'Edgar Quinet parle de la Carmagnole adressée par Barère à l'armée de la République sous les murs de Toulon ; que Michelet rappelle Vimmense Carmagnole improvisée par Barère ; que Louis Combes cite Barère et ses fameuses Carmagnoles. Quand Bonaparte fut nommé premier consul, il interdit de chanter et de danser la Carmagnole, On retrouve la chanson populaire à l'entrée des Alliés à Paris en 1814. Elle reprend une nouvelle faveur auprès du public, en 1848, sous la double forme de chanson célébrant la chute de Louis-Philippe, et de journal la Carmagnole, organe des enfants de Paris (fév. 1848), orné d'une double vignette représentant Jean qui pleure et Jean qui rit et se recommandant de cette devise : Ah! ça ira, ça ira, ça ira, les aristocrates au ridicule ! Dans le numéro du 1®^ juin 1848, on trouve ce programme que Rochefort a repris plus tard dans une de ses plus amusantes Lawif^rw^s; « Au nom du peuple français : qtûcle P^ : Il n'y a plus rien. Article II : La commission du pouvoir exécutif rendra une loi pour assurer l'exécution du précédent article. » Lors du réveil démocratique qui se manifesta à partir de 1863, sous le second Empire, on se remit à chanter la Carmagnole. La ronde populaire subit alors des transformations nouvelles, non seulement au point de vue des paroles, mais aussi au point de vue musical. Une nouvelle phrase y fut ajoutée, sur le mode du couplet de la Gamelle que nous avons reproduit plus haut, et sur le rythme du premier vers du refrain.

Voici la Carmagnole telle qu'elle se chantait à Paris en 1869:

Madam' Veto avait promis {bis)

De faire égorger tout Paris (bis) ;

Mais son coup a manqué,

Grâce à nos canonniers.

On lui coupa la tête,

Vive le son I On lui coupa la tète.

Vive le son Du canon !

Que demande un républicain (bis) ?

La liberté du genre humain (bis)y Du cœur pour se venger.

Du fer pour l'étranger, Et du pain pour ses frères !

Vive le son Du canon !

Que demande un républicain (bis) ?

L'égalité du genre humain (bis), Plus de riches debout, De pauvres à genoux, Aux fainéants la guerre î Vive le son Du canon!

Que demande un républicain ?

C'est le bonheur du genre humain.

La piocir dans les cachots La torch' dans les châteaux, Et la paix aux chaumières !

Vive le son Du canon ! •

Que demande un républicain (bis) ?

C'est de mourir sans calotin (bis), Le Christ à la voirie, La Vierge à l'écurie Et le Saint-Père au diable !

Vive le son Du canon !

On assure que ce dernier couplet est de Raoul Rigault, le membre de la Commune qui fut fusillé, rue Gay-Lussac, lors de l'occupation de Paris par l'armée de Versailles. Le couplet dit de la Gamelle avait été conservé. Après la Commune, quand se reconstituèrent les groupes socialistes révolutionnaires, le couplet suivant fut ajouté ;

Vive la Commun' de Paris (bis), Ses mitrailleuses, ses fusils (bis).

La Commune battue Me s'avoue pas vaincue !

Elle aura sa revanche î Vive le son Du canon !

De plus, on remplaça le deuxième vers : VEgalité du genre humain, la Liberté du genre humain, le Bonheur du genre humain, par Punique formule: la Commune du genre humain. Enfin, à la suite des troubles anarchistes de Montceau-les-Mines (1883), deux nouveaux couplets furent encore ajoutés à la Carmagnole :

Au jour de la Révolution (bis) Tous les moyens nous seront bons (6is). Le pétrole à tonneaux, Tous les engins nouveaux Et pour aller plus vite,

Vive le son [bis) Pas mal de dynamite !

Vive le son Du canon !

Que faut-il £u républicain (bis) ?

Ce châtiment de tout gredin (bis), Des gifles aux cafards, La cravache aux mouchards, Aux dictateurs la bombe,

Vive le son (bis) Aux dictateurs la bombe !

Vive le son Du canon !

L'auteur de ce dernier couplet serait, affirme-t-on, le prince Kropotkine, le nihiliste russe bien connu. A. Crié.

CAR MAIN G. Seigneurie de Languedoc. La baronniede Caraman ou Carmaing était aux mains du roi à la fin du

CARMAING - CARMATH

xiii« siècle. Philippe le Bel l'érigea en vicomte en faveur de Bertrand de Laulrec, qui venait de lui céder la moitié de cette dernière seigneurie. En 1321, Bertrand vend ses nouveaux domaines à Arnaud d'Euze, frère du pape JeanXXn. En 1483, la vicomte est érigée en comté en faveur de Jean de Carmaing, qui comme fils d'Isabelle de Foix-Grailly, prit dès lors et transmit à ses enfants le nom de Foix-Carmaing ; Charles VIII y joignit les trois baronnies de Saint-Félix, Auriac et Beauville. La famille de Foix-Carmaing, à laquelle appartenait le cardinal Paul de Foix, diplomate du xvi« siècle, s'éteignit dans la personne de Jeanne de Foix, fille unique d'Odetde Foix, laquelle épousa en 1592 Anne de Montlue, prince de Chabanais; ce dernier mourut en 1646; le comté passa alors aux mains des Escoubleau de Sourdis, et fut vendu par eux à Paul Riquet, dont le fils devint comte de Garaman et baron de Saint-Félix, et transmit ce double titre à ses descendants. Du xv« au xviu« siècle, quoique situé en Languedoc, le comté de Carmaing fut compris financièrement dans la Guyenne et rattaché à l'élection de Lomagne. En 1779 cette anomalie cessa, et un édit du mois de mai rattacha le comté au Languedoc ; il fait aujourd'hui tout entier partie du dép. de la Haute-Garonne. Dès le XIV® siècle, if renfermait seize communautés dont voici les noms : Caraman, Albiac, Yendine, Francarville, Loubens, Saussens, Prunet, La Salvetat, Maureville, Caras^ondes, Cambiac, Mourville - Basses, Laclastre, Mascar\ille, plus les trois baronnies plus haut citées (cant. de Caraman et de Revel) ; deux de ces baronnies tout au moins, Saint-Félix et Auriac, étaient, dès le milieu du xvi® siècle, rattachées à la sénéchaussée de Lauragais. A. Molinier.

BiBL. : D.Vaissètë, Hist. de Languedoc, nouv. édit., passim, et principalement t. XII, 305. — Roschagh, Etudes historiques sur le Languedoc (édit. citée de 1 Histoire), XIII, passim.

CARMAN ou KERMAN. Seigneurie de Bretagne, érigée en marquisat en août 1612, en faveur de Charles de Maillé ; elle passa en 1741 dans la famille de Crozat-du- ChâteL

GARMANIE. Partie orientale de l'ancienne Perside proprement dite. Le nom ne paraît que depuis Alexandre. Hérodote et l'inscription perse de Béhistoun ne la mentionnent pas. Ce dernier document place en Perse la ville de Târavâ, en grec Taruana, en persan Taraoun, qui, en vérité, appartient à la Carmanie. D'après les anciens, la Carmanie était une région fertile et surtout célèbre par son sable contenant de l'or. Elle se divisait en Carmanie propre et en Carmanie déserte qui, en vérité, fait déjà partie de la Médie, en se divisant en Cabadène et en Antémitis. La Carmanie propre dont nous nous occupons spécialement était habitée du temps de Darius par la peuplade des Utiens, retrouvée dans le texte de Béhistoun sous le nom de Yutiyâ, Elle était limitée à l'E. par la Gédrosie, au N. par la Médie. Le fleuve principal était le Bagradas, aujourd'hui Medjerdah. A l'intérieur, la capitale était Carmana, aujourd'hui Kerman, siège des restes des Guèbres, Throasca Portospana, Thaspis, Alexandria; sur la côte, Nepista, lia, Tarsia, Sidodona et Harmozia, aujourd'hui Bender-Abbassi. Vis-à-vis de la Carmanie, et appartenant à cette province, est l'île Oaracta, importante par ses pêcheries de perles, aujourd'hui Ormus. La Carmanie antique est représentée aujourd'hui par les provinces persanes de Laristan et de Kerman. — 11 est possible que le nom de la peuplade qu'Hérodote désigne sous le nom de Germaniens soit identique aux habitants de la Carmanie. J- Oppert.

CARMANINI (Tommaso), chanteur bouffe italien. H vint débuter en 1802 dans la troupe d'opéra italien qui s'était récemment installée au théâtre Favart, et qui devait bientôt aller partager la salle de l'Odéon avec les artistes de ce dernier théâtre. Carmanini, dont la voix était médiocre, mais qui s'en servait avec habileté, fut

néanmoins bien accueilli du public parisien, grâce à son talent de comédien, très souple, très fin et très distingué quoique essentiellement comique. Il eût, disait-on, fait rire un hypocondre, et jamais pour cela il ne s'éloignait des règles du bon goût et de la bienséance. Son début à Paris eut lieu dans il Barone deluso^ et il se fit remarquer surtout dans la Capricciosa pentita, il Pazzo per la musica, la Prova d'un opéra séria, r Imprésario in angustié, etc. Carmanini fit partie de notre troupe italienne jusqu'en 1814. On ne sait rien de la suite de sa carrière. A. P.

CARMANTINE. Nom vulgaire du Justicia pectofralis L., plante de la famille des Acanthacées (V. Justicia).— La C. en arbre est VAdhatoda vasica Nées (V. Adhatoda).

CARMARTHEN ou CyCRMARTHEM (en gallois Caer-fyrddin). Ville et comté d'Angleterre, au S. du pays de Galles. — La ville, ch.-l. du comté, est située sur le Towy, à 15 kil. en amont de l'embouchure, elle compte 10,512 hab. C'est une ville prospère, grâce aux étabhssements métallurgiques (fer et zinc) et au commerce ; les navires d'un faible tirant d'eau peuvent remonter jusqu'à Carmarthen. Cette ville possède une école de latin qui remonte à 1576, un séminaire presbytérien, un collège unitaire. A peu de distance à l'E. est Abergwill où l'on remarque le palais de l'évêque de Saint-David. Ce voisinage explique l'importance historique de Carmarthen qui prétend remonter à l'enchanteur Merlin et où les Bretons tenaient leurs synodes.

Le comté de Carmarthen, situé au S. du pays de Galles, entre ceux de Pembroke à l'O., de Glamorgan à l'E., de Cardigan et Brecknock au N., est baigné au S. par la baie de Carmarthen. H a 2,405 kil. q. et 124,864 hab., soit 52 hab. par kil. q. Sa principale ville est le port de Llanelly, son ch.-l. Carmarthen. Le bassin de la Towy forme la plus grande partie de ce comté. La côte est basse, presque marécageuse, l'intérieur accidenté; les collines du Mynidd Du (Black Monts) y atteignent près de 800 m. ; le sol est à peu près déboisé, les champs cultivés en occupent 66 «/o, les pâturages 6 ^/o seulement. Cependant, le bétail est abondant (110,000 bœufs, 202,000 moutons en 1884). Les mines de houille, de fer, de cuivre, de zinc,- alimentent une industrie assez active.

CARMATH (Hamdan), prophète musulman, né dansles environs de Coufa au ix« siècle de notre ère. 11 était primitivement un disciple d'Abdallah IbnMaïmoun. Celui-ci, établi d'abord à Ascar Mokran (Irak), puis à Bassojrah, enfin à Salamia (Syrie) avait fondé vers 865 une vaste société secrète qui avait pour but religieux de détruire l'islamisme officiel, et pour but politique de renverser la dynastie des Abassides. Hamdan Carraath représente surtout la partie religieuse et sociale de la secte ; lorsque les visées ambitieuses des successeurs d'Abdallah lui apparurent, il se sépara d'eux vers 900. Les écrivains musulmans, assez suspects de partialité contre ces hérétiques, ont prêté à Carmath les doctrines du communisme le plus audacieux. Ils nous le montrent exigeant de ses fidèles, d'abord de légères aumônes, puis le cinquième de leurs revenus et enfin leurs fortunes entières pour les réunir en commun. Ainsi maître d'eux, il établit la communauté des femmes et leur permet toute licence, érige en principe le meurtre, le pillage, etc. Ce ne sont probablement que des légendes calomnieuses. Toutefois, il paraît bien qu'il y avait là une espèce de socialisme mystique ; le fond de ces doctrines, qui ont une grande analogie avec celle des Druzes , semble se résumer dans la croyance en des émanations ou incarnations successives de la divinité et en la venue d'un Imam suprême, ou Mahdi, qui doit apporter sur la terre le bonheur universel. Dans la pratique, peu ou point de rites ; quelques superstitions astrologiques seulement et un dévouement mystique et aveugle aux ordres des chefs. Les disciples de Carmath se rendirent redoutables sous

CARMATH — CARMEN

son commandement dans Fïrak. Aidé de son beau-frère Abdân et de son dâi ou missionnaire Zicrawi, il fomenta diverses insurrections, qui furent d'ailleurs énergiquement réprimées par le calife Motadhed. Mais leur action fut surtout efficace en Arabie dans le Bahreïn, l'Oman et l'Yémen. Avec Abou-Saïd et Abou-Tahir, ils furent la terreur des califes dont ils battirent les généraux en bataille rangée (900 et 928). Ils allèrent jusqu'à prendre et piller la Mecque, profaner le temple sacré et enlever la fameuse pierre noire (930). Longtemps ils furent la terreur des musulmans qui n'osaient plus faire le pèlerinage de la Mecque.

Il est établi aujourd'hui qu'ils restèrent en relations secrètes avec les Fatimites du Maghreb qu'ils reconnaissaient comme leurs chefs supérieurs, leurs imams, et auxquels ils payaient un impôt. Ces Fatimites qui se prétendaient issus de Fatima, tille du prophète, descendaient en réalité d'Abdallah IbnMaimoun, et ils avaient réalisé en partie ses visées politiques, grâce à l'appui des Carmathes. Plus tard, cependant, quand ils se furent emparés de l'Egypte et de la Syrie, quand Mo'izz se fut fait proclamer calife à Médine et à la Mecque (969) l'entente entre les deux partis cessa; et ce fut un chefcarmathe,Hasan, qui leur enleva la Syrie (970). Il semblait donc que les Carmathes fussent appelés à jouer un grand rôle dans l'histoire politique de l'Orient. Mais l'assassinat était une pratique régulière chez ces fanatiques ; il ne tarda pas à s'ensuivre des haines mortelles et des dissensions désorganisatrices. Le meurtre d'un de leurs chefs principaux, Sabour (980), fut une cause décisive de leur dissolution. Ils disparurent dès lors insensiblement, du moins comme parti politique, en Arabie. En Perse et en Syrie, ils se fondirent dans la secte des Assassins qui, elle aussi, dérivait de la société secrète fondée par Abdallah Ibn Maïmoun. Avec la destruction des Assassins au xiii® siècle, les doctrines des Carmathes ont à peu près disparu. Il en reste cependant quelques vestiges en Perse, en Inde, à Zanzibar et peut-être chez les Ouahabites d'Arabie. Casanova.

BiBL. : DozY, Hist. de l'IslSimisme.— Guyard, Joiirn. Asiatique, 1877. — Goeje, Mém.sur les Carmathes^ 1886.

CARMAUX. Com. du dép. de Tarn, arr. d'Albi, cant. de Monestiés, sur la rive gauche du Cérou ; 8,059 hab. Cette ville n'a joué aucun rôle au moyen âge ; elle a possédé pourtant un magnifique château, qui fut habité d'abord par le seigneur de Castelpers, vicomte d'Ambialet. Les mines de houille, qui se trouvent sur son territoire, font aujourd'hui sa richesse. C'est la famille de Solages qui, depuis le commencement du siècle, exploite cette concession. Une verrerie importante a été jointe à cette exploitation. C. C.

BiBL. : M. Bastié, Description du dép, du Tarn; Albi, 1875, t. ï, p. 267, 2 vol. in-4.

CARMEJANE DE Piebredon (Charles-Joseph, baron de), général français, né à Ménerbes (Vaucluse), le 6 juil. 1772, mort à Avignon le 14 dée. 1830. Il était issu d'une très vieille famille du Comté Yenaissin, et fils d'un capitaine d'infanterie, chevalier de Saint-Louis. Sorti de i'éeole militaire de Paris en 1789, il fut nommé lieutenant au régiment d'artillerie de la Fère, où servait alors le lieutenant Napoléon Bonaparte. 11 était capitaine à la bataille de Valmy et fit comme chef de bataillon les campagnes de l'armée de la Moselle et du Danube jusqu'en 1801. En 1807, il organisa le service des forges du Piémont et a défense des côtes de l'Adriatique. Il était chef d'étatmajor de l'artillerie de l'armée d'Italie en 1809 et assista en cette qualité à la bataille de Wagram. Ses éminents services lui valurent alors le titre de baron avec une dotation. Il défendit Gênes en 1814 et conserva cette place même après l'abdication de l'empereur. Il prit sa retraite en 1816.

CAR M EL (Mont). Petite chaîne de montagnes de la Palestine; elle est dirigée du S.-E. au IN.-O. et, partant du pays de Samarie, vient aboutir au cap Carmel qui

ferme au S. la baie de Saint-Jean-d'Acre. D'une nature calcaire, ce massif n'a pas plus de 20 à 24 kil. de longueur et n'offre guère de hauteur supérieure à 900 m. Dans le voisinage de la mer la crête est assez étroite et les pentes s'abaissent brusquement à l'O. vers la mer, à l'E. vers la plaine d'Esdrelon ; à mesure qu'elle s'avance dans l'intérieur, la chaîne qui n'avait que 4 à 600 m. de hauteur se relève et s'élargit; elle offre alors comme sommets principaux : le mont Ebal (915 m.), le mont Garizim, les monts d'Ephraïm et de Juda et le mont des Oliviers. Dans cette dernière partie, les pentes qui sont plus douces forment, surtout au S.-O., une série de collines brisées et de vallées sinueuses et fertiles. Le couvent du Mont-Carmel est placé sur la hauteur qui domine le cap, à une ait. de 170 m. (V. Carmes).

CAR M ELI (Michel-Angelo), humaniste italien, né à Citadella (Vicentin) le 27 sept. 1706, mort à Padoue le 15 déc. 1766. Il s'appelait Zenon et ne prit le nom de Michel-Ange qu'à son entrée dans l'ordre de Saint-François, dont il devint définiteur. Ses dernières années se passèrent à Padoue, où il enseignait, à l'Université, les langues orientales. Parmi ses nombreux écrits, on peut signaler : Il Filolipo, recueil de vers (Venise, 1742, in-4); Tragédie di Euripide colV aggiunta dei frammenti (Padoue, 1743-1754, 20 vol. in-8), assez bonne et savante traduction ; il Pluto di Aristofane tradotto in ver si (Venise, 1752, in-8) ; il Concilio degli Dei, tôv 0SÛV ayopà, poema in versi greci ed italiani (Padoue, 1757, in-4); Spiegamenio deW Ecclesiaste sul testo ebreo (Venise, 1765, in-8) ; Spiegamenio délia Cantica sul testo ebreo (Venise, 1767, in-8) ; Dissertazioni varie filologiche (Rome, 1768, in-4). R. G.

BiBL. : Angiol-GabrielodiSANTA-MARiA, Bibiio^eca degli scrittoîn Vicentini; Vicence, 1782.

CARMELITA {Carmelita C. Gay). Genre de plantes de la famille des Composées et du groupe des Mutisiées. L'unic|ue espèce, C. formosa C. Gay, originaire de la région alpine des Andes, est remarquable par « ses grands capitules solitaires, d'un beau jaune, portés sur une tige très courte et comme enfouis au milieu des feuilles qui sont presque en rosette ». (V, H. Raillon, Dict, de botanique, I, p. 632.) Ed. Lef.

CARMÉLITES. Ordre monastique (V. Carmes).

CARMEN (Littér. lat.). Le sens général du mot est indiqué par son étymologie; il vient de Cano, en passant par Canmen, Casmen^ et désigne tout ce qui se chante par opposition à ce qui se parle. On le trouve employé avec des significations diverses plus ou moins étendues. Il désigne les formules liturgiques qui renfermaient les prières adressées aux dieux ou des prophéties comme celle de Marcius ; Cicéron l'emploie pour nommer une inscription funéraire ou ^%mm(l)^ Senect,, XVII). Ces formules étaient-elles nécessairement versifiées ? La question est encore débattue. Ce qui est certain, c'est que dans la littérature, il s'applique assez souvent à des maximes, sentences ou proverbes, ainsi le Carmen de Moribus de Caton était écrit en prose si l'on en juge par les citations d'Aulu-Gelle (XI, 2). Mais son emploi ordinaire s'étend à tous les genres de composition rythmée, et Quintilien l'oppose kprosa : il s'applique incontestablement à tous les genres de poésie, et même quelquefois au genre dramatique. A. W.

BiBL. ; DûNTZER, dans le Zeitschrift fur das Gymnasialw.^ IX. — Georges, Dictionnaii'e latin allemand, art. Carmen.

CARMEN (rio dei). Cours d'eau du plateau de Chihuahua (Mexique), aboutissant à la lagune de Patos.

CARMEN. Ville du Mexique (V. Carmen [île]).

CARMEN (Ile). — I. Ile du golfe du Mexique, dans la baie de Campêche. C'est la plus grande de celles qui ferment la lagune de Termines. A l'extrémité S.-O. de l'île, s'élève la ville de Carmen (6,300 liab.), capitale du district du même nom, dépendant de la province de Campêche. Bon port. Commerce de bois pour une valeur

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