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CARMEN — CARMES

annuelle de deux millions et demi de francs. — 11. Ile de la côte 0. du golfe de la Californie.

GARNI EN-de-Pâtagones. Ville de la république Argentine, prov. de Buenos-Aires, sur le rio Negro, à 28 kil. en amont de l'embouchure. Fondée en 1850, cette ville s'est assez bien développée. — Dans la prov. de Buenos- Aires se trouvent encore Carmen de Areco et Carmen de las Flores, Tune à TO. et l'autre au S. de la capitale.

CARMEN Sylva, pseudonyme littéraire de la reine de Roumanie (V. Elisabeth).

CARMEN! (Francesco), nouvelliste italien, né à la fin du xvi« siècle, mort vers 4650, et sans doute à Parme, au service de Pierre Farnese. 11 avait d'abord été secrétaire de l'Académie des Incogniti de Venise, dont il publia un recueil collectif de nouvelles, auquel il avait collaboré : JSovelleamorosedesignoriAccademicllncogniti(Nemse, 1641, in4). Ce recueil fut complété par Fusconi (Venise, 1643), et par Majolino Bisaccioni (Venise, 1651). R. G.

BiBL. : Gamba, Bibliografia. délie novelle italiane.

CARMENTAouCARMENTlS.Unedesplus anciennes divinités duLatium. Son nom est manifestement en rapport avec Carmen, chant prophétique ou magique, et fait penser tout d'abord à quelque génie de la divination et de l'incantation, comme Faune et les Camènes(V. Muses), qu'on localisait auprès des sources, au fond des bois. Réduite à ses éléments purement latins, la légende ne raconte de Carmenta que peu de chose; elle en fait une nymphe qui rendait des oracles. Cette légende dédouble même son être en lui adjoignant deux Carmentôs, dont elle fait ses sœurs, l'une surnommée Porrima on Prosa, l'autre Po^ivorta. On interprétait de deux manières ces épithètes, tantôt par le pouvoir prophétique de ces divinités, qui savent le passé et l'avenir, tantôt par leur intervention dans le travail de l'accouchement. Pr6?sa est celle qui préside aux accouchements naturels par la tête ; Postvorta, celle qui agit dans les accouchements laborieux et extraordinaires. R serait assez étrange mais non inadmissible que le mot prose de la langue littéraire eût été emprunté à la Carmentis des enfantements simples. Le mélange d'attributions prophétiques, médicales et finalement littéraires dans la personnalité des Carmentes n'a rien non plus qui doive nous surprendre. 11 se rencontre encore chez Egeria, l'une des Camènes de Rome et chez les Eilithyies, filles d'Héra dans la mythologie grecque. Les mythographes, préoccupés de rattacher àPhellénisme les vieilles divinités de Rome, ont fait de Carmenta tantôt une fille, tantôt la mère d'Evandre, sans doute après avoir identifié ce dernier avec Faune, et la présentent comme émigrant avec lui d'Arcadie dans le Latium, soixante ans après la guerre de Troie, Dans ces combinaisons de pure subtilité, elle est censée avoir porté, avant l'émigration, les noms grecs de Thémiset de Nicostrata, et c'est à elle qu'on fait honneur de l'introduction, en Italie, de l'ancien alphabet de quinze lettres. Elle possédait à Rome un temple auprès du Capitole et un autel près de la porte dite Carmentale oîi son culte était en rapport avec celui de Mater Matuta (V. ce nom). Un flamine spécial en était chargé et pendant deux jours on célébrait en son honneur, le 11 et le 15 janv. des fêtes appelées Carmentalia. Une confusion singulière rapportait l'origine de cette fête à la défense intimée par le Sénat aux matrones de Rome, de se faire traîner dans les carrosses on car penta. Une grève matrimoniale s'en étant suivie, le Sénat se serait vu contraint de rapporter l'interdiction et Carmenta aurait manifesté sa satisfaction en multipliant les naissances heureuses. Ce culte, cher aux matrones, tomba de bonne heure en désuétude, comme en témoigne l'absence d'inscriptions votives. J.-A. Hild.

Bibl.:Preller, Rœmische Mythologie, d^l et suiy. et l'article de Wissova, dans le Dictionnaire de Mythologie grecque et romaine, de Roscher, pp. 851 et suiv.

CARME R(Johann-Heinrich-Casimir, comte de), homme politique prussien, né à Kreuznach le 29 déc. 1721, mort à Rutzen (Silésie) le 23 mai 1801. Il entra en

1749 au service de la Prusse, avança vite et fut placé en 1768 à la tète du gouvernement de Silésie ; en 1779, il devint grand chancelier et ministre de la justice, et présida à la réforme des institutions judiciaires qui fut achevée en 1791. Il fut alors anobli, et en 1798 fait comte.

CARMERY (Saint), en latin S. Ca/mmiws, duc d'Aquitaine ou plutôt d'Auvergne, vivait au vii« siècle. 11 était issu d'une noble famille et avait élé fait sénateur par l'empereur Justinien, qui le nomma plus tard duc d'Auvergne. S, Carmery est connu surtout par ses tondations pieuses, et quelques vies de saints, fort postérieures à l'époque où il a vécu, ont seules transmis son nom à la postérité. H a passé en effet pour avoir été le fondateur de l'abbaye de S. Theofred ou de Saint-Chaffre le Monestier, diocèse du Puy, qui a porté le nom de Calminium ou Calmelium, d'après son fondateur. Ayant fait un voyage à Rome, il en rapporta de nombreuses reliques et ramena du monastère de Lérins un certain nombre de moines, qu'il établit à Mauziac ou Mosay, près Riom, diocèse de Clermont. 11 embrassa lui-même la vie monastique et mourut à Mauziac le 19 août. Il passe pour avoir été aussi le fondateur de l'abbaye de Saint-Martin de Tulle. L. Câdier.

BiBL. : Thoraas-d'Aquin de Saiint-J oseph, Histoire de la vie de S. Calmine, duc d'Aquitaine,,., patron de l'église de Lagueime; Tulle, 1646,in-12- — Bollandistes, Acta sanctorum, \^' août, t. 111, pp. 756-762. — Cuperus, de S. Calminio conf. duce Aquitanie, dans Histoire littéraire de France ; t. XII, p. 433.

CARMES, Carmelitœ, Carmelitani fratres, Or do Beatœ Mariœ de monte Carmelo. Un des quatre grands ordres mendiants. — L'origine de cet ordre ne paraît pas remonter au delà de la dernière partie du xu® siècle. En effet, le premier document qui le concerne est le témoignage de Phocas, moine grec de Pathmos, cité par Papebroch. Phocas, qui visitait les Lieux saints en 1185, rapporte qu'on trouvait alors sur le mont Carmel, près de la caverne d'Elie, les ruines d'un grand monastère ; que, depuis quelques années, un vieux moine venu de Calabre s'était établi en cet endroit, conformément à une révélation qu'il avait reçue d'Elie, et qu'il y vivait avec dix compagnons. Ce moine était Berthold, un croisé qui, dans un combat, avait lait vœu d'embrasser la vie religieuse si les chrétiens étaient vainqueurs. Le monastère en ruines avait peut-être été commencé vers 400, car il paraît certain qu'à cette époque, Jean, évêque de Jérusalem, avait réuni sur le mont Carmel un grand nombre d'anachorètes qu'il soumit à la règle de saint Basile ; mais, vraisemblablement, il avait dû être abandonné depuis longtemps, à cause de la conquête du pays par les Mahométans. L'antiquité de cette fondation, surtout l'habitation du mont Carmel et l'intervention d'Elie dans l'accomplissement du vœu de Berthold induisirent les Carmes, lorsqu'ils eurent passé d'Orient en Europe et qu'ils furent loin du temps et du lieu de leur origine, à dire et peut-être à croire que leur ordre est le plus ancien du monde, ms titué par Elie et ayant eu Elisée pour abbé, eux-mêmes étant les successeurs des disciples de ces deux grands prophètes. Cette succession leur semblait confirmée par les témoignages de Tacite et de Suétone racontant que Vespasien avait consulté un oracle sur le mont Carmel: Est Judœam inter Syriamque Carmelus, ita vocant montem deumque : nec simulacrum deo aut templum (sic tradidere majores), ara tantum et reverentia. Ulicsacrificanti Vespasiano, cum spes occultas versaret animo, Basilides sacerdos, inspectis identidem extis : quidquid est, inquit, Vespasiane,., (Tacite, Histor,, lib. 11, cap. 78; Suétone, in Vespasiano, cap. 5.) Evidemment, ce Basilides, qui avait prédit à Yespasien la réalisation de ses espérances, n'avait pu être qu'un Carme. Cette prétention, qui irritait les autres ordres, ayant été réfutée péremptoirement par Papebroeh, jésuite d'Anvers, dans les Acta sanctorum (8 avr., 27 mai), les Carmes firent condamner par le tribunal de l'Inquisition de To-

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